samedi 12 juillet 2025

Souvenirs de la rue Ste-Catherine

Ah, la rue Ste-Catherine! Durant les années 80 cette rue était presque ma deuxième maison tellement je la fréquentais. Je l'ai arpentée de long en large si souvent. Parfois seul ou avec des potes. J'y ai travaillé aussi; d'emplois d'été étudiants à d'autres emplois plus permanents. C'est aussi un rue qui a connu une transformation absolument incroyable; de rue résidentielle paisible avec jardins et vergers à une rue commerciale où s'enfilent des centaines de commerces. 

Sur cette rue où j'ai valsé de la galoche d'innombrables fois sans compter les pas, m'ont amené à avoir ces petits endroits préférés que j'aimais bien fréquenter de temps en temps. Sans autres tambours ni trompettes, je vous amène avec moi sur la rue Ste-Catherine des années 80 et mes p'tits coups de cœur.

Les arcades de jeu  

Si les arcades de jeu ont commencé à faire leur apparition durant les années 70, notamment dans certains centres commerciaux, c'est dans les années 80 qu'elles ont connu leur essor. En effet, durant cette période on a vu le nombre de ces salles exploser. La rue Ste-Catherine d'alors était la vétitable Mecque de l'amusement puisque l'on en retrouvait un nombre assez important et ce, d'un bout à l'autre. 

Ces temples de la machine à boules et du divertissement pixelisé étaient, surtout la fin de semaine, bourrées de jeunes qui s'amusaient devant tel ou tel jeu, tentant de battre le meilleur pointage. J'y ai certainement investi quelques trente sous dans ces arcades. 

Le restaurant Le Tramway 

Les plus vieux vont se rappeler de ce restaurant qui se trouvait près de Stanley. C'était un bon endroit, à mon avis, pour déguster un bon hamburger cuit à notre goût avec une bonne bière bien fraîche. L'aspect unique de ce restaurant était la thématique du tramway (vous l'aurez deviné) avec des décorations allant de grandes photos encadrées jusqu'à différents artéfacts issus de cette époque. Toutefois, il n'a pas survécu contrairement à son plus proche compétiteur; Mister Steer situé non loin de là. dommage, car j'aimais bien. 

Les Terrasses 


Situé à un jet de pierre de l'ancien grand magasin Eaton, Les Terrasses était cette espèce d'expérience architecturo-commerciale et dont l'intérieur était composé de différent paliers où l'on retrouvait tout plein de boutiques et restaurants où il y avait prédominance de béton et de verdure. J'aimais bien aller bouquiner à la librairie qui s'y trouvait ou encore aller prendre un bon repas au restaurant The Magic Pan. Cet espace a disparu et aujourd'hui une partie du centre Eaton occupe l'endroit. 
 
Mars
 

Mars était un commerce assez unique en son genre. Si quelque chose se publiait ou s'était publié c'était presque garanti que Mars l'avait. Quelque part par là. Ou peut-être là-bas. Il se trouvait un quantité impossible de boîtes de bois, un peu à la façon des disquaires, où l'on retrouvait des magazines et revues d'ici mais surtout d'ailleurs sur tous les sujets imaginables. Il y avait des disques aussi et des bédés de tous les genres. J'ai d'abord visité pour la curiosité de la chose mais lorsque je suis devenu étudiant en arts graphiques en 1982 j'ai revisité très souvent. Tous ces magazines représentaient une véritable mine d'or en matière de design. Je m'en procurais aussi pour y découper des photos que j'utilisais dans certains travaux. Mars était un véritable capharnaüm où l'on pouvait facilement se perdre pendant des heures. 
 
Sam the Record Man
 
Sam the Record Man était pour moi l'endroit de choix pour acheter des disques. La photo ci-haut, prise durant les années 60, montre l'emplacement original mais dans les années 70 Sam a occupé les deux bâtiments à gauche et ce, jusqu'au coin de la rue St-Alexandre, où se trouvait alors l'entrée. Des disques et des cassettes de tous les genres, souvent des éditions spéciales à pressages limités, il y en avait. Suffisait de chercher un tant soit peu. Autrement, les employés pouvaient répondre à toutes vos questions. J'ai acheté une quantité non négligeable de disques à cet endroit, dont Pink Floyd: The Wall en 1980 et quantité d'autres. 
 
Restaurant Dunn's
 

Je me souviens des moments où, quand j'étais gamin au début des années 70, ma grand-mère m'amenait au centre-ville. On y allait en métro, évidemment. Plus rapide mais aussi plus pratique. On passait par Eaton, Simpson's et autre commerces et on aboutissait presque toujours chez Dunn's pour un bon repas. On allait toujours au deuxième étage et c'était toujours particulier pour moi de manger un sandwich à la viande fumée avec ma grand-mère alors que pas très loin un pianiste se faisait aller les doigts sur un piano à queue. Durant les années 80 c'est avec des amis que j'y allais, souvent tard en soirée après avoir été voir un film au cinéma. 
 
Le cinéma Palace
 

 Ouvert en 1921 sous le nom de cinéma Allen, il prend le nom de Palace en 1923. Il n'y avait à l'époque qu'une seule salle. C'est en 1980 que le cinéma ferme temporairement et que d'importants travaux sont réalisés puisque l'on passe d'une salle à six. D'autres cinémas faisaient la même chose comme le Parisien ou le Loews. Mais pour moi, le Palace était mon endroit préféré pour y voir des films, parfois en matinée mais la plupart du temps en soirée avec des amis et il arrivait souvent que l'on y reste pour voir un second film. Le bâtiment a par la suite abrité le Mirafloria, puis un restaurant Five Guys qui a par la suite fermé ses portes. Aujourd'hui il n'y a plus rien de ce cinéma. Chose certaine, les portes du cinéma Palace que vous voyez sur la photo, eh bien je les ai passées plus souvent qu'à mon tour!
 
Omer DeSerres
 

Lorsque j'ai commencé ma formation en arts graphiques en 1982 il s'est vite avéré qu'Omer était un commerce inévitable pour tous le matériel requis (quoique Dessie, qui se trouvait en face, avait de très bons spéciaux). Il y avait aussi le Pavillon des arts, mais ça c'était sur St-Denis près d'Ontario donc ça ne compte pas. Que ce soit pour table à dessin, les pinceaux, l'encre, l'acrylique, les plumes techniques de type rapidographes, rubilith, mallettes de transport et autres, c'était la place. J'ai de bons souvenirs de mes visites à cet endroit dont ce jour où j'ai acheté de grandes feuilles cartonnées de 50 pouces par 50 pour un projet et où ventait à écorner les bœufs... 
 
Le Spectrum
 

(Crédit photo: La Presse)

Ah le Spectrum! Ouvert il y a de cela fort longtemps sous le nom de théâtre Alouette, l'espace a été reconverti en salle de spectacles qui a connu un immense succès pendant des années. Combien de fois suis-je allé voir de spectacles à cet endroit, allant de Paul Piché à Slayer en passant par quantité d'artistes des Francopholies, The Police, Primus, et combien d'autres! Le dernier spectacle que j'y ai vu a été celui de l'humoriste JiCi Lauzon. La disparition et subséquemment la démolition de cette salle mythique et certainement intimiste, a fait un trou dans le cœur, c'est certain. 

Le forum de Montréal
 
(Crédit photo: Archives de la ville de Montréal)
 
Que ce soit pour des parties du Canadien ou pour assister à différents concerts de grande envergure le Forum était un incontournable! Ouvert en 1924 sous sa forme architecturale initiale, le bâtiment s'est vu se moderniser en 1949 puis sous sa facture moderne telle qu'on la voit sur la photo, en 1968. Je me souviens avoir assisté à des spectacles de Rush, Queen, Black Sabbath, Madonna, David Bowie, Bryan Adams, Metallica et plusieurs autres. Quels souvenirs impérissables! L'ambiance de hockey y était aussi imcomparable; de la clameur de la foule, aux bruits de rondelles bien frappées et des employés se promenant dans les gradins en annonçant à haute voix "Bièèèère froide coooold beer!!". Sa fermeture en 1996 en a attristé plusieurs. Les fameux fantômes suivraient-ils jusqu'au centre Bell? Les avis sont encore partagés. 


 

Le saviez-vous? On ne connaît pas avec certitude l'origine toponymique de la rue Ste-Catherine. Il se peut que'elle ait été nommée ainsi par Jacques Viger en l'honneur de sa fille Catherine Élizabeth comme il se pourrait que la rue, qui aussi porté le nom de Ste-Geneviève et St-Gabriel, ait été nommée pour commémorer la fête de la Ste-Catherine. 

 
Dans mes oreilles: Le décès récent de Serge Fiori m'a fait ressortir de ma collection de disques ma copie de l'Heptade, un disque phare non seulement dans l'histoire musicale du Québec mais aussi du rock progressif. 
 

Sous mes yeux: J'ai ressorti un classique de la littérature, The Grapes of Wrath de John Steinbeck, et qui nous replonge dans l'Amérique des années 30 durant le tristement célèbre "dustbowl". C'est un livre que j'avais lu durant mes cours de philo au cégep dans sa version française. Cette fois c'est dans sa version originale. 

  

dimanche 23 mars 2014

Zoltan

Il se tenait là, dans l’entrée de l’arcade du centre commercial, du matin jusqu’au soir, parfaitement immobile en attendant patiemment. Très patiemment même. Il voyait quantité de jeunes passer devant lui et ne souhaitait qu’une seule chose; qu’un d’entre eux ne s’intéresse à lui. Parfois, pour attirer l’attention, il s’agitait un peu puis redevenait silencieux. En fait, ce qu’il attendait était un poisson. Pas dans le sens d’animal vertébré aquatique à branchies mais plutôt un jeune, du genre qui, attiré par l’étrange personnage, s’en approche et sorte, à sa demande, des sous en échange d’un service bien particulier. Tenez, je vais vous le présenter.


Zoltan était un sorte de mage, diseur de bonne aventure, tiré tout droit des pages des contes des mille et une nuits et qui résidait dans un petit cubicule décoré à l'orientale qui incluait même des p'tits rideaux. Le fonctionnement en était très simple : après avoir déposé la monnaie il fallait décrocher le combiné de téléphone à droite et ensuite peser sur l’un des douze boutons correspondant à notre signe du zodiaque. La boule de cristal s’allumait et Zoltan y allait ensuite d’une «prédiction» qui durait environ une minute après quoi la boule s’éteignait et Zoltan retombait dans sa torpeur. 


 Zoltan, faut bien le comprendre, n’était qu’un attrape-nigaud, quoiqu’un attrape-nigaud qui avait un certain style et qui fut conçu à la fin des années 60 par une compagnie du nom de Prophetron. La compagnie, avec une petite publicité bien cuite, vantait aux propriétaires d'arcades et de salles de jeux, les mérites du bidule en question.



Sur cette photo on peut voir le cabinet lorsqu'il est ouvert. L'éclairage, comme on peut le voir, n'avait rien de magique ou même d'exotique: deux néons tout simples. Outre l'assemblage rudimentaire des rideaux on peut voir aussi à l'intérieur de la porte le bouton de mise en marche ainsi que le fil menant au mécanisme vocal.


Zoltan quant à lui n'est rien d'autre qu'un buste en plâtre peinturé et sa boule de crystal n'est qu'un plafonier que l'on pouvait facilement se procurer dans les magasins de rénovation. Le tout est parfaitement amovible et lorsque retiré on peut accéder aux entrailles du personnage.


Voici ce qui constitue essentiellement Zoltan; un système électronique rudimentaire pour la mise en marche, le filage pour l'éclairage du cubicule, une ampoule rouge pour illuminer le globe que Zoltan «consulte» ainsi que le module vocal, lequel est relié au combiné de téléphone. Regardons maintenant le module vocal d'un peu plus près.


Il s’agissait d’un lecteur de ruban magnétique sans fin. Sur ce ruban se trouvaient 14 «prédictions» individuelles et le mécanisme en choisissait une au hasard, de sorte que mettre à nouveau une autre pièce de monnaie en choisissant le même signe vous garantissait une «prédiction« tout à fait différente. Insérez ici la blague de votre choix sur l’astrologie «moderne».

Il arrive que des gens, en voyant Zoltan, mentionnent l’avoir vu dans le film Big avec Tom Hanks. Or, ce n’est pas Zoltan que l’on voit mais bien une variante de Zoltar conçue pour le film. Zoltar était une machine qui ressemblait beaucoup à Zoltan mais qui est apparue après. D’ailleurs il se trouvé tout un tas d'autres copies utilisant des personnages différents allant d’une romanichelle à un diablotin en passant par un squelette, un magicien et même un chat botté. Ils fonctionnaient tous néanmoins sur le même principe: vous délester de vos 25 sous.







Le saviez-vous? On estime qu’il n’y a eu qu’une soixantaine d’unité de Zoltar construites. Il est possible que le coût relativement élevé du lecteur de ruban sans fin Cousino en soit la cause. Et un de ces soixante Zoltan se trouvait à l'entrée de l'arcade des Galeries d'Anjou où je me suis fait avoir une fois. Une.

jeudi 31 octobre 2013

Machine à boules Haunted House de Gottlieb

Je pouvais passer des heures dans les arcades de jeu, même après avoir épuisé ma réserve, spécialement constituée pour l’occasion, de vingt-cinq sous. Je m’amusais à déambuler, à admirer les différentes machines ainsi qu’à observer les autres jouer afin d’y découvrir de nouvelles stratégies. À cette époque les fameuses machines à boules, comme on les appelait, constituaient encore la majorité des appareils que l’on retrouvait dans les arcades. Les cabinets de jeux vidéo électroniques munis d’écrans monochromes n’étaient pas si nombreux au début mais au fil des ans leur nombre a considérablement augmenté. Les Space Invaders, Galaxian, Pac Man et autres ont eu beau arriver à la queue-leu-leu, les machines à boule leur opposaient encore et toujours une farouche résistance et certains ne juraient que par elles. Je les aimais bien moi ces machines-là, surtout pour le graphisme qui ornait leurs tableaux de pointage, parfois mécaniques pour les plus vieilles, parfois numériques pour les plus récentes. Par contre, histoire de mieux faire face à la compétition des pixels, les concepteurs de «pinballs» ont du rivaliser d’audace afin de créer des machines de plus en plus ingénieuses comportant tout plein de fonctions spéciales et parfois tonitruantes tant visuellement qu’auditivement afin d’attirer les joueurs. Cependant, et à mon avis bien personnel, aucune de ces machines n’était aussi exquise que ma grande préférée d’entre toutes:

Vous vous en seriez douté.

Haunted House fut une machine à boules conçue par John Osborne et fabriquée par la compagnie Gottlieb en 1983, laquelle a produit au total quelques 6,835 unités. Les illustrations tant sur le tableau de pointage que sur la table de jeu ont été exécutées par Terry Doerzaph et je dois admettre que celui-ci a fait un travail du diable. Il ne s’est certainement pas gêné pour piger dans la boîte des clichés; maisons victorienne, hibou, corbeau, arbres morts, éclairs, pierres tombales et personnages inquiétants.

 
Le jeu en action.

J’ai englouti dans cet appareil une quantité assez appréciable de vingt-cinq sous au fil des ans. Quel plaisir que c’était de voir tous les effets visuels s’illuminer, tous accompagnés de toutes sortes de sons. Que dire aussi du passage secret, de la trappe qui permettait de jouer dans une sorte de donjon ainsi que du plateau supérieur! Et même si je n’y jouais pas j’aimais bien regarder les autres y jouer et continuer d’admirer le tout. Cette machine, en autant que je peux m’en souvenir, était fort populaire. Il s’en trouve encore un certain nombre en circulation ainsi qu’entre les mains de collectionneurs. Une unité en condition respectable peut toutefois commander quelque chose comme $2,000.
 

Saviez-vous ça vous autres? À Longyearbyen en Norvège le cimetière est plein pis l’permafrost y’empêche les morts de décomposer. Ti-peu problématique. Faque les autorités ont trouvé la solution pis on trouve que c’est pas pire pantoute : vous restez à Longyearbyen? Z’avez pas l’droit de crever. Illégal. Sérieux là. Donc, vous voulez vivre éternellement? Déménagez donc là-bas!
 

dimanche 22 avril 2012

Galaxian


 Ce qu'on aimait le plus quand j'étais relativement plus jeune, *tousse*les années 70*tousse*, c'était d'entrer dans une de nos salles d'arcades préférées et d'apperçevoir une nouvelle machine. Mieux: la voir carrément arriver. Voir les types l'installer et le propriétaire de la salle la brancher puis la mettre en marche était effectivement un spectacle rare mais assez fascinant. Les machines à boules avaient encore la cote mais les jeux vidéo commençaient à prendre de plus en plus de place, surtout que la technologie avançait rapidement,comme je l'écrivais dans un autre article.

Les jeux vidéo, on s'en doute, était l'apanage des compagnies japonaises qui se livraient une compétition dont nous étions évidemment les bénéficiaires. Space Invaders, qui avait créé une petite commotion dans les salles d'arcade était le bébé de Taito et pour Namco l'objectif était de plaquer Space Invaders dans la bande. C'est ce qu'ils ont tenté avec Galaxian.

Le jeu reprenait un peu le concept de Space Invaders; une horde d'envahisseurs en haut de l'écran tentent par tous les moyens de transformer le joueur en écrapou. Mais avec Galaxian la formule était plus poussée tout en utilisant une technologie nettement supérieure. L'électronique qui faisait fonctionner Space Invaders était taxée au maximum et n'utilisait que deux couleurs: le blanc et le vert. De plus, la grande quantité d'extra-terrestres au début de chaque partie était presque trop pour le processeur, ce qui faisait qu'ils se déplaçaient très lentement puis, plus rapidement au fur et à mesure qu'ils disparaissaient, le processeur ayant moins de choses à afficher.

Pour Galaxian ce fut complètement différent. Il y avait d'abord l'électronique et le processeur du jeu qui avaient été spécialement conçus pour faire fonctionner, le Namco Galaxian utilisant une puce Zilog Z80. Le premier avantage, et certainement le plus visible fut des graphique tout en couleurs. Galaxian fut d'ailleurs le premier jeu d'arcade à utiliser le RGB.

Le quoi?

Le RGB. Pour Red, Green et Blue. Le rouge, le vert et le bleu sont des couleurs primaires qui, en s'additionnant, permettent d'obtenir d'autres couleurs, comme le montre le graphique ci-dessous:

Notez que l'addition de toutes les couleurs donne... du blanc.

L'autre innovation fut la façon dont les extra-terrestres attaquaient le joueur. Pour Space Invaders ils se déplaçaient de façon latérale, descendant d'un «étage» à chaque fois qu'ils touchaient à l'un des deux côtés. Avec Galaxian ils descendaient comme des avions de chasse en piqué, partant à gauche ou à droite et bifurquant tout en bombardant. Ils descendaient seuls ou en petit groupe, ce qui rendait la tâche plus difficile. Space Invaders n'avait pas de fond d'écran proprement dit, il s'agissait plutôt d'un carton sur lequel était imprimé une illustration. Galaxian avait un fond d'étoiles qui déroulait indépendamment des extra-terrestres.

Space Invaders n'avait, comme «musique», qu'un tempo à deux notes qui s'accélérait au fur et à mesure que le je jeu avançait. Galaxian avait sa propre musique, rudimentaire soit, mais nettement plus complexe. Il y eut aussi d'autres innovations comme l'utilisation de couleurs différentes pour afficher le pointage et le pointage le plus élevé ainsi que l'affichage du nombre de vaisseaux restants et du nombre de «rounds» complétés. La combinaison de tous ces éléments fit de Galaxian un jeu beaucoup plus difficile que Space Invaders. Galaxian ne parvint pas à déloger complètement son rival en terme de popularité mais jetta néanmoins les bases de qui allait devenir le standard pour les jeux à venir, dont Pac-Man.



Évidemment les jeux japonais ne pouvaient pas être tout simplement achetés là-bas. Pour les propriétaires d'arcades il fallait passer par un distributeur et dans le cas de Galaxian ce fut Midway, le même Midway qui avait «importé» Space Invaders quelques années plus tôt. Ce fut très lucratif pour Namco tout comme pour Taito, ce qui permit à Midway de faire une meilleure compétition à son rival, Atari.

 

Le saviez-vous? Le p'tit vaisseau que l'on contrôle dans Galaxian fait une apparition comme friandise «bonus» dans le jeu Pac-Man dans les tableaux 9 et 10. Le gober vous donne 2000 points.Aussi, le plus haut pointage jamais enregistré appartient au néerlandais Aart van Vliet qui est parvenu à atteindre 1,653,270 points le 27 mai 2009.

jeudi 28 avril 2011

Space Invaders


Space Invaders, comme je l'ai mentionné brièvement dans un article précédant portant sur les arcades, est un jeu qui fit son apparition en 1978. On le doit à Tomohiro Nishikado, alors à l'emploi du développeur Taito au Japon. Le jeu, initialement nommé Space Monsters, eut plusieurs inspirations dont Breakout, tout en y apportant des modifications. Ainsi, plutôt que d'envoyer une balle sur des objets statiques, le joueur tirerait des projectiles sur des cibles mobiles. Au début, Nishikado ne savait trop quelle forme donner aux ennemis. Il passa de tanks à des avions de combat puis des destroyers mais n'arrêta pas son choix sur aucun d'entre eux. Ce n'est qu'après avoir lu un article sur Star Wars que Nishikado décida d'utiliser un thème spatial. Il créa certains envahisseurs d'après les monstres de La Guerre des Mondes de H.G. Wells puis d'autres variations basées sur des pieuvres et des crabes. 

La carte-maîtresse, le processeur vidéo, la mémoire, bref, toute la technologie rudimentaire derrière le jeu.

Tout ça était bien beau sur papier mais transposer tout ça en un jeu électronique n'était pas aussi facile et Nishikado se rendit compte qu'il aucun processeur assez puissant au Japon pour pouvoir concevoir et programmer Space Invaders. Il a donc dû tout créer lui-même, des composantes électroniques aux outils de programmation. Il put toutefois construire le panneau électronique du jeu en utilisant de tout nouveaux processeurs en provenance des États-Unis.

La publicité pour la version "cocktail table".

Le jeu utilisa un processeur Intel 8080 et le bruitage fut généré par des circuits analogue. Nishikado ne put toutefois programmer le jeu tel qu'il le voulait parce que le processeur, aussi récent et puissant pouvait-il être, n'était pas assez puissant pour faire bouger tous les extra-terrestres avec la rapidité qu'il le souhaitait. Nishikado remarqua cependant que moins il y avait de bibittes sur l'écran plus le processeur pouvait les faire bouger rapidement. Plutôt que de compenser, Nishikado conserva cette particularité en tant que mécanique de jeu.

 Le mécanisme de perception des trente sous (ou des jetons).

Ironiquement, le design sur le côté de la machine nous montre des monstres qui ne figurent nulle part dans le jeu. C'est tout simplement parce que l'artiste s'est inspiré du nom du jeu (alors en développement) et qui était Space Monsters.  

Le panneau de contrôle.

Space Invaders ne fut certainement pas le premier jeu vidéo à faire son entrée dans les arcades de jeu, de loin s'en faut, mais il fut celui qui révolutionna l'industrie de par son concept. Je me souviens d'ailleurs du jour où la machine est arrivée à l'arcade des Galeries d'Anjou. L'attroupement autour, j'vous dis pas!



 Le fond d'écran sur lequel reposait la vitre-miroir à 45 degrés.

Le jeu a évidemment été copié plus d'une fois dans son concept. Outre les version d'arcade renommées (bootleg) on a retrouvé des variantes chez Texas Instruments avec son TI Invaders, Intellivision avec Space Armada et Cosmic Invaders sur les ordinateurs TRS-80 entre autres.

La version de l'Atari 2600.

La version de Mattel Electronics pour l'Intellivision.

 La version de Texas Instruments pour l'ordinateur TI 99/4a.



Le saviez-vous? Quand le jeu fut introduit au Japon il fut si populaire qu'il provoqua une pénurie de pièces de 100 yen et depuis ce jour le jeu a permis à Taito d'engranger plus de $500 millions en profits.

dimanche 30 janvier 2011

Les arcades de jeu

C'était l'époque bien avant les consoles Xbox, Playstation et autres du genre alors que les Atari 2600, Pong et Intellivision, entre autres, commençaient à peine à entrer au compte-gouttes dans les maisons. Pour la grande majorité des jeunes de la génération X comme moi, il y avait un endroit bien particulier où l'on pouvait se défouler à fond avec toute une foule de jeux vidéo.
Cet endroit était l'arcade de jeu, essentiellement un grand espace commercial rempli à craquer de machines pour tous les goûts. Dans ce temps-là on en trouvait un peu partout. Chaque centre commercial en avait au moins une et il y en avait plus d'une douzaine sur la rue Ste-Catherine à elle seule.

La première dans laquelle j'ai mis les pieds fut celle des Galeries d'Anjou, en 1975 mais inutile de chercher car non seulement elle a fermé il y a bien longtemps mais l'endroit ne ressemble en rien à ce qu'il était. À cette époque on faisait l'épicerie au supermarché Dominion, lequel n’existe plus également. Une fois l'épicerie faite les adultes allaient faire quelques courses ailleurs mais pour moi il était hors de question pour moi de suivre comme un p’tit chien-chien alors je disais que j'attendrais à la boutique d'animaux. Pas longtemps que j'y restais dans la boutique d'animaux. Ben tiens! Je bifurquais rapidement vers l'arcade située juste à côté dont l'entrée était surveillée par Zoltan, un attrape-nigaud dont je vous reparlerai dans un prochain article.
Là, tous alignées d'une côté comme de l'autre se trouvaient plein de pinballs et, plus au fond, les machines de jeu vidéo. Si certaines arcades fonctionnaient avec des 25 sous d'autres, comme Le Jeu, ne pouvaient se jouer qu'avec des jetons qu'il fallait échanger sur place avec le préposé. Celui-ci se promenait de long en large avec un tablier rouge à la ceinture qui contenait les jetons. On allait le voir en lui donnant de l'argent tout en prenant soin de lui mentionner combien de jetons on voulait avoir. Il y avait évidemment grande crainte de la part des parents que leurs enfants ne manquent l'école pour se retrouver dans les arcades alors plusieurs d'entre elles affichaient des panneaux bien à vue à l'entrée et qui interdisait l'accès aux mineurs durant les heures de classe. À savoir si le règlement était effectivement appliqué, c’est une toute autre histoire.
L'ambiance, comme je le mentionnais plus haut, était dans la plupart des cas assourdissante de par le son de multiples machines sur lesquelles jouaient plein de gens. Les murs étaient souvent tapissés de miroirs et il y avait aussi de la musique qui jouait à volume élevé. On y entendait généralement les gros hits du temps. Les plus grosses arcades comptaient deux étages et si on y allait à plusieurs on risquait de se perdre de vue assez facilement. Évidemment les graphiques des jeux étaient rudimentaires et pour cause, la technologie de l'époque étant relativement limitée alors l'accent était mis sur le plaisir de jouer et ce, de façon toute simple. Avec les années les microprocesseurs sont devenus de plus en plus perfectionnés et performants, permettant ainsi de voir arriver des jeux de plus en plus complexes. De plus, les fabricants, comme Namco, Bally-Midway, Sega, Taito, Konami et rivalisaient d’audace et d'innovation dans la conception de leurs cabinets. 
Ce qu’il y avait d’intéressant, en se promenant dans les allées, était d’admirer les décorations des différentes machines de jeu. Celles-ci étaient bien entendu conçues pour attirer l’attention, puis les sous des joueurs. Chose certaine, il se trouvait une très grande variété de graphiques que j’aimais beaucoup regarder.
Il y avait dans les arcades quelques règles non écrites. Ainsi, il arrivait que des gens veuillent jouer à un jeu populaire mais en arrivant devant la machine ils trouvaient celle-ci déjà occupée par quelqu'un. Il fallait alors évidemment attendre, cela va de soi mais si on voulait être certain d'être le prochain à jouer il fallait déposer son où ses jetons, bien à vue sur la machine. Toutefois, celui qui jouait avait la priorité et pouvait jouer sur la machine tant que ça lui plaisait. S'il fallait qu'il aille chercher d'autres jetons alors il perdait sa place. Les plus malins envoyaient un ami chercher d'autres jetons. Se tenir à côté comme ça pouvait être long surtout si le jeu était populaire mais du même coup, à voir quelqu’un jouer permettait souvent d’apprendre des trucs et des astuces.
Serait-ce un jeune Pluche? 

Les machines coûtaient assez cher. Certaines étaient louées alors que d'autres étaient achetées. Lorsqu’une machine avait fait son temps elle se retrouvait sur le marché des machines usagées où elles pouvaient être acquises par des propriétaires d'arcade indépendantes moins fortunés, des casse-croûte, des campings et autres endroits du genre. Il arrivait aussi qu'une machine devenait défectueuse et qu'au lieu de la faire réparer le cabinet était gardé pour y loger un autre jeu, parfois maladroitement.

Ces machines "frankenstein" comportaient souvent des morceaux dépareillés, n'étaient pas équipées des contrôles appropriés et donc, se jouaient très mal. Parfois c'étaient les écrans eux-mêmes qui n'avaient pas été faits pour les cabinets et les propriétaires semblaient parfois les avoir fait entrer à coup de masse. Un autre problème de ces "transplantations" était que les écrans, après avoir joué un jeu donné pendant un certain nombre d'années, gardaient les graphiques du jeu en question bien imprimés alors on pouvait par exemple jouer à Pac Man sur un écran qui avait gardé les traces très nettes de Space Invaders. Sans compter toutes celles dont les panneaux de boutons étaient farcies de brûlure de cigarettes, car dans ce temps-là ça fumait dans les arcades.  Des joueurs, ne pouvant s'empêcher de griller une clope ne serait-ce que deux ou trois minutes, déposaient leur cigouille sur le bord et prenaient une poffe durant les changements de niveau alors ça laissait des traces, évidemment. 

Au milieu des années 90 les arcades de jeu ont tranquillement disparu, ne pouvant faire compétition aux consoles de jeu bon marché comme Nintendo et PlayStation. Sur la rue Ste-Catherine il ne reste plus qu'une seule arcade mais qui n'a pratiquement plus rien de ce qu'elle était à l'époque, n'étant, tout au plus qu'une pâle momie médiocre de l'original. Les centres commerciaux se sont pour la plupart départis de leurs arcades, souvent remplacés par des espaces sombres et tranquilles, interdits aux moins de 18 ans et dans lesquels se trouvent des machines à sous et quelques postes internet.




Le saviez-vous? La machine qui a le plus rapporté de sous à ses concepteurs est Space Invaders. Entre 1978 et 1980 il s’est fabriqué et vendu plus de 360,000 machines pour un revenu US (avec l’inflation de 2015) de $9.7 milliards.1