lundi 28 septembre 2026

Un peu de mode féminine pour l'automne-hiver 1970

 



Ah, l'automne. La rentrée scolaire, le temps des pommes, le temps plus frais, les arbres qui changent de couleurs et... l'arrivée des catalogues Automne-Hiver. Ces publications assez volumineuses, souvent de plus de 800 pages, étaient distribuées gratuitement soit aux portes ou encore en magasin. Avec ceux-ci, les gens pouvaient alors feuilleter à loisirs le contenu et découvrir ce qu'il y avait de nouveau tant au niveau des vêtements, de la décoration, d'articles ménagers, de jouets et bien d'autres. 

La création de ces catalogues représentait un investissement massif de la part des magasins. D'abord, il fallait de nombreux photographes professionnels, du personnel pour préparer tout le matériel a être photographié, des contrats avec des agences de mannequins devaient être signés car l'on utilisait de nombreuses personnes pour porter les différents vêtements. Il fallait aussi s'assurer d'avoir des vêtements qui fassent aux mannequins, sinon ça risquait d'avoir l'air un peu fou. Et tous ces photographes travaillaient évidemment avec des pellicules argentiques. Celà signifiait qu'il fallait aussi considérer le temps de développement en laboratoire, la mise en page, la vérification des détails et description de chaque article ainsi que son prix, l'impression, l'assemblage et finalement la distribution (gratuite!). Tout ça coûtait une montagne de sous. Malgré tout, cette façon de faire était fort rentable. 

La magie des catalogues est que cela permettait aux gens de pouvoir acheter soit en magasin ou bien commander les articles voulus soit en téléphonant directement au magasin via un numéro spécial ou encore en utilisant le bon de commande inclut dans le catalogue et que l'on envoyait au magasin par la poste. Eh oui, les grands commerces comme Eaton employaient une quantité importante de personnes, des femmes, typiquement, dont la seule tâche de travail était de prendre les commandes par téléphone. Et soyez certains que ça ne dérougissait pas. 

Les clients recevaient ensuite la marchandise, laquelle était livrée par un des nombreux camions du commerce en question. Pendant une bonne partie du 20è siècle, tant à Montréal qu'ailleurs dans le pays, les camions Eaton étaient certainement parmi ceux que l'on voyait le plus. Vous habitiez en dehors des grands centres urbain? On vous livrait via Postes Canada ou à des comptoirs de magasin. 

Un bon de commande typique tiré du catalogue Eaton. 

Bien entendu ces catalogues étaient des publications éphémères car leur durée de vie était bien courte car après le catalogue Automne-Hiver, entrecoupé avec celui des fêtes, c'était celui de la période Printemps-Été qui arrivait. Une durée de vie relativement courte au sens propre aussi car les catalogue étaient imprimés sur du papier assez mince pour que l'on puisse presque voir au travers. Dès la période terminée ils étaient simplement jetés aux ordures. 

Toutefois, plusieurs de ces catalogues ont survécu grâce à la bienveillance de gens qui ont opté de les conserver pour la postérité. Mais on peut bien se demander; pourquoi conserver ces vieux catalogues? Ils ont fait leur temps après tout! Et c'est bien vrai, mais ces vieux catalogues ne sont pas que des dépositoires de marchandises car aujourd'hui ces vieilles publications sont de véritables fenêtres vers le passé et l'on peut les admirer souvent avec un brin de nostalgie, surtout si l'on a connu cette époque. 

C'est ce que je vous propose aujourd'hui avec une sélection de pages de mode féminine, tant pour dames que pour adolescentes, tirées d'un catalogue Eaton Automne-Hiver de 1970 de ma petite collection personnelle. Chaque page a été soigneusement numérisée et nettoyée afin d'offrir la meilleure clarté (un véritable travail de moine, j'vous dis!). Pour les personnes ayant connu cette époque, c'est un petit voyage dans le temps et pour les autres c'est l'occasion de découvrir les modes vestimentaires en vigueur dans ce temps-là. 

 






















    
















Le saviez-vous? Lors d'une conférence de presse le 14 janvier 1976, la compagnie Eaton annonça que son catalogue Printemps-Été de cette même année serait le dernier à être imprimé. 



Sous mes yeux se trouve ce numéro hors-série du magazine Géo et qui se trouve à être entièrement consacré à celui qui peut être, sans aucun doute, considéré comme le plus grand scénariste de bande dessinée qui ait existé; René Goscinny et qui aurait fêté cette année ses 100 ans. Ce créateur à l'imagination débridée qui a collaboré avec Sempé, Uderzo, Morris, Gotlib et tant d'autres a permis à des générations de jeunes de s'abreuver d'histoires toutes aussi rocambolesques les unes que les autres. 

En 1997 j'ai eu l'immense plaisir de rencontrer Albert Uderzo et nous avons bien entendu jasé dessin mais aussi de René dont c'était le 20è anniversaire de son décès. Un ami irremplaçable, m'avait-il confié. 


Il y a de celà bien des lunes j'avais ouvert un compte Instagram pour y partager mes photos et puis un jour j'ai décidé de fermer tout ça, préférant me consacrer au blogue. 

Mais voilà, depuis 2020 j'ai élargi mon catalogue de photos en m'adonnant à la photographie d'oiseaux, dont certaines ont été publiées ici à plusieurs reprises. Ainsi, depuis un bout, j'ai reçu des courriels de gens qui me demandaient si j'avais un compte Instagram afin d'y voir mes photos sur une plateforme autre que celle de mon blogue. Idem pour des gens qui me croisaient durant mes escapades nature. Après avoir mâché la question comme avec du chewing gum (jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de goût, parce que je suis pas fana de Meta) j'ai finalement cédé et décidé d'ouvrir un nouveau compte.

Je vous mentionne toutefois que le compte est neuf et qu'il n'y a, jusqu'à maintenant, que quelques photos mais ne craignez, ça va se remplir avec le temps. Envie de venir visiter et m'encourager? c'est ici: 

Vous n'avez pas la berlue. Si vous avez trouvé en lisant cet article que les images vous semblaient plus larges que d'habitude ce n'est pas un bogue ou quelconque erreur technique. 

Lorsque j'ai démarré ce blogue en 2010 j'avais effectué une recherche sur la taille moyenne des écrans d'ordinateurs et j'avais calculé la largeur de l'espace dédié aux articles en conséquences. J'ai réajusté, je crois, vers 2018 et depuis je n'y ai plus touché. 

Aujourd'hui les écrans sont plus larges sont nettement supérieures à celles que l'on utilisait il y a huit ou seize ans. J'ai donc ouvert le capot du blogue et j'ai réajusté les largeurs afin que la présentation s'accorde en genre et en nombre avec les résolutions d'aujourd'hui. 

samedi 19 septembre 2026

D'hier à aujourd'hui: coin St-Thimothée et Ontario

 

(Photo du haut: Archives de la Ville de Montréal)

Sur la photo du haut on se retrouve au coin de l'intersection des rues St-Thimothée et Ontario en 1977. Sur ce coin on y voit le restaurant Vanier. C'est le genre de petit établissement de quartier comme on en retrouvait souvent dans le temps sur les coins de rues. On y servait des repas légers à manger sur place ou emporter. La mention «Snack-Bar» sur l'écriteau indiquait qu'on y vendait aussi des croustilles, des bonbons et du chocolat. On voit uassi, tant sur l'écriteau que sur les panneaux, des réclames pour les boissons gazeuses qu'on servait, en l’occurrence ici Pepsi, Diet 7-Up, 7-Up ainsi que RC Cola (RC signifiait Royal Crown et un boisson gazeuse que l'on ne retrouve plus au Québec). 

Le bâtiment est un exemple classique d'architecture que l'on retrouve dans les quartiers ouvriers; brique commune peinte, toit en fausse mansarde avec bardeaux d'ardoise surmonté d'un pignon. Ces bardeaux avaient une durée de vie assez impressionnante d'ailleurs.  

À droite on retrouve un terrain vacant où se trouvait sans aucun doute un bâtiment que l'on a démoli pour une raison ou une autre et ensuite deux bâtiments résidentiels dont un avec les fameux balcons donnant directement au dessus du trottoir. 

Durant les années 80 le bâtiment abritant le restaurant a été démoli et pendant de nombreuses années le terrain est demeuré en friche jusqu'à ce que l'on construise un bâtiment morne sommes toutes assez ordinaire en 2013. On s'ennuie du bâtiment original. 

Quelques éléments intéressants dans la photo de 1977 peuvent nous aider à situer quand cette photo a été prise; d'abord, le monsieur qui s'apprête a entrer dans le restaurant et qui vient probablement tout juste de stationner son Chrysler New Yorker. Ses manches courtes et la neige qui semble fondre nous indiquent que la photo a probablement été prise quelque part au moins d'avril. 

Un autre détail amusant est le panneau de Terre des Hommes en haut à gauche.En 1977 il n'en restait pas beaucoup de ces panneaux et à vrai dire, Terre des Hommes commençait tranquillement à s'amenuiser comme peau de chagrin. L'île Notre-Dame était fermée et les pavillons qui s'y trouvaient étaient tous à l'abandon, une bonne partie d'entre eux ayant été vandalisés. Les seules attractions qui restaient se trouvaient sur l'île Ste-Hélène où même l'ancien pavillon américain était à l'abandon puisqu'il avait été victime d'un incendie au mois de mai de l'année précédente. 

Et qu'est-ce qui retient donc l'attention en ce début de printemps de 1977? 

D'abord la direction des Expos de Montréal conclut une entente avec la Régie des installations olympiques afin de commencer à disputer ses matchs au stade. Le premier match sera disputé le 15 avril devant pas moins de 57,000 spectateurs (et dont je faisais partie). Ils y ont affronté les Phillies de Philadelphie et ont malheureusement perdu leur match inaugural 7-2. 


Toujours le 15 avril, Lise Payette met en place son programme d'assurance automobile. Ce dernier offrira des indemnisations aux victimes d'accidents de la route et obligera tout conducteur à se doter d'une assurance responsabilité. 

Presque un mois plus tard le Canadien de Montréal va remporter la coupe Stanley après avoir battu les Bruins de Boston dans un pointage de 4-0, au grand plaisir des fans. 

La parade de la coupe Stanley sur la rue Ste-Catherine. On y voit en haut à gauche Serge Savard, puis à droite Yvan Cournoyer et en bas Michel Larocque. Les fans se sont massés aux abords de la rue afin d'y saluer les nouveaux champions. La photo a été prise devant l'endroit où se situe aujourd'hui l'entrée du Centre Eaton.  

Au printemps de 1977 j'en suis à terminer ma cinquième année et je commence à lorgner, comme bien d'autres dans la classe, vers les vacances à venir. Durant l'été il y a toujours de très bons films à aller voir au cinéma. L'année précédente j'avais fort apprécié Le jouet avec Pierre Richard et le grand classique Les 12 travaux d'Astérix. Je me demandais bien ce qui m'attendais pour l'été de 1977. Puis, est apparu sur écrans de télévision la bande annonce d'un film comme je n'en avais jamais vu et c'était devenu un sujet de discussion qui revenait souvent dans la cour d'école. 


Ce film était, bien entendu, La guerre des étoiles. Jusqu'à ce film il était pratiquement convenu à Hollywood que la science-fiction ne fonctionnait pas au cinéma. 2001 l'Odyssée de l'espace, malgré ses grandes avancées en effets spéciaux et son «chef-d'oeuvrisme» n'avait pas connu le succès escompté, même projeté en Cinérama. À la télévision, Patrouille du cosmos n'avait duré que trois ans et Cosmos: 1999 deux seulement. La guerre des étoiles était ce film qui allait faire la fortune de la 20th Century Fox ou plonger la compagnie dans la failite. Fort heureusement le film a connu un des succès les plus foudroyants de l'histoire du cinéma. J'en ai été plus que convaincu lorsque j'ai été voir le film au cinéma Champlain sur la rue Ste-Catherine. 



Le saviez-vous? Si les acteurs principaux du film étaient convaincus du succès à venir ce n'était pas le cas de George Lucas. Après tout, au début de mai seules une trentaine de salles projetaient le film. En roulant devant le Chinese Theatre à Los Angeles il vit une foule imposante se presser aux guichets et réalisa que tous ces gens s'en allaient voir son film. 

mercredi 9 septembre 2026

D'hier à aujourd'hui: la rue Bleury


 Nous voici sur la rue Bleury, tout juste au nord de ce qui s'appelait la rue Craig, aujourd'hui St-Antoine. Elle rappelle le souvenir de Marie-Rosalie de Bleury (1775-?), fille et héritière de Jean-Clément de Sabrevois, sieur de Bleury (1729-1784), militaire de carrière. Jusqu'à 1802, celle-ci a possédé le terrain entre les rues Craig et Sherbrooke à travers lequel cette rue fut ouverte. Au tout début du 19e siècle, ce n'était rien de plus qu'une étroite ruelle herbeuse que les jeunes gens appelaient alors « la ruelle du flirtage».

Aujourd'hui cette rue s'étend de l'avenue Viger jusqu'à la rue Sherbrooke où elle change de nom pour Avenue du Parc. La portion entre l'avenue Viger et la la rue St-Antoine porte le nomde Place Jean-Paul Riopelle, célèbre peintre Québécois. À partir de St-Antoine vers le sud c'est la rue St-Pierre. Trois noms pour une seule et même voie. 

La portion supérieure de la photo ci-haut nous montre la rue Bleury telle qu'elle paraissait durant un hiver de 1952. Derrière le jeune homme qui regarde l'objectif de la caméra on voit le commerce Payette Radio. Quelques années plus tard le commerce va déménager dans des locaux plus spacieux au 730 rue St-Jacques ouest. Tout juste derrière c'est le magasin de chaussures Dexter. De l'autre côté de la rue c'est le versant ouest de l'édifice Pascal où, au coin de St-Antoine, se trouvait le grand magasin du même nom. Tout juste au nord, on aperçoit une station-service de la bannière Texaco. Du reste, cette scène hivernale ressemble en tous points à celles que l'on connaît aujourd'hui; des bancs de neige, de la gadoue dans la rue et du trafic à travers lequel se trouve le tramway 80 Bleury et qui rattaché au terminus Craig. 

Du reste, il ne subsiste absolument rien de tout ce que l'on voit sur la photo de 1952. Tout a été démoli et les bâtiments du côté est de Bleury sont tous passés sous le pic des démolisseurs lorsque l'on a construit le Palais des congrès. La première phase en 1983 et l'autre, plus audacieuse, en 2002. 

Publicité du shortening de marque Swift'ning en 1952. Une marque aujourd'hui disparue. 

Les lames de rasoir Gillette. C'était l'époque bien avant l'arrivée du rasoir jetable, lequel a été introduit en 1975 par Bic. 

En 1952 la mode des ensembles de cuisine en chrome gagnait en popularité. Parmi tant d'autres, ce commerce de la rue St-Hubert vous en offrait une bonne sélection. En dollars ajustés à l'inflation, le coût de l'ensemble ci-haut illustré vaudrait $1,590,00 aujourd'hui. L'avantage de ces meubles était toutefois la grande durabilité. 

Ce qui retiendra l'attention durant l'hiver de 1952 au Québec est bien entendu le conflit de travail important qui oppose les employés d'Associated Textiles au patronat de la compagnie. Les négociations sont rompues en dévrier et le syndicat déclenche la grève en mars. Le ministre du travail, Antonia Barrette y va d'ailleurs de reproches solides à l'égard de la compagnie qu'il accuse de revenir sur des offres présentées. Ce conflit va perdurer pendant de longs mois. En avril ce sont les employés de Dominion Textiles qui démarrent une grève. En avril aussi, la grande première cinématographique du film Aurore, enfant martyre. 




Le saviez-vous? Peu de temps après l'apparition du film, la comédienne Lucie Mitchell qui incanait la vilaine acariâtre et bourreau d'Aurore, se faisait souvent reconnaître dans la rue ou dans le tramway et nombreux étaient les gens qui la villipendaient et l'injuriait en public, incapables de faire la différence entre la comédienne et le rôle qu'elle avait joué.