dimanche 17 mai 2015

L'homme de six millions - redux

Il y a de cela un certain temps je vous ai causé de la figurine de Steve Austin, le fameux homme de six millions et que j’avais reçu alors que j’étais gamin. C’est une figurine toujours populaire et que tout collectionneur peut se procurer à des prix variant d’une dizaine de dollars à quelques centaines, tout dépendant de la condition, bien entendu.

Ça s’est passé il y a quelques années lors d’un de ces nombreux «arrêts aux puits» dans une des nombreuses ventes de garage qu’il m’arrive de croiser régulièrement. Comme vous le savez, les ventes de garages sont de véritables boîtes à surprises et on ne sait jamais ce qu’on va y trouver. Cette journée-là, donc, je suis tombé sur cette vente qui était absolument monstrueuse. L’entrée de garage et le garage lui-même était plein de bébelles de toutes sortes; des bibelots douteux, des cadres, des laminés tirant un peu [beaucoup] sur le kitsch, des piles de vêtements, des vieilles cassettes VHS… La quantité d’objet était telle que faire visuellement le tri était un exercice laborieux en soi. Je pouvais regarder un coin de table à trois reprises et à chaque fois y apercevoir quelque chose de nouveau. Au bout de longues minutes je m’apprêtais à quitter lorsque j’ai remarqué quelque chose de familier et qui dépassait de sous une pile de guenilles. J’ai pris la boîte dans mes mains et l’ai observé attentivement. Puis je l’ai montré à la dame qui avait organisé ce véritable souk. Je m’attendais à ce qu’elle me demande une petite fortune et possiblement mon bras gauche mais elle s’est plutôt contentée de me faire «cinq» avec la main. Je ne crois sincèrement pas qu’il vous ayez eu dans votre vie la chance de voir un troc argent/marchandise aussi rapide. Après avoir soigneusement placé la boîte en question dans mon sac j’ai enfourché mon vélo pour retourner chez moi comme une fusée. Cette boîte, en conséquence, la voici :

Alors voilà la chose assez incroyable; pour le prix d’un modeste cheeseburger et d’une frite [régulière] j’ai pu obtenir une figurine de Steve Austin dans sa boîte d’origine. Celle-ci avait déjà été préalablement ouverte, la figure sortie, remise à l’intérieur et le couvercle ultérieurement refermé avec du ruban adhésif. C’est pourquoi je n’ai pas eu d’hésitation à la ressortir afin de l’inspecter, quelque chose que je n’avais pas pu faire à la vente de garage.
Comme on peut le constater facilement, la figurine, bien qu’elle ait été sortie de la boîte, n’a jamais été utilisée, comme en témoigne la présence du carton expliquant le fonctionnement du bras mécanique. En tournant la tête de la figurine vers la droite on enclenchait un ingénieux mécanisme qui, en poussant le bouton rouge que vous voyez, faisait monter le bras vers le haut. Une autre chose de la figurine m’a extraordinairement étonné :
L’utilisation d’un tel adverbe n’est pas exagérée. Observez la peau de latex qui recouvre le bras bionique de la figurine. Elle est pratiquement intacte, comme si la figurine venait tout juste de sortir de l’usine. Le truc c’est que ce latex a toujours eu la réputation de se désagréger et/ou pourrir au bout de quelques années, comme en témoigne le latex qui recouvre ma propre figurine.
Comme vous pouvez le constater, il n’est plus en très bon état. Il y a bien entendu les innombrables heures de jeu que je lui ai fait subir mais il y a également les affres du temps, conjuguées avec la nature même du latex. Ce qui s’est probablement passé avec la figurine que j'ai achetée c'est qu'elle a été conservée bien malgré elle dans des conditions optimales, possiblement dans une garde-robe, bien au chaud et au sec. Et, parlant de la boîte, voici ce qui se trouvait également à l’intérieur :
Ce sont les instructions détaillées pour le fonctionnement mécanique du bras ainsi que d’une offre afin de faire partir du Bionic Action Club, lequel n’est plus valide depuis quelque temps, malheureusement. Le fait que la boîte ainsi que les instructions soient uniquement en anglais repose sur deux possibilités; d’une part il est possible que la figurine ait été achetée ici à Montréal. Il faut rappeler qu’avant l’adoption de la Charte de la langue française, en 1977, les compagnies n’avaient aucune obligation d’imprimer des versions en français de leurs produits, ce qui incluait, bien entendu, les jouets. Par exemple, ma piste Hot Wheels Super Charger, reçue en 1969, est complètement en anglais. L’autre possibilité est que la figurine ait été achetée aux États-Unis, comme cela a été le cas pour ma console de jeu Intellivision, reçue à mon anniversaire en 1982 et que mes parents avaient achetée durant un court séjour au Vermont. 



Le saviez-vous? Si l'on se fie à la télémétrie dans l'émission, Steve Austin peut courir à une vitesse de 93 km/h. 

jeudi 14 mai 2015

Un peu de plastique dans nos assiettes

Les années 50 ont été marquées par un immense électrochoc qui a littéralement fait bourdonner toutes les sphères de la société; de l’architecture aux voitures en passant par les meubles, les enseignes de magasin ainsi qu’aux objets les plus mondains. Le plastique, dont on découvrait de nouvelles variantes, s’annonçait comme le matériau du futur. La maison du futur Monsanto tout en plastique, qui fut exposée à Disney World, en est un exemple probant. Cette publicité de la fin des années 50 de la compagnie Lustro-Ware, illustre bien toutes les applications du plastique. 
Voyant des profits mirobolants, plusieurs compagnies du temps se sont donc mises à fabriquer toutes sortes de choses et n'ont pas hésité à faire concocter des publicités pour le moins assez particulières, comme c'est le cas pour ces poubelles, présentées comme des pièces de distinction qu'il faut visiblement manipuler avec des gants blancs. Ouf!
Passons des poubelles à quelques chose d'un peu plus intéressant comme des ensembles de vaisselle fabriqués avec des résines et polymères complètement nouveaux. Certains diront que de la vaisselle c’est de la vaisselle, et qu’il n’y a pas de raison d’en faire tout un plat alors que d’autres ni verront aucun intérêt parce que ce n’est pas leur tasse. N’empêche que le succès a été assez considérable et ça n’a pas été long que presque toutes les maisonnées avaient de ces ensembles. Aussi, si vous avez fréquenté l’école durant les années 60 et 70 il y a de fortes chances pour que votre cafétéria utilisait de tels ensembles. En voici, tel qu’ils apparaissaient dans une publicité américaine du temps. 
Pratiquement incassables, durables et fort abordables, il est facile de comprendre pourquoi ces sets de vaisselles ont été si populaires, surtout avec leurs couleurs si caractéristiques de l’époque comme le turquoise, le rose et le jaune, entre autres. Durant les années 60 on a vu apparaître des coloris plus éclatés qui reflétaient évidemment les tendances décoratives du temps. Il s'en trouvait d'autres variétés qui comprenaient des motifs décoratifs comme des fleurs, des feuilles d'arbres ou tout simplement de jolies fioritures. En voici quelques exemples dans cette publicité de 1958.

Et pour les enfants, il y avait des sets spécialement fabriqués pour eux, comme en témoigne celui-ci, fabriqué en 1964 par Boontonware et décoré des personnages de la série de dessins animés The Flintstones. 
Mais bon, parlons maintenant de cette merveilleuse petite trouvaille que j'ai faite et que je vous présente à l'instant. J’ai acquis ce charmant petit ensemble il y a de cela quelques années lors d’une vente de garage pour une poignée de change. De couleur turquoise, le plastique est incrusté, malheureusement difficile à voir sur les photos, d’une myriade de petits flocons probablement d’origine métallique, à moins qu’il ne s’agisse de plastique.
Peut-être la chose la plus étonnante est que ce set n’a pratiquement jamais servi puisque l’étiquette du fabriquant est encore là, bien collée. C’est ce qui m’a d’ailleurs permis de savoir qu’il s’agissait d’un set en Cymac 400 ou, si vous préférez, du plastique dit méthylstyrène. Ce dernier a été mis au point vers 1956 par la compagnie American Cyanamid, laquelle est aussi connue pour avoir développé un autre plastique, le Melmac, tel que vu dans la publicité en haut. Le Cymac, donc, est un plastique à moulage par injection réputé pour avoir une très grande résistance à la chaleur en ne démontrant aucune déformation même à 100 degrés Celsius. C’est ce qui explique la mention «Boilable» sur l’étiquette.
Des sets comme celui on peut en trouver encore dans des magasins d’articles usagés, des brocantes et autres marchés aux puces, souvent à bon marché. Si c’est le cas il faut exercer un peu de caution, surtout si l’on considère utiliser ces tasses et assiettes pour y mettre breuvages et nourriture. Le plastique, comme n’importe quoi d’autre, ça vieillit et si certaines études tendent à démontrer qu’on peut les utiliser sans crainte d’autres tendent à décourager leur utilisation, entre autres avec de la nourriture chaude ou acide qui pourraient laisser s’infiltrer dans la nourriture certaines composantes chimiques. Ces sets ont été fabriqués essentiellement aux États-Unis bien avant que le FDA américain ne commence à procéder à des études. Au micro-ondes? SURTOUT PAS. Personnellement, bien que je sois assez fier de cette petite trouvaille, je préfère simplement la conserver comme article de décoration, ça m’évitera d’avoir à ôter les petites étiquettes qui font, je le crois bien, tout le charme de l’ensemble.



Le saviez-vous? Lorsque l'on a voulu démolir la maison en plastique Monsanto on s'est d'abord servi d'une grue qui y balançait une grosse boule d'acier mais cette dernière ne faisait que rebondir sur la maison. On a donc dû s'y prendre différemment. 


samedi 4 avril 2015

Cafetière Corning


Intéressante découverte dans une brocante que cette charmante cafetière Corning Ware d’une capacité de neuf tasses (modèle P-119 au catalogue de la compagnie). Après une inspection sommaire j’ai facilement pu me rendre compte que cette cafetière n’a à peu près jamais servi, les marques d’usure étant pratiquement inexistantes. Sachant que les produits Corning aux motifs de fleurs bleues sont bien convoitées je n’ai donc pas hésité à la prendre. Surtout que le prix demandé était plus que raisonnable. J'ai bien pris soin de la garder contre moi jusqu'à la caisse. 


Par contre, pour ce qui est de l’utiliser, c’est une autre histoire, et voici pourquoi. Les premiers modèles blancs arborant le fameux motif, soit le P-108 (8 tasses) et le P-106 (6 tasses) sont apparus en 1959. Ces cafetières étaient fabriquées avec un matériau appelé pyrocéram, soit un verre semi-cristallisé très résistant développé par la compagnie Corning quelques années plus tôt. L’on s’était rendu compte que même s’il était surchauffé ce verre ne cassait pas si on l’échappait au sol. Par contre, et voilà quelque chose que bien des ménagères de l’époque ont constatés, c’est que cogner ces cafetières à répétition dans les éviers de fonte émaillée, très répandus dans le temps, pouvait créer des ébréchures. Mise au courant de ces problèmes, la compagnie Corning a donc choisi de retirer en 1960 le P-108 du marché pour le remplacer par un nouveau modèle de 9 tasses, le P-119. Le P-106 quant à lui ne sera remplacé par le P-116 qu’en 1962. Bon, alors c’était quoi la différence? C’est tout simplement que l’on avait décidé de doter la cafetière d’un rebord en acier inoxydable, éliminant ainsi les risques d’écaillage. L’intention était bonne, mais.

La première version avec rebord en inox était munie d’une poignée tenue en place avec un col maintenu par des vis. Souvent il arrivait que l’embout de plastique les recouvrant se détache. Corning a donc conçu une deuxième version où la poignée était moulée d’une pièce et fixée au col avant d’être assemblée au pot. Encore une fois l’intention était bonne, mais.

Corning a vendu approximativement quelque chose comme 18 millions de ces cafetières, tous modèles confondus. Malheureusement, et malgré le nouveau design des poignées, il est arrivé des accidents où lesdites poignées se détachaient subitement du pot, menant ainsi à des cas, on le devine, de bains de café brûlant. Chez Corning on a recensé environ 7000 cas de séparation ayant mené à 1250 blessures diverses, ce qui veut dire 0.7 blessures par 10,000 cafetières vendues. Conséquemment, Corning Glass Works ainsi que l’US Consumer Product Safety Commission ont annoncé, en 1979, leur intention de retirer du marché toutes les cafetières affectées par ce problème.


Le P-119, dont j’ai fait l’acquisition à un prix tout à fait ridicule, fait malheureusement partie du lot qui a été rappelé et bien que la poignée semble très solide je n’ai pas l’intention de l’utiliser autrement que comme pièce décorative. Pour les gens qui auraient de ces cafetières Corning Ware et qui les utilisent peut-être encore, je vous suggère ce site, lequel identifie clairement les différents modèles ainsi que ceux qui ont fait l’objet d’un rappel.




Le saviez-vous? Le motif, facilement reconnaissable, est celui des fleurs bleues, désigné en anglais sous le terme «Cornflower». Il a été conçu par Joseph Blaum, un artiste de l’agence de publicité Charles Brunelle basé à Hartford au Connecticut. Le motif «Cornflower» est demeuré pendant trois décennies l’emblème et la marque de commerce de Corning.

samedi 24 mai 2014

Corgi Priestman

Voilà, les ventes de garage sont reparties de plus belle et avec elles de bien belles trouvailles à faire pour qui a l’œil, un peu de chance et qui n'a pas peur de se lever un peu tôt. Depuis le début de mai elles fourmillent un peu partout et c'est carrément l'embarras du choix. Une de mes premières prises de l'année se trouve à être un véhicule en métal moulé fabriquée par Corgi au milieu des années 60 et qui incidemment devenu le dernier joujou à venir s’ajouter à ma petite collection pour cette saison. Le voici tel qu'il apparaissait au catalogue de 1966, année où la compagnie britannique fêtait incidemment ses dix ans d'existence. J'avoue que j'aurais bien aimé trouvé le camion-remorque également...


Ce qu’on a ici c’est une excavatrice de marque Priestman Cub. Le Cub représenté ici fait partie d'une série, amorcée en 1928 par la compagnie Priestman, et qui comprenait également Lion, Tiger, Wolf et Panther.  Le modèle, à quelques détails près (la pelle, la couleur du toit et la position du logo) est très bonne reproduction de la véritable excavatrice, que voici:

 




J'ai été agréablement surpris de la condition du modèle surtout considérant son âge (hum hum). L'excavatrice est montée sur des chenilles de caoutchouc très résistantes qui roulent et elle peut pivoter entièrement sur elle-même. Le mécanisme de la pelle est activé par une petite manivelle sur le côté droit et qui simule un mouvement de creusage en boucle. On peut ouvrir le dessous de la pelle en tirant une petite tige. À l’intérieur de la cabine se trouve l’opérateur mais qu’on ne peut pas sortir. Il est prit là le pauvre. Même pas de pause pipi. Ce modèle-là, comme pour la remorqueuse et à peu près tous ceux fabriqués par Corgi, témoignent d’un art de fabriquer des jouets comme il ne s’en fait plus. Non, je déconne un peu. Il s’en fait encore mais ils ne sont pas vendus dans les grandes surfaces et ce ne sont pas des véhicules à mettre dans les mains d’un gamin puisqu'ils sont horriblement dispendieux.

 

Le saviez-vous? La compagnie Priestman fut fondée en 1870 à Kensington upon Hull en Angleterre par les frères William et Samuel Priestman. Passée entre plusieurs main, la compagnie, tout comme Corgi, n'existe plus aujourd'hui.

samedi 22 septembre 2012

La musique de Gleason


Bien souvent lorsque je fais tout plein de recherches et de la rédaction de textes, ou encore quand je dessine, j'aime bien avoir un fond musical qui ne casse pas les oreilles et qui n'est pas envahissant. De la musique papier-peint, en quelque sorte. Intéressante petite trouvaille donc que ce disque d'ambiance tout à fait approprié déniché dans un magasin sur St-Denis. Faut que j'avoue que je suis un peu ce qu'on appelle en anglais «sucker for cover art», ce qui revient à dire que je suis parfois porté à acheter un livre, un disque ou quelque chose d'autre tout simplement parce que je trouve la couverture cute.

Dans ce cas-ci faut dire que la pochette a de quoi attirer l'oeil; une très belle femme en robe de soirée avec un vison sirote un martini seule dans ce qui semble être un piano-bar très chic. Elle semble un peu mélancolique, comme plongée dans des souvenirs sentimentaux lointains. Derrière un homme semble être au piano et on devine qu'il joue une ballade tirant sur le romantique.

Par contre le nom de Jackie Gleason en bas m'a fait sourciller. Je connais Jackie Gleason le comédien qui a interprété le mémorable rôle de Ralph Kramden dans la série The Honeymooners mais je me suis demandé s'il s'agissait ici du même ou si en quelque part il s'était trouvé un obscur chef d'orchestre du même nom. Eh bien selon toute vraisemblance il semblerait que Gleason ait effectivement prêté son nom à une petite série de disques de musique d'ambiance sur étiquette Capitol. Gleason avait trouvé dans les années 50 qu'il y avait un marché pour ça, et il ne s'était pas trompé.


Faut mentionner que Gleason ne savait nullement composer ou même lire de la musique. Il semblerait qu'il se soit contenté tout simplement de décrire vocalement ce qu'il avait en tête à des assistants qui eux couchaient tout ça sur des feuilles de musique. Mais en réalité, si on se fie aux témoignages de contributeurs comme Red Nichols ou encore le trompettiste Bobby Hackett, lequel dirigeait la plupart des pièces, Gleason n'avait d'autre implication dans tout le processus que d'amener les chèques de paie.

Quoiqu'il en soit dès que l'aiguille s'est posée sur le disque je me suis rendu compte qu'il s'agissait effectivement d'une très belle musique d'ambiance style mid-century, très agréable à écouter en soirée et parfaite pour m'accompagner quand je bizoune à tout plein de projets. Pas un mauvais achat du tout! Voici d'ailleurs un extrait:





mercredi 29 août 2012

Martin Denny - Quiet Village

Il y a de cela un certain temps j'ai écrit un article concernant la popularité de l'exotisme tiki des années 50. Lorsque je farfouille dans les magasins de disques usagés c'est toujours agréable de tomber sur un disque qui se rattache à cette époque. En l’occurrence, celui-ci qui date de 1959:


Martin Denny est un type qui a carrément défini le genre exotique en musique instrumentale, surtout avec les sons d'oiseaux qui surviennent de temps en temps dans ses morceaux. Ce qui n'était pas un hasard. Denny raconte qu'un soir il jouait avec son orchestre au lounge de hôtel  Hawaiian Village, lequel était carrément à ciel ouvert au milieu de palmiers. Au milieu se trouvait une mare artificielle avec de vrais ouaouarons dedans. Un soir comme ça, alors que l’orchestre s’executait, les ouaouarons ont décidé d’y aller de leur propre accompagnement, s’arrêtant soudainement lorsque la musique cessait. Les gars ont trouvé ça marrant et ont commencé à faire des cris d'oiseaux tout en jouant. Le lendemain soir un type qui séjournait à l'hôtel est venu voir Denny pour lui demander de rejouer la chanson avec les oiseaux et les ouaouarons. Il croyait que ça faisait partie des arrangements alors c'est resté.

Quant à la pochette je la trouve magnifique, pas quétaine pour cinq sous. Au premier coup d'œil je me suis dit, tiens, v’la Gina Lollobrigida. Faut avouer que la ressemblance est assez frappante, surtout si on la compare à la page couverture de ce magazine!


Maiiiiiiis ce n'est pas Lola. En réalité il s'agit d'une actrice et modèle du nom de Sandy Warner qui est apparue sur pas moins d'une douzaine de pochettes de disques de Martin Denny. Incidemment Sandy changeait son look afin de l'adapter au thème du disque en question. Mais faut avouer que la ressemblance avec Gina est assez bonne. En bout de ligne, avoir pu ramasser ce disque «vintage» en parfaite condition (pas même une grafigne) pour quelques dollars a fait ma journée.




Le saviez-vous? Au moment d’écrire ces lignes Martin Denny fêtait ses 91 ans, fier d’une carrière durant laquelle il a lancé 38 albums et 28 albums de compilations.

mercredi 22 août 2012

Cosmos: 1999 en vinyle



Autre trouvaille dans un magasin de disques usagés sur St-Denis. C'est probablement la dernière place où je m'attendais à retrouver le disque dont il est question aujourd'hui (quand je l'ai aperçu d'ailleurs ma casquette a flippé dans les airs comme dans les cartoons). Et la même journée j'ai déniché un numéro de MAD de 1972 avec un encart de Wally Woods à l'intérieur pour $1. Y'a des journées comme ça.

Ce disque de Cosmos: 1999 (en anglais) ne contient pas de trame sonore (celui-là je l'ai déjà) mais bien trois histoires qui sont racontées par des acteurs qui font de leur mieux pour imiter ceux de la série TV. On y a rajouté quelques effets sonores et des bouts de musique pour boucler le tout. Ce n'est pas que c'est forcément mauvais mais  ce n'est pas comme écouter une émission. Faut dire que ce type de disque remonte à l'époque où les appareils à vidéocassettes n'avaient pas éxactement fait leur apparition dans notre quotidien, merveilleuse époque où, pour écouter une émission, fallait être devant la télé (mais moi j'enregistrais Cosmos:1999 sur des cassettes audio, hé hé). 

Tout compte fait j'ai acheté ce disque (pas pu résister, bien entendu) pour quelques dollars et il est en parfait état. La personne qui l'a eu avant moi en a définitivement pris bien soin.

vendredi 17 juin 2011

Pow!


Si vous êtes un gars vous connaissez ce jouet. Soit vous en avez eu un ou bien vous aviez un ami qui en avait un. Chacun des deux joueurs contrôle soit le Red Rocker ou le Blue Bomber et l'objectif est de faire péter la tronche de l'autre robot. Le jeu a été conçu en 1964 par Marvin Glass and Associates, une compagnie de l'Illinois qui se spécialisait dans le design de jouets. Le nom vous est peut-être pas connu mais Marvin Glass est le génie derrière toute une floppée de jouets fabriqués par différentes compagnies et qui ont connu leur lot de succès. 



Le jouet a d'abord été manufacturé par Marx Toys mais est ultérieurement tombé entre les mains du géant Mattel qui a continué à le fabriquer mais en version un peu plus petite que l'originale. Le jeu est devenu au fil des ans un genre de phénomène de la culture pop et a fait différentes apparitions soit dans des films ou dans des émissions télé.


Alors le jeu était là sur la tablette parmis d'autres bébelles. Il n'y avait pas de boîte mais tout paraissait en ordre et visiblement il n'avait pas beaucoup servi. En dessous l'étiquette de prix indiquant $3.99 ne m'a pas fait perdre trop de temps à savoir si je le prenais ou non. Exemple parmis tant d'autres des petites découvertes intéressantes qu'on peut faire là comme ailleurs.

Le commercial de l'époque.

Les robots font leur apparition dans Toy Story 2.

Magnifique peinture d'Eric Joyner intitulée "Final Blow" qui a largement puisé son inspiration dans les vieux combats de boxe enfumés des années 30 et en ajoutant plein de robots en métal qui furent populaires dans les années 50 et 60.




Le saviez-vous? La compagnie Marx, aussi connue pour sa série de figurines Johnny West, a existé pendant 61 ans, soit de 1919 à 1980.


mercredi 8 juin 2011

Humpty Dumpty - Prise 2

Le 20 mai 2010 j'écrivais un court article sur une boîte de chips Humpty Dumpty. Bon, je vais vous laisser aller lire l'article et je vais vous attendre ici. Alors voilà ti-pas qu'il n'y a pas très longtemps, je suis tombé sur une de ces boîtes sauf que cette fois c'était différent: elle était à vendre. Et pas cher pantoute à part cela. Bonus: elle était en meilleure condition que celle aperçue dans la brocante en mai 2010. Et hop! Vendue!


Ces boîtes avaient été commercialisées par Humpty-Dumpty (duh!) dans les années 70. Je ne sais pas si c'était pour faire un coup de marketing (les autres fabricants de chips comme Hostess, Maple Leaf et Yum Yum n'avaient pas de telles boîtes) où quoi d'autre mais il reste que ces boîtes-là avaient connu un assez gros succès. Et les animaux stylisés exerçaient un attrait certain sur les gamins. 

Pour l'âge, et considérant que la seule chose que cette boîte devait faire était de contenir des chips pendant quelques semaines (tout au plus), d'en avoir déniché une dans une telle condition est une sacrée chance, ce qui prouve encore une fois ce que je dis depuis longtemps sur les achats dans les brocantes; faut être là au bon moment.






Le saviez-vous? Dans le conte original, il n'est nulle part mentionné que Humpty Dumpty est un œuf. 

mercredi 9 juin 2010

Tasse McDonald's



C'est en 1976 que la chaîne de restaurants McDonald’s a commencé à distribuer son café matinal dans ces magnifiques tasses blanches. Non seulement ces tasses étaient gratuites à l’achat d’un déjeuner complet mais elles étaient fabriquées aux États-Unis par Anchor Hocking, bien connue pour les contenants de verre Fire King. Vous connaissez? Sûrement. Ça se collectionne très bien aujourd’hui et certaines pièces peuvent commander de prix très intéressants. Tout de même étonnant si l’on considère que de nombreuses pièces, dans les années 40 et 50, étaient données en prime dans des sacs de farine et aussi dans les stations d’essence. Cette petite tasse est une petite addition amusante à ma vaisselle tout à fait dépareillée et obtenue dans une vente de garage pour 50 sous.




Le saviez-vous? Fire-King est le nom commercial donné par Anchor Hocking au verre borosilicate lequel est peu dilatable et résiste très bien au chocs thermiques. La production s’est échelonnée de 1942 à 1976. 

mardi 25 mai 2010

Whipped Cream & Other Delights

Il y a plusieurs années, je m’en souviens très bien, j’avais ce disque dans mes affaires, trouvé au début des années 80 chez Sam the Record Man (pour ceux qui se souviennent de ce temple mythique du vinyle). Et puis un jour, sais pas pourquoi, il est mystérieusement disparu de mes affaires. Parfois lorsque l’on remet en ordre il arrive qu’on jette des trucs par inadvertance et je crois que c’est ce qui s’est produit cette fois-là. M’enfin. Donc, l’été dernier, je l’ai revu au marché aux puces dans le kiosque d’une petite dame qui devait avoir au bas mot une trentaine de boîtes de 33-tours. Pour une raison qui m’échappe encore je l’ai laissé là et c’est seulement après que je me suis dit «j’aurais donc dû». Durant quelques visites subséquentes au marché j’ai entreprit de retrouver le disque en question sans jamais mais sans succès. Ce n’est que beaucoup plus tard, alors que j'étais avec l'ami Jason, que la chance a tourné et que j'ai pu enfin remettre la main dessus.

On peut se demander ce que ce foutu disque peut bien avoir de si spécial pour que je me donne autant de troubles. Tout d’abord, il fait partie de ces disques instrumentaux que j’aime bien écouter lorsque je travaille dans mon studio. C’est aussi un disque qui est resté huit semaines en première position du Billboard en ’65 et plus de quarante semaines dans le Top 40. La toune A Taste of Honey s’est méritée trois Grammys. Whipped Cream (une autre toune du disque) a été adaptée pour devenir la chanson-thème de l’émission télé The Dating GameEt puis il y a cette fameuse pochette qui, pour 1965 était assez olé-olé.


C’est une fille du nom de Dolores Erickson qui pose. Elle s’était destinée à une carrière d’actrice et est parvenue à faire quelques apparitions dont la télésérie «77 Sunset Strip», «Father Knows Best» et le film «Love in a Goldfish Bowl». Ce milieu lui a permis de rencontrer John Wayne et d'avoir une relation avec le cousin de Frank Sinatra.

Mais n’ayant pas la formation requise pour véritablement percer dans le milieu cinématographique elle s’est tournée vers la profession de mannequin, d’abord pour les magasins Macy’s et ensuite pour la fameuse agence Ford de New York. C’est ainsi qu’on a pu voir Dolores sur quelques pochettes, dont celles-ci :





Dolores était déjà amie depuis un bon bout avec Herb Alpert et Jerry Moss, les cofondateurs des disques A&M (pour Alpert & Moss) et le photographe Jerry Whorf, ayant déjà travaillé avec la jeune fille auparavant, n’a pas hésité à faire appel à elle pour la nouvelle pochette. Elle fut payée $1,500 pour une journée de travail, ce qui était typique du salaire qu’elle recevait à cette époque.
Au moment d’écrire ces lignes Dolores est toujours bien vivante et s’adonne à la peinture, sorte de retour aux sources puisque plus jeune elle voulait devenir professeur d’art. Ses toiles ont d’ailleurs été exposées dans des galeries en Californie et aussi à Vancouver. Dolores ne manque pas aussi d’être bien amusée, pour ne pas dire flattée, qu’elle est encore sollicitée pour autographier la fameuse pochette, une des plus célèbres.
Un des premiers essais en studio. Le résultat, comme on peut le constater, était un peu trop osé. Aujourd'hui personne n'en ferait de cas mais en 1967 c'était autre chose. 

 
Dolores, il y a quelques années, alors âgée de 76 ans. 


Le saviez-vous? Sur la pochette Dolores paraît couverte de crème fouettée mais on s’est vite rendu compte que ça fondait sous les lumières du studio. Cela révélait alors un peu trop de chair, surtout pour les censeurs d’époque alors on a opté pour de la crème à barbe. Ah, et Dolores était alors aussi enceinte de trois mois.