mardi 29 octobre 2013

The Haunted Mansion


Voici une trouvaille de marché aux puces qui date de quelques années et dont je suis assez fier. Il se trouvait alors une toute petite dame toute menue, silencieuse mais très gentille qui avait des dizaines et des dizaines de caisses de lait remplies de 33 tours et réparties dans trois kiosques. Passer au travers tous les disques s’y trouvant aurait certainement été l’affaire d’une journée complète tellement il y en avait. Fallait évidemment s’enlever de la tête l’idée d’y trouver quelque chose de spécifique. C’est donc par un de ces samedis que je me suis arrêté pour farfouiller un peu et que j’ai trouvé ce disque parfaitement par hasard.

Le format emprunte quelque peu aux albums-disques Disney de petit format; c'est-à-dire une pochette qui s’ouvre et dans laquelle il y a un livret qui raconte une histoire et que l’on peut suivre en écoutant le disque à l’exception que celui-ci est en format 33 tours. Lorsque je l’ai sorti de la caisse j’ai pu constater que non seulement le livret était toujours à l’intérieur mais qu’il était aussi en excellent état, tout comme le disque d’ailleurs qui ne semblait pas avoir été joué souvent. Pour la petite dame les prix étaient assez simples : cinquante sous pour les 45 tours, un dollar pour les 33 tours et deux dollars pour les albums doubles. Pour cet album-ci, qui se trouvait entre le 33 tours simple et l’album double, elle me l’a laissé pour un dollar cinquante. Il a bien fallu que je me pince (plusieurs fois même) car cet album est d’ordinaire assez difficile à trouver et peut transiger à des prix assez élevés, surtout lorsqu'ils sont en très bonne condition. Allez, hop!




Ce disque fut produit en 1969 par Disney, sous étiquette Disneyland Records, afin de promouvoir l’attraction Haunted Mansion. On peut suivre l’histoire de deux enfants qui se retrouvent dans le manoir hanté où ils vivent une toute une aventure, laquelle est directement inspirée du manège lui-même. La narration est de Thurl Ravenscroft et Pete Renoudet interprète le Ghost Host alors qu’Eleanor Audley incarne madame Leota. Les deux enfants sont joués par Robie Lester, décédée en 2005 et qui avait 44 ans au moment de l’enregistrement, ainsi que par Ron Howard, le réalisateur que l’on a aussi connu pour son rôle de Richie Cunningham dans la télésérie Happy Days.

Dans le livret d’une dizaine de pages, dont j’ai parlé plus haut, ainsi qu’au centre de l’illustration sur la pochette, il se trouve un truc assez amusant avec sa propre petite histoire et j’ai nommé : le hatbox ghost.


Le Hatbox Ghost fut initialement conçu pour être intégré dans le grenier du Haunted Mansion de Disneyland, en face de la Fiancée. Il était décrit comme étant un homme âgé avec cape, chapeau, une canne dans une main et une boîte à chapeau dans l’autre. L’idée derrière ce fantôme était de faire disparaître sa tête pour qu’elle réapparaisse dans la boîte. Pour y parvenir les concepteurs avaient imaginé des éclairages permettant de créer l’illusion. Le fantôme fut installé en avant-première pour les employés le 7 août 1969 et il devint rapidement clair que l’illusion ne passait tout simplement pas malgré de nombreux efforts déployés. Le fantôme se trouvait trop prêt de l’endroit où passeraient les visiteurs et les système d’éclairage, malgré tous les efforts déployés, n’avait rien de convaincant et fut donc retiré du manège. Mais comme il figurait abondamment dans les différentes publications, dont le disque ainsi que le jeu publié par Lakeside en 1975, et que Disney l’avait souvent utilisé à des fins de marketing, les gens ne l’ont pas oublié et il s’est même retrouvé avec une sorte de fan-club dédié à sa réintégration. En 2009 le Hatbox Ghost est réapparu dans divers documents souvenir pour le 40è anniversaire du Haunted Mansion.

Et pour terminer, pourquoi ne pas écouter, justement, une partie du disque en question? Alors voilà!

 
 
Le saviez-vous? Si vous êtes déjà passé dans le Haunted Mansion et que l'orgue vous a paru familier c'est probablement parce que l'avez déjà vu auparavant. En effet, l'orgue fut initialement utilisé dans le film de Disney 20,000 lieues sous les mers. Il s'agit de celui qui se trouvait dans le sous-marin de capitaine Némo.

mercredi 23 octobre 2013

Chilling Thrilling Sounds of the Haunted House

Lorsque j’étais galopin, que ce soit au parc Belmont, à La Ronde, sur le Boardwalk d’Atlantic City ou encore sur Clifton Hill à Niagara Fall, un détour dans les manèges hantés, qu’elles soient visitées dans un charriot ou à pied, étaient pour moi toujours de mise. Je dirai même plus: obligatoire. Ces attractions exerçaient sur moi une fascination certaine qui n’était pas sans inquiéter un tantinet mon entourage qui se demandait bien ce que je pouvais bien trouver d’intéressant dans les monstres, squelettes, spectres et autres apparitions ectoplasmiques. En fait, c’était surtout l’aspect purement théâtral à la sauce Disney qui me faisait me bidonner tel un larron en foire.

Dans toutes ces maisons, manoirs, antres et donjons de tous acabits il se trouvait tout un fourbi de trucs amusants qui allaient de ces bestioles bricolées et peinturlurées de couleurs fluorescentes aux décorations parfois rudimentaires en passant par des mises en scène lugubres judicieusement éclairées dont je me délectais. L’ensemble était aussi généralement enrobé d’effets sonores et accompagnements musicaux tout à fait dans le ton et il m’arrivait souvent de souhaiter retrouver ceux-ci sur un disque. Ainsi, que je me disais, je pourrais jouer dans ma chambre et transformer celle-ci, le temps de l’écoute, en pièce hantée. Et c’est ainsi que j’ai entrepris de collectionner les disques d’épouvante.


En 1964 le Manoir Hanté à Disneyland était bel et bien complété mais virtuellement vide à l’intérieur car on s’affairait, entre autres choses à préparer les attractions qui allaient être présentées au New York World’s Fair. On patinait aussi un peu sur l’histoire qui allait enrober cette fameuse maison hantée mais histoire de rappeler au gens qu’elle ouvrirait dans un avenir rapproché, Disneyland Records a lancé Chilling, Thrilling Sounds of the Haunted House la même année et lequel reposait sur un concept fort simple. D’un côté (Face A) on retrouvait des histoires d’épouvante narrées par Laura Olsher et saupoudrées d’effets sonores provenant de la collection Disney, laquelle avait été constituée tout au long des années lors de la production de films et de dessins animés tels Lonesome Ghosts réalisé en 1936. Sur l’autre côté du disque (Face B) les sons tels chats, tonnerre, craquements et autres se retrouvaient enregistrés séparément, de sorte que l’on pouvait à loisir les utiliser comme bon nous semblait afin de cuisiner de merveilleuses petites ambiances hantées au gré de notre fantaisie. La première version du disque fut celle avec la pochette blanche, suivie en 1973 par la pochette orange.

 

Le design de la pochette, comme on peut le voir sur l’image, était graphiquement assez simple mais tout de même efficace. On y trouvait un manoir lugubre dont une seule fenêtre à l’étage supérieur était éclairée d’une source mystérieuse, un arbre mort aux branches s’étendant au-delà de l’image, de nombreuses pierres tombales dispersées ici et là au travers de grandes herbes et éclairées par un éclair foudroyant. Il s’agissait d’une œuvre de l’artiste Paul Wenzel et dont l’original de 37 pouces par 39 fut vendu aux enchères en 2001 pour la somme de $3,000. Une troisième édition vit le jour, parfaitement identique aux deux précédentes au niveau du design et du contenu sauf pour l'addition d'un guide du parfait party d’Halloween imprimé sur les deux côtés de l’enveloppe de papier contenant le disque.



Personnellement je n’ai pas eu ces disques. Ce n’est que bien des années plus tard, grâce à la magie des brocantes que j’ai pu les obtenir. En fait, le premier disque qui a constitué le début de ma collection est la troisième disque portant le titre de Thrilling, Chilling Sounds of the Haunted House de Disney. Lancé en 1979 il se voulait davantage une nouvelle édition comprenant de nouveaux effets sonores ainsi que des histoires dénuées de narration et racontées par le simple biais des sons et de la musique ce qui explique la présence du mot «NEW» apparaissant en haut à gauche. Ceci amenait à imaginer et visualiser ce qui se passait plutôt que se le faire raconter. On pouvait entendre les créatures de la nuit, la maison hantée, le donjon, les sorcières, une rencontre imprévue dans le brouillard, le pilleur de tombe ainsi que le laboratoire du scientifique fou. Chaque écoute pouvait mener à des interprétations différentes.


La pochette, également signée Paul Wenzel, est aussi complètement différente. La maison de style manoir avait été remplacée par une autre tirant davantage sur le victorien mais Wenzel conserva tout de même la fenêtre éclairée à l’étage en prenant soin d’y rajouter une silhouette inquiétante. L’arbre mort était de retour mais cette fois agrémenté d’un corbeau. Se sont rajouté le chat qui feule sur une pierre tombale et un cimetière dont un locataire semble vouloir s’échapper. Mais on peut se demander, quelle sorte de propriétaire peut un bien agrémenter son parterre d’un cimetière? Un nain de jardin à la rigueur, un pneu de tracteur peinturé pour décorer le talus ça peut aller, mais un cimetière?? Ah, et il n’oublions pas l’indispensable éclair. 

 
Le recto quant à lui n’était pas en reste pour autant; arbre tout aussi mort, étranges filaments pendouillant aux branches, hibou, chauves-souris peu rassurantes et ce type, tout en bas, qui creuse une tombe. Fossoyeur ou pilleur de tombe? Peut-être vaudrait-il mieux ne pas le savoir. On y retrouvait aussi des citations de Poe, Dracula, Sherlock Holmes, Shakespeare ainsi que du docteur Frankenstein.

De certains disent que la version 1964 est supérieure à celle de 1979 alors que d’autres pensent le contraire. Les avis sont partagés et je crois que la nostalgie y joue pour beaucoup. Les deux versions sont tout de même d’excellente qualité et constituent d’excellentes sources d’ambiance à la sauce Halloween. 

Le saviez-vous? Selon David Keonig, un ancien employé de Disney qui a écrit Mouse Tales, il est un jour arrivé dans le Manoir Hanté une famille qui demanda un peu de temps extra durant le tour afin de tenir une très courte cérémonie à la mémoire d’un petit garçon de sept ans qui aimait particulièrement le Manoir. La permission fut accordée sauf que la coute cérémonie comportait une autre partie, cachée celle-là puisqu’il s’agissait de la dispersion au sol des cendres du petit garçon. Les employés s’en sont rendu compte et le manège fut arrêté le temps qu’on puisse nettoyer le tout, avec autre chose qu’un aspirateur, on préfère assumer. Par la suite plusieurs employés ont prétendu avoir aperçu le fantôme d’un petit garçon, errant dans le manoir.
 


vendredi 28 mai 2010

Dans la boîte à jouets: Projecteur Fisher-Price


En 1973 la compagnie de jouets pour enfants bien connue Fisher-Price lance sur le marché un bidule tout à fait intéressant; un petit projecteur de films ressemblant à une ciné-caméra. Il ne suffisait que d'insérer une cartouche de film, regarder par le trou et actionner la manivelle pour voir le film jouer. Dans la cartouche, un film de format 8mm était ficelé de façon à jouer en boucle de sorte que lorsque l'on avait terminé de le regarder le film recommençait automatiquement. Aucune pile n’était nécessaire puisqu’il suffisait de pointer le jouet vers une source de lumière.


Gros plan de la manivelle qu'il fallait actionner. Fabriqué aux É-U. Si, si!

Viseur par lequel on regardait ainsi qu'une molette permettant la mise au point de l'image. Une petite attention bien appréciée des enfants qui pouvaient ainsi adapter l'image à leur vision. 

Comme on peut voir, l'intérieur était essentiellement une boîte vide et on peut voir une autre molette qui permettait de faire tourner le film.  


Voici une cassette-type. La molette rouge se connectait à celle dans le boîtier. 

Gros plan de l'autre côté de la cassette où l'on peut voir une section du film 8mm. L'opacité du boîtier permettait de garder le film à l'abri de la lumière, évitant ainsi une détérioration précoce. 

L’espace dans la cartouche était limité de sorte que les films étaient tronqués en longueur, ce qui n’enlevait en rien au charme du jouet. Parmi les films on retrouvait des segments de Bugs Bunny, Sylvester & Tweety, Sesame Street, Pink Panther, Donald Duck et tout un tas d’autres dont celui qui est le plus souvent associé à ce jouet: «Lonesome Ghosts» de Walt Disney. Voici ce que ça donnait que de regarder le film dans ce jouet:



Lonesome Ghosts est un film des studios Disney produit en 1937, réalisé par Burt Gillett et distribué par RKO Radio Pictures trois jours après la sortie de Blanche-Neige et les sept nains. Et d'ailleurs, voici la version intégrale de Lonesome Ghosts.




Le saviez-vous? Dans le film «Lonesome Ghosts», produit en 1937, Mickey, Donald et Pluto forment une compagnie qui s’appelle «Ajax Ghost Exterminators» qui n’est pas sans rappeler un certain film bien connu de 1984. Dans le film, on peut d'ailleurs entendre Goofy s'exclamer «I ain't scared of no ghosts!» qui n'est pas sans rappeler «I ain't afraid of no ghost!» dans la chanson-thème de Ghostbusters interprétée par Ray Parker Junior.