jeudi 6 janvier 2011

Correction d'images


Les publicités qui apparaissent ici de temps à autres font partie de ma collection personnelle et la plupart proviennent de vieux magazines qui ont été conservés à travers les années soit dans la famille ou encore dégotés dans des brocantes. Ces magazines datent pour la plupart des années 50. Certains étant un petit peu plus vieux et d'autres moins. 

Quoi qu’il en soit, avant qu’elles apparaissent dans un article donné, je passe accessoirement toutes ces publicités via Photoshop afin de les recadrer, ajuster les couleurs et, le cas échéant, effectuer une restauration complète en bonne et due forme. Parfois le défi réside dans une publicité dont le papier s'est déchiré, qu’il a été endommagé par l’humidité ou tout simplement parce qu’il a été mal entreposé quand ce n’est pas un morceau complet qui est manquant. En d'autres occasions, plus fréquentes celles-là, c'est le papier qui a jauni et même bruni dans certains cas. Il s'agit d'un aléa parfois inévitable, surtout en ce qui concerne des types de papier utilisés pour un usage à court ou moyen terme. 

Aujourd'hui, dans cette publicité de Dominion Oilcloth (dont j'ai déjà parlé dans un article précédent) qui remonte à octobre 1948, le principal défi a été le jaunissement du papier. Le papier, comme on le sait, est d’origine végétale et, durant le processus de fabrication il entre en jeu des composantes qui, avec le temps, le fragilisent. En 1850 on a commencé à utiliser la fibre de bois pour fabriquer du papier et jusqu'aux environs de 1960 la recette n'a subi que très peu de modifications. Durant cette période tous les types de papiers produits représentaient un défi de taille pour ceux dont la charge était de les conserver. La publicité d'aujourd'hui a exigé un travail minutieux pour lui retirer ce fond hâlé. L’autre défi résidait dans une impression quelque peu boiteuse dont les couleurs ont bavé un peu. Observez ci-dessus la différence entre l'image originale du magazine après une numérisation et le résultat après avoir été retouchée. Ce n'est pas miraculeux mais au moins la publicité est plus claire et plus dégagée. Il s'agit ici de ces petits efforts que je n'hésite pas à déployer pour rendre votre lecture plus agréable. 





Le saviez-vous? Avant l’utilisation du bois le papier était fabriqué avec du chiffon, du coton et autres menues fibres.

lundi 11 octobre 2010

Dominion Oilcloth


Avec cette publicité nous revoici en 1955, soit pif-poil au milieu de la décennie de la couleur. Si entrer dans une telle cuisine le matin ne suffisait pas à vous réveiller le matin il ne vous restait plus que le double-expresso. Le linoléum est un matériau reconnu pour avoir la vie dure et cette pub n'a pas tout à fait tort quand il est mention de la facilité de l'entretien et de sa capacité à garder son aspect pendant longtemps. 

Dominion Oilcloth est une compagnie qui a été fondée en 1872. Le directeur n'était nul autre que Hugh Allan et il obtient ce poste alors que bouillonne ce qu’on va appeler le «scandale du Pacifique» alors qu’Allan est accusé d’avoir soudoyé le premier ministre John A. Macdonald pour obtenir le contrat de la construction du chemin de fer trans-Canadien. Et Allan est en plein milieu de la marmite. Lorsque tout ça va péter le gouvernement de Macdonald va se retrouver la face pleine de suie et le pays va s’en aller en élections. Quant à la Dominion Oilcloth les affaires vont bien et la compagnie diversifie ses produits. Les installations prennent de l’expansion et en 1929 on fait ériger, selon les plans de la firme Hutchison & Wood, un nouveau bâtiment administratif au coin de Parthenais et Ste-Catherine.

De retour à la publicité.

En terme d'exécution nous avons droit ici à une présentation des plus classiques pour l'époque; large illustration ou photo en haut et texte explicatif avec logo en bas. On pourrait initialement croire qu'il s'agit d'une photo teinte à la main mais tout semble indiquer qu'il s'agit d'une véritable photo couleur, retouchée un peu toutefois. L'absence de bébelles sur le comptoir comme un grille-pain, robot-culinaire ou micro-ondes (ha!) est nécessaire afin de ne pas distraire l'attention du lecteur. On remarquera d'ailleurs le mur uni ainsi que le rideau turquoise sans aucun motif. Tout est habilement disposé afin de laisser la place au linoléum.

Ce linoléum, justement, était fabriqué à l'usine de Montréal. Comme on peut le voir en bas de l'annonce à gauche, on peut y lire que la compagnie avait pignon sur rue au 2200 Ste-Catherine est. C’est l’adresse du bâtiment dont je vous parlais plus haut. L'annonce dans le Lovell de 1955, année de parution de la publicité, est encore plus explicite quant aux produits de la compagnie:


Mais le 2200 Ste-Catherine est, c'était où exactement et qu'est-il advenu du bâtiment? Existe-il encore aujourd'hui? Absolument! Même qu'il est fort probable que vous soyez passé devant à plusieurs reprises. Tout juste au coin sud-est de l'intersection Ste-Catherine et Parthenais. Encore faut-il préciser qu'il s'agit ici du bâtiment administratif et qu'il ne subsiste plus rien de l'usine en tant que telle.

Construit dans le style art-déco, il est intéressant de noter que le bâtiment n’a pas été trop amoché avec les années. En fait son apparence actuelle est très proche de celle d’origine. On notera aussi le pourtour de l’entrée est agrémenté de bas-reliefs représentant des vignes. En 1966 l’entreprise a changé de nom pour Domco pour ensuite déménager à Farnham où elle opère, au moment d'écrire ces lignes, sous le nom de Tarkett.
Cette autre publicité qui date de 1905 nous montre l'ensemble des installations, très impressionnantes pour l'époque, de la compagnie. On peut d'ailleurs voir le bâtiment administratif en bas, un peu à droite du centre. À l'arrière on note le fleuve St-Laurent ainsi que l'île Ste-Hélène. Quant à l'usine, située à l'extrémité ouest du quartier Hochelaga, cette compagnie a permis à plusieurs personnes d'avoir un emploi permettant de mettre du pain et du beurre sur la table familiale. Le fait que l'entreprise ait procédé à des agrandissements en 1929, qui marquait le début de la crise économique, démontre sa vitalité et son dynamisme malgré une période trouble qui allait faire bon nombre de chômeurs. 

Entre-temps ce qui retient l’attention par chez nous en octobre 1955 (mois de parution de la publicité en-haut de l'article) c’est la décision du premier ministre Duplessis de refuser le programme canadien d’assurance-santé tel que proposé par le gouvernement fédéral. Alors qu’il se trouvait à Dolbeau il en a profité pour dire que ce qui vient «d’ailleurs» (fédéral) n’est pas conforme avec nos coutumes. L'assurance-maladie, comme on le sait, s'est établie au Québec en 1969.


Le saviez-vous? Quantité de produits à l’époque et destinés à des usages domestiques comportaient de l’amiante. On s’en servait pour isoler les tuyaux et bon nombre de plâtriers en mêlaient à leur plâtre. Le linoléum n’en était pas exempt alors si vous en avez de cette époque, soyez prudents et n’hésitez pas à contacter des experts.