jeudi 3 septembre 2026

Les oiseaux du Québec: le colibri

Depuis la publication de mon dernier article j'ai été fort occupé à pourchasser un superbe p'tit oiseau fort fascinant et qui porte le nom de colibri à gorge rubis. Véritable petit hélicoptère à réaction, cette petite boule de plume brillantes traverse les jardins et les bosquets de fleurs à toute vitesse à la recherche de fleurs contenant le nectar sucré dont il raffole et dont son métabolisme ultra-rapide a besoin. Cet oiseau-là était sur ma liste d'oiseaux depuis que je me suis mis à la photographie d'oiseaux en 2020. Souvent l'on me disait; va là, il se promène. Je m'y rendais et puis, zut! C'était toujours comme ça. La poisse, j'vous dis! Mais ici, les choses ont été différentes. 

Au Québec, le colibri à gorge rubis est celui que l’on rencontre le plus souvent et il fait partie d'une grande famille qui regroupe quelques 366 espèces dans le monde. Mesurant à peine quelques centimètres et pesant seulement quelques grammes, il parcourt pourtant des milliers de kilomètres au cours de ses migrations. Il passe l’hiver principalement en Amérique centrale et revient au printemps dans les régions boisées, les jardins et les campagnes du Québec, où il demeure jusqu’à l’automne. Au moment où j'écris ceci il approche ladite migration vers le sud. 

Le prélèvement du nectar se fait grâce à son long bec et à sa langue adaptée et qui, selon mes propres observations, est aussi longue que son bec. Il apprécie notamment les fleurs rouges, roses ou orangées, comme l'impatiente des caps, riches en nectar, mais son alimentation ne se limite pas aux fleurs car il capture également de minuscules insectes et araignées selon l'occasion. Sur la photo du haut on le voit prendre un peu de repos avant de repartir vers les fleurs. Faut saisir l'occasion. 


Son vol constitue sans doute son trait le plus spectaculaire. Le colibri peut rester parfaitement immobile dans les airs devant une fleur, avancer, reculer (il est le seul oiseau au monde à pouvoir reculer en vol) ou changer brutalement de direction. Ses ailes battent si rapidement (environ 80 battements par seconde) qu’elles deviennent presque invisibles à l’œil nu. Ce mode de déplacement exige énormément d’énergie, ce qui explique pourquoi le colibri doit se nourrir fréquemment au cours de la journée. Une observation intéressante; je l'ai vu chasser des papillons des fleurs qu'il convoitait qui eux aussi s'abreuvent de nectar car le colibri n'est pas le seul à se préparer à la migration.
 

Au printemps et en été, il peut visiter les jardins québécois avec une étonnante régularité. Un simple parterre de fleurs sauvages, quelques arbustes fleuris ou un jardin bien aménagé peuvent suffire à l’attirer. Parmi les plantes particulièrement appréciées figurent la monarde, le chèvrefeuille, les penstemons, l'impatiente des caps (comme mentionné plus haut) et plusieurs espèces de fleurs tubulaires. Vous connaissez probablement quelqu'un qui demeure un peu hors de la ville et qui en attire avec une mangeoire spécialement conçue pour les colibris et lesquelles sont remplies d'eau mélangées avec du sucre. 
 

À l'automne notre petit visiteur quitte les contrées québécoises afin entreprend un voyage extraordinaire vers le sud. Malgré son poids minuscule, il va parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres, guidé par un instinct migratoire remarquable. Certains individus doivent même traverser le golfe du Mexique sans pouvoir se poser, un exploit considérable pour un oiseau aussi petit. Au printemps suivant il nous revient jusqu'à ce que le cycle de migration reprenne à l'automne. 
 

Malgré sa petite taille le colibri doit faire face à plusieurs prédateurs. Au Québec, les oiseaux de proie, certains autres oiseaux, les chats domestiques, les couleuvres et de petits mammifères comme les écureuils peuvent représenter une menace, particulièrement pour les œufs et les oisillons. Le colibri adulte est cependant extrêmement difficile à attraper. Il peut accélérer très rapidement, effectuer des virages serrés et même voler en arrière afin de fuir et confondre son attaquant.  
 

Photographiquement parlant ceux qui les attirent avec des mangeoires n'auront peut-être pas d'ennuis à les photographier mais dans la nature c'est une autre manche, comme on dit. Là, il faut tenter d'observer attentivement les bosquets de fleurs dont il raffole et être patient. En raison de sa petite taille et de sa vitesse il peut souvent échapper à notre regard. Lorsque l'on parvient à le trouver le défi suivant consiste à bien le cadrer et en tirer des images nettes et claires. Malheureusement pour moi je n'ai pu observer qu'un seul colibri mâle mais sa position éloignée et sa vitesse m'ont empêché de le capturer adéquatement. Tous ceux que l'on voit ici sont des femelles. 




Le saviez-vous? En vol ses ailes peuvent battre entre 50 et 80 fois par seconde et le rythme cardiaque peut atteindre 1,200 battements à la minute. Son métabolisme est tel que, gramme pour gramme, il surpasse aisément, et de loin, les meilleurs athlètes olympique au monde. 


Équipement utilisé:
 

Canon 90D + Sigma 150-600mm 


Dans mes oreilles: 
 
Je vous ai parlé de ce groupe avant dont je suis un fan fini. The Warning, composé des soeurs Daniella (guitare), Paulina (percussions) et Alexandra (basse) viennent tout juste lancer leur cinquième album intitulé Everything's Falling. 
 
Elles jouent depuis leur pré-adolescence comme en témoigne ce vidéo. Avec les années elles ont bûché solide et ont gagné en habilité, en prestance et affichent aujourd'hui des performances enlevantes
 
Cet album ci témoigne de leur maturité musicale et artistique, acquises tout au long de leur parcours. À écouter!  

 



Sous mes yeux: 
 
Au début des années 70 j'étais un lecteur assidu, entre autres publications, du Journal de Tintin. Au Québec les numéros ne paraissaient pas en kiosque comme en France alors on devait attendre un bout afin de mettre la main sur le Recueil du Journal Tintin, lequel regroupait plusieurs numéros ensembles. 

J'y suivais les aventures de mes personnages favoris dont Ric Hochet, Dan Cooper mais aussi Capitan. Il s'agissait là d'une œuvre signée par le prolifique couple de scénariste et illustrateur  composé de Lilliane et Fred Funcken. Ce récit nous ramenait à la France des mousquetaires et du cardinal de Richelieu, Capitan de Castaignac était cet aventurier courageux qui filait d'aventures en aventures avec son compagnon d'armes, d'Artagnan (oui oui, çui-là même!) ainsi que son assistant, et toujours plein de débrouillardise, Larose. 
 
Capitan et l'agent secret est une histoire pleine de rebondissements que je n'ai jamais pu terminer car il me manquait des numéros du Journal de Tintin. C'est bien par hasard, dans une bouquinerie, que j'ai trouvé la bédé au complet. 50 ans et des poussières plus tard, grâce à cette trouvaille, j'ai pu enfin en découvrir  la conclusion et je me suis du coup rappelé pourquoi j'aimais tant ce personnage. 
 
 
 

dimanche 22 mars 2026

Une visiteuse discrète au Jardin botanique (et quelques autres)

Le 14 mars dernier dans Le Devoir, sous la plume d'Alexandre Shields accompagnée de photos qu'il a prise lui-même, on apprenait la présence d'une chouette rayée au Jardin Botanique. Le texte, bien étalé, nous informe sur cet oiseau, ses mœurs et le pourquoi de sa présence au Jardin, fort bien expliqué par Nathalie Jreidini, directrice de l’éducation au Zoo Ecomuseum, à Sainte-Anne-de-Bellevue.

Durant le printemps, l'été et l'automne le Jardin est un peu ma seconde maison et ce depuis 1968 quand ma grand-mère m'y amenait faire des visites. Aujourd'hui c'est armé de ma caméra et de ma lentille zoom que j'y arpente les nombreux sentiers en quête de bonnes captures aviaires. J'y ai vu, au fil des ans, de nombreuses espèces d'oiseaux et suite à la lecture de l'article, une question s'impose: est-ce que la chouette rayée est rare au Jardin et, est-elle aussi discrète que le mentionne l'article? D'abord, les présentations d'usage. Voici quelques chouettes rayées que j'ai photographiées au fil des ans. 

Celle-ci se trouvait à l'orée du jardin des Premières Nations à quelques mètres d'un sentier au début du printemps. Non loin d'elle se trouvait un épervier juvénile qui tentait, sans gros succès je dois l'avouer, de l'intimider. La chouette, nullement impressionnée par le p'tit jeune, est demeurée sans broncher. 


Celle-ci a été photographiée au sud de l'arboretum et guettait attentivement une très jeune marmotte, d'où son regard posé vers le sol. La p'tite bête se savait guettée et devait se douter de ce qui lui arriverait si elle se faisait pincer. Les serres d'une chouette rayée sont d'une redoutable efficacité. Au final, dans un sprint de tous les diables, la marmotte a détalée et la chouette a prit son envol au même moment, témoignant de ses réflexes de chasse fort bien aiguisés. La marmotte a pu se réfugier sous un bosquet, échappant aux serres du rapace de bien peu. 


Celle-ci a été photographiée il y a deux ans. Elle se trouvait en retrait là où se joignent le nord du jardin Chinois et le sud du jardin des Premières nations. L'endroit où j'ai pu la prendre en photo était le seul où je pouvais la voir. Trop à gauche et il y avait plein de branches pour la cacher. Trop à droite et il se trouvait un arbre. 

Ceci étant dit, la chouette rayée est plus présente qu'on ne le croît. Il y a trois ans il s'en trouvait deux même. Discrète? Pas tant que ça et elle peut même se trouver à un mètre de vous le long d'un sentier, perchée sur une branche. 

Mais qu'en est-il d'autres oiseaux? Le Jardin botanique est un endroit où l'on retrouve deux types d'oiseaux bien distincts; il y a d'abord ceux qui y résident en permanence comme le cardinal, l'épervier de Cooper, le pic flamboyant, la sittelle à poitrine blanche (et rousse), le merle d'Amérique et la mésange à tête noire par exemple. Puis ensuite il y a ceux de passage dit migratoire. Ils arrivent à un moment précis de l'année, nichent et ensuite repartent après un certain temps. Ainsi, vers la fin de l'automne apparaît le junco ardoisé, qui lui, nous arrive des latitudes nordiques. Il passe l'hiver au Jardin et, le printemps venu, s'envole de nouveau vers le nord où il passera l'été et une partie de l'automne avant de revenir. 

Les bernaches du Canada font aussi partie des oiseaux migrateurs qui nous arrivent, quant à eux, du sud, où elles ont passé l'hiver. Celle-là viennent s'installer pour demeurer avec nous durant tout l'été et une bonne partie de l'automne, avant de repartir, en envolées spectaculaires, vers le sud de nouveau. 

Le carouge à épaulettes en est un autre qui nous revient au printemps. Cet oiseau territorial, qui n'hésite pas à s'en prendre à des oiseaux plus gros que lui, qui inclut les corneilles!, revient au mois d'avril et les femelles suivent généralement deux semaines plus tard. Les couples vont nicher et après un certain temps l'espèce quitte le Jardin, pour n'y revenir que l'année suivante. 

Il en va aussi de même pour plusieurs espèces de parulines, dont la durée des séjours varie grandement. Les orioles de Baltimore, hirondelles bicolores, moucherolles phébi, grand héron, héron vert, le canard branchu et le colvert. 

Mais qu'en est-il d'espèces rares que l'on voit que très peu et souvent assez brièvement? voyons un peu cela ensemble grâce à mon archive de photographies d'oiseaux capturés au Jardin botanique. 

Le héron vert



Sans dire que le héron vert, petit cousin du grand héron et de la grande aigrette, soit souvent de passage au Jardin botanique, sa présence n'est pas fréquente. Lorsqu'il arrive il s'installe près des étangs où il surveille, avec sa vison extraordinaire, le mouvement des poissons sous l'eau. Fort intelligent, il agite souvent une brindille ou un bout de roseau qu'il tient dans son bec à la surface de l'eau pour attirer son repas comme on le voit sur la première photo. S'il passe le plus clair de son temps près des plans d'eau il lui arrive, quoique plus rarement, de se tenir sur une branche. 

La mésange bicolore


Cet oiseau est assez haut dans le palmarès des oiseaux rares au Jardin. Facilement visible sur l'île St-Bernard et à d'autres endroits, il ne l'est pratiquement pas au Jardin. Lorsque je l'ai aperçu il n'est demeuré sur la branche que trois ou quatre secondes avant de prendre son envol. Grâce au bouche à oreille la nouvelle de cette capture a fait le tour du Jardin et l'on me cherchait afin de voir la photographie, bien entendu, mais en savoir plus sur l'observation elle-même. Malheureusement, je n'avais que très peu de détails à offrir. Il s'est posé sur la branche, y est demeuré quelques secondes, le temps que je le photographie, après quoi il est parti je ne sais où. 

Le petit blongios


De tout mon temps passé au Jardin botanique je n'ai pu voir que cet oiseau qu'une seule fois. Celui-ci a été photographié à la fin mai 2024 alors qu'il se tenait dans les roseaux sur les abords du grand étang. L'année suivante il a été entendu, sensiblement au même endroit, appelant une femelle qui n'est jamais venue mais il est demeuré invisible, bien caché au milieu des roseaux. L'apercevoir ainsi a été une occasion que je n'ai certainement pas manquée. 

Le moyen duc




Voici un autre oiseau qui n'est que très peu aperçu au Jardin botanique Ce moyen duc, que j'ai capturé dans la portion nord de l'arboretum, non loin de la Maison de l'arbre, a été une chance inouïe pour moi. Si vous voyez ce rapace au Jardin, considérez-vous chanceux car il ne vient vraiment, mais alors vraiment pas souvent. 

Le cormoran à aigrettes



Le cormoran à aigrettes, qui raffole de poissons, est souvent vu au parc de l'île de la Visitation, de l'île elle-même jusque passé le barrage d'Hydro-Québec, surtout lorsque les vannes du barrage sont ouvertes, créant de grands remous dans la Rivière-des-Prairies. Le mouvement de l'eau attire les cormorans qui s'amusent follement à plonger pour ressortir avec de bons gros poissons dans le bec. Cet oiseau, chose surprenante, peut aussi être vu... au parc Lafontaine, se tenant souvent au milieu de colverts qui se prélassent dans le gazon près de l'étang. Mais au Jardin botanique? De toutes mes années de promenades je ne l'ai vu qu'une seule fois alors qu'il se laissait flotter au milieu du grand étang, plongeant parfois pour en ressortir avec un poisson. Il est demeuré au Jardin qu'environ une semaine avant de repartir, probablement au parc de l'île de la Visitation où le gibier poissonneux est plus abondant. 

La grande aigrette


La grande aigrette est un oiseau échassier qui se trouve dans la même famille que le grand héron. En fait, ils sont tellement semblables que l'on pourrait jurer que la grande aigrette est sortie du même moule mais qu'il n'y avait plus de couleurs puisqu'elle est toute blanche. La grande aigrette est un oiseau que l'on va apercevoir près des Basses-terres dans la vallée du St-Laurent mais autrement il est rare que l'on puisse la voir ailleurs, en particulier dans un environnement urbain tel que Montréal. Comme le grand héron, la grande aigrette marche dans les étangs et marécages grâce à ses longues pattes et cherche activement des poissons. Son cou qui n'en finit plus de finir lui est utile pour pouvoir attraper des prises sans qu'elle n'ait besoin de bouger. J'ai pu photographier cette grande aigrette au Jardin il y a quelques années. Elle se trouvait aux abords du grand étang mais les carouges à épaulettes, ne désirant pas la voir, l'on picossée au point qu'elle s'est envolée pour l'étang adjacent où j'ai pu la photographier. Il n'a pas fallu longtemps que les carouges en remettent et leur seconde vague d'attaques l'a fait fuir vers le nord. Non satisfaits, les carouges l'ont prit en chasse, tels des chasseurs suivant un bombardier ennemi. 

La tourterelle triste

La tourterelle triste est cet oiseau qui fait partie de la même famille que la colombe et le pigeon biset. On voit souvent cet oiseau dans certains parcs et dans les banlieues. Toutefois, je n'ai pu voir cette espèce que très rarement au Jardin botanique. Ici, un mâle et une femelle se roucoulent ça à qui mieux mieux, préparant sans doute la prochaine génération. Elles doivent faire attention car elles représentent un repas succulent tant pour les rapaces. La seconde fois que j'ai vu une tourterelle triste au Jardin elle venait justement de se faire pincer par une buse à épaulettes dans le Jardin des Premières nations. 

La buse à épaulettes

La buse à épaulettes n'est pas un oiseau excessivement rare au Jardin mais contrairement à l'épervier de Cooper il n'y demeure pas en permanence. Cette buse est plus grande et plus massive et lorsqu'elle vient faire son tour on peut la voir dans plusieurs coins et racoins du Jardin cherchant, grâce à sa vue exceptionnelle, mulots, tamias rayées et écureuils à se mettre sous le bec. Les autres oiseaux sont aussi au menu, comme je l'ai mentionné juste un peu plus haut. Sa timidité varie grandement; soit elle se tient près d'un endroit passant, donnant de belles opportunités aux visiteurs et photographes, ou elle se tient en retrait, parfois dans les hauteurs. Sa présence, lorsque remarquée par d'autres oiseaux, les font piailler un cri d'alarme qui semble universel, s'avertissant les uns et les autres. Faites gaffe! semblent ils dire. 

Le grèbe à bec bigarré 



Souvent identifié à tort comme une espèce de canard, le grèbe à bec bigarré fait partie de la même famille que... le flamand rose. Cet oiseau aquatique ne fait que trois choses: voler, flotter et nager sous l'eau comme une véritable torpille qui laisserait les nageurs olympiques les plus rapides loin derrière tant il est rapide. Toutefois, il ne marche pas au sol comme les canards puisqu'il a évolué pour vivre en milieu aquatique. D'ailleurs ses pattes, contrairement à celles d'un canard qui se trouvent directement sous le corps, sont situées à l'arrière complètement. Ce sont ces puissantes pattes qui le font se déplacer aussi rapidement sous l'eau. 

La présence du grèbe au Jardin est rare mais s'il s'y trouve, et que le mâle parvient à attirer une femelle, ils seront assez visibles. Lorsqu'ils nagent sur l'eau ils ne sont pas peureux, permettant ainsi de saisir d'excellentes opportunités photographiques. En 2021 un couple se sont installés dans les roseaux au milieu de grand étang et se sont bien donnés en spectacle avec non pas une mais bien deux couvées. L'année suivante une couple de harles couronnés sont apparus en même temps que les grèbes. Comme les deux espèces ne peuvent pas se sentir les harles ont préféré s'en aller. Toutefois, cette année-là, les grèbes ont été moins visibles. La dernière fois que l'on a entendu un grèbe c'était il y a deux ans. On l'entendait tenter d'attirer une femelle mais sans succès. S'il est là, il faut en profiter mais s'il n'y est pas, nul ne sait quand il reviendra. Un an, trois ans, peut-être plus? 

Maintenant, voici le sommet de mon palmarès des oiseaux les plus rares que j'ai pu observer au Jardin botanique. Prenez note que d'autres photographes qui s'y promènent pourraient avoir un palmarès différent, tout dépend de la chance et du moment. 

Le balbuzard pêcheur


Il y a cinq ans, à la fin du mois de mai, je me trouvais dans ce que l'on appelle le Jardin nourricier. C'est un portion qui se trouve dans les espaces aménagés au nord du restaurant. J'y cherchais un magnifique papillon nommé le paon du jour et que certains avaient vu rôder dans les parages. Tout d'un coup, l'ombrage d'un rapace en vol est passé au sol. en levant les yeux, sur une branche d'une certaine hauteur non loin de moi, se tenait un balbuzard pêcheur. 

Ce rapace vit essentiellement le long des fleuves et des rivières, se nourrissant de poissons qu'il attrape lorsqu'ils sont près de la surface. Il peut même plonger dans l'eau au point de ne plus le voir pour de longues secondes avant de le voir ressurgir, battant de ses puissantes ailes pour sortir de l'eau avec sa proie. Mais que faisait çui-là au Jardin? Plutôt que de débattre de la question j'ai opté de le photographier. Je n'ai pu prendre qu'un seul cliché, sans réglage ni rien avant qu'il ne s'envole vers le nord, sans doute vers la Rivière-des-Prairies, lieu de prédilection de pêche pour le bihoreau gris, le grand héron et les cormorans. Je n'ai jamais revu cet oiseau depuis. 

Le pygargue à tête blanche
 

Cet oiseau rapace que l'on peut voir dans plusieurs régions du Québec sans trop de difficultés est généralement invisible en milieu urbain. Ce phénomène, peut-être égaré, a été photographié environ trente minutes après la fin de la fameuse éclipse de 2024 alors qu'il survolait en cercles le jardin alpin. J'ai rogné cette photo afin que l'on puisse mieux voir le plus gros oiseau rapace du Québec en plus de détails. Après quelques minutes il s'est dirigé vers le sud puis est disparu complètement. Est-ce que sa présence était due à l'éclipse? Difficile à dire. Des ornithologues pourraient se prononcer bien mieux que moi à ce sujet mais la coïncidence était certes étrange! 




Le saviez-vous? Bien avant que le Jardin botanique ne soit fondé par le frère Marie-Victorin en 1931, il se trouvait le collège du Mont-de-La-Salle, lequel fut abandonné et ultimement détruit par un incendie. Il se trouvait à l'endroit jouxtant le jardin des lilas et le ruisseau fleuri. Une toute petit plaque montée sur les derniers vestiges se trouve dans le jardin des lilas. Saurez-vous la trouver?

lundi 20 octobre 2025

Petite fricassée et autres histoires

Ainsi donc l'été de 2025 a tiré sa révérence pour laisser sa place à l'automne. Me semble que ça ne faisait pas si longtemps que la belle saison ne venait que de commencer. En lieu d'une chronique sur un seul sujet donné j'ai opté de rattraper le temps perdu en écrivant une couvrant différents sujets qui ont capté mon attention ainsi que quelques petites aventures ici et là. Histoire aussi de faire un petit peu différent. 

La place Versailles

La nouvelle est tombée au printemps; la place Versailles telle qu'on la connaît va disparaître dans quelques années pour laisser sa place à un immense projet qui va comprendre, entre autres, des condos luxueux (quoi d'autre), une petite poignée de logements dits "abordables", un parc et une école. 


La place Versailles est arrivée dans le décor de l'est de Montréal en 1963 alors que la paysage du coin était fort différent. Pas d'autoroute 25 à côté, pas de pont tunnel Lafontaine et aussi pas de métro Radisson. En fait, juste au sud, y'avait encore le village de Longue-Pointe, une vielle municipalité fondée en 1845. 

La place Versailles, j'en ai parlé dans cet article, n'est pas le premier centre commercial à voir le jour au Québec, de loin s'en faut. La palme revient au centre d'achats Boulevard, au coin de Jean-Talon et Pie-IX. Par contre, et ça faut le mentionner, les centre d'achats de l'époque ne sont qu'une enfilade de commerces et pour aller de l'un à l'autre faut passer à l'extérieur. Il en existe encore de ce genre là. Le centre d'achats Van Horne, sur la rue du même nom, en est un bon exemple. La différence avec la place Versailles c'est qu'il s'agit d'un centre commercial entièrement recouvert! Tous les commerces, trente au total, sont tous à l'intérieur. On peut donc flâner et faire ses emplettes beau temps, mauvais temps, hiver comme été. Vive la modernité! 


Le cinéma Versailles, qui faisait partie des Cinémas Unis était pas mal apprécié parce qu'il se trouvait tout juste à côté du centre. En '75, quand on a quitté Hochelaga pour s'en aller dans Rosemont, c'était là mon cinoche de choix et j'y ai vu quantité de films. Le bâtiment est disparu vers la fin des années 80 lorsqu'on a construit la nouvelle extension de la place Versailles. On a aménagé un nouveau cinéma de trois ou quatre salles mais ça n'a pas fait long feu, incapable qu'il était de rivaliser avec les gros super-maga-giga plex qui ouvraient un peu partout. C'était bien dommage. 


Le magasin Pascal, où j'ai bossé quand j'étais encore étudiant, était une bannière populaire dans le centre d'achats. Il occupait un emplacement important qui allait de l'allée jusqu'au stationnement et comportait un étage accessible par escalier mécanique, lequel est toujours là aujourd'hui. C'est celui que vous prenez pour aller chez Fabricville. Une bonne partie de la devanture est encore là et c'est un Bureau en Gros qui occupe une partie de l'espace. Le centre d'impression qui s'y trouve était autrefois occupé par la section de la coupe des matériaux. 


Les plus vieux vont se souvenir de Miracle Mart, le grand compétiteur de Woolco et des ses journées à $1,44, du restaurant la Caserne, de La Baie, de la librairie Ducharme, du Distribution aux Consommateurs, de Discus et de Toy World, entre autres. La plus vieille bannière encore sur place est le restaurant Place Tevere où l'on sert encore et toujours de la pizza à la pointe et autres mets minute. Tevere, en italien, signifie le Tibre, le troisième plus long fleuve d'Italie après le Pô et l'Adige.

Du reste, il n'y a plus grand chose de l'époque qui a subsisté hormis les sculptures d'Augusto Escobedo qui ont été installées en '64 et je suis bien curieux de savoir ce qui va en arriver. Une partie de moi ne serait pas exactement surprise que ces œuvres se ramassent au dépotoir, parce que le Québec est pas mal, malgré sa devise, un cancre quand vient le temps de gérer son patrimoine, ne serait-ce que des sculptures de centre d'achats... On verra. 

De la visite

Au début de l'été je me préparais a aller faire quelques emplettes à vélo. J'étais à déverrouiller mon cadenas quand j'ai entendu un drôle de "glouglou". Je me demandais d'où ça venait. Était-ce ma voisine du haut qui digérait son merlot? Puis encore ce "glouglou". J'ai souri en pensant à Obélix dans l'album La grande traversée où Astérix et Obélix aperçoivent des dindes pour la première fois et ce dernier les appelle tout simplement des "glouglous". Je sors de la cour avec mon vélo et qu'est-ce que je vois ti-pas le long de l'immeuble où j'habite?

Une belle grosse dinde, un magnifique glouglou qui se pavanait comme ça. Je savais qu'il y avait des dindes qui se promenaient en ville, parfois seules mais plus souvent en p'tit groupes, mais là, devant chez moi? c'était une nouveauté. Pas agressive pour cinq sous, même un brin peureuse, elle a continué de picosser le gazon pour ensuite traverser la rue. Elle s'est en allée dans une ruelle au grand étonnement des enfants qui jouaient là. 

Chaude et humide


La température ne nous a pas donné de répit l'été dernier. Cette capture d'écran démontre bien a quel point il fait chaud. Et en plus, presque pas de pluie, ce qui cause maintenant bien des soucis à nombre de municipalités qui dépendent de l'eau de lacs et rivières pour s'approvisionner en eau et aussi de résidents qui voient leurs puits presque à sec. Et pis là, y'a des entrepreneurs qui se spécialisent dans le forage de puits et qui sont débordés d'ouvrage. 

Je ne me souviens pas du tout d'un seul moment durant mon enfance où l'on avait à endurer de telles températures. Je dis pas qu'il ne faisait pas chaud, mais du 45 Celsius ressenti? Nenni. 

Un résident pas content

Appareil utilisé: Canon 90D + sigma 150-600mm)

Ce p'tit duc maculé s'est trouvé un logement pas cher et abordable (le chanceux) dans un trou qu'avait creusé le grand pic. Mais voilà, le monsieur ne semblait pas content que je lui tire le portrait comme ça, même au bout de ma lentille de 600mm. Son faciès et sa binne maussade m'ont fait penser à ces vieux messieurs qui, de sur leurs balcons, fouettent l'air de leur canne en disant aux jeunes de ne piler sur leur gazon. Ça se passait au Jardin botanique à la fin de juin. 

Parlant de logements...

Au début du mois de juin j'étais sur le trottoir face à l'immeuble où j'habite et je jasais avec ma voisine d'en haut lorsqu'une dame âgée est arrivée près de nous pour nous d'abord s'excuser puis de nous demander si on ne connaissait pas de logements à louer dans le coin. Y'en avait un dont j'avais vu la pancarte mais c'était un grand cinq pièces, trop grand pour ce dont la p'tite dame avait besoin. Elle avait épluché les annonces; Marketplace, Kijiji et autres sans n'avoir pu trouver quoique ce soit. C'était vraiment désolant à voir, tout spécialement avec le premier juillet qui s'en venait. 

La crise du logement qui sévit présentement est certainement grave, mais pas sans précédent. En '57 la Ville de Montréal avait enclenché le Plan Dozois, afin de lutter contre les taudis mais dans le fond c'était davantage un prétexte pour raser des pans de quartier entiers et de se débarrasser de ce que la ville appelait des bidonvilles où se ramassait la saleté, la prostitution, la vermine et toutes sortes de maladies. Certes, y'avait de ces bâtiments qui faisaient dur, de vieilles bicoques qui tenaient de debout avec de la broche à poule mais c'était loin d'être la majorité. Il se trouvait quantité de bien belles bâtisse, solidement construites. 

Un petit restaurant de quartier où l'on prépare des mets chinois avec son architecture caractéristique de ces commerces avec l'entrée située au coin tronqué du bâtiment. Il va bientôt disparaître. 

L'épicerie Marsolais où le côté du mur affiche une magnifique publicité peinte de Coca Cola. Les amateurs de tabac Buckingham devront bientôt trouver un autre endroit pour s'en procurer car le bulldozer s'en vient. 


Ce jeune couple curieux pose pour le photographe de la ville qui a déposé au sol, au bas de l'affiche Kik Cola, le numéro de référence. Ils n'avaient pas loin à faire pour se procurer plusieurs produits alimentaires dont ils avaient besoin puisque l'épicerie Lebeau se trouvait juste en dessous. Les deux tourtereaux devront bientôt se trouver un autre nid douillet, mais où?


Une autre épicerie qui va disparaître, celle de m'sieur Duval où l'on vent le fameux Kik Cola et le thé Salada. Un passage permettait d'accéder à la cour arrière. C'est un bâtiment qui semble bien solide mais pas pour l'administration municipale. 


Ces deux dames en train de jaser observent le photographe de la Ville de Montréal. Le commerce de T. Lessard et Fils, tout juste derrière elles, semble avoir été déjà vidé, tout comme l'épicerie juste un peu plus loin. On remarque un beau Chevrolet Belair 1957 stationné sur la rue. 

Tout comme le jeune couple et les deux jaseuses plus haut, un homme curieux oberse le travail du photographe. À ma connaissance il n'existe plus d'architecture de ce genre où les gens accèdent à leurs logements via un escalier central. Les fenêtres grillagées du rez-de-chaussée servent à protéger les fenêtres et les vitraux des balles perdues des enfants jouant dans la rue. Toutes ces photos sont du Service des archives de la Ville Montréal.  

Mais le plan Dozois ne sera pas le seul travail de démolition à grande échelle. La construction de l'autoroute Ville-Marie, qui va débuter en 1965, va nécessiter  l'expropriation de quantité de résidents et où l'on verra pas moins de 850 bâtiments se faire jeter par terre. Tous ces gens se retrouveront à la rue. La question se pose encore: où ces gens sont-ils allées. Montréal n'est pas encore développée comme elle l'est aujourd'hui, surtout dans le nord. 

La construction de la tour de Radio-Canada, brune et banale, va obliger la destruction de tout le quartier qui s'y trouvait. Ironiquement, Radio-Canada y allait d'un reportage en 1970 sur la crise du logement qui faisait rage à ce moment. L'élargissement du boulevard René-Lévesque (anciennement Dorchester) avait lui aussi mis à la rue quantité de résidents plusieurs années plus tôt. La rue Notre-Dame, à partir du pont Jacques-Cartier jusqu'à l'autoroute 25 qui connecte avec le pont-tunnel Lafontaine, a aussi été décimée de ses habitations et commerces afin de la changer en voie rapide. Avant cette démolition sauvage la rue Notre-Dame ressemblait en tous points à la rue Ste-Catherine à la même hauteur. Les gens qui se sont retrouvés sans logis ont dû peiner pour se trouver un nouvel endroit pour vivre. À l'est la construction de l'autoroute 25, justement, à requis la démolition d'une bonne partie du village de Longue-Pointe. Même le cimetière jouxtant l'église y a gouté. On a au moins pris soin de déménager les dépouilles à l'entrée du Repos St-François-d'Assise, connu autrefois sous le nom de Cimetière de l'est, et avant ça le cimetière des pauvres. Si vous entrez par la rue Sherbrooke vous y verrez le monticule et le monument qui marque l'endroit où les corps ont été ensevelis. 

À la fin des années 80 les promoteux immobiliers ont cessé de construire des immeubles locatifs pour se consacrer presqu'exclusivement aux condos, qui vient du mot latin signifiant surfacturé sans aucune raison, comme disait le regretté Robin Williams. 

Mais à cette époque les loyers étaient abordables. Lorsque je fréquentais le cégep du vieux il y avait des amis dans la classe qui habitaient un vaste logement sur la rue St-Denis et qui ne payaient que 350$ par mois. C'était avant que le quartier devienne à la mode, précipitant le coût des loyers dans la stratosphère. Idem pour le quartier de Mercier-Hochelaga, qui avait toujours été un secteur refuge pour les gagne-petit, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui, malheureusement. 

À mon avis, la solution réside dans la construction de logements sociaux et abordables, protégés de la spé-cul-cul-lation. À ce titre, les paliers de gouvernements doivent accessoirement agir ensembles pour le bien-être d'une société qui a bien besoin, et de façon urgente, de ces logements, mais là, ça prend de la volonté politique et c'est là, bien malheureusement, du domaine des contes de féées... 

Les chanceux!

Appareil utilisé: Canon 90D + sigma 150-600mm)

Ils sont chanceux les ratons. Comme le petit duc maculé plus haut, il ne suffit que d'un trou dans un arbre pour se loger. Dans celui-ci y'a une petit famille; la mère et ses trois rejetons, dont celui dans la photo et qui semble tout fier de prendre la pose pour moi. Il est plutôt rare de les voir en plein jour comme ça puisque les ratons laveurs sont davantage nocturnes que diurnes. 

L'Halloween en août et Noël en septembre

Avant, à cause des changements de température, on disait "Y'a pu de saisons!". En entrant dans un Dollarama, j'ai vu des nouilles de piscine, des décorations d'Halloween et de Noël. Y'a plus de saisons, c'est bien vrai. Au début du mois d'août des magasins ont commencé à mettre sur leurs tablettes des cossins d'Halloween et au début de septembre, des bébelles de Noël. 

Mais bon, on va pas se décourager. Les patentes de la St-Valentin vont sûrement débarquer d'ici quelques semaines.

Quand j'étais gamin les truc d'Halloween sortaient durant la première, sinon la deuxième semaine d'octobre. Et Noël? pas avant le mois de novembre dans la deuxième semaine, au plus tôt. En '73 ma grand-mère et moi avons visité le magasin Eaton des Galeries d'Anjou car elle voulait remplacer son arbre de Noël en aluméum, qui n'était plus à la mode. C'était au début de novembre. Arrivés dans le magasin on a été surpris de ne rien voir de Noël, même pas une décoration. 

Z'êtes arrivée trop tôt ma chère dame, lui avait lancé le vendeur. Ils vont arriver la semaine prochaine. Au grand désespoir de ma grand-mère. Mais bon, nous ne sommes pas allés pour rien puisqu'une petite visite impromptue chez Toy World m'a valu une bien belle nouvelle voiture Matchbox. 

Et pour finir

Comme vous le savez la page Facebook du blogue n'est plus active. J'ai délaissé cette plateforme y'a bien longtemps (geste que je ne regrette absolument pas) et la radieuse Noa (Jessica) a tenu le fort pendant un petit bout avant qu'elle aussi quitte le navire. Ceci pour dire que je n'ai pas de présence sur le ouèbe que ce blogue-ci. Pas de Facebook, pas d'Instagram, pas de TikTok, bref, rien pantoute. Si vous voyez quelque chose qui prétend être moi ou avoir un lien avec moi sachez que ça ne vient pas de moi et que je n'ai rien autorisé à cet effet. 




Le saviez-vous? Ce blogue a vu le jour le premier janvier 2010!