vendredi 29 janvier 2010

theatrum


Le Rivoli était un beau cinéma qui a été bâti en 1926 pile poil dans Rosemont – La Petite-Patrie pour le compte de la compagnie United Amusement. Dans les années 70 c’est surtout au cinéma Versailles que j’allais mais comme les mégacinéplex de quarante-douze gonzillion de salles n’existaient pas, parfois il fallait sortir un peu du quartier pour aller voir les films qui nous intéressaient. C’est le cas du Rivoli où j’y ai vu une bonne dizaine de films et faut que j’avoue que l’intérieur avait de quoi impressionner. D’abord pour la quantité de sièges, quelque chose comme 1,600 mais aussi pour le magnifique dôme intérieur. Cet intérieur, justement, avait été conçu par nul autre qu’Emmanuel Briffa.

Durant les années 80 les choses se sont un peu gâtées et le Rivoli a cessé d’être un cinéma. On a éventré sa façade pour aménager un commerce à l’intérieur. On en a même profité pour peinturlurer l’extérieur de jaune et d’ocre. Au moment où j’ai pris cette photo c’était une pharmacie qui occupait les lieux.




Le saviez-vous? En 1928 une chaîne de cinéma concurrente, Confederation Amusements Limited, a acheté un terrain juste de l’autre côté de la rue Bélanger pour aussi y construire en 1931 un cinéma, le Château. Ironiquement, United Theatres Limited, qui possédait le Rivoli, l’a acheté en 1962. Le Château a cessé d’être un cinéma à peu près en même temps que le Rivoli.  

lundi 25 janvier 2010

Gaspard et les fantômes

Au début des années 70, dans la foulée du succès que connaît la série Scooby-Doo depuis son lancement en 1969, les exécutifs du réseau ABC ont observé l’arrangement de leur grille-horaire du samedi matin (période où tous les réseaux diffusaient des dessins animés)  et ont donné le feu vert au développement d'une autre série du même genre que Scooby-Doo. La tâche a été confiée aux studios de Hanna-Barbera Productions qui ont alors pondu, via le studio d'animation Australien Eric Porter Studios, la série "Goober & The Ghostchasers".

Dans cette série on y suit les aventures de trois reporters du "Ghost Chasers Magazines" et que l’on a affecté à différentes "supposées" apparitions fantômatiques. L’équipe est menée par Ted, la reporter Tina qui ne recule devant rien pour un scoop, et Gilly, le photographe téméraire. Le trio est complété par un chien maigrichon affublé d'une tuque et répondant (parfois) au nom de Goober. À l’aide d’instruments électroniques, le groupe parcourt le monde, faisant la rencontre de toutes sortes de fantômes pas toujours amicaux. Voici la séquence d'ouverture de l'émission:



Toutefois, si la série reprend quelque peu la même formule que Scooby-Doo, il se trouve quelques différences notables; si Scooby-Doo avait peur de son ombre et courait se cacher où il le pouvait en claquant des dents, le chien Goober quant à lui devenait parfaitement invisible lorsqu’il avait la trouille, ne laissant voir que sa tuque et son collier  (chose que je ne me souviens pas avoir été expliquée dans la série). Aussi, la plupart des fantômes rencontrés étaient des vrais, contrairement à Scooby-Doo où les fantômes et autres spectres sont toujours des gens déguisés et dotés de sinistres intentions. 







La série fut toutefois de courte durée, soit de 1973 à 1975 où seulement 16 épisodes ont été produits. On a toutefois pu la voir être souvent diffusée en reprise pendant plusieurs années. En ce qui me concerne, j'aimais bien cette série soit dans sa version originale, ou traduite où elle portait le nom de "Gaspard et les fantômes". Quoiqu’il en soit les nostalgiques peuvent se procurer le DVD mais comme c’est souvent le cas, faut passer par eBay, Amazon ou un autre endroit du genre puisqu’il ne se trouve pas dans les magasins. Il est aussi plus rare étant donné sa courte durée sur les ondes.





Le saviez-vous? Afin de mousser la popularité de la série on a choisi d’inclure dans la série les membres du sitcom The Partridge Family, lesquels ont obtenu, peu de temps après, leur propre série en dessins animés. Les voix étaient celles des véritables comédiens reprenant leurs propres rôles.

vendredi 15 janvier 2010

pontus


Vous connaissez Griffintown? C’est un très ancien quartier de Montréal dont j’aurai l’occasion de vous reparler de façon plus abondante dans de prochains articles. J’étais allé m’y perdre un peu afin de documenter les vestiges architecturaux de ce qui fut le fief des Irlandais. Je saisis l'occasion dès que je peux car ce quartier, un peu négligé, a besoin d'être revu afin de lui redonner vie. Toutefois, je crains qu'un jour les "promoteux" fassent mainmise sur ce secteur, et qu'il soit un jour peuplé de ces horribles cages à lapin en béton. Enfin... 

Je remontais donc la rue Guy lorsque je suis passé sous ce vieux viaduc ferroviaire, tout juste au nord de la rue St-Antoine. J’ai pris la peine de m’y arrêter un peu car ces trucs-là, moi j’aime bien. La plupart des viaducs ferroviaires à Montréal sont en béton, comme celui de la rue Rouen près de Lespérance ou encore celui qui surplombe la rue Hochelaga près de Florian, pour n’en nommer que quelques-uns. Celui-ci par contre est entièrement en acier et très similaire au viaduc de la rue Iberville près de St-Joseph. C’est de l’acier riveté, une technique que l’on a utilisé sur d’autres structures comme les ponts Jacques-Cartier Victoria. Après avoir observé la vieille structure sous toutes ses coutures je me suis amusé à photographier l’une des poutrelles sous un angle qui joue un peu avec le sens de l’orientation. On regarde ici vers le haut.



Le saviez-vous? Alors qu’elle était active et que le service passager par train se portait très bien, la gare Windsor comptait pas moins de treize voies ferrées pour autant de quais.

dimanche 10 janvier 2010

Le prisonnier oublié

Aujourd'hui j'y vais avec le premier article consacré à un souvenir d'enfance. J'en ai plusieurs comme ça alors forcément, faudra vous habituer à en voir de temps en temps.

Alors non, avec ce titre je ne parle pas des gens qui font du temps supplémentaire jusqu’à tard dans la soirée mais plutôt d’un modèle à réduit à assembler. S’il y avait bien un truc que les enfants de ma génération aimaient par-dessus tout c’était bien ce qu’on appelait en anglais les “model kits”. Certains n'assemblaient que des voitures de course, d’autres ne juraient que par des avions militaires, ou encore des camions comprenant des centaines de pièces. Pour moi, c’était les monstres, particulièrement ceux fabriqués par la compagnie Aurora,
 que l'on aura aussi connu pour ses pistes de course AFX introduites en 1971. 

Cette compagnie a commencé comme les autres du genre, en produisant des modèles classiques; voitures, avions, bateaux mais ont aussi bifurqué vers des personnages, comme des chevaliers, des bâtiments, des hommes et des femmes de différentes nations, et qui ont connu un énorme succès. 

Au début des années 60, les films d’horreurs connaissent un regain de popularité et chez Aurora on y a tout de suite vu une niche inoccupée à exploiter. Des modèles à coller de monstres classiques, étaient-ils convaincus, seraient voués à un succès aussi phénoménal que leurs autres produits, et possiblement même plus! Ils n’ont pas perdu temps et en moins de deux ils sont parvenus conclu une entente, dès 1961, avec Universal Studios pour pouvoir reproduire les monstres classiques comme Frankenstein, Dracula, Wolfman et autres. Faut pas oublier aussi Toho, qui leur ont permis d’utiliser Godzilla et on pourra aussi ajouter le sous-marin de Voyage au fond des mers, la soucoupe de Perdus dans l’espace et autres personnages. La prédiction qui voulait que les modèles se vendraient bien s’est avérée très juste. Les gamins "trippaient" sur ces monstres! Puis Aurora en a profité pour amener quelque chose de nouveau : des pièces de plastiques brillant dans le noir d’une lueur vert-lugubre. Au tout début ils ont appelé cette particularité "Frightning Lightning".
La boîte du modèle de Dracula (version Bela Lugosi) telle qu'elle est apparue dans cette version en 1969. La boite, de format rectangulaire, est assez rare. 

Au tournant des années 70 Aurora a décidé de changer le format des boîtes, de rectangulaire à carré, tout en y allant avec une nouvelle présentation graphique et dont je vous raconterai les détails (sordides) un de ces jours. Le modèle qui me fascinait le plus dans la lignée Aurora était le "Forgotten Prisoner of Castle-Mare", lequel consistait en un squelette portant encore des lambeaux de vêtements et se tenant toujours debout dans une cellule qu’il partage avec une grosse araignée, un serpent et un crâne provenant possiblement d’un ancien "locataire". Voyons un peu de quoi il en retournait.
1. Voici la boîte du modèle. Observez le «GLOWS IN THE DARK» en lettres blanches bien visibles dans un médaillon vert, lequel a remplacé l'ancien "Frighting Lightning". Cette mention était aussi utilisée par différentes compagnies de jouets et autres breloques afin de mousser leurs ventes de produits monstrueux. Les illustrations, comme je le mentionnais plus haut, et qui fera l'objet d'un article subséquent, ont été originalement peintes par James Bama, un illustrateur de grand talent que l'on a connu pour ses innombrables illustration de livres, dont la série Doc Savage. Mais pour les nouvelles versions en boîtes carrées, Aurora a embauché des gens qui ont rebarbouillé par dessus les originaux. 

2. Voici le contenu de la boîte. Comme on peut le constater, il n’y a pas trois millions de pièces. De plus, on pouvait choisir d.assembler le modèle avec ou sans les pièces qui brillent dans le noir, que l’on aperçoit dans le petit sac de plastique transparent en haut à gauche. Les modèles Aurora étaient très bien conçus et fort bien moulés, ce qui rendait l’assemblage très facile.

3. Les instructions sont indispensables parce quelquefois il se trouve des façons bien spécifiques pour assembler certaines pièces et aussi dans un ordre précis. Il ne suffisait que d’une bête erreur quelque part et on se retrouvait dans le caca. Comme on peut le voir, les instructions étaient claires et bien détaillées. On y retrouvait aussi des recommendations sur les produits d'assemblage à utiliser; colle et peinture (Aurora, évidemment), un coupon à remplir afin de recevoir gratuitement un catalogue, ainsi qu'un courte liste des autres modèles Aurora. 
4. Les pièces phosphorescentes se trouvaient sur des grappes à part et il était assez facile de les distinguer des pièces originales. Voici de quoi avaient l'air ces pièces lorsqu'elles brillaient après avoir été exposées à la lumière. Un beau vert lugubre, ne trouvez-vous pas? 
5. Et finalement, après l’assemblage, voici à quoi pouvait ressembler le modèle une fois terminé. Ce modèle est celui que j'ai assemblé et peinturé vers le milieu des années 70 sans utiliser les pièces phosphorescentes. J'avais environ dix ans à ce moment, et je me félicite encore d'avoir pu le conserver. il n'a nécessité que quelques menues réparations. 

Ce qu'il y a de très intéressant c'est que dans le monde du modélisme, comme dans bien d'autres domaines, il se trouve des gens fort talentueux qui débordent de talent et d'imagination. Entre leurs mains, de simples modèles, comme ce prisonnier oublier, deviennent de véritables petits chefs-d'oeuvres. Voyez-y donc par vous même! 
Aujourd’hui les modèles Aurora originaux des années 60 et 70 sont activement recherchés et convoités par les collectionneurs. Ils transigent à de très bons prix sur eBay et un modèle dans une boîte non-ouverte et encore scellée peut valoir une petite fortune. Tout de même étonnant pour des modèles qui se vendaient à peine 5 dollars dans le temps. Ci-bas, une capture d'écran d'une enchère dénichée sur eBay durant la rédaction de ce texte. Il y a eu 16 enchères pour un prix final de 526$ CDN (excluant les frais d'importation de 121$, et de 25$ pour la livraison). Les prix sont toutefois sujets à des fluctuations mues par l'offre et la demande, mais les modèles Aurora sont généralement vendus à gros prix. 





Le saviez-vous? Le phénomène de la phosphorescence, tel qu’utilisé dans les modèles Aurora, dérive directement du domaine de la mécanique quantique. En effet, les électrons excités qui retournent progressivement à leur état habituel concernent un passage défini comme interdit.

mardi 5 janvier 2010

crusta


C’est au printemps 2003 que j’ai renoué avec la photographie, après avoir délaissé quelque peu. Auparavant j'utilisais mon bon vieux Pentax K-1000 avec une solide lentille 50mm. L'ennui est que j’ai toujours eu le déclencheur facile, ce qui fait que j’ai toujours passé au travers d’un rouleau de 36 poses comme un couteau chaud dans du beurre mou. Avec le numérique la quantité de photos n’est limitée que par la capacité de la carte-mémoire.

Un ami, photographe professionnel,  m’avait recommandé une boutique spécialisée sur Ste-Catherine et c’est là que j’ai flambé un peu plus d'argent que j'aurais voulu pour une rutilante Canon Powershot A60 dotée d’une résolution de deux mégapixels. Y’en a qui vont dire que ce n’est pas beaucoup. Pas faux. Par contre l’appareil a été l’un des premiers modèles numériques compacts à permettre le contrôle manuel, donc de l’obturation et de l’ouverture focale et tout. Et puis j’ai toujours dit que ce n’est pas l’appareil qui fait la photo. Celle d’aujourd’hui en est un bon exemple. C’est un tronc d’arbre mouillé par la pluie, tout simplement mais que je me suis amusé à photographier en utilisant lesdits modes manuels.

Au demeurant faudra vous habituer avec ma photographie. Le noir et blanc c’est mon dada.




Le saviez-vous? L’Université de Columbia a mis au point un arbre artificiel qui aspire passivement le dioxyde de carbone et qui s’avère 1000 fois plus efficace que les feuilles naturelles qui utilisent la photosynthèse.


samedi 2 janvier 2010

Article premier


Voilà, vous voici en train de lire le premier article de la toute nouvelle mouture de Studio Pluche. Si, parce derrière ce blogue, y’a une petite histoire. Commençons par le mot lui-même : blogue.

Il s’agit du nom «francisé», non-officiellement faut-il le souligner, du mot anglais «blog» qui lui provient de la fusion des mots «web» et «log». Donc, journal web. Le terme a été utilisé pour la première fois en 1997 par Jorn Barger et la forme raccourcie, soit «blog» est due à Peter Merholz et qui a fait son apparition en 1999.

Mais bien avant cela, vers 1994-95, il y avait aux États-Unis, des gens qui écrivaient l’équivalent d’un journal personnel sur internet. On les appelait «diarists», tout simplement. Le terme se basait sur le mot "diary", soit un journal intime. C'est une fille des États Unis qui avait commencé ce bal en écrivant son journal en ligne, où tous et chacun pouvait le lire. Ici au Québec il y a eu, à peu près vers cette période, la variante française, soit "diariste", un mot que je trouve laid sans bon sens et qui me rappelle une certaine fonction gastrique peu plaisante. Le mot a toutefois fini par être intégré au dictionnaire. 

Mais toujours est-il que j’étais un internaute sans journal de bord et c’est en 1999 que je me suis lancé dans l’aventure de l’écriture sur internet. J'ai tenté l'expérience tant en barbotant dans le HTML, ou encore sur des plate formes comme LiveJournal et dont plusieurs sont maintenant disparues. 

J’ai signé et persisté pendant un certain temps, quelque chose comme un an et demi, après quoi j’ai graduellement cessé, parfaitement convaincu que j’avais fait le tour du sujet. Toutefois il ne cessait de me tourner dans la tête l’idée de recommencer et je me suis alors mis à tester différentes présentations graphiques et mises en page, sans toutefois ne rien mettre en ligne. Ouais, parce que c’est bien beau avoir un beau contenant mais si on n’a pas de contenu, ça vaut pas grand-chose.

On fait maintenant une avance rapide de quelques années.

En 2006 il y a déjà un moment que je me suis remis à la photographie et ce faisant j’ai commencé à arpenter la ville afin de documenter les vestiges architecturaux qui nous restent. J’en avais aussi profité pour ressortir ma petite table à dessin pour gribouiller toutes sortes de bidules amusants. J’avais là, j’en étais convaincu, du matériel intéressant pour recommencer un blogue. Et puis les blogues étaient alors assez populaires. Assez pour que les gens qui en avaient un se rassemblent dans un sorte de pow-wow appelé Yulblog (Yul étant l’appellation codée de l’AITA pour désigner l’aéroport Pierre-Eliott-Trudeau de Montréal). Pour peu qu’on aurait pu appeler ça Petblog, mais je m'égare.

En 2006, donc, les outils pour publier des blogues étaient beaucoup plus perfectionnés et nul besoin de connaître le HTML. Les deux plateformes les plus populaires étaient alors Blogger (acquis par Google en 2003) ainsi que Wordpress, mis en ligne pour la première fois la même année. C’est avec ce dernier que j’ai repris l’écriture, publiant sur une base semi-régulière des articles portant sur la photo, l’histoire de Montréal, les découvertes faites durant mes promenades ainsi que mes dessins, tout en affichant fièrement la mascotte du blogue. 


C’est en janvier 2010 que j’ai décidé de déménager mes pénates sur la plateforme Blogger, laquelle répondait mieux à mes besoins. Mais passer d'une plate forme à l'autre n'a pas été une promenade dans le parc, de loin S'en faut, car aucun outil n'existait pour effectuer cette sale besogne. Il m'a donc fallu tout transférer à la mitaine. travail de moine s'il en fut un. 

Et c’est ici qu’on en est en ce 2 janvier 2010 sur cette nouvelle plateforme où je compte reprendre la même formule que sur l’ancien blogue soit ma photographie, mes dessins, des articles sur l’histoire de Montréal ainsi que mes souvenirs d’enfance, souvent étalés d’objets issus de ma collection personnelle. Si vous êtes curieux d’en savoir plus sur la façon dont les articles sont répertoriés sous leurs catégories respectives consultez l’onglet «À propos» situé tout juste sous la bannière.

Bienvenue chez-nous. Bienvenue chez-vous!

Bonne lecture!!


Pluche