samedi 17 décembre 2011

Publicité de Coca-Cola, 1955.



Aujourd'hui je vous propose une autre magnifique illustration de Haddon Sundblom pour Coca-Cola mais cette fois pour décembre 1955. Sundbloom, qui a créé bien d'autres illustrations que le Père Noël pour Coca Cola, a été une inspiration directe pour d'autres artistes comme Harold W. McCauley, Gil Elvgren, Edward Runci, Joyce Ballantyne, Art Frahm et Harry Ekman. 





Le saviez-vous? La dernière commission de Sundbloom a été la page couverture du numéro de décembre 1972 de Playboy. 

vendredi 10 juin 2011

Restauration de publicité - Smith Manufacturing 1955

Les publicités qui font partie de ma collection et que je numérise pour les articles qui apparaissent ici sont dans des conditions assez variables, je vous en ai parlé je crois. Aujourd'hui je vous présente un autre exemple de restauration. Cette publicité pour les tapis Smith remonte à 1955 et le papier a malheureusement subi une dégradation assez importante.avec les années. Ce changement est souvent dû à la composition chimique du papier ainsi que des conditions dans lesquelles il a été conservé. Quoi qu'il en soit, la restauration de la publicité d'aujourd'hui n'est pas si mauvaise. 

Quant à la compagnie représentée ici, je ne suis pas parvenu à trouver grand chose, mis à part que Weston n'est pas une ville, mais bien un quartier de Toronto. Toutefois, les années 50 ont été la décennie du tapis en Amérique du nord. Le tapis se vendait sous toutes les textures et couleurs imaginables et, comme il était produit en grande quantité dans une multitude d'usines, il était bon marché. 






Le saviez-vous? Le saviez-vous? Les premiers aspirateurs étaient difficiles à vendre car les gens refusaient de croire que leurs tapis pouvaient contenir autant de saleté. Ils se moquaient des vendeurs, allant jusqu'à les ridiculiser. 


jeudi 30 décembre 2010

Des planchers propres pour ce 30 décembre 1955


Publicité parue en décembre 1955. Il s'en passe des choses dans l'actualité vers la fin de cette année-là. Peut-être, dans tout le tumulte du temps des Fêtes qui bat son plein, se trouve-t-il encore des gens pour lire les journaux ou encore écouter la radio? Toutefois, pour la grande majorité des gens ce sont les préparations de la veillée du nouvel an qui importe. Pour de nombreuses femmes il faut non seulement cuisiner à nouveau tout plein de nourriture comme cela a été le cas à Noël mais encore faut-il s'assurer, pour la énième fois, que toute la maison est propre et bien rangée. Il y a tout un tas de choses <a ne pas oublier et cela inclut, bien évidemment, la propreté des planchers car sinon, que va dire toute la parenté? Dans les années 50 la grande majorité des planchers de cuisine sont en prélart, qui, dans le jargon populaire, est souvent appelé "prélat". C'est une surface relativement durable mais qui doit être polie de temps à autres, surtout à la veille de recevoir de la grande visite nombreuse.

Alors mesdames, General Electric a pensé à vous avec cette magnifique polisseuse à plancher  qui peut nettoyer toute une cuisine en moins de 2 minutes trente secondes top. Et elle ne pèse que seize livres (pour des biceps de l’enfer)!!

Pour tout dire, j'ignore complètement si cette polisseuse pouvait effectivement polir tout un plancher de cuisine en aussi peu de temps que ne l'affirme General Electric mais ce dont je suis à peu près certain c'est qu'il ne devait pas y avoir beaucoup de femmes qui utilisaient cet appareil chaussées de tels escarpins! Ces appareils étaient réputés pour leur grande durabilité et des polisseuses de ce genre qui fonctionnaient pendant plus de vingt et même trente ans n’étaient pas rares. Possible même qu’il s’en trouve encore aujourd’hui tout un tas qui fonctionnent encore parfaitement bien.

Cette publicité est amusante surtout pour la façon dont le graphiste a juxtaposé le modèle avec des décors tracés à la plume. Ce dernier a aussi dû intégrer dans un espace relativement restreint toute une foule de détails exigés par le client et je dois dire qu'il a fait ici un très bon boulot et ce, sans que le tout ne paraisse pas inutilement surchargé. 




Le saviez-vous? General Electric est une compagnie qui a été fondée en 1892 par nul autre que Thomas Edison lui-même alors qu’ont été fusionnées la Thomson Houston Electric Company et la Edison General Electric Company.

samedi 25 décembre 2010

Des tapis propres pour ce jour de Noël 1955

En ce jour de Noël 1955 on apprend que le gouvernement fédéral accuse un surplus dans ses revenus de l'ordre de $105, 600,000 pour les huit premiers mois de l'année fiscale. A pareille date, un an plus tôt, ce surplus s'était chiffré à $91, 700,000.

On apprend également une bien triste nouvelle alors que la veille, vers 18:15 le conducteur d'une voiture dans laquelle prenait aussi place trois autres personnes, a doublé toute une file d'autos qui attendaient patiemment à un passage à niveau du Canadien Pacifique à l'angle des rues Crémazie et de l'Épée. Au moment de traverser les voies ferrées la voiture a été violemment frappée par un train de passagers qui venait tout juste de quitter la gare Jean-Talon. Les occupants de la voiture, comme on le devine, ont tous été tués sur le coup. Noël a un arrière-goût désagréable tant pour les familles éprouvées et pour ceux impliqués dans cette tragédie tant ambulanciers que policiers et personnel du Canadien Pacifique.

Mais la plupart des gens n'ont pas encore regardé le journal et en ce matin de Noël on s'occupe plutôt avec les cadeaux reçus la veille alors que dans certaines autres c’est le matin même qu’à lieu le grand déballage. Et quelle mère de famille n'aurait pas été heureuse de recevoir, comme dans la publicité d'aujourd'hui, un magnifique balai mécanique pour tapis de marque Bissell? Et quelle petite fille n'aurait pas été absolument hystérique en recevant une version miniature du balai de maman? Pour ce père de famille c'était là les cadeaux parfaits, tellement parfaits que la petite fille ne tarde même pas à l'essayer de suite! Et pendant que l’épouse et la fille vont trimer dur à tout nettoyer, papa pourra lire son journal bien tranquille.

Bissell ne date pas d'hier. En fait, bien que Melville Bissell a fondé sa première manufacture de balais à tapis mécaniques en 1883 à Grand Rapids au Michigan, il a inventé son premier appareil en 1876 en prenant soin de le protéger avec un brevet en bonne et due forme. En 1890 la compagnie fabriquait plus de 1000 balais par jour.

En 2004 Bissell a procédé à l’acquisition de la compagnie Woolite pour $62 millions et en a profité pour diversifier sa gamme de produits. En 2009 la compagnie a même devancé Hoover dans les ventes de produits d'entretien ménagers. Bissell n'a jamais eu d'usine à Montréal mais en fait construire une en 1905 à Mississauga en Ontario.

Quant à l'annonce proprement dite, sans jeu de mot, elle a de quoi faire sursauter aujourd'hui de par son sexisme flagrant mais pour 1955 c'était dans la norme sociétale, tant dans les publicités qu'au cinéma ou à la télévision. Et cette norme, eh bien ceux qui ont conçu cette pub l'on soulignée bien gras. Le texte peut bien donner moult détails sur les prix mais l'élément qui parle dans cette publicité est bien entendu la photo. Il est amusant de noter le père qui tient une fausse barbe dans la main et qui ne semble pas inquiéter sa fille qui semble encore en âge de croire au Père Noël.



Le saviez-vous? Le plus vieux tapis en existence est le tapis dit «Pazyryk», retrouvé dans une tombe de Sibérie en 1949. Dans un format presque carré de 200 x 183cm, il est estimé remonter au 5è siècle avant J.-C1.


jeudi 23 décembre 2010

En ce noël 1955 n'oubliez pas le Tuck Tape!

En ce vendredi 23 décembre 1955 on ne parle que de cet épouvantable incendie qui s'est déclaré à l'angle des rues Ste-Catherine et Bleury la veille. Le feu est si intense que plus de 225 pompiers provenant de plus de 25 casernes sont dépêchés sur les lieux. Un pompier est grièvement blessé en tombant d'un troisième étage et d'autres subissent diverses blessures pour lesquelles ils reçoivent tous les premiers soins sur place. Outre les pompiers il n’y a heureusement eu aucun blessé. Par précaution on a tout de même évacué la centaine de spectateurs qui se trouvaient au théâtre Alouette situé non loin de là.

En raison du sinistre qui a fait rage la Société de Transport cesse le service de tramways sur Ste-Catherine entre De Lorimier et Atwater ainsi que sur la rue Bleury entre les rues Ontario et Craig (actuelle rue St-Antoine). On dépêche rapidement des autobus afin d'assurer la relève non sans faire quelques détours ici et là. Aux petites heures du matin le service habituel de tramway avait repris.  

Partout ailleurs on se prépare pour les festivités du réveillon. Quelques retardataires espèrent trouver un cadeau de dernière minute mais dans la plupart des foyers les présents sont tous achetés et soigneusement emballés. Et que seraient les emballages sans le produit-vedette du jour? La marque Tuck Tape, parue dans cette publicité de 1955 était fabriqué par la compagnie Canadian Technical Tape Limited. Où se trouvait cette compagnie? Voyons voir le Lovell de 1955 un peu.

Le 3480 Jeanne-Mance ne devait être qu'un bureau administratif puisque ce secteur de la rue est relativement résidentiel. Quant au 5541 Papineau, l'adresse impaire nous indique un côté est et donne approximativement là où débouche la rue St-Grégoire. Aujourd'hui la marque Tuck Tape est toujours vendue en magasin et il se trouve encore un usine à Montréal au 455 boulevard de la Côte-Vertu et dont on peut visiter le site web ici.





Le saviez-vous? Les premiers rubans adhésifs ont été développés en 1845 par le chirurgien Horace Day. Le concept a été amélioré en 1901 par Oscar Troplowitz avec le Leukoplast pour le compte de la compagnie allemande Beiersdorf AG.

lundi 20 décembre 2010

RCA Victor pour Noël 1955


Décembre 1955. Au Québec on parle évidemment de cet épouvantable glissement de terrain qui eut lieu le 12 novembre à Nicolet et dans lequel trois personnes perdent la vie. Plusieurs bâtiments sont emportés dont la cathédrale qui est complètement détruite. Partout au Québec les gens sont attristés de cet événement et pour les gens affectés par cette catastrophe Noël sera une période assez difficile. 

Si vous êtes à Montréal, sur la rue Ste-Catherine, vous y voyez une frénésie et une activité commerciale à couper le souffle. Toutes les vitrines sont décorées de couleurs festives avec des rubans, boucles et personnages du temps des Fêtes. Les foules se pressent dans les grands magasins; Simpson’s, Eaton, Morgan's, Dupuis Frères et Ogilvie avec sa fameuse vitrine animée. On magasine beaucoup pour offrir des cadeaux mais aussi de beaux vêtements pour aller chez la parenté, pour la recevoir et bien sûr pour assister à la fameuse Messe de Minuit.

Un cadeau très dispendieux mais incroyablement apprécié est un appareil de télévision. Évidemment ce n’est pas le genre de cadeau que l’on offre à quelqu’un comme ça mais plutôt quelque chose qu’un père offre à toute la famille. Ça peut sembler étrange mais c’était comme ça à cette époque où les hommes étaient les seuls gagne-pain alors que les femmes étaient encore, dans une très large proportion, des mères au foyer.

Les téléviseurs offerts ici par RCA Victor sont bien jolis mais malheureusement pas à la portée de toutes les bourses. Alors que le salaire moyen de 1955 est d'environ $2800 par an, même le téléviseur le moins coûteux à paraître dans cette publicité, à $369, représente un mois et demi de salaire! Plusieurs commerçants offrent toutefois des facilités de paiements mensuels modestes.

La publicité ci-haut a été bien pensée et bien structurée. La couleur verte, évidemment dominante, a été retenue parce qu'elle rappelle le vert du sapin. L'ouverture dans laquelle on voit une famille typique de l'époque a été faite en forme de cadeau avec une boucle en haut. L'ensemble ne souffre pas d'inégalité et fait exactement ce qu'il doit faire: vendre le rêve de posséder un appareil RCA Victor pour 1956.



Le saviez-vous? RCA Victor est une compagnie américaine qui fut fondée en 1919 d'abord sous le nom de Radio Corporation of America. En 1929 elle se porta acquéreur de Victor Talking Machine Company. Par cet achat RCA Victor devint en même temps propriétaire majoritaire de Victor Company of Japan, mieux connue sous le nom de… JVC. 

vendredi 26 novembre 2010

Réfrigérateur GE en 1955



Aujourd’hui les frigos modernes sont généralement tous conçus selon un concept assez commun; congélateur en haut et réfrigérateur avec tablettes droites en-bas. Il s'agit d'une convention bien établie depuis au moins les années 40. Par contre, cela n’a pas empêché les concepteurs des différentes compagnies d’essayer des concepts différents. C’est le cas ici de General Electric qui propose un réfrigérateur muni de plateaux pivotants, donnant ainsi rapidement accès à tous les aliments qui s'y trouvent. Qui plus est, les plateaux sont ajustables, ce qui permet une grande versatilité. Est-ce que le concept a eu du succès? Est-ce que ce système était aussi efficace que GE le prétend? Difficile à dire mais je dois avouer que je trouve le concept pas bête du tout! Peut-être y perd-t-on un peu d’espace mais en revanche aucun aliment ne risque de se retrouver oublié à l’arrière.

Cette publicité de General Electric nous ramène en 1955. A cette époque le salaire hebdomadaire est d'environ $60, soit l’équivalent de $240 par mois, ou si vous préférez, $2880 par an. Et combien coûtait un frigo dans ce temps-là? Quelque chose comme $300. Il fallait donc, en moyenne, un peu plus d’un mois de salaire pour pouvoir s’en payer un.

Pendant ce temps Ottawa annonce la construction d'un nouveau pont reliant Montréal à la Rive-Sud, ce sera le pont Champlain et on sait dès le départ qu’il s’agit d’un pont à rabais qui ne sera pas construit pour durer. Duplessis et Drapeau quant à eux annoncent la construction d'une nouvelle salle de spectacle à Montréal qui prendra le nom de Place des Arts. Tout bâtiment qui se trouve sur le terrain sera, bien entendu, démoli.



Le saviez-vous? Les premières expériences de froid artificiel ont été menées en 1755 par le professeur écossais William Cullen avec une pompe à vacuum partiel et de l’éther diéthylique. L’expérience créa une petite quantité de glace mais on n’y vit pas à ce moment-là d’application pratique à cette invention.

mercredi 10 novembre 2010

Melchers en 1955


Voici une pub de whisky qui nous ramène en 1955. Melchers est une distillerie dont les bureaux administratifs se trouvaient à Montréal sur le chemin de la Côte de Liesse mais l'usine de fabrication était située quant à elle à Berthierville. Victor Marchand était député du comté de Jacques-Cartier pour le Parti Libéral, d’où les lettres M.L.C. (Member of Legislative Council). Mais bien avant son élection en 1925 il a été secrétaire de la compagnie Melchers Gin & Spirits Distillery de 1914 à 1928, président en 1928 et finalement président du conseil d'administration en 1949, ce qui montre que son association avec la distillerie en a été une relativement longue.
Quant à la publicité elle s'inscrit dans le courant classique de l'époque, à savoir une illustration dans la partie supérieure ainsi qu’une description du produit dans la partie inférieure. L’illustration représentant des gens en apparence très distingués est ici amusante puisque les trois protagonistes, qui semblent très jeunes, ont été bizarrement vieillis (surtout celui à droite avec ses tempes grises mais avec une peau juvénile). La distillerie Melchers, fondée en 1837, existe toujours au moment d’écrire ceci.

La publicité, donc, est parue en novembre 1955 alors que retient notre attention à ce moment? Mentionnons le premier ministre du Québec Maurice Duplessis qui refuse catégoriquement un plan fédéral prévoyant un programme d’assurance-santé pan-canadien. À Lévis c’est la catastrophe aux chantiers maritimes de Lauzon puisqu’un incendie majeur a tout détruit les installations. À Nicolet c’est la cathédrale qui est détruite lors d’un important glissement de terrain dans lequel meurent trois personnes. 

Quant à la publicité elle s'inscrit dans le courant classique de l'époque, à savoir une description très flatteuse du produit et une illustration représentant des gens distingués, quoiqu'ici ladite représentation (à la gouache) frôle quelque peu la caricature puisque les trois protagonistes, qui semblent très jeunes, ont été bizarrement vieillis (surtout celui à droite avec ses tempes grises mais avec une apparence juvénile). 




Le saviez-vous? Il existe à Nicolet une rue appelée «12 novembre», laquelle commémore la date où eu lieu le glissement de terrain. La cathédrale que l’on peut voir aujourd’hui est celle qui fut inaugurée en 1963. 

lundi 11 octobre 2010

Dominion Oilcloth


Avec cette publicité nous revoici en 1955, soit pif-poil au milieu de la décennie de la couleur. Si entrer dans une telle cuisine le matin ne suffisait pas à vous réveiller le matin il ne vous restait plus que le double-expresso. Le linoléum est un matériau reconnu pour avoir la vie dure et cette pub n'a pas tout à fait tort quand il est mention de la facilité de l'entretien et de sa capacité à garder son aspect pendant longtemps. 

Dominion Oilcloth est une compagnie qui a été fondée en 1872. Le directeur n'était nul autre que Hugh Allan et il obtient ce poste alors que bouillonne ce qu’on va appeler le «scandale du Pacifique» alors qu’Allan est accusé d’avoir soudoyé le premier ministre John A. Macdonald pour obtenir le contrat de la construction du chemin de fer trans-Canadien. Et Allan est en plein milieu de la marmite. Lorsque tout ça va péter le gouvernement de Macdonald va se retrouver la face pleine de suie et le pays va s’en aller en élections. Quant à la Dominion Oilcloth les affaires vont bien et la compagnie diversifie ses produits. Les installations prennent de l’expansion et en 1929 on fait ériger, selon les plans de la firme Hutchison & Wood, un nouveau bâtiment administratif au coin de Parthenais et Ste-Catherine.

De retour à la publicité.

En terme d'exécution nous avons droit ici à une présentation des plus classiques pour l'époque; large illustration ou photo en haut et texte explicatif avec logo en bas. On pourrait initialement croire qu'il s'agit d'une photo teinte à la main mais tout semble indiquer qu'il s'agit d'une véritable photo couleur, retouchée un peu toutefois. L'absence de bébelles sur le comptoir comme un grille-pain, robot-culinaire ou micro-ondes (ha!) est nécessaire afin de ne pas distraire l'attention du lecteur. On remarquera d'ailleurs le mur uni ainsi que le rideau turquoise sans aucun motif. Tout est habilement disposé afin de laisser la place au linoléum.

Ce linoléum, justement, était fabriqué à l'usine de Montréal. Comme on peut le voir en bas de l'annonce à gauche, on peut y lire que la compagnie avait pignon sur rue au 2200 Ste-Catherine est. C’est l’adresse du bâtiment dont je vous parlais plus haut. L'annonce dans le Lovell de 1955, année de parution de la publicité, est encore plus explicite quant aux produits de la compagnie:


Mais le 2200 Ste-Catherine est, c'était où exactement et qu'est-il advenu du bâtiment? Existe-il encore aujourd'hui? Absolument! Même qu'il est fort probable que vous soyez passé devant à plusieurs reprises. Tout juste au coin sud-est de l'intersection Ste-Catherine et Parthenais. Encore faut-il préciser qu'il s'agit ici du bâtiment administratif et qu'il ne subsiste plus rien de l'usine en tant que telle.

Construit dans le style art-déco, il est intéressant de noter que le bâtiment n’a pas été trop amoché avec les années. En fait son apparence actuelle est très proche de celle d’origine. On notera aussi le pourtour de l’entrée est agrémenté de bas-reliefs représentant des vignes. En 1966 l’entreprise a changé de nom pour Domco pour ensuite déménager à Farnham où elle opère, au moment d'écrire ces lignes, sous le nom de Tarkett.
Cette autre publicité qui date de 1905 nous montre l'ensemble des installations, très impressionnantes pour l'époque, de la compagnie. On peut d'ailleurs voir le bâtiment administratif en bas, un peu à droite du centre. À l'arrière on note le fleuve St-Laurent ainsi que l'île Ste-Hélène. Quant à l'usine, située à l'extrémité ouest du quartier Hochelaga, cette compagnie a permis à plusieurs personnes d'avoir un emploi permettant de mettre du pain et du beurre sur la table familiale. Le fait que l'entreprise ait procédé à des agrandissements en 1929, qui marquait le début de la crise économique, démontre sa vitalité et son dynamisme malgré une période trouble qui allait faire bon nombre de chômeurs. 

Entre-temps ce qui retient l’attention par chez nous en octobre 1955 (mois de parution de la publicité en-haut de l'article) c’est la décision du premier ministre Duplessis de refuser le programme canadien d’assurance-santé tel que proposé par le gouvernement fédéral. Alors qu’il se trouvait à Dolbeau il en a profité pour dire que ce qui vient «d’ailleurs» (fédéral) n’est pas conforme avec nos coutumes. L'assurance-maladie, comme on le sait, s'est établie au Québec en 1969.


Le saviez-vous? Quantité de produits à l’époque et destinés à des usages domestiques comportaient de l’amiante. On s’en servait pour isoler les tuyaux et bon nombre de plâtriers en mêlaient à leur plâtre. Le linoléum n’en était pas exempt alors si vous en avez de cette époque, soyez prudents et n’hésitez pas à contacter des experts.

dimanche 19 septembre 2010

Poudre pour bébé Johnson & Johnson en 1955

Nous voici en août 1955 et on nous vante ici les mérites des nombreux produits pour bébés de Johnson & Johnson, une compagnie qui non seulement existe encore aujourd'hui mais qui utilise toujours le même logo. Lorsque j'étais étudiant en design publicitaire il y a longtemps, nous avions vu que les marques de commerces ainsi que les logos qui ne changeaient pas, ou peu, pouvaient souvent inspirer une meilleure confiance chez les consommateurs. Pour Johnson & Johnson, c'est un fait accompli depuis des lustres puisque la compagnie existe depuis 1886. On peut voir aussi la mention de Montréal sous la marque de commerce. en effet, la compagnie avait ses ses bureaux sur le boulevard Pie-IX un peu au nord de la rue Ontario.

Alors, que se passe-t-il au Québec en août 1955? Ah mais la grosse et grande nouvelle qui fait jaser nos grands-parents et qui fera sacrer leur descendance : l’annonce par le fédéral de la construction du pont Champlain. Duplessis et Drapeau en profitent également pour annoncer à leur tour que Montréal va se doter d’une salle de concert des plus modernes. Ce sera la Place des Arts.





Le saviez-vous? À l’époque où cette publicité est parue les poudres pour bébés étaient majoritairement fabriquées avec du talc, une poudre minérale que les pédiatres d’aujourd’hui ne recommandent pratiquement plus, préférant largement les poudres faites à base de farine de maïs.

mercredi 8 septembre 2010

Bougies Auto-Lite - 1955


Cette publicité pour les bougies d'allumage Auto-Lite nous ramène à septembre 1955. On pouvait retrouver ces bougies dans à peu près tous les bons garages de l'époque au Québec. La compagnie existe encore et on peut encore se procurer ces bougies. La seule différence est le nom de la compagnie ne comporte cependant plus de trait d'union.

Alors que nous raconte donc ce garagiste? Il nous dit, sur un ton que l’on devine rassurant et un tantinet commercial, que l’encrassement nuit à la puissance des moteurs. Dit-il vrai?

Absolument. L’encrassement empêche l’arc électrique de se former correctement entre l’électrode centrale et l’électrode de masse. Mais en réalité, l’encrassement des bougies n’est qu’un des nombreux problèmes qui peuvent nuire au bon fonctionnement de la voiture et ceux-ci peuvent indiquer une autre source comme un filtre à air sale ou encore une sorte d’essence qui ne convient pas.

Quant à la publicité elle-même elle a été entièrement réalisée à la main. Le garagiste en haut à gauche ainsi que la bougie semblent avoir été faits au lavis, une technique ou l'on mélange dans différents petits contenants de l'encre de Chine à de l'eau, à des ratios différents, afin d'obtenir des tons de gris. C'est une technique qui demande un certain savoir-faire ainsi qu'une excellente maîtrise du pinceau. Cette publicité en est un très bel exemple.

Entre autres choses, septembre 1955 est marqué par l’affaire Coffin, lequel a été trouvé coupable du meurtre de trois chasseurs américains. L’histoire a fait énormément parler et en septembre, justement, la Cour suprême maintient la culpabilité de Wilbert Coffin ainsi que la condamnation à mort. Coffin s’évade mais son avocat lui conseille de se rendre. Il sera pendu à Montréal. L’affaire continue de fasciner même aujourd’hui et certains sont convaincus que Coffin a été victime d’une erreur judiciaire.





Le saviez-vous? Un des premiers brevets de bougie d’allumage a été soumis par nul autre que Nikola Tesla en 1898, lequel lui fut attribué par le Patent Office (U.S. Patent 609,250).  

samedi 31 juillet 2010

Tide en 1955



La machine à laver a été inventée en 1908 par la Hurley Machine Company of Chicago, en  Illinois par Alva J. Fisher. Il s'agissait d'un baril en acier galvanisé, et rattachée à un moteur. Toutefois, pas tout le monde qui pouvait se permettre un tel luxe! D'abord l'électricité était un bien de consommation que bien des gens ne pouvaient rêver d'avoir. À l'époque, il y avait des gens, qui, de la fenêtre de leur logis, regardaient les fils électriques qui allaient de poteau en poteau, mais sans pouvoir en profiter. Le lavage? Dans une cuve en fer blanc, une planche à laver, et beaucoup d'huile de bras. Les savons à lessive, introduits vers la fin du 19è siècle, étaient principalement du savon râpé. 

Toujours est-il que la machine à laver ne s'est immiscée que très lentement dans les foyers. Dès la seconde guerre terminée, alors que l'économie de guerre faisait place à une économie de paix, et que le rationnement des matériaux était à toute fin pratique terminé, les industries ont rivalisé d'audace et d'ingéniosité à fabriquer non seulement des appareils efficaces, mais aussi, plus abordables. 

Tide voit le jour en 1946. Il s'agit d'un savon entièrement synthétique développé par Proctor & Gamble et fabriqué tout spécialement pour une utilisation avec les machines à laver. Le design graphique de la marque se distingue particulièrement avec sa présentation vive et attrayante; le mot Tide bien en évidence, et placé sur des cercles concentriques. Et cette présentation, extraordinairement ingénieuse dans sa simplicité, fait de Tide une marque que l'on reconnaît facilement sur les tablettes d'épicerie. encore aujourd'hui, le logo n'a que très peu changé, hormis une légère modernisation. 

La publicité que je vous présente remonte à février 1955 et il se trouve dans cette pub plusieurs éléments intéressants. Il y a d'abord le titre, en haut, qui nous parle des mamans du Québec. C'était la norme sociétale de l'époque, les femmes étant alors majoritairement des mères au foyer.  

Mais il ne faut pas se tromper; madame J-E. Sirois n'est pas son nom à elle. Il s'agit du nom de son mari. À l'époque, les femmes, dans tous les documents, devaient s'identifier au nom de leurs époux. Par exemple, une dame nommée Jeannine Lachance et mariée à Jean Tremblay, devait s'identifier comme madame Jean Tremblay.   

Intéressant de noter que les parents dans cette pub, si elle était diffusée aujourd'hui, pourraient facilement passer pour des grands-parents. Il est à noter qu'à cette époque les femmes continuaient d'avoir des enfants "sur le tard", parfois jusque dans la cinquantaine. Il n'était ainsi pas rarissime qu'une mère ait un enfant alors qu'une de ses filles donnait aussi naissance la même années. On retrouvait ainsi souvent deux enfants du même âge qui jouaient ensembles, sauf que l'un était oncle/tante et l'autre neveu/nièce. 

Toujours est-il que je n'ai sûrement pas besoin de mentionner que Tide existe toujours. 




Le saviez-vous? Contrairement à la croyance populaire les gens du Moyen-âge n’étaient pas allergiques aux bains, en fait ils aimaient beaucoup se tremper, perpétuant ainsi la mode romaine et l’industrie du savon arrivait à peine à fournir à la demande. Les choses ont changé vers la moitié du 14è siècle lorsque la peste noire est arrivée et des mauvaises langues ont alors prétendu que si les pores de la peau s’ouvraient dans les bains cela risquait d’y faire entrer des diablotins et autres mauvais esprits.