Nous voici sur la rue Bleury, tout juste au nord de ce qui s'appelait la rue Craig, aujourd'hui St-Antoine. Elle rappelle le souvenir de Marie-Rosalie de Bleury (1775-?), fille et héritière de Jean-Clément de Sabrevois, sieur de Bleury (1729-1784), militaire de carrière. Jusqu'à 1802, celle-ci a possédé le terrain entre les rues Craig et Sherbrooke à travers lequel cette rue fut ouverte. Au tout début du 19e siècle, ce n'était rien de plus qu'une étroite ruelle herbeuse que les jeunes gens appelaient alors « la ruelle du flirtage».
Aujourd'hui cette rue s'étend de l'avenue Viger jusqu'à la rue Sherbrooke où elle change de nom pour Avenue du Parc. La portion entre l'avenue Viger et la la rue St-Antoine porte le nomde Place Jean-Paul Riopelle, célèbre peintre Québécois. À partir de St-Antoine vers le sud c'est la rue St-Pierre. Trois noms pour une seule et même voie.
La portion supérieure de la photo ci-haut nous montre la rue Bleury telle qu'elle paraissait durant un hiver de 1952. Derrière le jeune homme qui regarde l'objectif de la caméra on voit le commerce Payette Radio. Quelques années plus tard le commerce va déménager dans des locaux plus spacieux au 730 rue St-Jacques ouest. Tout juste derrière c'est le magasin de chaussures Dexter. De l'autre côté de la rue c'est le versant ouest de l'édifice Pascal où, au coin de St-Antoine, se trouvait le grand magasin du même nom. Tout juste au nord, on aperçoit une station-service de la bannière Texaco. Du reste, cette scène hivernale ressemble en tous points à celles que l'on connaît aujourd'hui; des bancs de neige, de la gadoue dans la rue et du trafic à travers lequel se trouve le tramway 80 Bleury et qui rattaché au terminus Craig.
Du reste, il ne subsiste absolument rien de tout ce que l'on voit sur la photo de 1952. Tout a été démoli et les bâtiments du côté est de Bleury sont tous passés sous le pic des démolisseurs lorsque l'on a construit le Palais des congrès. La première phase en 1983 et l'autre, plus audacieuse, en 2002.
Les lames de rasoir Gillette. C'était l'époque bien avant l'arrivée du rasoir jetable, lequel a été introduit en 1975 par Bic.
En 1952 la mode des ensembles de cuisine en chrome gagnait en popularité. Parmi tant d'autres, ce commerce de la rue St-Hubert vous en offrait une bonne sélection. En dollars ajustés à l'inflation, le coût de l'ensemble ci-haut illustré vaudrait $1,590,00 aujourd'hui. L'avantage de ces maubles était toutefois la grande durabilité.
Ce qui retiendra l'attention durant l'hiver de 1952 au Québec est bien entendu le conflit de travail important qui oppose les employés d'Associated Textiles au patronat de la compagnie. Les négociations sont rompues en dévrier et le syndicat déclenche la grève en mars. Le ministre du travail, Antonia Barrette y va d'ailleurs de reproches solides à l'égard de la compagnie qu'il accuse de revenir sur des offres présentées. Ce conflit va perdurer pendant de longs mois. En avril ce sont les employés de Dominion Textiles qui démarrent une grève. En avril aussi, la grande première cinématographique du film Aurore, enfant martyre.
Le saviez-vous? Peu de temps après l'apparition du film, la comédienne Lucie Mitchell qui incanait la vilaine acariâtre et bourreau d'Aurore, se faisait souvent reconnaître dans la rue ou dans le tramway et nombreux étaient les gens qui la villipendaient et l'injuriait en public, incapables de faire la différence entre la comédienne et le rôle qu'elle avait joué.
Sous mes yeux:
En 1981, avant de partir pour un camp d'été avec les Scouts Pionniers (13-17 ans), on m'avait assigné le rôle de photographe officiel du camp. Un photographe professionnel m'avait alors prêté un Minolta 35mm pour l'occasion. Bien qu'il m'en ait montré les rudiments d'usage et que j'ai vite appris, je voulais en savoir plus sur l'art de la photographie.
Bien avant de partir je m'étais rendu






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