lundi 5 mai 2014

Au coin de Queen-Mary et Décarie en 1947


S’il y a bien une intersection qui a changé au fil des ans c’est bien celle du chemin Queen-Mary et du boulevard Décarie. Vous l’aviez reconnu? Bon, alors si vous peinez un peu à vous replacer laissez-moi vous aider. 
 
Tout d’abord on va se replacer dans le temps. L’année : 1947 et de par les arbres bien feuillus on peut facilement en déduire que nous sommes durant la belle saison. Les ombrages quant à eux nous laissent deviner que nous sommes en début de soirée. La prise de vue de la photo nous fait voir le sud-ouest et ce que nous voyons en plein milieu c’est le terminus Snowdon. Là, les circuits de tramways réguliers 17 Cartierville, 83 Windsor-Snowdon, 29 Outremont-Youville, 65 Côte-des-Neiges ainsi que l’autobus 19 Hampstead s’occupent des nombreux voyageurs qui arrivent majoritairement du centre-ville. Pour aider durant l’heure de pointe il y a aussi le circuit 41 Park Ave-Snowdon. 
 
Le terminus, tout comme l’édifice de la Banque Royale au fond à gauche, ont été démolis lors de la construction de l’autoroute Décarie durant les années 60. Face à la Banque Royale c’est la Banque Canadienne Nationale, que l’on désignait souvent comme la BCN. Elle est devenue aujourd’hui la Banque Nationale. De l’autre côté de Queen-Mary, sur Décarie, on peut voir la boutique Nathalie’s Hats où l’on vendait de très beaux chapeaux. Tout juste à côté c’est la bijouterie Pelchat & Gauthier. Puis, pour ces dames, c’est le salon de coiffure Antonacci et De Palma suivi de Paul’s Service Store, une chaîne de nettoyeurs à sec qui comptait plusieurs succursales (dont une au centre commercial Van Horne) et dont le siège social était au 1451 Beaubien. Bien à l’arrière on voit une grande enseigne qui vante Lowney’s dont les chocolats et confiseries font le régal des enfants. L’usine de Walter M Lowney se trouvait au 350 de l’Inspecteur, un magnifique bâtiment industriel reconverti en condos. Et parmi les petits détails amusants on note les deux enfants en bas à droite qui sont assis et qui regardent le spectacle des automobiles, tramways et autobus qui s’activent tout autour. À l’extrême droite on aperçoit une personne qui semble prendre une photo. 
 
Bien qu’on ne puisse le percevoir, les gens sont heureux cet été-là d’apprendre que le rationnement de plusieurs biens de consommation qui comprend viande et produits laitiers de même que l’essence et matériaux divers est maintenant chose du passé. Il s’agissait d’une mesure qui avait été mise en place par Ottawa afin de contribuer à l’effort de guerre. Il était temps, diront plusieurs. Finies les cartes de rationnement! Ah, et parlant d’Ottawa il y a André Laurendeau (après qui on a nommé un cégep) qui donne sa démission du Bloc populaire, un parti fédéral qui prône l’indépendance du Canada face à la Grande-Bretagne. Le parti ne se représentera pas aux élections de 1948. 
 
Malheureusement la communauté de Côte-des-Neiges telle qu’on peut la voir sur la photo, n’en a plus que pour vingt ans. La construction de l’autoroute Décarie en 1967, dont l’ouverture a coïncidé avec celle d’Expo 67, a certainement permis aux automobilistes de filer rapidement à travers la ville mais cette tranchée de béton a obligé la démolition de centaines de maisons et commerces tout en créant une profonde cicatrice urbaine. Ce faisant on a scindé ce qui était un beau quartier en deux, augmentant considérablement le bruit et la pollution. À titre de comparaison voici de quoi a l'air le coin aujourd'hui:


 
Le saviez-vous? Le 14 juillet 1987 des pluies diluviennes ont littéralement transformé l’autoroute Décarie en rivière car le réseau d’égout n’a pas pu évacuer toute l’eau tellement il y en avait. De nombreux automobilistes se sont retrouvés en situation précaire alors qu’il y avait 3,6m (11 pieds) d’eau dans la tranchée. Ils ont dû être secourus par des pompiers qui les ont sortis de ce fâcheux pétrin.

vendredi 25 mars 2011

Montréal en 1947 selon l'ONF

Aujourd'hui je vous propose une autre incursion dans le passé, cette fois sous la forme d’un film tourné à Montréal en 1947. Dans ce petit bijou, tourné pour le compte de l'Office National du Film par messieurs Jean Palardy et Arthur Burrows, on nous montre la vie nocturne de Montréal telle qu'elle était à cette époque. 1947, soit deux ans à peine après la fin de la Seconde guerre mondiale, marque le début de l’économie dite de paix. Cet été-là marque la fin du rationnement par le gouvernement du Canada de nombreux produits comme le fromage, le beurre, la viande, le carburant ainsi que les matériaux de construction. Après les années de privation causées d’abord par la crise économique puis la Seconde guerre, inutile de dire que les citoyens sont plus qu’heureux de revenir à un mode de vie normal.



1:09 - Le cinéma Palace sur Ste-Catherine jouxtant le Cinéma de Paris (les deux cinémas ont disparu).
4:32 - Restaurant du Coin au 2001 Moreau angle Ste-Catherine (n'existe plus).
4:54 - L'oeil averti aura reconnu Jeannette Bertrand et quelques secondes plus tard son amoureux, Jean Lajeunesse, qui vient la chercher.
6:50 - Le couple passe devant Cooperman's Fruit Market au 4299 St-Laurent (n'existe plus).
7:09 - On voit le Main Hebrew Delicatessen au 3877 St-Laurent (n'existe plus et à ne pas confondre avec Schwartz au 3895 et qui s'appelait alors Montreal Hebrew Delicatessen).
7:40 - Le maire Camilien Houde et son épouse allant au restaurant, face au magasin Légaré (probablement celui au 1278 Mont-Royal, ces magasins n'existent plus).


Le saviez-vous? C’est durant la soirée du 4 juillet 1947 que des gens habitant les rues Bercy ont aperçu une longue traînée filante dans le ciel se déplaçant à grande vitesse. Il n’a pas fallu longtemps pour que l’on se mette à parler d’OVNI, surtout après l’affaire Roswell, alors qu’en réalité il ne s’agissait que d’un petit météorite qui s’est enflammé durant sa traversée dans l’atmosphère pour ensuite se désintégrer sans laisser de traces au sol.