dimanche 30 octobre 2016

Petit souvenir d'Halloween

Pendant plus de 55 ans, le nom de Ben Cooper a été associé aux déguisements d'Halloween pour enfants. On retrouvait au catalogue une quantité fort appréciable de masques de tous les genres et de toutes les sauces souvent agrémentés de costumes complets; c'est à dire un masque et un vêtement une-pièce assorti. Vous n'avez qu'a taper «Ben Cooper Catalog» dans Google Images et vous aurez une très bonne idée de la quantité de costumes que la compagnie fabriquait. Pour les parents qui n'avaient ni la patience ni les sous pour fabriquer des costumes «sur mesure» à leur marmaille, ceux de Ben Cooper étaient une bénédiction. Pour quelques dollars les enfants pouvaient vraiment être n'importe qui. Ou n'importe quoi. 

Et Ben Cooper ce n'était pas seulement aux États Unis puisque les costumes et masques se retrouvaient ici sur les tablettes de magasins comme Woolco, Miracle Mart, Rossy, K-Mart, Bonimart et bien d'autres. Il était pratiquement impossible de ne pas se trouver un costume Ben Cooper pour l'Halloween. Même les petits commerces de quartier en avaient en inventaire. 

Aussi, en cette fête d'Halloween qui tire déjà à sa fin, bousculée qu'elle est depuis quelques semaines déjà par les trucs de Noël, j'ai décidé de partager avec vous un petit quelque chose de Ben Cooper très intéressant et sortie tout droit de mon voûte à jouets et que je vous présente à l'instant. 

Cet ensemble Ben Cooper date de 1977 et il est intéressant de noter la présentation dans une boîte en carton, chose que l'on ne voit évidemment plus aujourd'hui. Le graphisme est évidemment très amateur et on peut s'imaginer que la compagnie n'a pas dû débourser beaucoup de sous pour ces illustrations. Une façon comme une autre d'économiser sur les coûts de production. 
Par contre, pour reproduire des personnages comme Spider Man, Batman et autres super-héros bien connus Ben Cooper n'avait pas le choix d'obtenir des licenses. Pour quantité d'autres costumes, parfaitement génériques comme une infirmière, un astronaute, un pirate ou une majorette, les licenses étaient inutiles. 
Une autre façon ingénieuse de minimiser les coûts était d'utiliser la même boîte pour tous les costumes et de simplement laisser un espace blanc afin d'étamper le nom et la description du costume à l'intérieur. Ici, comme on peut le voir, il s'agit d'un déguisement de Stormtrooper du film Star Wars. On note le © de la 20th Century Fox qui légalise le costume mais aussi un autre détail au bas: le costume est en coton, ce qui détonne un peu du mince polyester traditionnel . On ouvre la boîte?
Et voilà. Le masque semble fraîchement peint tellement il est bien conservé. Ce masque, comme tous les autres, avait des trous pour les yeux qui limitaient quelque peu le champ de vision des enfants, parfait pour traverser la rue le soir. Et on ne parlera même pas ici des longs escaliers caractéristiques de Montréal. Les grimper était une chose mais les redescendre en voyant tout croche sans faire le trajet cul par-dessus tête avec un gros sac de bonbons dans les mains était une autre paire de manche... 
Comme on peut le voir, le masque était conventionnel en ce qui concerne la mise en place; deux broches, une de chaque côté du masque, retenaient un élastique que l'on se plaçait derrière la tête. La majorité des masques comprenaient une ouverture près de la bouche afin de faciliter la respiration mais pas celui du Stormtrooper, ce qui faisait que la condensation s'accumulait rapidement et on se respirait l'haleine tout le long de la tournée. Pas toujours facile la vie de soldat de l'Empire. regardons maintenant le vêtement. 
Plusieurs vêtements Ben Cooper, comme je le mentionnais un peu plus haut, étaient fabriqués en polyester mince et assez fragile. Ils étaient évidemment toujours trop grands ou toujours trop petits. Un ajustement parfait c'était assez rare.alors soit on se marchait sur le bas de pantalons ou bien on avait l'air d'un Stormtrooper (ou autre bibitte) qui avait pas mal d'eau dans sa cave. Ici par contre on va donner deux morceaux de robot à Ben Cooper pour un costume tout en coton et d'une belle finition avec un imprimé de qualité sans couleurs qui se bavent les unes sur les autres. 
Ici j'aime bien le logo Star Wars bien imprimé en plein milieu du costume. On se souviendra que dans le film chaque Stormtrooper avait ça sur la poitrine. Bon, évidemment que non, mais c'était là une caractéristique des costumes du temps. Par exemple, un costume Frankenstein comprenait le nom et une illustration du monstre, comme si le masque n'était pas assez révélateur. J'avoue sincèrement que c'est là quelque chose qui me gossait lorsque j'étais gamin. Et pas seulement moi, tous mes copains aussi. Rien de plus décevant que de s’apercevoir que notre costume d'un personnage quelconque portait sur la poitrine une illustration même du monstre, ou whatever.  



Et pourquoi pas une dernière mention du Copyright. Mais c'était comme ça sur tous les produits dérivés. On n'y échappait pas. N'empêche tout de même que je suis bien content d'avoir ce costume dans ma collection, surtout dans son état pratiquement neuf. Pas certain qu'il ait été porté une seule fois. 



Le saviez-vous? Un peu avant de tourner La guerre des étoiles, Georges Lucas a refusé de recevoir plus que les $500,000 promis pour réaliser son film. Il a plutôt opté pour le contrôle complet des droits sur les produits dérivés. Une sage décision qui a rapporté à Lucas une véritable fortune digne de Picsou.

jeudi 30 octobre 2014

The Munsters

Aucune période dans l’histoire de la télévision n’a été aussi fertile que les années 60 quant à la quantité et la variété d’émission proposées. Outre les sitcoms traditionnels et shows de vedettes, on a exploré des concepts parfaitement nouveaux; des voyages dans le temps (The Time Tunnel), des explorations sous-marines (Voyage to The bottom of The Sea), des sorcières (Bewitched), des génies (I Dream of Jeannie), des mondes de géants (Land of the Giants), la science-fiction (Lost in Space, Star Trek), des aventures africaines (Tarzan, Daktari), de l’espionnage (Get Smart, The Man From U.N.C.L.E., Mission : Impossible), du western (Gunsmoke, Bonanza), du fantastique (The Outer Limits, The Twilight Zone), des aventuriers masqués (Batman, The Green Hornet), de la fantaisie (My Living Doll), pour n’en nommer que quelques-uns.

En 1964 le réseau ABC (American Broadcasting Company) lance la série The Addams Family, adaptée de la bande dessinée du même nom de Charles Addams. Afin de la concurrencer sur le même créneau, le réseau CBS (Columbia Broadcasting System) décide de créer sa propre série de «comédie d’horreur». L’idée n’est cependant pas nouvelle puisqu’elle a d’abord été initialement suggérée à Universal par Bob Clampett à la fin des années 40. Clampett est un animateur, producteur et réalisateur connu pour son travail avec Warner Bros pour les Looney Tunes et Merry Melodies ainsi que pour avoir créé les personnages du dessin animé Beanny and Cecil. Les choses en sont demeurées là, enfin, jusqu’au début des années 60 alors qu’une idée similaire à celle de Clampett est alors proposée par les scénaristes de Rocky & Bullwinkle, Allan Burns et Chris Hayward. L’idée fait son chemin jusqu’à deux autres scénaristes Norm Leibman et Ed Haas, lesquels pondent alors un script intitulé Love Thy Monster avec des personnages directement inspirés des fameux monstres de Universal et qui ont connu leurs heures de gloire dans les années 30 et 40; Frankenstein, Dracula, The Mummy, The Wolfman et Creature from the Black Lagoon.


À partir de là Liebman et Hass imaginent alors une famille de monstres qui habite une maison délabrée dans une banlieue imaginaire de Los Angeles mais, au lieu de terroriser tout le monde, ils vivent simplement comme tout le monde. Enfin, presque. Et c’est là tout ce qui fait la différence d’avec The Addams Family, laquelle ne met pas en scène des monstres mais bien des personnages excentriques ayant un sérieux penchant pour le sinistre et le macabre et qui se plaisent à être différents. Pour un temps certains bonzes sont convaincus qu’il faudrait en faire un dessin animé alors que d’autres penchent pour une série avec de vrais acteurs costumés. C’est cette dernière option qui sera éventuellement retenue. Maintenant que le concept de l’émission est conçu il ne reste qu’à procéder à la distribution des rôles.

Le patriarche de la famille Munster se prénomme Herman dont le look est directement calqué sur le Frankenstein de Karloff. Aucun danger quant aux droits d’auteurs quant à l’apparence puisque ceux-ci sont détenus par Universal qui produit la série. Le rôle a certaines exigences. Outre le physique il faut un acteur capable de jouer le caractère particulier d’Herman car bien qu’il soit à la tête de la famille il agit parfois comme un enfant et n’hésite pas à recourir à des crises de colère infantiles en tapant du pied et des mains. Il a bon cœur mais il est aussi naïf, ce qui l’empêche souvent de bien comprendre les situations et de percevoir les mauvaises intentions des gens. Très fort physiquement, il peut soulever des poids énormes et un coffre-fort reçu sur la tête ne l’affecte aucunement. Sa laideur fait aussi craquer les miroirs et se faire enfuir non seulement des gens mais aussi des choses inanimées comme des statues ou encore des animaux empaillés. Il faut donc un acteur de grande taille ayant assez de talent pour interpréter un «Frankenstein» drôle. Heureusement les producteurs n’ont pas à chercher longtemps et leur choix s’arrête sur Fred Gwynne, que l’on a pu voir entre autres dans la série policière Car 54, Where Are You? Non seulement Gwynne possède le talent mais à près de six pieds cinq pouces et un faciès tout à fait particulier, il est tout à fait taillé pour le rôle d’Herman.


L’épouse d’Herman s’appelle initialement Phoebe. Elle est aussi une femme au foyer (nous sommes dans les années 60 après tout). Elle est la matriarche de la famille mais également la voix de la raison, celle qui règle les problèmes et qui agit comme médiatrice lorsqu’il y a de la chicane dans la cabane. Phoebe est cependant dotée de tout un caractère et, bien qu’elle soit en amour avec son Herman, peut facilement se mettre en colère contre lui. Parmi ses tâches ménagères on peut mentionner répandre des ordures dans la maison et vaporiser de la poussière partout. On confie le rôle à la très jolie Joan Marshall que l’on avait alors pu voir dans différentes séries TV dont The Twilight Zone, Gunsmoke et plus tard Star Trek.


Le troisième personnage est celui de Grandpa, le père de Phoebe et vampire de son état. Il peut donc à loisir se changer en loup ou en chauve-souris. Son passe-temps favori est d’inventer toutes sortes de bidules dans le donjon qui se trouve au sous-sol de la résidence familiale. Même s’il est considéré comme le plus avisé de la famille il a un caractère sarcastique doublé d’une tête de mule redoutable. Il n’hésitera d’ailleurs aucunement à bouder pour démontrer son mécontentement. Pour jouer ce rôle les producteurs choisissent Al Lewis, un vétéran du vaudeville et du burlesque qui a joué à de nombreuses reprises sur Broadway. À la télé on l’a aussi vu dans Car 54, Where Are You? où Lewis et Gwynne s’étaient liés d’une grande amitié. 


Herman et Phoebe sont les heureux parents d’Eddie qui lui, est un loup-garou quoiqu’il démontre à certains moments des caractéristiques de vampire. Il dort dans un tiroir et son toutou, Woof-Woof, ressemble beaucoup au loup-garou interprété par Lon Chaney jr. Il va à l’école primaire et malgré son apparence et son costume de petit Lord Flaunteroy, rien ne le distingue des autres écoliers à part qu’il soit relativement tannant. Pour le rôle d’Eddie le choix original était Billy Mumy (Lost in Space) mais ses parents n’ont pas approuvé les longues séances de maquillage auquel il aurait dû se soumettre quotidiennement. Mumy est toutefois apparu dans un épisode; Come back, Little Googie. Le rôle d’Eddie est allé à Nate «Happy» Derman, lequel a joué dans d’autres séries télé comme Mister Ed et The Beverly Hillbillies.


Le dernier personnage et non le moindre est Marilyn, la nièce de Phoebe. Elle demeure avec les Munster pendant qu’elle étudie au collège et sa grande particularité vient du fait est qu’elle est la seule de la famille à ne pas avoir une apparence de ghoule; par conséquent, selon les standards de beauté de la famille Munster, elle est considérée comme laide et non-attirante. Conséquemment ils la voient comme affligée et la traitent avec douceur et amour. Elle ne peut avoir d’amoureux parce que tous ceux qu’elle ramène à la maison s’enfuient de frayeur en voyant Herman, Grandpa et Phoebe. Elle n’est pas, outre-mesure, décontenancée ou horrifiée par l’apparence de la maison, des recettes putrides de Lily et croit sincèrement que tout ce qui l’entoure est parfaitement normal. Pour jouer le rôle de Marilyn on choisit une jeune actrice du nom de Beverley Owen qui a joué, entre autres choses, dans le téléroman-savon As The World Turns. Pour les besoins du personnage par contre on l’affuble d’une perruque blonde.


Alors, voilà pour les personnages et la distribution des rôles. Tout ça est bien beau mais encore faut-il vendre la série. Pour cela on s’affaire à tourner ce que l’on appelle une émission-pilote afin d’évaluer toute la patente. Une émission-pilote est généralement un épisode complet qui n’est pas spécifiquement destinée à la diffusion publique mais bien souvent aux exécutifs d’un réseau dans le but de vendre la série et de jauger son succès potentiel. Sa durée est plus courte et on s’arrange pour mettre en scène les éléments essentiels qui donnent une idée générale du produit. Certains pilotes, une fois acceptés, sont alors réédités afin de pouvoir être diffusés. Et, comme c’est souvent le cas, de nombreuses modifications sont apportées parfois aux scénarios, aux contextes, aux décors ou encore aux personnages eux-mêmes. C’est le cas pour The Munsters dont voici la séquence d’introduction originale.



L’émission-pilote est bien reçue et CBS donne le feu vert pour la production, laquelle sera assurée par Joe Connelly et Bob Mosher, bien connus avoir créé Leave it to Beaver. Par contre on décide d’apporter certains changements importants. En premier lieu on estime que le personnage de Joan Marshall, Phoebe, ressemble trop à Morticia Addams de la série The Addams Family. Phoebe devient donc Lily mais plutôt que de simplement changer le costume et le maquillage de Joan Marshall les exécutifs de CBS décident de confier le rôle à Yvonne DeCarlo, une actrice ayant connu une carrière florissante dans les années 40 et 50, entre autres pour son rôle de Sephora dans The Ten Commandements. On en profite également pour changer le costume, passant d’une longue robe noire à une autre, claire avec des motifs rappelant une toile d’araignée. Al Lewis et Fred Gwynne ont tous deux protesté contre l’arrivée d’Yvonne De Carlo mais ont plus tard changé leur fusil d’épaule en admettant que De Carlo avait un grand talent pour la comédie. Fait intéressant, même s’il jouait le père de Lily, Al Lewis n’était en fait qu’un an plus vieux qu’Yvonne De Carlo.


On estime aussi que le personnage d’Eddie est trop garnement détestable. On décide d’en faire un gamin agréable et obéissant. On évacue Happy Derman pour le remplacer par Butch Patrick, lequel en est à ses premières armes comme acteur.


La série débute le 24 septembre 1964. À ce moment, le contexte et les personnalités sont établies plus solidement. Outre les changements mentionnés plus haut, le contexte de la série demeure essentiellement le même. Voyons maintenant la séquence d'introduction officielle de l’émission comparativement avec celle du pilote. On pourra noter qu'elle est mieux chorégraphiée, qu'il n'y a aucun temps mort entre l’arrivée des personnages et que la musique s'inscrit beaucoup mieux dans le contexte «lugubre» de l'émission. Si vous y voyez une certaine ressemblance avec la séquence d’ouverture de l’émission The Donna Reed Show c’est qu’on a tout simplement décidé de parodier.



On avait initialement conçu The Munsters pour être diffusée en couleurs mais ultimement on a choisi d’y aller avec le noir et blanc. Les producteurs étaient convaincus que la version en couleurs ferait peur aux enfants quoique le véritable motif en fût un d’ordre monétaire; en filmant en noir et blanc plutôt qu’en couleurs on économisait $10,000 par épisode. Durant la production de la première saison on a aussi apporté d’autres changements, notamment en ce qui concerne le maquillage des acteurs. La figure d’Herman a été élargie via une nouvelle prothèse, ceci afin de lui donner un air d’andouille plus prononcé. Gwynne a aussi remanié quelque peu l’interprétation de son personnage pour le rendre plus comique, comme le faire bégayer à la Porky Pig lorsqu’il est en colère. On ajoute aussi un personnage secondaire, le corbeau, qui niche dans l’horloge. La voix de l’oiseau, qui cite souvent Shakespeare (nevermore!) n’était autre que celle de Mel Blanc, qui n’a malheureusement pas été crédité. À quelques occasions c’était Bob Hastings qui jouait le rôle. Quelques autres membres de la famille vont faire certaines apparitions dont oncle Gilbert, qui se trouve à n’être nul autre que la bibitte du film Creature from the Black Lagoon. Une autre personnage, unique lui aussi, est le dragon Spot, qui vit sous l’escalier.




Parmi les éléments tout à fait inédits de l’émission, on peut noter deux voitures très distinctes et résolument originales soit la Drag-U-La (un cercueil roulant) ainsi que le Munster Koach. Les voitures ont été construites par le légendaire George Barris, connu pour avoir aussi construit la fameuse Batmobile (1966).



D’autre part il a souvent été mention, à tort, que Lily et Herman ont été le premier couple à être vus à la télévision en train de partager un lit. En réalité cette «distinction» revient à l’émission Mary Kay and Johnny durant un épisode diffusé en 1947. Les deux acteurs jouant le couple étaient toutefois mariés dans la vraie vie. Le premier couple non-marié à apparaître à la télé dans le même lit a été celui de Samantha et Darrin dans la série Bewitched en 1964. En dessins animés cet honneur revient à Délima et Fred Flintstone.





Pause pendant le tournage de la première saison. On y voit Beverley Owen qui tricote, Fred Gwynne perdu dans ses pensées et Yvonne De Carlo qui s'entretient avec une assistante.

Durant la fameuse parade Macy's à New York. Gwynne a plus tard avoué avoir prit quelques verres avant le départ parce qu'il considérait qu'être un brin pompette était le seul moyen d'envoyer la main aux enfants durant tout le long du trajet.

Gwynne et Lewis après une longue journée de tournage. Les deux acteurs étaient de grands amis hors des plateaux. 

Durant un épisode loufoque, Herman se fait frapper par la foudre, ce qui a pour conséquence de lui donner une apparence... normale, à son grand effroi!

La série a connu assez de succès pour que CBS commande une seconde saison. Par contre Beverley Owen n’était pas heureuse avec son rôle et elle a alors demandé aux producteurs d’annuler son contrat, ce que Universal a accepté. Par contre on ne pouvait pas trop tarder à trouver une remplaçante. C’est finalement Pat Priest qui a obtenu le rôle. On lui a fait passer une audition un mercredi, les producteurs l’ont appelé le vendredi pour signer le contrat alors que le tournage de la seconde saison s’est amorcé le lundi suivant.


Par contre le départ d’Owen a obligé à les producteurs refaire toute la séquence d’introduction originale de l’émission puisqu’elle avait été tournée en une seule séquence avec Beverley Owen. On en a profité pour non seulement refaire la dynamique mais aussi pour utiliser une nouvelle version, plus rock, de la chanson-thème qui avait été composée par Jack Marshall.



Malheureusement CBS a décidé de ne pas renouveler pour une troisième saison. Cette décision est largement attribuée à l’immense succès de la série Batman, du réseau concurrent ABC et laquelle était en couleurs. Mais comme c’est souvent le cas pour d’autres émissions, The Munsters ont gagné en popularité lorsque la série a été reprise par différentes stations de télévision pour être diffusée de nouveau. On aura tout de même tourné un film, Munster, go Home, en couleurs mais cette fois avec Debbie Watson dans le rôle de Marilyn, une décision de Universal qui est loin d’avoir plu à Pat Priest.



Les Munsters sont toutefois revenus, en 1981 soit quinze ans plus tard pour un téléfilm intitulé The Munster’s Revenge où le propriétaire d’un musée de cire utilise des robots à l’image de Herman et Grandpa pour voler des antiquités égyptiennes. Gwynne, Lewis et De Carlo ont repris leurs rôles respectifs mais ceux d’Eddie et Marilyn ont été respectivement joué par K.C. Martel et Jo McDonnell.


Prouvant une fois de plus que Hollywood peine à concevoir de nouvelles choses, on a décidé de tourner, en 1988, un remake des Munsters avec une nouvelle série appelée The Munsters Today et cette fois avec une toute nouvelle brochette d’acteurs. Cette série a duré trois saisons et les avis ont été très partagés. Plusieurs ont manifesté leur déception non pas à cause des acteurs qui tentaient de tirer leur épingle du jeu mais bien parce que la magie n’était plus là.

Non.

Parce que les concepteurs n’ont plus une seule once d’imagination, on a déterré de nouveau les Munsters en 2012 avec un projet de série télé intitulé Mockingbird Lane. Au niveau du concept on a complètement évacué les costumes et les maquillages qui avaient contribué au charme de l’émission originale. Le personnage de Herman n’avait plus rien du Herman original et ressemblait plutôt à une personne normale hormis quelques cicatrices. L’ensemble s’est avéré extraordinairement mal cousu et NBC a finalement décidé de ne pas donner le feu vert.


Au moment d’écrire ceci il ne reste que trois des acteurs de la série qui sont encore parmi nous soit Beverley Owens, Pat Priest et Butch Patrick. Fred Gwynne (Herman) est décédé le 2 juillet 1993 des suites d’un cancer du pancréas. Al Lewis quant à lui est mort de causes naturelles le 3 février 2006 mais il avait connu de sérieux problèmes de santé qui avaient nécessité une angioplastie ainsi que l’amputation d’une jambe. Gwynne et Lewis étaient reconnus pour fumer comme de véritables cheminées. Yvonne De Carlo est décédée quant à elle de causes naturelles le 8 janvier 2007 à l’âge de 84 ans. Elle avait préalablement été traitée pour des problèmes cardiaques.


Al Lewis et Fred Gwynne à la fin des années 80. 

Fred Gwynne dans l'un de ses derniers rôles; celui du juge Haller dans le film My Cousin Vinny (1992).


Beverley Owen, il y a de cela quelques années. 

Butch Patrick et Pat Priest durant une convention dédiée aux Munsters.



Le saviez-vous? Le costume de Fred Gwynne était très lourd et aussi très chaud, ce qui le faisait transpirer abondamment au point où il avait perdu beaucoup de poids. La prothèse qu’il portait à la tête, mise en place avec de gros élastiques, lui a valu de redoutables céphalées ainsi que des douleurs cervicales qui ont perduré pendant de nombreuses années.


jeudi 31 octobre 2013

Machine à boules Haunted House de Gottlieb

Je pouvais passer des heures dans les arcades de jeu, même après avoir épuisé ma réserve, spécialement constituée pour l’occasion, de vingt-cinq sous. Je m’amusais à déambuler, à admirer les différentes machines ainsi qu’à observer les autres jouer afin d’y découvrir de nouvelles stratégies. À cette époque les fameuses machines à boules, comme on les appelait, constituaient encore la majorité des appareils que l’on retrouvait dans les arcades. Les cabinets de jeux vidéo électroniques munis d’écrans monochromes n’étaient pas si nombreux au début mais au fil des ans leur nombre a considérablement augmenté. Les Space Invaders, Galaxian, Pac Man et autres ont eu beau arriver à la queue-leu-leu, les machines à boule leur opposaient encore et toujours une farouche résistance et certains ne juraient que par elles. Je les aimais bien moi ces machines-là, surtout pour le graphisme qui ornait leurs tableaux de pointage, parfois mécaniques pour les plus vieilles, parfois numériques pour les plus récentes. Par contre, histoire de mieux faire face à la compétition des pixels, les concepteurs de «pinballs» ont du rivaliser d’audace afin de créer des machines de plus en plus ingénieuses comportant tout plein de fonctions spéciales et parfois tonitruantes tant visuellement qu’auditivement afin d’attirer les joueurs. Cependant, et à mon avis bien personnel, aucune de ces machines n’était aussi exquise que ma grande préférée d’entre toutes:

Vous vous en seriez douté.

Haunted House fut une machine à boules conçue par John Osborne et fabriquée par la compagnie Gottlieb en 1983, laquelle a produit au total quelques 6,835 unités. Les illustrations tant sur le tableau de pointage que sur la table de jeu ont été exécutées par Terry Doerzaph et je dois admettre que celui-ci a fait un travail du diable. Il ne s’est certainement pas gêné pour piger dans la boîte des clichés; maisons victorienne, hibou, corbeau, arbres morts, éclairs, pierres tombales et personnages inquiétants.

 
Le jeu en action.

J’ai englouti dans cet appareil une quantité assez appréciable de vingt-cinq sous au fil des ans. Quel plaisir que c’était de voir tous les effets visuels s’illuminer, tous accompagnés de toutes sortes de sons. Que dire aussi du passage secret, de la trappe qui permettait de jouer dans une sorte de donjon ainsi que du plateau supérieur! Et même si je n’y jouais pas j’aimais bien regarder les autres y jouer et continuer d’admirer le tout. Cette machine, en autant que je peux m’en souvenir, était fort populaire. Il s’en trouve encore un certain nombre en circulation ainsi qu’entre les mains de collectionneurs. Une unité en condition respectable peut toutefois commander quelque chose comme $2,000.
 

Saviez-vous ça vous autres? À Longyearbyen en Norvège le cimetière est plein pis l’permafrost y’empêche les morts de décomposer. Ti-peu problématique. Faque les autorités ont trouvé la solution pis on trouve que c’est pas pire pantoute : vous restez à Longyearbyen? Z’avez pas l’droit de crever. Illégal. Sérieux là. Donc, vous voulez vivre éternellement? Déménagez donc là-bas!
 

mercredi 30 octobre 2013

Gayle House: The Haunting


The Haunting est un disque d’Halloween qui fut disponible dans les années 70 via une petite publicité que l’on retrouvait dans les revues de comics américains. Ces publicités ne passaient pas dans les comics en français vendus ici au Québec car les éditions Héritage, durant le processus de remise en page, s’assuraient d’enlever ces publicités qui étaient à toute fin pratique inutiles puisque les compagnies de novelties américaines, à moins de rares cas d’exception, n’expédiaient généralement pas au Canada. Ici il fallait se contenter du l’appareil photo qui fait pipi, des soi-disant lunettes qui permettaient de voir au travers les vêtements et de quelques autres machins qu’il était possible de se procurer facilement dans les magasins de farce et attrapes. Aux États-Unis la variété n’était rien de moins qu’étourdissante. Là encore, il ne fallait pas s’attendre à des gadgets de grande qualité ou qui faisaient exactement ce qui était promis dans les publicités. C’est le cas du disque d’aujourd’hui :


The Haunting était un de ces disques d’épouvante qui ne pouvait être obtenu qu’envoyant le coupon dûment rempli accompagné d’un dollar. À l’époque, là-bas tout comme ici au Canada, on pouvait envoyer de l’argent comptant dans les enveloppes, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Décortiquons donc cette publicité pour voir un peu de quoi il en retourne.

On y voit donc un ghoule aux dents acérées qui semble nous inviter à profiter de l’offre alors que derrière se trouve une sinistre maison vraisemblablement abandonnée flanquée d’un arbre mort et d’une pleine lune. Le graphisme, un peu mal torché et qui flirte allègrement avec l’amateurisme, est néanmoins dans le ton et bien entendu, bon marché. Le texte quant à lui explique à quoi il faut s’attendre; essentiellement une histoire à écouter dans le noir avec des amis où l’on entend toutes sortes de bestioles ainsi qu’un homme qui raconte comment la maison dans laquelle ils se trouvent est hantée et que tout le monde dans la pièce va disparaître l’un après l’autre. De l’autre côté du disque on emprunte encore ici la formule Disney, soit une collection de sons.Pas pour rien que je ne met pas de lien YouTube... Du reste, il y a fort à parier que Gayle House n’était rien d’autre qu’une compagnie de novelties comme il devait en exister des centaines aux États-Unis et qui vendait ce disque par le truchement de petites annonces du genre comme Johnson Smith.

Tout ça est bien beau, mais dans la réalité c’était comment? Personnellement je n’ai pu avoir ce disque puisqu’il était réservé au marché américain mais grâce à la magie de l’internet j’ai pu finalement l’écouter pour voir de quoi il en retournait. Le récit est à moitié cuit et particulièrement bâclé à la vas-vite, le narrateur est singulièrement mauvais et un effet sonore se répète continuellement au point où il donne mal à la tête. Quant à la face B, qui contient les sons, il s’agit essentiellement de la même chose que la face A mais sans la narration. On peut donc affirmer sans l’ombre d’un doute que la meilleure chose à être sortie de tout ça est la publicité elle-même dont la compagnie Devil’s Workshop a produit un masque reproduisant le ghoule.


mardi 29 octobre 2013

The Haunted Mansion


Voici une trouvaille de marché aux puces qui date de quelques années et dont je suis assez fier. Il se trouvait alors une toute petite dame toute menue, silencieuse mais très gentille qui avait des dizaines et des dizaines de caisses de lait remplies de 33 tours et réparties dans trois kiosques. Passer au travers tous les disques s’y trouvant aurait certainement été l’affaire d’une journée complète tellement il y en avait. Fallait évidemment s’enlever de la tête l’idée d’y trouver quelque chose de spécifique. C’est donc par un de ces samedis que je me suis arrêté pour farfouiller un peu et que j’ai trouvé ce disque parfaitement par hasard.

Le format emprunte quelque peu aux albums-disques Disney de petit format; c'est-à-dire une pochette qui s’ouvre et dans laquelle il y a un livret qui raconte une histoire et que l’on peut suivre en écoutant le disque à l’exception que celui-ci est en format 33 tours. Lorsque je l’ai sorti de la caisse j’ai pu constater que non seulement le livret était toujours à l’intérieur mais qu’il était aussi en excellent état, tout comme le disque d’ailleurs qui ne semblait pas avoir été joué souvent. Pour la petite dame les prix étaient assez simples : cinquante sous pour les 45 tours, un dollar pour les 33 tours et deux dollars pour les albums doubles. Pour cet album-ci, qui se trouvait entre le 33 tours simple et l’album double, elle me l’a laissé pour un dollar cinquante. Il a bien fallu que je me pince (plusieurs fois même) car cet album est d’ordinaire assez difficile à trouver et peut transiger à des prix assez élevés, surtout lorsqu'ils sont en très bonne condition. Allez, hop!




Ce disque fut produit en 1969 par Disney, sous étiquette Disneyland Records, afin de promouvoir l’attraction Haunted Mansion. On peut suivre l’histoire de deux enfants qui se retrouvent dans le manoir hanté où ils vivent une toute une aventure, laquelle est directement inspirée du manège lui-même. La narration est de Thurl Ravenscroft et Pete Renoudet interprète le Ghost Host alors qu’Eleanor Audley incarne madame Leota. Les deux enfants sont joués par Robie Lester, décédée en 2005 et qui avait 44 ans au moment de l’enregistrement, ainsi que par Ron Howard, le réalisateur que l’on a aussi connu pour son rôle de Richie Cunningham dans la télésérie Happy Days.

Dans le livret d’une dizaine de pages, dont j’ai parlé plus haut, ainsi qu’au centre de l’illustration sur la pochette, il se trouve un truc assez amusant avec sa propre petite histoire et j’ai nommé : le hatbox ghost.


Le Hatbox Ghost fut initialement conçu pour être intégré dans le grenier du Haunted Mansion de Disneyland, en face de la Fiancée. Il était décrit comme étant un homme âgé avec cape, chapeau, une canne dans une main et une boîte à chapeau dans l’autre. L’idée derrière ce fantôme était de faire disparaître sa tête pour qu’elle réapparaisse dans la boîte. Pour y parvenir les concepteurs avaient imaginé des éclairages permettant de créer l’illusion. Le fantôme fut installé en avant-première pour les employés le 7 août 1969 et il devint rapidement clair que l’illusion ne passait tout simplement pas malgré de nombreux efforts déployés. Le fantôme se trouvait trop prêt de l’endroit où passeraient les visiteurs et les système d’éclairage, malgré tous les efforts déployés, n’avait rien de convaincant et fut donc retiré du manège. Mais comme il figurait abondamment dans les différentes publications, dont le disque ainsi que le jeu publié par Lakeside en 1975, et que Disney l’avait souvent utilisé à des fins de marketing, les gens ne l’ont pas oublié et il s’est même retrouvé avec une sorte de fan-club dédié à sa réintégration. En 2009 le Hatbox Ghost est réapparu dans divers documents souvenir pour le 40è anniversaire du Haunted Mansion.

Et pour terminer, pourquoi ne pas écouter, justement, une partie du disque en question? Alors voilà!

 
 
Le saviez-vous? Si vous êtes déjà passé dans le Haunted Mansion et que l'orgue vous a paru familier c'est probablement parce que l'avez déjà vu auparavant. En effet, l'orgue fut initialement utilisé dans le film de Disney 20,000 lieues sous les mers. Il s'agit de celui qui se trouvait dans le sous-marin de capitaine Némo.