lundi 10 août 2026

D'hier à aujourd'hui: Le monument aux pionniers de Montréal

Le monument aux pionniers de Montréal (date inconnue mais fort probablement à la fin du 19è siècle)


Si vous vous êtes déjà promené dans le Vieux-Montréal aux alentours du musée Pointe-à-Callière et de la Place Youville alors vous aurez certainement aperçu ce monument. Il a été érigé en 1893 par la Société historique de Montréal afin de commémorer les pionniers qui ont bâti Montréal et ce, depuis sa fondation en 1642 alors que la ville portait le nom de Ville-Marie. 

Membre de la Société historique de Montréal, l'architecte-arpenteur J.-A.-U. Baudry en est le concepteur et il faudra un bon nombre de chevaux (on parle d'une quarantaine) afin de l'amener sur place. Les plaques de bronze avec les inscriptions sont confiées à la maison Chanteloup. 

L'emplacement initiale du monument se trouve alors un peu à l'ouest de la rue Saint-Nicolas et l'inauguration se fait en 1894. LA ville de Montréal en prend possession en 1940 et un an plus tard elle fait déplacer l'obélisque à la Place Royale et va y demeurer jusqu'en 1983 où la Ville de Montréal va la relocaliser finalement à l'endroit où l'on peut l'admirer aujourd'hui. 

La première plaque porte les inscriptions suivantes

Le XVIII mai MDCXLII, près de cet obélisque, entre le fleuve et la rivière qui coule sous la rue des Commissaires, à L'endroit appelé Place Royale par Champlain le XXVIII mai MDCXI, Paul Chomedey de Maisonneuve jeta les fondements de la ville de Montréal. Il érigea les premières habitations, le fort, la chapelle, le cimetière, qu'il renferma dans une enceinte de pieux.

Le XXIII février MDCXLII, Montréal avait été consacré à la Sainte-Vierge sous le nom de Ville-Marie.

Le XIII février MDCXLIV, Louis XIV lui accorda sa première charte civique.

Le XXVI mars MDCXLIV, Chomedey de Maisonneuve en fut nommé premier gouverneur particulier.
 

 La seconde plaque: 

 Noms des fondateurs de Montréal

Jerôme Le Royer de La Dauversière et Jean-Jacques Olier, fondateur de Saint-Sulpice ont eu chacun séparément l'inspiration d'établir cette ville. Ils ont pourvu aux premières dépenses et travaillé de concert. La Dauversière apparait dans les transactions extérieures. Olier est l'âme de la société dont il excite le courage et la générosité. Ils réunissent autour d'eux P. Chevrier Baron de Fancamp ; N. Laisne de Barillon ; L'abbé Le Gauffre ; N. Bardin ; Jeanne Mance ; P. Chomedey de Maisonneuve ; Angélique Faure de Buillion ; Gaston de Renty, Baron de Renty ; Henri-Louis Habert de Montmor ; L'abbé Nicolas Jaubert de Barrault ; Roger du Pressis, Duc de Liancourt ; N. Laisne de Marguerie ; Louis Le prêtre de Fleury ; L'abbé Denis le Prêtre ; Isabelle Seguier de Livry ; Jean Galibal ; N. Quartoze ; Jean-Antoine de Mesmes d'Irval ; Philibert Brandon du Laurent ; Louis d'Ailleboust de Coulonge ; Isabelle Blondeau de Villesavin ; Louis Séguier, Baron de St-Frémin ; Balthazar Brandon de Bassancourt ; Madame Lachancelière Louise Fabry ; L'abbé Gabriel de Thuilières de Lévis-Queylus ; L'abbé Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers ; Antoine Barillon de Morangis de Chaudebonne ; Christophe du Plessis, Baron de Montbar ; Bertrand Drouart, secrétaire ; et plusieurs autres dont les noms sont demeurés inconnus. 

La troisième plaque: 

Noms des premiers colons de Montréal

MDCXLII

Mai-Août

Paul de Chomedey de Maisonneuve ; R. P. Poncet, S. J. ; Pierre Puiseaux de Montrenault ; Jeanne Mance ; Catherine Barre ; Jean Gorry ; Isabeau Panie ; Augustin Hébert ; Adrienne Duvivier ; Antoine Damien ; Marie Joly ; Jean Caillot ; Pierre Laimery ; Nicolas Godé ; Françoise Gadois ; Françoise Godé ; Nicolas Godé ; Mathurine Godé ; Madeleine de Chavigny de La Peltrie ; et plusieurs autres dont les noms sont inconnus.

Août-Décembre

J.-B. Legardeur de Repentigny ; R. P. Joseph-Imbert Duperon, S.J. ; Louis D'Aillebourst de Coulonge ; Barbe de Boullogne ; Philippine de Boullogne ; Gilbert Barbier ; David de La Touze, Guillaume Boissier ; Bernard Berté ; Pierre Laforest ; César Léger ; Jean Caron ; Léonard Lucot-Barbeau ; Jacques Haudebert ; Jean Massé ; Mathurin Serrurier ; Jean-Baptiste Damien ; Jacques Boni ; Jean Philippes ; Pierre Didier ; Pierre Quesnel ; Julien Pothier ; N. Bellanger ; Louis Godé ; Jean Mattemasse ; Pierre Bigot ; Guillaume Lebeau ; Catherine Lezeau 

La quatrième plaque: 

Le XVIII mai MDCCCXCIII, ce monument a été érigé par la Société Historique de Montréal à la mémoire des généreux fondateurs de cette ville et des premiers colons arrivés ici.

En MDCXLII, ce que vous voyez ici, Messieurs, n'est qu'un grain de sénevé, mais... je ne doute nullement que ce petit grain ne produise un grand arbre, qu'il ne fasse un jour des progrès merveilleux, ne se multiplie et ne s'étende de toute part.

Paroles adressées aux colons, par le R.P. Vimont le XVIII mai, MDCXLII : "Ce projet de Montréal pourra être, un temps à venir, une grande gloire à Dieu, l'honneur de l'Église et une grande utilité à ce royaume." Paroles de M. Olier, "Les véritables motifs", etc. 

Le monument, tel qu'on peut l'admirer aujourd'hui. Les plaques sont des reproductions. 



Le saviez-vous? Jusqu'en 2012 la Ville de Montréal et les livres d'histoire ne reconnaissaient que Paul Chomeydey de Maisonneuve comme unique fondateur de Ville-Marie. Après des recherches, et un peu de bons sens, on s'est rendu compte que l'infirmière Jeanne Mance, fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal en 1645 avait contribué tout autant que Paul à fonder ce qui allait devenir Montréal. 


Vu:  Le dernier opus mettant en vedette Spider-Man (Spider-Man - Brand New Day). À l'âge de 60 ans il me fait toujours grand plaisir de pouvoir admirer les pirouettes de mon héros d'enfance. Un film que j'ai bien aimé et qui mérite pleinement les accolades qu'on lui attribue. 
 
Quoi? Le 8 août 2026 était la journée internationale des chats. Au Québec cette fête devrait être le 15 août. Pourquoi? Parce que c'est à ce moment que l'on est à la mi-août. Bodum-tshh!! 

N'oubliez pas!
Le 12 août c'est le jour du livre québécois. Rendez visite à une librairie indépendante et procurez-vous un ouvrage pondu par des gens d'ici afin de les encourager. Vous ne savez pas lequel choisir? Laissez-vous guider par les libraires, eux autre ils connaissent ça!

dimanche 21 juin 2026

D'hier à aujourd'hui: coin St-Jean et Notre-Dame

Le Pigeon Hole Parking, tel que photographié en 1957 
(Photo: Archives de la Ville de Montréal)

On regarde ici le coin sud-est de l'intersection des rue Saint-Jean et Notre-Dame. Le bâtiment que l'on voit est un stationnement intérieur mais avec une certaine particularité. Contrairement aux autres bâtisse du genre où les automobilistes conduisent leur voiture eux-mêmes jusqu'à l'endroit désiré, ici on laissait sa voiture au rez-de-chaussée et des employés activaient un habile mécanisme qui prenait votre voiture pour la caser parmi tant d'autres dans des sortes de cages en acier ou, si vous préférez, des nids à pigeons, d'où le nom. Voici le système, quoiqu'un peu plus petit, sans bâtiment autour:


Publicité pour le Pigeon Hole Parking, 1953, États Unis. 

Page publicitaire et promotionnelle pour le système, années 50, États Unis.

Ce système fort ingénieux a été inventé et mis au point aux États Unis en 1947 par les frères Vaughn et Leo Sanders (aucun lien de parenté avec le colonel). On laissait sa voiture et hop! elle se retrouvait casée en moins de deux. Et ça fonctionnait bien, sauf quand ça ne fonctionnait pas puisque le système n'était pas parfait. Mû par l'hydraulique il arrivait de temps en temps que le mécanisme fasse pétif-pétaf, laissant en plan (et dans les hauteurs) des voitures qui ne pouvaient plus être descendues, à tout le moins pas avant que des mécanos réparent la chose, au grand dam de ceux qui avaient besoin (absolu) de leur voiture. 

Qu'est-il arrivé avec cet édifice aux lignes modernes qui empruntent (directement) au style bauhaus? Il a été démoli en 2000, tout simplement. À sa place, et jusqu'en 2024, on y retrouvait un parc non officiel baptisé parc Pigeon-Hole avec des sentiers, des bancs et des œuvres d'arts. 

Le parc Pigeon-Hole vers 2023. On y retrouvait aussi de jeunes pousses d'arbres. 

Cet espace vert, s'il avait été laissé tranquille, et intégré au réseau de parcs publics de la Ville de Montréal, aurait été un p'tit poumon fort apprécié pour les résidents et gens travaillant dans ce secteur. Ça dégageait la vue et permettait d'amirer l'architecture de l'édifice Lewis (ou l'édifice Cunard Line, Cunard House, New Lewis, ou Édifice Cunard, dépendamment de l'humeur du jour) et qui a été construit en 1912-13. Bref, ça permettait de respirer un peu. Mais bon, si je parle comme ça vous savez probablement pourquoi, hein? 


En 2024 le terrain s'est retrouvé entre les mains du privé, lequel qui n'a pas tardé à développer l'emplacement du parc afin d'y construire un immeuble qui remplit chaque centimètre carré disponible. Des commerces au rez de chaussée et des condos aux étages. C'est un peu dommage car les espaces verts dans ce secteur ne courent pas les rues. 




Le saviez-vous? La rue Saint-Jean remonte à l'époque du régime français et a toujours porté ce nom. Elle n'honore pas la mémoire de l'évangéliste mais bien celle de Jean-Jacques Olier de Verneuil (1608-1657) et fondateur de l'ordre des Sulpiciens. 



Devant mes yeux:

 


 


Je viens tout juste de commencer ce merveilleux livre écrit par cet extraordinaire anthropologue bien de chez nous, et fort regretté, Serge Bouchard. J'ai entamé les deux premiers d'une soixantaine de textes qui traite d'humanité et de mémoire. Une merveilleuse lecture d'été, s'il en est une. 





Dans mes oreilles: 



En écrivant cet article je me suis laissé bercer par The Living Road, sorti en 2003, par Lhasa de Sala, une artiste éthérée, envoûtante qui nous a quitté vraiment, mais alors là vraiment trop tôt. Douze chansons qui se suivent comme les gorgées d'un bon café bien chaud. 




vendredi 2 juillet 2010

refrenare venellam

Détail de l’ancien bâtiment qu’a fait construire John Frothingham en 1850-51. Il est situé dans le Vieux-Montréal sur la rue Saint-Paul tout juste au coin de la ruelle Chagouamigon. Il venait de pleuvoir alors forcément tout ruisselait d’eau, tant le pavé que la pierre calcaire de la bâtisse, ce qui a l’heureux effet de faire ressortir les détails. Cette pierre, extraite ici même de plusieurs carrières sur l’île, était solide et offrait une excellente résistance au gel/dégel si caractéristique de notre climat. L’immeuble a fait l’objet d’importantes rénovations mais conserve malgré tout son apparence d’origine.

Appareil utilisé: Canon Powershot A60.





Le saviez-vous? Chagouamigon est le nom d’un poste de traite que Pierre-Esprit Radisson et Médart Chouart des Groseillers avaient installé sur les abords du lac Supérieur au milieu du 17è siècle.

lundi 21 juin 2010

introitu


Entrée principale de l'hôtel de ville de Montréal, juste sous le fameux balcon d'où le général de Gaulle lança son fameux «Vive le Québec libre!» en le 24 juillet 1967. En visite officielle au Canada il était alors de passage à Montréal où il en avait profité pour visiter Expo 67. La phrase, acclamée par une foule en liesse, a déclenché une crise politique importante entre le Canada et la France. Par ricochet elle a aussi fait connaître au monde entier le Québec politique, tel que relaté dans le documentaire Le Chemin du Roy par Luc Cyr et Carl Leblanc.

Appareil utilisé: Canon Rebel XT. 




Le saviez-vous? Le film X-Men : Days of Future Past a été presqu’entièrement tourné à Montréal et l’hôtel de ville fait une apparition alors que l’extérieur de l’aile droite, tout juste à côté de la fontaine de la place Vauquelin, sert de décor parisien.

lundi 14 juin 2010

gradus

Détail d'un petit escalier de pierre niché dans une petite cour du Vieux-Montréal où de multiples artisans y vendent leurs créations. On y accède de par la rue des Artistes, toponymie non-officielle donnée à ce passage très animée et situé tout juste au nord de la rue Saint-Paul, entre la place Jacques-Cartier et la rue Saint-Vincent. La rue des Artistes, qui emprunte possiblement à celle située dans le 14è arrondissement de Paris, est en fait la rue Saint-Amable.

Appareil utilisé: Canon Rebel XT.




Le saviez-vous? La rue Saint-Amable pourrait vraisemblement rappeler Marie-Amable Foretier qui fut l’épouse de l’homme politique et avocat Denis-Benjamin Viger mais il est également impossible que ce soit relié au culte de Saint-Amable lui-même, dont un maître-autel était consacré dans la première église Notre-Dame.

mardi 8 juin 2010

tholus


Canon 20D + 17-70mm

Coupole du marché Bonsecours prise à partir de la rue Notre-Dame. Inauguré en janvier 1847, le marché Bonsecours se trouve sur un terrain qui a jadis appartenu à nul autre que John Molson, lequel possédait d’un grand terrain le long du fleuve. C’est suite à sa proposition que la ville, dont il était conseiller, vota l’achat des propriétés et terres requis pour la construction du marché Bonsecours. On a originalement confié les plans à John Ostell mais après un concours c’est finalement l’architecte William Footner qui a conçu le bâtiment que l’on connaît aujourd’hui. Les travaux de construction ont débuté en septembre 1844 pour se terminer en janvier 1847. La pierre angulaire quant à elle fut posée en 1845 par le maire Ferrier.

L’édifice, on le savait depuis le début, allait avoir une vocation multifonctionnelle mais un des premiers locataires de l’endroit fut… le Parlement du Canada-Uni. Pourquoi? Parce qu’en avril 1849, rappelez-vous, les tories ont fait un feu de joie avec le marché Sainte-Anne et de ce fait le Parlement qui incidemment y logeait, s’est retrouvé dans la rue. Lorsque le reine Victoria a fait déménager tout le bataclan parlementaire à Ottawa, c’est la ville de Montréal qui s’est installée au marché Bonsecours, enfin, jusqu’en 1878. J’aurai l’occasion de vous reparler du marché un de ces jours.

Caméra utilisée: Canon Rebel XT.




Le saviez-vous? Sur le site du marché se trouvait, bien avant sa construction, le Théâtre Royal où s’est produit la troupe amateur de Charles Dickens et les vestiges de ce bâtiment sont toujours là, bien enterrés sous le marché.