samedi 19 novembre 2016

Brading en 1957 (bis)


Ça fait tout de même un sacré bail que je n'ai pas publié un article de vieille pub. Bon alors voilà, je règle ça de suite. La bière Brading's ce n'est pas la première fois que je vous en parle, ça fait la troisième. La première de 1957 ici et la seconde, de 1953 ici. Celle d'aujourd'hui remonte, comme la première, à 1957 et l’œil averti aura remarqué la réutilisation de l'illustration de l'ouvrier mais cette fois en plus petit. Dans la pub précédente l'ouvrier justement occupait le trois-quart de l'espace alors que cette fois-ci on l'a réduit pour mettre en valeur une bouteille fraîchement décapsulée et servie. 

L'autre élément intéressant dans cette pub est la bouteille, le verre, l'ouvre-bouteille et la capsule. Plutôt que d'utiliser une photographie on a opté ici pour une illustration, quelque chose que l'auteur de ces lignes, ancien graphiste qui a appris à l'ancienne, c'était quelque chose de courant et il fallait donc maîtriser parfaitement la technique. Et on en voit un très bel exemple dans cette illustration. Évidemment la brasserie Carling aurait très bien pu se payer une photographie et une pub en couleurs mais dans les années 50 on voulait surtout transmettre comme message que la dégustation d'une bière était une expérience, comme on peut s'en rendre compte dans le texte de la pub. Pas besoin de couleurs pour ça. Et puis en plus, ça fait économiser étant donné que l'impression en couleurs était plus dispendieuse. Quoiqu'elle belle photo...


Il s'agit ici d'un authentique verre Brading, une trouvaille de vente de garage fait il y a un certain temps mais qui ne contient pas de Brading, pour des raisons évidentes. Malheureusement un des propriétaires précédents de verre l'a mis au lave-vaisselle un peu trop souvent, chose qu'il ne faut jamais faire avec des verres imprimés de motifs, avec le résultat que l'on voit; le plaquage doré s'est effrité. La cause fréquente est qu'une partie du détergent utilisé est conçue pour éliminer les ions de calcium de l'eau mais s'il n'ya que peu d'ions présents, comme c'est le cas d'eau douce de l'aqueduc, ça peut entraîner l'élimination des ions métalliques des motifs colorés sur les verres. Le processus est lent et progressif alors la plupart des gens ne s'en rendent pas compte. Donc, pour les verres imprimés de motifs c'est à la main avec un détergent doux qu'il faut les laver. 

En petit extra, voici un concours alléchant pour les amateurs de Brading que Carling a organisé en 1957 et qui permettait de gagner plein de prix. Il ne suffisait que de répondre au rébus et d'envoyer le tout à la brasserie. Pour être éligible à une Chevrolet Bel Air 1957, voiture qui est devenue un classique, il fallait néanmoins inclure dans son envoi six capsules de bière Brading.


On note au bas la publicité que l'on peut admirer la Chevrolet Bel Air chez le concessionnaire J.P. Charbonneau Autos, situé au 3930 Ste-Catherine est. L'emplacement est plus tard devenu le concessionnaire Dodge A.L. Robert, lequel n'existe plus depuis longtemps. 




Le saviez-vous? durant les années 80 une brasserie australienne a été contrainte de changer la forme et le design de leurs bouteilles. En effet, les bouteilles en questions attiraient une variété de scarabées mâles qui tentaient, bien futilement, de copuler avec les bouteilles jetées sur le bord de l'eau. 

mercredi 5 septembre 2012

La bière Brading en 1953


Voici une autre publicité de la bière Brading dont il a déjà été question dans un article précédent, sauf que celle-ci est plus vieille car elle remonte à avril 1953. Qu'avons-nous donc ici?

Bien en évidence nous retrouvons la mascotte de Brading à l'époque, essentiellement un ouvre-bouteille stylisé afin de ressembler un peu à un personnage qui brandit dans sa pince un ouvre-bouteille, plus réaliste celui-là, en direction de deux hommes s'adonnant à ce sport très populaire qu'est la chasse. Il y a tout de même ici une forme d'humour; pendant que la mascotte envoie la pince aux deux chasseurs, ceux-ci ne voient évidemment pas trois grassouillets canards qui s'en vont. On ne peut certainement pas les plaindre, surtout qu'ils ont vraisemblablement aperçu les fusils. Lorsque les deux hommes se seront tournés les canards seront déjà bien loin. La mascotte aurait probablement mieux fait d'être plus discrète.

Du reste, cette publicité est vague. Elle se définit comme une bière moderne. Comment est-elle plus moderne que la concurrence? Probablement le procédé de brassage moderne de Brading, mais encore là, cela ne nous dit absolument rien. La publicité se termine au bas par le logo du brasseur et de son slogan.



lundi 13 septembre 2010

Brading en 1957


Edward Plunkett Taylor (1901-1989) a un jour hérité de la brasserie de son grand-père. Taylor a fait subséquemment l'acquisition d’autres brasseries en 1930 dont Capital Brewing of Ottawa ainsi que Kuntz Brewing de Waterloo. Le bonhomme n’a pas perdu de temps et a ensuite acquis British American Brewing Company ainsi que Carling Brewery. O’Keefe s’est ajouté à la liste en 1934. D’autres ont suivi durant les années subséquentes. Chapeautant tout ça, la Brewing Corporation of Canada qui par la suite est devenue Canadian Breweries Limited en 1937.

Ça peut paraître étonnant que Taylor ait pu faire dans le brassage de bière alors que la prohibition battait son plein sauf que la loi n’interdisait pas l’exportation. Et faut se rappeler aussi que la prohibition n’existait pas au Québec. Cette publicité de 1957 vante fièrement une des marques populaires de Canadian Breweries : la Brading. Celle-ci, si l’on en croit ce que l’on nous dit, est "Brassée au ralenti au goût du Québec". Qu'est-ce que le fait qu'elle soit brassée au ralenti la rende meilleure je l'ignore mais chose à peu près certaine, elle devait être produite (au ralenti, bien entendu) localement soit à l'usine de Carling qui, en 1957 se trouvait au 5930 De Gaspé (tout juste au sud de Bellechasse) ou encore à celle de O'Keefe qui elle était au 450 Beaumont (un peu à l'ouest de l'avenue Du Parc). 

Quant à la publicité proprement dite on vise ici le public-cible et de ce fait on mise sur l'image de l'ouvrier qui trime dur et pour qui il n'y a rien de mieux après une journée de labeur qu'une bonne bière bien froide. On a toutefois choisi une exécution simple, réalisée par un certain Alex Taylor, dont on ne connaît pas grand-chose, mais qui a toutefois crayonné un ouvrier convainquant en n'utilisant ici que des mines bien grasses (probablement du 5B ou 6B). Premier détail amusant, le personnage semble être éclairé par le dessus, donc par le soleil du midi mais dans le texte le même ouvrier déclare que sa journée est terminée. L'autre détail est qu'en bas à gauche on peut voir le logo qui indique que la Brading est une «fabrication syndicale», or quand on regarde l'illustration de l'ouvrier, on peut voir sur son chapeau un macaron arborant le numéro de son local syndical (probablement fictif).

En septembre 1957, ce qui ne manque certainement pas de faire parler dans les tavernes, ce sont les élections municipales, prévues pour la fin octobre et on se demande qui de Jean Drapeau ou de Sarto Fournier en sortira gagnant (indice : ne pariez pas sur Drapeau).



Le saviez-vous? La plus ancienne publicité de bière remonterait à près de 4,000 ans. C’est sur une tablette d’argile que l’on retrouverait une femme qui dit « Buvez la bière Elba, la bière avec un cœur de lion».