vendredi 17 octobre 2014

Les maisons hantées de carnavals

Les maisons hantées de carnaval ont connues leurs plus belles années durant les années 60 et 70 alors que chaque parc d’attractions en avait au moins une. Pour les malchanceux et malchanceuses qui n’ont pas connu ces merveilleuses choses, et pour probablement rappeler de bons souvenirs aux autres, je vous propose aujourd’hui un article dans lequel j’explique l’ABC des maisons hantées de carnaval et comment tout ça fonctionnait.

On va commencer par le tout début et voir un peu en quoi consiste une maison hantée. Il s’agit tout simplement d’un parcours que les gens font au travers une maison, laquelle est truffée de squelettes, monstres, sorcières, goblins et autres créatures qui n’ont autre fonction que de vous faire faire dans votre froc.

Maintenant, ces maisons hantées se divisent en deux catégories distinctes; la première consiste en une structure dont le parcours se fait assis dans un petit charriot sur rail et qui suit son chemin de façon automatisée. Une fois parti ce dernier ne s’arrête que lorsqu’il ressort à la fin. Le Moulin de la sorcière, dont je parlais plus haut, était de ce type.

Le parcours intérieur se déroulait évidemment dans le noir le plus total et de changer subitement de direction, de monter ou descendre faisait évidemment partie du programme destiné à faire peur. Comme je le disais, le charriot ne s’arrêtait pas et comme les scènes d’épouvante n’étaient vues que pour un très court laps de temps nul besoin d’avoir des mises en scène élaborées. Généralement on utilisait des catins animatroniques affublés de masques en caoutchouc ou de vulgaires pantins de papier mâché barbouillés de peinture fluorescente. Des pierres tombales en styromousse, de la broche à poule et un hibou à dix dollars acheté dans un magasin de grande surface suffisaient. Tout dépendant du budget on pouvait aussi se procurer des appareillages d'épouvante mécanisés prêts à l'emploi. 






Pour produire un effet maximum sur la «clientèle» on misait sur l’effet de surprise créé par la bibitte en question qui surgissait subitement avec un éclairage subtil, animée par des contacts électriques sur les rails, et généralement accompagnée de sons stridents. Quelques secondes plus tard, une fois le charriot passé, elle regagnait son antre et tout redevenait noir. Le stratagème se répétait une dizaine de pieds plus loin avec une autre mise en scène. Pour offrir une variation sur le thème certaines maisons hantées simulaient, par exemple, un déraillement. Les gens voyaient l’endroit où le charriot se dirigeait et tout d’un coup il tournait brusquement dans un fracas, parfois en descendant une petite pente. Ça ne manquait jamais de causer quantité de cris de frayeur. Aussi, durant le trajet, on pouvait placer des portes de métal peinturées de noir mat, parfaitement invisibles, et conçues pour produire un vacarme de tous les diables.

Ces maisons hantées nécessitaient toutefois quantité de travaux d’entretien et aussi des réparations. Par exemple, il pouvait arriver qu’un contact électrique soit défectueux et qu’une mise en scène ne s’anime pas. Ça pouvait aussi être un charriot qui cahotait durant le trajet ou encore des lumières de sortie d’urgence brûlées. Quoiqu’il en soit, une fois les lumières allumées l’intérieur de la maison hantée ressemblait parfois à un chantier et n’avait rien de bien effrayant. Ici et là des fils électriques, des portes d’accès, des coffres s’outils, extincteurs et autres se retrouvaient un peu partout. Nul besoin de les dissimuler car les visiteurs, plongés dans le noir, ne les voyaient pas. Certaines maisons comportaient même un atelier sur place où l’on pouvait effectuer tous les travaux requis. Des passages «secrets» permettaient aux employés de suivre les charriots afin de s’assurer que des gens ne débarquent pas durant le trajet ou de venir en aide à ceux qui restaient coincés suite à une défectuosité.

L’extérieur de ces maisons était dichotomique; Les côtés et l’arrière, souvent inaccessibles au public, étaient bien ordinaires et n’avaient rien de bien particulier. Seule la devanture avait une apparence d’épouvante. Celles-ci étaient souvent très élaborées. Outre des mannequins animés il se trouvait des systèmes d’éclairages complexes, sonorisation d’usage et décoration appropriée. Voici d’ailleurs quelques exemples types :



 



Plusieurs de ces maisons hantées étaient fabriquées sur place, sur mesure selon des spécifications précises propres aux propriétaires des parcs. Si l’espace était restreint et aussi pour des raisons de budget, elles pouvaient aussi être achetées toutes faites et livrées clé-en-main. Un marché de maisons hantées usagées permettait aussi de faire des économies substantielles puisque l’on pouvait se les procurer pour une fraction du prix d’une neuve.

La deuxième catégorie de maisons hantées est celle du type que l’on visite à pied. Celle-là est foncièrement différente de la précédente pour plusieurs raisons et les entrailles, on s’en doute, étaient assez différentes. Dans ce modèle les gens avancaient à leur rythme et de ce fait les mises en scènes ne pouvaient être des agencements boboche barbouillés de peinture fluo car les gens les voyaient plus longuement. Pour ce faire deux options s’offraient; la première était de construire des mises en scène élaborées utilisant des mannequins convaincants ou encore de faire appel à des gens costumés. C’était le cas du House of Haunts à Gannanoque en Ontario. Toutefois, les employés étaient soumis à des codes de conduite très stricts. Un job de rêve? Voyons plutôt si c’était bien le cas.

D’abord les employés se voyaient confier des rôles bien définis et se devaient «de n’opérer» que dans les secteurs qui leurs étaient assignés. Il leur était également interdit de «sortir» du personnage et de fraterniser avec les visiteurs même si ce n’était pour dire qu’il faisait chaud sous le costume. Dans un même ordre d’idée les discussions entre employés étaient aussi interdites. Les costumes, même s’ils étaient fournis, étaient la responsabilité des employés quant au nettoyage. La lampe de poche, obligatoire, faisait partie intégrante de l’uniforme et ne devait être qu’utilisé qu’en cas d’urgence. Quant aux visiteurs, interdiction totale et formelle de leur toucher et ce, sous peine de renvoi. Aussi, comme ces maisons hantées opéraient selon des horaires précis les retards ne pouvaient être tolérés, pour des raisons évidentes.

L’autre aspect des coulisses est celui qui concerne la loi. Chaque maison hantée, peu importe son type, doit se conformer aux règlements municipaux en vigueur. Ça inclut les systèmes d’incendie, détecteurs de fumée, issues de secours clairement indiquées et avertissements clairs à la clientèle à risque; personnes avec des conditions cardiaques, sujettes aux crises de panique, agoraphobes et femmes enceintes.

Durant les années 60,70 et 80 il se trouvait deux de ces manèges à Montréal; la Maison Hantée du Parc Belmont, dont je vous ai déjà parlé ainsi que le Moulin de la Sorcière à La Ronde, tous deux de type à charriot. Ils ont chacun remporté un vif succès et les enfants se pressaient toujours pour aller y faire un tour. Ils n’existent plus ni l’un ni l’autre; le Parc Belmont a été fermé au début des années 80 et La Ronde a retiré le Moulin du site il y a de cela un certain temps. C’est un peu dommage dans le fond.

Aujourd’hui, et à moins que je ne me trompe, les maisons hantées les plus proches de Montréal se trouvent dans le secteur de Clifton Hill à Niagara Falls. Il se trouve là toute une petite brochette de ces attractions qui opèrent généralement toutes avec des employés costumés.









Le saviez-vous? Aux États-Unis on compte pas moins de 2,000 de ces établissements lesquels reçoivent en moyenne plus de 12 millions de visiteurs par an. Avec les billets d’entrée, évènements et marchandises diverses, l’industrie des attractions hantées est une affaire de plusieurs milliards de dollars.











mercredi 23 octobre 2013

Chilling Thrilling Sounds of the Haunted House

Lorsque j’étais galopin, que ce soit au parc Belmont, à La Ronde, sur le Boardwalk d’Atlantic City ou encore sur Clifton Hill à Niagara Fall, un détour dans les manèges hantés, qu’elles soient visitées dans un charriot ou à pied, étaient pour moi toujours de mise. Je dirai même plus: obligatoire. Ces attractions exerçaient sur moi une fascination certaine qui n’était pas sans inquiéter un tantinet mon entourage qui se demandait bien ce que je pouvais bien trouver d’intéressant dans les monstres, squelettes, spectres et autres apparitions ectoplasmiques. En fait, c’était surtout l’aspect purement théâtral à la sauce Disney qui me faisait me bidonner tel un larron en foire.

Dans toutes ces maisons, manoirs, antres et donjons de tous acabits il se trouvait tout un fourbi de trucs amusants qui allaient de ces bestioles bricolées et peinturlurées de couleurs fluorescentes aux décorations parfois rudimentaires en passant par des mises en scène lugubres judicieusement éclairées dont je me délectais. L’ensemble était aussi généralement enrobé d’effets sonores et accompagnements musicaux tout à fait dans le ton et il m’arrivait souvent de souhaiter retrouver ceux-ci sur un disque. Ainsi, que je me disais, je pourrais jouer dans ma chambre et transformer celle-ci, le temps de l’écoute, en pièce hantée. Et c’est ainsi que j’ai entrepris de collectionner les disques d’épouvante.


En 1964 le Manoir Hanté à Disneyland était bel et bien complété mais virtuellement vide à l’intérieur car on s’affairait, entre autres choses à préparer les attractions qui allaient être présentées au New York World’s Fair. On patinait aussi un peu sur l’histoire qui allait enrober cette fameuse maison hantée mais histoire de rappeler au gens qu’elle ouvrirait dans un avenir rapproché, Disneyland Records a lancé Chilling, Thrilling Sounds of the Haunted House la même année et lequel reposait sur un concept fort simple. D’un côté (Face A) on retrouvait des histoires d’épouvante narrées par Laura Olsher et saupoudrées d’effets sonores provenant de la collection Disney, laquelle avait été constituée tout au long des années lors de la production de films et de dessins animés tels Lonesome Ghosts réalisé en 1936. Sur l’autre côté du disque (Face B) les sons tels chats, tonnerre, craquements et autres se retrouvaient enregistrés séparément, de sorte que l’on pouvait à loisir les utiliser comme bon nous semblait afin de cuisiner de merveilleuses petites ambiances hantées au gré de notre fantaisie. La première version du disque fut celle avec la pochette blanche, suivie en 1973 par la pochette orange.

 

Le design de la pochette, comme on peut le voir sur l’image, était graphiquement assez simple mais tout de même efficace. On y trouvait un manoir lugubre dont une seule fenêtre à l’étage supérieur était éclairée d’une source mystérieuse, un arbre mort aux branches s’étendant au-delà de l’image, de nombreuses pierres tombales dispersées ici et là au travers de grandes herbes et éclairées par un éclair foudroyant. Il s’agissait d’une œuvre de l’artiste Paul Wenzel et dont l’original de 37 pouces par 39 fut vendu aux enchères en 2001 pour la somme de $3,000. Une troisième édition vit le jour, parfaitement identique aux deux précédentes au niveau du design et du contenu sauf pour l'addition d'un guide du parfait party d’Halloween imprimé sur les deux côtés de l’enveloppe de papier contenant le disque.



Personnellement je n’ai pas eu ces disques. Ce n’est que bien des années plus tard, grâce à la magie des brocantes que j’ai pu les obtenir. En fait, le premier disque qui a constitué le début de ma collection est la troisième disque portant le titre de Thrilling, Chilling Sounds of the Haunted House de Disney. Lancé en 1979 il se voulait davantage une nouvelle édition comprenant de nouveaux effets sonores ainsi que des histoires dénuées de narration et racontées par le simple biais des sons et de la musique ce qui explique la présence du mot «NEW» apparaissant en haut à gauche. Ceci amenait à imaginer et visualiser ce qui se passait plutôt que se le faire raconter. On pouvait entendre les créatures de la nuit, la maison hantée, le donjon, les sorcières, une rencontre imprévue dans le brouillard, le pilleur de tombe ainsi que le laboratoire du scientifique fou. Chaque écoute pouvait mener à des interprétations différentes.


La pochette, également signée Paul Wenzel, est aussi complètement différente. La maison de style manoir avait été remplacée par une autre tirant davantage sur le victorien mais Wenzel conserva tout de même la fenêtre éclairée à l’étage en prenant soin d’y rajouter une silhouette inquiétante. L’arbre mort était de retour mais cette fois agrémenté d’un corbeau. Se sont rajouté le chat qui feule sur une pierre tombale et un cimetière dont un locataire semble vouloir s’échapper. Mais on peut se demander, quelle sorte de propriétaire peut un bien agrémenter son parterre d’un cimetière? Un nain de jardin à la rigueur, un pneu de tracteur peinturé pour décorer le talus ça peut aller, mais un cimetière?? Ah, et il n’oublions pas l’indispensable éclair. 

 
Le recto quant à lui n’était pas en reste pour autant; arbre tout aussi mort, étranges filaments pendouillant aux branches, hibou, chauves-souris peu rassurantes et ce type, tout en bas, qui creuse une tombe. Fossoyeur ou pilleur de tombe? Peut-être vaudrait-il mieux ne pas le savoir. On y retrouvait aussi des citations de Poe, Dracula, Sherlock Holmes, Shakespeare ainsi que du docteur Frankenstein.

De certains disent que la version 1964 est supérieure à celle de 1979 alors que d’autres pensent le contraire. Les avis sont partagés et je crois que la nostalgie y joue pour beaucoup. Les deux versions sont tout de même d’excellente qualité et constituent d’excellentes sources d’ambiance à la sauce Halloween. 

Le saviez-vous? Selon David Keonig, un ancien employé de Disney qui a écrit Mouse Tales, il est un jour arrivé dans le Manoir Hanté une famille qui demanda un peu de temps extra durant le tour afin de tenir une très courte cérémonie à la mémoire d’un petit garçon de sept ans qui aimait particulièrement le Manoir. La permission fut accordée sauf que la coute cérémonie comportait une autre partie, cachée celle-là puisqu’il s’agissait de la dispersion au sol des cendres du petit garçon. Les employés s’en sont rendu compte et le manège fut arrêté le temps qu’on puisse nettoyer le tout, avec autre chose qu’un aspirateur, on préfère assumer. Par la suite plusieurs employés ont prétendu avoir aperçu le fantôme d’un petit garçon, errant dans le manoir.
 


mercredi 31 octobre 2012

Rationalité ectoplasmique - II

Dans le dernier article je vous parlais des infrasons et comment ceux-ci pouvaient provoquer tout un tas de symptômes chez les gens comme la peur, la panique, le malaise, l'angoisse et même faire apparaître des formes «fantomatiques» à la périphérie de la vision. Mais les infrasons à eux seuls ne peuvent pas expliquer tout. Parfois il arrive que des phénomènes étranges ne puissent pas être expliqués, mais alors là pas pantoute, par des infrasons.

Il y a cette vieille histoire, que j'ai lu il y a longtemps. Vers la fin des années 50 un couple fait l'acquisition d'une vieille maison dans l'ouest de Montréal. C'était une de ces magnifiques demeures toutes en pierre si caractéristique de la fin du 19è siècle. Elle avait fière allure avec sa tourelle en coin et sa cheminée. Elle n'avait subi que très peu de modifications au fil des ans. L'électricité y avait été bien sûr été installée et une grosse fournaise à l'huile dans la cave servait pour le chauffage.



La maison était bien belle mais avait besoin de quelques réparations ici et là, aussi avant d'aménager officiellement, le couple prend soin d'embaucher des entrepreneurs qui effectuent un certain nombre de menues réparations ici et là comme le toît, les fenêtres et la maçonnerie.

Le couple s'installe dans la maison juste avant l'automne et retiennent les services d'une domestique qui aidera à s'occuper des enfants. Ils ne sont pas dans la maison depuis bien longtemps que d'étranges phénomènes commençent à se manifester. Il y a d'abord ces bruits de pas dont la provenance est incertaine et curieuse puisque les corridors sont munis de longs tapis épais. Un soir l'épouse entend ces fameux pas à l'étage supérieur et décide d'aller voir. Elle monte rapidement l'escalier et entre dans la pièce qui se trouvait juste au-dessus pour se rendre compte que personne ne s'y trouve. La domestique est à la cuisine en-bas et avoue elle aussi avoir entendu ces fameux bruits de pas à plusieurs reprises.

Quelques jours plus tard monsieur et madame sont au salon bien tranquilles et voilà que leur fille aînée, âgée d'une dizaine d'années descend l'escalier. Elle dit à ses parents qu'il y a quelque chose dans la chambre, comme une ombre étrange qui se promène sur le plancher et qui semble vouloir se glisser dans le lit. Intrigué le père monte à l'étage afin de voir de quoi il en retourne. S'agirait-il d'un jeu de lumière provenant de l'extérieur? Malheureusement ce n'est pas le cas. Le père va voir dans la chambre de son autre fille, un peu plus jeune, et celle-ci affirme quant à elle entendre des bruits venant du grenier. La mère dit à ses filles qu'elles sont probablement encore chamboulées par le déménagement et le changement d'école et que tout va rentrer dans l'ordre.

Le père décide tout de même d'aller faire un tour au grenier. Il s'y rend avec une lampe de poche car il n'y a pas de lumière là-haut. Il a beau éclairer partout il n'y voit que les boîtes entreposées là et qui contiennent tout un tas d'objets. Un petit animal se serait-il introduit? Un oiseau ou un rongeur? il a beau regarder partout, incluant autour de l'oeil de boeuf, rien n'y fait. Il dit à son épouse que le jour suivant il installera quelques trappes à souris et vérifiera pour des traces d'excréments.

Le matin suivant au petit déjeuner tout le monde entend des bruits de pas à l'étage. Le père décide d'en avoir le coeur net et monte voir. Il est suivi de son épouse, de la domestique et des deux enfants. Chaque pièce est ouverte et visiblement il n'y a personne.

Le père quitte alors pour le travail et la dame se rend chez sa soeur alors que les filles se rendent à l'école. Seule la domestique reste pour y effectuer ses tâches. Le soir venu tous retrouvent la domestique dans tous ses états. Elle avoue avoir ressenti à plusieurs reprises un présence qui l'observait alors qu'elle lavait le plancher de la cuisine. Elle décrit aussi un sentiment d'opression. La domestique est en effet assez blême.



Au fil des jours qui suivent les phénomènes se poursuivent. Un soir monsieur est installé à la table de cuisine et, convaincu que son épouse, la domestique ou une de ses filles est derrière lui pour lui demander quelque chose il se retourne pour ne voir personne. Même ses nombreuses inspections dans le grenier ne donnent rien. Les trappes sont toujours là et n'ont pas été déclenchées. Il ne trouve pas non plus de traces d'excréments. Et sur la fine poussière du plancher du grenier il n'y a que ses propres traces à lui. Pourtant les filles affirment souvent entendre des bruits venant de là.

Quelques mois plus tard la famille ainsi que la domestique sont épuisés par tous ces phénomènes; bruits suspects, sensation d'opression, ombres mouvantes et étranges lueurs. Alors qu'ils sont au lit le couple entend un bruit inquiétant qui semble provenir de l'extérieur. Monsieur se lève et tasse le rideau pour ne rien apperçevoir du tout. La terrain devant la maison, tout comme la rue, est calme. Seul un monsieur passe avec son petit chien. S'il y aurait eu quelque chose, qu'il se dit, le chien aurait jappé, non? Et pourtant.

Le lendemain monsieur en profite pour annonçer que c'en est assez et qu'ils vont aller passer quelques jours à la campagne, histoire de se reposer. Il en profite pour donner un congé à la domestique, laquelle apprécie beaucoup. Leur séjour hors de la ville est magique. Tous dorment paisiblement et personne n'est incommodé d'aucune façon par quelquonques présences, bruits ou lueurs étranges. Mais dès le retour à la maison les phénomènes reprennent de plus belle. Chose curieuse ceux-ci s'aténuent automatiquement dès que l'on sort de la maison. Quelque chose se passe à l'intérieur, mais quoi?

Entretemps monsieur a embauché une nouvelle domestique qui n'a pas tardé après quelques jours à relater des expériences similaires à celle qui l'avait précédée. Durant la journée elle disait avoir la nette impression d'être suivie par une présence qu'elle n'arrivait jamais à identifier ni à voir. Un matin qu'elle passait l'aspirateur elle s'est même sentie prendre à la gorge par des mains invisibles. Elle raconte aussi cette grande femme habillée de noir qui a traversé le corridor à l'étage pour entrer dans la salle de jeu des enfants mais quand elle y est allée la pièce était vide. Elle dit avoir été prise de malaise, de nausées et de sensation de vertige, symptômes que les autres membres de la famille avaient aussi ressenti à plusieurs reprises.

Une nuit toute la maisonnée est brutalement réveillée par un hurlement. C'est la domestique. Monsieur se lève et, accompagné de son épouse, se rend aussitôt dans la chambre de la pauvre femme laquelle est assise dans son lit, le visage blanc de frayeur. Elle dit s'être réveillée soudainement et avoir vu un monsieur âgé qui se tenait debout au pied de son lit et qui la regardait sans broncher. Trop terrifiée elle est restée sous les couvertures et s'est assise brusquement lorsqu'elle a senti un main lui toucher l'épaule. C'est à ce moment qu'elle a crié.

Les phénomènes ne cessent pas, au contraire et un jour monsieur se rend à l'église de la paroisse pour en parler avec le prêtre. Intrigué ce dernier accepte d'aller faire un tour dans la maison. Sur place il en profite pour bénir chaque pièce de la maison sous le regard attentif de la famile et de la domestique. Mais le soir venu des bruits surgissent au grenier, comme si des gens déplacaient de lourdes charges. Monsieur monte rapidement mais quand il ouvre la porte il ne trouve rien sinon les boîtes qui n'ont pas changé de place ainsi que les trappes qui attendent toujours des rongeurs qui ne se manifestent visiblement pas.

Quelques jours plus tard monsieur est dehors et discute avec un voisin à propos de ce qui se passe chez-lui. Le voisin, qui habite la maison d'à côté depuis une vingtaine d'années affirme n'avoir jamais fait l'expérience de phénomènes étranges chez-lui mais que les gens qui habitaient la maison de monsieur avant en avaient souvent parlé. C'était une des raisons qui les avaient poussé à s'en aller. Monsieur décide donc de les contacter afin d'en savoir plus et découvre avec stupéfaction qu'ils avaient vécu les mêmes expériences. Ils n'avaient pas parlé d'histoires de fantômes car ils avaient eu peur de passer pour des fous.

Est-ce que la maison aurait été le théatre d'un crime sordide? Aurait-elle été construite là où il se serait passé quelque chose d'horrible? Un ancien cimetière peut-être? Malgré les recherches rien ne put confirmer de telles choses. Monsieur considérait lui-même vendre la maison car toutes ces nuits agitées étaient en train de saper la santé de toute la famille. Et c'était là quelque chose d'indéniable: toute la famille incluant la domestique étaient témoins de tous ces phénomènes.

Un soir monsieur entend un bruit soudain dans la cave, il ouvre la porte y menant et allume la lumière. En descendant l'escalier il est pris de vertige et se sent mal au point où il considère ne pas descendre jusqu'en bas. Pourtant il lui faut bien vérifier. En-bas il s'apperçoit qu'il commence à tituber et qu'il ressent une main invisible lui serrer la gorge. Pris de panique, il remonte. Son épouse le trouve afalé sur une chaise de la salle à manger, le teint pâle et livide. Pour l'épouse cette fois est de trop. Elle contacte le médecin de famille et lui raconte l'état dans lequel se trouve son mari. Ce dernier arrive et après un examen sommaire conclut que monsieur est empoisoné au monoxide de carbone. Le médecin demande à la dame s'il se trouve un appareil à combustion dans la maison. La dame lui dit que le poêle est électrique mais la fournaise dans la cave fonctionne à l'huile. Il recommande alors de la faire vérifier par un réparateur car il est possible qu'il émane de cette fournaise une certaine quantité de monoxide de carbone.



Monsieur et madame sont quelque peu perplexes. Se pourrait-il que tous ces phénomènes étranges puissent être dûs à une simple exposition au CO²? Et le couple entreprend d'expliquer au médecin tout ce qu'ils ont vécu depuis qu'ils ont aménagé dans cette maison.

Tout ce que vous ressentez depuis que vous êtes ici, leur dit-il, est fort probablement dû à une trop grande présence de monoxide de carbone, un gaz inodore et incolore dont l'exposition provoque toute une série de symptômes qui s'apparentent fort bien à tout ce que vous avez pu attribuer à l'inexpliquable.

Le lendemain un réparateur se pointe avec son coffre à outils et descend dans la cave, suivi de monsieur qui est, on peut le deviner, très curieux. Puis le type se met au travail. Après avoir fait le tour de la fournaise il regarde monsieur et lui dit que sa famille et lui ont dû en avoir des maux de tête... Devant le regard un peu perplexe de monsieur le réparateur affirme que la fournaise n'a pas été entretenue adéquatement et ce, depuis un bon bout de temps. Elle fuit à quelques endroits et libère une certaine quantité de monoxide de carbone partout dans la maison alors, rajoute t-il, si vous avez eu des migraines et autres trucs du genre ne cherchez pas plus loin. 

Une fois le travail terminé il remet sa facture et s'en va et recommande d'ouvrir un peu partout afin de bien faire aérer. Comme par miracle tous les phénomènes ont cessé brusquement, permettant à la famille de reprendre une vite normale.

Des fantômes? Surtout pas!

Cette histoire de monoxide de carbone, comme celle des infrasons, nous met en face de deux phénomènes tout à fait naturels mais qui tous les deux sont parfaitement invisibles et inodores mais qui peuvent certainement provoquer toute une floppée de symptômes que les plus imaginatifs attribueront probablement de nouveau aux fantômes mais qui pourront, encore une fois, être résolus en appelant ce gars-là:

samedi 27 octobre 2012

Rationalité ectoplasmique

Des histoires de fantômes au Québec, en voulez-vous en v'la. Presque chaque famille possède son petit lot de faits étranges et (supposément( inexpliqués. Du fantôme de matante Georgette qui se berce dans sa chaise de cuisine à papi Gédéon qui marche dans le grenier toute la nuit, aux sensations de malaise dans la cave près de la fournaise parce que supposément il se serait un jour/une nuit passé des choses... étraaaanges. Il y a fort à parier que vous ayez déjà entendu des histoires de ce genre à un moment ou un autre, et chose certaine, beaucoup de gens croient dur comme fer à ces phénomènes. Beaucoup!

Toutefois, lorsque l'on y regarde de plus près, et en faisant preuve d'un peu de jugement rationnel, on se rend compte qu'il se trouve derrière ces phénomènes des explications logiques qui n'ont rien d'ésotérique. On aime ça se faire des peurs, que voulez-vous? D'ailleurs, pourquoi pensez-vous que ces histoires sont presque toujours racontées le soir ou à la lueur d'un feu de camp?


Au Québec nous avons notre petit lot de fantômes célèbres, comme celui de la Corriveau, cette femme accusée du meurtre de son deuxième mari et qui fut condamnée à la pendaison par une cour martiale britannique. Suite à sa pendaison sur les Buutes-à-Nepveu (sensiblement à l'endroit où se trouve l'actuel Assemblée Nationale), le corps a été déposé dans une cage en fer au vu et au su de tout le monde et exposé à Pointe-Lévy, à l'intersection la rue Saint-Joseph et le Boulevard de l'Entente pendant cinq semaines. Après quoi le corps fut tout simplement enterré.

Au fil du temps on a tellement exagéré et amplifié cette histoire que non seulement le nombre de victimes s'est vu multiplié mais c'était rendu que le squelette de la Corriveau, toujours dans sa cage, courait après le monde, toujours dans sa cage. 

Et puis comment elle fait pour courir avec les deux pieds dans la cage?

C'est de la foutaise, bien entendu. D'abord cinq semaines n'est pas assez pour qu'un corps se décompose au point de ne plus être qu'un squelette, même si exposé aux quatre vents. Et si l'on poussait un peu, lorsque les tissus disparaissent, les os se disloquent et la Corriveau se serait ramassée en morceaux au pied du gibet. Pas exactement facile de courir après le monde amanché comme ça, surtout si l'on considère à quoi ressemblait effectivement la cage en question:

Je ne sais pas pour vous mais ça ne semble pas trop flexible pour courir ce machin...

La légende Mary Gallagher est très populaire aussi. Vous vous en souvenez sûrement, il s'agit de cette femme aux mœurs légères qui fut assassinée à Griffintown en 1879 (dont j'ai parlé ici) et dont le fantôme se promènerait aux alentours des lieux du crime tous les sept ans, recherchant supposément sa tête. Je me suis rendu à plusieurs reprises sur les lieux en question et je vous avoue en toute sincérité n'avoir jamais aperçu quoi que ce soit d'anormal, le terrain ou se trouvait la maison étant aujourd'hui un banal stationnement. Et puis je me demande bien pourquoi la Gallagher chercherait sa tête puisque celle dernière a été enterrée avec le reste de son corps au cimetière Notre-Dame-des-Neiges (dans une section non-consacrée parce qu'elle était une prostituée).

Pensons aussi à la légende du pont de Québec dont l'effondrement avait été attribué dans un conte à un personnage diabolique qui avait exigé l'âme du premier passeur du pont, quand dans le fond ce n'était dû qu'aux ingénieurs qui avaient calculé leurs affaires tout croche.

Et pourquoi pas un p'tit mot sur la fameuse tour hantée de Trafalgar sur le mont Royal. Pendant des années quantité de gens étaient parfaitement convaincus qu'ils s'agissait d'une véritable histoire, qu'un couple y avait été assassiné et que leurs fantômes terrorisaient les gens qui s'aventuraient alors que dans le fond il ne s'agissait que d'un conte inventé de toute pièce.

 Aujourd'hui cette petite tour décorative n'existe plus et il s'y trouve la cour arrière d'une maison où il ne se passe rien de surnaturel...

Pourtant il existe bel et bien des témoignages on ne peut plus sérieux de personnes qui ont rapporté, par exemple, avoir ressenti des sensations de crainte, d'oppression et d'angoisse profonde à certains endroits bien spécifiques. Il suffit d'y rajouter d'une pincée de présomption, d'un soupçon d'imagination et qu'on laisse couvrir à feu doux pour que l'on obtienne quelquonques explications surnaturelles. Et des légendes urbaines aussi.

Avant toute chose je crois qu'il serait approprié d'établir qu'ici, au Studio Pluche, la croyance envers les spectres, fantômes et autres apparitions ectoplasmiques est à peu près nulle et il est peu probable que le numéro de téléphone 555-2368 soit composé.  

Passons maintenant aux choses sérieuses, si vous le voulez bien. 

Présentement autour de vous, au moment où vous lisez ceci, il y a probablement du bruit. Je ne sais pas; des autos qui passent, la musique d'un poste de radio, des conversations, un chien qui jappe, un chat coincé dans un tuba, la voix nasillarde et terriblement désagréable d'une caissière de supermarché qui appelle un emballeur dans le haut-parleur, bref.

Tout ce que vous entendez via vos deux oreilles est composé de fréquences et mesuré hertz ou Hz, unité de mesure des fréquences (attention, je ne parles pas de volume, qui est lui mesuré en décibels, prière de ne pas confondre). Plus le nombre de hertz est élevé, plus le son vibre rapidement. A 1000 Hz vous devenez un megahertz et à 1000 megahertz vous devenez un gigahertz, unité de mesure dont on se sert fréquemment en informatique.


Les ondes sonores, donc composées de différentes fréquences, sont perçues différemment par les êtres vivants. Les humains dont vous faites partie (enfin je l'espère) peuvent entendre une gamme qui s'étend (approximativement) de 16 Hz jusqu'à 20,000 Hz. Le chien quant à lui peut entendre jusqu'à 40 000 Hz. C'est pour ça que quand vous sifflez dans un sifflet à chiens vous n'entendez rien mais que pitou, lui, est tout excité. Le dauphin peut entendre jusqu'à 80 000 Hz et la chauve-souris jusqu'à 100 000 Hz.

Nous avons défini que la gamme des fréquences perçues par l'être humain (16~20 000 Hz) fait partie de ce que nous appelons les sons. Au-delà de 20 000 Hz les fréquences deviennent des ultrasons.

Je sais, vous allez me de demander c'est quoi le lien entre les sons et les lieux «hantés».

Hé hé.

Le début du vingtième siècle, on le sait, a été très fertile en expériences de toutes sortes. Elles pouvaient être farfelues, idiotes, dangereuses ou carrément étranges. Bon nombre d'entres elles ont tout de même conduit à des découvertes assez étonnantes. C'est le cas des infrasons.

De quossé?

Les infrasons. C'est-à-dire la gamme des sons en bas de 16 Hz et qui sont parfaitement inaudibles par l'oreille humaine. Des scientifiques ont découvert que les infrasons pouvaient être captés par les oreilles sans toutefois être «entendues» comme tel mais avec des conséquences, comment dire, intéressantes.

 Vladimir Gavreau.

Retrouvons-nous maintenant en 1957 dans le laboratoire d'électro-acoustique du docteur Vladimir Gavreau à Marseille. Un des assistants du docteur se mit un jour à saigner des oreilles. Curieux, Gavreau se mit à faire quelques recherches afin de savoir ce qui pouvait bien causer ce désagrément. Après avoir écarté certains goûts musicaux douteux il trouva que des vibrations causées par des tuyaux d'une certaine longueur et circonférence (...) pouvaient causer des effets qui allaient de déplaisants à carrément douloureux. Des études plus poussées ont permis d'établir que les sons entre 7 et 19 Hz pouvaient déclencher des sentiments d'angoisse, de crainte et même de panique. Ce qui est autant plus intéressant dans tout ça c'est que la nature elle-même produit énormément d'infrasons; les volcans, le tonnerre, des vagues massives... 

Il y a de celà quelques années des chercheurs du Riverbanks Zoological Park à Columbia en Caroline du Sud ont enregistré des vocalisations de tigres pour ensuite les analyser. Et devinez ce qu'ils ont trouvés: les tigres pouvaient facilement produire des sons à... 18 Hz, dont nous avons vu les effets plus haut. Un des chercheurs a conclu que le rugissement d'un tigre pouvait saisir et paralyser un être humain (ce qui facilite grandement la capture et la dégustation).

Et les maisons hantées dans tout ça?!?!

Eh bien voilà. Des infrasons, tout simplement. Voilà un phénomène entièrement naturel, tout à fait invisible, parfaitement imperceptible, qui peut à tout hasard vous foutre la grand-mère de toutes les trouilles, vous enlève toute joie de vivre et qui vous donne l'envie de vous enfuir à toute vitesse.

Mais qu'en est-il des fameuses «apparitions»?

Eh bien voilà. Il y a de celà quelques années un ingénieur britannique du nom de Vic Tandy travaillait pour une firme qui fabriquait de l'équipement médical. Ce n'était pas très grand, quelque chose comme 30 pieds par 10 pieds. Puis est venu ce moment où les gens qui travaillaient dans ce labo ont commençé à ressentir des sensations d'opression, d'inconfortet aussi cette étrange impression d'être «surveillé». Tandy en fut même témoin. Un soir il appercut même une forme grise qui se déplaçait à la périphérie de sa vision. La forme resta muette. Tandy affirma qu'il fut soudain prit de frissons et qu'il devint carrément terrifié. Quand il se retourna pour voir la forme elle disparut. Le niveau d'inconfort continua de plus belle sans que l'on ne puisse expliquer pourquoi.

 Vic Tandy.

Un soir Tandy était en train d'ajuster une épée d'escrime (après les heures de travail on assume) dont il avait besoin pour une compétition. Il avait placé celle-ci dans un étau et nota que l'extrémité de la lame vibrait comme ça sans raison apparente. Il a eu la chienne, évidemment. Toutefois, étant ingénieur, il a décidé d'utiliser son esprit rationnel pour tenter de comprendre ce phénomène.

Si la lame vibrait c'est qu'elle recevait de l'énergie qui devait varier en intensité à une fréquence identique à la fréquence résonnante de la lame. Après une expérience il se rendit compte que le centre de la pièce était soumis à une fréquence faible d'ondes stationnaires.

Huh?

Les sons que l'on entend sont en réalité des variations dans la pression de l'air autour de nous. On représente graphiquement celles-ci sous forme de ligne sinueuse sur un écran. si vous parlez à quelqu'un, par exemple, les ondes de votre voix se propagent jusqu'à l'oreille de votre interlocuteur (la théorie semble toutefois s'effondrer quand une femme parle à son conjoint). Autre exemple, il vous est probablement arrivé en montagne de crier quelque chose très fort pour ensuite le réentendre une seconde ou deux plus tard sous forme d'écho. L'onde de votre cri a voyagé, a rencontré des obstacles et est revenue vers vous.

 Graphique d'une onde sonore.

C'est un peu ce qui s'est passé dans le labo de Tandy; on s'est rendu compte que l'onde qui faisait vibrer la lame de l'épée était d'une fréquence qui faisait qu'elle était parfaitement réfléchie par les murs et revenait au centre sans ne pouvoir aller nulle part. Mais qu'elle était cette fréquence?

C'est ici que les mathématiques et la logique font fuir les fantômes de terreur:

f = v/λ où λ = 2xl (et pouf!)

À savoir:

f = fréquence du son
v = vélocité du son (soit 1,139 pieds par seconde)
λ = onde sonore (lx2=60 pieds)
l = longueur de la pièce (30 pieds)

Nous obtenons ceci: f = 1,139 / 60 = 18.98 Hz (avec une variation de ±10% si on tient compte de facteurs comme la température ambiante et la pression de l'air.

18,98 Hz.

Vous vous souvenez des expériences du docteur Gavreau et de celles avec les tigres?

Uh uh.

Mais alors, qu'est-ce qui causait cette foutue fréquence dans le labo de Tandy? La réponse vint rapidement et fut plus simple et stupide qu'on aurait pu le croire. Le chef d'équipe avait tout simplement installé un nouveau ventilateur dans le labo pour aspirer l'air à l'extérieur. Le son qu'elle produisait quand elle fonctionnait émettait justement une onde sonore stationnaire qui créait tous les malaises dans le labo. Quand le ventilateur fut éteint toutes les impressions d'angoisse, de peur et de panique disparurent comme par enchantement. Tout comme les «visions», essentiellement dûes elle aussi à la fréquence de 18.98 Hz puisque l'on a prouvé dans une autre expérience que des vibrations entre 12 et 27 Hz affectaient principalement les mains, la bouche et surtout les yeux. La NASA s'y est penché et la conclusion fut qu'une vibration de l'ordre de 18 Hz de la membrane oculaire (l'oeil) pouvait effectivement donner l'impression de voir des formes «fantômatiques» en coin de l'oeil, ce qu'avait justement perçu Tandy.

Tiens donc.

Le bonhomme voulu tester cette théorie dans un cellier datant du 14è siècle au 38/39 Bayley Lane à Coventry. La légende locale voulait que le cellier soit hanté et que bon nombre de ceux qui y entraient figeaient sur place, apercevaient des formes spectrales grises et se devaient de quitter rapidement, soudain pris de nausées. Tandy utilisa de nombreux appareils; un mesureur d'ondes sonores Bruel & Kjaer type 2209, un microphone pouvant enregistrer jusqu'à 1 Hz, un analyseur Zonic AND type 3525 Dual Channel FFT (pour les curieux de la technique) et prit plusieurs mesures afin d'avoir un bon échantillonnage des fréquences.

Incidemment, la forme du cellier, le corridor y menant et les vibrations des usines se trouvant à proximité se conjuguaient tous pour faire du cellier une chambre de résonnance parfaite et la fréquence enregistrée à l'endroit où les gens ressentaient toujours des sensations de malaise, d'angoisse et de peur était de... 18.9 Hz.

Dun dun dun DUN!!!

Les effets des infrasons ont même été sérieusement étudié par l'armée américaine durant la guerre du Viet-Nam et par les Allemands durant le seconde guerre. D'ailleurs le sujet avait été abordé par Leslie E. Neilson dans son livre German Research in World War II et qui servit d'inspiration à Hergé pour l'album L'affaire Tournesol.

L'oeil attentif aura aussi remarqué une autre inspiration pour Hergé: la fusée de l'album Objectif Lune (oy!),

Cette image vous sera familière si vous avez lu L'Affaire Tournesol.

Alors si vous avez le goût de foutre la trouille à vos invités vous savez quoi faire; il ne vous suffit que d'installer chez-vous un générateur d'infrasons. Et si vous vous demandez à quoi peut bien ressembler une telle machine vous n'avez qu'à visiter une église et ça va vous sauter aux yeux.

Ta-daaaaam! 

Il se trouve tout simplement que les tuyaux d'orgues sont généralement très bien conçus pour générer ces fameux infrasons en bas de 20 Hz causant toutes ces impressions étranges que les gens ont dans les églises. Ils ont fait l'expérience en Angleterre.

Alors voilà, la prochaine fois que vous entendrez des sons étranges, appercevrez des formes bizarres et sentirez des sensations d'angoisse, de crainte et de peur, au lieu d'appeler un exorciste de carnaval ou encore Ghostbusters, appelez donc ce gars-là:







Le saviez-vous? Une des plus anciennes histoires de fantômes nous vient de Pline le jeune, un Romain, qui décrit une maison hantée par un fantôme enchaîné, d'où la représentation classique qui va nous perdurer dans les contes classiques et jusqu'à aujourd'hui.  



mardi 25 octobre 2011

Spécial Halloween: House of Haunts

Il y a environ trente ans de cela on a décidé comme ça d'aller se taper une escapade en Ontario afin d'aller voir cette fameuse trappe à touristes que sont les fameuses chutes du Niagara ainsi que la tour du CN à Toronto, puisque c'était sur le chemin. Tout le long du trajet, principalement sur la 401, il y a tout un chapelet de petites villes et villages, certains plus pittoresques que d'autres et où l'on arrête de temps en temps pour pisser et se dégourdir les jambes. Un de ces endroits était Gananoque.

Vous connaissez Gananoque? 

C'est une petite ville qui borde la rive nord du St-Laurent, un peu à l'est de Kingston. Nous y sommes arrivés vers la fin de l'après-midi et l'on avait prévu d'y passer la nuit pour reprendre la route le lendemain. Je ne me souviens plus du nom du motel mais il était figé dans le temps, surtout pour la décoration intérieure des chambres, lesquelles ressemblaient à des cartes postales des années 60. C'est d'ailleurs dans c'te motel que j'ai essayé pour la première fois un lit vibrant. Il y avait sur la commode un petit machin qui ressemblait à un parcomètre et où il fallait y glisser cinquante sous, après quoi le lit vibrait pour environ cinq minutes. Après la longue route j'estimais que j'avais mérité un p'tit luxe. Le machin-truc promettait de la relaxation. J'ai été quitte pour un hoquet.

Le lendemain, finalement débarrassé de mon hoquet, on a découvert que Gananoque offrait des attractions intéressantes et que ce serait possiblement intéressant de regarder ça. Il y avait une marina où l'on pouvait s'embarquer sur un bateau pour faire un tour sur les Mille-îles avec un arrêt en bonus au chateau Boldt,de l'autre côté des lignes, dans l'État de New York. Faut que j'avoue que j'ai bien aimé ce tour. Assez impressionnant de voir ces grosses bicoques sur leurs îles avec leurs garages pour bateaux.

Mais ce qui a davantage attiré mon attention à Gananoque, ainsi que mon grand intérêt, était davantage cet étrange bâtiment situé sur Water street et qui portait le nom assez évocateur de House of Haunts. Il s'agissait là d'une maison hantée du type que l'on visite à pied. Pas besoin de dire que je me suis pas fait prier. 

L'endroit du lieu. 

On entrait dans cette maison hantée par la porte de devant que l'on voit sur la photo. Tout de suite en entrant il y avait la billetterie à gauche. Puis, on commençait la visite par la droite. Dans chaque pièce se trouvait un diorama, certains animés par des gens costumés alors que pour d'autres il s'agissait de mannequins rudimentaires. Toutefois, l'on ne pouvait passer au travers les pièces comme ça car il fallait rester dans chaque pièce le temps que le diorama se mette en action. Une fois terminé une lumière rouge nous indiquait quand passer dans la pièce suivante. Je dois avouer que c'était quand même assez bien fichu comme maison hantée. Le décor était assez typique; victorien avec des touches de violet et de noir. Beaucoup de noir. L'éclairage était juste à point et mettait en valeur chaque diorama. Le parcours nous faisait monter au deuxième puis on descendait un escalier qui nous menait à la sortie, laquelle aboutissait dans la boutique de souvenirs que l'on voit à droite sur la photo. 

Aujourd'hui House of Haunts n'existe plus et pour être parfaitement honnête je n'ai absolument aucune idée quand ils ont fermé cette attraction. Ça m'a un peu déçu par que j'y serais bien retourné moi dans cette maison hantée. Le bâtiment a été complètement rénové et reconverti en centre maritime (je crois). La boutique souvenir par contre est toujours là et semble toujours faire des bonnes affaires.

Le House of Haunts tel qu'il est aujourd'hui. Triste. 





Le saviez-vous? Gananoque tient son nom d'un mot Autochtone qui veut dire "ville des deux rivières", soit le St-Laurent et la rivière Gananoque.

samedi 15 octobre 2011

Spécial Halloween: la maison hantée du Parc Belmont

Vous vous souvenez du Parc Belmont? Des montagnes russes? De la femme qui rit? De la souris folle? De l'autoroute? Alors vous vous souviendrez de la maison hantée. 

Cette maison hantée était de type "dark ride", où l'on prend place dans un chariot qui suit un tracé sur rail électrifié selon un parcours durant lequel l'on est assailli par différentes créatures qui s'animent en compagnie d'un son strident et d'une lumière, parfois stroboscopique. C'était très efficace. Peut-être la chose la plus efficace de ce manège, que le Moulin de la sorcière de La Ronde n'avait pas, était vers la fin du parcours où des bandelettes de je-ne-sais-quoi pendaient du plafond et venaient nous «caresser» le visage. Dans le noir personne ne savait pas ce que c'était alors ça criait.

Malgré mes nombreuses recherches je ne suis pas parvenu à retrouver de photos de ladite maison hantée. Si jamais vous en trouvez une dans vos archives familiales, n'hésitez pas à me la faire parvenir! 

La photo du haut c'est le Parc Belmont alors que c'était encore un lieu d'attractions populaire avec, encerclé en jaune, l'endroit approximatif (selon ma mémoire de p'tit proutte) de la maison hantée, mais je peux me tromper. En-bas on voit l'ancien site du parc Belmont, redéveloppé aujourd'hui en secteur résidentiel.





Le saviez-vous? L'espace vert que l'on voit entre le développement immobilier et la Rivière des prairies est un parc auquel on a donné le nom de parc Belmont, en souvenir du site. 


mercredi 6 juillet 2011

Boris Karloff's Wax Museum

Un jour, des gens ont observé les magnifiques chutes du Niagara et ont eu l'idée de rentabiliser le grandiose de la chose. Les gens qui vont venir voir ces chutes d'eau, se sont-ils dit, vont devoir manger un peu, et possiblement aussi prendre gîte pour la nuit, peut-être même deux! Qui sait? D'accord, c'est un résumé simpliste, mais tout de même. 

C'est donc ainsi que, petit à petit, les chutes du Niagara sont devenues ce qu'on appelle une trappe à touristes. Et l'industrie qui s'occupe de la chose, on le devine fort bien, s'est développée assez rapidement. Outre les restaurants et les hôtels, on a substantiellement quantifié l'offre touristique; boutiques de cochonn... souvenirs, amusements divers qui comprenaient, entre autres, des musées de cire. Tout pour soigneusement aspirer les sous des poches des touristes. 

Du côté canadien des chutes, le secteur de Clifton Hill est devenu assez populaire en raison  de la concentration d'attraits touristiques, incluant des maisons hantées qui se sont établis dans le secteur au fil des ans. Aussi, faut le souligner, les maisons hantées étaient une thématique fort populaire à l'époque; Frankenstein Dracula et tout ça.  

Une de celles-là, quelque peu éloignée du centre «névralgique» des maisons d'épouvantes, était le "Boris Karloff's House of Wax", située au coin des rues Buchanan et Oakes Drive. L'acteur légendaire pour son rôle de Frankenstein et la Momie, entre autres, avait prêté son nom au musée. 


Dépliant du musée de cire Boris Karloff, remontant fort probablement au milieu des années 60. On y décrit quelques uns des exhibits à voir à l'intérieur. 


Intérieur du dépliant. 

Tout comme les attractions dites hantées, les musées de cire étaient fort populaires dans le temps et les thèmes variaient d'une à l'autre. Certains se concentraient sur les vedettes d'Hollywood, des sportifs, des criminels, d'autres sur les records Guinness, et bien entendu, l'épouvante. Il s'agissait ici du type de maison hantée dans laquelle on marchait en suivant un parcours établi afin de découvrir différentes mises en scène, et non du type «dark ride» où le trajet est effectué dans un chariot comme le Moulin de la sorcière à La Ronde.


Autre version, plus récente, du dépliant.

Le bâtiment original qui abritait le musée, on peut le voir, a été modifié dans son apparence extérieure pour ressembler à un sinistre château, mais le résultat tire davantage sur le kitsch, surtout avec ses deux tourelles qui n'en sont pas et sa gigantesque enseigne au néon représentant Boris mais qui ressemble davantage à Monsieur Muffler. L'ensemble, assez inégal, quelque peu mal torché, ressemble davantage au résultat d'un restaurant thématique du genre rococo-mexicain et d'un nettoyeur à sec passés au malaxeur. Il possède toutefois ce petit charme indéniable, un peu comme le homard; c'est pas trop beau mais ça l'air bon. 

Et justement, comment c'était? 

Même si j'ai bien visité la région vers la fin des années 70, je n'ai jamais visité ce musée, surtout parce que j'en avais jamais entendu parler. Par contre, j'ai échangé avec des gens qui ont bel et bien visité l'endroit. De ce que l'on m'a raconté, la visite était tout à fait décevante puisque les exhibits à l'intérieur, en plus d'avoir été aménagés dans des espaces très restraints, ne consistaient que de mannequins de magasins bien ordinaires attriqués de costumes bon marché et affublés de masques en caoutchouc commerciaux que l'on pouvait se procurer à un prix tout aussi ridicule dans n'importe quel magasin durant la période précédent l'Halloween. Essentiellement, une grosse déception. Même pas certain que Boris ait visité le lieu en question. 

Fanion du musée. L'une des babioles disponibles à la boutique-souvenirs.

Aujourd'hui le musée n'existe plus, et ce, depuis la fin des années 70. Le fort développement touristique, possiblement couplé à la médiocrité du musée, ont probablement pesé fort dans la balance. Quant à son emplacement original les choses ont bien changé. À l'époque où le musée existait le découpage urbain des rues était différent. Certaines se sont ajoutées (Fallsview), d'autres ont disparu (Buchanan), et quelques unes ont changé tout simplement de nom (Oakes). En se fiant à la carte (en jaune sur le dépliant plus haut), on note que le musée se trouvait à ce qui correspond aujourd'hui à l'intersection des rues Fallsview et Portage où se trouve le stationnement de l'hôtel Oakes d'un restaurant Applebee. Malgré toutes mes recherches, je ne suis pas parvenu à obtenir des photos de l'intérieur autres que celles incluses dans les dépliants. 

L'endroit où se trouvait le musée de cire Boris Karloff, maintenant un stationnement pour l'hôtel Oakes et un restaurant Appleby. 





Le saviez-vous? Les géologues estiment que l'érosion aura fait complètement disparaître les chutes dans environ 50,000 ans. Il vous reste donc encore un peu de temps pour les voir, si ce n'est déjà fait.