lundi 9 janvier 2023

Oiseaux du Québec: la buse à épaulettes



Appareil utilisé: Canon 90D + 150-600mm Sigma

La buse à épaulettes est un oiseau rapace que l'on retrouve dans les forêts d'arbres feuillus au sud du Québec. Sa zone d'habitat est assez large, bordé au sud par les états comme la Floride, à l'ouest par le Mississippi, et au nord par le sud de l'Ontario et du Québec. On distingue cette buse de la buse à queue rousse en raison de la taille plus grande de cette dernière, surtout. 

J'ai photographié ce spécimen à Montréal où il semble bien s'adapter à la présence humaine. Ses territoires de chasse sont souvent occupés par d'autres rapaces comme l'épervier de Cooper, les chouettes rayées, les petites buses, les buses à queue rousse et les hiboux. Durant la période de nidification, où la femelle pond deux à trois œufs, la buse ne tolère généralement pas la présence d'autres buses à épaulettes à proximité mais semble plus tolérante envers d'autres rapaces. La construction du nid peut s'étendre de une à cinq semaines quoiqu'il est fortement possible pour la buse de réutiliser le même nid à plusieurs reprises ou, en d'autres cas, d'aménager dans le nid vacant d'une autre espèce. 

Ce magnifique oiseau est considéré comme une espèce non en péril¹ quoique l'étalement urbain et la coupe de zones forestières n'aident pas. Toutefois, l'ensemble de la population demeure relativement stable dans sa zone d'habitat. 





Le saviez-vous? Une fois éclos, les jeunes buses vont commencer à chasser dès l'âge de sept ou huit semaines, en commençant par des insectes avant de graduer vers des proies plus importantes. 



1. COSEPAC. 2006e. Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Buse à épaulettes (Buteo lineatus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 29 p.


jeudi 5 mars 2015

Nom d'une Bobinette!

Soir venteux et assez froid. Je reviens de faire quelques courses et, collet relevé, j’ai bien hâte de me retrouver au chaud, dans l’mou et dans mes pantoufles d’ours. Sur le coin de cette intersection achalandée passent quantité de voitures et camions à toute allure. Tous les véhicules, à quelques rares exceptions près, dépassent largement la limite de vitesse et, à cause de ce trafic, le feu de circulation de l'artère principale demeure vert longtemps alors que moi, ben je piaffe non seulement à cause de cette température glaciale mais aussi parce que j’ai une de ces faims.

Puis, je remarque, pif poil au milieu de l’intersection, un petit sac de plastique blanc qui traîne. Une autre cochonnerie que quelqu’un a jeté comme ça sans aucun souci. Un autre parmi les milliers sinon les millions qui pullulent partout en ville. Je regarde le feu de circulation toujours vert et parfaitement interminable. Mais, tout d'un coup, y’a un détail qui en vient à m’échapper. Y'a un de ces vents froid qui me fouette le visage mais, assez curieusement, c’est à peine si le petit sac de plastique bouge. Même les voitures qui le frôlent ne le font presque pas broncher. Je n’ai pas mes barniques sur le nez et le soir comme ça sans mes châssis doubles j’ai un peu de peine à bien distinguer ce qui se trouve un peu loin. Je les sors donc de ma poche afin de voir de quoi il en retourne et c’est là que je me rends soudainement compte que le sac de plastique n’en est pas un. C’est un petit minet de rien du tout. Il n’a pas plus qu’un mois et demi ou deux. Je peux évidemment pas le laisser comme ça et j’ai maintenant une mission : aller le sauver coûte que coûte. Le problème c’est qu’il se trouve une nuée de voitures qui filent, manquant parfois de l’écraser de peu et il me serait impossible d’aller chercher le minet sans moi-même me faire frapper. Je ne tiens plus en place parce j’ai trop la chienne de voir la petite bête devenir une pizza. J’arrive à percevoir sa petite bouche qui ouvre. Il crie au secours, forcément, tout en regardant tout autour, cherchant du regard qui pourrait bien le sortir de ce pétrin.


Je regarde à nouveau le feu de circulation, toujours vert et lorsqu’il tombe finalement au jaune je n’attends même pas qu’il vire au rouge. Toute de suite je fais signe aux voitures qui s’apprêtent à décoller d’attendre pendant que je sprinte vers le milieu de l’intersection. Dieu merci il est sain et sauf. Je m’arrête et le regarde. Il me regarde lui aussi et ouvre la bouche d’où s’échappe un miaulement inaudible. Il est minuscule, sale et maigre. Je me penche et l’agrippe rapidement par la peau du cou pour ensuite l’enfourner dans mon manteau pour le sécuriser et aussi le réchauffer car il grelotte comme un vieux réveille-matin à remontoir.

Après avoir traversé la rue je presse le pas. Rendu chez-moi je dépose mon sac et me rend de sitôt dans la salle de bain où j’extirpe le minet de mon manteau pour le mettre dans la baignoire. Celle-ci est trop profonde pour qu’il puisse s’en échapper. Je m’en vais porter mon manteau et reviens afin de voir de plus près ce petit naufragé de la tempête urbaine.

Je me rends vite compte que mon rescapé est en réalité une rescapée. C’est une petite femelle. Sa robe, complètement blanche est évidemment très sale et je la peigne soigneusement afin d’y déceler quelconque trace de puces. Je suis soulagé de ne pas en trouver. Pas de mites dans les oreilles non plus. Voilà qui est très bien. L’eau tiède que je fais couler l’apeure un peu mais il faut ce qu’il faut. Heureusement j’ai du shampoing fait spécialement pour les chats alors je lui fais subir un bon petit nettoyage en règle. L’eau devient rapidement noire. Elle ne rouspète pas et après l’avoir soigneusement rincée je l’assèche dans une grande serviette tout en la gardant contre moi. Immédiatement je ressens encore un ronronnement très fort.

Dans la cuisine je lui sers un bon pâté que je réserve d’habitude à mon autre féline, Zoé, mais je ne crois pas que cette dernière s’offusque à ce que j’en offre à la petite minette qui se met à dévorer promptement son plat toujours en ronronnant bruyamment. C’est tout juste si elle ne mange pas l’assiette. Elle boit aussi à grandes lampées dans le bol d’eau.

Puis je m’installe dans mon fauteuil en la gardant dans mes bras. Peut-être, que je me dis, qu’elle va chercher à sauter par terre pour aller se cacher quelque part. Après tout elle se retrouve subitement dans un environnement qu’elle ne connaît pas mais au contraire elle demeure bien blottie contre moi. Je lui ai préparé un petit coussin sur ma table tout près de moi et dès que je tente de la déposer dedans elle miaule en s’agrippant après moi, se love en petite boule contre ma poitrine et recommence à ronronner. Je tente de nouveau l’expérience. Même résultat. Elle miaule de désespoir dès que je l’éloigne de moi pour se calmer de nouveau dès que je la presse contre moi.



Une semaine plus tard je suis chez le vétérinaire, parce que j’ai décidé de la garder. Si, parce que cet épisode de sauvetage en plein milieu d’une intersection diablement achalandée où les accidents ne sont pas si rares n’était pas le fruit du simple hasard. Il se trouvait là quelque chose de nébuleux, sorte de conjoncture de deux destinées, celle du minou et la mienne, qui étaient mûres pour se croiser. À la clinique la petite minette ne tient toujours qu’à être contre moi et c’est avec un peu de misère que la vétérinaire parvient à lui faire son examen. Le verdict est bon. La petite chatte, que j’ai depuis baptisée Bobinette, est en parfaite santé. Ses vaccins la rendent un peu groggy et je la redépose dans la cage pour le retour à la maison. En écoutant l’histoire de son sauvetage la vétérinaire s’est avancée sur la possibilité que la petite chatte soit issue d’une portée de ruelle, maqlheureusement encore trop nombreuses dans mon quartier, et qu’elle se soit trop éloignée pour pouvoir revenir. Mais comment a-t-elle pu se rendre en plein milieu d'un intersection sans se faire écrapoutir relève du miracle en soi. L’autre possibilité, plus cruelle celle-là, est qu’elle ait carrément été abandonnée en plein milieu de la rue. Quoiqu’il en soit elle est en sécurité maintenant et le restera. Au courant de l'été prochain, lorsqu'elle aura atteint sa maturité sexuelle, elle retournera à la clinique pour une stérilisation en bonne et dûe forme. On ne répetera jamais assez l'importance de poser ce geste. 


Entretemps, lorsqu’elle n’est pas à jouer avec une ficelle ou avec Zoé, c’est encore et toujours sur moi qu’elle préfère se reposer. Dans ce temps-là passer un coup de fil à quelqu’un signifie presqu’automatiquement que la conversation va être agrémentée de ronrons en sourdine. Et à tout moment Bobinette me prend entre ses pattes pour passer de longues minutes à me donner de petits coups de tête, se frotter contre mes joues et me lécher le visage comme s’il n’y avait pas de lendemain. La nuit, très souvent, il lui arrive de me lécher le visage pendant de longues minutes pour ensuite se coucher collée contre mon visage. Je connais assez bien la psychologie féline pour comprendre qu’il s’agit là d’un lien social que Bobinette me considère comme un membre de sa famille et elle renforce ce sentiment en me léchant, comme sa mère le faisait avec elle. J’aime à penser aussi que, durant ces moments, elle me remercie de l’avoir ainsi sauvée d’une mort certaine et de lui avoir offert une chance à la vie car je ne suis pas convaincu du tout qu'elle aurait survécu à cet hiver de malheur dehors.





Le saviez-vous? Le chat serait le seul animal à s’être auto-domestiqué par rapport à l’homme. Cela se passait il y a 9,000 ans dans le Croissant fertile.

vendredi 26 septembre 2014

Histoire de chats

Des chats, dans ma vie, il y en a presque toujours eu. De dire que je suis une personne à chat est certainement un euphémisme. La perte d’un animal de compagnie est pénible, tous ceux qui ont ou en ont eu vous le diront. Rien de facile ni d’agréable lorsque vient le temps de se départir d’un fidèle compagnon, on peut en convenir. La perte de Pénélope, comme je disais dans l’article que je lui ai dédié, m’a fait un grand trou béant au milieu du cœur. Ce qui est parfaitement normal après onze ans de joyeuse complicité. Le deuil m’a été, et m’est encore pénible mais j’ai une philosophie très nette pour pallier à cela; adopter un nouveau compagnon félin. Toutefois, pas question ici de «remplacer» Pénélope ou de faire un copier-coller de la dynamique que j’avais avec elle. Ce sont là des choses qui ne se font pas et qu’il faut éviter à tout prix. Il s’agit tout simplement d’inverser la polarité de la charge émotive engendrée par le départ de Pénélope par une autre, positive celle-là et l’investissement d’énergie afin de créer un nouvel acoquinement avec un tout nouveau minet permet justement cela. 

Mais adopter un nouvel animal, même pour les raisons que j’ai mentionnées, n’est pas décision à prendre à la légère ou sur un coup de tête. On ne choisit incidemment pas un nouveau compagnon comme une bébelle que l’on peut retourner au magasin si l’on n’est pas satisfait, peu importe la raison. En prenant son temps et en posant les bonnes questions et de passer un certain temps avec l’animal qui nous intéresse on s’assure que celui que l’on va choisir sera le bon. À cet égard les refuges sont les endroits à privilégier. Qui plus est, le vaccin de base, le micropuçage et la stérilisation sont incluses. Ce qui est bien aussi c’est que l’on peut consulter sur internet les animaux disponibles pour adoption mais évidemment, rien ne vaut une visite en personne.

À cet égard je me suis donc rendu dernièrement au refuge de la SPCA pour une première visite. C’était un de ces vendredis typiques de l’automne, ensoleillé mais un peu frisquet. En approchant la bâtisse je me suis enlevé de la tête l’idée absolue d’en ressortir avec un animal. S’il faut que je revienne deux, trois ou quatre fois pour dénicher la perle rare alors ce sera comme ça et c’est tout. Y’a pas de presse.

En entrant dans la salle où se trouvent tous les matous j’avoue que j’ai trouvé ça un peu triste de les voir. Ils sont bien traités et soignés, pas de doute, mais ils ne sont pas là pour l’éternité et ils ont aussi chacun une histoire, pas toujours très jojo; tantôt trouvés presque naissants dans une ruelle au fond d’une boîte de carton, parfois abandonnés sommairement lors d’un déménagement, confiés à la SPCA pour des raisons de santé de l’ancien propriétaire ou bien parce que les gens ne peuvent tout simplement plus s’en occuper pour différentes raisons personnelles. Ici, ils ont une seconde chance à la vie et ils nous regardent avec ces yeux qui nous implorent de les adopter.

Ce jour-là toutes les cages étaient presque toutes occupées. Seulement deux ou trois de vides. Il se trouvait une chatte que j’avais vu sur le site internet de la SPCA, une belle et jeune tabby aux yeux verts dont le nom m’échappe. Elle n'avait pas encore été adoptée. La technicienne a ouvert la cage pour un premier contact. Pas de geste brusque, évidemment. Par contre elle s’est montrée agressive. Elle s'est recluse dans le fond et s'est refusée à toute approche, les oreilles bien baissées. Ça ne ment pas et dans ce temps-là on n'insiste pas. Nous ne sommes peut-être pas faits l'un pour l'autre. Peut-être a-t-elle été abusée? Difficile à dire. La technicienne a refermé la cage et j’ai regardé les occupants des autres cages. 

J'ai ensuite vu un p’tit mâle de quelques mois déjà castré. Bon, pas de chance, il était déjà en processus d’évaluation pour adoption. Les autres matous quant à eux étaient un peu trop vieux pour moi. Le dernier chat que j’ai vu était une jeune femelle blanche et grise. Elle semblait enjouée et sociable mais deux enfants accompagnés de leur mère la convoitaient.   

Je reviendrai donc plus tard pour une seconde visite que je me suis dis. Y'a pas de presse.

J’étais sur le bord de quitter la pièce lorsque j’ai jeté un dernier coup d’œil et c’est là que je me suis rendu compte qu’une cage près du sol, que je croyais vide, était en fait occupée. Je me suis arrêté et me suis accroupi pour mieux voir. Là, dans la litière, bien couchée en rond, une petite boule de poils dormait à poings fermés. Sur le carton ça disait qu’il s’agissait d’une femelle d’à peine un an, mais sans nom.

En regardant la fiche de l’animal la technicienne m’a dit qu’elle avait été trouvée errante et que tous les efforts avaient été faits pour en retracer le ou la propriétaire, sans grand succès, ce qui laisse croire à un abandon pur et simple. Ça disait aussi qu’elle était timide et craintive, ce qui est normal, mais autrement en excellente santé. J’ai donc demandé à la voir.

Quelques minutes plus tard on s’est retrouvé, la technicienne, la chatte et moi, dans une petite salle qu’on pourrait appeler «d’acclimatation». C’est une pièce vide, d’à peu près douze pieds par douze et sans meuble où l’on peut évaluer le contact avec l’animal. La petite chatte, j’ai pu le constater, était vraiment mais alors là vraiment petite, miniature dans tous les sens. Elle faisait davantage penser à un chaton de quatre ou cinq mois. Affichant une fourrure tigrée mais foncée, elle s’est initialement montrée craintive et timide.

Qu’est-ce que tu fais cachée derrière la porte? Que je lui ai dit.

Mais c’était bien normal, considérant d’où elle venait et ce qu'elle avait vécu. Et puis elle est laissée approchée, puis flatter et finalement j’ai pu lui faire passer le test ultime de confiance pour un chat : se laisser prendre sur le dos dans le creux de mon bras.

La petite a passé le test haut la main. Elle s’est même mise à ronronner puis, à fermer à moitié les yeux. La p’tite vlimeuse. Tsé, quand tu es bien. J’ai alors deviné qu’elle était habitée d’une belle sociabilité qui ne demandait qu’à éclore au travers de la patience, de l’amour et bien des câlins. Après un douzaine de minutes je n’ai pu que constater qu’elle et moi avions un merveilleux potentiel d’amitié et c’est avec grand plaisir que j’ai choisi de l’adopter. Mes amis, faites la connaissance de Zoé.


Dès son arrivée à la maison elle a immédiatement pu s'acclimater sans problème aucun à son nouvel environnement de vie. De chat errant dans la rue et abandonné elle fait la transition à un tranquille chat de maison qui aime ronronner. Selon toute vraisemblance, notre relation sera toute aussi merveilleuse et unique que celles que j’ai eue avec Pénélope ainsi qu’avec ces autres merveilleux chats qui les ont précédés et dont je garde en moi tout l’amour que leur ai portés.


Au moment d’écrire ceci elle est là, couchée sur la chaise près de moi à roupiller. Il y a maintenant quelques jours qu’elle est ici. Non seulement elle s’y plaît drôlement mais elle prend doucement ses aises et petites habitudes. Elle ne grimpe pas là où il ne faut pas, va dans la litière sans aucun problème et ne rechigne pas quant à la nourriture. Bientôt elle passera sous le bistouri afin d'être stérilisée après quoi elle ne s'en portera que mieux. 

Bienvenue chez toi Zoé, bienvenue, à ton tour, dans ma vie!




Le saviez-vous? Une chatte qui s’accouplent verra sa descendance se chiffrer à près de 420,000 minous en sept ans. Faites stériliser.


mercredi 17 septembre 2014

Au revoir Pénélope

C’était durant l’été de 2003. Je sortais un sac à ordures lorsque tu es arrivée comme ça, en coup de vent par la porte arrière sans même demander si tu pouvais. Tu es ensuite passée de par la cuisine pour t’en aller ensuite vers l’avant où je t’ai regardé aller, un peu incrédule, jusqu’à ce que je te perde de vue. J’ai déposé mon sac à ordures dehors et refermé la porte pour voir où tu étais rendue et c'est là que je t’ai aperçue, au beau milieu du salon, bien assise alors que tu te léchais la patte. Bien calme, tu m'as regardé autour comme si tu te disais, ouaip, belle place, je crois que je vais rester ici. 


Du coup je me suis demandé si tu n'appartenais pas à quelqu'un mais malgré les papiers que j'ai placé je n'ai jamais eu de réponse. J'aurais bien pu aller te porter dans un refuge et toute l'histoire se serait terminée là mais y'avait ce p'tit quelque chose en toi qui me plaisait bien et c'est pourquoi j'ai finalement décidé de te garder avec moi. C’est de cette façon que tu es entrée dans ma vie. J’ai découvert en toi une chatte enjouée, curieuse, pas peureuse pour cinq sous, sociable et un brin aventureuse. 


Nous avons instantanément développé un magnifique complicité, un peu comme si nous nous étions toujours connus. Au début j'ai bien cherché à te donner un nom, même si c'est certainement curieux de donner des noms à des chats car ils ne répondent jamais lorsqu'on les appelle. J'ai néanmoins opté de t’appeler Pénélope.



Véritable guenille, je pouvais te prendre comme je le voulais. Combien de soirées avons-nous passé à regarder des films pendant que tu te lovais confortablement contre moi, captivée toi aussi parce qui se passait à l'écran. Il t'arrivait même de t’endormir comme ça avec les deux pattes sur ma table.


Peu importe où je me trouvais chez-moi tu me suivais. En faisant la vaisselle, pliant mon lavage, faisant le tri dans mes cochonneries, tu te trouvais là, tout près, m’observant avec curiosité. Mais pas l’aspirateur. Dans ce temps-là tu semblais disparaître dans une autre dimension. Lorsque je m'installais à ma table à dessin tu venais prendre place derrière et tu me regardais crayonner. Tu y demeurais tant et aussi longtemps que je dessinais. Si je quittais pour une raison ou pour une autre tu me suivais et si je me réinstallais tu reprenais ta place derrière.


En écrivant les articles pour ce blogue, tu prenais place sur ma table, parfois même près de mon clavier et tu portais une attention particulière à tout ce que je faisais. En autant que je puisse me rappeler tu t''est trouvée à mes côtés à chaque fois que j'ai travaillé sur les articles qui se trouvent ici. Il y a un peu de toi dans chacun d'entre eux.


J'ai même failli, un jour, appeler ce blogue «Mademoiselle Pénélope et moi». J'avais même préparé une mise en page et conçu plein d'illustrations devant accompagner le blogue en question. Tu t'étais alors montrée particulièrement intéressée par la représentation que j'avais faite de toi. 




Aujourd’hui, onze ans après ton arrivée tel le cheval qui souffle en tempête, tu es là, dans mes bras, malade et amaigrie. Tu ne peux même plus ronronner. Dans ma poitrine j'ai le cœur qui me pèse comme si c’était une enclume et dans la gorge y’a ce motton qui s’obstine à rester là. Bientôt on sonnera à la porte et nous partirons ensembles. Jamais de ma vie je n'aurai autant souhaité qu'un déplacement en automobile dure une éternité. Choisir de te donner finalement la paix a été, tu dois le deviner, une décision très dure à prendre mais c’était la chose la plus humaine à faire. Par contre la difficulté de t'amener avec moi, j'te dis pas.

Tu as bien fait ça. Comme une grande. Tu t’es assoupie dans la doudou qui t’avait été préparée, puis, tu es partie, tout doucement. Te quitter définitivement n’a pas été chose facile. C'est avec un trop plein d'émotion que je t'ai pris dans mes bras pour une dernière fois, que je t'ai serré bien fort. Je t'ai ensuite donné un dernier baiser sur le front, ce que tu aimais tant. Le retour a été émotivement lourd j'te dis pas, et revenu chez-moi il m'a fait étrange de ne plus t'apercevoir, couchée à l'un de tes endroits préférés. En allant d'une pièce à l'autre il m’est difficile de me faire à l'idée que tu n'es plus là et je m’attends étrangement à te voir, ici ou là, comme si ton départ n’avait finalement été qu’un bien mauvais rêve. Onze ans, ça laisse tout un tas de souvenirs et d'habitudes tu sais!

Merci Pénélope. Merci d’être entrée chez-moi et dans ma vie comme tu l’as fait. Merci d’avoir été là durant toutes ces années et d’avoir été, sans que tu ne t’en rendes vraiment compte, une présence ainsi qu’une source de réconfort. Tu savais lorsque ça n'allait pas et tu venais me réconforter, me donnant des petits coups de patte feutrés sur mon bras tout en miaulant doucement, comme pour me rassurer. Ta présence, tu dois t'en douter, va me manquer durement et maintenant va falloir que je m'’habitue à cet immense trou que ton absence vient subitement de laisser. Je vais m’ennuyer épouvantablement de ta présence, de tes coups de tête, tes ronrons rassurants, de ta chaleur l’hiver et de cette extraordinaire complicité qui nous unissait, toi et moi. J’aime à croire qu’il ne s’agit que d’un au revoir et qu’un jour on se reverra quelque part. Allez, au revoir gros tigre et fais un beau dodo! 



lundi 7 juin 2010

curiosus cattus


Sur une rue près de chez-moi on venait tout juste de refaire le pavage. Je revenais d’une promenade lorsque j’ai croisé ce félin, tondu tel un lion. C’était l’été et il faisait chaud alors le matou a dû apprécier. N’empêche qu’il s’est montré très amical. Un brin curieux aussi alors j’ai pas pu résister et j’ai sorti mon petit appareil de poche. La luminosité particulière vient de quelques éléments; d’abord de l’asphalte elle-même, très noire, car elle avait été posée le jour même. Puis, le soleil de début de soirée lui-même a contribué. Et finalement, un simple ajustement manuel dans la caméra pour le contraste. 


Canon Powershot A60. 




Le saviez-vous? Durant l’Égypte Antique, si votre chat vivait assez vieux, des gens seraient venus pour l’adorer et à sa mort il aurait même été momifié. De ce fait, maltraiter un chat était passible de la peine de mort.