samedi 19 septembre 2026

D'hier à aujourd'hui: coin St-Thimothée et Ontario

 

(Photo du haut: Archives de la Ville de Montréal)

Sur la photo du haut on se retrouve au coin de l'intersection des rues St-Thimothée et Ontario en 1977. Sur ce coin on y voit le restaurant Vanier. C'est le genre de petit établissement de quartier comme on en retrouvait souvent dans le temps sur les coins de rues. On y servait des repas légers à manger sur place ou emporter. La mention «Snack-Bar» sur l'écriteau indiquait qu'on y vendait aussi des croustilles, des bonbons et du chocolat. On voit uassi, tant sur l'écriteau que sur les panneaux, des réclames pour les boissons gazeuses qu'on servait, en l’occurrence ici Pepsi, Diet 7-Up, 7-Up ainsi que RC Cola (RC signifiait Royal Crown et un boisson gazeuse que l'on ne retrouve plus au Québec). 

Le bâtiment est un exemple classique d'architecture que l'on retrouve dans les quartiers ouvriers; brique commune peinte, toit en fausse mansarde avec bardeaux d'ardoise surmonté d'un pignon. Ces bardeaux avaient une durée de vie assez impressionnante d'ailleurs.  

À droite on retrouve un terrain vacant où se trouvait sans aucun doute un bâtiment que l'on a démoli pour une raison ou une autre et ensuite deux bâtiments résidentiels dont un avec les fameux balcons donnant directement au dessus du trottoir. 

Durant les années 80 le bâtiment abritant le restaurant a été démoli et pendant de nombreuses années le terrain est demeuré en friche jusqu'à ce que l'on construise un bâtiment morne sommes toutes assez ordinaire en 2013. On s'ennuie du bâtiment original. 

Quelques éléments intéressants dans la photo de 1977 peuvent nous aider à situer quand cette photo a été prise; d'abord, le monsieur qui s'apprête a entrer dans le restaurant et qui vient probablement tout juste de stationner son Chrysler New Yorker. Ses manches courtes et la neige qui semble fondre nous indiquent que la photo a probablement été prise quelque part au moins d'avril. 

Un autre détail amusant est le panneau de Terre des Hommes en haut à gauche.En 1977 il n'en restait pas beaucoup de ces panneaux et à vrai dire, Terre des Hommes commençait tranquillement à s'amenuiser comme peau de chagrin. L'île Notre-Dame était fermée et les pavillons qui s'y trouvaient étaient tous à l'abandon, une bonne partie d'entre eux ayant été vandalisés. Les seules attractions qui restaient se trouvaient sur l'île Ste-Hélène où même l'ancien pavillon américain était à l'abandon puisqu'il avait été victime d'un incendie au mois de mai de l'année précédente. 

Et qu'est-ce qui retient donc l'attention en ce début de printemps de 1977? 

D'abord la direction des Expos de Montréal conclut une entente avec la Régie des installations olympiques afin de commencer à disputer ses matchs au stade. Le premier match sera disputé le 15 avril devant pas moins de 57,000 spectateurs (et dont je faisais partie). Ils y ont affronté les Phillies de Philadelphie et ont malheureusement perdu leur match inaugural 7-2. 


Toujours le 15 avril, Lise Payette met en place son programme d'assurance automobile. Ce dernier offrira des indemnisations aux victimes d'accidents de la route et obligera tout conducteur à se doter d'une assurance responsabilité. 

Presque un mois plus tard le Canadien de Montréal va remporter la coupe Stanley après avoir battu les Bruins de Boston dans un pointage de 4-0, au grand plaisir des fans. 

La parade de la coupe Stanley sur la rue Ste-Catherine. On y voit en haut à gauche Serge Savard, puis à droite Yvan Cournoyer et en bas Michel Larocque. Les fans se sont massés aux abords de la rue afin d'y saluer les nouveaux champions. La photo a été prise devant l'endroit où se situe aujourd'hui l'entrée du Centre Eaton.  

Au printemps de 1977 j'en suis à terminer ma cinquième année et je commence à lorgner, comme bien d'autres dans la classe, vers les vacances à venir. Durant l'été il y a toujours de très bons films à aller voir au cinéma. L'année précédente j'avais fort apprécié Le jouet avec Pierre Richard et le grand classique Les 12 travaux d'Astérix. Je me demandais bien ce qui m'attendais pour l'été de 1977. Puis, est apparu sur écrans de télévision la bande annonce d'un film comme je n'en avais jamais vu et c'était devenu un sujet de discussion qui revenait souvent dans la cour d'école. 


Ce film était, bien entendu, La guerre des étoiles. Jusqu'à ce film il était pratiquement convenu à Hollywood que la science-fiction ne fonctionnait pas au cinéma. 2001 l'Odyssée de l'espace, malgré ses grandes avancées en effets spéciaux et son «chef-d'oeuvrisme» n'avait pas connu le succès escompté, même projeté en Cinérama. À la télévision, Patrouille du cosmos n'avait duré que trois ans et Cosmos: 1999 deux seulement. La guerre des étoiles était ce film qui allait faire la fortune de la 20th Century Fox ou plonger la compagnie dans la failite. Fort heureusement le film a connu un des succès les plus foudroyants de l'histoire du cinéma. J'en ai été plus que convaincu lorsque j'ai été voir le film au cinéma Champlain sur la rue Ste-Catherine. 



Le saviez-vous? Si les acteurs principaux du film étaient convaincus du succès à venir ce n'était pas le cas de George Lucas. Après tout, au début de mai seules une trentaine de salles projetaient le film. En roulant devant le Chinese Theatre à Los Angeles il vit une foule imposante se presser aux guichets et réalisa que tous ces gens s'en allaient voir son film. 

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