dimanche 31 mai 2026

Marcia Lucas: point de Guerre des étoiles sans elle

 


Bien que George Lucas soit le père et créateur de La guerre des étoiles, son film n'aurait jamais (au grand jamais!) connu un tel succès planétaire sans la contribution exceptionnelle de celle qui fut son épouse à cette époque: Marcia Lucas et qui vient de nous quitter tout récemment. 

Une remise en contexte s'impose. 

La science-fiction avait connu ses heures de gloire surtout dans les années 50 avec une quantité non négligeable de films du genre, allant des navets comme Plan 9 From Outer Space à des chefs-d'œuvre comme Forbidden Planet (Planète interdite) et tout ce qui peut se trouver entre les deux, avec des effets spéciaux de papier mâché et de papier d'aluminium à ceux infiniment plus poussés, comme War of the Worlds. 

Durant les années 60, sans dire que la science-fiction avait disparu des cinoches il s'en trouvait pas mal moins mais le genre semblait connaître un certain succès à la télévision avec Star Trek (Patrouille du cosmos), une émission qui n'aurait jamais vu le jour au petit écran en 1966 sans l'intervention de Lucille Ball. Malgré tout, la série s'était éteinte après seulement trois ans. Les mauvaise (mauvaises!!) langues diront possiblement que le public n'était manifestement pas encore mûr pour un futur où des gens en uniformes multicolore règlent les problèmes de la galaxie avec des discours philosophiques et des coups de karaté approximatifs mais c'était autre chose; le créneau horaire avait fait fondre l'audimètre et la série s'était vu couper son budget. 

En 1968 Stanley Kubrick lance son premier film de science-fiction créé avec la collaboration de l'auteur à succès Arthur C. Clarke. Le film, visuellement était magistral et avait repoussé les limites des effets spéciaux maintes fois supérieurs à que Star Trek nous avait habitué. Par contre, les gens sortait des salles en se grattant la tête avec l'énergie d'un chimpanzé tentant de résoudre une équation différentielle et se demandaient bien qu'est-ce qu'ils venaient juste de voir. Un peu trop cérébral, disaient plusieurs. Peu être même un peu trop, rajoutaient d'autres. 

Mais voilà, pour Hollywood la science-fiction semblait être devenue un genre pas tout à fait rentable (à tout le moins aux yeux et portefeuille d'investisseurs). Malgré de bons efforts comme le film Silent Running (Et la terre survivra), The Andromeda Strain (Le mystère Andromède) ou Westworld (Le monde de l'ouest) faut admettre que les films de science-fiction ne semblaient plus avoir la cote. 

Imaginez lorsqu'un certain George Lucas s'est amené au milieu des années 70 avec son ébauche de film de science-fiction à la 20th Century Fox. À ce moment la compagnie connaissait de bien gros ennuis financiers mais avait finalement accepté de financer son film malgré que le tout ressemblait à une sorte de bouillabaisse où mijotent de la science-fiction, du western, des films de samouraïs et une généreuse louche de Donjons & Dragons avant même que celui-ci ne devienne un phénomène culturel.

Le pari était risqué. Ou complètement insensé. Selon l'étage où se trouvait votre bureau.

Le tournage n'avait certainement pas été de tout repos pour bien du monde et une mutinerie parmi les équipes de tournage s'était presque levée contre Lucas. Pire, le film accusait du retard. Dans une entrevue (bien plus tard) Lucas avait avoué qu'il ne savait absolument pas ce qu'il faisait. Imaginez aussi la tronche de certains administrateurs de la 20th Century Fox qui sont allés voir ce qui se passait dans les studios à proximité et ont vu des types laisser choir au sol un réfrigérateur pour savoir le bruit que ça faisait. À cet instant précis, certains ont probablement commencé à vérifier si leur assurance couvrait les crises de panique. Mettez en une autre beurrée lorsque Lucas a même demandé à la Fox d'allonger un petit peu plus le budget! 

Un jour Lucas procède au montage de son film et invite une audience test et certains de ses amis dont Steven Spielberg et Francis Ford Coppola. À la fin de la projection tout le monde dans la salle avait l'air aussi embêté que ceux qui avait vu 2001 Odyssée de l'espace en 1968. Ce n'tait pas joli. La patente était mal bâclée, à la limite incohérente et l'intrigue paraissait décousue sans bon sens.

C'est alors qu'arrive Marcia Lucas qui prend le montage du film en main. C'est que Marcia n'est pas une timorée. Elle possède de l'expérience dans l'édition et montage de films. Elle avait fait partie d'équipes de montages de films comme Taxi Driver, New York New York, THX 1138 ainsi que American Graffiti (les deux derniers ayant aussi été réalisés par son époux). 

En amorçant le travail d'édition et de montage, elle devait accessoirement accomplir un petit miracle : transformer plusieurs kilomètres de pellicule en un film compréhensible. La situation ressemblait à celle d'un éditeur recevant un roman de mille pages dont tous les chapitres auraient été lancés en l'air depuis le toit d'un immeuble avant d'être ramassés au hasard dans la rue.

Devant elle s'entassaient des milliers de pieds de bobines qu'il fallait trier, assembler, raccorder et, surtout, tenter de faire cohabiter dans un ordre qui ne donnerait pas envie au public de réclamer le remboursement de son billet. La tâche était colossale. Le calendrier avançait à toute vitesse tandis que les bonzes de la Fox tapaient du pied avec une énergie qui aurait pu alimenter une petite centrale électrique.

Il faut dire que les dirigeants du studio n'étaient pas exactement rassurés. Après avoir visionné un premier montage préparé par George Lucas, plusieurs avaient acquis la conviction que La Guerre des étoiles allait devenir un magnifique cratère financier. À leurs yeux, le film ressemblait davantage à une expérience de laboratoire ayant mal tourné qu'à un futur succès populaire. Certains se demandaient probablement si Lucas ne tentait pas secrètement de tester les limites psychologiques des cadres de studio.

À l'inverse, tous leurs espoirs reposaient sur The Other Side of Midnight (De l'autre côté de minuit), adaptation d'un best-seller qui, sur papier du moins, possédait tous les ingrédients d'un succès respectable. C'était ce film-là qui devait sauver les meubles, remplir les coffres et empêcher la Fox de devoir vendre les poignées de porte pour payer les factures.

Pendant ce temps, La Guerre des étoiles était perçu comme le projet bizarre du fond du corridor. Celui dont personne ne comprenait vraiment l'intrigue, où des chevaliers de l'espace se battaient avec des épées lumineuses, où des robots passaient leur temps à se chamailler et où un grand méchant respirait comme un aspirateur souffrant d'emphysème.

Le résultat du travail de Marcia? C'est ce que l'on a vu dans les salles de cinéma en mai 1977, dans sa version originale et bien avant qu'on lui accole le sous-titre d'épisode IV... . Le film avait enfin une cohérence dans son récit et les séquences d'action, surtout lors de l'attaque des rebelles sur l'Étoile noire à la fin du film et qui nous avaient fait tenir sur le bout de nos sièges. C'est aussi Marcia qui avait concocté les fameuses transitions entre les scènes et qui sont devenues si caractéristiques de la série. 

Au final, si ce n'avait été du travail de extraordinaire de Marcia Lucas, La guerre des étoiles, malgré toutes les bonnes intentions de son créateur, n'aurait été qu'un nanar qui aurait prouvé que la science-fiction ne passait plus et qui aurait probablement même reçu la plus haute distinction dans le TV Hebdo, un 7. Heureusement, le travail miraculeux de Marcia l'aura transformé en véritable phénomène cinématographique qui va non seulement ramener des montagnes de fric mais va remettre la science-fiction au menu, tant au cinoche qu'à la télévision. 



Le saviez-vous? Le travail de Marcia a été tel que lors de la cérémonie des Oscars en 1978 elle s'est vu remettre, avec ses compères Paul Hirsch et Richard Chew (bacca), l'Oscar pour le meilleur montage de film. Juste ça. 



Sous me yeux: 


Le lotus bleu tel que réédité par les Éditions Moulinsart et Casterman dans sa version originale sous le nom de Les Aventures de Tintin, reporter, en Extrême-Orient, tel que publié dans les pages du Petit Vingtième en 1936. Il s'agît d'une œuvre phare de Hergé et il est fort intéressant de la redécouvrir dans son format de 124 pages avant que l'édition de 1946 soit ramenée à 64. Hergé avait alors pu compter sur la collaboration d'Edgar P. Jacobs (Blake et Mortimer). 





Devant mes yeux: 


Le magnifique film western «The Magnificent Seven», inspiré du film de Kurosawa «Les sept samurais», on y suit les aventures d'habitants d'une village Mexicain terrorisé par une bande de bandits. Ils feront appel à sept flingueurs qui tenteront de libérer le village du joug des vilains. On ne s'ennuie pas avec Yul Brynner, Steve McQueen, Eli Wallach, Charles Bronson et James Coburn, entre autres. Un bon classique qu'il fait bon revoir. 




Dans mes oreilles:


Wish You Were Here (vinyle remastérisé) dont la sublime pièce en neuf parties «Shine on You Crazy Diamond» qui rend hommage à Syd Barrett, génie musical, pilier fondateur du groupe au destin tragique qui avait quitté le groupe en 1968. Du reste il s'agit d'un album qui m'a toujours plu et qui fait toujours du bien à réécouter. 

jeudi 22 juin 2017

Les cartes Star Wars


Le film était encore pas mal frais dans nos mémoires alors que les sons et la musique nous tourbillonnaient dans la tête. Heureusement qu'il était sorti en salles durant l'été, autrement il aurait été assez difficile de se concentrer à l'école. Et encore, à l'époque, pas de lecteurs DVD, ni même de magnétoscopes. Si on voulait s'en faire mettre plein la vue de nouveau fallait retourner au cinéma et refaire la file. 

Un jour comme ça je m'en vais à l'épicerie du coin chercher quelque chose et, en entrant, voilà que je ne vois ti-pas, drette sur le comptoir pas loin des bonbons et cartes à échanger de toutes sortes, une boîte de cartes Star Wars. C'était tout nouveau mais je connaissais bien. J'avais déjà toute la série de cartes de Cosmos:1999 et presque la collection complète des cartes de monstres Topps.  

Chaque paquet coûtait 10 sous (comme pour Cosmos: 1999) et contenait, outre un certain nombre de cartes, un autocollant ainsi qu'une gomme à mâcher qui perdait sa saveur après vingt secondes. Ce n'était pas un prix exorbitant parce que 10 sous ajusté selon l'inflation représente quelque chose comme 60 sous aujourd'hui. J'ai donc entrepris de collectionner ces cartes afin d'avoir la série complète. 

Les cartes américaines étaient fabriquées aux États-Unis par la compagnie Topps alors qu'au Canada c'était O-Pee-Chee, dont les cartes étaient bilingues. L'utilisation du français sur les cartes était une obligation en raison de la législation fédérale de 1970. La mise en marché toutefois s'appuyait sur un bon vieux fond de commerce qui avait fait ses preuves, soit celui de vendre les cartes enveloppées dans du papier ciré opaque et les cartes qui se trouvaient à l'intérieur étaient insérées de façon aléatoires. Pour avoir une série complète fallait acheter plusieurs paquets et échanger celles que l'on avait en double, triple ou même quadruple. En bout de compte, et avec un peu de chance, on pouvait finir par obtenir la série complète. 

Il y a tout de même eu quelques légers obstacles. D'abord l'épicerie du coin a vite fait de voir sa boîte de carte se vider rapidement. Je n'étais évidemment pas le seul à collectionner ces cartes. Y'a donc fallu trouver d'autres points de vente car même si Star Wars était un phénomène populaire, ce ne sont pas toutes les épiceries et dépanneurs qui en avaient. Et puis les autres faisaient exactement comme moi. L'autre ennui était la malchance, qui faisait que je retrouvais pas mal toujours les mêmes cartes. J'ai donc dû m'armer de patience. La difficulté s'est retrouvée quelque peu augmentée lorsque la seconde série de cartes (bordure rouge) est apparue. Finalement, je suis parvenu à obtenir les deux premières séries au complet non sans avoir aperçu la troisième série (bordure orange) arriver mais à ce moment, pour mon très minuscule portefeuille du temps, c'était un luxe que je ne pouvais m'offrir. Déjà que pour avoir les deux premières séries j'avais investi pas mal de sous, un peu trop aux yeux de mes parents, il était hors de question pour moi d'attaquer la troisième série. 


Voici mes deux paquets de cartes de 1977, la première série en bleu et la seconde en rouge. La première série contenait 66 cartes (1 à 66) et la seconde 65 cartes (67 à 132). La troisième série (bordure orange), qui n'est pas ici pour les raisons sus-mentionnées, comptait quant à elle 131 cartes car elle comprenait les séries 4 et 5 américaines.


Il pouvait se trouver quatre choses différentes à l'endos des cartes; un sommaire «dramatique» sur une séquence du film, une vignette sur les acteurs du film, en l’occurrence ici la regrettée Carrie Fisher, une explication sur certains trucages utilisés ou encore un morceau de casse-tête à assembler. Ce qui est intéressant dans ces textes c'est que dans la version en français on conserve les noms originaux des personnages et non ces abominables traductions comme «Dark Vador» ou «Chiktabba»... Ces cartes demeurent un très bon souvenir d'une époque pas si lointaine où les p'tits plaisirs de la vie ne tenaient souvent que dans des paquets à dix sous. Cependant, si vous tenez à faire autographier une de ces cartes par Mark Hamill (Luke Skywalker), ne vous attendez pas à une simple signature. Hamill n'hésite aucunement à y gribouiller des phrases humoristiques.




Le saviez-vous? Il existe une carte quelque peu spéciale, soit celle où l'on voit C-3PO et lequel semble affublé d'un membre assez imposant. On a longtemps élaboré sur les causes et, bien entendu, la version officielle prétend que c'est un «accident». Or, selon Gary Gerani, lequel a écrit le livre sur les cartes Star Wars, on se serait plutôt amusé sur le plateau de tournage au moment où la photo a été prise. Chez Topps on a préféré corriger l'image. 





jeudi 25 mai 2017

Il y a 40 ans: les débuts de Star Wars au cinéma

On a bien beau dire que le 4 mai est le jour de Star Wars, il n'en demeure pas moins que le véritable anniversaire est bel et bien aujourd'hui, soit le 25 mai. Comme je le disais dans un autre article, en 1977 la science-fiction n'était pas considérée comme un genre à succès, bien au contraire et 20th Century Fox avait tout misé sur le film de George Lucas. Si le film ne marchait pas c'était la banqueroute, purement et simplement. Et lorsque le montage final du film est terminé, ça ne regarde pas bien parce qu'il n'y a environ qu'une quarantaine de salles aux États Unis qui acceptent de projeter le film. Quarante deux, pour être précis. 

Quarante deux salles.

Dans tout le pays. 

Comme on dit, ça ne regarde pas bien. En fait, même si la Fox a tout dépensé ce qui lui reste d'argent dans la production de Star Wars, elle considère tout de même The Other Side of Midnight comme étant le film à succès de l'été 1977. Star Wars n'est que la face B, celle qui se trouve de l'autre côté du disque et qui n'intéresse que peu de gens. Sauf que le film devient rapidement un succès. Les cinémas qui l'affichent en salles ne parlent que de files d'attentes et des projections n'ayant aucun siège libre. Rapidement d'autres cinémas, qui ne veulent pas se priver d'une bonne part du gâteau, commandent aux distributeurs des copies. Le 24 juin est la date où le film ressort sur les écrans partout au pays. De quarante-deux salles on passe à environ 1,750. Les cinéphiles dorment même dehors devant les cinémas pour être certains de pouvoir obtenir des billets. 


Lucas ne s'en faisait pas trop avec Star Wars et pour lui il était clair que le film ne serait pas bien populaire. Ça plairait probablement aux amateurs du genre mais sans plus. Il se préparait à prendre des vacances à Hawaï lorsque Alan Ladd Jr. lui a donné un coup de fil pour lui annoncer que Star Wars était un phénomène sans précédent.  

Le cinéaste avait tout de même refusé un boni de $500,000 auquel il avait droit mais qu'il avait refusé, préférant plutôt négocier l'exclusivité sur droits de tous les produits dérivés. Pour Fox c'était une belle économie mais pour Lucas cette décision a fait de lui un homme excessivement riche. Ironiquement, les acteurs principaux du film, Mark Hamill, Carrie Fisher, Harrison Ford et Alec Guiness étaient quant à eux convaincus du succès de Star Wars. Ça semblait évident pour nous tous, sauf pour George, dira Hamill dans une entrevue récente. Le succès planétaire, c'est le cas de le dire, à rapporté en tout et pour tout plus de $775 millions de dollars pour un coût initial de $11 millions, en dollars de l'époque, bien entendu.

Grâce à Star Wars, la science-fiction s'est soudainement retrouvée le genre le plus populaire. Et à imiter. On a vu apparaître tant au cinéma qu'à la télévision de nouveaux films et séries, lesquelles empruntaient en tout ou en partie à l'univers de Star Wars tant dans la façon de présenter qu'au niveau des effets spéciaux. Au niveau des jouets les tablettes des magasins ont été inondées de produits Star Wars de tous genres mais aussi avec des imitations qui calquaient beaucoup Star Wars, tant au niveau du design que du graphisme. 

Les effets spéciaux ont aussi connu un regain. Lucas avait été chercher des vétérans qui avaient œuvré sur 2001 Odyssée de l'espace et avait aussi tenté de recruter le vétéran Brian Johnson, lequel travaillait alors sur Cosmos: 1999. Ce dernier n'a pas pu se joindre à l'équipe de Star Wars en raison de la production de la seconde saison de Cosmos: 1999 mais, une fois celle-ci terminée, a pu faire le saut afin de travailler sur Empire Strikes Back. Star Wars a ainsi donné naissance à Industrial Light & Magic, la compagnie spécialisée dans les effets spéciaux et qui a produit des séquences pour quantité de films qui nécessitaient de tels effets ainsi qu'à Skywalker Sound, le studio de conception sonore. Décidément on peut affirmer sans l'ombre d'un doute que le cinéma d'Hollywood est composé de deux parties: pré-Star Wars et post Star Wars. 




Le saviez-vous? La guilde des réalisateurs était assez furax contre Lucas parce que ce dernier voulait faire débuter son film avec le fameux texte déroulant, sans aucun générique des acteurs et techniciens comme c'était la coutume. Mais comme ils étaient convaincus, eux aussi, que le film ferait patate, ils l'ont laissé faire. 

jeudi 4 mai 2017

Le 40è de Star Wars - L'histoire sur disque


Aujourd'hui c'est le 4 mai. Dans la culture populaire des «geeks» ce jour est celui de Star War; «May the Fourth be With You». Ça n'a pas été officiellement créé ni par George Lucas ni Disney mais bien par les amateurs eux-mêmes. Donc, en cette journée, j'y vais d'un autre petit article sur le sujet.

Si les magnétoscopes existent en 1977 ils sont loin, a) d'être abordables, b) d'être courants et c) il n'y a pas beaucoup de films préenregistrés disponibles, sinon pas du tout. En fait, si l'on aime un film qui joue au cinéma et que l'on a envie de le voir à nouveau la seule solution c'est de retourner le voir en salles. À moins d'être pas mal patient et d'attendre quelques années pour le voir retontir dans le TV Hebdo. 

Comme le racontais précédemment, j'ai vu Star Wars durant l'été de 1977 dans la salle bondée à capacité du cinéma Champlain par un dimanche après-midi. J'en suis sorti avec des étoiles plein la tête. Ah, j'aurais bien aimé ça revenir le voir cent fois plutôt qu'une mais ça coûtait des sous. 

Quelques semaines plus tard on se retrouve comme ça par une beau samedi matin en famille à faire des courses aux Galeries d'Anjou. L'épicerie chez Dominion d'abord puis du magasinage varié un peu partout. Pendant que mes parents s'en allaient du côté de Simpsons et de Eaton, je filais par l'animalerie, puis à l'arcade de jeux tout juste à côté. ensuite je passais par Toy World, une boutique de jouets disparue depuis longtemps, et finalement par Discus. Et c'est justement là, chez Discus, que mon regard a été accroché par quelque chose d'assez inattendu.


Je savais me débrouiller en anglais et j'ai donc su de quoi il en retournait en voyant le titre. Prière de ne pas confondre avec ce triste moment où, à la même époque, je n'avais pas porté attention à un détail très important d'un autre disque. Il s'agit essentiellement de l'histoire de Star Wars narrée, dans ce cas-ci par Roscoe Lee Brown, et à laquelle on a ajouté des séquences sonores du film. 


En arrivant à la maison je me suis bien installé dans ma chambre afin de voir d'un peu plus près de quoi il en retournait. Sachant que j'avais là un disque bien précieux, je l'ai tout de suite mis dans une enveloppe de plastique (et dans laquelle il se trouve toujours). 


L'album s'ouvrait au milieu, comme un album double mais ne comportait qu'un seul disque. À l'intérieur, un design sobre avec, sur la partie gauche, des renseignements semblables à ceux d'un générique et où apparaissent les noms des gens ayant œuvré sur le disque.


La première pochette ne contenait pas de disque mais plutôt, ô surprise, un livret bourré de photographies tirées du film et très agréable à regarder en écoutant le disque. C'est là quelque chose que j'ignorais complètement car il n'y avait aucune mention d'un tel livret sur la pochette. 










De dire que j'ai écouté ce disque des centaines de fois ne serait pas exagéré. C'était la seule façon à l'époque de pouvoir revivre un tant soit peu l'expérience Star Wars, mais pas avec des figurines, parce que celles-là, il a fallu attendre au printemps 1978 pour mettre la patte dessus. Merci Kenner! Entre temps, le disque fait toujours partie de ma petite collection, toujours dans son enveloppe et toujours en très bon état.





Le saviez-vous? En plus d'avoir produit ce disque, 20th Century Fox a aussi produit celui pour The Empire Strikes Back ainsi que Return of the Jedi dans le même format. 



N.B.: J'ai découvert que Blogger a apporté des modifications dans la gestion du blogue, notamment en ce qui concerne les commentaires des gens qui visitent. Avant j'étais avisé par courriel de chaque commentaire laissé pour modération mais avec les changements apportés cette fonction a disparu. Je croyais à tort que les gens ne laissaient pas de commentaires alors qu'en fait ils se trouvaient dans le répertoire des commentaires en attente mais sans avertissement aucun. J'ai découvert qu'il se trouvait tout un tas de commentaires de gens qui attendaient mon approbation. Alors voilà, les commentaires ont été approuvés, sauf trois spams et j'ai pris la peine d'y répondre. 

lundi 17 avril 2017

Le 40è de Star Wars - Le livre illustré


Cette année on fête les 40 ans de Star Wars, le film de George Lucas auquel personne ne croyait (même pas Lucas lui-même). L'immense succès du film a fait que tous les mioches, dont moi, voulaient des bébelles de Star Wars mais malheureusement les compagnies qui avaient signé des contracts pour produire des produits dérivés ne se sont pas trop pressées pour produire. La science-fiction, on le savait, ça ne marchait pas et surtout, ça ne rapportait pas, alors à quoi bon. Star Wars ne sera qu'un feu de paille, était-on assuré. D'ailleurs, à sa sortie, seulement trente salles projetaient le film. Bien entendu avec le succès planétaire du film on a décidé de finalement embrayer mais comme on a attendu d'avoir le pâté au fesses pour aller aux toilettes, la plupart des produits ne se sont retrouvées sur les tablettes qu'en 1978, pratiquement un an après la sortie du film. 

C'est le cas de l'article que je vous présente aujourd'hui. Il s'agit du livre illustré de la Guerre des étoiles, et publié chez Flammarion en 1978. C'était la version française du livre The Star Wars Storybook, publié lui aussi en 1978 par Random House. Il n'y avait pratiquement aucune différence entre les deux versions du livre sinon les textes car le design graphique et l'emplacement des photos étaient identiques. Voici la copie que j'ai reçu en 1978.


Pas besoin de vous dire que j'en ai fait des pirouettes lorsque j'ai déchiré l'emballage-cadeau. En 1978 les magnétoscopes ne faisaient pas encore partie du paysage, ou à tout le moins à grande échelle parce que c'était une dépense assez prodigieuse alors à défaut de pouvoir revoir le film (à moins de retourner au cinoche), le livre illustré était pas mal la meilleure chose. 


Ici on voit la présentation des personnages principaux. Les photos provenaient soit directement du film ou encore de photos promotionnelles du film. Y'a tout de même un truc qui m'a toujours égratigné la cornée: les noms traduits des personnages. Pourquoi diable Darth Vader est-il devenu Dark Vador, que Chewbacca est devenu Chiktabba, que C-3PO est devenu Sispéo et que Han Solo est devenu Yan Solo? Argh!! 


À cette page, où l'on commence à raconter l'histoire, un détail m'a fait sourcillé; la photo du bas où l'on voit Luke Skywalker en train de regarder dans le ciel diurne avec des jumelles. Dans le texte on explique qu'il observe la fameuse bataille spatiale que l'on voit dès l'ouverture du film. Vous savez, celle-là:


Évidemment du coup je me suis demandé si je n'avais pas manqué un bout du fil lorsque je l'avais vu en salles, parce que j'avais beau me creuser la mémoire, je ne me souvenais pas du tout de cette séquence. Quelques pages plus loin se trouve d'autres photos tirées d'une séquence qui a fini sur le plancher de la salle de montage. Il s'agit de Luke Skywalker et de son pote Biggs qui lui mentionne son intérêt pour la Rébellion. 



Or, cette séquence existe réellement, c'est tout simplement que Lucas, bien qu'il l'ait tournée, ne l'a pas intégrée dans la version finale du film. La voici d'ailleurs (sans trame sonore): 




Sur ces deux pages on voit la fameuse scène où les héros se sauvent de Mos Eisley après avoir loué les services de Han Solo et de Chewbacca. ce qui est intéressant ici c'est le jargon utilisé. On semblait pas mal se foutre des termes techniques alors on écrivait à peu près n'importe quoi. Ici, Han Solo explique la vitesse de son vaisseau en disant, et je cite; «Cet engin peut dépasser la vitesse de la lumière à Mach 5.» De quossé? J'avais n'avoir que douze ans, je savais très bien que la vitesse de la lumière équivaut à 300,000 km/seconde alors que Mach 5 n'équivaut qu'à 6174 kilomètre à l'heure. Mais bon, ça sonnait «cool» même si ça n'avait ni queue ni tête. 


Pour le reste du livre on suit assez bien le fil du récit cinématographique avec plein de belles photos. Ici, celle de gauche a été tirée du film alors que celle de droite en est une promotionnelle et qui est apparue sur des casse-têtes, des affiches ainsi que sur les boîtes à lunch. 


La dernière page représente la séquence finale du film et en lisant le texte et regardant l'image la musique de John Williams (The Throne Room) me jouait dans la tête. Dans le film, pour donner l'illusion que la salle était bondée de monde, Lucas avait fait fabriquer tout un tas de personnages découpés dans le bois. 


Rien de plus approprié pour la couverture arrière qu'une magnifique photo de Darth Vader tenant son sabre-laser en main. Il s'agit ici d'une autre photo promotionnelle que l'on a pu voir sur des posters et quantité d'autres produits dérivés. En outre, et pour l'époque, ce livre illustré est un excellent compagnon au film. Très agréable à lire dans la baignoire où le soir avant de dormir. Ça démontre tout de même comment le temps passe vite parce qu'il me semble que ce n'était hier qu'on me l'offrait en cadeau. 




Le saviez-vous? Après le succès d'American Graffiti, son film précédent, Lucas avait droit à un salaire-boni comme réalisateur. Il a décliné et conservé celui de $150,000 pour avoir tourné le film en échange des droits exclusifs sur tous les produits dérivés. Une décision qui l'aura rendu multi-millionnaire. 

dimanche 30 octobre 2016

Petit souvenir d'Halloween

Pendant plus de 55 ans, le nom de Ben Cooper a été associé aux déguisements d'Halloween pour enfants. On retrouvait au catalogue une quantité fort appréciable de masques de tous les genres et de toutes les sauces souvent agrémentés de costumes complets; c'est à dire un masque et un vêtement une-pièce assorti. Vous n'avez qu'a taper «Ben Cooper Catalog» dans Google Images et vous aurez une très bonne idée de la quantité de costumes que la compagnie fabriquait. Pour les parents qui n'avaient ni la patience ni les sous pour fabriquer des costumes «sur mesure» à leur marmaille, ceux de Ben Cooper étaient une bénédiction. Pour quelques dollars les enfants pouvaient vraiment être n'importe qui. Ou n'importe quoi. 

Et Ben Cooper ce n'était pas seulement aux États Unis puisque les costumes et masques se retrouvaient ici sur les tablettes de magasins comme Woolco, Miracle Mart, Rossy, K-Mart, Bonimart et bien d'autres. Il était pratiquement impossible de ne pas se trouver un costume Ben Cooper pour l'Halloween. Même les petits commerces de quartier en avaient en inventaire. 

Aussi, en cette fête d'Halloween qui tire déjà à sa fin, bousculée qu'elle est depuis quelques semaines déjà par les trucs de Noël, j'ai décidé de partager avec vous un petit quelque chose de Ben Cooper très intéressant et sortie tout droit de mon voûte à jouets et que je vous présente à l'instant. 

Cet ensemble Ben Cooper date de 1977 et il est intéressant de noter la présentation dans une boîte en carton, chose que l'on ne voit évidemment plus aujourd'hui. Le graphisme est évidemment très amateur et on peut s'imaginer que la compagnie n'a pas dû débourser beaucoup de sous pour ces illustrations. Une façon comme une autre d'économiser sur les coûts de production. 
Par contre, pour reproduire des personnages comme Spider Man, Batman et autres super-héros bien connus Ben Cooper n'avait pas le choix d'obtenir des licenses. Pour quantité d'autres costumes, parfaitement génériques comme une infirmière, un astronaute, un pirate ou une majorette, les licenses étaient inutiles. 
Une autre façon ingénieuse de minimiser les coûts était d'utiliser la même boîte pour tous les costumes et de simplement laisser un espace blanc afin d'étamper le nom et la description du costume à l'intérieur. Ici, comme on peut le voir, il s'agit d'un déguisement de Stormtrooper du film Star Wars. On note le © de la 20th Century Fox qui légalise le costume mais aussi un autre détail au bas: le costume est en coton, ce qui détonne un peu du mince polyester traditionnel . On ouvre la boîte?
Et voilà. Le masque semble fraîchement peint tellement il est bien conservé. Ce masque, comme tous les autres, avait des trous pour les yeux qui limitaient quelque peu le champ de vision des enfants, parfait pour traverser la rue le soir. Et on ne parlera même pas ici des longs escaliers caractéristiques de Montréal. Les grimper était une chose mais les redescendre en voyant tout croche sans faire le trajet cul par-dessus tête avec un gros sac de bonbons dans les mains était une autre paire de manche... 
Comme on peut le voir, le masque était conventionnel en ce qui concerne la mise en place; deux broches, une de chaque côté du masque, retenaient un élastique que l'on se plaçait derrière la tête. La majorité des masques comprenaient une ouverture près de la bouche afin de faciliter la respiration mais pas celui du Stormtrooper, ce qui faisait que la condensation s'accumulait rapidement et on se respirait l'haleine tout le long de la tournée. Pas toujours facile la vie de soldat de l'Empire. regardons maintenant le vêtement. 
Plusieurs vêtements Ben Cooper, comme je le mentionnais un peu plus haut, étaient fabriqués en polyester mince et assez fragile. Ils étaient évidemment toujours trop grands ou toujours trop petits. Un ajustement parfait c'était assez rare.alors soit on se marchait sur le bas de pantalons ou bien on avait l'air d'un Stormtrooper (ou autre bibitte) qui avait pas mal d'eau dans sa cave. Ici par contre on va donner deux morceaux de robot à Ben Cooper pour un costume tout en coton et d'une belle finition avec un imprimé de qualité sans couleurs qui se bavent les unes sur les autres. 
Ici j'aime bien le logo Star Wars bien imprimé en plein milieu du costume. On se souviendra que dans le film chaque Stormtrooper avait ça sur la poitrine. Bon, évidemment que non, mais c'était là une caractéristique des costumes du temps. Par exemple, un costume Frankenstein comprenait le nom et une illustration du monstre, comme si le masque n'était pas assez révélateur. J'avoue sincèrement que c'est là quelque chose qui me gossait lorsque j'étais gamin. Et pas seulement moi, tous mes copains aussi. Rien de plus décevant que de s’apercevoir que notre costume d'un personnage quelconque portait sur la poitrine une illustration même du monstre, ou whatever.  



Et pourquoi pas une dernière mention du Copyright. Mais c'était comme ça sur tous les produits dérivés. On n'y échappait pas. N'empêche tout de même que je suis bien content d'avoir ce costume dans ma collection, surtout dans son état pratiquement neuf. Pas certain qu'il ait été porté une seule fois. 



Le saviez-vous? Un peu avant de tourner La guerre des étoiles, Georges Lucas a refusé de recevoir plus que les $500,000 promis pour réaliser son film. Il a plutôt opté pour le contrôle complet des droits sur les produits dérivés. Une sage décision qui a rapporté à Lucas une véritable fortune digne de Picsou.

mercredi 4 mai 2016

Le jour de La guerre des étoiles

Le 4 mai, et c'est comme ça depuis un bout, c'est la journée du film La guerre des étoiles. Aux z'États ils disent «May the fourth be with you», jeu de mot sur la célèbre phrase «May the force be with you». Le jour suivant, le 5 mai est désigné comme étant «Revenge of the fifith.». Dans un article précédent je vous ai raconté toute la frénésie qui englobait parfaitement le gamin de presque onze ans que j'étais lorsque j'ai vu le film sur l'écran du cinéma Champlain en 1977. Évidemment, comme tous les gamins qui avaient vu le film et qui avaient encore des étoiles dans les yeux, il avait été assez décevant de constater que les figurines des personnages du film étaient introuvables dans les magasins. Il y avait bien des trucs de la Guerre des étoiles; des livres d'histoire, à colorier, un disque narré qui racontait le film et autres choses du genre mais toujours pas de figurines. À Noël 1977 tout ce Kenner avait à offrir aux enfants était le fameux «Early Bird Certificate Package». 

Ce n'est finalement qu'au printemps de 1978 que les premières figurines sont arrivées sur les crochets des grands magasins. J'étais fou comme un balai lorsque je les ai enfin aperçues pour la première fois à l'immense Woolco du Centre Langelier, dont la section des jouets était très impressionnante. Pas besoin de dire à quel point j'en ai voulu de ces figurines-là! Ma mère avait bien du mal à saisir tout ce charabia de science-fiction où Star Wars, Star Trek, Cosmos 1999 et autres se ressemblaient tous à la fin mais toutefois elle est très bien parvenue à saisir toute l'excitation qui m'habitait en voyant les fameuses figurines qui, tranquillement, faisaient aussi leur chemin dans les chambres de mes amis. Et, peu à peu, elles sont arrivées dans la mienne où, on le devine, je n'ai pas perdu de temps à passer du temps avec. Plus tard, à mon anniversaire, le Jawa et l'Homme des sables sont venus s'ajouter à celles que j'avais et, au début de 1979 j'avais la collection complète des vingt figurines. Je me suis acheté ultérieurement deux autres figurines en 1980, soit Bossk et Boba Fett et ont été les dernières. À ce moment-là mes intérêts avaient commencé à changer et les jouets de La guerre des étoiles cédaient lentement leur place à autres choses, comme les jeux vidéos et le dessin, que je commençais alors à prendre un peu plus au sérieux. 

Par contre j'avais pris soin de placer mes figurines tant convoitées dans une boîte avec d'autres bébelles et cette boîte s'est retrouvée enfouie dans mes affaires pendant de nombreuses années. Aujourd'hui mes figurines trônent dans mon salon où elles ont visiblement bien endurées les affres du temps, sauf R2-D2 et R5-D4 dont les étiquettes papier avaient eu la vie dure, et que j'ai restauré à leur apparence d'origine. 












Le saviez-vous? Certaines figurines de La guerre des étoiles peuvent aujourd'hui transiger à des prix assez élevés. De quelques centaines à plusieurs milliers, tout dépendant de la figurine, de sa rareté et de son état. En 2015 une figurine de Luke Skywalker a trouvé preneur pour $25,000 dans un encan Sotheby's. Pas mal pour des figurines qui se vendaient quelques dollars seulement à l'époque.