jeudi 3 septembre 2026

Les oiseaux du Québec: le colibri

Depuis la publication de mon dernier article j'ai été fort occupé à pourchasser un superbe p'tit oiseau fort fascinant et qui porte le nom de colibri à gorge rubis. Véritable petit hélicoptère à réaction, cette petite boule de plume brillantes traverse les jardins et les bosquets de fleurs à toute vitesse à la recherche de fleurs contenant le nectar sucré dont il raffole et dont son métabolisme ultra-rapide a besoin. Cet oiseau-là était sur ma liste d'oiseaux depuis que je me suis mis à la photographie d'oiseaux en 2020. Souvent l'on me disait; va là, il se promène. Je m'y rendais et puis, zut! C'était toujours comme ça. La poisse, j'vous dis! Mais ici, les choses ont été différentes. 

Au Québec, le colibri à gorge rubis est celui que l’on rencontre le plus souvent et il fait partie d'une grande famille qui regroupe quelques 366 espèces dans le monde. Mesurant à peine quelques centimètres et pesant seulement quelques grammes, il parcourt pourtant des milliers de kilomètres au cours de ses migrations. Il passe l’hiver principalement en Amérique centrale et revient au printemps dans les régions boisées, les jardins et les campagnes du Québec, où il demeure jusqu’à l’automne. Au moment où j'écris ceci il approche ladite migration vers le sud. 

Le prélèvement du nectar se fait grâce à son long bec et à sa langue adaptée et qui, selon mes propres observations, est aussi longue que son bec. Il apprécie notamment les fleurs rouges, roses ou orangées, comme l'impatiente des caps, riches en nectar, mais son alimentation ne se limite pas aux fleurs car il capture également de minuscules insectes et araignées selon l'occasion. Sur la photo du haut on le voit prendre un peu de repos avant de repartir vers les fleurs. Faut saisir l'occasion. 


Son vol constitue sans doute son trait le plus spectaculaire. Le colibri peut rester parfaitement immobile dans les airs devant une fleur, avancer, reculer (il est le seul oiseau au monde à pouvoir reculer en vol) ou changer brutalement de direction. Ses ailes battent si rapidement (environ 80 battements par seconde) qu’elles deviennent presque invisibles à l’œil nu. Ce mode de déplacement exige énormément d’énergie, ce qui explique pourquoi le colibri doit se nourrir fréquemment au cours de la journée. Une observation intéressante; je l'ai vu chasser des papillons des fleurs qu'il convoitait qui eux aussi s'abreuvent de nectar car le colibri n'est pas le seul à se préparer à la migration.
 

Au printemps et en été, il peut visiter les jardins québécois avec une étonnante régularité. Un simple parterre de fleurs sauvages, quelques arbustes fleuris ou un jardin bien aménagé peuvent suffire à l’attirer. Parmi les plantes particulièrement appréciées figurent la monarde, le chèvrefeuille, les penstemons, l'impatiente des caps (comme mentionné plus haut) et plusieurs espèces de fleurs tubulaires. Vous connaissez probablement quelqu'un qui demeure un peu hors de la ville et qui en attire avec une mangeoire spécialement conçue pour les colibris et lesquelles sont remplies d'eau mélangées avec du sucre. 
 

À l'automne notre petit visiteur quitte les contrées québécoises afin entreprend un voyage extraordinaire vers le sud. Malgré son poids minuscule, il va parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres, guidé par un instinct migratoire remarquable. Certains individus doivent même traverser le golfe du Mexique sans pouvoir se poser, un exploit considérable pour un oiseau aussi petit. Au printemps suivant il nous revient jusqu'à ce que le cycle de migration reprenne à l'automne. 
 

Malgré sa petite taille le colibri doit faire face à plusieurs prédateurs. Au Québec, les oiseaux de proie, certains autres oiseaux, les chats domestiques, les couleuvres et de petits mammifères comme les écureuils peuvent représenter une menace, particulièrement pour les œufs et les oisillons. Le colibri adulte est cependant extrêmement difficile à attraper. Il peut accélérer très rapidement, effectuer des virages serrés et même voler en arrière afin de fuir et confondre son attaquant.  
 

Photographiquement parlant ceux qui les attirent avec des mangeoires n'auront peut-être pas d'ennuis à les photographier mais dans la nature c'est une autre manche, comme on dit. Là, il faut tenter d'observer attentivement les bosquets de fleurs dont il raffole et être patient. En raison de sa petite taille et de sa vitesse il peut souvent échapper à notre regard. Lorsque l'on parvient à le trouver le défi suivant consiste à bien le cadrer et en tirer des images nettes et claires. Malheureusement pour moi je n'ai pu observer qu'un seul colibri mâle mais sa position éloignée et sa vitesse m'ont empêché de le capturer adéquatement. Tous ceux que l'on voit ici sont des femelles. 




Le saviez-vous? En vol ses ailes peuvent battre entre 50 et 80 fois par seconde et le rythme cardiaque peut atteindre 1,200 battements à la minute. Son métabolisme est tel que, gramme pour gramme, il surpasse aisément, et de loin, les meilleurs athlètes olympique au monde. 


Équipement utilisé:
 

Canon 90D + Sigma 150-600mm 


Dans mes oreilles: 
 
Je vous ai parlé de ce groupe avant dont je suis un fan fini. The Warning, composé des soeurs Daniella (guitare), Paulina (percussions) et Alexandra (basse) viennent tout juste lancer leur cinquième album intitulé Everything's Falling. 
 
Elles jouent depuis leur pré-adolescence comme en témoigne ce vidéo. Avec les années elles ont bûché solide et ont gagné en habilité, en prestance et affichent aujourd'hui des performances enlevantes
 
Cet album ci témoigne de leur maturité musicale et artistique, acquises tout au long de leur parcours. À écouter!  

 



Sous mes yeux: 
 
Au début des années 70 j'étais un lecteur assidu, entre autres publications, du Journal de Tintin. Au Québec les numéros ne paraissaient pas en kiosque comme en France alors on devait attendre un bout afin de mettre la main sur le Recueil du Journal Tintin, lequel regroupait plusieurs numéros ensembles. 

J'y suivais les aventures de mes personnages favoris dont Ric Hochet, Dan Cooper mais aussi Capitan. Il s'agissait là d'une œuvre signée par le prolifique couple de scénariste et illustrateur  composé de Lilliane et Fred Funcken. Ce récit nous ramenait à la France des mousquetaires et du cardinal de Richelieu, Capitan de Castaignac était cet aventurier courageux qui filait d'aventures en aventures avec son compagnon d'armes, d'Artagnan (oui oui, çui-là même!) ainsi que son assistant, et toujours plein de débrouillardise, Larose. 
 
Capitan et l'agent secret est une histoire pleine de rebondissements que je n'ai jamais pu terminer car il me manquait des numéros du Journal de Tintin. C'est bien par hasard, dans une bouquinerie, que j'ai trouvé la bédé au complet. 50 ans et des poussières plus tard, grâce à cette trouvaille, j'ai pu enfin en découvrir  la conclusion et je me suis du coup rappelé pourquoi j'aimais tant ce personnage. 
 
 
 

samedi 12 octobre 2024

Au revoir l'été, bonjour l'automne


L'observateur. 2024 - Pluche

Et voilà, l'été de 2024 est maintenant derrière nous. Après un mois de septembre où nous avons été particulièrement gâté, voici que les températures automnales s'installent tranquillement. Et avec elles, s'amènent les décorations saisonnières ainsi que le grand festival des couleurs dans les arbres. 

Toutefois, il me semble que la transition entre le temps des culottes courtes et du molleton a été courte. Aurons nous ce que nous appelons l'été des Indiens? Ce dernier soubresaut de températures confortables avant le temps des tuques? C'est a espérer. Une dernière pour la route, comme on dit. 

Mais pour l'instant c'est le temps des p'tites laines, comme disait ma grand-mère, des tisanes, du chocolat chaud et autres breuvages épicés. Rien ne vaut, par ces temps-ci, une bonne promenade dans la verdure qui prend ses couleurs de saison. Et avec un morceau de chance, on peut voir de bien belles choses, comme cette buse à épaulettes, croquée par un belle journée fraîche mais ensoleillée. 


La buse à épaulettes fait partie de la grande famille des oiseaux rapaces que l'on peut apercevoir de temps à autres dans plusieurs régions du Québec. Comme ses congénères, il se nourrit de petits mammifères comme les écureuils, gris et roux, les tamias rayés, les reptiles et des oiseaux plus petits. 


Comme tous les rapaces, cet oiseau jouit d'une vue extraordinaire et peut repérer ses proies à une très grande distance. Mais il arrive que sa présence dans un endroit donné soit remarquée par d'autres oiseaux, lesquels émettent alors une sorte de chant d'alarme pour avertir de la présence de ce prédateur. 


Comme il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez les buses, il m'est difficile, voire impossible, de savoir si celui-ci, que j'ai croqué tout récemment, soit un mâle ou une femelle. La seule différence étant la taille; la femelle est un peut plus grande que le mâle. Si vous l'apercevez, ne manquez pas de bien l'admirer car il se mêle joyeusement avec les belles couleurs automnales. 

Appareils utilisés: Buse: Canon 90D + Sigma 150-600mm, L'observateur: Canon 5D MkII + 50mm





Le saviez-vous? Bien qu'on retrouve cette buse dans la partie nord-est de l'Amérique du nord, on la retrouve également sur les côtes californiennes ainsi ainsi dans le nord-ouest du Mexique. 

lundi 9 janvier 2023

Oiseaux du Québec: la buse à épaulettes



Appareil utilisé: Canon 90D + 150-600mm Sigma

La buse à épaulettes est un oiseau rapace que l'on retrouve dans les forêts d'arbres feuillus au sud du Québec. Sa zone d'habitat est assez large, bordé au sud par les états comme la Floride, à l'ouest par le Mississippi, et au nord par le sud de l'Ontario et du Québec. On distingue cette buse de la buse à queue rousse en raison de la taille plus grande de cette dernière, surtout. 

J'ai photographié ce spécimen à Montréal où il semble bien s'adapter à la présence humaine. Ses territoires de chasse sont souvent occupés par d'autres rapaces comme l'épervier de Cooper, les chouettes rayées, les petites buses, les buses à queue rousse et les hiboux. Durant la période de nidification, où la femelle pond deux à trois œufs, la buse ne tolère généralement pas la présence d'autres buses à épaulettes à proximité mais semble plus tolérante envers d'autres rapaces. La construction du nid peut s'étendre de une à cinq semaines quoiqu'il est fortement possible pour la buse de réutiliser le même nid à plusieurs reprises ou, en d'autres cas, d'aménager dans le nid vacant d'une autre espèce. 

Ce magnifique oiseau est considéré comme une espèce non en péril¹ quoique l'étalement urbain et la coupe de zones forestières n'aident pas. Toutefois, l'ensemble de la population demeure relativement stable dans sa zone d'habitat. 





Le saviez-vous? Une fois éclos, les jeunes buses vont commencer à chasser dès l'âge de sept ou huit semaines, en commençant par des insectes avant de graduer vers des proies plus importantes. 



1. COSEPAC. 2006e. Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Buse à épaulettes (Buteo lineatus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 29 p.


samedi 28 mai 2022

Oiseaux du Québec: le moucherolle phébi

Canon 90D + Sigma 150-600mm

Le Moucherolle phébi (Sayornis phoebe) est une espèce d'oiseau appartenant à la famille des Tyrannidae et que l'on peut observer tôt au printemps. De tous les passereaux, c'est l'un des premiers à arriver ici après une longue migration depuis le sud du continent nord-américain. 

Ce p'tit oiseau niche dans les boisés, parfois sur le long des lisières et préférant la proximité d'un cours d'eau. Toutefois, il n'est pas rare de le voir nicher sur des bâtiments dont certains éléments lui permettent de construire son nid.

Canon 90D + Sigma 150-600mm

Il s'agit d'un oiseau insectivore, il se régale donc d'insectes de tous genres. Avec un peu de chance, on peut l'appercevoir près d'un tronc et picosser l'écorce pour en trouver. Contrairement à d'autres espèces d'oiseaux où les mâles et les femelles sont entièrement différents, il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez celui-ci; les deux sexes se ressemblent fort bien. Au Québec, son aire de nidification pendant la belle saison se résume au sud de la province, mais ailleurs au Canada on peut le retrouver à des latitudes plus élevées, notamment dans les Territoires du nord-ouest. 





Le saviez-vous? L'oiseau le plus rapide au monde est le faucon pèlerin. Lorsqu'il vole en piqué pour attaquer une proie, il peut atteindre une vitesse de 389 km/h. Dans le vidéo ci-dessous on peine à le voir attaquer un canard colvert mâle. 



dimanche 15 mai 2022

Oiseaux du Québec: la paruline à ventre baie


La paruline à ventre baie, même si elle est bien répartie en Amérique du nord, est d'une certaine rareté à certains endroits, comme en milieu urbain. Je n'ai eu que quelques secondes pour capter celle-ci puisqu'elle sautait de branche en branche très rapidement dans un grand pin à bonne hauteur. Cette paruline affectionne  les forêts de conifères (en particulier les épicéas) et les forêts mixtes de bouleaux et d'érables.

Malgré sa petite taille c'est un oiseau migrateur qui peut se rendre jusqu'en Amérique centrale. Il revient au Québec vers la mi-mars et demeurent avec nous jusqu'au mois d'août où elles reprennent le chemin du sud pour la saison hivernale et les voyages migratoires se font toujours en groupe. Solitaire, il se mêle souvent à d'autres espèces de parulines pour se procurer de la nourriture. Il s'agit d'un oiseau fort utile car il se régale de tordeuses d'épinettes. 


Le saviez-vous? Les oiseaux modernes, dont notre paruline vedette aujourd'hui, sont des descendants directs de la famille de dinosaures appelés "théropodes" qui comprenait entre autres le tyrannosaure, l'albertosaure, le carnotaure et bien d'autres (1). Les dinosaures ne sont pas tous disparus, mais ceux qui ont survécu ont évolué jusqu'à nos jours. 

samedi 30 avril 2022

Oiseaux du Québec: le pigeon biset

 


Le pigeon biset est fort probablement l'oiseau urbain le plus connu, et surtout le plus vu. Bien que très présent, ce n'est pas un oiseau natif du Québec ou même de l'Amérique du nord puisqu'il a été introduit ici par les Européens au début du XVIIè siècle afin de servir de messagers. De là, il s'est rapidement adapté au climat rigoureux du Québec. Il a s'est non adapté aux changements lors de l'industrialisation et de l'urbanisation mais en a aussi tiré profit en trouvant sa subsistance un peu partout. 

L'oiseau fait partie de la grande famille de Columbidés et compte pas moins de 310 espèces dont la tourterelle et la colombe. Il est grégaire et relativement sédentaire qui niche là où il peut, que ce soit sur des édifices, des des corniches, des structures de ponts ou encore dans des bâtiments abandonnés. Les pigeons demeurent en couple pour tout la vie et la femelle peut pondre jusqu'à deux couvées par ans avec, en moyenne, deux, parfois trois pigeonneaux. 

Malgré son extraordinaire adaptation, il est considéré nuisible car ses déjections corrosives endommagent les bâtiments où il niche ainsi que les alentours qu'il fréquente. Il est porteur de tiques, mites, puces et poux et peut aussi transmettre des maladies comme l’encéphalite, l’ornithose, la salmonellose, la toxoplasmose et l’histoplasmose.

Visuellement, le pigeon biset est un très bel oiseau avec un beau plumage dont les couleurs vont du gris, au bleu ainsi qu'au mauve. Sa chair, comestible, est très bonne au goût, semble t-il. Il se trouvait d'ailleurs un éleveur, en Mauricie je crois, qui en faisait l'élevage à cette fin (est-ce toujours le cas?). 



De multiples études, certaines datant de plus de quarante ans, d'autres très récentes, démontrent que le pigeon domestique, les tortues marines, mais aussi beaucoup d'autres animaux comme l'abeille domestique, des fourmis, des papillons migrateurs, la langouste de Cuba, sont sensibles au champ magnétique terrestre et l'exploitent pour s'orienter


vendredi 22 septembre 2017

Butorides virescens

Le héron vert est un oiseau échassier qui fait partie, vous l'aurez deviné, de la grande famille des hérons. On retrouve principalement ces oiseaux le long d'un cours d'eau, d'un lac ou d'un étang puisque leur diète se compose de poissons, d'amphibiens et d'insectes. Il mesure environ 44cm, soit plus petit que son cousin le héron bihoreau. J'ai rencontré mon héron vert bien par hasard durant une promenade. 

Petite histoire en quelques temps. 

Le voilà, sur un billot flottant au milieu d'un étang. Cet endroit est de loin supérieur au rivage car il donne au héron vert une vue à 360 degrés, ce qui multiplie ses chances d'aperçevoir un poisson et de le capturer. Durant la belle saison ce billot est un peu tel cette station service/halte routière pour différentes espèces d'oiseaux comme les canards colvert, les canards branchu, les grives et aussi pour les tortues peintes. De temps à autres, quelques espèces s'y côtoient allègrement, profitant du soleil. Mais aujourd'hui, seul le héron vert s'y trouve. 

Après avoir arpenté le billot de long en large sans avoir aperçu de poisson quelconque, le héron s'est offert une libellule en guise d'amuse-gueule (ou amuse-bec?). Ils sont habiles au point de pouvoir happer un insecte en plein vol. Une fois l'insecte avalé, le héron a redémarré son radar à poisson. 

Le héron vert est drôlement astucieux et on peut le constater ici en le voyant agiter un bout de nénuphar avec son bec à la surface de l'eau afin d'attirer un poisson. Après l'avoir agité il a observé patiemment, puis, il a recommencé. 

Après plusieurs essais infructueux avec le nénuphar, il a soudainement vu quelque chose d'intruiguant. Serait-ce le poisson tant convoité? Une petite barbotte ou encore une carpe? Il avance méthodiquement sur le billot tout en fixant solidement ce qu'il a repéré. 

Voici une particularité physionomique fort intéressante du héron vert; sa capacité à pouvoir s'étirer le cou de façon presque démesurée. Avec les pattes solidement ancrées dans le billot, il s'étire ainsi le cou afin de déterminer si le jeu en vaut la chandelle. 

Il plonge pour un quitte ou double. Soit il ressortira de l'étang bredouille ou il aura de quoi festoyer. On notera que les hérons verts, tout comme les autres oiseaux échassiers, ne possèdent pas de pattes palmées car pour eux, l'eau ne sert qu'à plonger très brièvement, contrairement aux oies, canards et autres palmipèdes. Maintenant c'est le moment de suspense et j'attend qu'il retourne sur le billot pour voir le résultat. 
Et voilà! Il vient de saisir une carpe. À l'aide de ses puissantes ailes, il sort de l'eau afin de déguster son repas. Quelle chasse! Heureusement pour lui, il n'y a pas eu d'autres hérons verts ou d'oiseaux d'autres espèces qui sont venus l'embêter. Lorsqu'il pêche comme ça, il ne tolère absolument pas la présence d'autres oiseaux à proximité. 

Une fois revenu sur le billot, il s'est arrêté pendant environ une minute, probablement à se demander s'il allait manger son poisson là ou ailleurs. Que va t-il faire? 

Au final, il a décidé de s'envoler et j'ai bien cru qu'il irait se percher à la cime d'un arbre pour ne pas être importuné. Toutefois, c'est pratiquement à mes côtés, à la hauteur de mes yeux qu'il s'est installé. Il ne faut pas craindre quant à la taille du poisson, sitôt après avoir pris cette photo il l'a avalé d'un coup. Et hop! dans l'estomac. 

Le repas est maintenant terminé et il se demande probablement s'il prendrait maintenant un petit digestif. Il est donc resté comme ça sur la branche pendant plusieurs minutes, la panse bien remplie. Quant à moi, j'ai considéré avoir pris assez de photos et lui ai souhaité bonne fin de journée afin de reprendre ma promenade. 

Avec un peu de chance, on peut apercevoir des hérons verts à quelques endroits à Montréal dont le Technoparc, le parc Angrignon, le parc de l'île de la Visitation et au parc des Rapides, à Lasalle. Toutefois, il est fort possible de l'observer ailleurs. 




Le saviez-vous? L'aire de répartition du héron vert, qui comprend la côte est Nord-américaine, le Mexique et l'Amérique centrale, se réduit d'année en année. il doit actuellement faire face à l'assèchement et à la raréfaction des zones humides dû à l'urbanisation galopante. 

lundi 22 juin 2015

Dure nature

Photographier la Nature dans son ensemble est passionnant et certainement gratifiant, surtout lorsque l'o parvient à saisir de magnifiques photos. Mais parfois, durant une promenade, au détour d'un sentier, l'on peut être témoin de scènes qui nous rappellent que la Nature a parfois un côté plus sombre. Ca été le cas pour moi il y a un certain temps de cela. Lors d'une promenade, je suivais un sentier lorsque j'ai aperçu une femelle branchu et ses trois petits qui clapotaient dans l'eau et sur les nénuphars. 


Cette femelle branchu niche au milieu de roseaux qui bordent l'étang. Plus tôt au printemps, on la voyait avec le mâle roucouler et préparer le nid. Lorsqu'elle a émergé des roseaux on comptait cinq cannetons et cette journée-là, il n'en restait que trois. Parfois il suffit qu'un caneton s'éloigne trop pour qu'il ne retrouve plus sa maman. Parfois la chance intervient et il la retrouve, ou encore il est adopté par une autre femelle quoique ce soit plus rare. Mais à d'autres moments, un caneton perdu peut rapidement devenir une proie facile. 


À une distance d'environ un mètre de la mère se trouvent deux des trois cannetons qui batifolent et apprennent à trouver de la nourriture. Ils s'amusent également à marcher sur les nénuphars. Une mère et ses canetons, une scène parfaitement buccolique à souhait, non?


À une certaine distance se trouve un grèbe à bec bigarré qui observe la scène. Cet oiseau parfaitement aquatique peut plonger sous l'eau pendant de longs moments. Il ne possède pas de pattes palmées comme les canards mais plutôt des pattes semi-palmées qui ne sont pas très adaptées pour marcher sur le sol. Le grèbe continue d'observer la maman branchu et ses trois rejetons puis, il plonge sous l'eau. Il est très difficile de savoir où il ira. Peut-être tout près mais encore aussi à l'autre bout de l'étang car c'est un excellent nageur. 


C'est à ce moment que je crois deviner. Ce caneton branchu s'est trop éloigné de sa mère. Je regarde dans les branches des arbres aux alentours afin de repérer un quelconque oiseau de proie. Dans ce coin j'ai pu observer une petite buse, une buse à épaulettes et des éperviers de Cooper. Toutefois, ce n'est pas parce que je n'en vois pas qu'il y en a pas. 


Pendant que je continue de scruter les arbres, j'entends tout à coup une échauffourée dans l'étang. Le caneton qui s'était éloigné vient de se faire happer solidement au cou par le grèbe et ce dernier le secoue comme un chien fait avec une guenille. Les deux autres canetons se sont vite réfugiés dans les roseaux près du nid. 


Après l'avoir secoué violemment, le grèbe rejette le caneton sur un nénuphar et replonge. Le caneton est toujours vivant mais semble avoir beaucoup de peine à coordonner ses mouvements. 


Le pauvre caneton semble ne pas être en mesure de se remettre sur ses pattes malgré de valeureux efforts. Le grèbe quant à lui n'est pas visible. Peut-être a-t-il choisi d'aller ailleurs? 


Le caneton continue à se débattre, toujours incapable de se retourner et cette fois je comprend; le grèbe, en le secouant, lui a brisé le cou. Il ne survivra pas. 


La femelle branchu quant à elle n'a démontré aucun instinct maternel pour protéger ses petits et s'est rapidement sauvée dans un arbre, les laissant à la merci du grèbe, lequel s'est probablement attaqué au caneton pour défendre son territoire, quoique le grèbe ne niche pas dans ce coin. 


Le grèbe observe la femelle branchu pendant de longs moments, nageant près de l'arbre près du bord où elle se trouve, à cinq mètres du sol sur une branche. 


Le caneton quant à lui a cessé de bouger. Il est parfaitement immobile et ne respire plus. C'en est terminé pour ce caneton qui n'aura malheureusement vécu que quelques maigres semaines. J'étais de l'autre côté de l'étang lorsqu'une petite buse l'a saisi pour l'emporter quelque part. C'est certes un spectacle dur et certainement saisissant, mais la Nature est ainsi et elle nous rappelle ainsi de sa fragilité. 


Le saviez-vous? Chez le canard branchu, aussi appelé canard carolin, le mâle arbore un plumage presqu'aussi terne que celui de la femelle. Toutefois, au printemps durant la période des mamours, ce plumage prend une flamboyance de couleurs qui redevient progressivement terne par la suite. Une fois que les canetons ont éclos, les mâles ne restent pas longtemps puis s'en vont vers d'autres cieux.