lundi 10 août 2026

D'hier à aujourd'hui: Le monument aux pionniers de Montréal

Le monument aux pionniers de Montréal (date inconnue mais fort probablement à la fin du 19è siècle)


Si vous vous êtes déjà promené dans le Vieux-Montréal aux alentours du musée Pointe-à-Callière et de la Place Youville alors vous aurez certainement aperçu ce monument. Il a été érigé en 1893 par la Société historique de Montréal afin de commémorer les pionniers qui ont bâti Montréal et ce, depuis sa fondation en 1642 alors que la ville portait le nom de Ville-Marie. 

Membre de la Société historique de Montréal, l'architecte-arpenteur J.-A.-U. Baudry en est le concepteur et il faudra un bon nombre de chevaux (on parle d'une quarantaine) afin de l'amener sur place. Les plaques de bronze avec les inscriptions sont confiées à la maison Chanteloup. 

L'emplacement initiale du monument se trouve alors un peu à l'ouest de la rue Saint-Nicolas et l'inauguration se fait en 1894. LA ville de Montréal en prend possession en 1940 et un an plus tard elle fait déplacer l'obélisque à la Place Royale et va y demeurer jusqu'en 1983 où la Ville de Montréal va la relocaliser finalement à l'endroit où l'on peut l'admirer aujourd'hui. 

La première plaque porte les inscriptions suivantes

Le XVIII mai MDCXLII, près de cet obélisque, entre le fleuve et la rivière qui coule sous la rue des Commissaires, à L'endroit appelé Place Royale par Champlain le XXVIII mai MDCXI, Paul Chomedey de Maisonneuve jeta les fondements de la ville de Montréal. Il érigea les premières habitations, le fort, la chapelle, le cimetière, qu'il renferma dans une enceinte de pieux.

Le XXIII février MDCXLII, Montréal avait été consacré à la Sainte-Vierge sous le nom de Ville-Marie.

Le XIII février MDCXLIV, Louis XIV lui accorda sa première charte civique.

Le XXVI mars MDCXLIV, Chomedey de Maisonneuve en fut nommé premier gouverneur particulier.
 

 La seconde plaque: 

 Noms des fondateurs de Montréal

Jerôme Le Royer de La Dauversière et Jean-Jacques Olier, fondateur de Saint-Sulpice ont eu chacun séparément l'inspiration d'établir cette ville. Ils ont pourvu aux premières dépenses et travaillé de concert. La Dauversière apparait dans les transactions extérieures. Olier est l'âme de la société dont il excite le courage et la générosité. Ils réunissent autour d'eux P. Chevrier Baron de Fancamp ; N. Laisne de Barillon ; L'abbé Le Gauffre ; N. Bardin ; Jeanne Mance ; P. Chomedey de Maisonneuve ; Angélique Faure de Buillion ; Gaston de Renty, Baron de Renty ; Henri-Louis Habert de Montmor ; L'abbé Nicolas Jaubert de Barrault ; Roger du Pressis, Duc de Liancourt ; N. Laisne de Marguerie ; Louis Le prêtre de Fleury ; L'abbé Denis le Prêtre ; Isabelle Seguier de Livry ; Jean Galibal ; N. Quartoze ; Jean-Antoine de Mesmes d'Irval ; Philibert Brandon du Laurent ; Louis d'Ailleboust de Coulonge ; Isabelle Blondeau de Villesavin ; Louis Séguier, Baron de St-Frémin ; Balthazar Brandon de Bassancourt ; Madame Lachancelière Louise Fabry ; L'abbé Gabriel de Thuilières de Lévis-Queylus ; L'abbé Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers ; Antoine Barillon de Morangis de Chaudebonne ; Christophe du Plessis, Baron de Montbar ; Bertrand Drouart, secrétaire ; et plusieurs autres dont les noms sont demeurés inconnus. 

La troisième plaque: 

Noms des premiers colons de Montréal

MDCXLII

Mai-Août

Paul de Chomedey de Maisonneuve ; R. P. Poncet, S. J. ; Pierre Puiseaux de Montrenault ; Jeanne Mance ; Catherine Barre ; Jean Gorry ; Isabeau Panie ; Augustin Hébert ; Adrienne Duvivier ; Antoine Damien ; Marie Joly ; Jean Caillot ; Pierre Laimery ; Nicolas Godé ; Françoise Gadois ; Françoise Godé ; Nicolas Godé ; Mathurine Godé ; Madeleine de Chavigny de La Peltrie ; et plusieurs autres dont les noms sont inconnus.

Août-Décembre

J.-B. Legardeur de Repentigny ; R. P. Joseph-Imbert Duperon, S.J. ; Louis D'Aillebourst de Coulonge ; Barbe de Boullogne ; Philippine de Boullogne ; Gilbert Barbier ; David de La Touze, Guillaume Boissier ; Bernard Berté ; Pierre Laforest ; César Léger ; Jean Caron ; Léonard Lucot-Barbeau ; Jacques Haudebert ; Jean Massé ; Mathurin Serrurier ; Jean-Baptiste Damien ; Jacques Boni ; Jean Philippes ; Pierre Didier ; Pierre Quesnel ; Julien Pothier ; N. Bellanger ; Louis Godé ; Jean Mattemasse ; Pierre Bigot ; Guillaume Lebeau ; Catherine Lezeau 

La quatrième plaque: 

Le XVIII mai MDCCCXCIII, ce monument a été érigé par la Société Historique de Montréal à la mémoire des généreux fondateurs de cette ville et des premiers colons arrivés ici.

En MDCXLII, ce que vous voyez ici, Messieurs, n'est qu'un grain de sénevé, mais... je ne doute nullement que ce petit grain ne produise un grand arbre, qu'il ne fasse un jour des progrès merveilleux, ne se multiplie et ne s'étende de toute part.

Paroles adressées aux colons, par le R.P. Vimont le XVIII mai, MDCXLII : "Ce projet de Montréal pourra être, un temps à venir, une grande gloire à Dieu, l'honneur de l'Église et une grande utilité à ce royaume." Paroles de M. Olier, "Les véritables motifs", etc. 

Le monument, tel qu'on peut l'admirer aujourd'hui. Les plaques sont des reproductions. 



Le saviez-vous? Jusqu'en 2012 la Ville de Montréal et les livres d'histoire ne reconnaissaient que Paul Chomeydey de Maisonneuve comme unique fondateur de Ville-Marie. Après des recherches, et un peu de bons sens, on s'est rendu compte que l'infirmière Jeanne Mance, fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal en 1645 avait contribué tout autant que Paul à fonder ce qui allait devenir Montréal. 


Vu:  Le dernier opus mettant en vedette Spider-Man (Spider-Man - Brand New Day). À l'âge de 60 ans il me fait toujours grand plaisir de pouvoir admirer les pirouettes de mon héros d'enfance. Un film que j'ai bien aimé et qui mérite pleinement les accolades qu'on lui attribue. 
 
Quoi? Le 8 août 2026 était la journée internationale des chats. Au Québec cette fête devrait être le 15 août. Pourquoi? Parce que c'est à ce moment que l'on est à la mi-août. Bodum-tshh!! 

N'oubliez pas!
Le 12 août c'est le jour du livre québécois. Rendez visite à une librairie indépendante et procurez-vous un ouvrage pondu par des gens d'ici afin de les encourager. Vous ne savez pas lequel choisir? Laissez-vous guider par les libraires, eux autre ils connaissent ça!

mardi 4 août 2026

L'Amerigo Vespucci, de la bien belle visite en ville

 

L'Amerigo Vespucci est ce voilier trois mâts qui a accosté au Vieux Port de Montréal mardi le 28 juillet afin d'en mettre plein la vue à tout le monde. Après tout, ce n'est pas souvent que 'on a de l'aussi belle visite! Et durant son séjour le navire a célébré son 95è anniversaire puisqu'il a été lancé en février 1931 au chantier naval Castellammare di Stabia à Naples et officiellement mis en service le mois de juillet suivant. Le grand voilier a été conçu par le lieutenant général Francesco Rotundi en 1925 avec, pour inspiration, les grands voiliers à 72 canons de la fin du 18è siècle. Le navire sert de bateau-école pour les marins de l'Accademia Navale

Arrivé tout droit de la ville de Québec et durant quelques jours il a été possible de pouvoir le visiter où il était amarré avant son départ pour l'Europe, pas plus tard qu'hier sous un ciel maussade. 

Une belle visite celle-là, directement de Grèce cette fois, fut Noa, que vous connaissez un peu pour ce blogue mais aussi pour s'être occupé de la défunte page Facebook de ce blogue pendant un bon bout. Elle aussi était de passage à Montréal et c'est en sa compagnie que j'ai pu fouler le pont du plusse magnifique voilier au monde. Comme Noa parle l'italien c'est par son entremise que j'ai pu converser avec quelques membres de l'équipage, dont le capitaine Nicasio Falica. À ce dernier, j'ai demandé comment avait été la traversée de l'Europe jusqu'au Québec. Il m'a répondu que le voyage avait été magnifique avec une mer calme et que 80% du trajet a été à voile, car oui, le navire est muni de moteurs. 

Même si le grand voilier est presque centenaire il n'en parait rien du tout. À bord, tout est Spic 'n Span comme on disait dans le temps. Le pont est impeccable et le cuivre est parfaitement poli. Rien n'indique que le navire approche les cent ans. 

 







Toutes les photos: Canon 5D Mk II + Canon 24-105mm






Le saviez-vous? Le nom «Amérique» qui définit les deux grands continents ont été nommés ainsi en l'honneur du même Amerigo Vespucci (1454-1512) dont le nom orne le grand voilier, lequel fut un navigateur et explorateur italien. 



Vu: Toujours avec Noa, l'exposition «La Grèce des héros. Au temps de Troie» au Musée de la Pointe à Callière et qui nous replongé à l'époque de la Grèce antique qui nous a donné L'Illiade et l'Odyssée. Difficile d'avoir un meilleur guide qu'une Grecque et elle s'y connait en histoire la bougre! Une magnifique exposition à visiter. Jusqu'au 7 mars 2027.

Vu: Oui, avec Noa toujours, le film l'Odyssé de Christopher Nolan. Un film à grand déploiement où Nolan prend plusieurs libertés artistiques et y inclus pas mal d'anachronismes, comme toute adaptation. Le film va faire jaser et même, j'avouerais, diviser. Toutefois, Noa vous recommande davantage ce qu'elle considère la plus grande et plus fidèle adaptation du texte d'Homère soit L'Odyssée de Franco Rossi tourné en 1968. 

Mangé: La trifecta Grecque s'est terminée au restaurant grec plus qu'autenthique Le jardin de Panos où Noa m'a fait découvrir des mets typiques de son pays natal et j'y ai découvert le galaktoboureko dans le décor enchanteur de la terrasse. C'est typique de Mykonos, m'a dit la belle. Elle laisse aussi aux lecteurs du blogue son plus beau bonjour! Le Jardin de Panos, 521 avenue Duluth est. 
 
Sous mes yeux:  La liberté n'est pas une marque de yogourt, de Pierre Falardeau. Qu'on l'aime ou non, le cinéaste n'a jamais laissé personne indifférent tant dans ses films que ses propos et c'est ce que son livre offre également. Originalement édité chez Stanké il est offert en format poche aux éditions Typo. 

jeudi 30 juillet 2026

D'hier à aujourd'hui: La rue Ste-Catherine en 1971

 

Photo: Archives de la Ville de Montréal - VM94-A0697-006)

Nous voici au coin de Ste-Catherine et Mansfield le vendredi 11 juin 1971 sur l'heure du midi. Les piétons attendent patiemment que la lumière tourne au vert afin de pouvoir travers pendant qu'un Pontiac Catalina 1970 s'apprête à passer en direction nord. On y retrouve un mélange bigarré de gens travaillant aux alentours et de dames chasseuses d'aubaines. À ce moment-là, tout comme aujourd'hui, la rue Ste-Catherine était la rue de tous les commerces et services imaginables.

Du côté sud de Ste-Catherine on aperçoit, au coin, le théatre Capitol où l'on fait jouer «When Dinosaurs Ruled the Earth» où l'on voyait davantage Victoria Vetri en bikin que de dinosaures. Le titre du film refait surface dans le film «Le parc jurassique» où, à la fin lorsque le tyrannosaure triomphe, il tombe une bannière sur laquelle on voit le titre du film. 

Tout juste à côté, le fameux restaurant Dunn's où ma grand-mère m'amenait manger chaque fois que l'on venait au centre-ville. Un restaurant dont j'ai déjà parlé ici. S'ensuit le cinéma de Paris, avec sa grande devanture en ciment brun et ensuite l'opéra de Paris ainsi qu'une petite boutique d'importations. Tout juste à côté c'est Lanza Steak House puis le bijoutier Brault. Et enfin, le cinéma Pigalle. Du côté nord, là où se trouve aujourd'hui la place Montréal Trust, il y avait un magasin Reitman's dont on voit le «S» sur la marquise. À côté, et jusqu'à McGill College c'était un Woolworth, un magasin dont j'ai aussi parlé ici

En cette journée les amateurs de hockey parlent énormément de Jean Béliveau qui vient d'annoncer, deux jours auparavant, sa retraite mais on jase aussi d'un joueur prometteur et bourré de talent qui a signé un contrat avec le Canadien de Montréal la journée d'avant. Les connaisseurs lui prédisent beaucoup de succès et qui portera certainement le flambeau que lui a tendu le gros Bill. Ce joueur, c'est Guy Lafleur, fière nouvelle recrue et qui viendra à être surnommé le démon blond. Au même repêchage, Marcel Dionne, deuxième choix, s'en allait avec les Red Wings de Détroit. 

La politique aussi en fait jaser plus d'un, surtout en ce qui concerne la conférence de Victoria où Pierre-Eliott Trudeau envisage une réforme constitutionnelle. Si le premier ministre du Québec Robert Bourassa se range du côté de Trudeau il se ravisera plus tard et retirera son appui. 

 

Aujourd'hui ce même coin a bien changé. Reitmans et Woolworth sont disparus depuis bien longtemps et à leur emplacement de dresse aujourd'hui la place Montréal Trust. Tous les commerces mentionnés plus haut aussi sont disparus. Fini aussi les cinémas. En fait, tous les magnifiques salles qui longeaient la rue Ste-Catherine se sont évaporés; le Parisien, le Capitol, le Pigalle, Alouette, Palace, Loew's, York et combien d'autres. Les plus grosses bannières commerciales de l'époque; Dupuis Frères, Eaton's, Simpson's, La Baie, Kresge, Reitman's, Woolworth se sont aujourd'hui toutes évaporées, La Baie étant la dernière bannière sur cette liste. 
 
La trame urbaine du secteur a aussi changé. Un peu avant 1971 la rue Ste-Catherine était encore à double sens, chose que l'on avait alors changé mais l'automobile y avait préséance. Aujourd'hui les nouveaux aménagements apportés on considérablement agrandi l'espace piétonnier et du même coup réduit la largeur routière. 
 



Le saviez-vous? C'est en 1927 que Myer Dunn a fondé son premier restaurant, alors sis sur la rue Papineau. C'est en 1955 qu'il s'installe sur la rue Ste-Catherine et Dunn's a connu un succès immédiat. Aujourd'hui c'est le petit fils du fondateur qui gère le restaurant maintenant situé sur le rue Metcalfe. 

vendredi 24 juillet 2026

Ontario Auto - Service Station en 1922

 

(Photo: Atelier d'histoire de Maisonneuve, PH-COMM-COMM-062)

En 1911 on comptait seulement 217 automobiles à Montréal, mais en 1922, année où fut prise cette photo, le nombre frôlait 12,000. Bien que Ford dominait le marché la marque Chevrolet commençait à faire sa place. Le parc automobile s'agrandissant considérablement, la demande pour les services de réparation et d'entretient a aussi bondi. 

La photo supérieure représente un de ces ateliers de réparation qui offre toute une gamme de services incluant des pièces Chevrolet. Sur le terrain adjacent, à droite et que l'on ne voit pas, un espace pour les pompes où offre de l'essence Imperial en deux saveurs; Premier ainsi que Queen. Imperial Oil avait déjà ses installations de raffineries dans l'est de Montréal depuis 1916 et avait un solide réseau de distribution, même pour l'époque. 

Il y a quelque chose d'intéressant sur la photo d'époque car on y voit non seulement des employés d'Ontario Auto, dont un mécanicien, mais aussi un policier. À gauche du mécano on peut voir un flou, ce qu'on peut présumer être un chien tenu par l'homme à côté. Il fallait rester immobile quelques secondes le temps de prendre la photo mais le chien, visiblement, ne l'entendait pas ainsi. Le bâtiment quant à lui était classique de l'époque; de la brique commune, possiblement peinte en rouge avec des portes persiennes couvrant les fenêtres. Derrière la porte d'entrée à droite se trouvait un escalier menant aux étages supérieurs. 

En 1921, un an avant la prise de la photo, le recensement avait dénombré 724,305 personnes vivant à Montréal. Depuis 1916 on avait noté un afflux important de gens provenant des régions et venant s'établir à Montréal à la recherche d'emplois. On retrouvait alors des milliers de logements surpeuplés malgré la construction de triplex. 

En 1922 ça faisait maintenant quatre ans que la ville de Montréal avait annexé la Ville de Maisonneuve, laquelle avait été fondée en 1883. Incapable d'assumer sa dette très élevée, la municipalité n'avait eu d'autre choix que de devenir un nouveau quartier de la ville de Montréal qui l'avait alors annexée en 1918. 

Aujourd'hui le bâtiment abritant Ontario Auto a disparu depuis bien longtemps et ce, dans sa totalité. Il a été remplacé quelque part durant les années 60 par un autre bâtiment aux lignes  architecturales typiques de cette époque. 



Le saviez-vous? La compagnie Chevrolet a été fondée en 1911 par Louis et Arthur Chevrolet ainsi que William C. Durant. La compagnie est devenue une division de General Motors en 1918. 



Vu: L'exposition «Chansons à l'huile» tenu à la galerie d'art Noir et Rouge dans le vieux Montréal Il s'agit d'un regroupement de peintures de l'artiste-peinte Latrav, mieux connu sous son nom d'auteur-compositeur-interprète: Plume Latraverse. À l'image du personnage et de son oeuvre on est servi par une joyeuse sélection de toiles hétéroclites aux sujets divers. En prenant la photo d'une partie de cette exposition j'ai tout de suite remarqué les deux bronzes sur le meuble. La première chose qui m'est venue en tête en les voyant a été la chanson Don Quichiotte, une de mes pièces préférées sur l'album Livraison par en arrière et qui débute ainsi: 

«Voyez trotter Sang-chaud-Pizza
Et Don Quichiotte, en joual de bois
À l'assaut des bécosses-à-vent»

Clin d'oeil involontaire, probablement mais ô combien amusant pour tous les amateurs du Grand Flan Mou. Quoiqu'il en soit l'exposition est gratuite et se termine le 15 septembre. À voir et à boire (avec les yeux). Et si vous en avez les moyens, vous pouvez même en acheter une. 


mercredi 8 juillet 2026

Le format poche: quelle belle invention!

 

Les survivants de ma collection. 

Dans l'temps, comme on dit, faire de longs trajets en voiture lorsque l'on était enfant, nous amenait souvent à inventer toutes sortes de choses pour passer le temps. Parfois on comptait, par exemple, le nombre de voitures rouges venant en sens inverse durant une période donnée. La lecture était aussi une bonne façon de se tenir occupé. Faut souligner qu'à cette époque il n'y avait évidemment pas de cellulaires, de tablettes et encore moins des lecteurs DVD avec écrans au dos des sièges! 

En 1972 on m'annonce une semaine à l'avance que l'on passer des vacances à Wildwood, au New Jersey. Mes connaissances géographiques étaient assez sommaires et franchement je n'avais aucune idée où ça se trouvait ni à quelle distance. Mon grand oncle m'avait montré sur le globe terrestre l'endroit de notre destination. Mais c'est pas loin du tout! que je m'étais dis. 

Le matin du départ, par un samedi très tôt, j'avais filé au magasin de variétés de l'autre bord de la rue pour me procurer le Pif Gadget de la semaine. J'avais aussi emporté quelques numéros du Journal Tintin, assez convaincu que j'étais que toute cette lecture me tiendrait occupé jusqu'à ce que l'on arrive à Wildwood. 

Installé sur le siège arrière en cuirette et cuisant de chaleur où mes cuisses faisaient couic-couic nous sommes donc partis comme ça. Le trajet était familier; la rue Ontario, puis la rue Papineau vers le sud d'où l'on a prit le pont Jacques-Cartier. Ensuite le long trajet vers le lignes, après quoi on se retrouverait aux z'états. 

Ce n'est qu'une fois passés la frontière que j'ai décidé d'entamer ma lecture. J'ai lu lentement et une fois le numéro terminé j'ai fait la section des jeux et énigmes au complet. J'avais loupé l'enquête de Ludo et pour une bonne raison; on faisait référence à une particularité géographique de la France, que j'ignorais complètement. Ensuite, les exemplaires du Journal Tintin. Une fois les numéros terminés j'ai posé la question légendaire: est-ce qu'on est arrivé? Et ma grand-mère, assise à mes côtés de se pencher vers moi; non mon p'tit bonhomme, ça fait juste deux heures que l'on est parti et il nous au moins huit heures de route.


Nous avons fait un arrêt dans un restaurant quelque part pour le dîner. Dans le lobby du restaurant il y avait un présentoir avec plein de dépliants promotionnels pour telle ou telle attraction touristique. J'en avais pris plusieurs, histoire de me donner un petit peu de lecture mais ça n'a pas duré longtemps et la route jusqu'à Wildwood était encore longue. Et je vais vous épargner le long chemin du retour! Déjà il était question d'y retourner l'année suivante alors j'avais du temps pour me préparer. Comment? En faisant une bonne réserve de livres format poche. Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt? 

Ces livres compacts qui entraient sans difficulté dans nos poches étaient bourrés de bandes dessinées, de jeux, d'énigmes à résoudre, de blagues et de faits intéressants à apprendre. Plusieurs éditeurs dont Pif Gadget et Walt Disney en avaient plusieurs et chaque livre poche contenait en moyenne 200 pages au prix de cinquante sous. 

À l'été de 1973 où nous sommes retournés à Wildwood, dans un motel proche du bord de la mer cette fois, le motel Attaché, j'avais une réserve d'environ une quinzaine de livres poche dans mon petit sac des Expos. Cette fois, le voyage a été beaucoup plus agréable et surtout, moins pénible. À partir de ce moment les livres poche ont fait partie de chaque déplacement longue durée que l'on faisait, soit en retournant au bord de la mer, à Frontier Town et même pour visiter mononcle Elzéar et matante Lorraine à Buckingham. 


Le saviez-vous? 
Le premier numéro de Pif Poche est paru en 1962 et a été créé afin d'offrir un recueil de gags en petit format. Les numéros de Pif poche ont connu une remarquable longévité jusqu'à ce qu'ils disparaissent en 1992. Le format a été aussi repris par Disney qui a débuté Mickey Poche en 1974 et même Radio-Canada y est allé avec ses propres numéros mettant en vedette, entre autres, Nic et Pic, dessinés par Henri Desclez. 

mardi 30 juin 2026

D'hier à aujourd'hui: coin Papineau et de Maisonneuve

 


Cette photo nous montre le coin nord-est de l'intersection de la rue Papineau et du boulevard de Maisonneuve. Là, sied une magnifique bâtisse qui semble abriter des logements multiples car il se trouve deux entrées latérales sur la rue Papineau. L'avant est doté d'un beau balcon en bois avec petit toit en pente. 

À droite du bâtiment on note la présence de maisons ouvrières avec toitures en fausse mansarde. Un modèle que l'on peut voir un peu partout à Montréal où se trouvaient autrefois les quartiers ouvriers populaires. Ces modèles de maisons permettaient aux familles de pouvoir se loger à peu de frais mais il fallait faire abstraction de toute forme de terrain sur le devant. 

Au nord on retrouve le Parc des vétérans, nommée en l'honneur des soldats de la première et de la seconde guerre mondiale. Toutefois, l'endroit avait d'abord été occupé par deux cimetières; le cimetière Papineau et au nord, jusqu'à Ontario c'était le St. Mary's Burial Ground pour les familles protestantes. Le patriote Charles Hindelang aurait été enterré, sans pierre tombale ni autre indication, dans le cimetière Papineau, dans un lot longeant la rue Papineau.  Les deux cimetières ont été ultimement été déménagés après que la ville ait fait l'acquisition du terrain vers 1944 pour le transformer en parc public. Comme les déménagements de cimetières ne sont pas une science exacte, il est fort possible qu'il réside encore des corps à cet endroit. Cette situation n'est pas sans rappeler le déménagement avorté du cimetière St-Antoine qui se trouvait à l'actuel square Dorchester et dont vous pouvez lire l'histoire ici

On ne peut pas dire que grand chose a changé depuis la prise de la photo originale en 1961, hormis que la première maison ouvrière a droite ait été démolie, probablement suite à un incendie. Quant à la maison sur le coin, elle est en tous points identique, ce qui témoigne du désir des propriétaires successifs de mener les travaux nécessaires à ce qu'elle conserve encore et toujours son apparence d'origine. 



Le saviez-vous? En anglais il existe deux mots pour définir un cimetière, soit «graveyard» et «cemetery». La différence? Le premier est un lieu d'inhumation associé à une église alors que le second ne l'est pas. Une différence qui n'a pas son équivalent dans la langue de Molière.

dimanche 21 juin 2026

D'hier à aujourd'hui: coin St-Jean et Notre-Dame

Le Pigeon Hole Parking, tel que photographié en 1957 
(Photo: Archives de la Ville de Montréal)

On regarde ici le coin sud-est de l'intersection des rue Saint-Jean et Notre-Dame. Le bâtiment que l'on voit est un stationnement intérieur mais avec une certaine particularité. Contrairement aux autres bâtisse du genre où les automobilistes conduisent leur voiture eux-mêmes jusqu'à l'endroit désiré, ici on laissait sa voiture au rez-de-chaussée et des employés activaient un habile mécanisme qui prenait votre voiture pour la caser parmi tant d'autres dans des sortes de cages en acier ou, si vous préférez, des nids à pigeons, d'où le nom. Voici le système, quoiqu'un peu plus petit, sans bâtiment autour:


Publicité pour le Pigeon Hole Parking, 1953, États Unis. 

Page publicitaire et promotionnelle pour le système, années 50, États Unis.

Ce système fort ingénieux a été inventé et mis au point aux États Unis en 1947 par les frères Vaughn et Leo Sanders (aucun lien de parenté avec le colonel). On laissait sa voiture et hop! elle se retrouvait casée en moins de deux. Et ça fonctionnait bien, sauf quand ça ne fonctionnait pas puisque le système n'était pas parfait. Mû par l'hydraulique il arrivait de temps en temps que le mécanisme fasse pétif-pétaf, laissant en plan (et dans les hauteurs) des voitures qui ne pouvaient plus être descendues, à tout le moins pas avant que des mécanos réparent la chose, au grand dam de ceux qui avaient besoin (absolu) de leur voiture. 

Qu'est-il arrivé avec cet édifice aux lignes modernes qui empruntent (directement) au style bauhaus? Il a été démoli en 2000, tout simplement. À sa place, et jusqu'en 2024, on y retrouvait un parc non officiel baptisé parc Pigeon-Hole avec des sentiers, des bancs et des œuvres d'arts. 

Le parc Pigeon-Hole vers 2023. On y retrouvait aussi de jeunes pousses d'arbres. 

Cet espace vert, s'il avait été laissé tranquille, et intégré au réseau de parcs publics de la Ville de Montréal, aurait été un p'tit poumon fort apprécié pour les résidents et gens travaillant dans ce secteur. Ça dégageait la vue et permettait d'amirer l'architecture de l'édifice Lewis (ou l'édifice Cunard Line, Cunard House, New Lewis, ou Édifice Cunard, dépendamment de l'humeur du jour) et qui a été construit en 1912-13. Bref, ça permettait de respirer un peu. Mais bon, si je parle comme ça vous savez probablement pourquoi, hein? 


En 2024 le terrain s'est retrouvé entre les mains du privé, lequel qui n'a pas tardé à développer l'emplacement du parc afin d'y construire un immeuble qui remplit chaque centimètre carré disponible. Des commerces au rez de chaussée et des condos aux étages. C'est un peu dommage car les espaces verts dans ce secteur ne courent pas les rues. 




Le saviez-vous? La rue Saint-Jean remonte à l'époque du régime français et a toujours porté ce nom. Elle n'honore pas la mémoire de l'évangéliste mais bien celle de Jean-Jacques Olier de Verneuil (1608-1657) et fondateur de l'ordre des Sulpiciens. 



Devant mes yeux:

 


 


Je viens tout juste de commencer ce merveilleux livre écrit par cet extraordinaire anthropologue bien de chez nous, et fort regretté, Serge Bouchard. J'ai entamé les deux premiers d'une soixantaine de textes qui traite d'humanité et de mémoire. Une merveilleuse lecture d'été, s'il en est une. 





Dans mes oreilles: 



En écrivant cet article je me suis laissé bercer par The Living Road, sorti en 2003, par Lhasa de Sala, une artiste éthérée, envoûtante qui nous a quitté vraiment, mais alors là vraiment trop tôt. Douze chansons qui se suivent comme les gorgées d'un bon café bien chaud. 




dimanche 7 juin 2026

Le garage UAS en 1929

 

(Photo: Archives du Musée McCord)

Ah, 1929! On se trouve ici sur le côté sud de la rue Sherbrooke tout juste à quelques pas à l'ouest de St Laurent. La magnifique bâtisse que l'on voit devant nous est le garage automobile UAS (United Auto Service) avec, comme on peut le voir, un service de remorquage gratuit (à l'époque et jusque dans les années 70 on préférait majoritairement le terme «gratis»). Mais ce remorquage sans frais était le bienvenue parce que, si vous connaissez votre histoire, c'est l'année où a débuté, en octobre, le krach économique, lequel qui allait plonger tout le monde dans le caca (financièrement parlant). Beaucoup de gens ont perdu leurs emplois, le chômage a explosé et plusieurs ont tout perdu durant cet écrasement dont les effets se sont faits sentir jusqu'en 1939. 

Dans le superbe bâtiment complètement à droite, de l'autre côté de la rue St Laurent, on retrouve plusieurs locataires dont, entre autres, la New York Frame & Glass Co, Standard Tobacco Co. et et la McGill Fur Co. Il ne reste rien de ce bâtiment mais ce type d'architecture commerciale/industrielle se retrouve ailleurs sur Saint-Laurent et il en subsiste d'ailleurs de biens beaux exemples. 

On remarque aussi le tramway 77 qui desservait St Laurent quoique d'autres lignes empruntait la rue également comme le 55, 54 et le 52, et qui leur permettait de connecter avec des rues transversales. En 1929 le réseau de la Montreal Tramways Company est immense et va bientôt atteindre 500 kilomètres de voies. 

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«Mercèdes avait rencontré Béatrice dans le tramway 52 qui partait du petit terminus au coin de Mont-Royal et Fullum pour descendre jusqu'à Atwater et  Sainte-Catherine. C'était la plus longue ride en ville et les ménagères du Plateau Mont-Royal en profitaient largement. Tant que le tramway longeait la rue Mont-Royal, elles étaient chez-elles. Mais quand le tramway tournait sur la rue Saint-Laurent, vers le sud,  elles se calmaient d'un coup et se renfonçaient dans leur banc de paille tressée: toutes sans exception, elles devaient de l'argent au Juifs de la rue Saint-Laurent.»

Extrait de «La grosse femme d'à côté est enceinte», Michel Tremblay, Leméac, 1978, page 22. 

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Toujours est-il qu'on regarde le bâtiment blanc et on risque de se demander qu'il s'agit là d'une bien curieuse architecture pour un garage. L'affaire c'est le bâtiment n'a pas été originalement construit pour abriter un garage automobile. En 1915 un certain Thomas Terrance achète le terrain et y fait construire le bâtiment (qu'il va nommer Belmont Hall), tel qu'on le voit sur la photo (à quelques menus détails près) afin d'y demeurer, loin de la ville, des tracas et d'un peu de tout, en fait. C'est que dans ce temps-là il ne se trouvait pas grand chose dans ce coin. Les gens s'étaient un peu moqué de Terrance en surnommant sa bâtisse «La folie de Terrance». Malheureusement la bâtisse a été la proie des flammes en 1937 et on a bien été obligé de démolir complètement ce qui restait. Aujourd'hui c'est une station d'essence Esso qui occupe la place (il n'y a plus de garage de mécanique et encore moins de service de remorquage gratuit). 



Le saviez-vous? Ouverte vers 1680, le boulevard, qui portait alors le nom de rue Saint-Lambert (en l'honneur de Lambert Closse), est la plus ancienne voie partant des fortifications en direction nord. C'est en 1905 que le conseil municipal de la ville de Montréal lui donne le nom de boulevard Saint-Laurent. 



Sous mes yeux: 



Édité conjointement par les Éditions Moulinsart et Casterman, Éric Verhoest raconte l'extraordinaire histoire des liens qu'on tissé deux géants de la bande dessinée et spécialistes de la ligne claire; George Rémi (Hergé), le créateur de Tintin ainsi que Edgar Pierre Jacobs, créateur de Blake et Mortimer. Le tout est généreusement garni de photos d'époque et de lettres qu'ils ont échangé, parfois entre eux ou avec d'autres. Un petit bijou de 167 pages. 






Dans mes oreilles: 


Je n'ai pas pu résister. À l'âge vénérable de 83 ans le légendaire Macca vient de pondre un nouvel album. Sans s'éloigner (trop) du style qui lui est propre, The Boys of Dungeon Lane est un album introspectif où l'artiste revisite son enfance à Liverpool, ses souvenirs avec John Lennon et George Harrison, ainsi que les années qui ont précédé la célébrité des Beatles. C'est un hommage chaleureux à la mémoire, à l'amitié et au temps qui passe.





Devant mes yeux:



Une série télé tout à fait extraordinaire où l'on suit les grandeurs et misères de la Rome antique avec une distribution du tonnerre. On a le bonheur de voir défiler quantité de grands personnages de cette époque; de Vercingétorix à César, Pompée, Marc-Antoine, Jules César (extraordinaire Ciarán Hinds) et Cléopâtre (flamboyante Lyndsey Marshal) et Titus (émouvant Rey Stevenson).