mardi 25 juillet 2017

Morceau de Montréal: Le planétarium Dow

(Photo: Collection personnelle de cartes postales) 

Voici le Planétarium Dow que l'on peut voir sur cette carte postale issue de ma collection et comme on pouvait s'en procurer dans la boutique du Planétarium. Il s'agit vraisemblablement d'une photographie prise en 1966 car la statue de Copernic ne se trouve pas à son emplacement. Comme on le sait, la statue va être installée sur le site d'Expo 67 et ce n'est qu'après l'événement qu'elle va se retrouver face au Planétarium. Le cadran solaire équatorial quant à lui, est bien visible. 

La brasserie Dow se trouve derrière et ce qu'il convient d'appeler "l'affaire Dow" (dont je vous ai parlé ici) et qui se déroule au moment où la photographie est prise. De l'autre côté de la rue on peut voir une autre brasserie: O'Keefe, aujourd'hui le bâtiment principal de l'École de technologie supérieure. Quoique pas exactement facile à voir, l'entrée principale de la brasserie O'Keefe est surmontée d'un indicateur de température et qui affiche ici 56 degrés. C'est en Fahrenheit, bien entendu. En Celsius ça nous donne un frisquet 13 degrés. Pas exactement chaud, surtout que cette photo semble avoir été prise en tout début d'après-midi. De l'autre côté de la rue il y a la gare du Canadien National construite en 1950 et qui a remplacé celle détruite dans un terrible incendie en 1948. Ce n'est pas une gare pour voyageurs mais bien pour la marchandise seulement. Et, fait amusant, on note parmi les voitures stationnées devant le Planétarium, une Volkswagen ainsi qu'une Mini Cooper. 

Un bâtiment unique. 

Le Planétarium Dow a fait partie du paysage montréalais pendant 45 ans, soit de 1966 à 2011 et plusieurs pensent, à tort, qu'il s'agit là d'une autre manifestation des grandes ambitions de Jean Drapeau alors que ce n'est absolument pas le cas. Doter Montréal d'un bâtiment consacré à la science astronomique était l'idée du docteur Pierre Gendron, un véritable passionné d'astronomie et aussi doyen fondateur de la Faculté des sciences de l'Université d'Ottawa. Mais bon, on a beau avoir de bien belles et grandes idées, un Planétarium, ça ne se construit pas comme ça. 

Aux grandes ambitions, aux grands moyens.

Maintenant regardez la photo en haut et regardez derrière le Planétarium. Le bâtiment où l'on voit l'inscription "BRASSERIE DE MONTRÉAL - MONTREAL BREWERY" (avec le logo Black Label au milieu) est la fameuse Brasserie Dow. Il s'adonne que le docteur Gendron en était le président du conseil d'administration de la brasserie Dow. Fort de sa position et aidé de son enthousiasme, il a convaincu Dow de financer en totalité la construction d'un planétarium de calibre international lequel serait construit sur un partie du square Chaboillez tout juste en face de la brasserie. 

Un planétarium moderne. 

La réalisation des plans a été confiée au bureau d'architectes David-Barott-Boulva, lesquels ont pondu un bâtiment très élégant et directement inspiré de l'astronomie avec un toit rappelant la planète Saturne et ses anneaux. Avec sa brique beige et ses fenêtres verticales, le bâtiment offrait une apparence non seulement moderne mais aussi avec un style épuré. L'entrée du Planétarium se trouvait face à une courte rue qui joignait les rues Peel et de la Cathédrale. 

Un intérieur tout aussi moderne et une étrange bestiole mécanique. 

À l'intérieur se trouvait un corridor circulaire qui ceinturait la salle de spectacle. Ce corridor, qui semblait sortir d'un décor qui aurait très bien pu apparaître dans 2001 Odyssée de l'espace ou dans Cosmos: 1999, était sombre, muni d'un tapis et tapissé d'éléments didactiques rétro-éclairés car le corridor servait aussi d'exposition permanente où les grands thèmes de l'astronomie étaient expliqués. Au centre se trouvait la fameuse salle de spectacle avec un plafond en dome fait d'aluminium perforé et avec, en son centre, l'élément qui ne manquait jamais d'impressionner les visiteurs: là, monté sur un monticule, une étrange contraption fabriquée par Zeiss; c'était le planétaire. 

Le planétaire Zeiss avec ses nombreux projecteurs mobiles. Derrière, on peut apercevoir une partie du dôme, lequel servait d'écran de projection. Il était surnommé "l'iglou". 

Le planétaire Zeiss était en réalité un appareil contenant une centaine de projecteurs qui permettaient l'affichage sur le dôme d'images différentes. Les deux boules situées aux extrémités tournaient sur elles mêmes et l'appareil entier pouvait se pencher d'un côté comme de l'autre. Cette grande versatilité offrait l'occasion de présenter des spectacles uniques avec de multiples effets. Des hauts-parleurs disséminés dans la salle diffusaient une sonorité à 360 degrés alors qu'un astronome, installé derrière un pupitre aux commandes complexes, narrait le spectacle tout en voyant au bon déroulement des projections du planétaire qui accompagnait les explications. 

Chronique d'une mort annoncée. 

Le Planétarium, on le savait bien, avait visiblement besoin de grandes rénovations et on ne parlait pas ici de simplement peinturer les murs. Il suffisait de simplement passer devant pour s'en rendre compte. Aussi, le vénérable planétaire, malgré sa grande complexité, affichait son âge. Le modèle Mark II qu'il était faisait figure d'antiquité face aux instruments modernes lesquels sont beaucoup plus performants en plus d'occuper moins d'espace. Après avoir reçu plus de six millions de visiteurs et offert au-delà de 250 spectacles uniques en 58,000 représentations, on a un jour décidé, en 2011, d'amener la Planétarium derrière la grange et de l'achever. Il a depuis été remplacé par le Planétarium Rio Tinto Alcan, situé près du Biodôme. Quant au Planétarium Dow, il a été acquis par l'École de technologie supérieure, permettant ainsi de sauver l'immeuble d'une destruction dont on aurait bien pu se passer. Au moins on peut se soulager du fait qu'on ne l'a pas détruit pour y ériger, encore, des condos style clapier à lapins aux noms parfaitement soporifiques. 





Le saviez-vous? entre 1923 et 2011, la compagnie allemande Zeiss a conçu et fabriqué plus de 631 projecteurs. 

vendredi 21 juillet 2017

Morceau de Montréal: Le musée de cire historique canadien

(Photo: Collection personnelle de cartes postales)

Le musée de cire canadien se trouvait sur le chemin de la Reine-Marie tout juste à l'ouest de Côte-des-Neiges, et de biais avec l'oratoire St-Joseph. Il s'agissait élégant d'un bâtiment qui abritait une très belle collection de statues de cire réparties sur deux étages dans des dioramas. Contrairement à l'actuel musée Grévin, lequel place les statues dans des environnements ouverts, celles du musée de cire canadien l'étaient dans des dioramas élaborés, d'où l'importance de bien utiliser l'espace intérieur. 

Le musée de cire a fait partie du paysage montréalais pendant 54 ans, soit de 1935 à 1989, année où l'on a décidé de fermer un attrait touristique qui attirait tout de même un nombre assez important de visiteurs par an. Ce faisant, le bâtiment n'a fait l'objet d'aucune forme de protection malgré son style et son architectures uniques et aujourd'hui il n'est plus qu'une ombre bien faible de ce qu'il a été jadis. Véritable capsule de temps, ce n'était pas seulement un musée que l'on fermait mais aussi un peu de nous autres. 

En juillet 2011 je signais un article sur ledit musée de cire et que j'avais accompagné de photographies en noir et blanc. Cet article a dernièrement fait l'objet d'un refonte majeure où je n'ai ménagé aucun effort afin d'en rehausser le contenu avec des informations supplémentaires ainsi que des photographies en couleurs numérisées à partir de ma collection de cartes postales. Je vous invite donc à revisiter cette nouvelle version en cliquant ici. Il s'agit, à ma connaissance, de l'article le plus étoffé sur ce musée aujourd'hui disparu. 



Le saviez-vous? En 1940, le plus vieux musée de cire au monde, celui de madame Tussauds à Londres, a été frappé par des bombes allemandes, faisant des dommages considérables et détruisant du même coup plus de 350 moules. 

lundi 17 juillet 2017

Morceau de Montréal: Le restaurant Dunn's


Pour Myer Dunn, le fameux restaurant de la rue Ste-Catherine n'était pas son premier, mais plutôt son troisième. Bien qu'il soit arrivé au Québec en 1911, ce n'est qu'en 1927 qu'il ouvre son premier restaurant, rue Papineau, non loin de l'avenue du Mont-Royal. En 1948, fort de son expérience, il ouvre son deuxième restaurant qui se trouve incidemment à être le premier à porter le nom de "Dunn's Famous Delicatessen". 

Le restaurant avec lequel les plus vieux ont été habitués, et dont il est question aujourd'hui, a été ouvert en 1955 sur la rue Ste-Catherine, tout près de l'avenue McGill College. La devanture "technicolor" avec ses néons flamboyants, qui au demeurant étaient alors légion sur la rue Ste-Catherine, ne manquait pas d'attirer l'attention, tout comme les pots de piment bananes tous alignés et les faux cornets de crème glacée. 

(Photo: collection personnelle de cartes postales)

L'intérieur du restaurant se composait de deux étages. Sur l'image ci-haut, la photo en haut à droite a été prise au deuxième étage alors que celle en bas nous montre le rez-de-chaussé. Le décor pourrait être qualifié de... euh... disons rococo mexicain et l'expérience était agrémentée d'accompagnement musicaux, gracieuseté d'un type qui, habillé d'un smoking, jouait des tounes, pendant que les clients mangeaient leur sandwich au smoked-meat, (après l'avoir repéré dans le menu assez élaboré et résolument lyrique). Le Dunn's faisait partie de ces restaurants flamboyants de par leurs styles et leurs décorations, ouverts 24 heures sur 24 avec piano bar, et dont nous n'avons malheureusement plus beaucoup de représentants aujourd'hui. 

L'aventure Dunn's Famous a pris fin en 1998 alors que le restaurant a définitivement fermé ses portes. Cependant, deux ans plus tard, le petit-fils de Myer Dunn vourait de nouveau le Dunn's Famous mais cette fois sur la rue Metcalfe, un peu au sud de la rue Ste-Catherine. 




Le saviez-vous? Non seulement le restaurant Dunn's est maintenant franchisé avec maintenant plusieurs restaurants au Canada.mais on peut aussi se procurer le smoked meat Dunn's en supermarché. 

vendredi 14 juillet 2017

Morceau de Montréal: le petit labyrinthe du parc Lafontaine

(Photo de Robert N. Wilkins (1975) utilisée ici avec son aimable autorisation)

Près du Jardin des merveilles, à l'est de la rue Calixa-Lavallée et au sud de Rachel, se trouvait un parc pour enfants comme on en retrouvait un peu partout en ville, mais celui-ci avait un petit quelque chose de particulier que bien d'autres n'avaient pas: un labyrinthe. 

Fabriqué en ciment avec des pierres enchâssées ici et là, ce labyrinthe de bonne dimensions permettait aux enfants de lâcher leur fou et de se perdre dans les dédales. Évidemment, et comme on peut le voir sur la photo, monter sur les murs n'était pas bien difficile et pouvait parfois être plus amusant que de courir à l'intérieur à chercher la sortie. 

Ce labyrinthe a été construit au début des années 70, alors que la ville était à diversifier les jeux offerts aux enfants dans les parcs. Toutefois, c'est le seul parc, à ma connaissance, à avoir pu bénéficier d'un tel jeu. Puis un jour, pour une raison nébuleuse, la ville a décidé de le démolir. Il est difficile cependant de déterminer quand cette exactement démolition a eu lieu mais quelqu'un m'a dit que ça avait été fait durant les années 80, sans autre précision. 

Sur cette photo on peut voir le parc tel qu'il est en ce moment et, en rouge, l'endroit où se trouvait le labyrinthe. Pour aider à se situer, la rue Calixa-Lavallée se trouve à droite. 



Le saviez-vous? Le premier labyrinthe remonterait au 5è siècle avant J.-C., s'il faut en croire le Grec Hérodote qui en aurait visité un lors d'un voyage en Égypte. Situé sous terre et servant à y entreposer des tombeaux, Hérodote aurait alors affirmé que la sommité des réalisations grecques n'arrivait pas à la cheville du labyrinthe en égard à la quantité de matériaux et de travail requis. 

jeudi 13 juillet 2017

Morceau de Montréal: Les serres du parc Westmount


Situées dans le parc Westmount, à un jet de pierre du Victoria Hall, la première librairie publique au Québec, les serres ont été construites en 1927 selon les plans des architectes Lord et Burnham. Le Victoria Hall et les serres font parti de ces élégants bâtiments qui se trouvent dans le parc Westmount, lequel a été aménagé en 1892 par la ville de Westmount qui en avait acquis le terrain. Originalement de huit hectares, le parc en compte maintenant onze. 

Les serres ont toujours été un lieu de fierté pour les gens de cette ville mais malheureusement, avec le temps, la structure s'est affaiblie on a été dans l'obligation de les fermer. Une fermeture toujours en vigueur au moment d'écrire ces lignes. Après avoir soupesé la question la ville de Westmount a décidé d'effectuer des rénovations majeures plutôt que de simplement réparer les parties à risque. Les résidents sont évidemment déçus car les serres intérieures sont les seules dans ce secteur mais ils appuient la ville dans sa décision de prendre son temps et de dépenser judicieusement afin que les travaux soient bien faits. 




Le saviez-vous? L'aménagement initial du parc Westmount a été réalisé en 1912 par J. Howard Manning, lequel s'est largement inspiré des travaux paysagers de Frederick Law Olmsted à qui l'on doit le parc du mont Royal. 

lundi 10 juillet 2017

Morceau de Montréal: la statue de Copernic


Il fut un temps où la pensée dominante quant à notre système solaire plaçait la Terre non seulement au centre de ce dernier, mais aussi au centre de l'univers. Ce système portait le nom de géocentrisme (géo = terre, centrisme = centre) et fort bien accepté depuis que Ptolémée en publie le mécanisme dans son ouvrage La grande syntaxe, ultérieurement traduite en arabe sous le nom d'Amalgeste. Toutefois, dans l'Antiquité, et depuis au moins le 5è siècle avant Jésus-Christ, Philolaos de Crotone avait imaginé que la Terre tournait autour d'un feu central, tout comme Héraclide du Pont et, plus tard Aristarque de Samos, lequel pousse davantage la théorie en estimant que le Soleil est beaucoup plus gros que la Terre et qu'elle tourne autour de lui. La grande majorité des savants de l'Antiquité rejettent toutefois l'hypothèse. L'idée ne meurt pas puisqu'elle est présentée par Martianus Capella en 420 dans un ouvrage intitulé Noces de Philologie et de Mercure

Et puis ensuite?

Eh bien le temps passe, les années, les siècle même. Il faut attendre l'arrivée de l'astronome Polonais Nicolas Copernic durant la Renaissance pour que le modèle de l'héliocentrisme (hélios = soleil, centrisme = centre) refasse surface. Copernic publie ses observations dans un livre intitulé De revolutionibus orbium coelestium en 1543, ou, Des révolutions des sphères célestes. Pour se situer un peu dans le temps, Copernic publie seulement neuf ans après que Jacques Cartier soit débarqué à Gaspé. Toutefois, Copernic était bien au fait des travaux d'Aristaque de Samos et bien qu'il en ait effacé toute trace dans son manuscrit, elles sont toutefois demeurées dans ses brouillons. 

Tycho Brahé, un autre astronome fort réputé, prend connaissance des travaux de Copernic mais refuse d'adhérer à la théorie, davantage par conscience religieuse que scientifique toutefois. Et la religion catholique justement, via le Vatican, qualifie en 1616 d'hérésie la théorie de Copernic. Cependant, d'autres grands scientifiques vont venir lentement mais sûrement valider la théorie de l'héliocentrisme mise de l'avant par Copernic, comme Kepler, Galilée (qui en a bavé devant l'Église) et Newton. D'autres scientifiques vont venir à leur tour renforcer la théorie et la science moderne a pu solidement l'officialiser hors de tout doute.

Ce qui nous amène à la fameuse statue de Copernic. 

Pour souligner le centenaire de la Confédération la communauté Polonaise offre à la ville de Montréal en 1966 une réplique identique de la statue originale de Copernic réalisée par Bertel Thorvaldsen et qui se trouve à Varsovie. La statue est alors placée devant le pavillon L'Homme interroge l'Univers à Expo 67 puis, à la fin de l'événement, elle est installée devant Planétarium Dow sur la rue Saint-Jacques. Elle y demeure jusqu'au déménagement du Planétarium devant le nouveau Planétarium Rio Tinto Alcan, près du Biodôme. L'emplacement de la statue est encerclé en rouge sur la photo ci-bas.






Le saviez-vous? La théorie de l'héliocentrisme a donné naissance à ce que l'on a appelé la Révolution copernicienne et qui est aujourd'hui considérée comme le point de départ de l'astronomie moderne et de la révolution scientifique. 

jeudi 22 juin 2017

Les cartes Star Wars


Le film était encore pas mal frais dans nos mémoires alors que les sons et la musique nous tourbillonnaient dans la tête. Heureusement qu'il était sorti en salles durant l'été, autrement il aurait été assez difficile de se concentrer à l'école. Et encore, à l'époque, pas de lecteurs DVD, ni même de magnétoscopes. Si on voulait s'en faire mettre plein la vue de nouveau fallait retourner au cinéma et refaire la file. 

Un jour comme ça je m'en vais à l'épicerie du coin chercher quelque chose et, en entrant, voilà que je ne vois ti-pas, drette sur le comptoir pas loin des bonbons et cartes à échanger de toutes sortes, une boîte de cartes Star Wars. C'était tout nouveau mais je connaissais bien. J'avais déjà toute la série de cartes de Cosmos:1999 et presque la collection complète des cartes de monstres Topps.  

Chaque paquet coûtait 10 sous (comme pour Cosmos: 1999) et contenait, outre un certain nombre de cartes, un autocollant ainsi qu'une gomme à mâcher qui perdait sa saveur après vingt secondes. Ce n'était pas un prix exorbitant parce que 10 sous ajusté selon l'inflation représente quelque chose comme 60 sous aujourd'hui. J'ai donc entrepris de collectionner ces cartes afin d'avoir la série complète. 

Les cartes américaines étaient fabriquées aux États-Unis par la compagnie Topps alors qu'au Canada c'était O-Pee-Chee, dont les cartes étaient bilingues. L'utilisation du français sur les cartes était une obligation en raison de la législation fédérale de 1970. La mise en marché toutefois s'appuyait sur un bon vieux fond de commerce qui avait fait ses preuves, soit celui de vendre les cartes enveloppées dans du papier ciré opaque et les cartes qui se trouvaient à l'intérieur étaient insérées de façon aléatoires. Pour avoir une série complète fallait acheter plusieurs paquets et échanger celles que l'on avait en double, triple ou même quadruple. En bout de compte, et avec un peu de chance, on pouvait finir par obtenir la série complète. 

Il y a tout de même eu quelques légers obstacles. D'abord l'épicerie du coin a vite fait de voir sa boîte de carte se vider rapidement. Je n'étais évidemment pas le seul à collectionner ces cartes. Y'a donc fallu trouver d'autres points de vente car même si Star Wars était un phénomène populaire, ce ne sont pas toutes les épiceries et dépanneurs qui en avaient. Et puis les autres faisaient exactement comme moi. L'autre ennui était la malchance, qui faisait que je retrouvais pas mal toujours les mêmes cartes. J'ai donc dû m'armer de patience. La difficulté s'est retrouvée quelque peu augmentée lorsque la seconde série de cartes (bordure rouge) est apparue. Finalement, je suis parvenu à obtenir les deux premières séries au complet non sans avoir aperçu la troisième série (bordure orange) arriver mais à ce moment, pour mon très minuscule portefeuille du temps, c'était un luxe que je ne pouvais m'offrir. Déjà que pour avoir les deux premières séries j'avais investi pas mal de sous, un peu trop aux yeux de mes parents, il était hors de question pour moi d'attaquer la troisième série. 


Voici mes deux paquets de cartes de 1977, la première série en bleu et la seconde en rouge. La première série contenait 66 cartes (1 à 66) et la seconde 65 cartes (67 à 132). La troisième série (bordure orange), qui n'est pas ici pour les raisons sus-mentionnées, comptait quant à elle 131 cartes car elle comprenait les séries 4 et 5 américaines.


Il pouvait se trouver quatre choses différentes à l'endos des cartes; un sommaire «dramatique» sur une séquence du film, une vignette sur les acteurs du film, en l’occurrence ici la regrettée Carrie Fisher, une explication sur certains trucages utilisés ou encore un morceau de casse-tête à assembler. Ce qui est intéressant dans ces textes c'est que dans la version en français on conserve les noms originaux des personnages et non ces abominables traductions comme «Dark Vador» ou «Chiktabba»... Ces cartes demeurent un très bon souvenir d'une époque pas si lointaine où les p'tits plaisirs de la vie ne tenaient souvent que dans des paquets à dix sous. Cependant, si vous tenez à faire autographier une de ces cartes par Mark Hamill (Luke Skywalker), ne vous attendez pas à une simple signature. Hamill n'hésite aucunement à y gribouiller des phrases humoristiques.




Le saviez-vous? Il existe une carte quelque peu spéciale, soit celle où l'on voit C-3PO et lequel semble affublé d'un membre assez imposant. On a longtemps élaboré sur les causes et, bien entendu, la version officielle prétend que c'est un «accident». Or, selon Gary Gerani, lequel a écrit le livre sur les cartes Star Wars, on se serait plutôt amusé sur le plateau de tournage au moment où la photo a été prise. Chez Topps on a préféré corriger l'image. 





jeudi 25 mai 2017

Il y a 40 ans: les débuts de Star Wars au cinéma

On a bien beau dire que le 4 mai est le jour de Star Wars, il n'en demeure pas moins que le véritable anniversaire est bel et bien aujourd'hui, soit le 25 mai. Comme je le disais dans un autre article, en 1977 la science-fiction n'était pas considérée comme un genre à succès, bien au contraire et 20th Century Fox avait tout misé sur le film de George Lucas. Si le film ne marchait pas c'était la banqueroute, purement et simplement. Et lorsque le montage final du film est terminé, ça ne regarde pas bien parce qu'il n'y a environ qu'une quarantaine de salles aux États Unis qui acceptent de projeter le film. Quarante deux, pour être précis. 

Quarante deux salles.

Dans tout le pays. 

Comme on dit, ça ne regarde pas bien. En fait, même si la Fox a tout dépensé ce qui lui reste d'argent dans la production de Star Wars, elle considère tout de même The Other Side of Midnight comme étant le film à succès de l'été 1977. Star Wars n'est que la face B, celle qui se trouve de l'autre côté du disque et qui n'intéresse que peu de gens. Sauf que le film devient rapidement un succès. Les cinémas qui l'affichent en salles ne parlent que de files d'attentes et des projections n'ayant aucun siège libre. Rapidement d'autres cinémas, qui ne veulent pas se priver d'une bonne part du gâteau, commandent aux distributeurs des copies. Le 24 juin est la date où le film ressort sur les écrans partout au pays. De quarante-deux salles on passe à environ 1,750. Les cinéphiles dorment même dehors devant les cinémas pour être certains de pouvoir obtenir des billets. 


Lucas ne s'en faisait pas trop avec Star Wars et pour lui il était clair que le film ne serait pas bien populaire. Ça plairait probablement aux amateurs du genre mais sans plus. Il se préparait à prendre des vacances à Hawaï lorsque Alan Ladd Jr. lui a donné un coup de fil pour lui annoncer que Star Wars était un phénomène sans précédent.  

Le cinéaste avait tout de même refusé un boni de $500,000 auquel il avait droit mais il avait refusé, préférant plutôt négocier l'exclusivité sur droits de tous les produits dérivés. Pour Fox c'était une belle économie mais pour Lucas cette décision a fait de lui un homme excessivement riche. Ironiquement, les acteurs principaux du film, Mark Hamill, Carrie Fisher, Harrison Ford et Alec Guiness étaient quant à eux convaincus du succès de Star Wars. Ça semblait évident pour nous tous, sauf pour George, dira Hamill dans une entrevue récente. Le succès planétaire, c'est le cas de le dire, à rapporté en tout et pour tout plus de $775 millions de dollars pour un coût initial de $11 millions. 

Grâce à Star Wars, la science-fiction s'est soudainement retrouvée le genre le plus populaire. Et à imiter. On a vu apparaître tant au cinéma qu'à la télévision de nouveaux films et séries, lesquelles empruntaient en tout ou en partie à l'univers de Star Wars. Au niveau des jouets les tablettes des magasins ont été inondées de produits Star Wars de tous genres mais aussi avec des imitations qui empruntaient beaucoup à Star Wars, tant au niveau du design que du graphisme. 

Les effets spéciaux ont aussi connu un regain. Lucas avait été chercher des vétérans qui avaient œuvré sur 2001 Odyssée de l'espace et avait aussi tenté de recruté le vétéran Brian Johnson, lequel travaillait sur Cosmos: 1999. Ce dernier ne pouvant se joindre à l'équipe de Star Wars en raison de son contrat a pu faire le saut afin de travailler sur Empire Strikes Back. Star Wars a ainsi donné naissance à Industrial Light & Magic, la compagnie spécialisée dans les effets spéciaux et qui a produit des séquences pour quantité de films qui nécessitaient de tels effets. Décidément on peut affirmer sans l'ombre d'un doute que le cinéma d'Hollywood est composé de deux parties: pré-Star Wars et post Star Wars. 




Le saviez-vous? La guilde des réalisateurs était assez furax contre Lucas parce que ce dernier voulait faire débuter son film avec le fameux texte déroulant, sans aucun générique des acteurs et techniciens comme c'était la coutume. Mais comme ils étaient convaincus, eux aussi, que le film ferait patate, ils l'ont laissé faire.