Le 14 mars dernier dans Le Devoir, sous la plume d'Alexandre Shields accompagnée de photos qu'il a prise lui-même, on apprenait la présence d'une chouette rayée au Jardin Botanique. Le texte, bien étalé, nous informe sur cet oiseau, ses mœurs et le pourquoi de sa présence au Jardin, fort bien expliqué par Nathalie Jreidini, directrice de l’éducation au Zoo Ecomuseum, à Sainte-Anne-de-Bellevue.
Durant le printemps, l'été et l'automne le Jardin est un peu ma seconde maison et ce depuis 1968 quand ma grand-mère m'y amenait faire des visites. Aujourd'hui c'est armé de ma caméra et de ma lentille zoom que j'y arpente les nombreux sentiers en quête de bonnes captures aviaires. J'y ai vu, au fil des ans, de nombreuses espèces d'oiseaux et suite à la lecture de l'article, une question s'impose: est-ce que la chouette rayée est rare au Jardin et, est-elle aussi discrète que le mentionne l'article? D'abord, les présentations d'usage. Voici quelques chouettes rayées que j'ai photographiées au fil des ans.
Celle-ci se trouvait à l'orée du jardin des Premières Nations à quelques mètres d'un sentier au début du printemps. Non loin d'elle se trouvait un épervier juvénile qui tentait, sans gros succès je dois l'avouer, de l'intimider. La chouette, nullement impressionnée par le p'tit jeune, est demeurée sans broncher.
Celle-ci a été photographiée il y a deux ans. Elle se trouvait en retrait là où se joignent le nord du jardin Chinois et le sud du jardin des Premières nations. L'endroit où j'ai pu la prendre en photo était le seul où je pouvais la voir. Trop à gauche et il y avait plein de branches pour la cacher. Trop à droite et il se trouvait un arbre.
Ceci étant dit, la chouette rayée est plus présente qu'on ne le croît. Il y a trois ans il s'en trouvait deux même. Discrète? Pas tant que ça et elle peut même se trouver à un mètre de vous le long d'un sentier, perchée sur une branche.
Les bernaches du Canada font aussi partie des oiseaux migrateurs qui nous arrivent, quant à eux, du sud, où elles ont passé l'hiver. Celle-là viennent s'installer pour demeurer avec nous durant tout l'été et une bonne partie de l'automne, avant de repartir, en envolées spectaculaires, vers le sud de nouveau.
Le carouge à épaulettes en est un autre qui nous revient au printemps. Cet oiseau territorial, qui n'hésite pas à s'en prendre à des oiseaux plus gros que lui, qui inclut les corneilles!, revient au mois d'avril et les femelles suivent généralement deux semaines plus tard. Les couples vont nicher et après un certain temps l'espèce quitte le Jardin, pour n'y revenir que l'année suivante.
Il en va aussi de même pour plusieurs espèces de parulines, dont la durée des séjours varie grandement. Les orioles de Baltimore, hirondelles bicolores, moucherolles phébi, grand héron, héron vert, le canard branchu et le colvert.
Mais qu'en est-il d'espèces rares que l'on voit que très peu et souvent assez brièvement? voyons un peu cela ensemble grâce à mon archive de photographies d'oiseaux capturés au Jardin botanique.
Le héron vert
La mésange bicolore
Le petit blongios
Le moyen duc
Le cormoran à aigrettes
La grande aigrette
La tourterelle triste
La tourterelle triste est cet oiseau qui fait partie de la même famille que la colombe et le pigeon biset. On voit souvent cet oiseau dans certains parcs et dans les banlieues. Toutefois, je n'ai pu voir cette espèce que très rarement au Jardin botanique. Ici, un mâle et une femelle se roucoulent ça à qui mieux mieux, préparant sans doute la prochaine génération. Elles doivent faire attention car elles représentent un repas succulent tant pour les rapaces. La seconde fois que j'ai vu une tourterelle triste au Jardin elle venait justement de se faire pincer par une buse à épaulettes dans le Jardin des Premières nations.
La buse à épaulettes
La buse à épaulettes n'est pas un oiseau excessivement rare au Jardin mais contrairement à l'épervier de Cooper il n'y demeure pas en permanence. Cette buse est plus grande et plus massive et lorsqu'elle vient faire son tour on peut la voir dans plusieurs coins et racoins du Jardin cherchant, grâce à sa vue exceptionnelle, mulots, tamias rayées et écureuils à se mettre sous le bec. Les autres oiseaux sont aussi au menu, comme je l'ai mentionné juste un peu plus haut. Sa timidité varie grandement; soit elle se tient près d'un endroit passant, donnant de belles opportunités aux visiteurs et photographes, ou elle se tient en retrait, parfois dans les hauteurs. Sa présence, lorsque remarquée par d'autres oiseaux, les font piailler un cri d'alarme qui semble universel, s'avertissant les uns et les autres. Faites gaffe! semblent ils dire.
Le grèbe à bec bigarré
La présence du grèbe au Jardin est rare mais s'il s'y trouve, et que le mâle parvient à attirer une femelle, ils seront assez visibles. Lorsqu'ils nagent sur l'eau ils ne sont pas peureux, permettant ainsi de saisir d'excellentes opportunités photographiques. En 2021 un couple se sont installés dans les roseaux au milieu de grand étang et se sont bien donnés en spectacle avec non pas une mais bien deux couvées. L'année suivante une couple de harles couronnés sont apparus en même temps que les grèbes. Comme les deux espèces ne peuvent pas se sentir les harles ont préféré s'en aller. Toutefois, cette année-là, les grèbes ont été moins visibles. La dernière fois que l'on a entendu un grèbe c'était il y a deux ans. On l'entendait tenter d'attirer une femelle mais sans succès. S'il est là, il faut en profiter mais s'il n'y est pas, nul ne sait quand il reviendra. Un an, trois ans, peut-être plus?
Maintenant, voici le sommet de mon palmarès des oiseaux les plus rares que j'ai pu observer au Jardin botanique. Prenez note que d'autres photographes qui s'y promènent pourraient avoir un palmarès différent, tout dépend de la chance et du moment.
Le balbuzard pêcheur


















































