lundi 10 juillet 2017

Morceau de Montréal: la statue de Copernic


Il fut un temps où la pensée dominante quant à notre système solaire plaçait la Terre non seulement au centre de ce dernier, mais aussi au centre de l'univers. Ce système portait le nom de géocentrisme (géo = terre, centrisme = centre) et fort bien accepté depuis que Ptolémée en publie le mécanisme dans son ouvrage La grande syntaxe, ultérieurement traduite en arabe sous le nom d'Amalgeste. Toutefois, dans l'Antiquité, et depuis au moins le 5è siècle avant Jésus-Christ, Philolaos de Crotone avait imaginé que la Terre tournait autour d'un feu central, tout comme Héraclide du Pont et, plus tard Aristarque de Samos, lequel pousse davantage la théorie en estimant que le Soleil est beaucoup plus gros que la Terre et qu'elle tourne autour de lui. La grande majorité des savants de l'Antiquité rejettent toutefois l'hypothèse. L'idée ne meurt pas puisqu'elle est présentée par Martianus Capella en 420 dans un ouvrage intitulé Noces de Philologie et de Mercure

Et puis ensuite?

Eh bien le temps passe, les années, les siècle même. Il faut attendre l'arrivée de l'astronome Polonais Nicolas Copernic durant la Renaissance pour que le modèle de l'héliocentrisme (hélios = soleil, centrisme = centre) refasse surface. Copernic publie ses observations dans un livre intitulé De revolutionibus orbium coelestium en 1543, ou, Des révolutions des sphères célestes. Pour se situer un peu dans le temps, Copernic publie seulement neuf ans après que Jacques Cartier soit débarqué à Gaspé. Toutefois, Copernic était bien au fait des travaux d'Aristaque de Samos et bien qu'il en ait effacé toute trace dans son manuscrit, elles sont toutefois demeurées dans ses brouillons. 

Tycho Brahé, un autre astronome fort réputé, prend connaissance des travaux de Copernic mais refuse d'adhérer à la théorie, davantage par conscience religieuse que scientifique toutefois. Et la religion catholique justement, via le Vatican, qualifie en 1616 d'hérésie la théorie de Copernic. Cependant, d'autres grands scientifiques vont venir lentement mais sûrement valider la théorie de l'héliocentrisme mise de l'avant par Copernic, comme Kepler, Galilée (qui en a bavé devant l'Église) et Newton. D'autres scientifiques vont venir à leur tour renforcer la théorie et la science moderne a pu solidement l'officialiser hors de tout doute.

Ce qui nous amène à la fameuse statue de Copernic. 

Pour souligner le centenaire de la Confédération la communauté Polonaise offre à la ville de Montréal en 1966 une réplique identique de la statue originale de Copernic réalisée par Bertel Thorvaldsen et qui se trouve à Varsovie. La statue est alors placée devant le pavillon L'Homme interroge l'Univers à Expo 67 puis, à la fin de l'événement, elle est installée devant Planétarium Dow sur la rue Saint-Jacques. Elle y demeure jusqu'au déménagement du Planétarium devant le nouveau Planétarium Rio Tinto Alcan, près du Biodôme. L'emplacement de la statue est encerclé en rouge sur la photo ci-bas.






Le saviez-vous? La théorie de l'héliocentrisme a donné naissance à ce que l'on a appelé la Révolution copernicienne et qui est aujourd'hui considérée comme le point de départ de l'astronomie moderne et de la révolution scientifique. 

lundi 20 juillet 2015

quadratum

En 2017, année où l’on fêtera le cinquantième anniversaire d’Expo 67. La Place des Nations, dont je vous ai parlé abondamment ici, , ici, par , par ici et également , devrait, s’il faut en croire les nouvelles (ho ho hi) se refaire une beauté à temps pour que l’on puisse célébrer cet événement grandiose. Mis à part le pavillon de la Jamaïque, la Place des nations est le seul emplacement datant d'Expo 67 et qui ait un tant soit peu conservé son apparence d’origine. Maintenant il reste à savoir si effectivement les travaux de rénovation et de remise en valeur seront terminés (ho ho hi) dans le temps voulu (ho ho hi). Pour l'instant c'est clôturé, donc interdit au petit comme au grand public et l'endroit a l'air d'une soue à cochon. Typique de Montréal lorsque vient le temps du patrimoine bâti. 

Sur la photo d'aujourd'hui, prise en 2007, on voir le socle en béton qui a accueilli la torchère que l'on a allumée officieusement lors des cérémonies d'ouverture le jeudi 27 avril 1967. Après la fermeture d'Expo 67 on a enlevé la torchère, évidemment, et le socle est resté là. Lors de mon dernier passage c'était devenu une poubelle en béton, le trou étant farci d'ordures, chose qui ne m'étonne guère, au demeurant. Parfois, ce sont les citoyens eux-mêmes qui bousillent notre patrimoine bâti. Je me demande également à quel moment va-t-on corriger les informations sur la plaque commémorative qui se trouve à la base de la torchère. En y regardant attentivement on peut y lire qu’Expo 67 a duré jusqu’au 27 octobre alors qu’en réalité, suite à une demande spéciale au Bureau international des expositions à Paris, on a clôturé deux jours plus tard, soit le dimanche 29 octobre. 




Le saviez-vous? On dit souvent qu’Expo 67 a attiré 50 millions de visiteurs or c’est faux. On a enregistré plutôt 50 millions de visites, puisque plusieurs personnes avaient des passeports de saison et revenaient souvent. 

dimanche 28 juin 2015

luminis obscura II

Comme pour la photo de nu j’aime bien aussi à l’occasion utiliser un clair-obscur profond pour certains sujets, comme par exemple de l’architecture. Ici, une bonne sous-exposition me permet de plonger cette maison du mile-end dans le noir total, ne laissant la lumière d’un ciel nuageux n’éclairer que la partie supérieure, créant ainsi un effet dramatique qui me plaît bien.

Il s’agit ici de maisons dans le Mile-End où l’on retrouve quantité de ces belles résidences assez cossues toutes de pierre de taille bâties dont les façades sont très différentes les unes des autres. Affublées de corniches élaborées, de tourelles, appareillages décoratifs de brique, carreaux ornementaux et autres éléments, ces maisons témoignaient en quelque sorte de la richesse de leurs propriétaires. La crise économique de 1929 en ébranlera plusieurs qui seront obligés de se départir de leurs maisons et migrer ailleurs, souvent dans les quartiers ouvriers pour y vivre dans des conditions de misère. Heureusement les nombreux développements urbains ont largement épargné ce secteur et c’est pourquoi nous pouvons encore aujourd’hui admirer ces belles résidences dont une grande quantité ont été restaurées à leurs apparences d’origine.



Le saviez-vous? Le nom de Mile End tire son origine d'un champ de course qui occupa au siècle dernier à peu près l'espace aujourd'hui compris entre le boulevard Saint-Joseph, la rue de Mentana, l'avenue du Mont-Royal et la rue Berri. Or, entre cette piste et la limite du Montréal d'alors, qui est à la hauteur de la rue Bagg actuelle, il y a exactement un mille, d'où le nom de Mile End ou « fin du mille». 

lundi 22 juin 2015

ostium IV

Entrée d’un triplex photographié l’été dernier. Ce petit immeuble possède une architecture caractéristique du milieu des années 40 soit une façade en pierres naturelles taillées pour s’agencer ensembles. En se promenant dans le quartier on retrouve facilement d’autres maisons qui présentent une telle devanture. Ici, la porte en bois d’origine est flanquée de blocs de verre derrières lesquels sont enchâssés des néons verticaux qui s’allument une fois le soir venu où lorsqu’il fait trop sombre dehors. Les côtés sont en pierre artificielle et la marche en terrazo, matériau courant à l’époque. Par contre la petite corniche en acier inoxydable, ou peut-être est-ce de l’aluminium, est une addition récente qui, malgré tout, n’enlève pas au cachet de la résidence.



Le saviez-vous? À Montréal, durant la Seconde guerre, quantité de matériaux étaient réquisitionnés pour l’effort de guerre. La construction des maisons s’est donc faite très au ralenti et plusieurs d’entre elles ont pris de très longs mois avant d’être terminées. 

mardi 12 mai 2015

lateres


Les maisons ouvrières en rangées ont été très populaires à Montréal. Elles seraient apparues pour la première fois à Montréal vers 1834, sur le territoire de l’actuel Plateau alors que s’ouvraient les rues Coloniale, De Bullion et Cadieux (aujourd’hui Hôtel-de-Ville) et qui se trouvaient alors sur les terres de Jean-Marie Cadieux de Courville.

À cette époque le bois était encore le matériau de choix pour bâtir mais sitôt après le grand incendie de 1852, dont je vous ai parlé ici, la Ville de Montréal y va de règlements très stricts. C’est un règlement auquel on n’échappe pas. Les villages avoisinants ne sont pas soumis à cette règle mais le seront au fur et à mesure qu’ils seront annexés par Montréal au fil des ans. Heureusement la brique est bon marché, sa pose relativement rapide et sa durabilité est éprouvée.

Les maisons en série, donc, étaient généralement construites en même temps dans un plan d’ensemble dont l’apparence extérieure était identique. Elles étaient toutefois séparées les unes des autres par des murs coupe-feu. En contrepartie on se retrouve avec une maison solide qui, moyennant un bon entretient, peut durer pendant très longtemps. Par contre, pas trop de fioritures ni de luxe; façade dépouillées avec, pour seules coquetteries des arcades en brique au-dessus des fenêtres comme c’est le cas ici. Parfois les propriétaires se permettaient d’appliquer de la peinture de couleur qu’ils appliquaient directement sur la brique. On retrouvait ainsi des devantures blanches, vertes et de façon plus fréquente, rouges. Toutefois, comme on peut le voir ici, les goûts d’un propriétaire n’étaient pas toujours ceux du voisin.



Le saviez-vous? La brique est l’un des plus vieux matériaux de construction connu puisque son origine remonterait à 7000 ans avant J-C dans la région de l’actuelle Irak.  

samedi 9 mai 2015

molae


Ah, nous voici pif-poil en-dessous de la structure qui joint les silos de la minoterie ADM (Arthur Daniels Midland) située sur la rue Mills, dans le Vieux-Montréal. En version très simplifiée c’est là que les minotiers transforment les grains de céréales en farine. Autrefois les gens qui faisaient ce travail étaient des meuniers donc, si vous êtes un Meunier, Monnier ou Lemonnier alors voilà, un de vos ancêtres avait reçu ce patronyme car c’est ce qu’il faisait dans la vie.

La minoterie ADM n’a cependant pas toujours porté ce nom. Avant, à sa construction en 1946, elle était connue comme Ogilvie Flour Mills où l’on produisait la fameuse farine Five Roses. L’enseigne a quant à elle été ajoutée en 1954. Sans que cela ne paraisse, la minoterie compte pas moins de 75 silos. Elle est aussi l’une des deux dernières encore en opération à Montréal. L’autre étant celle de Robin Hood.



Le saviez-vous? La fameuse enseigne au néon est maintenant protégée et considérée aujourd’hui comme partie importante de notre patrimoine bâti. 

dimanche 19 avril 2015

ostium III


Magnifique entrée d’immeuble que celle-ci, dénichée dans l’ouest de la ville. L’architecture est très intéressante de par son apparence qui emprunte aux anciens châteaux d’Europe. Ici on semble avoir fait largement usage de pierre artificielle pour l’ensemble des composantes; des colonnes baguées à l’arc au-dessus de la porte qui semble un mélange intéressant d’arc en anse de panier et d’arc Tudor. Les bas-reliefs plus haut aussi qui eux semblent tirer sur l’architecture romane. Toutefois, cette pierre partage une caractéristique avec le calcaire soit celle de s’user au gré des éléments. Quant aux portes de bois aux vitres à motifs gravés et poignées de cuivre, elles assurent une durabilité et ajoutent une touche d’élégance certaine.

Le saviez-vous? Si les Chinois et les Égyptiens utilisaient des mortiers à base de chaux les Romains ont été les premiers, dès le 1er siècle, à utiliser des cendres volcaniques afin de permettre au ciment de «prendre» sous l’eau. La technique a été perdue pendant des centaines d’années avant d’être «redécouverte» à la fin du 18è siècle.

jeudi 16 avril 2015

tene laterem


Mur de brique d’une maison de style ouvrier, quelque part dans les joyeux méandres du mile-end où j’aime tant me perdre. On a affaire ici à un bâtiment vraisemblablement construit vers la fin du 19è siècle, ce qui est visible par la brique commune qui montre quelque peu son âge. Quelques réparations dans la maçonnerie sont cependant visibles et c’est bien normal. La vibration causée par le passage de véhicules est connu pour affecter la structure des bâtiments, tout comme les polluants atmosphériques et les côtés exposés au vent et au soleil sont bien entendu plus susceptibles d'être affectés. Dans d'autres cas c'est le sol lui-même qui peut être en cause. Les racines d'arbres, à proximité, peuvent se faire dessécher le sol majoritairement argileux qu'on retrouve partout en ville. Cet assèchement affecte par conséquent la stabilité. Toutefois, à l'époque où cette maison a été construite, l'utilisation d'éléments isolants n'était pas de rigueur ce qui pouvait affecter la structure.
 
Avant le grand incendie de 1852 il n'était pas obligatoire de construire des bâtiments avec de la brique, le bois était encore le matériau de choix, mais ce l'est devenu par la suite. L'interdiction d'utiliser le bois a d'abord touchée la ville elle-même mais pas les villages éparpillés sur l'île, ce qui a évidemment changé lorsque ces villages ont été successivement annexés à Montréal au fil des ans. La brique était peu coûteuse et se voulait une alternative à la pierre de taille, trop coûteuse pour plusieurs.

Il est intéressant ici de noter les lisses taillées directement dans la pierre, la même dont on se servait dans le temps pour fabriquer les bordures de trottoir. À l’étage inférieur on remarque des arcs en brique tout simples alors qu’à l’étage supérieur on a préféré utiliser des linteaux en pierre artificielle. Les cadres quant eux, s’ils sont fort probablement aujourd'hui’hui en aluminium, étaient autrefois en bois. Cette brique, comme je l'ai mentionné plus haut, est dite commune mais il s'en trouvait d'autres variétés, comme la brique vernissée par exemple. 



Le saviez-vous? Lors d’un voyage sur l’île de Montréal en 1611 Samuel de Champlain a presqu’immédiatement noté le potentiel du terrain pour fabriquer de la brique; «…quantité de prairies de très bonne terre grasse à potier tant pour bricque que pour bastir.»1


1 : Œuvres de Champlain, par l’abbé Charles-Honoré Laverdière. 

dimanche 29 mars 2015

Maison Louis-Joseph Forget


On dit souvent, à tort, que les hautes sphères de la finance et de la richesse étaient jadis uniquement l’affaire des anglophones et des écossais, qu’il s’agissait d’une sorte de club hermétique qui ne laissait filtrer aucun francophone.

C’est évidemment faux.

Pour parvenir au succès financier ce qu’il fallait n’était pas de parler anglais mais bien d’avoir de la volonté et de ne pas avoir peur de se retrousser les manches pour travailler fort. À titre d’exemple, Donald Alexander Smith, devenu Lord Strathcona, n’est arrivé ici qu’avec le change dans sa poche. Son cousin, George Stephen, devenu Lord Mount Stephen, n’est pas débarqué non plus ici les poches pleines. Il a passé de longues soirées à étudier des volumes sur les finances l’art bancaire. Ce ne sont là que deux exemples parmi tant d’autres. Or qu’est-ce qui empêchait un Canadien-Français de connaître le succès?

Rien.

La recette était la même. Et cette recette, Louis-Joseph Forget l’a bien comprise. Le personnage n’est pas né d’une famille riche du Golden Square Mile mais bien dans une famille d’agriculteurs de Terrebonne en 1853. Il aurait pu enfiler la salopette et manier de la bâche mais il a préféré s’instruire au collège Masson. Il a trimé dur et après sa graduation il est allé travailler pour le compte de Thomas Caverhill, courtier en valeurs mobilières. À force de travailler sans compter les heures Louis-Joseph Forget a amassé une quantité de sous assez importante pour lui permettre de fonder, dès 1876, sa propre maison de courtage.


En 1890 la compagnie de Forget est l’une des plus importantes au pays. Notez bien l’utilisation du mot «pays» et non »quartier», «ville» ou même «province». Deux ans plus tard il prend les rênes de la Montreal Street Railway à titre de président et supervise dès lors l’électrification du réseau de tramways, travail qui sera complété en 1895. L’année suivante Forget est nommé sénateur et en plus de ce travail il chapeaute la fusion des compagnies énergétiques qui formeront en 1900 la Montreal Light, Heat & Power, l’ancêtre d’Hydro-Québec. Toujours en 1900 il est élu au conseil d’administration du Canadien Pacifique, le premier francophone à accéder à la table d’une des plus importantes compagnies canadiennes. Tout ça parce que le bonhomme n’a pas eu peur de se relever les manches.Évidemment Forget a pu amasser une fortune assez considérable et c’est avec cet argent qu’il s’est fait construire une splendide résidence sur la rue Sherbrooke, pif-poil au milieu d’autres résidences cossues du secteur. Le terrain est acquis en 1882 et les plans confiés à l’architecte Maurice Perreault, à qui l’on doit, entre autres, le Monument national sur St-Laurent qu’il a réalisé avec son partenaire Alphonse Ménard. La maison fait largement usage de pierre de taille avec un escalier imposant flanqué de rampes en fer forgé et que je vous propose aujourd’hui avec cette photo prise l’été dernier. Fort heureusement la résidence a été classé monument historique en 1974 et se trouve donc protégée. Dommage que l’on n’ait pas pu en faire autant avec d’autres de ces belles demeures, comme celle de William Van Horne.





Le saviez-vous? C’est le 21 septembre 1892 qu’est apparu le premier tramway électrique à Montréal; le Rocket, surnommé ainsi parce qu’il allait légèrement plus vite qu’un picouille flegmatique. On peut d’ailleurs l’admirer (le tramway, pas la picouille) à Exporail. 

jeudi 19 mars 2015

plate


Plaque de bronze (j’assume) près de l’entrée de la Banque Laurentienne sur Masson. Il s’agit ici de l’appellation anglaise de la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal, fondée en 1846 par une quinzaine de personnages qui inclut Louis-Hippolyte LafontaineLouis-Joseph Papineau et Sir George-Étienne Cartier. C’est la banque qui est devenue plus tard la Banque Laurentienne. La plaque en français, du côté gauche de l’entrée, était lors de mon passage, couverte de graffitis, ce qui explique l’utilisation de la plaque en anglais.


Saviez-vous ça vous autres? En 1972 la Banque Laurentienne a été la première banque à charte à avoir toutes ses branches connectées à un ordinateur central. Dans c’temps-là ça devait être un ordi genre Pierrafeu mais tout d’même.

samedi 14 mars 2015

portĭcus


Détail de la partie supérieure du portique de l’église du Sacré-Cœur, située sur la rue Ontario entre Plessis et Alexandre-de-Sève. Il s’agit d’une certaine quantité de photos que j’ai prises de cette église qui possède, comme bien d’autre, sa petite histoire et que je vais partager avec vous aujourd’hui.

Cette église-là a été construite en 1887 selon les plans de l’architecte Joseph Venne mais le soubassement, œuvre de l’architecte Adolphe Lévêque, existait depuis 1876. L’église se trouvait dans le faubourg Sainte-Marie, tout juste à côté du faubourg Saint-Jacques, lequel commençait deux rues à l’ouest. C’était le temps où la rue Alexandre-de-Sève portait le nom de Maisonneuve et que la rue Maisonneuve s’appelait Mignone, laquelle s’arrêtait à Saint-Urbain. La construction a fait appel à son lot d’artisans doués, lesquels ont certainement dû recevoir à plus d’une reprise la visite de monseigneur Fabre.

C’est aussi le temps où Montréal s’active, où ses industries commencent à prendre de plus en plus de vigueur. Depuis l’année précédente, de par la gare Dalhousie, les trains du Canadien Pacifique joignent maintenant la lointaine ville de Vancouver dans l’ouest canadien. La compagnie ferroviaire commence d’ailleurs projeter, discrètement, les plans de nouvelles installations pour des usines vastes et modernes, possiblement quelque part plus à l’est. D’ailleurs, l’ancien village d’Hochelaga, annexé à la Montréal depuis 1883 ne montre-t-il pas des signes d’une forte activité industrielle?

Entretemps, 3 avril 1922, un incendie se déclare dans l’église du Sacré-Coeur. Le sacristain, monsieur Joseph Lamarche, aperçoit les premiers signes et sonne immédiatement l’alarme. L’abbé Caumartin, vicaire de la paroisse est le premier à répondre et entre dans l’église de par le sacristie pour se rendre compte avec grand effroi que l’orgue au complet était en train de brûler, tel une grande torche dont les flammes tourbillonnaient autour des tuyaux pour s’élever jusqu’au plafond. Avec l’aide des abbés Deschênes, Gagnon et Léonard il sauve les Saintes-Espèces et les habits sacerdotaux.


En moins de cinq minutes une petite armée de pompiers se trouve sur place sous la direction du chef Marin et s’amorce dès lors un combat acharné. Le feu, on le voit bien, prend de l’ampleur et un vent violent active encore davantage l’élément destructeur. Pour le chef Marin il ne fait pas de doute qu’il faut des renforts et il sonne deux alarmes consécutives. Dès lors le chef Chevalier et le sous-chef St-Pierre prennent la relève des opérations. On compte par moins de quarante jets d’eau et il y a bon espoir de circonscrire l’incendie. Malheureusement on aperçoit le feu rejoindre le clocher qui se trouve près de la rue Plessis et bientôt de l’épaisse fumée se dégage du toit du corps principal de l’église. Puis le clocher tombe avec fracas sur le parterre qui donne sur la rue Ontario. Les pompiers commencent à craindre pour le presbytère et leurs efforts se concentrent sur le clocher qui se trouve à côté. Si ce dernier ne peut être sauvé on aura au moins réussi à faire s’épargner le presbytère. Un peu passé 18 :00 on a enfin maîtrisé le brasier mais les sapeurs restent sur place afin de continuer à arroser pendant toute la nuit. S’il y a une chose dont on est certain c’est que le bâtiment est une perte totale. À l’intérieur il ne reste que des tas de cendres et amas calcinés parmi lesquels figurent le grand orgue, les boiseries, les vitraux et quantité d’autres choses. Il faudra tout reconstruire.

Pour les paroissiens c’est là une catastrophe dont on se serait bien passé. Le curé Cousineau, loin de se baisser les bras, a relevé ses manches afin de pouvoir continuer à offrir les cérémonies et autres rituels. On ne s’explique toutefois pas la cause mais on soupçonne le moteur qui actionne les orgues. N’avait-il d’ailleurs pas pris feu au mois de décembre? Heureusement que l’on en avait eu connaissance à temps pour l’éteindre aussitôt à l’aide d’un extincteur.

La loi autorisant la reconstruction de l’église du Sacré-Cœur est alors sanctionnée par la ville de Montréal, alors sous la gouverne du maire Médéric Martin, où l’on mentionne, en préambule, 

«ATTENDU que le curé et les marguilliers de l'Œuvre et fabrique de la paroisse du Sacré-Cœur-de-Jésus, dans la cité de Montréal, ont, par leur pétition, représenté: Que le trois avril 1922, le feu a détruit entièrement l'église et la sacristie de cette paroisse; Qu'il est urgent, pour le bien de la paroisse, de reconstruire et de meubler au plus tôt, sur le terrain de la fabrique, l'église et la sacristie, en utilisant autant que possible les parties de murs, épargnées par le feu, de l'ancienne église et de la sacristie.»

Cette reconstruction délicate on la confie de nouveau à Joseph Venne, lequel réside dans ladite paroisse, mais ce dernier doit travailler avec certaines restrictions d’ordre monétaires. C’est que les pertes sont estimées à quelque chose qui frôle de demi-million et il en faudrait autant, sinon plus, pour tout refaire. L’ennui c’est que les assurances s’élèvent à un montant qui varie entre $175,000 et $180,000. Parmi les sacrifices architecturaux il y aura les clochers, que l’on ne reconstruira pas. Ces derniers demeureront plats.




Le saviez-vous? La façade actuelle de l’église fait partie des éléments architecturaux du bâtiment d’origine qui ont pu être sauvés. Toutefois, durant la reconstruction, d’importants travaux de consolidation ont été nécessaires. 

mercredi 11 mars 2015

ostium II


Il arrive souvent durant des promenades-photo que les opportunités se suivent rapidement. Dans ce temps-là j’omets trop souvent de prendre en note ce que je photographie et à quel endroit. Heureusement je connais bien ma ville et il ne me suffit, généralement, que de peu de temps pour replacer l’endroit en question. C’est le cas de cette magnifique porte d’église que j’ai pu rapidement retracer comme étant celle de l’église presbytérienne St-Luc, sise sur le boulevard Rosemont à l’angle de 17è avenue.

Le bâtiment est intéressant pour plusieurs raisons. D’abord il y a son année de construction; 1928, ce qui en fait une des plus anciennes églises du secteur puisque St-Brendan n’a été bâtie qu’un an plus tard. C’était l’époque où le boulevard Rosemont tel qu’on le connaît n’existait pas. Ce n’est que durant les années 60 que la voie est élargie et que l’on aménage le terre-plein.

Quant à l’église, pour y revenir, elle s’appelait à l’origine Kydd Memorial Presbyterian, tel qu’en témoigne une cartouche sur la devanture. Son architecture place l’entrée à gauche, directement sous le clocher et il y a aussi son extérieur entièrement composé de brique commune. S’y ajoutent une magnifique fenestration de style Tudor tant sur la façade que sur les côtés.





Le saviez-vous? L’origine du boulevard Rosemont remonte à 1707 afin de desservir les quelques trente terres agricoles que l’on retrouvait de çà et là de par la Côte de la Visitation. Ces terres avaient été concédées par les Sulpiciens, alors seigneurs de Montréal.  

dimanche 1 mars 2015

derelictionis


Entrée dont la porte a visiblement connu des jours meilleurs. Pendant un certain moment je l’ai imaginée, voilà peut-être quarante, cinquante ou soixante ans, alors qu’elle devait avoir un peu plus d’allure, probablement flanquée, à l’intérieur, de néons fichés de chaque côté derrière les blocs de vitre. Intéressant aussi de voir trois serrures superposées. Je me suis amusé à penser que lorsqu’une a cessé de fonctionné on en a rajouté une autre plutôt que de la faire réparer. De près j’ai pu observer de nombreuses couches de peintures appliquées au fil des ans au goût des différents propriétaires qui se sont succédé. Chose intéressante qui m’a grandement amusé, est le fait que ma grand-mère a habité dans cet immeuble avec ses parents durant les années 30 sauf que l’entrée de leur logement se trouvait sur le côté. Les environs immédiats m’ont fait penser qu’il s’est peut-être trouvé là un jour un quelconque commerce, possiblement une taverne mais le Lovell a été bien peu bavard à ce sujet. 




Le saviez-vous? Les plus anciennes portes connues nous viennent de représentation retrouvées dans tombes de l’ancienne Égypte. Elles étaient simples ou doubles et taillées dans un seul morceau. Le climat sec et aride les empêchait de se déformer.  

lundi 23 février 2015

Église Nativité-de-la-Sainte-Vierge


Détail de la façade de l’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, cette fois du dessus de l’entrée principale. Comme je l’ai dit dans un article précédent consacré à l’entrée ouest, le bâtiment est l’œuvre des architectes Dalbé Viau et Joseph Venne qui ont opté pour le style romano-byzantin. On y voit un très bel amalgame de pierre de taille, essentiellement du calcaire extrait des carrières de Montréal, ainsi que de bois ouvré. La statue de la vierge, bien protégée sous sa coupole, vient du fait que l’église lui est entièrement consacrée.

Les dimensions de l’église ont de quoi impressionner et pour cause, le curé LePailleur avait demandé à Viau et Venne de doter l’église en devenir d’une contenance qui l’amènerait ultimement à devenir une cathédrale. Ça ne s’est jamais produit et l’église est demeurée une église, mais quelle église! En fait, elle a tout d’une cathédrale, sauf le nom.

La rue Dézéry, où se situe l’adresse civique de l’église, doit son nom à Jean-Baptiste Dézéry, lequel a donné le terrain au 19è siècle pour que l’on construise une chapelle. D’abord un bâtiment modeste appelé chapelle du Courant Ste-Marie ce n’est qu’en 1836 qu’elle devient la chapelle de la Nativité-de-la-Très-Sainte-Vierge. Un incendie la détruit complètement en 1921 et c’est à ce moment-là que sont entrepris les travaux de construction de l’église actuelle et qui se terminent en 1924. À peine trois ans plus tard, soit en janvier 1927, s'y déroulent les funérailles des 78 enfants qui ont péri dans le terrible incendie du Laurier Palace.


Aujourd'hui le bâtiment religieux a toujours clocher sur rue et se trouve classé comme immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle selon la juridiction municipale. Allez y faire un tour et prenez le temps d’en admirer toutes les subtilités architecturales qui risquent fort de vous étonner puisqu’il s’agit d’un art de bâtir parfaitement révolu. C’est également un magnifique témoignage du savoir-faire de nos artisans d’autrefois qui ne manquaient certainement pas de talent.



Le saviez-vous? Chaque clocher d’église à Montréal avait une sonorité et une harmonie qui lui étaient propres. Les oreilles attentives savaient différencier au son qu’elle était l’église dont les cloches sonnaient. La plus grosse cloche de l’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge pesait pas moins de 2,500 kilogrammes ou, si vous préférez, 5,500lb.   

dimanche 8 février 2015

Verticali


Quelque part dans le centre-ville en fin d’après-midi durant l’automne. Partout c’est la cohue des gens qui sont pressés. Pressés de quitter leurs cubicules noyés de néon, pressés de quitter les salles de cours, pressés de retourner chez eux. Automobilistes impatients, autobus bondés, trottoirs martelés par les talons de la multitude, nez dans le portable. Ça joue du coude, ça bouscule sans même s’excuser, parce que ce n’est plus d’usage de nos jours. De cet orchestre confus s’élève une symphonie désordonnée sans partition ni chef. Klaxons, moteurs, crissements de pneus, sonneries, et autres ambulances.

Quant à moi, je ne suis pas pressé. Le temps est confortable et je n’ai rien de mieux à faire que laisser vagabonder mon œil ici et là, ne cherchant rien de particulier sinon ce moment ou un endroit et une lumière se rencontrent, se conjuguent pour créer un tableau éphémère. Ici, c’est la lumière du soleil qui file vers l’ouest et dont la lumière frappe en oblique sur les tours qui m’a attiré. Un peu d'amusement avec les réglages et hop!







Le saviez-vous? À la vitesse de 350,000km/seconde, la lumière du soleil prend plus de huit minutes pour parvenir jusqu’à nous.  

samedi 21 juin 2014

Medical Arts Building


À l’intersection des rues Sherbrooke et Guy se dresse le Medical Arts Building, un imposant édifice construit en 1923 selon les plans des architectes Ross et MacDonald. Ce bâtiment a la particularité d’avoir été le premier à Montréal à avoir une vocation entièrement médicale, d’où son nom. On comptait, répartis sur dix étages, pas moins de 35 médecins (dont une femme), 4 dentistes ainsi qu’un laboratoire radiologique. La clientèle, on le devine, était celle fortunée du Golden Square Mile, ce secteur de la ville où se trouvaient les gens les plus riches de Montréal. C’était bien entendu l’époque où tous les services médicaux étaient payants et facturés aux patients. Par contre, en raison du règlement municipal alors en vigueur, on ne pouvait pas construire plus de dix étages. Ce règlement est modifié en 1924 puis en 1929 où la limite est alors fixée à 33 étages. Aujourd'hui le bâtiment a retrouvé sa vocation originale puisque l'on y retrouve une clinique médicale, une clinique radiologique et une pharmacie. 


Le saviez-vous? Les gratte-ciels n’auraient jamais existé sans cette invention bien particulière qu’est l’élévateur. La première compagnie de ce genre à Montréal fut la Montreal Steam Elevating Co. Elle a été rapidement suivie par d’autres tels Boyd & H.W., Miller Bros & Toms, Elevator Works, Otis et Turnbull.

samedi 8 mars 2014

La petite usine qui ne voulait pas disparaître


Ancien bâtiment industriel sur le coin de St-Jacques et Versailles dans l’ouest de la ville. Il a été construit en 1923 pour y loger la Franklin Montreal Motors, une «machine shop». Puis en 1930 c’est le garage Chauvin qui s’y est installé après quoi c’est de nouveau une compagnie de machinerie, De Jean & Co. qui a occupé les lieux. Les employés de cette dernière ont certainement dû assister à tout un spectacle lorsque la vieille gare du Canadien National a pris feu le 23 août 1948. La gare était, faut-il le rappeler, à un jet de pierre et les voies ferrées passaient juste en face.

Durant les années 90, je m’en souviens très bien, il m’arrivait de passer devant la petite usine et il y avait encore de l’activité à l’intérieur. Le bâtiment me paraissait comme une carte postale d’une autre époque puisque bien peu de choses semblaient avoir changé. Je me disais alors qu’il faudrait bien que je m’arrête pour prendre quelques clichés. Toujours est-il qu’au moment où je me suis décidé la bâtisse était vide et inoccupée alors j’ai craint, et avec raison, puisque tout autour poussaient de grosses tours de condos. Si j’ai des photos à prendre du bâtiment, que je me suis dit, aussi bien le faire avant l’arrivée du bulldozer.

Heureusement, plutôt que d’être démoli pour être remplacé par des condos sans âme portant un de ces noms sans signification comme Le Magnifique Clapier Bétonné ou je ne sais quoi, il a été acquis puis entièrement rénové. Aujourd’hui on y retrouve Alexis le gourmand, une épicerie gourmet dans la plus pure tradition des bonnes vieilles épiceries de quartier. À l’intérieur on peut y admirer un très bel exemple d’architecture industrielle du début du siècle; brique commune, appareillages, parapet de maçonnerie surmonté d’un capuchon de tôle, poutrelles d’acier et fenêtres de bois nombreuses. Les propriétaires ont aussi ajouté une touche d’élégance avec de petits auvents. Outre un nettoyage soigné de la brique on a peint les fenêtres d’un vert olive qui était autrefois très en vogue dans l’architecture industrielle. Quoiqu’il en soit, on ne peut qu’admirer et applaudir l’excellent travail de restauration qui a su redonner à la petite usine sa fière allure d’autrefois en évitant les pièges de la modernisation qui font que bien souvent les éléments architecturaux d’époque sont sacrifiées au profit de trucs modernes qui n’apportent pas grand-chose.

M-à-j.: Un gros merci en passant à monsieur Desautels, un des derniers employés de la machinerie De Jean, qui m'a mentionné que suite à la fermeture de la compagnie le bâtiment a été occupé par le fleuriste Caméléon. 


Tannés de pleurer en coupant des oignons? Mâchez donc d’la gomme pendant que vous le faites pis le problème va être réglé de suite.

lundi 13 janvier 2014

multis


Intéressante superposition de nom d’anciens commerces peinturés sur le coin arrondi de l’édifice situé au coin de St-Sulpice et de la Commune, et sur le côté immédiat duquel se trouve la publicité peinte de Kelvin Bottomley. Dans le temps, lorsqu’un nouveau commerce occupait les lieux on devait accessoirement enlever les références à l’ancien, comme on le fait aujourd’hui sauf qu’à l’époque, au lieu de bannières il s’agissait de peintures. Une compagnie spécialisée, comme Asch Limited, arrivait et couvrait de noir ou de blanc l’ancien nom et peinturlurait le nouveau par-dessus. Avec le temps les multiples couches ont été effacées par le temps et les éléments, laissant apparaître les noms de commerces qui se sont succédé au fils des nombreuses années et qu’il est bien difficile de déchiffrer. D’ici une dizaine d’années, plus ou moins, il ne subsistera plus rien.

 

Le saviez-vous? Une des pierres les plus utilisées pour la construction d’immeubles à Montréal fut le calcaire, majoritairement extrait de nombreuses carrières que l’on retrouvait un peu partout en ville. Nombre de ces carrières sont devenues des sites d’enfouissement de déchets que l’on a transformé ensuite en parcs.

vendredi 3 janvier 2014

leo


On peut trouver ce fier félin au square Dorchester, le long de la rue Metcalfe, face à l’édifice de la Sun Life. C’est la compagnie d’assurance bien connue qui en a fait la commande en 1895 afin de souligner le jubilé de diamant de la reine Victoria. C’est au sculpteur George William Hill que revient la tâche d’exécuter le lion. C’est bien la première commande publique que Hill reçoit mais ne sera point la dernière puisqu’il signera d’autres monuments comme celui dédié à George-Étienne Cartier sur l’avenue du Parc. Le socle, quant à lui, est confié à l’architecte Robert Findlay.

Le lion, figure emblématique s’il en est une, est rapidement surnommé Lion de Belfort puisqu’il est largement inspiré du lion de Belfort sculpté par Frédéric-Auguste Bartholdi et qui se trouve devant le château du même nom. Bartholdi en avait fait aussi une copie, plus petite celle-là, et qui trône à la place Denfert-Rochereau à Paris. Il rejoint ainsi d’autres lions célèbres comme le lion de Lucerne, de Némée, celui de la porte d’Ishtar à Babylone, celui de Rembrandt ou encore le lion du Cap de Brehm, pour n’en nommer que quelques uns. Celui qui orne la photographie d’aujourd’hui a été très certainement utilisé pour représenter la royauté, tel qu’il apparaît fréquemment dans les écussons, blasons et armoiries comme l’Écosse, la Norvège, l’Angleterre et la Belgique.

 
Saviez-vous ça vous autres? De 1916 à aujourd’hui la Metro-Goldwyn-Mayer a utilisé cinq lions pour sa fameuse introduction. Ouaip. Y’a eu Slats, Jackie, Tanner, un qui avait pas d’nom pis l’dernier, Léo. Pis la rumeur qui dit que y’a un de ces lions-là qui a tué son entraîneur? Légende urbaine. C’est jamais arrivé.

mercredi 11 décembre 2013

antiquam


Face à la Place d’Youville il se trouve un petit terrain de stationnement comme il s’en trouve plusieurs dans le coin. Il a été aménagé après la démolition de l’édifice qui s’y trouvait, démolition qui a possiblement eu lieu durant les années 60 alors que la ville était sous le joug de la reine automobile.

Lorsque l’on regarde le mur de l’ancien grossiste en quincaillerie George Hagar, on aperçoit cette ouverture surmontée d’un linteau de bois et qui liait probablement le commerce avec celui que l’on a démoli. De ce dernier on ne sait peu de choses, malheureusement. Par contre on peut voir du moellon, un matériau que l’on a utilisé jusqu’aux environs de 1830 auquel se mêle la brique commune, que l’on a commencé à utiliser vers 1850. Plus haut, enchâssées dans le même mur, se trouvent les silhouettes fantomatiques des anciens bâtiments qui se sont succédé, le plus vieux ayant vraisemblablement été une maison à deux étages surmontée d’un toit en pignon. Est-il possible qu’elle ait été construite alors que Montréal était encore une ville fortifiée? Ceci l’aurait cependant située tout juste à l’extérieur des murs. Par la suite, à la place de la maison, on a érigé ce qui semble avoir été un de ces magasin-entrepôts, modèle qui fut très populaire dans le Vieux-Montréal de la deuxième moitié du 19è siècle. Peut-être que dans dix ans ou vingt ans l’on construira là un nouvel édifice et que bien des années plus tard, possiblement en rénovant, on découvrira avec surprise, cette entrée-là tout en se posant bien des questions!

 
Le saviez-vous? La place d’Youville a été nommée en l’honneur de Ste-Marie-Marguerite d’Youville. Elle fut la fondatrice de la congrégation des Sœurs de la charité et que l’on a aussi connu sous le nom des sœurs Grises, que l’on associait au trafic de l’eau de vie qu’avait mené l'ancien époux de Marie-Marguerite, François d’Youville. Et, avant de devenir religieuse, Marie-Marguerite d'Youville s'appelait Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais, nom que l'on a donné à une école pour filles dans l'est de Montréal.