mardi 14 mars 2017

La prohibition aux États Unis

La prohibition est un mot qui désigne l'interdiction via des lois gouvernementales de produire, transporter, vendre et consommer des boissons alcoolisées. Toutefois on s'en sert souvent pour désigner cette période où le gouvernement américain a ratifié le 18è Amendement de la Constitution, rendent ainsi illégal ce que je viens tout juste de mentionner au début de cet article. 

Ici au Canada on a fait un référendum sur le sujet en 1898. 51.3% ont voté pour et 48.7% contre. Chose surprenante, ou pas, le Québec vote en grande majorité contre. Le premier ministre du pays, Wilfrid Laurier, choisit de ne pas imposer de loi sur la prohibition et préfère laisser les provinces s'arranger avec ça. En 1919 le gouvernement du Québec décide de voter un loi sur la prohibition mais recule rapidement face au tollé généralisé. De prohibition au Québec il n'y aura donc pas. Ça fait un Québec pas mal joyeux. Mais pas juste les gens de la province, ceux des autres provinces et aussi, et ça c'est très important, des États Unis. De ce fait Montréal devient donc un endroit privilégié pour s'envoyer une couple de pintes en arrière de la cravate. Bon nombre d'artistes américains vont venir se produire ici et Montréal va acquérir une réputation de ville qui ne dort jamais. Par contre ce n'est pas parce que les Américains ne peuvent pas boire qu'ils ne boivent pas. Pour produire, transporter et consommer de l'alcool tous les moyens sont bons. Regardons un peu comment ça se passait chez nos voisins d'en-dessous avec l'aide de photos d'époques mises en couleurs. 

Ici le Commissaire de la police de New York John A. Leach, à droite, observe des agents qui vident un baril d'alcool directement dans les égouts. Derrière le policier en uniforme on peut voir un autre agent apporter un autre baril qui sera lui aussi vidé. 

1922, à Washington DC. Une voiture qui transportait de l'alcool de contrebande a eu un fâcheux accident. Une fois sur place la police a rapidement aperçu les caisses et les a saisies aussitôt. 

Encore à Washington. Encore une fois une voiture contenant de l'alcool de contrebande s'est retrouvée dans le trouble, et pas juste un peu puisqu'elle a percuté une voiture de police. Oups! Dans la voiture fautive on peut d'ailleurs voir à l'intérieur toutes les caisses. 

Le gouvernement américain avait créé un bureau de la prohibition, lequel travaillait de concert avec toutes les autres autorités policières. Cette voiture, avec son enseigne spéciale, conférait aux agents le droit de stopper n'importe quel véhicule dans les rues et qu'ils soupçonnaient de faire de la contrebande. 

En 1922 un dame démontre comment elle transporte clandestinement un flacon d'alcool sans se faire pincer. Les croix gammées au sol n'ont pas de lien avec le parti nazi, même si à ce moment le parti existe depuis deux ans. Plusieurs tribus d'Amérindiens aux États Unis utilisaient ce symbole et plusieurs ont été trouvés lors de fouilles archéologiques tant en Amérique du Nord qu'en Inde. 

Toujours en 1922, une autre dame utilise ici une cane en guise de bouteille. En dévissant le bout elle peut donc se verser un bon verre d'alcool. Selon les dispositions de la loi fédérale cette dernière n'interdisait pas la consommation mais bien la production, la distribution et la vente. 

L'année est 1931. La crise économique qui sévit rend la prohibition encore moins populaire qu'elle ne l'était et les citoyens commencent à se mobiliser. On cherche à faire pression sur le gouvernement républicain de Hoover afin d'abolir le 18è Amendement et par conséquent mettre fin à la prohibition comme le montre ici l'affiche que tient cette dame. 

Deux dames faisant partie du mouvement Women’s Organization for National Prohibition Reform (Organisation des femmes pour la réforme de la prohibition nationale) fondé par Pauline Sabin, pointent du doigt une autre affiche qui fait la promotion du retrait de la prohibition. Le WONPR comptait parmi douze organisations importantes qui œuvraient pour cette cause. 

Ben voilà des caisses de whisky qui ne trouveront pas preneur. Elles viennent d'être confisquées par les agents fédéraux qui verront à sa «destruction». 

En 1933 Franklin D. Roosevelt (Démocrate) devient le 32è Président des États Unis. Lors de sa campagne il avait manifesté son intention de mettre fin à la prohibition et c'est justement ce qu'il fait le 22 mars 1933 en signant l'acte Cullen-Harrison. On permet ici la vente de bière ayant un taux maximum d'alcool de 3.2% mais plus tard durant l'année le 21è Amendement de la Constitution américaine sera ratifié, mettant définitivement fin à la prohibition. 

En bonus, Budweiser a dernièrement opté de commercialiser la version sans alcool de sa bière et qu'elle a appelé la «cuvée prohibition». Elle s'ajoute à d'autres bières sans alcool que l'on retrouve déjà sur le marché comme la Krombacher, la Bitburger Drive, la Beck's sans alcool, la Clausthaler Classic ainsi que quelques autres. Par contre, point extra à Budweiser pour la mention «prohibition» sur sa bière, brassée bien sûr par Labatt. 






Le saviez-vous? L'Ontario, qui avait voté sa propre loi sur la prohibition en 1916, a découvert que la brasserie Sleeman faisait de la contrebande, mettant fin aux opérations de la compagnie. John H. Sleeman, arrière-arrière petit-fil du fondateur, a redémarré l'entreprise en 1988. 

lundi 22 décembre 2014

Le whisky Coronation en 1954


J’aime bien cette publicité, qui, malgré sa composition classique qui s’agence bien avec les standards de l’époque, nous donne l’occasion d’apprécier le talent des graphistes d’autrefois. C’était le temps où ils devaient être non seulement capables d’agencer les différents éléments mais aussi de réaliser des illustrations telles que l’on voit ici. Ça pouvait parfois être des gens, des produits ou encore les deux.

Chaque publicité, comme on le sait, vise un but précis, lequel peut évidemment varier. Est-ce que l’on veut simplement attirer l’attention? Provoquer une action immédiate de la part du consommateur? Regagner des clients perdus? Faire reconnaître une marque? Les possibilités sont nombreuses. Alors qu’est-ce qui en est de la publicité d’aujourd’hui qui est parue en décembre 1954?

Tout d’abord, la compagnie elle-même : Gooderham & Worts, nommée, on le devine, après ses fondateurs, en l’occurrence ici William Gooderham et James Worts qui sont aussi des beaux-frères. Ces deux immigrants britanniques sont arrivés dans la région de Toronto en 1832 et ont entreprit de construire un moulin à vent quelque part dans la baie de Toronto. Worts n’est pas un timoré puisqu’il possède quelque chose comme vingt ans d’expérience comme meunier et Gooderham est un homme d’affaires avisé qui amène une large part de capital. Worts est décédé en 1834 et Gooderham a continué seul. En 1837 il a ajouté une distillerie au moulin et c’est là qu’ont été jetées les fondations de la compagnie. En 1845 c’est le neveu de Gooderham, James Gooderham Worts qui s’amène et qui devient partenaire dans la firme et en 1856 c’est le fils de William Gooderham qui arrive aussi en tant que partenaire. En 1861 les affaires vont bien. Très bien, même. La compagnie possède un bâtiment de cinq étages et la production a grimpé de 80,000 à 1 million de gallons par an.

La compagnie a été vendue en 1923 à Harry C. Hatch qui a par la suite acheté Hiram Walker & sons en 1927 et toute la patente est alors devenue Hiram Walker-Gooderham & Worts Ltd. C’est une bonne période parce que c’est à peu près dans ce temps-là que cesse la prohibition en Ontario et la compagnie continue de faire de bonnes affaires puisqu’elle profite de l’autre prohibition, américaine celle-là, et qui perdure jusqu’à la fin de 1933.

Quant au produit, en l’occurrence ici le whisky Coronation Bonded, il fait partie des fins alcools produits par la compagnie. Certains pourraient se demander ce que l’appellation «Bonded» veut dire alors voici; pour qu’un whisky puisse porter cette mention il faut qu’il ait été produit en une seule saison par une seule distillerie et avoir «âgé» au moins quatre ans dans un entrepôt supervisé par le gouvernement. Les distilleries utilisaient cette méthode afin de ne pas avoir à payer la taxe d’accise jusqu’à ce que le whisky soit prêt pour la distribution sur le marché. Les consommateurs croyaient (à tort) que le terme «Bonded» était une déclaration de qualité.

Par contre en 1954, Gooderham & Sons, seul nom à apparaître sur l’étiquette, n’en a plus que pour trois ans à produire du whisky puisque que la compagnie va entièrement en cesser la fabrication en 1957 pour se concentrer essentiellement sur le rhum et les alcools industriels. Mais bon, nous sommes toujours en 1954 et le produit se vend très bien. Donc, pas besoin de peser sur la pédale à gaz pour le vanter puisqu’il a déjà sa réputation, laquelle est d’ailleurs excellente. Ce qu’on tient à souligner, c’est justement ça, l’excellence du produit ainsi que le fait qu’à Noël on se s’offre que le meilleur. Dans la conception de la pub on encadre le message avec une illustration qui met en scène des gens élégamment vêtus, visiblement raffinés et visiblement heureux de s’offrir entre eux le produit en question dont le personnage de droite qui ressemble à s’y méprendre à Clark Gable.

Par contre, et c’est là un élément intéressant, cette illustration est néanmoins générique puisqu’elle ne met pas en évidence le produit; poignée de main et cadeaux soigneusement enveloppés. On pourrait facilement remplacer la partie du bas par un autre produit.

Comme je le mentionnais plus haut, cette publicité est parue en décembre 1954 alors qu’est-ce qui fait jaser à ce moment-là dans les chaumières? Tout d’abord faut mentionner qu’à cette époque le Québec est encore très catholique, ce qui inclut les interminables messes en latin et tout le reste alors pas étonnant que la santé du pape Pie-XII, qui connaît des hoquets, inquiète les fidèles. Malgré tout il va s’en remettre.

Les gens de Montréal s’habituent, depuis octobre, à une toute nouvelle administration municipale alors dirigée par l’ancien avocat Jean Drapeau, lequel en est à son premier mandat à la mairie. Drapeau, à la tête de la Ligue d’action civique, a été élu par une majorité de quelques 50,000 voix et il a de ce fait battu son opposant, Sarto Fournier. Pour ce dernier, ce n’est que partie remise et compte bien reprendre les rênes de l’hôtel de ville en 1957. Et justement, c’est à cet endroit que le conseiller Émile Pigeon mijote un plan afin de faire passer la rue Berri sous la rue Sherbrooke avec un viaduc. Toujours au municipal, le ministre Paul Dozois se relève les manches et commence à préparer le plan qui portera son nom et dont le but est l’élimination des taudis dans la ville.

Dans un autre ordre d’idée, les gens qui ont les moyens de se permettre l’achat d’un téléviseur peuvent suivre, depuis peu, le téléroman Le Survenant, à Radio-Canada et mettant en vedette Jean Coutu dans le rôle-titre. Pour ceux qui préfèrent le cinéma il y a une nouveauté tout à fait extraordinaire qui arrive en ville : le Cinérama où les films sont projetés par une caméra spéciale à trois lentilles sur un grand écran concave. L’inauguration est prévue pour la fin du mois.
Dans Pointe St-Charles on parle beaucoup de cette explosion qui est survenue à l’usine de produits de plomberie Cuthbert où un fourneau à métal défectueux a explosé, causant la mort d’un homme et en blessant d’autres. Dans les nombreuses tavernes les hommes se désolent du fait que les Alouettes, parvenus en finale de la coupe Grey, ont été battus par les Eskimos d’Edmonton.



Le saviez-vous? Il n’y a qu’une seule loi au Canada pour la production de whisky canadien: Il doit être fermenté, distillé et vieilli au Canada. C’est tout. Et tout comme le bourbon, le whisky canadien est généralement fabriqué à partir de plusieurs grains différents. Cependant, contrairement bourbon, au Canada chaque grain est généralement fermenté, distillé et vieilli séparément. Ils ne sont combinés qu’à la toute fin, ce qui signifie la quantité de whisky de seigle ajouté à chaque mélange varie considérablement.

lundi 30 juillet 2012

La bière Kébec en 1963


Tiens, voici une autre bière brassée par la fameuse Dow: la bière Kébec. Pour l'orthographe on fait ici référence au mot algonquin Kebec qui veut dire «là où le fleuve se rétrécit», quoique certains spécialistes avancent qu'il s'agirait plutôt d'une adaptation du mot Kebic, désignant les Montagnais qui vivaient non loin de là.

Chose certaine il semble que la Kébec n'ait pas fait long feu sur les tablettes du Kébe... pardon Québec.

Cette publicité de 1963 tente de flatter les Canadiens français avec une illustration nous montrant des personnages de la Nouvelle-France. Belle tentative, mais un peu de recherche aurait permis aux publicitaires qui ont pondu ce truc de découvrir que les habitants de la Nouvelle-France n'avaient que très peu d'affection pour la bière, préférant nettement, et de loin, les vins et spiritueux. Jean Talon avait bien ouvert une brasserie dans la ville de Québec en 1668 comme on le dit dans le texte de la pub mais il a dû la fermer quelques années plus tard parce que ça ne marchait carrément pas. Pas parce que c'était de la mauvaise bière étant donné qu'il en vendait énormément aux Antilles. Faudra attendre John Molson et Thomas Dunn vers le début du 19è siècle pour que la bière gagne en popularité.




Le saviez-vous? La brasserie Dow de la ville de Québec a été construite sensiblement au même emplacement qu'occupait la brasserie fondée par Jean Talon. 

jeudi 24 mai 2012

Martini & Rossi en 1953

Qu'est-ce que le vermouth? Il s'agit tout simplement d'un vin fortifié, aromatisé à l'aide d'épices et d'herbes. Antonio Benedetto Carpano, de Turin en Italie aurait été le premier à concocter la recette du vermouth en 1786. Le nom vermouth tirerait son origine du mot allemand Wermut, qui signifie absinthe, vous savez, cette boisson verte qui vous fait voir des bols de toilette en tutus qui dansent au son de Acropolis Adieu

Turin c'est une ville du nord de l'Italie située tout près des Alpes. Le sol fertile et le climat doux sont tout à fait appropriés pour la production de vins légers et délicats. Au 19è siècle on voit apparaître à Turin  de magnifiques cafés où prend naissance l'aperitivo et les fabricants de vermouth sont non seulement célébrés mais protégés par décrèt royal.

Rien de moins.

C'est dans ce cadre enchanteur qu'arrivent, au milieu du dix-neuvième siècle,  deux hommes, Alessandro Martini et Luigi Rossi. Ils commencent à travailler pour une compagnie se spécialisant dans la production de vins et spiritueux mais en viennent, avec le temps, à créer leur propre recette de vermouth, plus doux et plus consistant. Ils créent alors leur propre compagnie et embouteillent à Pessione, petit village agricole situé au sud de Turin.  La compagnie se nomme alors Distilleria Nazionale di Spirito di Vino (Distillerie Nationale de Vins et Spiritueux). La direction est assurée par Martini (l'homme d'affaires), Rossi (le vigneron) et Teofilo Sola (le comptable). En 1863 la compagnie change de nom pour Martini, Sola & Cia. En 1879 cependant la famille Sola décide de quitter le bateau et la compagnie devient alors Martini & Rossi.

Alessandro et Luigi ne veulent pas seulement produire du vermouth mais bien le meilleur vermouth au monde et pour ce faire décident d'emporter leur produit avec eux dans les grandes expositions internationales où se tiennent des compétitions. Y gagner un prix est non seulement prestigieux mais un gage indéniable de qualité supérieure. En 1865 Martini et Rossi remportent le grand prix de Dublin et en 1913 la compagnie avait récolté pas moins de treize Grand Prix et pas moins de quarante médailles d'or dans le monde entier.


Non seulement le vermouth Martini est toujours fabriqué mais il a acquis une notoriété au point où on le désigne tout simplement par son nom. La bouteille est facile à repérer avec son logo très simple à la barre noire devant un cercle rouge lequel fut créé en 1929. Martini fait partie aujourd'hui de la famille Bacardi.

Le saviez-vous? Moins de trois ans après la parution de cette publicité qui remonte à 1953, on peut lire dans le livre Diamonds Are Forever de Ian Flemming la fameuse phrase skaken, not stirred quoique la fameuse phrase n'est prononcée par James Bond qu'en 1958 dans Dr.No.

samedi 25 février 2012

Prince Régent en 1953



Prince Régent est un whisky qui fut distillé par la distillerie Gooderham & Worts, laquelle fut fondée en 1869 par James worts et son beau-frère william Gooderham. Dans la deuxième moitié du 19è siècle la compagnie devint l'un des plus gros employeurs de Toronto et produisait la moitié de tout l'alcool fabriqué au Canada. A l'approche du 20è siècle les affaires se sont avérées moins bonnes alors que les gens consommaient davantage de bière et de vin mais la prohibition (Ontario Temperance Act) qui prit effet en 1916 fit beaucoup de mal à la compagnie qui compta alors sur l'exportation vers le Québec. En 1923 la compagnie fut acquise par Harry C. Hatch en 1923 pour la somme de $1.25 millions de dollars. Le même Hatch fit plus tard, en 1926, Hiram Walker & Sons, une autre grosse distillerie.

En 1987 la compagnie fut vendue à des intérêts britanniques, Allied Lyons, laquelle fit fermer la distillerie Gooderham & worts en 1990. Allied Lyons devint Allied Domecq en 1994 lorsque celle-ci fusionna avec Pedro Domecq. En 2005 Pernod Ricard se porta acquéreur de Allied Domecq en 2006 et vendit certaines marques de spiritueux à Fortune Brands et au géant britannique Diageo.

Vous êtes étourdi? Moi aussi.

Mais qui était le Prince Régent? Il faut d'abord réaliser qu'un Régent est d'abord et avant  tout une personne titulaire d'une régence; soit une personne qui exerce la charge de  souverain d'un État quand le titulaire est incapable d'accomplir ses tâches soit en raison de son jeune âge ou encore parce qu'il est en voyage hors du pays. Aussi, Régent est un nom de famille assez répandu en France...Est-ce que le Prince Régent, ici mentionné serait George IV qui apparaît dans la Revue des Deux Mondes au chapître 2 à la page 557 (Les souvenirs du médecin de la reine Victoria - Le procès et la mort de la reine Victoria) où il est appelé effectivement le premier gentilhomme de l'Europe en raison de son intelligence et son comportement distingué? On ne trouve cepandant aucune mention dans le livre à l'effet que Goerge IV aurait pratiqué un tant soit peu l'art de la fauconnerie.

Dans le livre Les Fouilles de Fourvière, publié en 1913-14, on mentionne aussi un Prince Régent, premier gentilhomme d'Europe, qui aurait fait savoir à Jane Austen qu'il avait  beaucoup d'admiration pour son oeuvre et qu'il se serait jugé très honoré si l'auteure voulait bien lui dédier un de ses romans. Enfin, rien n'est véritablement clair à ce sujet. 

Cette publicité parut en avril 1953. Le 29 avril de ce mois on évita de justesse une catastrophe dans l'est de Montréal quand un violent incendie prit naissance dans un immeuble sur le terrain de la pétrolière Canadian Oil, près de l'intersection des rues Cadillac et Notre-Dame. Le feu menaçait de faire exploser  près de neuf immenses réservoirs de 700,000 litres chacun.  Le travail acharné de plus de 225 pompiers a pu empêcher le pire.

jeudi 21 avril 2011

Le gin Burnett's en 1953



Si aujourd'hui on peut aisément se procurer de l'alcool dans les dépanneurs, épiceries et supermarchés ce n'était pas le cas à l'époque de cette publicité. Depuis 1921 le commerce de l'alcool est contrôlé par la Commission des liqueurs, créé par le premier ministre Taschereau, et connue maintenant comme étant la Société des alcools. Pour acheter de l'alcool, justement, il fallait se rendre dans une Commission des liqueurs et choisir le produit que l'on voulait selon une liste car on ne voyait pas les bouteilles. Elles se trouvaient derrière un comptoir où seul les employés avaient accès. On achetait ainsi le produit de son choix, et limité à une seule bouteille par achat jusqu'en 1941. Une fois payé, il était ensuite emballé dans un papier opaque.

Durant la période d'après-guerre cette industrie a tenté de rétablir l'alcool comme produit de consommation légitime. Certains ont vertement critiqué ces campagnes de marketing comme étant des facteurs ne faisant que contribuer à l'érosion des valeurs ainsi qu'à la désintégration de l'ordre social. Ici au Québec les différents alcools ont eu droit à plein de pages de publicité dans les revues et journaux, comme c'est le cas ici avec le gin Burnett's en 1953. Ce gin était distillé par Seagram's en Ontario, quoique le siège social de la compagnie se trouvait sur la rue Peel à Montréal.

La compagnie en tant que tel n'existe plus aujourd'hui, ses actifs ayant été acquis par différentes compagnies dont PepsiCo, Diageo et Pernod Ricard. Quant à la publicité d'aujourd'hui, sûrement que faire passer le message sur un carton de style réservation n'est pas exactement mauvais comme concept sauf que l'exécution est à mon sens assez paresseuse et n'a certainement pas exigé des heures à réaliser. Préférablement, on aurait dû imprimer le message sur un véritable carton et le photographier sur une table de restaurant.



Le saviez-vous? Il ne faut que 6 secondes pour que les cellules cérébrales ne réagissent à l'alcool. Aussi, l'alcool n'est pas digéré, il est directement envoyé dans le sang. 

mardi 21 décembre 2010

Une véritable source de plaisir pour décembre 1954


Décembre 1954. C’est le moment où paraît cette publicité. Pour les gens habitant les campagnes et terres agricoles du Québec la fête de Noël prend toute une tournure lorsque Maurice Duplessis annonce dès le début du mois une subvention de $30 millions de dollars afin d'électrifier les régions rurales. À Montréal les gens observent les premiers pas de Jean Drapeau à la mairie de la ville alors qu'il est élu depuis le 25 octobre sous la bannière de la Ligue d'Action Civique.

Pour la publicité d'aujourd'hui nous avons la bière bien connue Red Cap brassée par Carling dont j'ai parlé dans un autre article le 13 septembre 2010.  Carling utilise ici sa mascotte, Jos Gobelet, laquelle nous affirme une fois de plus que la Red Cap est une véritable source de plaisir, slogan que la compagnie va continuer à réutiliser en 1955.

Ici la publicité ne se perd pas en menus détails. Le graphiste a fignolé ici avec un certain amusement qui se sent bien, des petites illustrations très stylisées pour le temps des fêtes. Pas envahissantes du tout elles complémentent admirablement bien l’ensemble des éléments, bien balancés sur un fond bleu clair qui laisse tout respirer afin de laisser le slogan faire son travail.



Le saviez-vous? Les graphistes de l’époque devaient savoir non seulement conceptualiser et agencer mais aussi illustrer selon les goûts et exigences des clients. La maîtrise des différentes techniques; encre, lavis, gouache, aquarelle, acrylique, était obligatoire.

mercredi 10 novembre 2010

Melchers en 1955


Voici une pub de whisky qui nous ramène en 1955. Melchers est une distillerie dont les bureaux administratifs se trouvaient à Montréal sur le chemin de la Côte de Liesse mais l'usine de fabrication était située quant à elle à Berthierville. Victor Marchand était député du comté de Jacques-Cartier pour le Parti Libéral, d’où les lettres M.L.C. (Member of Legislative Council). Mais bien avant son élection en 1925 il a été secrétaire de la compagnie Melchers Gin & Spirits Distillery de 1914 à 1928, président en 1928 et finalement président du conseil d'administration en 1949, ce qui montre que son association avec la distillerie en a été une relativement longue.
Quant à la publicité elle s'inscrit dans le courant classique de l'époque, à savoir une illustration dans la partie supérieure ainsi qu’une description du produit dans la partie inférieure. L’illustration représentant des gens en apparence très distingués est ici amusante puisque les trois protagonistes, qui semblent très jeunes, ont été bizarrement vieillis (surtout celui à droite avec ses tempes grises mais avec une peau juvénile). La distillerie Melchers, fondée en 1837, existe toujours au moment d’écrire ceci.

La publicité, donc, est parue en novembre 1955 alors que retient notre attention à ce moment? Mentionnons le premier ministre du Québec Maurice Duplessis qui refuse catégoriquement un plan fédéral prévoyant un programme d’assurance-santé pan-canadien. À Lévis c’est la catastrophe aux chantiers maritimes de Lauzon puisqu’un incendie majeur a tout détruit les installations. À Nicolet c’est la cathédrale qui est détruite lors d’un important glissement de terrain dans lequel meurent trois personnes. 

Quant à la publicité elle s'inscrit dans le courant classique de l'époque, à savoir une description très flatteuse du produit et une illustration représentant des gens distingués, quoiqu'ici ladite représentation (à la gouache) frôle quelque peu la caricature puisque les trois protagonistes, qui semblent très jeunes, ont été bizarrement vieillis (surtout celui à droite avec ses tempes grises mais avec une apparence juvénile). 




Le saviez-vous? Il existe à Nicolet une rue appelée «12 novembre», laquelle commémore la date où eu lieu le glissement de terrain. La cathédrale que l’on peut voir aujourd’hui est celle qui fut inaugurée en 1963. 

mardi 27 juillet 2010

Old Vienna en 1956

Tenez, voici un pub de 1956 qui vante la bière Old Vienna. Originalement cette bière de type lager était brassée à Wapakoneta en Ohio par la brasserie City Brewing selon une recette allemande. L’entreprise est passée de père en fils mais au début du 20è siècle on a dû la fermer. C’est Carling O’Keefe qui en a ensuite acheté la recette ainsi que les droits. Aujourd’hui Old Vienna est toujours brassée mais fait partie du catalogue Molson. Par contre elle ne semble pas disponible au Québec alors qu’elle semble assez populaire en Ontario.

Et, parlant du Québec et de 1956, c’est le 14 mars de cette année-là que le ministre Paul Dozois (Union Nationale) annonce que le gouvernement va investir à Montréal une somme de :
Cette somme s’inscrit dans un plan [Dozois] visant à éliminer les taudis de Montréal. Ce plan, comme on s'en doute, n'a pas fait que des heureux, de loin s'en faut. Certes, il se trouvait un certain nombre de bâtiments résolument délabré qui méritaient d'être remplacés mais c'était loin d'être le cas de tout ce qui a été démoli. Plusieurs maisons étaient en parfaite condition et bien entretenues en plus d'avoir des styles architecturaux intéressants. Ces démolitions massives vont laisser la place, entre autres, aux Habitations Jeanne-Mance, qui va connaître son lot tant de supporters que de critiques.




Le saviez-vous? La bière est l’un des plus anciens breuvages produits par les humains. Elle est mentionnée dans des textes mésopotamiens et égyptiens remontant au 5è millénaire avant J.-C.