jeudi 30 juillet 2026

D'hier à aujourd'hui: La rue Ste-Catherine en 1971

 

Photo: Archives de la Ville de Montréal - VM94-A0697-006)

Nous voici au coin de Ste-Catherine et Mansfield le vendredi 11 juin 1971 sur l'heure du midi. Les piétons attendent patiemment que la lumière tourne au vert afin de pouvoir travers pendant qu'un Pontiac Catalina 1970 s'apprête à passer en direction nord. On y retrouve un mélange bigarré de gens travaillant aux alentours et de dames chasseuses d'aubaines. À ce moment-là, tout comme aujourd'hui, la rue Ste-Catherine était la rue de tous les commerces et services imaginables.

Du côté sud de Ste-Catherine on aperçoit, au coin, le théatre Capitol où l'on fait jouer «When Dinosaurs Ruled the Earth» où l'on voyait davantage Victoria Vetri en bikin que de dinosaures. Le titre du film refait surface dans le film «Le parc jurassique» où, à la fin lorsque le tyrannosaure triomphe, il tombe une bannière sur laquelle on voit le titre du film. 

Tout juste à côté, le fameux restaurant Dunn's où ma grand-mère m'amenait manger chaque fois que l'on venait au centre-ville. Un restaurant dont j'ai déjà parlé ici. S'ensuit le cinéma de Paris, avec sa grande devanture en ciment brun et ensuite l'opéra de Paris ainsi qu'une petite boutique d'importations. Tout juste à côté c'est Lanza Steak House puis le bijoutier Brault. Et enfin, le cinéma Pigalle. Du côté nord, là où se trouve aujourd'hui la place Montréal Trust, il y avait un magasin Reitman's dont on voit le «S» sur la marquise. À côté, et jusqu'à McGill College c'était un Woolworth, un magasin dont j'ai aussi parlé ici

En cette journée les amateurs de hockey parlent énormément de Jean Béliveau qui vient d'annoncer, deux jours auparavant, sa retraite mais on jase aussi d'un joueur prometteur et bourré de talent qui a signé un contrat avec le Canadien de Montréal la journée d'avant. Les connaisseurs lui prédisent beaucoup de succès et qui portera certainement le flambeau que lui a tendu le gros Bill. Ce joueur, c'est Guy Lafleur, fière nouvelle recrue et qui viendra à être surnommé le démon blond. Au même repêchage, Marcel Dionne, deuxième choix, s'en allait avec les Red Wings de Détroit. 

La politique aussi en fait jaser plus d'un, surtout en ce qui concerne la conférence de Victoria où Pierre-Eliott Trudeau envisage une réforme constitutionnelle. Si le premier ministre du Québec Robert Bourassa se range du côté de Trudeau il se ravisera plus tard et retirera son appui. 

 

Aujourd'hui ce même coin a bien changé. Reitmans et Woolworth sont disparus depuis bien longtemps et à leur emplacement de dresse aujourd'hui la place Montréal Trust. Tous les commerces mentionnés plus haut aussi sont disparus. Fini aussi les cinémas. En fait, tous les magnifiques salles qui longeaient la rue Ste-Catherine se sont évaporés; le Parisien, le Capitol, le Pigalle, Alouette, Palace, Loew's, York et combien d'autres. Les plus grosses bannières commerciales de l'époque; Dupuis Frères, Eaton's, Simpson's, La Baie, Kresge, Reitman's, Woolworth se sont aujourd'hui toutes évaporées, La Baie étant la dernière bannière sur cette liste. 
 
La trame urbaine du secteur a aussi changé. Un peu avant 1971 la rue Ste-Catherine était encore à double sens, chose que l'on avait alors changé mais l'automobile y avait préséance. Aujourd'hui les nouveaux aménagements apportés on considérablement agrandi l'espace piétonnier et du même coup réduit la largeur routière. 
 



Le saviez-vous? C'est en 1927 que Myer Dunn a fondé son premier restaurant, alors sis sur la rue Papineau. C'est en 1955 qu'il s'installe sur la rue Ste-Catherine et Dunn's a connu un succès immédiat. Aujourd'hui c'est le petit fils du fondateur qui gère le restaurant maintenant situé sur le rue Metcalfe. 

mercredi 24 décembre 2025

Le Réveillon en 1971


Nous voici donc le 24 décembre, le fameux jour du Réveillon de Noël. La photo ci-haut me ramène en ce fameux jour, en 1971, Ma couturière de grand-mère m'avait confectionné cet habit mais si je ne détestais pas le style, il était inconfortable, pas au niveau de l'impeccable couple, mais à cause du tissu utilisé.

Ma grand-mère, avec qui j'ai grandi, avait son petit lot de traditions. Ainsi, pas question de monter l'arbre avant au moins le début de la première semaine de décembre. Je piaffais toujours d'impatience de la voir, un soir après le souper, descendre au sous-sol et remonter avec la boîte du sapin. Celui qui est sur la photo en était à sa dernière apparition. Ces sapins ont fait fureur à la fin des années 60 et début des années 70 et étaient fort simples; une tige de bois peinte en vert et des tiges recouvertes de brindilles d'aluminium de différentes longueurs. Il ne prenait que quelques minutes à monter. Un gros cinq pour y accrocher les boules, toutes rouges pendant que jouait, dans le meuble stéréo, de la musique de Noël avec Johnny Mathis et l'incontournable Jingle Bell Rocks interprété par Bobby Helms

L'année suivante c'est un gros sapin vert en plastique, dégotté par ma grand-mère chez Eaton, qui l'a remplacé. Lorsqu'elle est décédée durant les années 90 j'ai bien espéré pouvoir le retrouver car je l'aimais bien mais malheureusement je crois qu'elle l'a soit donné à quelqu'un ou bien balancé aux ordures souche par dessus cime. 

Entre le moment où l'on montait le sapin et je réveillon il y avait bien entendu une visite chez le Père Noël et celui chez Dupuis Frères faisait très bien l'affaire. Toutefois, j'ai commencé à voir des craques dans la légende du personnage quand, une semaine plus tard aux Galeries d'Anjou, j'ai revu le personnage et ma foi, il n'était pas pareil du tout. Pas exactement la même tronche et aussi des différences dans le costume. 

Quand à la crèche, elle avait trouvé ça chez Fantaisie Cut Rate quelque part au début des années 50. Le commerce de variétés était situé juste en face et les propriétaires, monsieur et madame Chénier, étaient de bons amis de la famille. Les personnages en sorte de papier mâché peint complétaient le tout, sauf le p'tit Jésus de cire parce que ma grand-mère était pointilleuse à ce sujet: pas de p'tit Jésus dans la crèche avant minuit! À l'âge où j'avais cette crèche était comme un petit ensemble de jeu et je m'amusait avec comme avec des figurine et le héros était le soldat romain à qui je faisais vivre plein d'aventures autour de la cabane. 

Au réveillon, la parenté était là. Ma grand-mère avait popoté toute la journée et comme elle était une cuisinière hors pair je peux garantir que ça sentait pas mal bon dans la maison. Une fois tout le monde au salon avec son p'tit drink c'est l'échange qui commençait. J'avais pas mal de difficulté à tenir en place mais j'aimais bien voir ce que tout le monde recevait et surtout voir les expressions de tous et chacun en développant leurs cadeaux. Et qu'est-ce que le Père Noël m'a apporté en ce réveillon de 1971?


Pour mon anniversaire l'été précédent j'avais reçu ma figurine G.I. Joe Adventure Team, celui avec les cheveux avec la barbe noire et qui, en tirant un ficelle sur sa poitrine, disait plein de choses amusantes. Pour me permettre à Joe d'élargir l'horizon de ses aventures, j'ai reçu ce magnifique hélicoptère et dont les pales tournaient en appuyant sur un bouton. Le personnage dedans en est un que j'ai acheté dans une brocante il y a environ vingt ans. J'avais aussi reçu quelques livres-disques de Disney et que l'on aperçoit tout juste derrière.  


L'autre gros cadeau a été la piste de course Hot Wheels Super Charger que l'on voit à l'arrière. Il y a plusieurs années j'ai restauré la fenêtre au travers laquelle on voit la voiture qui venait avec ainsi que le bouton de collection affichant la même voiture. Le Super Charger, que l'on voit en base à gauche, fonctionnait encore très bien lorsque je l'ai essayé il y a quelques années. 

Sur ce, je vous souhaite à tous de passer un merveilleux temps des fêtes et vous propose d'avoir une petite pensée pour ceux qui vont passer cette période seuls et qui n'ont pas de famille avec qui festoyer. 





samedi 21 janvier 2023

Des films par la poste

Dans le dernier article, portant sur la photographie, je vous parlais de ce petit monde tel qu'il était avant l'arrivée du numérique. J'ai aussi glissé sur les caméras, les différents films utilisés ainsi que du développement, lequel prenait un certain temps. Et justement, quoique les  adeptes et professionnels pouvaient très bien développer leurs propres films chez eux, ou dans leur labo personnel, pour monsieur et madame tout le monde les films étaient laissés au comptoir photo de son choix. 

La plupart des pharmacies offraient, et offrent encore ce service mais il y avait également des boutiques photos comme Direct Film (aujourd'hui disparu), Astral photo, L.L. Lozeau, le Centre Japonais de la photo, lequel existe toujours, et bien d'autres encore. 

Peu importe l'endroit la façon de procéder était la même; on laissait le rouleau au comptoir alors que le commis nous demandais, par exemple, de choisir un finit mât ou lustré, si l'on voulait des doubles ou de multiples exemplaires pour distribuer à la famille, ainsi que nos coordonnées afin de nous aviser lorsque les photos seraient prêtes pour le ramassage. Le service de développement traditionnel prenait environ une semaine ou deux mais il y avait aussi un service de traitement plus rapide, généralement 24 heures, quoiqu'un peu plus cher. Ensuite l'on nous avisait par téléphone et il ne nous suffisait que de passer les cueillir. Mais il y avait une autre service disponible: le traitement par la poste. Et ça, c'était l'affaire d'une compagnie nommée Express Film. 

Publicité d'Express Film, 1971)
(Photo: Collection personnelle) 

Cette compagnie, aujourd'hui disparue, ne vendait pas d'appareils, d'objectifs ni même aucun accessoire. En fait, elle n'avait même pas de boutique! Ce qu'elle avait toutefois était un laboratoire complet de traitement de photos. Alors, comment ça fonctionnait? 

(Photo: Collection personnelle)

Express Film ne faisait affaire avec les clients que par l'entremise d'enveloppes qui se trouvaient dans les pages de différentes revues, comme ici, tirée d'un Sélection du reader's Digest. Les instructions étaient on-ne-peut-pas-plus-claires. Il suffisait de remplir adéquatement, de déposer le rouleau à faire développer dans l'enveloppe, de cacheter, et de mettre à la poste. Même pas besoin d'un timbre puisque les frais de poste étaient affranchis par Express Film, comme on le voit en haut à droite. 

(Photo: collection personnelle)

L'endos de l'enveloppe servait à indiquer le film envoyé, ainsi que les détails que l'on voit. Fallait tout de même inclure 10 sous pour les frais de retour ainsi que la taxe de 8% (l'on y échappe pas). C'était l'époque où l'on pouvait inclure des pièces sonnantes et trébuchantes dans le courrier. Et voilà, le tour était joué. Ensuite, fallait simplement faire preuve d'un peu de patience pour voir les photo rebondir dans la boîte aux lettres. 



Le saviez-vous? Le service de développement en une heure, très apprécié des gens, ont été introduits au Canada par le Centre Japonais de la photo, boutique qui a vu le jour en 1959. Dès les années 70 on retrouvait des succursales dans presque tous les centres commerciaux. 

dimanche 1 janvier 2017

Les montagnes russes des Fêtes

Pour tout enfant, l'exaltante période des Fêtes en est une où l'on s'amuse ferme avec les jouets reçus à Noël. Toutefois, du temps où j'étais gamin le congé des Fêtes était beaucoup plus court comparé à aujourd'hui alors on mettait les bouchées doubles. À l'époque, l'école reprenait dès le premier jour ouvrable après le Jour de l'An. Maintenant les élèves bénéficient d'une semaine supplémentaire. Ah, ce qu'on aurait donné pour avoir ça aussi. 

Quoi qu'il en soit, cette période servait évidemment à s.amuser à fond de train avec les jouets reçus et le Jour de l'An ne faisait pas exception. rien de plus agréable que de recevoir cousins et cousines et leur montrer ce qu'on avait reçu où bien de z'yeuter ce qu'eux avaient reçu. 

Aujourd'hui j'ai décidé de partager avec vous un autre de ces cadeaux reçus durant mon enfance, en 1971 cette fois. Du haut de mes cinq ans, pas besoin de vous dire que fut là un cadeau très apprécié. Le voici tel qu'il apparaissait dans le catalogue Distribution aux consommateurs de de Noël cette année-là. 


Il s'agit d'un jeu de montagnes russes mécanisé et actionné par une petite chaînette reliée à un moteur fonctionnant à piles. Cette chaînette fait grimper les petites voitures en haut complètement et celles-ci dévalent le long du trajet jusqu'en bas où elle remontent de nouveau en haut. Voyons le jeu de plus près.


Le concept n'est pas nouveau et rappelle les montagnes russes en métal repoussé fabriqués par la compagnie S. Chein et qui ont été si populaires durant les années 50 et 60. La compagnie qui a fabriqué celui-ci est identifiée sur la boîte comme S Products, et rien de plus. La seule brindille d'information que j'ai pu recueillir est que cette compagnie quelque peu obscure était située à Hong Kong. La piste en elle-même a été ingénieusement conçue pour le stockage dans la boîte que l'on peut voir à l'arrière. Une fois les supports rouges enlevés la piste, grâce aux joints flexibles qui unissent les voies, se replie à plat. 


Voici le bloc qui cache le compartiment à piles (2 "C") ainsi que le moteur qui actionne la chaînette. Ici, rien de compliqué, un simple interrupteur «ON- OFF» ainsi qu'une languette que l'on peut pousser de côté pour accéder au compartiment des piles. 


Les petits drapeaux apportent une petite touche d'agrément. On peut aussi voir encore une fois l'illustration de la boîte où figurent deux enfants. Outre ces derniers, il n'y a aucune mention sur la boîte sinon »Roller Coaster» ainsi que le nom de la compagnie. À l'avant-plan une voiture achève sa remontée et se prépare à descendre. 


Ici on peut apercevoir comment le mécanisme de remontée fonctionne; un pieu en plastique, moulé à même le corps du bolide accroche un maillon de la chaînette et se décroche automatiquement une fois rendu en haut. On peut noter aussi les roues qui sont en métal ainsi que les personnages de couleurs qui se trouvent à l'intérieur. regardons maintenant le jeu en action. On note ici la chaînette qui est un peu trop longue et dont le mouvement parfois irrégulier fait que les voitures peinent à s'y accrocher. J'ai arrêté de filmer en raison d'un carambolage monstre dû au déraillement impromptu du véhicule bleu. 



Le saviez-vous? On les nomme «montagnes russes» parce que les Russes ont été les premiers à descendre les montagnes de l'Oural, fortement inclinées, sur des luges par gravité. Là-bas on les appelle ironiquement «montagnes américaines». Et aux États-Unis, l'appellation «roller coaster» vient du fait que les Américains nomment le manège par son véhicule et non son support.