lundi 2 décembre 2013

orantiaco


La dernière fois que je suis entré chez Orange Julep c'était il y a un peu plus de quinze ans. Et bien avant je m'y arrêtais avec des amis alors que l'on revenait d'une promenade à vélo. À chaque fois je m'étonnais toujours du fait que rien à l'intérieur ne changeait. Le bruit que la porte faisait en l'ouvrant et la fermant, le mobilier, les décorations sur les murs, la vaisselle, les ustensiles. C'était comme entrer dans un lieu où le temps ne semblait pas avoir de prise (comme durant les cours de mathématiques à l'école). 

L'intérieur du restaurant. 

Voyez ces bancs alignés le long d'un court comptoir, un peu comme chez Ben's, qui justement risque de recevoir un bulldozer dans la tronche. Au moins, je me suis dit, il me reste Orange Julep. Lorsque j'y suis revenu j'ai trouvé la porte verrouillée. Je reviendrai alors. Mais chaque fois que je revenais c'était la même chose. Du coup, j'ai craint le pire et j’ai eu ce pressentiment que la bâtisse allait y goûter et ce, malgré sa magnifique enseigne au néon et son architecture unique. Alors j’ai pris quelques clichés du restaurant avant qu’il ne disparaisse. J’avais vu juste. Quelques mois plus tard il ne restait plus rien et aujourd’hui l'espace est occupé par d'autres de ces condos ternes, sans âme, indore, incolore et surtout, sans flavor qui n'apporte rien au quartier. Mais on a installé une sorte de grosse boule orange devant, comme pour rappeler qu'avant, il y avait ce p'tit resto sympathique où il faisait bon venir casser la croûte et jaser avec l'ami, le voisin ou quelqu'un que l'on ne connaissait pas. Ce n'est pas juste un bâtiment qu'on a démoli mais aussi un peu de nous autres.



Saviez-vous ça vous autres? La maison oussé que Thomas Jefferson a écrit la Déclaration d’indépendance des États-Unis est aujourd’hui un kiosque à patates frites pis à hamburgers.