samedi 15 août 2026

Par un 15 août 1975

 

(Photo: Jean-Yves Létourneau, « 11 août 1975 », Fonds La Presse 
 Archives nationales à Montréal, P833,S5,D1975-0318)

C'est le quinze août 1975. La bande de gamins sur la photo qu'a prise Jean-Yves Létourneau quatre jours auparavant, ça aurait pu être mes copains et moi. Mêmes styles, mêmes vêtements et même joie de vivre. L'ivresse de liberté qui nous habitait depuis la fin des classes  commence à s'estomper car au pas trop loin à l'horizon les sombres nuages de la rentrée scolaire se font voir et sentir. On va devoir dégriser de ladite liberté. Pour certains, les effets scolaires sont déjà achetés alors que pour d'autres ça va se faire dans les jours qui suivent. Un triste évènement pour plusieurs, comme j'en parlais ici
 
Alors on essaie d'étirer les jours, pédale au tapis et on tente d'extirper le plus que l'on peut de plaisir avec ce qui nous reste dans le réservoir. Déjà on sait, le soleil commence à se coucher plus de bonne heure et la nuit venue on ferme les fenêtres de nos chambres car le mercure descend une fois le soleil couché. 
 
Par ce vendredi matin c'est les vacances comme d'habitude. Ma grand-mère qui lit son journal parle d'un conflit entre l'Alliance des professeurs et la CECM (Commission des écoles catholiques de Montréal, aujourd'hui la CSDM). Ah, ce serait chouette que la rentrée soit repoussée! On pourrait continuer à s'amuser dehors au lieu d'aller en classes. Je n'y connais rien à rien et je fabule mais un enfant a bien droit de rêver, non? 
 
Après le p'tit déjeuner je sors dehors sur le balcon. Ma grand-mère me dit de ne pas aller trop loin et de revenir pour le dîner. C'était comme ça dans le temps, on partait dehors à l'aventure sans que les parents ou les grands-parents ne sachent où l'on était ou ce que l'on faisait. Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire encore, je laisse ça à l'air du temps, comme toujours. Et parlant de temps, au ciel il fait soleil mais y'a des nuages qui passent souvent. C'est confortable au moins. 
 
Je m'en vais dans les ruelles avoisinantes et déjà y'a plein d'enfants qui s'amusent déjà. Les ruelles d'Hochelaga c'était notre terrain de jeu plus que n'importe quoi d'autre. Avec certains je me suis amusé tout l'été alors que certains autres me sont inconnus. Ça ne faisait pas un pli sur la différence. Connais, connais pas, ça n'avait aucune importance. Ce qui comptait c'était d'avoir du plaisir ensemble. Une idée de jeu n'attendait pas l'autre.
 
Puis, y'a Isabelle comme du miel qui s'amène. Un joli brin de fille aux cheveux noirs et au teint légèrement basané qui sent bon les fraises. On s'aime bien elle et moi. souvent, lorsque je jouais dans la cour elle s'amenait comme ça et embarquait dans mes jeux, même si c'était de mettre les deux mains dans la terre ou avec les Tonka. 

Fait un brin que l'on ne s'est pas vu. Plus que trois semaines. En juillet j'étais à Wildwood avec la famille et quand je suis revenu elle était partie dans un camp de vacances pour deux semaines. J'veux tout savoir de son camp et elle veut tout savoir de mon voyage. On s'installe pas loin, assis sur un vieux banc pas loin des autres enfants qui jouent. On jase et on rigole au son des ballons qui rebondissent, du «pow pow t'es mort», de jappement de chien et des cordes à linge. 
 
La première chose qu'on sait c'est l'heure du dîner. On sait parce que mères ont commencé à apparaître sur les balcons comme les souris dans Sourissimo. «Viens manger Nathalie, on mange du spagatte!!» lance l'une d'elle. «Carole, enweille à maison là, c'est l'temps de dîner!» tonne une autre. 
 
C'était comme ça dans 'Shlag à l'époque. Quand une mère voulait voir son enfant elle criait son nom à partir du balcon. Pas de réponse? Elle demandait aux enfants où sa progéniture était. Ça se propageait rapidement et en moins de cinq le message était passé. Un mauvais coup? Toutes les mères du coin le savaient cinq minutes après le méfait. Gare aux fesses! car oui, dans l'temps, la fessée, administrée à la main ou avec une tapette à mouche, était la norme. La punition corporelle était suivie de la phrase assassine: Attend que ton père arrive! 
 
Isabelle est retournée chez elle et ne sera pas malheureusement pas dans le paysage durant l'après-midi, sa mère devant l'amener acheter des nouveaux vêtements pour l'école. La pauvre. Toutefois elle ne semble pas avoir autant d'aversion pour l'école que moi. 

Pour ma part ma grand-mère m'a préparé un sandwich aux œufs comme je les aime bien, dégusté devant le canal 10 à regarder Les bout's chou. Après quoi je refile dehors, dans la cour cette fois car je me suis souvenu d'un projet d'excavation d'importance que j'avais entrepris plus tôt durant la semaine avec mes Tonka. Pas longtemps que j'ai les mais sales de terre que je vois arriver de par la ruelle, au travers les planches de la clôture, mon ami Alain, qui demeure plus bas sur Aylwin. Nous sommes de grands portes lui et moi. Toujours comme des larrons en foire. Il ouvre la porte de la cour comme celui qui ouvre les portes du saloon western et qui annonce quelque chose d'importance. Il me dit qu'il a trouvé quelque chose d'extraordinaire et me fait signe de le suivre. Pas besoin de dire que les Tonka ont vite prit le bord. 

Dans la ruelle plus loin, Alain me montre le trésor qu'il vient de trouver: une grosse boîte vide de réfrigérateur en carton. Toute neuve même! On se regarde comme si l'on avait trouvé un coffre rempli de pièces d'or. Et pour nous, c'était tout comme. On a vite ramené cette boîte dans ma cour, en plein milieu. On a tourné autour comme des scientifiques observant un drôle de phénomène. Un bateau? me lance Alain. Un sous-marin, pourquoi pas, que je lui répond. Hum. On tourne autour encore un peu. Il me soumet une autre idée: une capsule spatiale! Oui, que je lui répond avec empressement. On peut aller dans l'espace, sous l'eau, où l'on veut. Ça nous prend des panneaux de contrôle. Tout de suite on entre dans ma cuisine et je sors des feuilles de papier avec ma boîte de crayons de cire. On se met à barbouiller des écrans, des leviers, des boutons et plein d'autres choses que l'on croit utiles. On s'en va coller tout ça en-dedans de la boîte de carton. 
 
On décolle. Pour faire plus vrai on «bardasse» la boîte de carton avec nos pieds. Au bout d'une minute on s'échange des informations très techniques. C'est sérieux notre affaire. Une autre minute après on amorce l’atterrissage sur un planète éloignée et inconnue. C'est vite de même. On sort mais on se rend vite compte qu'il nous faudra des pilules d'oxygène. Ça on a chipé ça à Fusée XL-5. Comme il n'y a pas de ces pilules autour de nous on se dit qu'il doit bien y avoir un marchand qui acceptera de nous en vendre. Mais acceptera t-il l'argent Monopoly où les pièces de monnaie en plastique? Peut-être pas. L'idée nous vient de ramasser des cristaux que l'on pourra utiliser pour acheter nos pilules. On dit des cristaux mais dans le fond, ça veut dire trouver des bouteilles vides de boissons gazeuses. Alors on arpente, comme on l'a fait tant des dans le passé, les ruelles de cette planète étrange. Comme toujours, on en trouve, deux, quatre, cinq, sept. On a même un gros; c'est écrit Soda Mousse Denis. 

Nous sommes en affaire. 
 
Grâce à notre radar-o-tron patenté on devine rapidement l'emplacement du marchand (il est sur la rue Joliette mais nous on entre par l'arrière via la ruelle). Le boucher nous voit passer et nous envoie la main. Ça c'est dans le temps où les épiceries de quartiers employaient des bouchers à temps plein. On se rend à l'avant, près du long comptoir à bonbons tout en mettant nos «cristaux» dessus. Le marchand extra-terrestre dans le fond, on le connaissait bien et il nous connaissait tout autant. En échange de nos bouteilles on a droit chacun à un bon sac que l'on peut remplir avec ce que l'on veut. Les pilules d'oxygène, croyez-le ou non, étaient toutes en chocolat. Allez savoir. Ha, et ne pas oublier quelques tatouages temporaires
 
On revient dans la ruelle pour se rediriger vers notre capsule qui nous attend patiemment. En chemin l'ami Patrick retontit et s'en vient à notre rencontre. Hé vous jouez à quoi? qu'il nous demande. On est des astronautes et on explore une planète étrange, qu'on lui répond avec tout l'enthousiasme dont nous sommes capables. Cool! Je vais faire l'extra-terrestre. Et il part en trombe chez lui, qui était de biais avec chez-moi, donc un trajet fort court. Et là, on se demandait bien ce qu'il était allé chercher pour se donner un air extra-terrestre. Deux minutes plus tard il revient avec une serviette de plage en guise de cape et il s'est mis deux 45-tours dans les oreilles. On a bien ri! 
 
Puis, sur la rue Aylwin, devant la cour, nous sommes tous les trois à se demander quelle planète on ira visiter quand se fait entendre le sifflet où se trouve le chantier du métro Joliette. Douze coups! On sait ce que ça veut dire: un dynamitage s'en vient. On accoure au coin d'Hochelaga, pas très loin et on se tient sur le coin, un peu accroupis en attendant l'explosion parce que c'est comme ça qu'on la ressentait le mieux. 
 
BOUM! 

La station de métro Joliette en construction, 1975. 
Photo: Archives de la Ville de Montréal


Et c'était une bonne secousse. Depuis les débuts des travaux ils en avaient fait sauter pas mal de dynamite. Heureusement les maisons autour étaient solides! Mais des détonations, il y en avait pas mal moins et elles étaient même assez rares en 75 car le gros du dynamitage avait eu lieu en 74. Mais parfois il fallait un p'tit coup pour débloquer quelque chose. On ne s'en plaignait pas puisque ça nous amusait à tout coup. Ça faisait drôle tout de même de voir tout ça se faire construire. Avant même les premiers coups de pelle mécanique l'emplacement de l'édicule nord était Dupuis Marine où l'on vendait des bateaux alors qu'à l'édicule sud c'était un concessionnaire de voitures usagées. Mais une fois le métro terminé en 76 on pourra aller plus facilement au centre-ville. Jusque là, pour s'y rendre, on prenait l'autobus de la rue Ontario jusqu'à la station Frontenac laquelle était alors le terminus de la ligne verte à l'est. 

Une fois la poussière retombée nous sommes descendus sur la rue Aylwin. Plus bas, il y avait un terrain vacant avec les restes d'une maison en bois. Tous les enfants du coin se faisaient dire de ne pas aller y jouer, que c'était dangereux, mais notre curiosité était trop forte. Le pire qui nous soit arrivé a été de sortir de là avec des pique-piques. 
 
Pas de loin de chez-moi que j’entends ma grand-mère qui m'appelle. Y'a madame Langlois qui reste plus bas sur Aylwin qui aimerait que j'aille faire une commission pour elle à l'épicerie du coin. Pour les enfants de mon âge faire des commissions ça faisait partie de nos «tâches connexes». On nous envoyait au marché pour aller chercher ceci ou cela. Madame Langlois était une vieille dame, toujours souriante mais qui avait un peu de difficultés à marcher. Elle voulait simplement une pinte de lait, une boîte de sauce tomates et d'un billet de loterie. Ah si, parce que dans l'temps les enfants pouvaient acheter tout ce dont les «donneux de commissions» avaient besoin de; loto, cigarettes, bière, en plus de l'épicerie habituelle. Madame Langlois était généreuse avec ses pourboires: vingt-cinq sous! Une fortune à l'époque. En recevant ma pièce je remarque l'horloge sur son mur, il approchait 16 heures. 
 
En redescendant y'a Alain et Patrick qui m'attendent. «Yé presque quatre heures les gars.» On savait ce que ça voulait dire. On s'envoyait la main et on s'en allait tous chez-nous afin de pouvoir regarder Patofville au canal 10 et ça on ne voulait pas manquer pour rien au monde!


C'est que, voyez-vous, Patof (le regretté Jacques Desrosiers) c'était plus qu'une émission pour enfants, Patof c'était un phénomène culturel et l'émission allait certainement devenir encore plus intéressante avec l'arrivée d'un tout nouveau personnage, monsieur Tranquille (interprété par Roger Giguère) et dont j'ai parlé ici

Après l'émission je retournais dans la cour. Les amis, je les reverrais le lendemain mais pas avant d'avoir acheté et lu mon Pif Gadget parce que le samedi matin la première chose que je faisais était d'aller au magasin de variétés d'en face pour me procurer mon dernier numéro, ensuite sur le balcon, je prenais tout mon temps pour le lire (et tenter d'assembler le gadget). Mais aujourd'hui, je prend de l'avance. J'ai vu le nouveau numéro lorsque j'ai fait la commission pour madame Langlois alors je traverse la rue et m'en vais me le procurer. Le 25¢ que j'avais déjà plus celui que m'a donné madame Langlois va vite régler la facture. Et là, sur le balcon, je regarde mon Pif. J'ouvre ou j'attends demain matin... Dilemme. 

La question demeurait: ouvrir, ou pas?
(Photo: Collection personnelle) 

 


Le saviez-vous? La variété du sous-sol montréalais a obligé les constructeurs du métro à se plier à ses caprices. Parfois il y avait beaucoup de roc, et parfois très peu. Certaines stations sont fort profondes alors que d'autres sont très proches de la surface. Cette particularité explique pourquoi les tunnels sont souvent comme des mini-montagnes russes.  
 

 
 

samedi 21 mai 2022

Le Pif Gadget de la semaine - No. 138

 

(Photo: Collection personnelle)

Ce numéro de Pig Gadget est apparu en octobre 1971 et le gadget de la semaine est l'encyclopédie magique. Il y a d'abord le plateau à assembler, principalement du carton pré-plié et qui forme un boîte rectangulaire. Sur le dessus, un côté comporte des questions et de l'autre les réponses. Pour faire fonctionner le gadget, il suffisait de prendre la figurine de Pif (qui pointe du doigt) et la placer sur le socle côté "Questions" et de lui faire pointer une question en particulier. Puis, on déplaçait Pif sur le socle du côté "Réponses" et Pif, comme par magie, tournait sur lui-même pour pointer la bonne réponse. Pas de magie ici, nenni. 

En fait, ce gadget remonte à 1935. La compagnie britannique J&L Randall publiait des jeux scientifiques sous la bannière Merit  à mit sur le marché le jeu Magic Robot en 1935. Le truc était simple: le personnage sur le dessus, que ce soit Pif, un robot ou autre, était en fait guidé par des aimants dissimulés en-dessous. Toutefois, le concept n'était pas nouveau en soi puisqu'un certain J.A. Goodson  a obtenu un brevet en 1892 pour un jeu magnétique mais on attribue généralement la version moderne à l'auteur de livres pour enfants Gösta Knutsson. 

Le jeu, inutile de le mentionner, a fait un tabac et a été publié dans plusieurs pays d'Europe avec traductions d'usage. Il y a également eu quantité de version différentes où le robot prend la forme d'un hibou savant, de Confucius, le chien Snoopy ou autre savant. Chez Pif Gadget on avait simplement reprit le concept en l'intégrant dans un magazine qui coûtait l'équivalent de cinquante sous. Bref, un bien beau gadget facile à assembler pour des heures de plaisir. 



Le saviez-vous? Le mot robot a été inventé par le Tchèque Josef Čapek (prononcé Tchapek) et propagé par son frère Karel dans sa pièce de théâtre de science-fiction Les Robots universels de Rossum, vers 1920. Il provient du mot tchèque robota, qui signifie «travail forcé», «servage», «esclavage», «travail pénible de l’esclave». 

samedi 14 mai 2022

Le Pif Gadget de la semaine - No. 116

 

(Page couverture Pif Gadget no 116. Photo: Collection personnelle)

Ce numéro de Pif Gadget (notez qu'il ne porte plus le nom de Pif et son gadget) est sorti en mai 1971. Il faudra attendre un peu moins d'un an pour que l'hebdomadaire soit distribué au Québec. En attendant, le gadget à l'honneur est celui des osselets (en plastique, bien entendu). Il s'agit d'un jeu dont les origines remontent à la Grèce antique et dont la popularité se soit répandue par la suite, notamment dans l'empire Romain dont des pièces de jeu ont été découvertes à Herculanum. On peut s'en procurer encore aujourd'hui dans des boutiques de jeux pour une somme modeste quoiqu'ils ne soit plus fabriqués d'os d'animaux depuis bien longtemps! 

Sous le logo de Pif apparaît la mention "Tout en récits complets", ceci signifie que contrairement au journal de Tintin, Spirou ou Pilote, toutes les aventures que l'on retrouve dans les numéros ne sont pas à suivre la semaine suivante. Il y aura toutefois quelques exceptions avec les aventures de Rahan, 

La page couverture est l'oeuvre de Jean Cézard, à qui l'on doit dans Pif les aventures de Suplouf le corsaire, Arthur le fantôme ainsi que les Rigolus et les Tristus. La numérotation au bas à droite, (No 1354) est la continuité du journal Vaillant, dont j'ai parlé dans l'article sur Pif précédent. 

(Publicité des vêtements sportifs Adidas, page 9, numéro 116. Photo: Collection personnelle)

Depuis mes premiers numéros j'ai toujours aimé voir ces publicités d'outre-mer dont les produits, marques de commerces et jouets n'étaient largement pas disponibles ici, au Québec. Parfois, il y avait exception, comme ici avec les vêtements de sport de la marque Adidas. Ils étaient fort populaires ici aussi, tant les vêtements que les espadrilles ou sacs de sport. 

(Recto de Pif Gadget, no 116. Photo: Collection personnelle)

Le recto de l'hedomadaire nous propose, pour ce numéro, un gag de Corinne et Jeannot, personnages créés et dessinés par Jean Tabary, à qui l'on doit également Iznogoud. Corrine et Jeannot ont fait leur première apparition en 1959 et faisaient partie de la bande de Totoche. Dans la série qui se trouve dans Pif Gadget, Corinne est une véritable chipie qui ne cesse de tourmenter le pauvre Jeannot. À plusieurs reprises, dans le courrier des lecteurs, on réclame justice pour Jeannot mais qui ne lui sera jamais servie. Les deux personnages sont apparus dans sept albums, dont le dernier est apparu en 1988, ainsi que Les vacheries de Corinne, un mensuel en format poche publié en 1978. 





Le saviez-vous? Ils sont à l'origine des dés sous le nom d’astragaloi, comportant quatre faces planes, deux larges et deux étroites. Dès l'antiquité, le jeu se jouait également comme jeu d'adresse de lancement, le penthelita.


samedi 7 mai 2022

Le Pif Gadget de la semaine - No.87

 

(Page couverture, Pif Gadget #89. Photo: Collection personnelle)

Le 24 février 1969 apparaît un nouvel hebdomadaire pour les jeunes: Pif et son gadget. Si le format est nouveau, le contenu l'est moins puisque les éditions Vaillant reprennent en grande partie les personnages qui apparaissaient dans le journal qui le précédait, soit le Journal Vaillant, paru pour la première fois en 1945. Le choix du mot "Vaillant" n'est pas fortuit. il fait référence, d'une part, au mouvement communiste de jeunesse "des Vaillants et des Vaillantes " et de l'autre il évoque le titre du bien connu journal catholique pour la jeunesse Cœurs Vaillants, publié depuis 1929 et qui était alors provisoirement interdit pour avoir continué de paraître pendant l'Occupation. Toujours est-il que même au moment de la première parution de Pif et son gadget, tous les membres du comité de rédaction étaient membres en règles du Parti communiste en France et les recettes de Pif allaient grossir les coffres de l'Humanité. Mais ça, nous les gamins, on ne le savait pas! 

(Recueil du journal Vaillant, 1963. Photo: Collection personnelle)

Ci-haut, la page [cartonnée] du Recueil du journal Vaillant de 1963. On y voit les personnages de Placid et Muzo, créés en 1946 avec le dessinateur Espagnol José Cabrero Arnal au pinceau et Pierre Olivier à la plume. La bande dessinée a été ultérieurement reprise par Jacques Nicolaou. Le journal Vaillant était, à peu de choses près, assez semblable dans sa présentation à celle du journal Tintin avec des bandes dessinées et de pleines pages de publicités majoritairement en noir et blanc. 

En 1965 le journal Vaillant change de nom pour Vaillant, le journal de Pif. Il conserve ce titre jusqu'en 1969 pour alors devenir Pif et son gadget, lequel deviendra peu de temps après, et tout simplement, Pif Gadget. 

Si le premier numéro de Pif paru en 1969 suit celle du journal Vaillant quant à la numérotation, il change complètement de format et se démarque de ses compétiteurs en offrant à chaque numéro des histoires complètes, et non à suivre de semaine en semaine. Aussi, chaque numéro de Pif offrait un gadget quelconque et dont les instructions se trouvaient dans le numéro. Ainsi, dans le numéro 87 dont la page couverture se trouve en haut complètement,  le gadget se trouvait à être une collection véritable de timbres de Mongolie. Il s'agit du plus vieux Pif de ma collection. 

Toutefois, à sa première parution chez les marchands de journaux, Pif n'est disponible qu'en France, en Belgique, en Suisse et en Italie. Il ne fera son entrée au Québec qu'en mars 1972 lors de la parution du numéro 159 et vendu alors pour la somme de 50 sous. 

(Première page de Pif, numéro 89. Photo: collection personnelle)

Pif le chien (et son comparse Hercule le chat) est la première bande dessinée de la revue, une place qui lui revient étant donné que l'hebsomadaire porte son nom. Pif, une autre création de José Cabrero Arnal, est apparu pour la première fois en 1948 dans les pages de l'Humanité alors que Hercule est arrivé en 1950. Durant les années 60, Arnal n'a plus la forme pour concevoir les aventures de Pif et Hercule et c'est donc Louis Cance qui prend la relève. 

(Les Rigolus et les Tristus, numjéro 89. Photo: collection personnelle) 

Les Rigolus et les Tristus est une bande de Jena Cézard (Surplouf, Arthur le fantôme) où s'affrontaient ceux qui rient tout le temps et ceux qui pleurent tout le temps. Cette série est apparue de 1969 à 1977. 

(Publicité de Pif Gadget, numéro 89. Photo: Collection personnelle)

Exemple de publicités que l'on retrouvait dans ce numéro 89. Ces types de publicités, visant essentiellement le lectorat Français, sont demeurés omniprésents au fil des ans. Si la grande majorité des produits étaient parfaitement inconnus ici, certaines autres l'étaient, comme les figurines Big Jim ainsi que les petites voitures Hot Wheels et Matchbox. 

(Énigme de Ludo, numéro 89. Photo: Collection personnelle)

L'inspecteur Ludo, Ludovic de son vrai prénom, est un détective privé qui résout des énigmes dont le récit tient souvent à une seule page, parfois deux. Il en revient aux lecteurs de déceler l'indice permettant de coincer le coupable. Marc Moallic signait les dessins et Henri Crespi les histoires. Si certaines énigmes étaient relativement faciles à résoudre, ce n'était pas le cas pour d'autres puisque les solutions impliquait une connaissance de la géographie française. Dans l'énigme ci-haut, il faut élucider le mystère d'une statuette volée. Trouverez-vous la solution? (Réponse au bas de l'article). 


(La Jungle en folie, numéro 89. Photo: collection personnelle)

La Jungle en folie est une création complètement loufoque de Mic Delinx aux dessins et Christian Godard aux scenarios où se mêlent différents différents animaux dont Joe le tigre, Mortimer le serpent, Auguste le crocodile et bien d'autres, sans oublier les imbuvables petites pies qui y allaient de leurs commentaires à la dernière case. Fait intéressant, la Jungle en folie a été éditée en albums cartonnés et la série en compte 21. 



Le saviez-vous? En avril 1970, le numéro 60 de Pif Gadget, contenait les fameux "Pifises", des œufs d'artemia salina (vendues aux États Unis sou le nom de "Sea Monkees depuis les années 50) a été tiré à 1 000 000 d'exemplaires! 



Réponse à l'énigme de Ludo: Dans la case #4 le gardien prétend que les voleurs, armés de pistolets, ont tiré au travers la vitre du présentoir afin de subtiliser la statuette. Si cela avait été le cas, la balle aurait aussi fracassé la vitre de l'autre côté. Le gardien a donc menti. 



samedi 20 juillet 2013

D'hier à aujourd'hui: Pluche


La mode s'est lancée il y a un certain sur internet; des gens ont repris des photos d'eux-mêmes dans une pose et un style similaire à une prise d'eux-mêmes alors qu'ils étaient bébés ou jeunes enfants. Pour peu qu'on s'en donne la peine on peut en trouver tout un tas alors je me suis dit, pourquoi pas?

Pour ce faire j'ai choisi une photo prise de moi au motel Attaché, à Wildwood en 1975 et dont je vous ai causé ici. Même si je n'ai pas pu retourner au motel en question, je crois avoir bien réussi ma comparaison; culottes courtes, t-shirt, casquette et mon Pif Gadget. Oui, il s'agit du même Pif, lequel m'a suivi toutes ces années. Peut-être mis à part quelques numéros, j'ai conservé tous ceux que l'on m'a acheté lorsque j'étais jeune. Quant au toutou il a été gagné dans un jeu d'adresse sur le Boardwalk mais je n'ai aucune idée de ce qui lui est arrivé, et ce, depuis 1976.