samedi 30 mars 2024

Oiseaux du Québec: le carouge à épaulettes

 


Le carouge à épaulettes est un oiseau chanteur de la famille des passereaux qui niche près des milieux humides. On doit son nom à la bande rouge qui orne les épaules du mâle. L'oiseau est migrateur et arrive généralement tôt au printemps et les mâles sont toujours les premiers à se pointer le bout du bec, suivi, à environ deux semaines d'intervalle, des femelles. 

Mon observation personnelle de cet oiseau est qu'il est farouchement territorial, plus particulièrement en période de nidification. Si quelqu'un passe trop près du nid, il n'hésitera aucunement à s'en prendre à l'intrus. Il est aussi agressif envers d'autres oiseaux, même s'ils sont plus gros. J'en ai aperçu affronter directement des corneilles et même auprès d'oiseaux de proie comme la buse à épaulettes. Il va aussi démontrer son caractère en s'en prenant aux nids d'autres oiseaux. Ainsi, au printemps dernier, j'ai pu observer une oriole de Baltimore tisser soigneusement son nid; une sorte de poche suspendue à une branche, un peu comme une grosse boule de Noël. C'est un travail laborieux mais assez fascinant à admirer. Et puis, sont arrivés les carouges. Ces derniers ont complètement détruit le nid, n'y laissant que des lambeaux, au grand dam de l'oriole, qui a dû refaire son nid ailleurs. 


Comme je l'ai mentionné plus haut, le carouge niche en milieux humides, et ces milieux attirent bien entendu d'autres oiseaux comme les hirondelles bicolores, les quiscales et les canards colverts ou branchus. Au printemps dernier j'ai pu voir l'arrivée d'une grande aigrette, un oiseau échassier tout blanc. L'étang l'avait attiré mais mal lui en prit car à peine arrivé trois carouges mâles sont venus lui faire savoir, d'une manière quelque peu agressive, qu'il n'était absolument pas le bienvenu. L'aigrette a vite compris et s'est en allée à l'autre bout de l'étang, convaincu qu'elle y trouverait la paix. C'était bien mal sous estimer l'esprit territorial du carouge. Ces derniers ont donc traversé l'étang pour reprendre les attaques. Cette fois, l'aigrette a compris et s'est envolée mais encore là les carouges n'avaient pas dit leur dernier mot et son partis vers l'aigrette, tels des chasseurs de la Seconde guerre après un bombardier. Quel caractère! Le seul oiseau à le carouge semble foutre la paix est la bernache du Canada car, il faut bien l'avouer, la bernache a tout un caractère aussi. Toutefois, un habile épervier ou une buse peut fort bien, comme je l'ai déjà vu, chasser, capturer et déguster un carouge un peu trop fanfaron. 


La femelle carouge possède, comme beaucoup d'autres femelles d'autres espèces, un plumage plus terne. La flamboyance de couleurs que l'on observe chez les mâles étant un élément de séduction. La femelle carouge, une fois nichée, s'aperçoit souvent dans les marais et marécages, sautillant sur des nénuphars ou s'agrippant à des roseaux afin d'y trouver de la nourriture; des insectes, des larves, des chenilles ou des escargots font très bien l'affaire mais peuvent aussi se nourrir de grains et de petits fruits sauvages. 

Les carouges mâles sont volages et peuvent souvent s'accoupler avec plusieurs femelles et en moyenne, les carouges peuvent nicher jusqu'à trois fois avant que le départ migratoire s'effectue fin juillet ou début d'août. Les carouges partent alors pour un long voyage au cours duquel ils vont traverser les États Unis pour se regrouper sur la côte ouest mexicaine pour revenir de nouveau au printemps suivant. 




Le saviez-vous? La longévité du carouge à épaulettes est d'environ 16 ans. Loin d'être nuisible, sauf pour ceux qui s'aventurent trop proche des nids, le carouge raffole des insectes qui ravages l'agriculture. 

lundi 25 mars 2024

La fin d'une époque

Hé oui, vos yeux ne vous trompent pas. Il s'agit bel et bien d'un nouvel article après une absence prolongée. L'idée de délaisser le blogue ne m'est jamais venue à l'idée mais j'avais bien besoin d'une pause. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la dernière publications et bien des choses se sont passées depuis. Alors, quel lien entre ceci et l'image de couvertures du Sélection du Reader's Digest?

Au fils des publications vous avez pu admirer quantité portant sur de vieilles publicités qui sont, pour la plupart du temps, parues durant les années 50. Ces dernières provenaient essentiellement de nombreux numéros de Sélection du Reader's Digest, magazine auquel ma grand-mère était religieusement abonnée. 

Or, une nouvelle fort triste est apparue à la fin de l'année dernière: le magazine va cesser d'être publié définitivement le 31 mars 2024 et ce, après 76 ans d'existence. 

La nouvelle est triste, certes, mais il faut toutefois mentionner qu'il est rare de voir des magazines durer aussi longtemps. La durée de vie moyenne des magazines dépend de plusieurs facteurs, comme le type, le contenu, le public et la fréquence de publication. Il n’existe pas de chiffre exact, mais on peut estimer que la plupart des magazines ont une durée de vie de quelques mois à quelques années, avant de perdre de leur intérêt ou de leur actualité. Certains magazines, comme ceux qui traitent de l’histoire, de l’art ou de la science, peuvent avoir une durée de vie plus longue, car ils sont moins soumis aux modes ou aux événements. D’autres magazines, comme ceux qui traitent de l’actualité, du sport ou de la culture populaire, peuvent avoir une durée de vie plus courte, car ils sont plus sensibles aux changements ou aux tendances. Par exemple, voici quelques défunts magazines: 

Mademoiselle (1935-2001): un magazine féminin qui traitait de la mode, de la beauté, de la culture et des problèmes de société.

Look (1937-1971): un magazine bi-hebdomadaire qui publiait des reportages photographiques sur l’actualité, le sport, le cinéma et la politique.

The Saturday Evening Post (1821-1969): un magazine hebdomadaire qui présentait des articles de fond, des nouvelles, des illustrations et des bandes dessinées. Norman Rockwell en a été le plus prolifique artiste du magazine avec plus de 321 couvertures réalisées entre entre 1916 et 1963. 
 
Life (1883-2007): un magazine qui se distinguait par ses photographies de grande qualité, couvrant des sujets variés comme la guerre, la nature, les célébrités et l’art.

Newsweek (1933-2012): un magazine d’information qui couvrait l’actualité nationale et internationale, ainsi que des domaines comme la science, la technologie, la santé et l’éducation.

Playboy (1953-2020) : Un magazine qui couvrait des sujets variés, des interviews, ainsi que des jeunes dames en tenue d'Ève. 

Plus près de nous, il y a eu ces magazines: 

Le Canadien (1806-1909): un journal politique et littéraire, qui défendait les intérêts des Canadiens français et s’opposait au pouvoir colonial britannique.

L’Art vivant (1928-1939): une revue culturelle et artistique, qui couvrait les domaines de la peinture, de la sculpture, de la littérature, de la musique et du théâtre.

L’Arche (1948-1956): une revue littéraire, qui publiait des textes d’auteurs québécois et étrangers, ainsi que des critiques et des essais.

Le Reader’s Digest, dans sa version originale en anglais, a été fondé en 1922 par DeWitt Wallace et Lila Wallace, qui proposait des articles condensés issus de la presse mondiale. C'est en décembre 1946 qu'arrive sur les tablettes des marchands de journaux la première édition en français au Canada; Le Sélection du Reader’s Digest. L'édition canadienne anglaise arrivera deux ans plus tard. 

Le Sélection du Reader’s Digest a été longtemps le magazine le plus lu au Québec et en France, avec des tirages atteignant plusieurs centaines de milliers d’exemplaires et des millions de lecteurs chaque mois. 

Au fil des ans toutefois, le magazine a fait face à de nombreux défis au fil des ans, comme la concurrence d’autres médias, la chute des revenus publicitaires, la hausse des coûts de production et de livraison, ainsi que le changement des habitudes de lecture. Au fil des ans Le Sélection du Reader’s Digest a été revendu à plusieurs reprises, passant de la holding américaine Reader’s Digest Association à des groupes espagnols et français, et a subi des réductions d’effectifs et de budget.

Ce qui faisait la qualité du Reader’s Digest, c’était sa capacité à offrir à ses lecteurs une synthèse des romans, livres, essais, reportages et récits les plus intéressants et variés, sur des sujets comme la santé, la science, la culture, l’humour et l’actualité. Le Reader’s Digest était également apprécié pour ses ouvrages collectifs originaux, rédigés par les meilleurs spécialistes, qui alliaient qualité esthétique et précision documentaire.

Le Sélection du Reader’s Digest cessera d’être publié le 31 mars 2024, après 76 ans d’existence, mais ses sites web continueront d’être alimentés pour une certaine période de temps.




Le saviez-vous? En décembre 1952 le magazine publie un article canon liant la cigarette au cancer du poumon (Cancer by the carton) et du coup refuse toute forme de publicité liée au tabac, une décision qui demeurera jusqu'à la fin du magazine.