samedi 19 septembre 2026

D'hier à aujourd'hui: coin St-Thimothée et Ontario

 

(Photo du haut: Archives de la Ville de Montréal)

Sur la photo du haut on se retrouve au coin de l'intersection des rues St-Thimothée et Ontario en 1977. Sur ce coin on y voit le restaurant Vanier. C'est le genre de petit établissement de quartier comme on en retrouvait souvent dans le temps sur les coins de rues. On y servait des repas légers à manger sur place ou emporter. La mention «Snack-Bar» sur l'écriteau indiquait qu'on y vendait aussi des croustilles, des bonbons et du chocolat. On voit uassi, tant sur l'écriteau que sur les panneaux, des réclames pour les boissons gazeuses qu'on servait, en l’occurrence ici Pepsi, Diet 7-Up, 7-Up ainsi que RC Cola (RC signifiait Royal Crown et un boisson gazeuse que l'on ne retrouve plus au Québec). 

Le bâtiment est un exemple classique d'architecture que l'on retrouve dans les quartiers ouvriers; brique commune peinte, toit en fausse mansarde avec bardeaux d'ardoise surmonté d'un pignon. Ces bardeaux avaient une durée de vie assez impressionnante d'ailleurs.  

À droite on retrouve un terrain vacant où se trouvait sans aucun doute un bâtiment que l'on a démoli pour une raison ou une autre et ensuite deux bâtiments résidentiels dont un avec les fameux balcons donnant directement au dessus du trottoir. 

Durant les années 80 le bâtiment abritant le restaurant a été démoli et pendant de nombreuses années le terrain est demeuré en friche jusqu'à ce que l'on construise un bâtiment morne sommes toutes assez ordinaire en 2013. On s'ennuie du bâtiment original. 

Quelques éléments intéressants dans la photo de 1977 peuvent nous aider à situer quand cette photo a été prise; d'abord, le monsieur qui s'apprête a entrer dans le restaurant et qui vient probablement tout juste de stationner son Chrysler New Yorker. Ses manches courtes et la neige qui semble fondre nous indiquent que la photo a probablement été prise quelque part au moins d'avril. 

Un autre détail amusant est le panneau de Terre des Hommes en haut à gauche.En 1977 il n'en restait pas beaucoup de ces panneaux et à vrai dire, Terre des Hommes commençait tranquillement à s'amenuiser comme peau de chagrin. L'île Notre-Dame était fermée et les pavillons qui s'y trouvaient étaient tous à l'abandon, une bonne partie d'entre eux ayant été vandalisés. Les seules attractions qui restaient se trouvaient sur l'île Ste-Hélène où même l'ancien pavillon américain était à l'abandon puisqu'il avait été victime d'un incendie au mois de mai de l'année précédente. 

Et qu'est-ce qui retient donc l'attention en ce début de printemps de 1977? 

D'abord la direction des Expos de Montréal conclut une entente avec la Régie des installations olympiques afin de commencer à disputer ses matchs au stade. Le premier match sera disputé le 15 avril devant pas moins de 57,000 spectateurs (et dont je faisais partie). Ils y ont affronté les Phillies de Philadelphie et ont malheureusement perdu leur match inaugural 7-2. 


Toujours le 15 avril, Lise Payette met en place son programme d'assurance automobile. Ce dernier offrira des indemnisations aux victimes d'accidents de la route et obligera tout conducteur à se doter d'une assurance responsabilité. 

Presque un mois plus tard le Canadien de Montréal va remporter la coupe Stanley après avoir battu les Bruins de Boston dans un pointage de 4-0, au grand plaisir des fans. 

La parade de la coupe Stanley sur la rue Ste-Catherine. On y voit en haut à gauche Serge Savard, puis à droite Yvan Cournoyer et en bas Michel Larocque. Les fans se sont massés aux abords de la rue afin d'y saluer les nouveaux champions. La photo a été prise devant l'endroit où se situe aujourd'hui l'entrée du Centre Eaton.  

Au printemps de 1977 j'en suis à terminer ma cinquième année et je commence à lorgner, comme bien d'autres dans la classe, vers les vacances à venir. Durant l'été il y a toujours de très bons films à aller voir au cinéma. L'année précédente j'avais fort apprécié Le jouet avec Pierre Richard et le grand classique Les 12 travaux d'Astérix. Je me demandais bien ce qui m'attendais pour l'été de 1977. Puis, est apparu sur écrans de télévision la bande annonce d'un film comme je n'en avais jamais vu et c'était devenu un sujet de discussion qui revenait souvent dans la cour d'école. 


Ce film était, bien entendu, La guerre des étoiles. Jusqu'à ce film il était pratiquement convenu à Hollywood que la science-fiction ne fonctionnait pas au cinéma. 2001 l'Odyssée de l'espace, malgré ses grandes avancées en effets spéciaux et son «chef-d'oeuvrisme» n'avait pas connu le succès escompté, même projeté en Cinérama. À la télévision, Patrouille du cosmos n'avait duré que trois ans et Cosmos: 1999 deux seulement. La guerre des étoiles était ce film qui allait faire la fortune de la 20th Century Fox ou plonger la compagnie dans la failite. Fort heureusement le film a connu un des succès les plus foudroyants de l'histoire du cinéma. J'en ai été plus que convaincu lorsque j'ai été voir le film au cinéma Champlain sur la rue Ste-Catherine. 



Le saviez-vous? Si les acteurs principaux du film étaient convaincus du succès à venir ce n'était pas le cas de George Lucas. Après tout, au début de mai seules une trentaine de salles projetaient le film. En roulant devant le Chinese Theatre à Los Angeles il vit une foule imposante se presser aux guichets et réalisa que tous ces gens s'en allaient voir son film. 

mercredi 9 septembre 2026

D'hier à aujourd'hui: la rue Bleury


 Nous voici sur la rue Bleury, tout juste au nord de ce qui s'appelait la rue Craig, aujourd'hui St-Antoine. Elle rappelle le souvenir de Marie-Rosalie de Bleury (1775-?), fille et héritière de Jean-Clément de Sabrevois, sieur de Bleury (1729-1784), militaire de carrière. Jusqu'à 1802, celle-ci a possédé le terrain entre les rues Craig et Sherbrooke à travers lequel cette rue fut ouverte. Au tout début du 19e siècle, ce n'était rien de plus qu'une étroite ruelle herbeuse que les jeunes gens appelaient alors « la ruelle du flirtage».

Aujourd'hui cette rue s'étend de l'avenue Viger jusqu'à la rue Sherbrooke où elle change de nom pour Avenue du Parc. La portion entre l'avenue Viger et la la rue St-Antoine porte le nomde Place Jean-Paul Riopelle, célèbre peintre Québécois. À partir de St-Antoine vers le sud c'est la rue St-Pierre. Trois noms pour une seule et même voie. 

La portion supérieure de la photo ci-haut nous montre la rue Bleury telle qu'elle paraissait durant un hiver de 1952. Derrière le jeune homme qui regarde l'objectif de la caméra on voit le commerce Payette Radio. Quelques années plus tard le commerce va déménager dans des locaux plus spacieux au 730 rue St-Jacques ouest. Tout juste derrière c'est le magasin de chaussures Dexter. De l'autre côté de la rue c'est le versant ouest de l'édifice Pascal où, au coin de St-Antoine, se trouvait le grand magasin du même nom. Tout juste au nord, on aperçoit une station-service de la bannière Texaco. Du reste, cette scène hivernale ressemble en tous points à celles que l'on connaît aujourd'hui; des bancs de neige, de la gadoue dans la rue et du trafic à travers lequel se trouve le tramway 80 Bleury et qui rattaché au terminus Craig. 

Du reste, il ne subsiste absolument rien de tout ce que l'on voit sur la photo de 1952. Tout a été démoli et les bâtiments du côté est de Bleury sont tous passés sous le pic des démolisseurs lorsque l'on a construit le Palais des congrès. La première phase en 1983 et l'autre, plus audacieuse, en 2002. 

Publicité du shortening de marque Swift'ning en 1952. Une marque aujourd'hui disparue. 

Les lames de rasoir Gillette. C'était l'époque bien avant l'arrivée du rasoir jetable, lequel a été introduit en 1975 par Bic. 

En 1952 la mode des ensembles de cuisine en chrome gagnait en popularité. Parmi tant d'autres, ce commerce de la rue St-Hubert vous en offrait une bonne sélection. En dollars ajustés à l'inflation, le coût de l'ensemble ci-haut illustré vaudrait $1,590,00 aujourd'hui. L'avantage de ces meubles était toutefois la grande durabilité. 

Ce qui retiendra l'attention durant l'hiver de 1952 au Québec est bien entendu le conflit de travail important qui oppose les employés d'Associated Textiles au patronat de la compagnie. Les négociations sont rompues en dévrier et le syndicat déclenche la grève en mars. Le ministre du travail, Antonia Barrette y va d'ailleurs de reproches solides à l'égard de la compagnie qu'il accuse de revenir sur des offres présentées. Ce conflit va perdurer pendant de longs mois. En avril ce sont les employés de Dominion Textiles qui démarrent une grève. En avril aussi, la grande première cinématographique du film Aurore, enfant martyre. 




Le saviez-vous? Peu de temps après l'apparition du film, la comédienne Lucie Mitchell qui incanait la vilaine acariâtre et bourreau d'Aurore, se faisait souvent reconnaître dans la rue ou dans le tramway et nombreux étaient les gens qui la villipendaient et l'injuriait en public, incapables de faire la différence entre la comédienne et le rôle qu'elle avait joué. 

lundi 24 août 2026

Gagnon Automobile en 1912

En 1912, au 1950 boulevard St-Laurent, on retrouve le commerce St-Louis Automobile, propriété de Siméon Gagnon et où l'on peut faire l'acquisition de voitures de marque Rambler. Le garage offre aussi les services d'entretien et de réparations. La photo est intéressante, on y voit des gens posant devant le commerce et où l'un d'entre eux est fort probablement monsieur Gagnon lui-même. Au dessus du commerce se trouvent des logements et la personne assise au balcon tout en haut ne semble pas trop s'en faire avec ce qui se passe en bas.  

Une Rambler «Touring» de 1912, pour les promenades estivales, bien entendu. 

Toutefois en 1912 l'automobile était un produit de luxe qui était fort loin de la portée des bourses de l'ours moyen. En effet le prix d'une Rambler variait selon le modèle, entre 1 200 et 3 000 dollars, ce qui équivaut à environ 43 000 à 107 000 dollars aujourd'hui. On compte à cette époque approximativement 3,000 voitures en circulation à Montréal mais c'est l'apanage des riches. 

Sur cette photo on peut voir l'intérieur du commerce où se trouvent tous les agréments modernes afin de bien gérer le commerce; téléphone, système de communication interne, machine à dactylographier, fontaine d'eau et pièces. 

Comme mentionné au début de l'article, le commerce se trouvait au 1950 boulevard St-Laurent mais on ne peut utiliser cette adresse à l'emplacement actuel puisque la numérotation des rues n'était pas la même. Le 1950 boulevard St-Laurent à cette époque se situait un peu au nord de Laurier.  

En 1925 le garage n'existe plus. Il est difficile d'extrapoler sur la cause mais en 1919, un peu plus au sud, soit au 1545 boulevard St-Laurent , s'installe Légaré Automobile. Cette adresse place le commerce un peu au nord de l'avenue du Mont-Royal. Pas à côté mais pas bien loin non plus.

Légaré Automobile, succursalle au 596 Ste-Catherine Ouest. 
 
Comme on peut le voir sur cette représentation de la compagnie dans le Lovell de l'époque, la compagnie Légaré possédait 7 succursales à Montréal et offrait vente et service pour plusieurs marques de voitures du temps dont, ô surprise, les voitures Nash. 
 
Les voitures Rambler, que vendait Siméon Gagnon, étaient fabriquées par la Thomas B. Jeffery Company,l laquelle a produit des automobiles de 1900 jusqu'en 1914. Or, en 1916, Charles W. Nash, propriétaire de la compagnie de voitures du même nom, rachète celle de Thomas B. Jeffery. Monsieur Gagnon a pu certes continuer à vendre des Rambler mais la présence proche de Légaré Automobile lui a certainement envoyé un solide coup de coude dans les côtes, surtout avec plusieurs succursales. C'est ce qui a probablement fait dérailler le commerce de monsieur Gagnon. 
 
Il est bien difficile en 2025 de savoir où se trouvaient très exactement les commerces qui existaient là il y a cent ans car si il se trouve encore de vieux bâtiments plusieurs ont été remplacés par d'autres de facture plus moderne. Sans compter, comme mentionné plus haut, la numérotation des adresses qui différait grandement de celle d'aujourd'hui. 
 


Le saviez-vous? Nash Motors relança la marque Rambler sur le marché automobile de 1950 à 1954. En 1954 Nash fusionne avec la Hudson Motor Car Company pour former l'American Motors Corporation. La compagnie va d'ailleurs remettra d'ailleurs le Rambler sur les routes durant les années 60.   




Bien qu'il se passe bien des choses en 1912, l'évènement qui fera parler pendant des smeaines et voire plus, est sans aucun doute le baufrage du paquebot Titanic de la White Star Line dans les eaux glacées de l'Atlantique nord. À cette époque la télégraphie sans fil permet des communications rapides et parfois, malheureusement, trop rapides. En effet, dans son édition du 14 avril 1912, le journal La Patrie rapporte de façon erronée, que tous les passagers sont sains et saufs. Les faits, on le sait, sont décidément tout autre et on devra rajuster le tir dans les éeditions subséquentes et rapporter que le naufrage a causé la mort d'environ 1,500 personnes. 

L'édition du 14 avril 1915. Une communication hâtive rapporte une fausse bonne nouvelle. 

L'édition du 15 avril rectifie le tir. Le nombre de décès est encore à ce moment imprécis car le édcompte officiel n'est pas terminé. 

Et enfin, pour clore cet article, voici quelque publicités parues en 1912. Vous reconnaîtrez fort certainement certains produits qui sont encore disponibles aujourd'hui. 







lundi 10 août 2026

D'hier à aujourd'hui: Le monument aux pionniers de Montréal

Le monument aux pionniers de Montréal (date inconnue mais fort probablement à la fin du 19è siècle)


Si vous vous êtes déjà promené dans le Vieux-Montréal aux alentours du musée Pointe-à-Callière et de la Place Youville alors vous aurez certainement aperçu ce monument. Il a été érigé en 1893 par la Société historique de Montréal afin de commémorer les pionniers qui ont bâti Montréal et ce, depuis sa fondation en 1642 alors que la ville portait le nom de Ville-Marie. 

Membre de la Société historique de Montréal, l'architecte-arpenteur J.-A.-U. Baudry en est le concepteur et il faudra un bon nombre de chevaux (on parle d'une quarantaine) afin de l'amener sur place. Les plaques de bronze avec les inscriptions sont confiées à la maison Chanteloup. 

L'emplacement initiale du monument se trouve alors un peu à l'ouest de la rue Saint-Nicolas et l'inauguration se fait en 1894. LA ville de Montréal en prend possession en 1940 et un an plus tard elle fait déplacer l'obélisque à la Place Royale et va y demeurer jusqu'en 1983 où la Ville de Montréal va la relocaliser finalement à l'endroit où l'on peut l'admirer aujourd'hui. 

La première plaque porte les inscriptions suivantes: 

Le XVIII mai MDCXLII, près de cet obélisque, entre le fleuve et la rivière qui coule sous la rue des Commissaires, à L'endroit appelé Place Royale par Champlain le XXVIII mai MDCXI, Paul Chomedey de Maisonneuve jeta les fondements de la ville de Montréal. Il érigea les premières habitations, le fort, la chapelle, le cimetière, qu'il renferma dans une enceinte de pieux.

Le XXIII février MDCXLII, Montréal avait été consacré à la Sainte-Vierge sous le nom de Ville-Marie.

Le XIII février MDCXLIV, Louis XIV lui accorda sa première charte civique.

Le XXVI mars MDCXLIV, Chomedey de Maisonneuve en fut nommé premier gouverneur particulier.
 

 La seconde plaque: 

 Noms des fondateurs de Montréal

Jerôme Le Royer de La Dauversière et Jean-Jacques Olier, fondateur de Saint-Sulpice ont eu chacun séparément l'inspiration d'établir cette ville. Ils ont pourvu aux premières dépenses et travaillé de concert. La Dauversière apparait dans les transactions extérieures. Olier est l'âme de la société dont il excite le courage et la générosité. Ils réunissent autour d'eux P. Chevrier Baron de Fancamp ; N. Laisne de Barillon ; L'abbé Le Gauffre ; N. Bardin ; Jeanne Mance ; P. Chomedey de Maisonneuve ; Angélique Faure de Buillion ; Gaston de Renty, Baron de Renty ; Henri-Louis Habert de Montmor ; L'abbé Nicolas Jaubert de Barrault ; Roger du Pressis, Duc de Liancourt ; N. Laisne de Marguerie ; Louis Le prêtre de Fleury ; L'abbé Denis le Prêtre ; Isabelle Seguier de Livry ; Jean Galibal ; N. Quartoze ; Jean-Antoine de Mesmes d'Irval ; Philibert Brandon du Laurent ; Louis d'Ailleboust de Coulonge ; Isabelle Blondeau de Villesavin ; Louis Séguier, Baron de St-Frémin ; Balthazar Brandon de Bassancourt ; Madame Lachancelière Louise Fabry ; L'abbé Gabriel de Thuilières de Lévis-Queylus ; L'abbé Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers ; Antoine Barillon de Morangis de Chaudebonne ; Christophe du Plessis, Baron de Montbar ; Bertrand Drouart, secrétaire ; et plusieurs autres dont les noms sont demeurés inconnus. 

La troisième plaque: 

Noms des premiers colons de Montréal

MDCXLII

Mai-Août

Paul de Chomedey de Maisonneuve ; R. P. Poncet, S. J. ; Pierre Puiseaux de Montrenault ; Jeanne Mance ; Catherine Barre ; Jean Gorry ; Isabeau Panie ; Augustin Hébert ; Adrienne Duvivier ; Antoine Damien ; Marie Joly ; Jean Caillot ; Pierre Laimery ; Nicolas Godé ; Françoise Gadois ; Françoise Godé ; Nicolas Godé ; Mathurine Godé ; Madeleine de Chavigny de La Peltrie ; et plusieurs autres dont les noms sont inconnus.

Août-Décembre

J.-B. Legardeur de Repentigny ; R. P. Joseph-Imbert Duperon, S.J. ; Louis D'Aillebourst de Coulonge ; Barbe de Boullogne ; Philippine de Boullogne ; Gilbert Barbier ; David de La Touze, Guillaume Boissier ; Bernard Berté ; Pierre Laforest ; César Léger ; Jean Caron ; Léonard Lucot-Barbeau ; Jacques Haudebert ; Jean Massé ; Mathurin Serrurier ; Jean-Baptiste Damien ; Jacques Boni ; Jean Philippes ; Pierre Didier ; Pierre Quesnel ; Julien Pothier ; N. Bellanger ; Louis Godé ; Jean Mattemasse ; Pierre Bigot ; Guillaume Lebeau ; Catherine Lezeau 

La quatrième plaque: 

Le XVIII mai MDCCCXCIII, ce monument a été érigé par la Société Historique de Montréal à la mémoire des généreux fondateurs de cette ville et des premiers colons arrivés ici.

En MDCXLII, ce que vous voyez ici, Messieurs, n'est qu'un grain de sénevé, mais... je ne doute nullement que ce petit grain ne produise un grand arbre, qu'il ne fasse un jour des progrès merveilleux, ne se multiplie et ne s'étende de toute part.

Paroles adressées aux colons, par le R.P. Vimont le XVIII mai, MDCXLII : "Ce projet de Montréal pourra être, un temps à venir, une grande gloire à Dieu, l'honneur de l'Église et une grande utilité à ce royaume." Paroles de M. Olier, "Les véritables motifs", etc. 

Le monument, tel qu'on peut l'admirer aujourd'hui. Les plaques sont des reproductions. 



Le saviez-vous? Jusqu'en 2012 la Ville de Montréal et les livres d'histoire ne reconnaissaient que Paul Chomeydey de Maisonneuve comme unique fondateur de Ville-Marie. Après des recherches, et un peu de bons sens, on s'est rendu compte que l'infirmière Jeanne Mance, fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal en 1645 avait contribué tout autant que Paul à fonder ce qui allait devenir Montréal. 


Vu:  Le dernier opus mettant en vedette Spider-Man (Spider-Man - Brand New Day). À l'âge de 60 ans il me fait toujours grand plaisir de pouvoir admirer les pirouettes de mon héros d'enfance. Un film que j'ai bien aimé et qui mérite pleinement les accolades qu'on lui attribue. 
 
Quoi? Le 8 août 2026 était la journée internationale des chats. Au Québec cette fête devrait être le 15 août. Pourquoi? Parce que c'est à ce moment que l'on est à la mi-août. Bodum-tshh!! 

N'oubliez pas!
Le 12 août c'est le jour du livre québécois. Rendez visite à une librairie indépendante et procurez-vous un ouvrage pondu par des gens d'ici afin de les encourager. Vous ne savez pas lequel choisir? Laissez-vous guider par les libraires, eux autre ils connaissent ça!

jeudi 30 juillet 2026

D'hier à aujourd'hui: La rue Ste-Catherine en 1971

 

Photo: Archives de la Ville de Montréal - VM94-A0697-006)

Nous voici au coin de Ste-Catherine et Mansfield le vendredi 11 juin 1971 sur l'heure du midi. Les piétons attendent patiemment que la lumière tourne au vert afin de pouvoir travers pendant qu'un Pontiac Catalina 1970 s'apprête à passer en direction nord. On y retrouve un mélange bigarré de gens travaillant aux alentours et de dames chasseuses d'aubaines. À ce moment-là, tout comme aujourd'hui, la rue Ste-Catherine était la rue de tous les commerces et services imaginables.

Du côté sud de Ste-Catherine on aperçoit, au coin, le théatre Capitol où l'on fait jouer «When Dinosaurs Ruled the Earth» où l'on voyait davantage Victoria Vetri en bikin que de dinosaures. Le titre du film refait surface dans le film «Le parc jurassique» où, à la fin lorsque le tyrannosaure triomphe, il tombe une bannière sur laquelle on voit le titre du film. 

Tout juste à côté, le fameux restaurant Dunn's où ma grand-mère m'amenait manger chaque fois que l'on venait au centre-ville. Un restaurant dont j'ai déjà parlé ici. S'ensuit le cinéma de Paris, avec sa grande devanture en ciment brun et ensuite l'opéra de Paris ainsi qu'une petite boutique d'importations. Tout juste à côté c'est Lanza Steak House puis le bijoutier Brault. Et enfin, le cinéma Pigalle. Du côté nord, là où se trouve aujourd'hui la place Montréal Trust, il y avait un magasin Reitman's dont on voit le «S» sur la marquise. À côté, et jusqu'à McGill College c'était un Woolworth, un magasin dont j'ai aussi parlé ici. 

En cette journée les amateurs de hockey parlent énormément de Jean Béliveau qui vient d'annoncer, deux jours auparavant, sa retraite mais on jase aussi d'un joueur prometteur et bourré de talent qui a signé un contrat avec le Canadien de Montréal la journée d'avant. Les connaisseurs lui prédisent beaucoup de succès et qui portera certainement le flambeau que lui a tendu le gros Bill. Ce joueur, c'est Guy Lafleur, fière nouvelle recrue et qui viendra à être surnommé le démon blond. Au même repêchage, Marcel Dionne, deuxième choix, s'en allait avec les Red Wings de Détroit. 

La politique aussi en fait jaser plus d'un, surtout en ce qui concerne la conférence de Victoria où Pierre-Eliott Trudeau envisage une réforme constitutionnelle. Si le premier ministre du Québec Robert Bourassa se range du côté de Trudeau il se ravisera plus tard et retirera son appui. 

 

Aujourd'hui ce même coin a bien changé. Reitmans et Woolworth sont disparus depuis bien longtemps et à leur emplacement de dresse aujourd'hui la place Montréal Trust. Tous les commerces mentionnés plus haut aussi sont disparus. Fini aussi les cinémas. En fait, tous les magnifiques salles qui longeaient la rue Ste-Catherine se sont évaporés; le Parisien, le Capitol, le Pigalle, Alouette, Palace, Loew's, York et combien d'autres. Les plus grosses bannières commerciales de l'époque; Dupuis Frères, Eaton's, Simpson's, La Baie, Kresge, Reitman's, Woolworth se sont aujourd'hui toutes évaporées, La Baie étant la dernière bannière sur cette liste. 
 
La trame urbaine du secteur a aussi changé. Un peu avant 1971 la rue Ste-Catherine était encore à double sens, chose que l'on avait alors changé mais l'automobile y avait préséance. Aujourd'hui les nouveaux aménagements apportés on considérablement agrandi l'espace piétonnier et du même coup réduit la largeur routière. 
 



Le saviez-vous? C'est en 1927 que Myer Dunn a fondé son premier restaurant, alors sis sur la rue Papineau. C'est en 1955 qu'il s'installe sur la rue Ste-Catherine et Dunn's a connu un succès immédiat. Aujourd'hui c'est le petit fils du fondateur qui gère le restaurant maintenant situé sur le rue Metcalfe. 

mardi 30 juin 2026

D'hier à aujourd'hui: coin Papineau et de Maisonneuve

 


Cette photo nous montre le coin nord-est de l'intersection de la rue Papineau et du boulevard de Maisonneuve. Là, sied une magnifique bâtisse qui semble abriter des logements multiples car il se trouve deux entrées latérales sur la rue Papineau. L'avant est doté d'un beau balcon en bois avec petit toit en pente. 

À droite du bâtiment on note la présence de maisons ouvrières avec toitures en fausse mansarde. Un modèle que l'on peut voir un peu partout à Montréal où se trouvaient autrefois les quartiers ouvriers populaires. Ces modèles de maisons permettaient aux familles de pouvoir se loger à peu de frais mais il fallait faire abstraction de toute forme de terrain sur le devant. 

Au nord on retrouve le Parc des vétérans, nommée en l'honneur des soldats de la première et de la seconde guerre mondiale. Toutefois, l'endroit avait d'abord été occupé par deux cimetières; le cimetière Papineau et au nord, jusqu'à Ontario c'était le St. Mary's Burial Ground pour les familles protestantes. Le patriote Charles Hindelang aurait été enterré, sans pierre tombale ni autre indication, dans le cimetière Papineau, dans un lot longeant la rue Papineau.  Les deux cimetières ont été ultimement été déménagés après que la ville ait fait l'acquisition du terrain vers 1944 pour le transformer en parc public. Comme les déménagements de cimetières ne sont pas une science exacte, il est fort possible qu'il réside encore des corps à cet endroit. Cette situation n'est pas sans rappeler le déménagement avorté du cimetière St-Antoine qui se trouvait à l'actuel square Dorchester et dont vous pouvez lire l'histoire ici. 

On ne peut pas dire que grand chose a changé depuis la prise de la photo originale en 1961, hormis que la première maison ouvrière a droite ait été démolie, probablement suite à un incendie. Quant à la maison sur le coin, elle est en tous points identique, ce qui témoigne du désir des propriétaires successifs de mener les travaux nécessaires à ce qu'elle conserve encore et toujours son apparence d'origine. 



Le saviez-vous? En anglais il existe deux mots pour définir un cimetière, soit «graveyard» et «cemetery». La différence? Le premier est un lieu d'inhumation associé à une église alors que le second ne l'est pas. Une différence qui n'a pas son équivalent dans la langue de Molière.

dimanche 21 juin 2026

D'hier à aujourd'hui: coin St-Jean et Notre-Dame

Le Pigeon Hole Parking, tel que photographié en 1957 
(Photo: Archives de la Ville de Montréal)

On regarde ici le coin sud-est de l'intersection des rue Saint-Jean et Notre-Dame. Le bâtiment que l'on voit est un stationnement intérieur mais avec une certaine particularité. Contrairement aux autres bâtisse du genre où les automobilistes conduisent leur voiture eux-mêmes jusqu'à l'endroit désiré, ici on laissait sa voiture au rez-de-chaussée et des employés activaient un habile mécanisme qui prenait votre voiture pour la caser parmi tant d'autres dans des sortes de cages en acier ou, si vous préférez, des nids à pigeons, d'où le nom. Voici le système, quoiqu'un peu plus petit, sans bâtiment autour:


Publicité pour le Pigeon Hole Parking, 1953, États Unis. 

Page publicitaire et promotionnelle pour le système, années 50, États Unis.

Ce système fort ingénieux a été inventé et mis au point aux États Unis en 1947 par les frères Vaughn et Leo Sanders (aucun lien de parenté avec le colonel). On laissait sa voiture et hop! elle se retrouvait casée en moins de deux. Et ça fonctionnait bien, sauf quand ça ne fonctionnait pas puisque le système n'était pas parfait. Mû par l'hydraulique il arrivait de temps en temps que le mécanisme fasse pétif-pétaf, laissant en plan (et dans les hauteurs) des voitures qui ne pouvaient plus être descendues, à tout le moins pas avant que des mécanos réparent la chose, au grand dam de ceux qui avaient besoin (absolu) de leur voiture. 

Qu'est-il arrivé avec cet édifice aux lignes modernes qui empruntent (directement) au style bauhaus? Il a été démoli en 2000, tout simplement. À sa place, et jusqu'en 2024, on y retrouvait un parc non officiel baptisé parc Pigeon-Hole avec des sentiers, des bancs et des œuvres d'arts. 

Le parc Pigeon-Hole vers 2023. On y retrouvait aussi de jeunes pousses d'arbres. 

Cet espace vert, s'il avait été laissé tranquille, et intégré au réseau de parcs publics de la Ville de Montréal, aurait été un p'tit poumon fort apprécié pour les résidents et gens travaillant dans ce secteur. Ça dégageait la vue et permettait d'amirer l'architecture de l'édifice Lewis (ou l'édifice Cunard Line, Cunard House, New Lewis, ou Édifice Cunard, dépendamment de l'humeur du jour) et qui a été construit en 1912-13. Bref, ça permettait de respirer un peu. Mais bon, si je parle comme ça vous savez probablement pourquoi, hein? 


En 2024 le terrain s'est retrouvé entre les mains du privé, lequel qui n'a pas tardé à développer l'emplacement du parc afin d'y construire un immeuble qui remplit chaque centimètre carré disponible. Des commerces au rez de chaussée et des condos aux étages. C'est un peu dommage car les espaces verts dans ce secteur ne courent pas les rues. 




Le saviez-vous? La rue Saint-Jean remonte à l'époque du régime français et a toujours porté ce nom. Elle n'honore pas la mémoire de l'évangéliste mais bien celle de Jean-Jacques Olier de Verneuil (1608-1657) et fondateur de l'ordre des Sulpiciens. 



Devant mes yeux:

 


 


Je viens tout juste de commencer ce merveilleux livre écrit par cet extraordinaire anthropologue bien de chez nous, et fort regretté, Serge Bouchard. J'ai entamé les deux premiers d'une soixantaine de textes qui traite d'humanité et de mémoire. Une merveilleuse lecture d'été, s'il en est une. 





Dans mes oreilles: 



En écrivant cet article je me suis laissé bercer par The Living Road, sorti en 2003, par Lhasa de Sala, une artiste éthérée, envoûtante qui nous a quitté vraiment, mais alors là vraiment trop tôt. Douze chansons qui se suivent comme les gorgées d'un bon café bien chaud. 




dimanche 7 juin 2026

Le garage UAS en 1929

 

(Photo: Archives du Musée McCord)

Ah, 1929! On se trouve ici sur le côté sud de la rue Sherbrooke tout juste à quelques pas à l'ouest de St Laurent. La magnifique bâtisse que l'on voit devant nous est le garage automobile UAS (United Auto Service) avec, comme on peut le voir, un service de remorquage gratuit (à l'époque et jusque dans les années 70 on préférait majoritairement le terme «gratis»). Mais ce remorquage sans frais était le bienvenue parce que, si vous connaissez votre histoire, c'est l'année où a débuté, en octobre, le krach économique, lequel qui allait plonger tout le monde dans le caca (financièrement parlant). Beaucoup de gens ont perdu leurs emplois, le chômage a explosé et plusieurs ont tout perdu durant cet écrasement dont les effets se sont faits sentir jusqu'en 1939. 

Dans le superbe bâtiment complètement à droite, de l'autre côté de la rue St Laurent, on retrouve plusieurs locataires dont, entre autres, la New York Frame & Glass Co, Standard Tobacco Co. et et la McGill Fur Co. Il ne reste rien de ce bâtiment mais ce type d'architecture commerciale/industrielle se retrouve ailleurs sur Saint-Laurent et il en subsiste d'ailleurs de biens beaux exemples. 

On remarque aussi le tramway 77 qui desservait St Laurent quoique d'autres lignes empruntait la rue également comme le 55, 54 et le 52, et qui leur permettait de connecter avec des rues transversales. En 1929 le réseau de la Montreal Tramways Company est immense et va bientôt atteindre 500 kilomètres de voies. 

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«Mercèdes avait rencontré Béatrice dans le tramway 52 qui partait du petit terminus au coin de Mont-Royal et Fullum pour descendre jusqu'à Atwater et  Sainte-Catherine. C'était la plus longue ride en ville et les ménagères du Plateau Mont-Royal en profitaient largement. Tant que le tramway longeait la rue Mont-Royal, elles étaient chez-elles. Mais quand le tramway tournait sur la rue Saint-Laurent, vers le sud,  elles se calmaient d'un coup et se renfonçaient dans leur banc de paille tressée: toutes sans exception, elles devaient de l'argent au Juifs de la rue Saint-Laurent.»

Extrait de «La grosse femme d'à côté est enceinte», Michel Tremblay, Leméac, 1978, page 22. 

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Toujours est-il qu'on regarde le bâtiment blanc et on risque de se demander qu'il s'agit là d'une bien curieuse architecture pour un garage. L'affaire c'est le bâtiment n'a pas été originalement construit pour abriter un garage automobile. En 1915 un certain Thomas Terrance achète le terrain et y fait construire le bâtiment (qu'il va nommer Belmont Hall), tel qu'on le voit sur la photo (à quelques menus détails près) afin d'y demeurer, loin de la ville, des tracas et d'un peu de tout, en fait. C'est que dans ce temps-là il ne se trouvait pas grand chose dans ce coin. Les gens s'étaient un peu moqué de Terrance en surnommant sa bâtisse «La folie de Terrance». Malheureusement la bâtisse a été la proie des flammes en 1937 et on a bien été obligé de démolir complètement ce qui restait. Aujourd'hui c'est une station d'essence Esso qui occupe la place (il n'y a plus de garage de mécanique et encore moins de service de remorquage gratuit). 



Le saviez-vous? Ouverte vers 1680, le boulevard, qui portait alors le nom de rue Saint-Lambert (en l'honneur de Lambert Closse), est la plus ancienne voie partant des fortifications en direction nord. C'est en 1905 que le conseil municipal de la ville de Montréal lui donne le nom de boulevard Saint-Laurent. 



Sous mes yeux: 



Édité conjointement par les Éditions Moulinsart et Casterman, Éric Verhoest raconte l'extraordinaire histoire des liens qu'on tissé deux géants de la bande dessinée et spécialistes de la ligne claire; George Rémi (Hergé), le créateur de Tintin ainsi que Edgar Pierre Jacobs, créateur de Blake et Mortimer. Le tout est généreusement garni de photos d'époque et de lettres qu'ils ont échangé, parfois entre eux ou avec d'autres. Un petit bijou de 167 pages. 






Dans mes oreilles: 


Je n'ai pas pu résister. À l'âge vénérable de 83 ans le légendaire Macca vient de pondre un nouvel album. Sans s'éloigner (trop) du style qui lui est propre, The Boys of Dungeon Lane est un album introspectif où l'artiste revisite son enfance à Liverpool, ses souvenirs avec John Lennon et George Harrison, ainsi que les années qui ont précédé la célébrité des Beatles. C'est un hommage chaleureux à la mémoire, à l'amitié et au temps qui passe.





Devant mes yeux:



Une série télé tout à fait extraordinaire où l'on suit les grandeurs et misères de la Rome antique avec une distribution du tonnerre. On a le bonheur de voir défiler quantité de grands personnages de cette époque; de Vercingétorix à César, Pompée, Marc-Antoine, Jules César (extraordinaire Ciarán Hinds) et Cléopâtre (flamboyante Lyndsey Marshal) et Titus (émouvant Rey Stevenson). 




lundi 26 janvier 2026

D'hier à aujourd'hui: le téléviseur

Il n'y a pas si longtemps, un peu avant les Fêtes, j'ai publié un article sur l'évolution du téléphone en comparant l'appareil entre ce qu'il était en 1975 et ce qu'il est aujourd'hui. Maintenant, je vous propose le même exercice mais cette fois en mettant le téléviseur en vedette. 

Le téléviseur a fait sa première apparition  entre 1925 et 1926. John Logie Baird diffusa les premières images de silhouettes animées en 1925 et les premières images de visages humains animés en 1926 à l’aide d’un « téléviseur » mécanique. L'année suivante c'est la télévision électronique. Cette année-là Philo Farnsworth réalisa avec succès la première démonstration d’un système de télévision entièrement électronique, ouvrant la voie à la télévision moderne. 

Toutefois, si les premiers téléviseurs mécaniques furent commercialisés à la fin des années 1920, les téléviseurs électroniques en noir et blanc ne devinrent populaires et relativement abordables qu'après la Seconde Guerre mondiale.

Il est indéniable que l'appareil de télévision a eu un impact tout à fait extraordinaire de par le monde. Avant l'avènement du téléviseur il n'y avait que peu de moyens de se tenir au courant du fil de l'actualité autre que les journaux ou de la radio. La télévision, avec ses diffusions a littéralement changé la donne. 

En juillet 1969 ces vendeurs de chez Kmart aux États-Unis ont momentanément pris une pause afin d'observer l'alunissage d'Apollo 11 diffusé en direct. 

La télévison aujourd'hui


La télévision aujourd'hui est une réalisation technologique impensable au temps de ma jeunesse et encore moins à celui de mes grands-parents. Les résolutions élevées en 4K offrent une clarté et une qualité d'image étonnantes. Ces appareils se dénotent sous différentes coutures: 4K, UHD, OLED, QOLED, plasma et dont je laisse à d'autres le soin d'expliquer quelles sont les différences et avantages des uns et des autres. 

Les prix variant allègrement selon la taille et les technologies susmentionnées, du modeste 24 pouces à une centaine de dollars jusqu'à celui de 98 pouces ayant une étiquette de prix pouvant dépasser les $5,000. 

Les téléviseurs modernes ne peuvent servir qu'en étant connectés soit à des services de diffusion en ligne, de câblodistribution, à des consoles de jeu ou à des lecteurs soit en format DVD ou Blu Ray. Sans ces derniers le téléviseur n'offre que bien peu. Toutefois, bien connectés, ils nous donnent l'occasion de voir à peu près n'importe quel film ou télésérie sur demande.

Le grand désavantage de ces téléviseurs est intimement lié à leur complexité technologique; s'il y a un pépin technique il n'y a souvent peu d'options autre que de s'en débarrasser, de façon écologique bien entendu, et d'en racheter un nouveau.

La télévision en 1975

À cette époque tous les appareils de télévision sont cathodiques et les écrans sont carrés, contrairement au format rectangulaire d'aujourd'hui. Le format de l'image variait dépendamment des pays et des technologies utilisées mais variant entre 300 et 800 lignes horizontales. 

De la couleur? Il s'agit souvent d'un petit luxe. La charmante famille que l'on voit ci-dessus sort des chez Woolco avec, entre autres choses, un téléviseur portatif en noir et blanc. Au Québec, à cette époque, il y avait encore pas mal de gens qui utilisaient des appareils en noir et blanc malgré le fait que les diffuseurs comme Radio-Canada/CBC, Télé-Métropole, Radio-Québec et CFCF offraient tous des programmations en couleur, lesquelles avaient commencé à la rentrée télévisuelle de 1966 à Radio-Canada. Je vous invite d'ailleurs à voir ce magnifique petit documentaire sur cette page du site du diffuseur lui-même. 

En 1975 la miniaturisation et l'utilisation des transistors a pratiquement éliminé les fameuses lampes. Ceci permettait un mise en marche plus rapide et une meilleure fidélité soit au niveau visuel que de la réception. Les appareils étaient conçus pour durer et la nécessité de recourir à un réparateur n'était plus aussi fréquente. Cependant, un vieux téléviseur à lampes pouvait souvent être réparé sur place par un technicien, comme c'est arrivé en 1970 alors que le téléviseur a fait proutte alors que je regardais la Ribouldingue. Le lendemain un technicien, appelé à grand renfort par ma grand-mère était venu voir le malade. Après avoir tourné l'appareil de bord et enlevé le panneau arrière, il n'a suffi que de peu de temps avant qu'il ne trouve le coupable: une lampe avait brûlée! Il est allé cherché la lampe de remplacement dans son camion, l'a changée, effectué quelques tests et en un tournemain j'étais de nouveau assis devant le téléviseur à regarder mes émissions préférées. 

Le câble, pas encore universel

En 1975 les services de câblodistribution existaient certainement dont Vidéotron qui avait débuté en 1966 et c'était le fondateur de l'entreprise, André Chagnon lui-même, qui montait dans les poteaux pour effectuer les connections. Il y avait aussi Câblevision, service auquel nous nous sommes abonnés vers 1978. Mais un tel service n'était absolument pas obligatoire puisque les stations de télévision diffusaient en ondes libres VHF, lesquelles étaient captées par les antennes des télévisions ou celles installées sur les toits. Le désavantage était que la réception des signaux pouvaient être affectées par une température maussade ou par quelqu'un dans la maison qui utilisait un appareil comme une perceuse, une moulinette ou un couteau électrique. D'ailleurs je me souviens fort bien de ces temps d'orage où ma grand-mère m'interdisait de regarder la télévision. Pas de téléphone non plus car c'était considéré dangereux. On peut le constater en observant la page 3 de l'album de Tintin L'affaire Tournesol. Était ce un danger réel? Oui, car il y avait des risque de recevoir un choc électrique. 

Si aujourd'hui regarder des évènements sportifs ou culturels diffusés de l'autre bout de la planète est monnaie courante il s'agissait de quelque chose extraordinaire en 1975. Deux années plus tôt Elvis Presley avait été la vedette du spectacle Aloha! diffusé en direct via satellite et c'était là tout un évènement. 

Un divertissement presque sur demande

En 1975 les premiers magnétoscopes avaient fait leur apparition mais il s'agissait d'appareils fort coûteux (et lourds!) qui étaient assez loin d'être à la portée du portefeuille de l'ours moyen. Si aujourd'hui on peut regarder n'importe quoi n'importe quand ce n'était pas le cas alors. Vous vouliez voir une telle émission, ou série? Fallait devant être devant le téléviseur au bon moment sinon fallait se contenter de demander à quelqu'un ce qui s'était passé pour se mettre à jour. Les films? Pas de chance. Si l'on voulait voir tel ou tel film il fallait s'armer de patience et attendre que les diffuseurs l'intègre dans sa grille horaire. À cette époque tous les films étaient sur pellicule et après avoir été projetés sur des écrans pendant des semaines les pellicules étaient, comme on dit, maganées avec des éraflures, des taches et autres. C'étaient ces bobines usées que les stations de télévision utilisaient pour les diffuser au petit écran. De plus, les dimensions n'étaient pas les mêmes, de rectangulaire au cinoche à carré pour la télévision alors ils devaient être reformatés pour mieux s'intégrer aux écrans de l'époque. Ah, et rajoutez les pauses publicitaires. Et contrairement à aujourd'hui les diffusions d'émissions se terminaient vers minuit ou une heure du matin avec l'hymne national. Ensuite, c'était l'écran-test avec sa tonalité en continu jusqu'au lendemain, généralement vers six heures où, après l'hymne national, un narrateur récitait la programmation du jour. 

Au Québec il se vendait des appareils de télévision depuis le début des années 50 et l'on pouvait en trouver chez quantité de détaillants de meubles, les commerces voués exclusivement à la ventre d'appareils électroniques n'étaient pas monnaie courante. Radio-Canada/CBC avait d'ailleurs commencé leurs diffusions en 1952. Les programmations n'étaient pas continuelles à cette époque. Combien coûtait un appareil à cette époque? Regardons ensemble quelques publicités de 1952 ainsi que les prix. La comparaison des prix entre 1952 et aujourd'hui a été effectuée avec la Feuille de calcul de l'inflation de la Banque du Canada. 

$279 dollars en 1952 = $3,300 aujourd'hui. 

$329 en 1952 = $3,850 en dollars d'aujourd'hui.

$369 en 1952 = $4,300 en dollars d'aujourd'hui. 

$699 et $579 en 1952 = $8,180 et $6,775 en dollars d'aujourd'hui. 

$329 en 1952 = $3,850 en dollars d'aujourd'hui. 

Comme on peut le constater, les prix étaient assez élevés et donc, hors de portée des acheteurs moyens. Les gens pouvaient alors se prévaloir d'options de paiement étalés sur 24 mois ou encore se tourner vers des services de location d'appareils de télévision. Ceux qui comme moi ont grandi durant les années 60 se souviendront certainement, avec nostalgie, d'une camionnette Matchbox de service de télévison sur laquelle on voyait l'inscription Rentaset. Il s'agissait alors d'une véritable compagnie de location et réparation d'appareils radio et de télévision. 



Le saviez-vous? Le premier téléroman québécois a être diffusé a été Les Plouffe de Roger Lemelin et qui est apparu sur les petits écrans en 1953. Le Survenant a suivi l'année suivante.