samedi 20 août 2011

La liste



C'était pas mal toujours comme ça. J'avais pris le rhytme des vacances. A tout faire et ne rien faire tout à la fois. Pas d'horaire. Pas de réveil. Pas obligé d'aller au lit de bonne heure. Pour moi c'était une bénédiction parce que j'ai toujours été couche-tard. Deux mois pas d'école, on s'habitue assez vite.

Le mois d'août était à peine commençé qu'arrivait cette calamité. L'enveloppe en provenance de l'école et qui tombait dans la boîte aux lettres était un peu comme un éléphant qui vient se taper une diarhée au blé d'inde dans la piscine gonflable dans laquelle vous pataugez avec vos petits bateaux en plastique. Métaphore douteuse mais qui illustre assez bien l'effet que cette lettre puante me faisait. Pas que je détestais l'école proprement dit, mais bien parce que la lettre se faisait comme le clairon qui annonçait la fin des vacances.

C'était, vous l'avez peut-être deviné, la fichue liste des effets scolaires à acheter. Rien d'exhaustif ni de bien compliqué. Dans le temps c'était à peine la moitié d'une page. quelques paquets de feuilles mobiles. Quatre cahiers d'exercice, quatre duo-tangs, un cartable, des crayons à mine, quelques crayons à encre, une efface (ou deux) et une perforatrice.

Et c'est tout.

Pas comme aujourd'hui où la liste arrive en huit volumes. Plus l'index. Sans compter toutes les bébelles électroniques in-dis-pen-sableuuuu comme l'ordinateur portable, le lecteur numérique, iCochonneries et autres coprolithes technos.

Je me souviens du jour où les calculatrices sont devenues relativement abordables. Mais si vous pensez qu'on avait le droit de les utiliser durant les cours vous faites erreur. Ah, pour les devoirs c'était autre chose. Le prof, il n'était pas dans nos chambres à nous surveiller. Ho ho hi. Sauf que le lendemain, quand il nous demandait d'expliquer la méthode de calcul utilisée, ben, on frappait un mur.

La liste des effets scolaires de l'époque avait aussi un autre avantage, outre celui d'être courte. Pas de livres à acheter. Sinon le Bescherelle. Les autres étaient déjà à l'école dans une armoire. Ces livres n'étaient pas neufs, au contraire. Ils avaient souvent servi à d'autres élèves durant les années précédentes. On pouvait même savoir qui les avaient eu. Comment? A cause de l'ex libris. Il s'agissait d'un papier collé à la fin du livre et où on devait inscrire l'année, notre nom ainsi que notre classe. Le livre nous servait durant toute l'année scolaire après quoi on le rangeait dans l'armoire afin qu'il puisse servir de nouveau aux autre élèves qui nous suivraient en septembre prochain.

Si l'arrivée de la liste terrifiait, elle ne terrifiait certainement pas les parents. Le peu de choses à acheter ne signifiait qu'une courte visite à la papeterie du coin. Si, parce que les Gros Bureaux et autres endroits du genre ça existait pas. Dans mon cas c'était la papeterie Léo sur Beaubien et qui existe encore aujourd'hui. Ce qui était marrant quand on y allait pour aller chercher les fournitures c'était d'y rencontrer d'anciens camarades de classe. Ils affichaient tous cet air un peu penaud, un tantinet défait. Les vacances s'amenuisaient comme peau de chagrin. Les quelques semaines restantes deviendraient des jours, puis des heures... On aurait bien aimé étirer les vacances un peu plus mais bon. La rentrée, on le savait bien, était inéluctable.

2 commentaires:

  1. Admirablement juste ! Heureuse propriétaire de trois affreux, je suis toujours effarée de voir les tonnes de fournitures demandées pour la rentrée. D'autant que, au mois de juin, la moitié de la liste n'a pas servi.
    Pis, pendant ce temps, l'école apprend à nos enfants que nous, les parents, détruisons la planète à coups de sur-consommation. Genre...

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  2. Je ne saurais être plus d'accord ma chère Claire!

    Pluche

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