jeudi 13 juillet 2017

Morceau de Montréal: Les serres du parc Westmount


Situées dans le parc Westmount, à un jet de pierre du Victoria Hall, la première librairie publique au Québec, les serres ont été construites en 1927 selon les plans des architectes Lord et Burnham. Le Victoria Hall et les serres font parti de ces élégants bâtiments qui se trouvent dans le parc Westmount, lequel a été aménagé en 1892 par la ville de Westmount qui en avait acquis le terrain. Originalement de huit hectares, le parc en compte maintenant onze. 

Les serres ont toujours été un lieu de fierté pour les gens de cette ville mais malheureusement, avec le temps, la structure s'est affaiblie on a été dans l'obligation de les fermer. Une fermeture toujours en vigueur au moment d'écrire ces lignes. Après avoir soupesé la question la ville de Westmount a décidé d'effectuer des rénovations majeures plutôt que de simplement réparer les parties à risque. Les résidents sont évidemment déçus car les serres intérieures sont les seules dans ce secteur mais ils appuient la ville dans sa décision de prendre son temps et de dépenser judicieusement afin que les travaux soient bien faits. 




Le saviez-vous? L'aménagement initial du parc Westmount a été réalisé en 1912 par J. Howard Manning, lequel s'est largement inspiré des travaux paysagers de Frederick Law Olmsted à qui l'on doit le parc du mont Royal. 

samedi 11 février 2017

consilium

Ma mémoire peut me jouer un tour ou deux (ce n'est malheureusement pas infaillible ce truc) mais il me semble bien que j'ai pris cette photo dans l'église de St-Eustache. Attendez, je vais vérifier dans mes archives photo.

Yep.

C'est ça. L'église de St-Eustache, à St-Eustache tout juste en face des Habits St-Eustache.

On a vu ça dans les cours d'histoire au secondaire (mais pas beaucoup parce que le commerce de la poterie en Mésopotamie était tout aussi important que notre histoire. Enfin.). Alors vous vous souvenez? 

La bataille de St-Eustache? 

Les Patriotes? 

Bon, alors c'est cette église-là. En décembre 1837 des Patriotes s'y réfugient et dehors y'a le colonel John Colborne qui fait poivrer l'église de balles et d'obus. Puis, un peu tanné, il ordonne que l'église soit incendiée pour que les Patriotes en sortent. En tout et pour tout ce sont soixante-dix Patriotes qui meurent durant l'opération et tout l'intérieur de l'église, dont le toit, est complètement brûlé. Seule la structure extérieure a survécu. La reconstruction a été lente puisqu'elle s'est entièrement terminée en 1941.

Donc de l'intérieur j'ai pris en photo ce banc d'église avec un numéro dessus. Je ne suis pas très certain de l'utilité de la chose. Je sais par contre que dans le temps les bancs d'églises pouvaient être «loués» moyennant des sommes qui variaient. C'était une façon pour la Fabrique de faire des sous, en plus de la quête, des dîmes et des offrandes aussi. C'est peut-être pour ça les numéros. Peut-être pas aussi parce qu'il y a bien des églises qui n'en ont pas. Ce n'est pas très clair.




Le saviez-vous? L'extérieur de l'église porte encore les traces des éclats des nombreux projectiles tirés par les Britanniques. En voici deux que j'ai photographiés. 






dimanche 28 juin 2015

luminis obscura II

Comme pour la photo de nu j’aime bien aussi à l’occasion utiliser un clair-obscur profond pour certains sujets, comme par exemple de l’architecture. Ici, une bonne sous-exposition me permet de plonger cette maison du mile-end dans le noir total, ne laissant la lumière d’un ciel nuageux n’éclairer que la partie supérieure, créant ainsi un effet dramatique qui me plaît bien.

Il s’agit ici de maisons dans le Mile-End où l’on retrouve quantité de ces belles résidences assez cossues toutes de pierre de taille bâties dont les façades sont très différentes les unes des autres. Affublées de corniches élaborées, de tourelles, appareillages décoratifs de brique, carreaux ornementaux et autres éléments, ces maisons témoignaient en quelque sorte de la richesse de leurs propriétaires. La crise économique de 1929 en ébranlera plusieurs qui seront obligés de se départir de leurs maisons et migrer ailleurs, souvent dans les quartiers ouvriers pour y vivre dans des conditions de misère. Heureusement les nombreux développements urbains ont largement épargné ce secteur et c’est pourquoi nous pouvons encore aujourd’hui admirer ces belles résidences dont une grande quantité ont été restaurées à leurs apparences d’origine.



Le saviez-vous? Le nom de Mile End tire son origine d'un champ de course qui occupa au siècle dernier à peu près l'espace aujourd'hui compris entre le boulevard Saint-Joseph, la rue de Mentana, l'avenue du Mont-Royal et la rue Berri. Or, entre cette piste et la limite du Montréal d'alors, qui est à la hauteur de la rue Bagg actuelle, il y a exactement un mille, d'où le nom de Mile End ou « fin du mille». 

mercredi 27 mai 2015

exhedram


Vers la fin du 19è siècle le territoire de la ville de Montréal s’agrandit. Quantité d’anciennes terres agricoles se voient loties et des villages sont peu à peu annexés. Ces nouveaux territoires obligent l'archevêché de Montréal a redécouper des paroisses existantes et aussi en créer de nouvelles.

Un exemple probant est le scindement, en 1896, de la paroisse St-Vincent-de-Paul qui elle-même avait vu le jour en 1867 lors du fractionnement de la paroisse Notre-Dame. Ce faisant, on crée la toute nouvelle paroisse de St-Eusèbe-de-Verceil, nommée d’après l’évêque italien du IVè siècle, Eusebio di Vercelli de son vrai nom. On décide, quelques années plus tard, de faire ériger sur Fullum, tout au nord de la rue Larivière, une toute nouvelle église et on confie les plans à l’architecte Aristide Beaugrand-Champagne. Le chantier se met en branle en 1913 mais malheureusement, à peine le soubassement terminé que l’on doit cesser les travaux moins d’un an plus tard. C’est qu’en Europe vient d’éclater la Grande guerre et l’effort requis, tant de matériaux que de personnes, vient mettre un sérieux frein aux travaux et l’église. Au moins les célébrations peuvent être menées dans le soubassement. Il faut néanmoins attendre 1919 pour que les travaux reprennent, cette fois sous la gouverne de l’architecte Joseph-Henri Caron. En 1923 on termine l’installation du maître-autel ainsi que les décorations intérieures. Pour les vitraux, faudra attendre 1926.

Le style architectural choisi en est un Néo-roman, très élégant de surcroît, et qui fait fort usage, comme c’était coutume pour quantité de bâtiments de cette époque, de pierre de taille, parfois lisse et parfois bosselée. Ce que l’on aperçoit sur la photo d’aujourd’hui est un détail de la façade. Il s’agit de la statue centrale, l’une de trois, et qui orne le dessus du fronton. Enchâssé dans une petite alcôve, il s’agit d’une représentation de St-Eusèbe lui-même, coiffé de sa mitre et portant une crosse, laquelle symbolise sa fonction de pasteur. Lors de mon passage, tout récent, il était clair et ce dès le premier coup d’œil, que le bâtiment subissait les affres du temps et des éléments. Dans le clocher les abat-sons, de type persienne, étaient majoritairement manquants ou endommagés. Ces éléments servent surtout à empêcher la pluie et la neige d’entrer, de ventiler les charpentes et aussi à rediriger le bruit des cloches vers le sol. L’église sert encore et toujours de lieu de culte mais, tout comme durant la Première guerre, les célébrations ont lieu dans le soubassement pour des raisons économiques et de sécurité. Aux dernières nouvelles, bien que le bâtiment soit considéré comme d’intérêt patrimonial et architectural, il ne semble pas profiter d’un statut le protégeant.




Le saviez-vous? Il existe un champ d’étude spécifiquement dédié aux cloches, leur histoire, leur fabrication, leur usage ainsi que les répertoires musicaux utilisés, il s’agit de la campanologie. 

vendredi 22 mai 2015

dualitas


Il n’y a pas si longtemps de cela je vous parlais, dans un autre article, de l’intéressante dualité de style qui pouvait séparer deux maisons en rangée. Voici un autre bel exemple, croqué sur la rue Iberville, dans le quartier Hochelaga bien qu’il s’agisse ici non pas de maisons en rangée mais bien de maisons semi-détachées. Plus spacieuses que les maisons en rangée elles étaient souvent habitées par les gens un peu plus nantis que les familles ouvrières. Ces deux maisons pouvaient en loger quatre.

Dans la majorité des cas les maisons semi-détachées sont situées à l’encoignure des rues et possèdent des ouvertures sur trois côtés mais, comme c’est le cas-ici, elles pouvaient se retrouver dans une suite de maisons dont l’architecture et le style pouvait varier. Ces deux maisons sont les seules le long de la rue à avoir cette apparence mais comme les bâtiments de part et d’autre sont beaucoup plus récents il n’est pas impossible qu’il y en ait eu d’autres identiques.

On remarque incidemment la présence de toits dits en fausse-mansarde et visiblement recouverts d’ardoise, un style qui a connu son apogée vers 1885-90 mais qui a continué d’être utilisé jusqu’au milieu des années 30. Derrière, on peut présumer la présence d’un toit plat. Séparant les deux maisons, le mur coupe-feu, ici de taille modeste. On note également la présence de pignons surmontant les fenêtres et coiffés de paratonnerres. Quant à la brique, la partie de droite semble l’avoir eue plus dure que sa voisine. On y voit des réparations bien visibles dont des plaques de métal sans doute solidement ancrées afin d’éviter ce que l’on appelle un ventre-de-bœuf.



Le saviez-vous? Les tuiles d’asphalte ont une durée de vie estimée entre 15 et 20 ans alors que celles en ardoise peuvent facilement durer plus de cent ans. Le Québec en produit d’ailleurs d’excellente qualité. 

mardi 12 mai 2015

lateres


Les maisons ouvrières en rangées ont été très populaires à Montréal. Elles seraient apparues pour la première fois à Montréal vers 1834, sur le territoire de l’actuel Plateau alors que s’ouvraient les rues Coloniale, De Bullion et Cadieux (aujourd’hui Hôtel-de-Ville) et qui se trouvaient alors sur les terres de Jean-Marie Cadieux de Courville.

À cette époque le bois était encore le matériau de choix pour bâtir mais sitôt après le grand incendie de 1852, dont je vous ai parlé ici, la Ville de Montréal y va de règlements très stricts. C’est un règlement auquel on n’échappe pas. Les villages avoisinants ne sont pas soumis à cette règle mais le seront au fur et à mesure qu’ils seront annexés par Montréal au fil des ans. Heureusement la brique est bon marché, sa pose relativement rapide et sa durabilité est éprouvée.

Les maisons en série, donc, étaient généralement construites en même temps dans un plan d’ensemble dont l’apparence extérieure était identique. Elles étaient toutefois séparées les unes des autres par des murs coupe-feu. En contrepartie on se retrouve avec une maison solide qui, moyennant un bon entretient, peut durer pendant très longtemps. Par contre, pas trop de fioritures ni de luxe; façade dépouillées avec, pour seules coquetteries des arcades en brique au-dessus des fenêtres comme c’est le cas ici. Parfois les propriétaires se permettaient d’appliquer de la peinture de couleur qu’ils appliquaient directement sur la brique. On retrouvait ainsi des devantures blanches, vertes et de façon plus fréquente, rouges. Toutefois, comme on peut le voir ici, les goûts d’un propriétaire n’étaient pas toujours ceux du voisin.



Le saviez-vous? La brique est l’un des plus vieux matériaux de construction connu puisque son origine remonterait à 7000 ans avant J-C dans la région de l’actuelle Irak.  

lundi 4 mai 2015

cenet


Pas pu m’empêcher de photographier cette amusante particularité architecturale croisée tout à fait par hasard durant une promenade. Avec un peu d’imagination, ce dont je ne manque pas, on pourrait croire que l’immeuble surveille, avec un ennui évident, le voisinage ou encore y voir le visage d'un de ces fameux «minions». Cette propension à apercevoir des visages dans des choses inanimées à différents endroits s’appelle la paréidolie; du grec ancien παρά-, pará (« faux »), et εἴδωλον, eίdôlon (« simulacre, fantôme »), diminutif de εἶδος, eîdos (« apparence, forme »).

Quant à cette façade de bâtiment il serait toutefois difficile de croire que cette intéressante composition ne soit que le fruit du simple hasard. Quelqu'un s'est visiblement amusé. Par contre, dans un moment dérivatif, j’ai complètement oublié de noter l’endroit où se trouvait cette chose.


Le saviez-vous? Dans le film Mon Oncle Jacques, Jacques Tati donne à une maison des yeux presque vivants en laissant se promener aux fenêtres deux acteurs, donnant ainsi l’impression que l’immeuble «observe».  

mardi 28 avril 2015

turri


Tenez, voilà une petite coquetterie architecturale de Montréal que j’aime bien; la tourelle. Cette inspiration nous provient directement des châteaux-forts de l’époque médiévale quoique la variante moderne n’ait absolument rien à voir avec l’originale, bien entendu. 

Les tourelles sont apparues vers 1870, timidement d’abord et se sont multipliées par la suite pour connaître leur apogée vers 1885. Cet élément décoratif a été accompagné d’autres coquetteries architecturales comme les pignons et cheminées décoratives. Les tourelles comportaient des variantes intéressantes qui allaient, bien entendu, avec les moyens financiers desdits propriétaires. Certaines tourelles étaient assez grandes pour pouvoir y aménager une pièce avec fenêtres alors que d’autres ne faisaient que chapeauter le coin de la maison, comme c’est le cas ici.

Elles étaient majoritairement fabriquées en bois par des menuisiers puis recouvertes soit de fer blanc, d’ardoise ou possiblement un autre matériau. Les tourelles étaient ensuite peintes aux goûts des propriétaires, parfois de couleurs vives ou tout simplement en argent. Malheureusement il arrive encore trop souvent lors de rénovations que des tourelles soient carrément démolies car elles ne cadrent plus avec les nouvelles lignes architecturales, ce qui est bien dommage. Les tours et tourelles font partie intégrante de l’architecture des bâtiments où on les trouve. Les enlever n’est jamais recommandé parce que leur retrait créé non seulement une certaine confusion. Aussi, les nouveaux genres «à la mode» sont malheureusement trop souvent éphémères.




Le saviez-vous? Autrefois les tourelles étaient appelées «poivrières» et leur fonction était de permettre la surveillance des environs immédiats et une variante portait le nom d’échauguette.  

dimanche 19 avril 2015

ostium III


Magnifique entrée d’immeuble que celle-ci, dénichée dans l’ouest de la ville. L’architecture est très intéressante de par son apparence qui emprunte aux anciens châteaux d’Europe. Ici on semble avoir fait largement usage de pierre artificielle pour l’ensemble des composantes; des colonnes baguées à l’arc au-dessus de la porte qui semble un mélange intéressant d’arc en anse de panier et d’arc Tudor. Les bas-reliefs plus haut aussi qui eux semblent tirer sur l’architecture romane. Toutefois, cette pierre partage une caractéristique avec le calcaire soit celle de s’user au gré des éléments. Quant aux portes de bois aux vitres à motifs gravés et poignées de cuivre, elles assurent une durabilité et ajoutent une touche d’élégance certaine.

Le saviez-vous? Si les Chinois et les Égyptiens utilisaient des mortiers à base de chaux les Romains ont été les premiers, dès le 1er siècle, à utiliser des cendres volcaniques afin de permettre au ciment de «prendre» sous l’eau. La technique a été perdue pendant des centaines d’années avant d’être «redécouverte» à la fin du 18è siècle.

jeudi 16 avril 2015

tene laterem


Mur de brique d’une maison de style ouvrier, quelque part dans les joyeux méandres du mile-end où j’aime tant me perdre. On a affaire ici à un bâtiment vraisemblablement construit vers la fin du 19è siècle, ce qui est visible par la brique commune qui montre quelque peu son âge. Quelques réparations dans la maçonnerie sont cependant visibles et c’est bien normal. La vibration causée par le passage de véhicules est connu pour affecter la structure des bâtiments, tout comme les polluants atmosphériques et les côtés exposés au vent et au soleil sont bien entendu plus susceptibles d'être affectés. Dans d'autres cas c'est le sol lui-même qui peut être en cause. Les racines d'arbres, à proximité, peuvent se faire dessécher le sol majoritairement argileux qu'on retrouve partout en ville. Cet assèchement affecte par conséquent la stabilité. Toutefois, à l'époque où cette maison a été construite, l'utilisation d'éléments isolants n'était pas de rigueur ce qui pouvait affecter la structure.
 
Avant le grand incendie de 1852 il n'était pas obligatoire de construire des bâtiments avec de la brique, le bois était encore le matériau de choix, mais ce l'est devenu par la suite. L'interdiction d'utiliser le bois a d'abord touchée la ville elle-même mais pas les villages éparpillés sur l'île, ce qui a évidemment changé lorsque ces villages ont été successivement annexés à Montréal au fil des ans. La brique était peu coûteuse et se voulait une alternative à la pierre de taille, trop coûteuse pour plusieurs.

Il est intéressant ici de noter les lisses taillées directement dans la pierre, la même dont on se servait dans le temps pour fabriquer les bordures de trottoir. À l’étage inférieur on remarque des arcs en brique tout simples alors qu’à l’étage supérieur on a préféré utiliser des linteaux en pierre artificielle. Les cadres quant eux, s’ils sont fort probablement aujourd'hui’hui en aluminium, étaient autrefois en bois. Cette brique, comme je l'ai mentionné plus haut, est dite commune mais il s'en trouvait d'autres variétés, comme la brique vernissée par exemple. 



Le saviez-vous? Lors d’un voyage sur l’île de Montréal en 1611 Samuel de Champlain a presqu’immédiatement noté le potentiel du terrain pour fabriquer de la brique; «…quantité de prairies de très bonne terre grasse à potier tant pour bricque que pour bastir.»1


1 : Œuvres de Champlain, par l’abbé Charles-Honoré Laverdière. 

vendredi 10 avril 2015

verticalis II


Nous voilà très exactement au pied de l’édifice Lewis dans le Vieux-Montréal. C’est à l’angle des rues St-Jean et de l’Hôpital pour être diantrement plus précis (ou pour les ceuzes qui veulent aller voir de visu sur place). De par le soleil on peut tout de suite voir que j’ai pris cette photo dans l’avant-midi et j’ai fait un peu exprès de décentrer la photo pour donner davantage d’espace au côté éclairé.

Cette bâtisse-là a été construite en 1912 par la Lewis Building Company qui a ensuite loué les espaces à différents locataires, lesquels sont arrivés l’année suivante. On nage ici dans le style gothique néo-Tudor et on doit les plans à l’architecte Kenneth Guscotte Rea à qui l’on doit d’autres bâtiments dont l’usine de Coca-Cola sur Bellechasse, des banques ainsi que des résidences dans le Golden Square Mile, entre autres.

L’édifice compte dix étage, pas plus parce que c’est la limite qui est imposée par la ville de Montréal à l’époque. On va changer ça 1920 mais pour le moment c’est dix. Guscotte Rea va tout de même s’amuser à insérer des créatures grimaçantes ici et là ainsi que des gargouilles en haut complètement mais que l’on ne peut distinguer ici.

En 1912 le premier ministre du Canada est Robert Borden, le premier ministre du Québec Lomer Gouin et le maire de Montréal Louis-Arsène Lavallée. 1912 c’est évidemment l’année du terrible naufrage du Titanic en avril mais en juin ce sont le gens de Chicoutimi qui vivent un drame puisqu’un incendie dévastateur détruit la cathédrale, le séminaire, le château Saguenay et plusieurs maisons. Le fait français en prend aussi pour son rhume en 1912, d’abord au Manitoba où le territoire est agrandi mais Borden ne garantit aucun droit aux francophones de ce secteur. En Ontario le gouvernement de la province s’arrange pour que toutes les écoles soient sous la gouverne d’inspecteurs anglo-protestants en plus de n’autoriser qu’une seule heure de français par jour. En décembre le prince Arthur inaugure le nouveau bâtiment de l’Art Association of Montreal au 1379 de la rue Sherbrooke. L’œuvre des architectes Edward et William Maxwell deviendra plus tard le Musée des Beaux-Arts de Montréal.




Le saviez-vous? La devanture du musée devait être agrémentée de deux grands bas-reliefs mais qui n’ont pu jamais être installés puisque ceux-ci avaient été faits en Angleterre et embarqués à bord… du Titanic. Reposant toujours au fond de l’Atlantique les bas-reliefs actuels en sont de remplacement.  

samedi 14 mars 2015

portĭcus


Détail de la partie supérieure du portique de l’église du Sacré-Cœur, située sur la rue Ontario entre Plessis et Alexandre-de-Sève. Il s’agit d’une certaine quantité de photos que j’ai prises de cette église qui possède, comme bien d’autre, sa petite histoire et que je vais partager avec vous aujourd’hui.

Cette église-là a été construite en 1887 selon les plans de l’architecte Joseph Venne mais le soubassement, œuvre de l’architecte Adolphe Lévêque, existait depuis 1876. L’église se trouvait dans le faubourg Sainte-Marie, tout juste à côté du faubourg Saint-Jacques, lequel commençait deux rues à l’ouest. C’était le temps où la rue Alexandre-de-Sève portait le nom de Maisonneuve et que la rue Maisonneuve s’appelait Mignone, laquelle s’arrêtait à Saint-Urbain. La construction a fait appel à son lot d’artisans doués, lesquels ont certainement dû recevoir à plus d’une reprise la visite de monseigneur Fabre.

C’est aussi le temps où Montréal s’active, où ses industries commencent à prendre de plus en plus de vigueur. Depuis l’année précédente, de par la gare Dalhousie, les trains du Canadien Pacifique joignent maintenant la lointaine ville de Vancouver dans l’ouest canadien. La compagnie ferroviaire commence d’ailleurs projeter, discrètement, les plans de nouvelles installations pour des usines vastes et modernes, possiblement quelque part plus à l’est. D’ailleurs, l’ancien village d’Hochelaga, annexé à la Montréal depuis 1883 ne montre-t-il pas des signes d’une forte activité industrielle?

Entretemps, 3 avril 1922, un incendie se déclare dans l’église du Sacré-Coeur. Le sacristain, monsieur Joseph Lamarche, aperçoit les premiers signes et sonne immédiatement l’alarme. L’abbé Caumartin, vicaire de la paroisse est le premier à répondre et entre dans l’église de par le sacristie pour se rendre compte avec grand effroi que l’orgue au complet était en train de brûler, tel une grande torche dont les flammes tourbillonnaient autour des tuyaux pour s’élever jusqu’au plafond. Avec l’aide des abbés Deschênes, Gagnon et Léonard il sauve les Saintes-Espèces et les habits sacerdotaux.


En moins de cinq minutes une petite armée de pompiers se trouve sur place sous la direction du chef Marin et s’amorce dès lors un combat acharné. Le feu, on le voit bien, prend de l’ampleur et un vent violent active encore davantage l’élément destructeur. Pour le chef Marin il ne fait pas de doute qu’il faut des renforts et il sonne deux alarmes consécutives. Dès lors le chef Chevalier et le sous-chef St-Pierre prennent la relève des opérations. On compte par moins de quarante jets d’eau et il y a bon espoir de circonscrire l’incendie. Malheureusement on aperçoit le feu rejoindre le clocher qui se trouve près de la rue Plessis et bientôt de l’épaisse fumée se dégage du toit du corps principal de l’église. Puis le clocher tombe avec fracas sur le parterre qui donne sur la rue Ontario. Les pompiers commencent à craindre pour le presbytère et leurs efforts se concentrent sur le clocher qui se trouve à côté. Si ce dernier ne peut être sauvé on aura au moins réussi à faire s’épargner le presbytère. Un peu passé 18 :00 on a enfin maîtrisé le brasier mais les sapeurs restent sur place afin de continuer à arroser pendant toute la nuit. S’il y a une chose dont on est certain c’est que le bâtiment est une perte totale. À l’intérieur il ne reste que des tas de cendres et amas calcinés parmi lesquels figurent le grand orgue, les boiseries, les vitraux et quantité d’autres choses. Il faudra tout reconstruire.

Pour les paroissiens c’est là une catastrophe dont on se serait bien passé. Le curé Cousineau, loin de se baisser les bras, a relevé ses manches afin de pouvoir continuer à offrir les cérémonies et autres rituels. On ne s’explique toutefois pas la cause mais on soupçonne le moteur qui actionne les orgues. N’avait-il d’ailleurs pas pris feu au mois de décembre? Heureusement que l’on en avait eu connaissance à temps pour l’éteindre aussitôt à l’aide d’un extincteur.

La loi autorisant la reconstruction de l’église du Sacré-Cœur est alors sanctionnée par la ville de Montréal, alors sous la gouverne du maire Médéric Martin, où l’on mentionne, en préambule, 

«ATTENDU que le curé et les marguilliers de l'Œuvre et fabrique de la paroisse du Sacré-Cœur-de-Jésus, dans la cité de Montréal, ont, par leur pétition, représenté: Que le trois avril 1922, le feu a détruit entièrement l'église et la sacristie de cette paroisse; Qu'il est urgent, pour le bien de la paroisse, de reconstruire et de meubler au plus tôt, sur le terrain de la fabrique, l'église et la sacristie, en utilisant autant que possible les parties de murs, épargnées par le feu, de l'ancienne église et de la sacristie.»

Cette reconstruction délicate on la confie de nouveau à Joseph Venne, lequel réside dans ladite paroisse, mais ce dernier doit travailler avec certaines restrictions d’ordre monétaires. C’est que les pertes sont estimées à quelque chose qui frôle de demi-million et il en faudrait autant, sinon plus, pour tout refaire. L’ennui c’est que les assurances s’élèvent à un montant qui varie entre $175,000 et $180,000. Parmi les sacrifices architecturaux il y aura les clochers, que l’on ne reconstruira pas. Ces derniers demeureront plats.




Le saviez-vous? La façade actuelle de l’église fait partie des éléments architecturaux du bâtiment d’origine qui ont pu être sauvés. Toutefois, durant la reconstruction, d’importants travaux de consolidation ont été nécessaires. 

mercredi 11 mars 2015

ostium II


Il arrive souvent durant des promenades-photo que les opportunités se suivent rapidement. Dans ce temps-là j’omets trop souvent de prendre en note ce que je photographie et à quel endroit. Heureusement je connais bien ma ville et il ne me suffit, généralement, que de peu de temps pour replacer l’endroit en question. C’est le cas de cette magnifique porte d’église que j’ai pu rapidement retracer comme étant celle de l’église presbytérienne St-Luc, sise sur le boulevard Rosemont à l’angle de 17è avenue.

Le bâtiment est intéressant pour plusieurs raisons. D’abord il y a son année de construction; 1928, ce qui en fait une des plus anciennes églises du secteur puisque St-Brendan n’a été bâtie qu’un an plus tard. C’était l’époque où le boulevard Rosemont tel qu’on le connaît n’existait pas. Ce n’est que durant les années 60 que la voie est élargie et que l’on aménage le terre-plein.

Quant à l’église, pour y revenir, elle s’appelait à l’origine Kydd Memorial Presbyterian, tel qu’en témoigne une cartouche sur la devanture. Son architecture place l’entrée à gauche, directement sous le clocher et il y a aussi son extérieur entièrement composé de brique commune. S’y ajoutent une magnifique fenestration de style Tudor tant sur la façade que sur les côtés.





Le saviez-vous? L’origine du boulevard Rosemont remonte à 1707 afin de desservir les quelques trente terres agricoles que l’on retrouvait de çà et là de par la Côte de la Visitation. Ces terres avaient été concédées par les Sulpiciens, alors seigneurs de Montréal.  

lundi 23 février 2015

Église Nativité-de-la-Sainte-Vierge


Détail de la façade de l’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, cette fois du dessus de l’entrée principale. Comme je l’ai dit dans un article précédent consacré à l’entrée ouest, le bâtiment est l’œuvre des architectes Dalbé Viau et Joseph Venne qui ont opté pour le style romano-byzantin. On y voit un très bel amalgame de pierre de taille, essentiellement du calcaire extrait des carrières de Montréal, ainsi que de bois ouvré. La statue de la vierge, bien protégée sous sa coupole, vient du fait que l’église lui est entièrement consacrée.

Les dimensions de l’église ont de quoi impressionner et pour cause, le curé LePailleur avait demandé à Viau et Venne de doter l’église en devenir d’une contenance qui l’amènerait ultimement à devenir une cathédrale. Ça ne s’est jamais produit et l’église est demeurée une église, mais quelle église! En fait, elle a tout d’une cathédrale, sauf le nom.

La rue Dézéry, où se situe l’adresse civique de l’église, doit son nom à Jean-Baptiste Dézéry, lequel a donné le terrain au 19è siècle pour que l’on construise une chapelle. D’abord un bâtiment modeste appelé chapelle du Courant Ste-Marie ce n’est qu’en 1836 qu’elle devient la chapelle de la Nativité-de-la-Très-Sainte-Vierge. Un incendie la détruit complètement en 1921 et c’est à ce moment-là que sont entrepris les travaux de construction de l’église actuelle et qui se terminent en 1924. À peine trois ans plus tard, soit en janvier 1927, s'y déroulent les funérailles des 78 enfants qui ont péri dans le terrible incendie du Laurier Palace.


Aujourd'hui le bâtiment religieux a toujours clocher sur rue et se trouve classé comme immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle selon la juridiction municipale. Allez y faire un tour et prenez le temps d’en admirer toutes les subtilités architecturales qui risquent fort de vous étonner puisqu’il s’agit d’un art de bâtir parfaitement révolu. C’est également un magnifique témoignage du savoir-faire de nos artisans d’autrefois qui ne manquaient certainement pas de talent.



Le saviez-vous? Chaque clocher d’église à Montréal avait une sonorité et une harmonie qui lui étaient propres. Les oreilles attentives savaient différencier au son qu’elle était l’église dont les cloches sonnaient. La plus grosse cloche de l’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge pesait pas moins de 2,500 kilogrammes ou, si vous préférez, 5,500lb.   

jeudi 20 novembre 2014

Chapelle de la Miséricorde


Détail du portique ouest de l’église Nativité-de-la-Sainte-Vierge, situé sur la rue Ontario au coin de Dézéry. C’est la deuxième église à occuper cet emplacement; la première ayant été construite vers 1876. C’est que le 19 avril 1921 l’église originale a été incendiée presqu’au grand complet. C’était malheureusement le lot de bien des églises à l’époque. Faut dire aussi que les méthodes de prévention incendie étaient pas mal loin d’être ce qu’elles sont aujourd’hui. Et avec tous ces lampions, ne suffisait d’une simple négligence pour qu’arrive une catastrophe.   

On ne s’est pas démonté pour autant et on s’est relevé les manches pour reconstruire une nouvelle église. Et cette fois-là, on a confié les plans  aux architectes Joseph Venne et Dalbé Viau, deux bonhommes associés depuis 1912 et dont la réputation n’était plus à faire dans le domaine des bâtiments religieux. Le résultat est l’église que l’on peut toujours admirer aujourd’hui. 




Le saviez-vous? Il se trouve à l’intérieur une série de quatorze verrières consacrées à la Vierge. Elles ont toutes été réalisées par nul autre que l’artiste réputé Guido Nincheri dont la pierre tombale, au cimetière Notre-Dame-des-Neiges vaut le détour à elle seule.

dimanche 20 juillet 2014

La maison Saint-Gabriel


Arrière de la maison Saint-Gabriel à Pointe Saint-Charles, un endroit à découvrir si vous le l’avez pas encore fait. Il s’agit d’une belle demeure, toute en moellon et qui se trouve sur la Place Dublin. Elle est épaulée à l’est par le parc Le Ber et à l’ouest par le parc Marguerite-Bourgeoys. Ces toponymies ne sont pas étrangères à la maison; Le Ber fait honneur à la famille du même nom qui comptait Jacques, Jeanne la recluse ainsi que François qui a construit la maison en 1660. Marguerite Bourgeoys, a-t-on encore besoin de la présenter, est la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame. Marguerite acheta la maison Saint-Gabriel de Le Ber en 1668 afin de pouvoir y loger et éduquer les Filles du Roy jusqu’à ce qu’elles soient mariées, à la demande de l’intendant Jean Talon. 

Contrairement à certaines rumeurs, les Filles du Roy n'étaient pas des prostituées mais plutôt , dans la grande majorité des cas, des orphelines. Elles venaient de villes côtières comme La Rochelle, Dieppe ou Honfleur et dont la dot, d’environ 50 livres, était payée par le roi, en l’occurrence ici, le Roi-Soleil lui-même, Louis XIV. La maison n’est pas tout à fait celle d’origine puisqu’un incendie l’a presque entièrement détruit en 1693. On a tout de même prit soin quelques années plus tard de la reconstruire en utilisant les mêmes fondations. On peut aujourd'hui y faire une visite des plus intéressantes. 



Dites-donc, ça vous tenterais-tu de nous faire une faveur pis pas confondre la maison St-Gabriel avec la maison de ferme St-Gabriel des Sulpiciens? Pas la même affaire pantoute. Si on a conservé la maison St-Gabriel c’est l’cas de la maison de ferme St-Gabriel des Sulpiciens dont il ne reste pas grand-chose, comme genre un p’tit muret de pierre sur la rue Condé pis c’est à peu près toutte. 





jeudi 6 septembre 2012

palladis


Au début du 20è siècle les salles de bain avec douche ou baignoire dans les maisons étaient rares dans les quartiers ouvriers. Près du trois quart des résidences n’en ont pas. Pour la plupart des gens la toilette est dans la cour arrière, la fameuse back house, francisée sous le nom de bécosse. Pas de chasse d’eau là-dedans, juste de la chaux. Pour se laver c’est la cuve en fer blanc. Entre 1910 et 1930 la ville entreprend de construire des bains publics. Le bain Généreux, inauguré en 1927 par le maire Médéric Martin, fait partie de ceux-là. On doit les plans à Jean-Omer Marchand qui concocte un bâtiment très fonctionnel mais aussi très agréable à l’œil, surtout avec sa belle façade dont l’entrée est surmontée de cette belle tête en bas-relief.



Le saviez-vous? Le bain Généreux, tout comme le bain Mathieu, a été converti en espace culturel et abrite, depuis 1996, l’Éco Musée du Fier Monde. De ce fait, le secteur centre-sud a perdu au fil des ans pas moins de cinq bains publics; les bains Mathieu, Généreux, Hochelaga no.1, Hochelaga no.2 ainsi que Laviolette. Il ne reste que le bain Quintal et Maisonneuve. 

mardi 17 juillet 2012

tholus


Cette coupole, qu'on peut apperçevoir dans le lobby de l'ancien nouveau nouveau ancien Palais de Justice qui est aujourd'hui la Cour d'Appel. Le truc intéressant ici c'est que cette coupole ne donne pas pantoute sur l'extérieur.

mercredi 13 juin 2012

conventus


Au premier coup d'oeil on serait porté à croire que cette photo a été prise quelque part dans le Vieux-Montréal. En réalité il s'agit du Monastère du Bon Pasteur sur la rue sherbrooke un peu à l'est de Saint-Laurent. Très vieux bâtiment, il date de 1847 et construit selon des plans que l'on attribue à John Ostell à qui l'on doit aussi d'autres édifices religieux dont, entre autres, l'église Notre-Dame-de-Toutes-Grâces, Sainte-Anne (Griffintown) et le Grand Séminaire, sur la rue sherbrooke également.

lundi 14 mai 2012

oratorio


L'Oratoire Saint-Joseph pris tôt par un matin de juin. Je m'attendais à ce que la place soit déserte, surtout à l'heure où j'étais arrivé. Non seulement il y avait du monde mais aussi s'en trouvait-ils pour grimper les marches centrales à genoux.