mardi 25 juillet 2017

Morceau de Montréal: Le planétarium Dow

(Photo: Collection personnelle de cartes postales) 

Voici le Planétarium Dow que l'on peut voir sur cette carte postale issue de ma collection et comme on pouvait s'en procurer dans la boutique du Planétarium. Il s'agit vraisemblablement d'une photographie prise en 1966 car la statue de Copernic ne se trouve pas à son emplacement. Comme on le sait, la statue va être installée sur le site d'Expo 67 et ce n'est qu'après l'événement qu'elle va se retrouver face au Planétarium. Le cadran solaire équatorial quant à lui, est bien visible. 

La brasserie Dow se trouve derrière et ce qu'il convient d'appeler "l'affaire Dow" (dont je vous ai parlé ici) et qui se déroule au moment où la photographie est prise. De l'autre côté de la rue on peut voir une autre brasserie: O'Keefe, aujourd'hui le bâtiment principal de l'École de technologie supérieure. Quoique pas exactement facile à voir, l'entrée principale de la brasserie O'Keefe est surmontée d'un indicateur de température et qui affiche ici 56 degrés. C'est en Fahrenheit, bien entendu. En Celsius ça nous donne un frisquet 13 degrés. Pas exactement chaud, surtout que cette photo semble avoir été prise en tout début d'après-midi. De l'autre côté de la rue il y a la gare du Canadien National construite en 1950 et qui a remplacé celle détruite dans un terrible incendie en 1948. Ce n'est pas une gare pour voyageurs mais bien pour la marchandise seulement. Et, fait amusant, on note parmi les voitures stationnées devant le Planétarium, une Volkswagen ainsi qu'une Mini Cooper. 

Un bâtiment unique. 

Le Planétarium Dow a fait partie du paysage montréalais pendant 45 ans, soit de 1966 à 2011 et plusieurs pensent, à tort, qu'il s'agit là d'une autre manifestation des grandes ambitions de Jean Drapeau alors que ce n'est absolument pas le cas. Doter Montréal d'un bâtiment consacré à la science astronomique était l'idée du docteur Pierre Gendron, un véritable passionné d'astronomie et aussi doyen fondateur de la Faculté des sciences de l'Université d'Ottawa. Mais bon, on a beau avoir de bien belles et grandes idées, un Planétarium, ça ne se construit pas comme ça. 

Aux grandes ambitions, aux grands moyens.

Maintenant regardez la photo en haut et regardez derrière le Planétarium. Le bâtiment où l'on voit l'inscription "BRASSERIE DE MONTRÉAL - MONTREAL BREWERY" (avec le logo Black Label au milieu) est la fameuse Brasserie Dow. Il s'adonne que le docteur Gendron en était le président du conseil d'administration de la brasserie Dow. Fort de sa position et aidé de son enthousiasme, il a convaincu Dow de financer en totalité la construction d'un planétarium de calibre international lequel serait construit sur un partie du square Chaboillez tout juste en face de la brasserie. 

Un planétarium moderne. 

La réalisation des plans a été confiée au bureau d'architectes David-Barott-Boulva, lesquels ont pondu un bâtiment très élégant et directement inspiré de l'astronomie avec un toit rappelant la planète Saturne et ses anneaux. Avec sa brique beige et ses fenêtres verticales, le bâtiment offrait une apparence non seulement moderne mais aussi avec un style épuré. L'entrée du Planétarium se trouvait face à une courte rue qui joignait les rues Peel et de la Cathédrale. 

Un intérieur tout aussi moderne et une étrange bestiole mécanique. 

À l'intérieur se trouvait un corridor circulaire qui ceinturait la salle de spectacle. Ce corridor, qui semblait sortir d'un décor qui aurait très bien pu apparaître dans 2001 Odyssée de l'espace ou dans Cosmos: 1999, était sombre, muni d'un tapis et tapissé d'éléments didactiques rétro-éclairés car le corridor servait aussi d'exposition permanente où les grands thèmes de l'astronomie étaient expliqués. Au centre se trouvait la fameuse salle de spectacle avec un plafond en dome fait d'aluminium perforé et avec, en son centre, l'élément qui ne manquait jamais d'impressionner les visiteurs: là, monté sur un monticule, une étrange contraption fabriquée par Zeiss; c'était le planétaire. 

Le planétaire Zeiss avec ses nombreux projecteurs mobiles. Derrière, on peut apercevoir une partie du dôme, lequel servait d'écran de projection. Il était surnommé "l'iglou". 

Le planétaire Zeiss était en réalité un appareil contenant une centaine de projecteurs qui permettaient l'affichage sur le dôme d'images différentes. Les deux boules situées aux extrémités tournaient sur elles mêmes et l'appareil entier pouvait se pencher d'un côté comme de l'autre. Cette grande versatilité offrait l'occasion de présenter des spectacles uniques avec de multiples effets. Des hauts-parleurs disséminés dans la salle diffusaient une sonorité à 360 degrés alors qu'un astronome, installé derrière un pupitre aux commandes complexes, narrait le spectacle tout en voyant au bon déroulement des projections du planétaire qui accompagnait les explications. 

Chronique d'une mort annoncée. 

Le Planétarium, on le savait bien, avait visiblement besoin de grandes rénovations et on ne parlait pas ici de simplement peinturer les murs. Il suffisait de simplement passer devant pour s'en rendre compte. Aussi, le vénérable planétaire, malgré sa grande complexité, affichait son âge. Le modèle Mark II qu'il était faisait figure d'antiquité face aux instruments modernes lesquels sont beaucoup plus performants en plus d'occuper moins d'espace. Après avoir reçu plus de six millions de visiteurs et offert au-delà de 250 spectacles uniques en 58,000 représentations, on a un jour décidé, en 2011, d'amener la Planétarium derrière la grange et de l'achever. Il a depuis été remplacé par le Planétarium Rio Tinto Alcan, situé près du Biodôme. Quant au Planétarium Dow, il a été acquis par l'École de technologie supérieure, permettant ainsi de sauver l'immeuble d'une destruction dont on aurait bien pu se passer. Au moins on peut se soulager du fait qu'on ne l'a pas détruit pour y ériger, encore, des condos style clapier à lapins aux noms parfaitement soporifiques. 





Le saviez-vous? entre 1923 et 2011, la compagnie allemande Zeiss a conçu et fabriqué plus de 631 projecteurs. 

vendredi 21 juillet 2017

Morceau de Montréal: Le musée de cire historique canadien

(Photo: Collection personnelle de cartes postales)

Le musée de cire canadien se trouvait sur le chemin de la Reine-Marie tout juste à l'ouest de Côte-des-Neiges, et de biais avec l'oratoire St-Joseph. Il s'agissait élégant d'un bâtiment qui abritait une très belle collection de statues de cire réparties sur deux étages dans des dioramas. Contrairement à l'actuel musée Grévin, lequel place les statues dans des environnements ouverts, celles du musée de cire canadien l'étaient dans des dioramas élaborés, d'où l'importance de bien utiliser l'espace intérieur. 

Le musée de cire a fait partie du paysage montréalais pendant 54 ans, soit de 1935 à 1989, année où l'on a décidé de fermer un attrait touristique qui attirait tout de même un nombre assez important de visiteurs par an. Ce faisant, le bâtiment n'a fait l'objet d'aucune forme de protection malgré son style et son architectures uniques et aujourd'hui il n'est plus qu'une ombre bien faible de ce qu'il a été jadis. Véritable capsule de temps, ce n'était pas seulement un musée que l'on fermait mais aussi un peu de nous autres. 

En juillet 2011 je signais un article sur ledit musée de cire et que j'avais accompagné de photographies en noir et blanc. Cet article a dernièrement fait l'objet d'un refonte majeure où je n'ai ménagé aucun effort afin d'en rehausser le contenu avec des informations supplémentaires ainsi que des photographies en couleurs numérisées à partir de ma collection de cartes postales. Je vous invite donc à revisiter cette nouvelle version en cliquant ici. Il s'agit, à ma connaissance, de l'article le plus étoffé sur ce musée aujourd'hui disparu. 



Le saviez-vous? En 1940, le plus vieux musée de cire au monde, celui de madame Tussauds à Londres, a été frappé par des bombes allemandes, faisant des dommages considérables et détruisant du même coup plus de 350 moules. 

lundi 17 juillet 2017

Morceau de Montréal: Le restaurant Dunn's


Pour Myer Dunn, le fameux restaurant de la rue Ste-Catherine n'était pas son premier, mais plutôt son troisième. Bien qu'il soit arrivé au Québec en 1911, ce n'est qu'en 1927 qu'il ouvre son premier restaurant, rue Papineau, non loin de l'avenue du Mont-Royal. En 1948, fort de son expérience, il ouvre son deuxième restaurant qui se trouve incidemment à être le premier à porter le nom de "Dunn's Famous Delicatessen". 

Le restaurant avec lequel les plus vieux ont été habitués, et dont il est question aujourd'hui, a été ouvert en 1955 sur la rue Ste-Catherine, tout près de l'avenue McGill College. La devanture "technicolor" avec ses néons flamboyants, qui au demeurant étaient alors légion sur la rue Ste-Catherine, ne manquait pas d'attirer l'attention, tout comme les pots de piment bananes tous alignés et les faux cornets de crème glacée. 

(Photo: collection personnelle de cartes postales)

L'intérieur du restaurant se composait de deux étages. Sur l'image ci-haut, la photo en haut à droite a été prise au deuxième étage alors que celle en bas nous montre le rez-de-chaussé. Le décor pourrait être qualifié de... euh... disons rococo mexicain et l'expérience était agrémentée d'accompagnement musicaux, gracieuseté d'un type qui, habillé d'un smoking, jouait des tounes, pendant que les clients mangeaient leur sandwich au smoked-meat, (après l'avoir repéré dans le menu assez élaboré et résolument lyrique). Le Dunn's faisait partie de ces restaurants flamboyants de par leurs styles et leurs décorations, ouverts 24 heures sur 24 avec piano bar, et dont nous n'avons malheureusement plus beaucoup de représentants aujourd'hui. 

L'aventure Dunn's Famous a pris fin en 1998 alors que le restaurant a définitivement fermé ses portes. Cependant, deux ans plus tard, le petit-fils de Myer Dunn vourait de nouveau le Dunn's Famous mais cette fois sur la rue Metcalfe, un peu au sud de la rue Ste-Catherine. 




Le saviez-vous? Non seulement le restaurant Dunn's est maintenant franchisé avec maintenant plusieurs restaurants au Canada.mais on peut aussi se procurer le smoked meat Dunn's en supermarché. 

vendredi 14 juillet 2017

Morceau de Montréal: le petit labyrinthe du parc Lafontaine

(Photo de Robert N. Wilkins (1975) utilisée ici avec son aimable autorisation)

Près du Jardin des merveilles, à l'est de la rue Calixa-Lavallée et au sud de Rachel, se trouvait un parc pour enfants comme on en retrouvait un peu partout en ville, mais celui-ci avait un petit quelque chose de particulier que bien d'autres n'avaient pas: un labyrinthe. 

Fabriqué en ciment avec des pierres enchâssées ici et là, ce labyrinthe de bonne dimensions permettait aux enfants de lâcher leur fou et de se perdre dans les dédales. Évidemment, et comme on peut le voir sur la photo, monter sur les murs n'était pas bien difficile et pouvait parfois être plus amusant que de courir à l'intérieur à chercher la sortie. 

Ce labyrinthe a été construit au début des années 70, alors que la ville était à diversifier les jeux offerts aux enfants dans les parcs. Toutefois, c'est le seul parc, à ma connaissance, à avoir pu bénéficier d'un tel jeu. Puis un jour, pour une raison nébuleuse, la ville a décidé de le démolir. Il est difficile cependant de déterminer quand cette exactement démolition a eu lieu mais quelqu'un m'a dit que ça avait été fait durant les années 80, sans autre précision. 

Sur cette photo on peut voir le parc tel qu'il est en ce moment et, en rouge, l'endroit où se trouvait le labyrinthe. Pour aider à se situer, la rue Calixa-Lavallée se trouve à droite. 



Le saviez-vous? Le premier labyrinthe remonterait au 5è siècle avant J.-C., s'il faut en croire le Grec Hérodote qui en aurait visité un lors d'un voyage en Égypte. Situé sous terre et servant à y entreposer des tombeaux, Hérodote aurait alors affirmé que la sommité des réalisations grecques n'arrivait pas à la cheville du labyrinthe en égard à la quantité de matériaux et de travail requis. 

jeudi 13 juillet 2017

Morceau de Montréal: Les serres du parc Westmount


Situées dans le parc Westmount, à un jet de pierre du Victoria Hall, la première librairie publique au Québec, les serres ont été construites en 1927 selon les plans des architectes Lord et Burnham. Le Victoria Hall et les serres font parti de ces élégants bâtiments qui se trouvent dans le parc Westmount, lequel a été aménagé en 1892 par la ville de Westmount qui en avait acquis le terrain. Originalement de huit hectares, le parc en compte maintenant onze. 

Les serres ont toujours été un lieu de fierté pour les gens de cette ville mais malheureusement, avec le temps, la structure s'est affaiblie on a été dans l'obligation de les fermer. Une fermeture toujours en vigueur au moment d'écrire ces lignes. Après avoir soupesé la question la ville de Westmount a décidé d'effectuer des rénovations majeures plutôt que de simplement réparer les parties à risque. Les résidents sont évidemment déçus car les serres intérieures sont les seules dans ce secteur mais ils appuient la ville dans sa décision de prendre son temps et de dépenser judicieusement afin que les travaux soient bien faits. 




Le saviez-vous? L'aménagement initial du parc Westmount a été réalisé en 1912 par J. Howard Manning, lequel s'est largement inspiré des travaux paysagers de Frederick Law Olmsted à qui l'on doit le parc du mont Royal. 

lundi 10 juillet 2017

Morceau de Montréal: la statue de Copernic


Il fut un temps où la pensée dominante quant à notre système solaire plaçait la Terre non seulement au centre de ce dernier, mais aussi au centre de l'univers. Ce système portait le nom de géocentrisme (géo = terre, centrisme = centre) et fort bien accepté depuis que Ptolémée en publie le mécanisme dans son ouvrage La grande syntaxe, ultérieurement traduite en arabe sous le nom d'Amalgeste. Toutefois, dans l'Antiquité, et depuis au moins le 5è siècle avant Jésus-Christ, Philolaos de Crotone avait imaginé que la Terre tournait autour d'un feu central, tout comme Héraclide du Pont et, plus tard Aristarque de Samos, lequel pousse davantage la théorie en estimant que le Soleil est beaucoup plus gros que la Terre et qu'elle tourne autour de lui. La grande majorité des savants de l'Antiquité rejettent toutefois l'hypothèse. L'idée ne meurt pas puisqu'elle est présentée par Martianus Capella en 420 dans un ouvrage intitulé Noces de Philologie et de Mercure

Et puis ensuite?

Eh bien le temps passe, les années, les siècle même. Il faut attendre l'arrivée de l'astronome Polonais Nicolas Copernic durant la Renaissance pour que le modèle de l'héliocentrisme (hélios = soleil, centrisme = centre) refasse surface. Copernic publie ses observations dans un livre intitulé De revolutionibus orbium coelestium en 1543, ou, Des révolutions des sphères célestes. Pour se situer un peu dans le temps, Copernic publie seulement neuf ans après que Jacques Cartier soit débarqué à Gaspé. Toutefois, Copernic était bien au fait des travaux d'Aristaque de Samos et bien qu'il en ait effacé toute trace dans son manuscrit, elles sont toutefois demeurées dans ses brouillons. 

Tycho Brahé, un autre astronome fort réputé, prend connaissance des travaux de Copernic mais refuse d'adhérer à la théorie, davantage par conscience religieuse que scientifique toutefois. Et la religion catholique justement, via le Vatican, qualifie en 1616 d'hérésie la théorie de Copernic. Cependant, d'autres grands scientifiques vont venir lentement mais sûrement valider la théorie de l'héliocentrisme mise de l'avant par Copernic, comme Kepler, Galilée (qui en a bavé devant l'Église) et Newton. D'autres scientifiques vont venir à leur tour renforcer la théorie et la science moderne a pu solidement l'officialiser hors de tout doute.

Ce qui nous amène à la fameuse statue de Copernic. 

Pour souligner le centenaire de la Confédération la communauté Polonaise offre à la ville de Montréal en 1966 une réplique identique de la statue originale de Copernic réalisée par Bertel Thorvaldsen et qui se trouve à Varsovie. La statue est alors placée devant le pavillon L'Homme interroge l'Univers à Expo 67 puis, à la fin de l'événement, elle est installée devant Planétarium Dow sur la rue Saint-Jacques. Elle y demeure jusqu'au déménagement du Planétarium devant le nouveau Planétarium Rio Tinto Alcan, près du Biodôme. L'emplacement de la statue est encerclé en rouge sur la photo ci-bas.






Le saviez-vous? La théorie de l'héliocentrisme a donné naissance à ce que l'on a appelé la Révolution copernicienne et qui est aujourd'hui considérée comme le point de départ de l'astronomie moderne et de la révolution scientifique. 

jeudi 22 juin 2017

Les cartes Star Wars


Le film était encore pas mal frais dans nos mémoires alors que les sons et la musique nous tourbillonnaient dans la tête. Heureusement qu'il était sorti en salles durant l'été, autrement il aurait été assez difficile de se concentrer à l'école. Et encore, à l'époque, pas de lecteurs DVD, ni même de magnétoscopes. Si on voulait s'en faire mettre plein la vue de nouveau fallait retourner au cinéma et refaire la file. 

Un jour comme ça je m'en vais à l'épicerie du coin chercher quelque chose et, en entrant, voilà que je ne vois ti-pas, drette sur le comptoir pas loin des bonbons et cartes à échanger de toutes sortes, une boîte de cartes Star Wars. C'était tout nouveau mais je connaissais bien. J'avais déjà toute la série de cartes de Cosmos:1999 et presque la collection complète des cartes de monstres Topps.  

Chaque paquet coûtait 10 sous (comme pour Cosmos: 1999) et contenait, outre un certain nombre de cartes, un autocollant ainsi qu'une gomme à mâcher qui perdait sa saveur après vingt secondes. Ce n'était pas un prix exorbitant parce que 10 sous ajusté selon l'inflation représente quelque chose comme 60 sous aujourd'hui. J'ai donc entrepris de collectionner ces cartes afin d'avoir la série complète. 

Les cartes américaines étaient fabriquées aux États-Unis par la compagnie Topps alors qu'au Canada c'était O-Pee-Chee, dont les cartes étaient bilingues. L'utilisation du français sur les cartes était une obligation en raison de la législation fédérale de 1970. La mise en marché toutefois s'appuyait sur un bon vieux fond de commerce qui avait fait ses preuves, soit celui de vendre les cartes enveloppées dans du papier ciré opaque et les cartes qui se trouvaient à l'intérieur étaient insérées de façon aléatoires. Pour avoir une série complète fallait acheter plusieurs paquets et échanger celles que l'on avait en double, triple ou même quadruple. En bout de compte, et avec un peu de chance, on pouvait finir par obtenir la série complète. 

Il y a tout de même eu quelques légers obstacles. D'abord l'épicerie du coin a vite fait de voir sa boîte de carte se vider rapidement. Je n'étais évidemment pas le seul à collectionner ces cartes. Y'a donc fallu trouver d'autres points de vente car même si Star Wars était un phénomène populaire, ce ne sont pas toutes les épiceries et dépanneurs qui en avaient. Et puis les autres faisaient exactement comme moi. L'autre ennui était la malchance, qui faisait que je retrouvais pas mal toujours les mêmes cartes. J'ai donc dû m'armer de patience. La difficulté s'est retrouvée quelque peu augmentée lorsque la seconde série de cartes (bordure rouge) est apparue. Finalement, je suis parvenu à obtenir les deux premières séries au complet non sans avoir aperçu la troisième série (bordure orange) arriver mais à ce moment, pour mon très minuscule portefeuille du temps, c'était un luxe que je ne pouvais m'offrir. Déjà que pour avoir les deux premières séries j'avais investi pas mal de sous, un peu trop aux yeux de mes parents, il était hors de question pour moi d'attaquer la troisième série. 


Voici mes deux paquets de cartes de 1977, la première série en bleu et la seconde en rouge. La première série contenait 66 cartes (1 à 66) et la seconde 65 cartes (67 à 132). La troisième série (bordure orange), qui n'est pas ici pour les raisons sus-mentionnées, comptait quant à elle 131 cartes car elle comprenait les séries 4 et 5 américaines.


Il pouvait se trouver quatre choses différentes à l'endos des cartes; un sommaire «dramatique» sur une séquence du film, une vignette sur les acteurs du film, en l’occurrence ici la regrettée Carrie Fisher, une explication sur certains trucages utilisés ou encore un morceau de casse-tête à assembler. Ce qui est intéressant dans ces textes c'est que dans la version en français on conserve les noms originaux des personnages et non ces abominables traductions comme «Dark Vador» ou «Chiktabba»... Ces cartes demeurent un très bon souvenir d'une époque pas si lointaine où les p'tits plaisirs de la vie ne tenaient souvent que dans des paquets à dix sous. Cependant, si vous tenez à faire autographier une de ces cartes par Mark Hamill (Luke Skywalker), ne vous attendez pas à une simple signature. Hamill n'hésite aucunement à y gribouiller des phrases humoristiques.




Le saviez-vous? Il existe une carte quelque peu spéciale, soit celle où l'on voit C-3PO et lequel semble affublé d'un membre assez imposant. On a longtemps élaboré sur les causes et, bien entendu, la version officielle prétend que c'est un «accident». Or, selon Gary Gerani, lequel a écrit le livre sur les cartes Star Wars, on se serait plutôt amusé sur le plateau de tournage au moment où la photo a été prise. Chez Topps on a préféré corriger l'image. 





jeudi 25 mai 2017

Il y a 40 ans: les débuts de Star Wars au cinéma

On a bien beau dire que le 4 mai est le jour de Star Wars, il n'en demeure pas moins que le véritable anniversaire est bel et bien aujourd'hui, soit le 25 mai. Comme je le disais dans un autre article, en 1977 la science-fiction n'était pas considérée comme un genre à succès, bien au contraire et 20th Century Fox avait tout misé sur le film de George Lucas. Si le film ne marchait pas c'était la banqueroute, purement et simplement. Et lorsque le montage final du film est terminé, ça ne regarde pas bien parce qu'il n'y a environ qu'une quarantaine de salles aux États Unis qui acceptent de projeter le film. Quarante deux, pour être précis. 

Quarante deux salles.

Dans tout le pays. 

Comme on dit, ça ne regarde pas bien. En fait, même si la Fox a tout dépensé ce qui lui reste d'argent dans la production de Star Wars, elle considère tout de même The Other Side of Midnight comme étant le film à succès de l'été 1977. Star Wars n'est que la face B, celle qui se trouve de l'autre côté du disque et qui n'intéresse que peu de gens. Sauf que le film devient rapidement un succès. Les cinémas qui l'affichent en salles ne parlent que de files d'attentes et des projections n'ayant aucun siège libre. Rapidement d'autres cinémas, qui ne veulent pas se priver d'une bonne part du gâteau, commandent aux distributeurs des copies. Le 24 juin est la date où le film ressort sur les écrans partout au pays. De quarante-deux salles on passe à environ 1,750. Les cinéphiles dorment même dehors devant les cinémas pour être certains de pouvoir obtenir des billets. 


Lucas ne s'en faisait pas trop avec Star Wars et pour lui il était clair que le film ne serait pas bien populaire. Ça plairait probablement aux amateurs du genre mais sans plus. Il se préparait à prendre des vacances à Hawaï lorsque Alan Ladd Jr. lui a donné un coup de fil pour lui annoncer que Star Wars était un phénomène sans précédent.  

Le cinéaste avait tout de même refusé un boni de $500,000 auquel il avait droit mais il avait refusé, préférant plutôt négocier l'exclusivité sur droits de tous les produits dérivés. Pour Fox c'était une belle économie mais pour Lucas cette décision a fait de lui un homme excessivement riche. Ironiquement, les acteurs principaux du film, Mark Hamill, Carrie Fisher, Harrison Ford et Alec Guiness étaient quant à eux convaincus du succès de Star Wars. Ça semblait évident pour nous tous, sauf pour George, dira Hamill dans une entrevue récente. Le succès planétaire, c'est le cas de le dire, à rapporté en tout et pour tout plus de $775 millions de dollars pour un coût initial de $11 millions. 

Grâce à Star Wars, la science-fiction s'est soudainement retrouvée le genre le plus populaire. Et à imiter. On a vu apparaître tant au cinéma qu'à la télévision de nouveaux films et séries, lesquelles empruntaient en tout ou en partie à l'univers de Star Wars. Au niveau des jouets les tablettes des magasins ont été inondées de produits Star Wars de tous genres mais aussi avec des imitations qui empruntaient beaucoup à Star Wars, tant au niveau du design que du graphisme. 

Les effets spéciaux ont aussi connu un regain. Lucas avait été chercher des vétérans qui avaient œuvré sur 2001 Odyssée de l'espace et avait aussi tenté de recruté le vétéran Brian Johnson, lequel travaillait sur Cosmos: 1999. Ce dernier ne pouvant se joindre à l'équipe de Star Wars en raison de son contrat a pu faire le saut afin de travailler sur Empire Strikes Back. Star Wars a ainsi donné naissance à Industrial Light & Magic, la compagnie spécialisée dans les effets spéciaux et qui a produit des séquences pour quantité de films qui nécessitaient de tels effets. Décidément on peut affirmer sans l'ombre d'un doute que le cinéma d'Hollywood est composé de deux parties: pré-Star Wars et post Star Wars. 




Le saviez-vous? La guilde des réalisateurs était assez furax contre Lucas parce que ce dernier voulait faire débuter son film avec le fameux texte déroulant, sans aucun générique des acteurs et techniciens comme c'était la coutume. Mais comme ils étaient convaincus, eux aussi, que le film ferait patate, ils l'ont laissé faire. 

vendredi 12 mai 2017

Les 50 ans d'Expo 67

Aujourd'hui je délaisse quelque peu le phénomène Star Wars et ses quarante ans pour aborder un autre sujet très d'actualité et qui prédate le film de George Lucas de dix ans soit Expo 67 et qui fête cette année ses 50 ans. 



Il est parfaitement impossible de passer outre ce sujet car cette année marque le cinquantième anniversaire de ce que l'on désigne par Expo 67, une grande exposition universelle et internationale sanctionnée par le BIE (Bureau international des expositions). Je ne ferai évidemment pas tout le récit de l'événement car mon blogue n'est pas vraiment le vecteur idéal. Sans compter la tâche titanesque que cela représenterait tant à rédiger, corriger et éditer. Non, pour cela il est largement préférable de consulter des sites spécialisés sur le sujet ainsi que des livres formidables écrits par des gens qui le sont tout autant et sur lesquels je vais revenir plus loin. Ici je vais essentiellement me contenter d'en dresser quelques grandes lignes et de déboulonner quelques mythes qui ont la vie dure. 

L'ABC.

Les expositions internationales de première catégorie, dont Expo 67 fait partie, sont dénommées Expositions internationales enregistrées. Elles possèdent une thématique à caractère universel, d'intérêt et d'actualité pour l'ensemble de l'humanité. Celle qui précède Expo 67 est celle de Seattle en 1962 et celle qui suivra après Expo 67 est Expo 70 à Osaka. Outre les expositions universelles comme celles sus-mentionnées il se trouve des expositions spécialisées comme celle de Turin en 1961 ou de 1965 à Munich. Ces dernières possèdent un thème ayant un caractère précis et spécialisé, au contraire des Expositions universelles. De plus les pavillons sont construits par les organisateurs puis laissent aux exposants le soin de les aménager comme bon leur semble, contrairement aux expositions universelles où ces coûts sont assumés en totalité par les participants. 

Экспо 67?

Le sénateur Mark Drouin est enchanté par l'exposition de Bruxelles en 1958 et à son retour il émet l'idée de tenir un tel événement au Canada pour 1967 au même moment où l'on fêterait le centenaire de la Confédération. Montréal est la ville de choix pour en être l'hôte. 

Mais voilà, le sort a fait que c'est la ville Moscou qui est chosie, par un vote, pour présenter l'Exposition internationale de 1967, ce qui la fait coïncider avec le cinquantenaire de la révolution bolchevique de 1917. Mais y'a eu un coup de théâtre et l'Union Soviétique s'est désistée, ne désirant plus être l'hôte de l'événement. Peut-être s'est-on ravisé en pensant du coup que les Soviétiques seraient exposés au mode de vie de pays dont l'orientation politique est foncièrement différente. quoiqu'il en soit, le Canada, qui avait préalablement posée sa candidature, revient à la charge et finit par obtenir l'autorisation de tenir l'exposition de 1967 sur son territoire et c'est Montréal qui en sera l'hôte telle que désignée le 13 novembre 1962. Et pourquoi pas, disons, Toronto? Parce que le maire Nathan Philips n'était pas intéressé, préférant laisser ça à Drapeau. Ce qui me permet ici de souligner qu'au tout début de cette histoire Drapeau n'est pas intéressé mais alors là pas du tout à ce que Montréal présente une exposition universelle mais il s'est rapidement ravisé jusqu'à en devenir un fervent défenseur. 

La paternité du site.

Le choix du site n'a pas été sans heurts. Certains ont proposé le domaine Béique à Lasalle et d'autres ont avancé le mont Royal ainsi que Pointe Saint-Charles. Des sites proposés il aurait fallu exproprier une quantité non-négligeable de gens et ça, on ne pouvait pas faire. Si la paternité du site finalement choisi, soit les îles, est souvent attribuée à Guy Beaudet alors le directeur du port de Montréal, il appert que cette idée ait initialement été présentée à Jean Drapeau le 27 septembre 1962 par la firme d'architectes Bédard, Charbonneau et Langlois. 



Comme on peut le constater, la proposition de la firme d'architectes est assez semblable, à quelques détails près, du plan final d'Expo 67 incluant l'agrandissement de l'île Sainte-Hélène et la création d'une longue île le long de la voie maritime et laquelle serait segmentée, faisant ici rappeler les fameux canaux. Le choix final de ce site, sans aucune mention à la firme d'architectes, est officialisée en mars 1963 et rendu public. Les travaux débutent durant l'été suivant. Mais voilà, autre coup de théâtre; Paul Bienvenu, Cecil Carsley et Claude Robillard, respectivement commissaire général et sous-commissaire général et directeur général, démissionnent. C'est une mauvaise nouvelle dont les journaux vont faire leurs choux gras, déjà qu'ils criblent Expo 67 de critiques acerbes et parfois assez virulentes.  

Une nouvelle direction.

Il faut à tout prix trouver des gens capables d'occuper les postes vacants avec des gens capables de relever un défi qualifié de fou et d'impossible. C'est ainsi qu'arrive S.E. Pierre Dupuy, un diplomate de carrière et qui devient commissaire général. Pour l'épauler on choisit Bob Shaw à titre de sous-commissaire général et qui va devenir la véritable pierre angulaire d'Expo 67 et Andrew G. Kniewasser à la direction générale. Ils vont chapeauter l'équipe déjà en place soit Philippe de Gaspé Beaubien (exploitation), Jean-Claude Delorme (secrétaire et conseiller juridique), Yves Jasmin (information, publicité et relations publiques), Pierre de Bellefeuille (exposants), Dale Rediker (finances), Édouard Fiset (architecte en chef) et Edward Churchill (aménagement). Ensembles ils forment cette équipe surnommée «Les Durs». 

Quelques légendes urbaines. 

Avec la nouvelle administration les choses se mettent en branle à tous les niveaux. L'agrandissement de l'île Sainte-Hélène et la création de l'île Notre-Dame requiert une quantité assez imposante de remblai. Il se trouve ici une légende urbaine qui me donne carrément de l'urticaire et qui, à mon avis traîne depuis un peu trop longtemps. Vous l'avez probablement même vue à la télé dans ce segment des minutes du patrimoine:


Évidemment, et comme je l'ai mentionné, ce n'est pas comme ça que le choix des îles s'est fait. Aussi, et ça c'est la partie qui me démange, c'est lorsque l'on fait mention, tant dans ce vidéo quand dans plein de médias tant imprimés que sur internet, que l'on a créé les îles avec le remblai du métro de Montréal. Or, c'est faux, faux, faux et archi faux. En 2009 j'ai eu la chance de faire la rencontre de Gilles Gagnon, un architecte qui a œuvré sous la direction d'Édouard Fiset, lequel était l'architecte en chef, et qui est malheureusement décédé en 2011. Gilles Gagnon a été très généreux en anecdotes et renseignements de toutes sortes. Il avait entre autres entrepris de rédiger des notes manuscrites sur la construction des îles et dans lesquelles il mentionnait, parmi plein d'autres renseignements techniques, que le remblai utilisé provenait en très grande majorité du fond du fleuve. En effet, on a fait venir à Montréal trois puissantes dragues afin de leur faire creuser le lit du fleuve. Et c'est de là que provient près 90% du remblai utilisé provient du fleuve alors que le 10% restant provient du métro. Maintenant vous savez alors plus d'excuses. Par contre, même avec toute cette roche, on en a manqué alors on a improvisé les canaux de l'île Notre-Dame pour combler ce manque... creuser cet écart... enfin, vous savez ce que je veux dire. Cette improvisation démontre tout le génie des dirigeants car les canaux vont permettre d'y faire se promener des bateaux, dont le vaporetto et qui donner l'occasion aux visiteurs d'admirer l'Expo sous un angle tout à fait particulier. 


Malgré de nombreuses embûches et autres problèmes inévitables qui s'amènent lors de tout chantier de cette envergure, les travaux avancent et lentement le site d'Expo 67 émerge. Pour les gens qui voient cette immense ruche en passant de par le pont Jacques-Cartier ou ailleurs, Expo 67 ressemble de plus en plus à une réalité plutôt qu'à un éléphant blanc. au plan technique ce sont 82 kilomètres de routes et trottoirs, 37 kilomètres de tuyaux et de drains, 16 kilomètres de lignes de gaz naturel et plus de 114 kilomètres de conduits électriques. À cela il faut ajouter tous les circuits téléphoniques et les fils nécessaires pour tous les appareils installés dans tous les bâtiments du site tant sur l'île Sainte-Hélène, l'île Notre-Dame et à la Cité du Havre. Et ce réseau doit être assez robuste pour pouvoir satisfaire à la grande demande d'usage anticipée où l'on avait prévu quelques 25 millions de visiteurs (tout en annonçant un objectif de 30 millions). Le réseau se devait donc d'être d'une solidité à toute épreuve.  

Des défis à la tonne. 

Chaque département connaît son lot de difficultés et pour les employés de ces services les heures sont longues, souvent plus de quatorze heures par jour, parfois plus et des semaines de travail de sept jours. Le jour de l'ouverture officielle, soit le 28 avril 1967, ne peut être reporté et à moins de vouloir dire aux premiers visiteurs de retourner chez eux, il faut abattre pas mal de travail. 

Le département qui a la tâche probablement la plus ingrate incombe à Yves Jasmin, lequel dirige le service des Relations publiques, de l'Information et de la Publicité. Embauché en mars 1964 après de nombreuses années chez Ford, Molson et Air Canada, c'est à son service que revient le boulot de «vendre» Expo 67 aux gens. Un boulot on ne peut plus difficile si l'on considère l'hostilité de plusieurs médias à l'égard de l'événement à venir. Les publicités télévisées avec Maurice Chevalier, Olivia De Havilland et Yuri Gagarine frappent dans le mille mais une des publicités les plus audacieuses et bel et bien celle-ci:


En cette période de guerre froide, faut avouer que c'est une pub qui a des couilles. L'autre facette de la rivalité entre l'Union Soviétique et les États Unis est bien entendu la course dans l'espace et disons que depuis le début des années 60 les Américains traînent de la patte derrière les Russes. Ces derniers ont envoyé le premier satellite (Sputnik), le premier homme en orbite (Gagarine), la première sortie dans l'espace (Leonov) et la première femme cosmonaute (Terechkova). De façon symbolique, le pont qui lie les deux pavillons a été nommé la passerelle du Cosmos. Incidemment le pavillon soviétique sera le plus visité avec treize millions de visiteurs. De leur côté les États Unis vont être en mesure de démontrer les grandes avancées et améliorations apportées au projet Apollo, surtout depuis la tragédie d'Apollo 1 en janvier 1967 où Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee ont trouvé la mort dans l'incendie de la capsule.  

50 millions? Vraiment?

Parlant de visiteurs voici une autre fausseté qui est également très véhiculée, soit celle où l'on affirme qu'Expo 67 a attiré plus de 50 millions de visiteurs (54,991,806). Le mot visiteur indique ici une personne unique, or beaucoup de gens possédaient des passeports de saison et revenaient fréquemment sur le site, voire pratiquement sept jour sur sept. En définitive on peut dire qu'il y a eu 50 millions de visites mais en tout et pour tout il est assez difficile de déterminer avec exactitude combien de visites uniques il y a eu. Expo 67 est tout de même couronnée la plus grande exposition universelle du 20è siècle. 
Le Guide Officiel, officiel mais pas toujours exact.


Parlant justement de visiteurs, voici le fameux Guide Officiel imprimé en quantité parfaitement monumentale par MacLean Hunter, la compagnie qui publie entre autres le Maclean ainsi que Châtelaine. Ce guide se vendait sur le site pour la somme de un dollar, ce qui semble modique mais qui représente aujourd'hui environ $7,50. Ce guide permettait aux gens d'avoir sous la main une quantité appréciable de renseignements utiles sur les différents pavillons et services offerts. Petit hic toutefois, le Guide a été imprimé en 1966 avec les renseignements de l'époque. On ne comptait que très peu de photos étant donné que tout était encore en construction. Pour montrer les pavillons en question on a utilisé des illustrations. Entre le moment où l'on a imprimé quinze mille million de mille gonzillion de ces petits guides, une certaine quantité d'informations est devenue caduque. Même après 50 ans, le Guide Officiel est le «souvenir» d'Expo 67 le plus commun, le plus facile à trouver et certainement le plus abordable, avec un prix de marché orbitant autour de $10. 

La chanson-thème, histoire d'un petit débat


Il a été de circonstance, étant donné l'ampleur de l'événement, de doter Expo 67 d'une chanson thème. Un concours, commandité par Sun Life, est lancé. Il y aura plus 2,200 soumissions. Probablement la dernière est celle de Stéphane Venne qui glisse une enveloppe contenant les partitions de sa chanson, Un jour un jour, sous la porte à cinq minutes de la fin du concours. Ce sera incidemment celle qui sera choisie. 

On sait qu'il existe deux «versions» de cette chanson mais pour plusieurs ce n'est pas clair; certains affirment que c'est la version de Michèle Richard qui est «l'officielle» alors que d'autres disent que c'est celle de Donald Lautrec. Voyons un peu. 

Durant les années 60 Michèle Richard est la vedette chouchou et on la voit partout, surtout à Radio-Canada. Michèle est alors choisie pour interpréter la chanson de Venne mais ce dernier ne l'entend pas exactement comme ça et préfère largement son ami Donald Lautrec, une autre vedette montante (mais bien personnellement j'aurais bien aimé entendre une version par Renée Claude). 

«J’ai parlé au gérant de Donald [Réjean Dufresne, NDLR] . Nous devions être discrets. Nous avons donc booké des séances d’enregistrement la nuit afin que nous puissions avoir des disques tout de suite après la diffusion de l’émission spéciale. Personne n’a jamais su pourquoi la toune était arrivée si vite sur le marché.» Voici donc la version Donald Lautrec.


Par contre Drapeau n'aime pas la chanson de Venne parce qu'il n'y a aucune mention de l'Expo ni de «sa» ville, Montréal. La version enregistrée par Michelle Richard corrige donc cela et contient donc des séquences extra où l'on peut entendre justement les mots «Expo» et «Montréal». Voici donc cette version:


Le déficit de l'Expo, où l'art de jongler avec les chiffres.

On le sait bien, la réalisation d'Expo 67 a coûté des sous. Beaucoup de sous. Et ces sous-là provenaient des trois paliers gouvernementaux soit le fédéral, le provincial et le municipal qui financent respectivement 50%, 37,5% et 12,5% des coûts de l’exposition qui totalisent $431 904 684, soit un peu moins qu'un demi-milliard, en dollars de l'époque. À la fermeture des livres les revenus, toutes sources confondues, indiquent $221 239 873. Expo 67 affiche donc officiellement une perte opérationnelle de $210 664 811. Comptabilisé de façon aussi subtile qu'un problème mathématique de 4è année, oui, il y a un déficit, sauf que. 

Tous les gens qui sont venus visiter Expo 67 se sont déplacés pour y venir. Ceux qui ont utilisé leur voiture ont mis de l'essence et ceux qui ont opté pour le transport en commun on payé pour des titres de transport. Tous ces gens ont mangé au moins trois repas par jour et en ont profiter pour visiter la ville un tant soit peu. Les visiteurs ont également acheté une quantité appréciable de souvenirs de toutes sortes et ont logé quelque part. Tous ces achats ont généré des revenus grâce aux taxes de ventes. On estime qu'en 1966 les dépenses touristiques étaient d'environ $600 millions alors qu'en 1967 il a été d'un milliard. Une différence nette de $400 millions qui sont allés directement dans les coffres des gouvernements. Un déficit vous dites? Pas si sûr. 

Habitat 67, un beau projet mais...

Moshe Safdie élabore sa thèse universitaire «A Three-Dimensional Modular Building System». il s'agit d'un concept modulaire d'unités d'habitations préfabriquées en béton précontraint et que l'on assemble tel un jeu de LEGO. L'objectif est de fournir des logements abordables tout en répondant au problème de la densité urbaine. Chaque unité est différente de par sa configuration et la luminosité y est abondante. Même Playboy a voulu faire une session photo dans une unité en toute discrétion mais l'affaire est parvenue aux oreilles du Commissaire général Pierre Dupuy qui a rapidement apposé un véto irrévocable. On aura tout de même réalisé une petite séance impromptue avec trois Playmates devant le pavillon des États Unis pour la couverture de VIP, le magazine officiel du Club Playboy (et non du magazine Playboy lui-même comme il est souvent rapporté). 


Architecturalement on peut s'entendre pour dire qu'Habitat 67 est impressionnant à voir, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur sauf que la vocation initiale de l'ensemble, soit des habitations à loyer modique, n'a pas réussi, au contraire. Acheter aujourd'hui une unité est un investissement variant de $375,00 à $2 millions, tout dépendant du nombre de cubes et de l'emplacement de ceux-ci. Étant donné son âge et sa complexité, l'ensemble doit être étroitement surveillé afin de s'assurer de l'intégrité de ce dernier. 

L'échec de Logexpo.

Logexpo était un système mis en place afin d'aider les visiteurs de l'extérieur à trouver un endroit où loger durant leur séjour. Le service relevait toutefois du gouvernement provincial, lequel inspectait et autorisait les gîtes offerts, qu'ils agisse d'un hôtel, d'un motel ou d'une propriété privée où quelques chambres libres étaient disponibles. Malheureusement Logexpo a été un désastre. Plusieurs endroits étaient parfaitement inadéquats voire des clapiers à lapin. Logexpo a été un oeil au beurre noir pour la compagnie de l'Expo mais, comme l'a si bien dit Philippe de Gaspé Beaubien, la compagnie de l'Expo n'était qu'un intermédiaire entre les visiteurs et les endroits préalablement approuvés par le gouvernement, lequel était le seul et unique responsable de ce cafouillage. 

Un moyen de transport qui dérange.


L'aéroglisseur était un moyen de transport assez unique sur le site d'Expo 67. Ce dernier promenait les gens à partir d'un quai de la Cité du Havre, à La Ronde et plus loin sur le fleuve, près de l'île Charron. Malheureusement, son passage près de la Place des nations coïncidait trop souvent pile poil avec des discours officiels prononcés à cet endroit. Le vrombissement de l'aéroglisseur noyait invariablement les discours en question et personne n'entendait rien, au grand dam de Pierre Dupuy qui maudissait l'engin.

L'art public extérieur. 

Avant Expo 67 il ne se trouvait que très peu de pièces d'art public, c'est à dire des oeuvres installées de ça et là dans la ville et visibles de tous. Partout sur le site de l'Expo se trouve une très grande quantité et variété d'oeuvres d'art, transformant les îles en musée à ciel ouvert. C'était là un concept assez nouveau pour les gens d'ici de contempler en plein air des sculptures  d'artistes contemporains comme Charles Daudelin, Michael Snow, Yves Trudeau, Jean Cartier, Étienne Martin, Henri-Georges Adam, Pablo Gargallo, Fritz Wotruba, Louis Archambault et plein d'autres. Expo 67 a donné le ton et peu après des pièces d'art public ont commencé à faire leur apparition à Montréal. 

Manger en plein air vous dites?

Avant Expo 67, et cela grâce à l'obstination de Jean Drapeau, les terrasses extérieures à Montréal étaient interdites. Raison de sécurité publique, disait monsieur le maire sans trop s'étirer sur lesdites raisons. Or Expo 67 foisonnait de terrasses extérieures où les gens pouvaient déguster un bon repas en plain air. Aussi, à cette époque les tavernes étaient encore strictement réservées à la gente masculine mais avec les terrasses de l'Expo les dames pouvaient elles aussi boire une bonne bière bien fraîche au soleil. Après de nombreuses pressions Drapeau a finalement lâché le morceau et autorisé, dès septembre 67, l'installation de terrasses en ville. Lorsque vous passerez un moment sur l'une des nombreuses terrasses de Montréal cet été, souvenez vous de ce legs d'Expo 67.  

Un monstre ennuyeux

Une des attractions les plus mises de l'avant à La Ronde était bien entendu le fameux Gyrotron. L'immense manège était facilement reconnaissable grâce à sa forme pyramidale au centre duquel se trouvait le monstre. Malheureusement le manège, malgré sa complexité et son coût élevé, n'a pas su captiver, ni impressionner, bien du monde. Il est quand même demeuré jusqu'en 1981 après quoi il a été complètement démantelé et enlevé du site. 

Plusieurs pays mais de curieux absents. 

Parvenir à attirer soixante pays est un exploit signé Pierre Dupuy, le commissaire général. Mais curieusement, il s'est trouvé des pays absents à Expo 67, tout spécialement de l'Amérique du sud comme l'Argentine, le Brésil, la Colombie, le Paraguay, la Bolivie, le Pérou, l'Uruguay et le Chili. De ce continent seul le Vénézuela a été présent à l'Expo mais pourquoi? Or, selon ce que m'a raconté Yves Jasmin, il n'y avait pas que les journalistes qui dénigraient Expo 67 mais aussi des gens des ambassades canadiennes et ces derniers auraient «conseillé» aux pays sus-mentionnés de ne pas se donner la peine de s'installer à Expo 67 car cet échec anticipé, selon eux, ne serait qu'un pur gaspillage d'argent. On peut imaginer leur regret et l'embarras de ceux qui les ont mal conseillé. 

Le passeport, de 1967 à 2017. 

Le fameux passeport, que l'on pouvait se procurer en différentes versions (pour la saison, pour une semaine ou encore pour une seule journée), était une idée géniale de gérer les entrées et de donner un sentiment d'appartenance à Expo 67 en pouvant le faire estampiller dans chacun des pavillons du site. À l'intérieur du passeport on invitait les gens à le garder précieusement en souvenir. Aussi, pour fêter tant les 375 ans de Montréal que les 50 ans d'Expo 67, la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal a réanimé le concept du bon vieux passeport de l'Expo. Ce dernier ressemble en tous points à celui de 1967 et contient des pages blanches à faire estampiller là où se trouvent les expositions participantes. Pour connaître les endroits où se tiennent ces activités, rendez-vous sur le site officiel et dans la champ de recherche entrez simplement «Expo 67». 



Le saviez-vous? Il subsiste très exactement sept pavillons d'Expo 67, soit le Canada, la Jamaïque, le Québec (quoique considéré détruit par l'un de ses architectes, Luc Durand), la France, la Tunisie, les États-Unis et la Corée (quoiqu'il n'en reste que la toiture et les colonnes). Parmi les autres structures restantes on compte la Place des nations ainsi que le soubassement du pavillon des Nations-unies. 

jeudi 4 mai 2017

Le 40è de Star Wars - L'histoire sur disque


Aujourd'hui c'est le 4 mai. Dans la culture populaire des «geeks» ce jour est celui de Star War; «May the Fourth be With You». Ça n'a pas été officiellement créé ni par George Lucas ni Disney mais bien par les amateurs eux-mêmes. Donc, en cette journée, j'y vais d'un autre petit article sur le sujet.

Si les magnétoscopes existent en 1977 ils sont loin, a) d'être abordables, b) d'être courants et c) il n'y a pas beaucoup de films préenregistrés disponibles, sinon pas du tout. En fait, si l'on aime un film qui joue au cinéma et que l'on a envie de le voir à nouveau la seule solution c'est de retourner le voir en salles. À moins d'être pas mal patient et d'attendre quelques années pour le voir retontir dans le TV Hebdo. 

Comme le racontais précédemment, j'ai vu Star Wars durant l'été de 1977 dans la salle bondée à capacité du cinéma Champlain par un dimanche après-midi. J'en suis sorti avec des étoiles plein la tête. Ah, j'aurais bien aimé ça revenir le voir cent fois plutôt qu'une mais ça coûtait des sous. 

Quelques semaines plus tard on se retrouve comme ça par une beau samedi matin en famille à faire des courses aux Galeries d'Anjou. L'épicerie chez Dominion d'abord puis du magasinage varié un peu partout. Pendant que mes parents s'en allaient du côté de Simpsons et de Eaton, je filais par l'animalerie, puis à l'arcade de jeux tout juste à côté. ensuite je passais par Toy World, une boutique de jouets disparue depuis longtemps, et finalement par Discus. Et c'est justement là, chez Discus, que mon regard a été accroché par quelque chose d'assez inattendu.


Je savais me débrouiller en anglais et j'ai donc su de quoi il en retournait en voyant le titre. Prière de ne pas confondre avec ce triste moment où, à la même époque, je n'avais pas porté attention à un détail très important d'un autre disque. Il s'agit essentiellement de l'histoire de Star Wars narrée, dans ce cas-ci par Roscoe Lee Brown, et à laquelle on a ajouté des séquences sonores du film. 


En arrivant à la maison je me suis bien installé dans ma chambre afin de voir d'un peu plus près de quoi il en retournait. Sachant que j'avais là un disque bien précieux, je l'ai tout de suite mis dans une enveloppe de plastique (et dans laquelle il se trouve toujours). 


L'album s'ouvrait au milieu, comme un album double mais ne comportait qu'un seul disque. À l'intérieur, un design sobre avec, sur la partie gauche, des renseignements semblables à ceux d'un générique et où apparaissent les noms des gens ayant œuvré sur le disque.


La première pochette ne contenait pas de disque mais plutôt, ô surprise, un livret bourré de photographies tirées du film et très agréable à regarder en écoutant le disque. C'est là quelque chose que j'ignorais complètement car il n'y avait aucune mention d'un tel livret sur la pochette. 










De dire que j'ai écouté ce disque des centaines de fois ne serait pas exagéré. C'était la seule façon à l'époque de pouvoir revivre un tant soit peu l'expérience Star Wars, mais pas avec des figurines, parce que celles-là, il a fallu attendre au printemps 1978 pour mettre la patte dessus. Merci Kenner! Entre temps, le disque fait toujours partie de ma petite collection, toujours dans son enveloppe et toujours en très bon état.





Le saviez-vous? En plus d'avoir produit ce disque, 20th Century Fox a aussi produit celui pour The Empire Strikes Back ainsi que Return of the Jedi dans le même format. 



N.B.: J'ai découvert que Blogger a apporté des modifications dans la gestion du blogue, notamment en ce qui concerne les commentaires des gens qui visitent. Avant j'étais avisé par courriel de chaque commentaire laissé pour modération mais avec les changements apportés cette fonction a disparu. Je croyais à tort que les gens ne laissaient pas de commentaires alors qu'en fait ils se trouvaient dans le répertoire des commentaires en attente mais sans avertissement aucun. J'ai découvert qu'il se trouvait tout un tas de commentaires de gens qui attendaient mon approbation. Alors voilà, les commentaires ont été approuvés, sauf trois spams et j'ai pris la peine d'y répondre.