dimanche 10 janvier 2010

Le prisonnier oublié

Non, je ne parle pas des gens qui font du surtemps jusqu’à tard dans la soirée mais plutôt d’un modèle à coller. S’il y avait bien un truc que les enfants de ma génération aimaient par-dessus tout c’était bien ce qu’on appelait en anglais les “model kits”. Certains ne montaient que des voitures de course, d’autres ne juraient que par des avions militaires mais moi, c’était les monstres. Ceux-ci étaient majoritairement fabriqués par la compagnie Aurora. Cette compagnie avait commencé comme les autres, en produisant des modèles classiques. Par contre, au début des années 60, les films d’horreurs connaissaient un regain de popularité et chez Aurora on a tout de suite vu là une niche inoccupée. Des modèles à coller de monstres, ça vendrait, était-on convaincu. Z’ont pas perdu temps et en moins de deux ils ont conclu une entente avec Universal Studios pour pouvoir reproduire les monstres classiques comme Frankenstein, Dracula, Wolfman et autres. Faut pas oublier aussi Toho, qui leur a permis d’utiliser Godzilla et on pourra aussi ajouter le sous-marin de Voyage au fond des mers, la soucoupe de Perdus dans l’espace et autres personnages. La prédiction qui voulait que les modèles se vendraient bien s’est avérée très juste. Les gamins trippaient sur les monstres à coller. Puis Aurora en a profité pour amener quelque chose de nouveau : des pièces de plastiques brillant dans le noir d’une lueur vert-lugubre. Au début ils ont appelé ça Frightning Lightning.

Au tournant des années 70 Aurora a décidé de changer le format des boîtes et d’y aller avec une nouvelle présentation graphique et dont je vous raconterai les détails un de ces jours. À Montréal il se trouvait un endroit où l’on pouvait trouver les modèles d’Aurora en quantité et c’était au magasin L’Oiseau Bleu, sur Ste-Catherine. À l’époque il se trouvait la division hobby et passe-temps tout juste au coin de Desjardins.

Le modèle qui me fascinait le plus dans la lignée Aurora était le Forgotten Prisoner of Castle-Mare, tout simplement un squelette portant encore des lambeaux de vêtement et se tenant toujours debout dans une cellule qu’il partageait avec une grosse araignée, un serpent et un crâne qui venait possiblement d’un ancien «locataire». Voyons un peu de quoi il en retournait.

1. Voici la boîte du modèle. Observez le «GLOWS IN THE DARK», bien visible. C’était très vendeur à l’époque. Un autre point fort d’Aurora était la qualité unique des reproductions que l’on retrouvait sur les boîtes, toutes faîtes à la gouache et très représentatives du modèle à l’intérieur.

2. Voici ce qu’on retrouvait à l’intérieur de la boîte. Comme on peut le constater, il n’y a pas trois millions de pièces. De plus, on pouvait choisir de monter le modèle avec ou sans les pièces qui brillaient dans le noir, que l’on aperçoit dans le sac en haut à gauche. Les modèles Aurora étaient très bien moulés ce qui rendait l’assemblage très facile.

3. Les instructions sont indispensables parce quelquefois il se trouve des façons bien spécifiques pour assembler certaines pièces et dans un ordre précis. Il ne suffisait que d’une bête erreur quelque part et on se retrouvait dans le caca. Comme on peut le voir, les instructions étaient claires et bien détaillées.

4. Les pièces phosphorescentes se trouvaient sur des grappes à part et il était assez facile de les distinguer des pièces originales. Voici de quoi avaient l'air ces pièces lorsqu'elles brillaient. 


5. Et finalement, après l’assemblage, voici à quoi pouvait ressembler le modèle une fois terminé. 

Aujourd’hui les modèles Aurora originaux des années 60 et 70 sont activement recherchés et convoités par les collectionneurs. Ils transigent à de très bons prix sur eBay et un modèle dans une boîte non-ouverte et encore scellée peut valoir une petite fortune. Tout de même étonnant pour des modèles qui se vendaient à peine 5 dollars dans le temps. 






Le saviez-vous? Le phénomène de la phosphorescence, tel qu’utilisé dans les modèles Aurora, dérive directement du domaine de la mécanique quantique. En effet, les électrons excités qui retournent progressivement à leur état habituel concernent un passage défini comme interdit.

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