vendredi 25 mars 2011

Montréal en 1947 selon l'ONF

Aujourd'hui je vous propose une autre incursion dans le passé, cette fois sous la forme d’un film tourné à Montréal en 1947. Dans ce petit bijou, tourné pour le compte de l'Office National du Film par messieurs Jean Palardy et Arthur Burrows, on nous montre la vie nocturne de Montréal telle qu'elle était à cette époque. 1947, soit deux ans à peine après la fin de la Seconde guerre mondiale, marque le début de l’économie dite de paix. Cet été-là marque la fin du rationnement par le gouvernement du Canada de nombreux produits comme le fromage, le beurre, la viande, le carburant ainsi que les matériaux de construction. Après les années de privation causées d’abord par la crise économique puis la Seconde guerre, inutile de dire que les citoyens sont plus qu’heureux de revenir à un mode de vie normal.



1:09 - Le cinéma Palace sur Ste-Catherine jouxtant le Cinéma de Paris (les deux cinémas ont disparu).
4:32 - Restaurant du Coin au 2001 Moreau angle Ste-Catherine (n'existe plus).
4:54 - L'oeil averti aura reconnu Jeannette Bertrand et quelques secondes plus tard son amoureux, Jean Lajeunesse, qui vient la chercher.
6:50 - Le couple passe devant Cooperman's Fruit Market au 4299 St-Laurent (n'existe plus).
7:09 - On voit le Main Hebrew Delicatessen au 3877 St-Laurent (n'existe plus et à ne pas confondre avec Schwartz au 3895 et qui s'appelait alors Montreal Hebrew Delicatessen).
7:40 - Le maire Camilien Houde et son épouse allant au restaurant, face au magasin Légaré (probablement celui au 1278 Mont-Royal, ces magasins n'existent plus).


Le saviez-vous? C’est durant la soirée du 4 juillet 1947 que des gens habitant les rues Bercy ont aperçu une longue traînée filante dans le ciel se déplaçant à grande vitesse. Il n’a pas fallu longtemps pour que l’on se mette à parler d’OVNI, surtout après l’affaire Roswell, alors qu’en réalité il ne s’agissait que d’un petit météorite qui s’est enflammé durant sa traversée dans l’atmosphère pour ensuite se désintégrer sans laisser de traces au sol.

jeudi 24 février 2011

Test couleur pour Kodak

Aujourd'hui je vous propose un autre bout de film en couleurs tout à fait particulier et qui prédate même de cinq ans celui tourné à Londres en 1927 et dont j'ai parlé il n'y a pas si longtemps. 



Ce film fut tourné en 1922 aux studios Paragon (Fort Lee au New-Jersey) et a essentiellement servi à tester un procédé appelé Two-Color Kodachrome Process dont les premiers essais ont été réalisés en 1914. On peut admirer ici l'actrice Mae Murray (1889-1965) dont les couleurs de ses lèvres, yeux et cheveux sont rehaussés. Murray joua dans plus de 44 films mais une dispute avec Louis B. Meyer de MGM lui barra le chemin des studios d'Hollywood. Elle a connu une déchéance financière et est décédée à l'âge de 75 ans. On peut voir ensuite une autre actrice, Hope Hampton (1897-1982) qui porte des costumes utilisés dans le film de la même année «The Light in the Dark». Elle est suivie par Mary Eaton, une actrice qui est malheureusement décédée à l'âge de 47 ans en raison d'un alcoolisme dont elle n'a jamais pu se débarrasser. Et enfin d'une femme non-identifiée.

Toutefois, ce qui frappe l'imaginaire dans ce bout de film est que ces actrices nous apparaissent telles qu'elles étaient à l'époque et nous semblent quelque peu fantomatiques mais tellement naturelles qu'il y a peine à croire que cela a été tourné il y a presque 90 ans. Ce sont les laboratoires Kodak qui ont numérisé ce film mais ils ont opté de ne pas l'améliorer afin d'en préserver l'authenticité.




Le saviez-vous? La plupart des composantes des photos couleurs, dont les chromogéniques, ne sont pas permanentes et en viennent éventuellement à pâlir, parfois à des rythmes différents. Il s’agit là de quelque chose d’inévitable. Ici, la numérisation devient un atout indéniable afin de préserver ces photos.

vendredi 4 février 2011

Des films surprenants

Revoir le passé est toujours quelque chose d'intéressant et nous disposons aujourd'hui d'une foule de façons de le faire. Par exemple on peut feuilleter une vieille revue dans laquelle on peut y lire des articles sur l'actualité du temps ou regarder des publicités d'époque comme je vous en présente souvent ici. Il y a aussi les vieilles photos que l'on peut admirer dans de nombreux ouvrages imprimés et qui nous montrent des endroits qui ont bien changé ou encore qui sont disparus. Y’a les bonnes vieilles photos de famille où l'on peut y voir nos grands-parents ou même arrière grands-parents lorsqu'ils étaient jeunes. C’est souvent très amusant et il n'est pas rare de voir des jeunes d'aujourd'hui découvrir avec stupéfaction que matante Géraldine avait déjà été un méchant pétard!

Mais ces photos ne représentent cependant qu'une courte fraction de seconde, des moments très éphémères capturés lorsque le photographe a appuyé sur le déclencheur de l'appareil.

Ce qu’il y a de plus étonnant sont les films et je ne parle pas ici de films réalisés dans des studios avec des acteurs mais bien des scènes de rues nous montrant le quotidien de nos ancêtres, à l’époque où la planète était peuplée d’un lot entièrement différent d’êtres humains. C’est ce que je propose aujourd’hui avec un petit film tourné à Londres en 1903.




Étonnant, n’est-ce pas? Difficile de s’imaginer que tout cela a été tourné alors que la Première guerre n’avait même pas éclaté. Histoire de continuer sur le même thème, je propose un second film, tourné cette fois par le cinéaste britannique Claude Friese-Greene en 1926. «The Open Road», c’est le titre, est essentiellement une série de films tournés comme ça dans les rues de Londres mais on a utilisé par la suite un procédé appelé «Biocolour» (que Friese-Greene renomma Friese-Greene Natural Color au début des années 20) lequel donnait l'illusion de la vraie couleur en faisant usage de filtres ainsi que des teintes rouges et vertes utilisées en alternance. Ce n'était évidemment pas parfait; il y avait du sautillement et la frange de l'image était parfois affectée par le rouge et le vert mais l'ensemble avait de quoi étonner, surtout pour l'époque. En 2006 le British Film Institute a décidé de restaurer le film de Friese-Greene et d'en corriger les problèmes avec des ordinateurs et dont je vous présente aujourd'hui un extrait. Peut-être allez-vous souhaiter, tout comme moi, pouvoir voyager à cette époque où l'on semblait véritablement prendre le temps de vivre.


Bon retour dans le passé et bon visionnement!




Le saviez-vous? Détruits par détérioration ou dans des incendies (et parfois par négligence) seulement 14% des 11,000 films tournés entre 1912 et 1930 existent encore. C’est ce que confirme une étude du Library of Congress.