dimanche 9 juin 2024

Le garage Fisher-Price

Pour les enfants de plusieurs générations les jouets Fisher Price représentent une pièce majeure de la nostalgie des belles années d’enfance. Que ce soit le téléphone, la radio portative en bois, l'appareil photo ou les ensembles de jeu comme la ferme (1968), l'école (1971), l'aéroport (1972) ainsi que le sujet d'aujourd'hui, le garage, introduit en 1970.

Le garage original, appelé en anglais Action Garage, est majoritairement construit en plastique robuste et l’ensemble de la structure, soit deux étages plus une cage d’ascenseur, repose sur une base carrée en aggloméré. Au premier niveau on retrouve l’entrée, la rampe d’accès, une pompe à essence ainsi qu’un élévateur. Ce dernier se compose d’ailleurs de deux parties; celle pour les voitures et l’autre pour les personnages. La montée et la descente s’effectuent de par une manivelle que l’on tourne sur le côté et à chaque étage une cloche retentit. 

L'on entrait avec la voiture dans l'élévateur, on stationnait la voiture au premier ou second étage et on redescendait par l'autre élévateur. Les deux partageaient le même mécanisme.

La cage de l'élévateur avec son joli design. Le numéro 930 signifie tout simplement le numéro de modèle du jouet. 

Une fois l’étage désiré atteint, la barrière de protection se lève automatiquement. Le rez-de-chaussé est également orné d’une grande illustration où l’on voit un chemin piétonnier en pierre, un peu de verdure avec un avertissement destiné aux petits personnages, une fontaine ainsi qu’une fosse pour réparations. C’est d’ailleurs au-dessus de cette dernière que l’on peut placer une sorte de plate-forme qui permet de soulever les voitures, avec une petite manivelle, afin d’en faciliter l’entretien et les réparations. Au premier étage se situe un palier de stationnement qui ne peut être atteint que par l’élévateur. Puis le second niveau où l’on retrouve, entre autres choses une plate-forme circulaire que l’on peut faire tourner avec une autre manivelle et qui facilite le stationnement des voitures. Celles-ci peuvent redescendre en bas soit pas l’élévateur ou par la rampe d’accès. Les concepteurs chez Fisher-Price ont fait un sacré boulot en optimisant l’espace et en maximisant la surface de jeu pour que les personnages puissent évoluer sans embûche. Ce garage pouvait nous amuser pendant de longues heures. Et vous? En avez-vous eu un? Partagez vos souvenirs en laissant un commentaire!


 

Le saviez-vous? Bien que les petits personnages de Fisher Price aient fait leur apparition au début des années 50,ce n'est qu'en 1965 qu'ils prendront leur forme classique définitive et qui va perdurer jusqu'à ce que des soucis d'étouffement forcent un changement de design en 1990.



lundi 22 mai 2023

Les crayons feutre Buffalo

 Voilà le printemps qui s’amène et de là, on voit finalement la fin des classes. Dehors la neige a complètement disparue et la température s’élève peu à peu. C’est un samedi matin d’avril et la météo prévoit une journée ensoleillée avec une température fraîche mais confortable. Je termine mon bol de Count Chocula, mon troisième, et le termine rapidement parce que je piaffe de descendre dans le garage et sortir ma bicyclette pour la première fois de l’année. Je m’habille à toute vitesse mais y’a un truc qui m’échappe; de soleil dehors, y’en avait pas. Le ciel était tout gris et c’est seulement lorsque je me suis collé le nez à la fenêtre que je me suis rendu compte qu’il pleuvait tout plein. Bon, ben il semble que ma première promenade sera reportée. Heureusement je suis un enfant parfaitement incapable de s’ennuyer et je réoriente donc mon programme du jour en conséquence.


Dans ma tête se bousculent les possibilités; faire des vaisseaux spatiaux avec mes Lego en écoutant des cartoons à la télé, m’occuper de ce modèle réduit qui n’attend, inventer de nouvelles aventures avec mes figurines GI JoeSteve Austin, Big Jim et du prof Bergman, faire des courses d’élimination entre mes voitures Matchbox et Hot Wheels. Et ce ne sont là que les choses auxquelles j’ai pensé durant les trois premières secondes. Finalement j’ai opté pour appeler l’ami Daniel, celui qui m’avait montré à bien assembler les modèles-réduits. Une demi-heure plus tard nous étions installés dans sa cuisine, bien attablés avec une provision de feuilles de papier ainsi que nos magnifiques ensembles de crayons feutre Buffalo, tous alignés dans une belle boîte en métal ornée d’une reproduction du Déjeuner des canotiers, de Renoir. De vulgaires crayons de cire? Surtout pas! Là, au son d’une version disco de Star Wars (Meco) qui jouait de par de petits haut-parleurs dans la cuisine, on barbouillait pendant des heures des scènes du film qui venait tout juste de sortir. La séance se terminait lorsque la mère de Daniel en avait raz les oreilles d’entendre la fameuse toune de la cantine ad repetitio. Mais bon, c'est un exemple parmi mille! Je me souviens avoir passé des pans de journées entiers à crayonner tout un fourbi de trucs; fusées, voitures, extra-terrestres, animaux étranges, scènes d'action... 


Avant d'aller plus loin, un mot sur l'œuvre choisie par Buffalo pour orner cette boîte. Il s'agit d'une magnifique toile d'Auguste Renoir intitulée "Le déjeuner des canotiers". Cette peinture se définit comme suit; 


Nous sommes à la fin de l'été 1880 à Chatou, une commune dans le département des Yvelines, un peu au nord-ouest de Paris. Sur la terrasse de "La Maison Fournaise" qui est une auberge et guinguette , Auguste a réuni des amis et modèles pour une grande œuvre. La dame au petit chien s'appelle Aline Charigot, c'est la future épouse d'Auguste Renoir. Derrière elle se tient debout Hippolyte Alphonse Fournaise, fils du propriétaire de l'auberge. Accoudée à la rambarde c'est Alphonsine Fournaise , sa sœur, qui écoute le Baron Raoul Barbier, bien assis et dos tourné avec un chapeau melon. Gustave Caillebotte, peintre également, est assis à droite à califourchon sur une chaise. Le couple près de lui est Ellen Andrée, laquelle est actrice tandis qu'Adrien Maggiolo, directeur du journal "La France Nouvelle" se penche vers elle. Derrière eux , le petit trio est formé du journaliste Paul Lhote avec un pince nez , Eugène Pierre Lestringuez au chapeau melon noir et l'actrice de la Comédie Française Jeanne Samary. La jeune modèle au verre d'eau est Angèle Legault. Derrière elle debout se tient le critique d'art et collectionneur Charles Ephrussi coiffé d'un chapeau haut de forme et éditeur de la Gazette des Beaux Arts. Il converse avec le poète Jules Laforgue. 

Notez que si l'envie vous prend, il est possible de visiter la Maison Fournaise et de prendre un repas sur la même terrasse où l'artiste y a peinturé ses amis et convives. On clique ici!



En ouvrant la boîte on retrouve sous le couvercle des conseils pour l'entretien des crayons, les différentes couleurs qu'on y retrouve ainsi que d'autres petites astuces dont le proverbial avertissement de remettre le capuchon dès que l'on a terminé de s'en servir. À défaut de le faire, le bout séchait et pouvait rendre la pointe feutre inutilisable. Il se trouve également une feuille protectrice en styromousse. 

Saurez-vous trouver la coquille dans la description des couleurs? Indice, il s'agit d'une bien mauvaise traduction.



Et voici l'ensemble des crayons que l'on y retrouve. À noter que ceux-ci, qui sont les miens, écrivent encore, ce qui hautement appréciable après toutes ces années. Buffalo offrait d'autres boîtiers de crayons dans des formats différents, dont une boîte plus petite et ornée d'une peinture de Rembrandt; L'homme au casque d'or, circa 1650. Il aurait été un peu bête de jeter la boîte si les crayons atteignaient leur durée de vie utile et c'est pourquoi Buffalo vendait aussi ces crayons à l'unité, permettant du coup de les remplacer individuellement. 


Le saviez-vous? Le premier crayon feutre a été inventé et breveté par un certain Lee Newman en 1910. Il s'agissait d'un tube empli d'encre et directement connecté à une pointe feutre poreuse permettant le passage de l'encre. Des amélioration ont été apportées en 1926 et 1944 mais la version finale du produit a été mise au point par la Tokyo Stationery Company en 1962. 

samedi 31 décembre 2022

Monopoly, ou l'art de dénoncer l'avarice immobilière quoique pas vraiment

Ah, Monopoly! Générateur incontesté de formidables soirées familiales ou entre amis qui se terminent toujours dans la joie et où tout le monde sort content content. Pas vrai? Oui bon, ma tarte au sarcasme fourrée au sarcasme et garnie de sarcasme n'est certes pas passée inaperçue sinon comment diable avez-vous joué à ce jeu. Et si je vous disais que Monopoly fut originalement conçu comme étant un jeu voulant dénoncer les affres des grands propriétaires immobiliers? 


Faites la connaissance d'Elizabeth Maggie, une américaine de l'Illinois née en 1866. Surnommée Lizzie, la jeune femme est débrouillarde en plus d'être auteure, comédienne, ingénieure. À l'âge de 26 ans elle reçoit un brevet pour la mise au point d'un mécanisme permettant de faire défiler plus facilement le papier dans une machine à écrire. Elle fait également partie d'un mouvement qui suit les principes de l'économiste Henry George qui soulignait, entre autres, que la location de terres, terrains et immeubles ne profitait qu'à une minorité (les propriétaires) plutôt qu'à une majorité (les locataires). De dire que les propriétaires immobiliers n'étaient que des pustules sociétales qui ne contribuaient en rien sauf à leur petit portefeuille, il n'y avait qu'un tout petit pas. 

Cette philosophie était un mouvement bien réal vers la fin du 19è siècle et début du 20è: plutôt que taxer les échanges commerciaux, les ventes et le travail, les gouvernements ne devraient que taxer les terrains ainsi que les ressources naturelles qui s'y trouvent. Les racines de cette idée ont toutefois prit leur source plus tôt chez des penseurs comme Adam Smith et David Ricardo. une taxe foncière serait économiquement plus efficace que les autres taxes puisqu'elle n'était pas un fardeau pour l'activité économique. Cela réduirait du même coup la spéculation immobilière, éliminerait les périodes de booms et de creux et pourrait même aplanir les inégalités économiques. 

Pour citer Lizzie, le jeu se voulait "...une démonstration pratique du système en place qui permet d'acquérir des terrains à profusion avec les résultats que l'on connaît." Toute ressemblance avec le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui n'est pas que coïncidence. En ce sens, et pour prouver sa théorie, Lizzie développe un jeu de société, The Landlord's Game dont elle reçoit le brevet le 5 janvier 1904. Avec ce jeu, soigneusement fignolé, les joueurs apprennent tout le pourri qui se retrouve lorsqu'il y a monopole immobilier.

Dans le jeu on retrouve donc deux ensembles de règlements; un qui est anti-monopole et qui s'appelle Prospérité dans lequel tous sont récompensés pour toute richesse créée, et un autre, Monopole où le but est d'écraser tous les autres joueurs en créant un monopole où la grande majorité des terrains sont la propriété d'une seule personne. Ces deux versions de règlements illustraient la toxicité des monopoles et les bénéfices d'une approche plus humaniste et coopérative. Il est cependant ironique et démonstratif de la nature humaine que c'est la version du monopole écrasant qui est devenue la forme définitive du jeu. Toutefois, en regardant ce qui arrivé à Lizzie, ce n'est guère surprenant. 

Le brevet original (U.S. Patent) 748,626 accordé à Lizzie.

Édition de 1935 publiée par Parker Brothers et arborant le nom et la photographie de Lizzie qui a alors 69 ans (elle vivra jusqu'à l'âge de 81 ans).

Une des premières version du tableau de jeu. 
Le tableau du jeu dans sa version de 1935. 

En 1934, Parker Brothers publie un jeu nommé Monopoly qui se trouve à être ééééééétrangement similaire à celui conçu par Lizzie. Charles Darrow, qui a *tousse tousse* créé *tousse* le jeu Monopoly soutient qu'il l'a inventé dans son sous-sol. Entre-temps, bien que The Landlord's Game soit aussi publié chez Parker, Lizzie n'a jamais reçu que $500 en redevances et aucune mention de son nom n'apparaît dans le jeu Monopoly. 

En janvier 1936 Lizzie, dans une entrevue dans un journal de Washington (D.C.), elle mentionne les nombreuses similarités entre son jeu et celui "inventé" par Darrow. Elle glisse aussi par la bande que le développement de son jeu lui a coûté davantage que les profits qu'elle en a retirés, surtout du fait que Parker Brothers aient sciemment omis de créditer Lizzie pour le jeu Monopoly. Après la parution de l'article, Parker accepte de publier deux jeux supplémentaires créés par Lizzie; Bargain Day et King's Men. La compagnie continue toutefois de créditer Darrow pour la création de Monopoly. 

La paternité de Monopoly aurait continué d'être attribuée à Darrow alors que le nom de Lizzie se serait retrouvé dans les méandres obscures si ce n'était de Ralph Anspach, (décédé en mars 2022) un Allemand naturalisé et professeur à l'université de Chicago qui a redécouvert le brevet accordé à Lizzie et son lien avec Parker Brothers mais aussi parce qu'il s'est retrouvée dans une dispute légale avec l'éditeur de jeux en raison de sa propre création: Anti-Monopoly. 

Aujourd'hui, et malgré le fait que Parker Brothers et Charles Darrow aient reçu le crédit pour l'invention de Monopoly, Lizzie est maintenant reconnue de façon posthume comme étant la créatrice originale du jeu. 

Maintenant, regardons d'un peu plus près le tableau de jeu de Monopoly d'un peu plus près et plus particulièrement les noms des différents terrains que l'on retrouve tout le tour et pourquoi, surtout, certains terrains ne valent qu'une poignée de change alors que d'autres, quant à eux, valent leur pesant d'or. Est-ce que les noms et les valeurs ont été choisis au hasard ou encore y'aurait-il quelque chose de plus significatif? 

C'est ici que ça devient intéressant. 

Êtes-vous déjà allé à Atlantic City au New Jersey? Si oui, durant votre visite, avez-vous noté le nom de nombreuses rues? Si oui, avez-vous noté combien de ces rues se retrouvent dans le jeu Monopoly? Si vous avez répondu de façon affirmative à ces trois questions alors bravo, un morceau de robot. 


Sur cette carte d'Atlantic City, on peu voir les rues d'où sont tirés les noms des différents terrains du jeu et ce n'est pas un hasard. Au fil du temps les règles du jeu ont été modifiées. C'est à ce moment qu'un agent immobilier d'Atlantic City, un certain Jesse Railford, apporta une innovation importante soit celle d'attribuer des prix différents sur les terrains se retrouvant dans le jeu. Il connaissait bien Atlantic City et la valeur marchande hiérarchique des terrains se retrouvant dans différentes parties de la ville. 

Cette hiérarchie (et ses prix) s'étaient formés par la ségrégation raciale qui avait malheureusement le vent dans les voiles durant les années 30 aux États-Unis. Étant l'une des différentes passerelles de la Grande Migration du début du 20è siècle, Atlantic City était cette sorte de destination pour un immense nombre d'Afro-Américains laissant derrière eux l'oppression étouffante du Sud afin de trouver de meilleures opportunité ainsi qu'une qualité de vie décente. Malheureusement, ce qu'ils ont trouvé là n'était rien d'autre que le même racisme, si ce n'était que sous une forme différente. 

Durant les années 30 les secteurs en bleu foncé, vert, jaune et rouge étaient les rues riches et exclusives. Et le mot "exclusif" voulait dire: interdit aux Noirs. Ces derniers résidaient dans le secteur aux rues à prix modique, les bleu pâle, mauve et brun. Le tableau de jeu, dont le modèle est resté inchangé depuis, est une représentation des préjudices raciaux du temps. Atlantic City était néanmoins une ville d'opportunités où plusieurs communautés ont pu s'épanouir. Les commerces appartenant aux Noirs connaissaient le succès sur l'avenue Kentucky et Count Basie jouait au Paradise Club sur l'avenue Illinois. Au bout de l'avenue Indiana se trouvait une plage pour les noirs et si l'on voulait déguster des mets chinois ou du délicatessen hébraïque, c'est sur l'avenue de l'Orient que l'on se rendait et c'est sur New York Avenue que l'on a retrouvé les premiers bars homosexuels aux États Unis. 

Le document le moins lu sur la planète. 

Statistiquement, les trois endroits sur le tableau de jeu où les joueurs se retrouvent le plus souvent sont: la prison, GO et l'avenue Illinois. 

On estime qu'il s'imprime environ 30 milliards de billets de banque Monopoly annuellement. 

Le succès de Monopoly, malgré les séismes familiaux qu'il peuvent procurer, est l'un des jeux de société le plus vendu de tous les temps (la première place revient à Trivial Pursuit) Aujourd'hui publié sous la bannière Hasbro, qui a avalé Parker Brothers en 1991, le jeu Monopoly se décline non seulement en versions régionales de par le monde, mais aussi sous différentes thématiques allant des Avengers, à Star Wars et plus de 300 autres. Voici d'ailleurs quelques photos d'une version de Monopoly Française où l'on y retrouve des terrains dont les noms sont tirés de rue parisiennes. 



En terminant, il faut réaliser qu'une partie de Monopoly se termine lorsque tout le monde est endetté par-dessus la tête et que plus personne ne peut y vivre. À ce moment, plus rien n'a de valeur, les hôtels tombent en ruine car inoccupés et la seule chose qui reste à faire est de tout recommencer. C'est parfaitement insoutenable et si vous y voyez une ressemblance avec le monde dans lequel nous vivons c'est déjà reconnaître que l'on se dirige droit dans le mur en tant que société. 

En guise de bonus ajouté absolument gratis, je vous offre la transcription intégrale d'une partie de Monopoly comme seul le Collectif des Écureuils peut le faire et qui nous explique bien le phénomène. Sans plus attendre, rideau!



Rodrigue: Bon, 4 pis 4 ça fait 8. Jardins Marvin.

Gendron : Jardins Marvin. C’est chez-moi ça.

Conrad : Savez-vous que le nom du terrain est mal appelé? 

Phil : Comment ça?

Gustave : Le vrai nom c’est pas Marvin mais Marven, c’t’un développement immobilier dans l’New Jersey. Dans l’édition originale du jeu y’ont fait une erreur d’orthographe pis ça jamais été corrigé. Pis l’terrain à côté, Ventnor, c’est une vraie rue qui borde Marven Gardens.

Phil : Es-tu en train de nous dire que terrain sur le jeu c’est des vrais?

Gustave : Coudonc, t'as pas lu le texte juste en haut toi? Bon, pas touttes mais y’en a une bonne gang qui viennent d’Atlantic City comme l’Avenue Illinois, qui a changé de nom depuis l’temps pis la Place St-Charles qui elle existe pu pantoute. 

Pinotte : Même les chemins de fer? 

Gustave : Ben, B&O c’est Baltimore & Ohio mais c’est pas une compagnie qui se trouvait à Atlantic City pis qui fait aujourd’hui partie de CSX. Pennsylvania Railroad ça existait aussi. Petit Réseau par contre c’est probablement relié  au Shore Fast Line, une ligne de tramway à Atlantic City.

Gendron : Bon, j’ai pas grand-chose là-dessus faque c’est $280. 

Rodrigue : Bon, comme j’ai des doubles je rejoue encore. Sept pis trois ça fait dix, faque drette su’a Promenade.

Pinotte: Oh boy! Promenade mon homme, ça c'est à moi pis avec 6 hôtels ça va t'en coûter une méchante beurrée.

Rodrigue: Wô là!!! Comment ça 6 hôtels? T'avais juste une maison tantôt...!

Pinotte: Pas ma faute moi si chu un promoteur agressif. Bon, Gustave passe moi donc la calculatrice... merci. Ok, attend un peu.... m'en vas te calculer ça....mhhh....han han... Bon! Ca te fait un gros $4500.

Rodrigue: Eille t'es tu malade??? D'où c'est que tu sors ça toi là, $4500????????

Pinotte: Ecoutes ben chose, si chu pour construite un complexe hôtelier m'en vas quand même pas construire l'hôtel Tartempion sur le bord d'une route de garnotte, moi j'ai fait ça dans l'genre Tremblant, ca fait que ça coûte plus cher.

Rodrigue: Menute là, c'est pas écrit dans le règlement que tu peux faire ça!!

Pinotte: C'est pas écrit que j'peux pas.

Rodrigue: Bon. Correct. C'est de même que tu joues? Check ça!

Pinotte: Eille, kossé que tu fais là à piger dans la banque de même toi là!?!

Rodrigue: C'est un hold-up. Pas assez d'argent pour payer ton esti d'hôtel de cul, ca fait que j'vole!

Cartier : C’t’un hôtel de cul? Avoir su j’aurais investi. Faire un club échangiste là-dedans ça aurait été payant.

Pinotte: Pis toi la banque tu te laisses faire?

Conrad: Moi chu en dessous du bureau pis je chie dans mes culottes. Risquerai pas ma vie pour une couple de piasses moi là.

Rodrigue: Quin mon Pinotte, v'la ton cash.

Pinotte: ...

Conrad: Bon, c'est à moi. 2 plus 3 ça fait 5.

*toc toc toc toc toc*

Phil: Bon ben l'électricité c'est moi ça. Pis j'ai les deux services. D'habitude c'est dix fois les dés mais là ma division  <strike>Crosseur</strike> Distribution manque de foin ça fait que je montes ça à vingt fois le montant des dés.

Gustave: Manque d'argent mon cul, t'en as tellement en dessous du board que les pitons ont d'la misère à tenir.

Phil: Chiâle encore pis j'monte ça à trente.

Conrad: #$%^#$%^ Un 12... calvaire!

*Paye*

Phil: Merci mon Gus. Bon, passes-moi les dés c'est à mon tour. Bon, un 8. J'arrive sur.... Chance! "Erreur de la banque en votre faveur". Gus, tu m'dois $100.

Conrad: J'te dois rien pantoute.

Phil: S'cuze là ,mais c'est marqué su'l carton...

Conrad: M'en sacres. On s'est fait hold-uppé faque on a pu une cenne noire!

Phil: Ben là...

Conrad: Continues comme ça pis j'vas tellement augmenter mes frais de <strike>sévice</strike> service que t'en verras pu clair.

Phil: Tu peux pas faire ça!

Conrad: Eille, chu une banque moi. J'fais c'que j'veux, quand j'veux pis comme j'veux.

Phil: @%@^&amp;

Cartier: Bon, c'est à moi..... Un 7. Là j'passe "Go" pis j'tombe sur Baltique. Y'a personne qui l'a? Bon ben j'vas l'prendre.

Gendron: Y'a jamais personne qui arrive sur ce terrain-là anyway... 

Gustave : En fait, statistiquement, l’Avenue de la Méditerranée qui est le terrain oussé que le monde tombe le moins. Pis le terrain sur lequel le monde tombe le plus c’est Avenue Illinois.

Phil : Ça existe encore Avenue Illinois?

Gustave : Avant oui, mais pu astheure. Dans les années 80 y’ont changé le nom pour Boulevard Martin Luther King Jr. 

Cartier: Ah, pis comme j'viens de passer "Go" ben la banque me doit $200.

Conrad: J'viens de dire qu'on avait pu une crisse de cenne.

Cartier: Toi pis tes affaires de hold-up. Brillant ça!

Phil : Moi, chu en prison pis chu ben. 

Gustave : Savais-tu que le policier qui t’as envoyé en prison s’appelle Edgar Mallory pis que ton «voisin» de cellule c’est Jake the Jailbird?

*Rodrigue compte encore son cash*

Cartier: Bon ben Gendron, c'est toi qui s'occupe des terrain? J'prend la "Baltique". Peux-tu me donner mon carton?

Gendron: Quin mon homme.

Cartier: Pourquoi la carte est toute orange?

Gendron: Y'avait pu de chips dans la dépense ca fait que j'ai pris des crottes de fromage. 

Cartier : C’est fin ça, toutes les pièces du jeu toutes tachées…

Gendron : Ah pis la Baltique là? C'est $500.

Cartier: Quossé ça $500? C'est marqué $60!

Gendron: Chu un agent immobilier. Penses-tu que j'fais ça gratos moi? Faque j'prend une commission su'a vente.

Cartier: $500... Tu trouves pas que t'exagères un peu?

Gendron: Pas ma faute moi si Pinotte s'est bâti un gros complexe hôtelier juste à côté de chez-vous. Ca fait monter la valeur des terrains, veut, veut pas.

Cartier: Bon ben sais-tu, j'vas laisser faire.

Gendron: Bon, c'est à moi.....Oh boy! Un 11. Ca fait que j'tooooombes.... impôt sur le revenu. Bon ben comme j'ai pas mal de cash j'vas donner $200.

Gaston: Par icitte le $200.

Gendron: Pourquoi j'te donnerais ça? Ca va dans le milieu pour le parking gratis si on tombe dessus...!

Gaston: Voyons donc, t'as tu déjà vu ça toi quelqu'un payer ses impôt dans un parcomètre toi?

Pinotte: Ben, le montant est quasiment rendu le même astheure!

Gendron: Mais pourquoi j'te donnerais ça à toi?

Gaston: Pendant que tout le monde s'obstinait, j'ai demandé si ça dérangeait quelqu'un que je prenne la tête du gouvernement pis personne s'est objecté.

Rodrigue: Ben là chose.

Cartier: Franchement, ça s'fait pas ça là!

Gaston: C'est un jeu capitaliste ça? C'est une démocratie? Me suis présenté pis y'a personne qui est allé voter, ca fait que... Elu par défaut.

Pinotte: Attends minute là...C'est pas écrit dans les règles ça!

Gaston: C'est pas écrit que j'peux pas. Envoye Gendron, par icitte le $200.

Gendron: Vous autres pis vos maudits règlements inventés. %@#$

Pinotte: A mon tour. Ok....Un 5. Caisse Commune. Bon... «Frais de médecin» $100.

Gaston: C'est l'fun ça. Un beau $100 par icitte.

Pinotte: Ben moi j'paye pas! 

Gaston: Qu'est-ce que tu veux? Faut ben. Mon gouvernement manque d'argent.

Conrad: Regardes-moi pas Pinotte, la banque est aussi vide que tout à l'heure mais j’vas augmenter mes frais de services faque dans pas grand temps j’vas patauger dans l’cash.

Phil: Coudonc, y'a pas de pétrole dans c'te jeu-là? Me sembles que je tiendrais pas mal tout l'monde par les gosses avec ça.

Gaston: C'est à moi. Un 9. Gendron avances donc mon pion sur Avenue du Pacifique.

Rodrigue: Bon, attends là. Moi tantôt j'ai décidé de faire bâtir quatre maisons sur c'te terrain là.

Gaston: Ouain pis? Chu capable de payer.

Rodrigue: Ben là quand les ouvriers ont creusé y'ont pogné du pétrole. Justement.

Phil: Eille, maudit crosseur! C'était mon idée ça!

Rodrigue: M'en sacres. Ca fait que là chu tout seul à avoir du pétrole pis l'seul terrain à avoir une station de gaz. Ca fait que chaque fois que vous allez passez vous allez tinquer pis au prix que ça va me tenter à part ça. Quin, un papillon vient de lâcher un pet en Australie faque j’vas remonter mes prix de suite.

Cartier: Ben l'gouvernement vas prendre sa part la-dedans, tu peux en être certain.

Conrad: J'peux-tu installer un guichet automatique dans ta station de gaz?

Gaston: En tout cas, j'me fous pas mal de ce que ca va coûter. Chu l'gouvernement ca fait que j'vas passer ça sur le compte de dépenses. Pis la moitié va me revenir en forme de taxes. Sais-tu finalement c'est pas si pire! Serres-moi la main mon Rodrigue, j'pense qu'on va faire des ben bonnes affaires ensembles.

Gendron: C'est smatte ça.

Gaston: Chu un gouvernement, penses ben pas que j'vas me mettre à dépenser de façon responsable!

Rodrigue: Bon, j'viens de rouler un 10. Chance. Bon, quossé que j'vas pogn...TABARNAC! Faut que j'paye les rénovations sur toutes mes maisons pis mes hôtels. Viarge, j'en ai partout!!!!

Gaston: Va être payant pour le gouvernement ça!!!

Rodrigue: Dans l'cul. J'fais faire la job au noir.

Pinotte: Come on les gars, ç'a pu d'allure! On peut pas continuer comme ça...le board est tout de travers, la banque est vide, tout l'monde crosse tout l'monde, on s'invente des règlements à toutes les deux minutes....

Cartier: Pis y'a plein d'osties de crottes de fromage partout.

Gendron: Ben coudonc, c'est peut-être pour ça que ça s'appelle un jeu de société j'cré ben!





Le saviez-vous? En 1978 le catalogue de Noël Neiman Marcus offrait une édition de Monopoly entièrement en chocolat au prix de $600. Une autre par le designer Sydney Mabel, comportait un tableau 23 carats et des dés incrustés de diamants, mais au prix de 2 millions. 








dimanche 1 janvier 2017

Les montagnes russes des Fêtes

Pour tout enfant, l'exaltante période des Fêtes en est une où l'on s'amuse ferme avec les jouets reçus à Noël. Toutefois, du temps où j'étais gamin le congé des Fêtes était beaucoup plus court comparé à aujourd'hui alors on mettait les bouchées doubles. À l'époque, l'école reprenait dès le premier jour ouvrable après le Jour de l'An. Maintenant les élèves bénéficient d'une semaine supplémentaire. Ah, ce qu'on aurait donné pour avoir ça aussi. 

Quoi qu'il en soit, cette période servait évidemment à s.amuser à fond de train avec les jouets reçus et le Jour de l'An ne faisait pas exception. rien de plus agréable que de recevoir cousins et cousines et leur montrer ce qu'on avait reçu où bien de z'yeuter ce qu'eux avaient reçu. 

Aujourd'hui j'ai décidé de partager avec vous un autre de ces cadeaux reçus durant mon enfance, en 1971 cette fois. Du haut de mes cinq ans, pas besoin de vous dire que fut là un cadeau très apprécié. Le voici tel qu'il apparaissait dans le catalogue Distribution aux consommateurs de de Noël cette année-là. 


Il s'agit d'un jeu de montagnes russes mécanisé et actionné par une petite chaînette reliée à un moteur fonctionnant à piles. Cette chaînette fait grimper les petites voitures en haut complètement et celles-ci dévalent le long du trajet jusqu'en bas où elle remontent de nouveau en haut. Voyons le jeu de plus près.


Le concept n'est pas nouveau et rappelle les montagnes russes en métal repoussé fabriqués par la compagnie S. Chein et qui ont été si populaires durant les années 50 et 60. La compagnie qui a fabriqué celui-ci est identifiée sur la boîte comme S Products, et rien de plus. La seule brindille d'information que j'ai pu recueillir est que cette compagnie quelque peu obscure était située à Hong Kong. La piste en elle-même a été ingénieusement conçue pour le stockage dans la boîte que l'on peut voir à l'arrière. Une fois les supports rouges enlevés la piste, grâce aux joints flexibles qui unissent les voies, se replie à plat. 


Voici le bloc qui cache le compartiment à piles (2 "C") ainsi que le moteur qui actionne la chaînette. Ici, rien de compliqué, un simple interrupteur «ON- OFF» ainsi qu'une languette que l'on peut pousser de côté pour accéder au compartiment des piles. 


Les petits drapeaux apportent une petite touche d'agrément. On peut aussi voir encore une fois l'illustration de la boîte où figurent deux enfants. Outre ces derniers, il n'y a aucune mention sur la boîte sinon »Roller Coaster» ainsi que le nom de la compagnie. À l'avant-plan une voiture achève sa remontée et se prépare à descendre. 


Ici on peut apercevoir comment le mécanisme de remontée fonctionne; un pieu en plastique, moulé à même le corps du bolide accroche un maillon de la chaînette et se décroche automatiquement une fois rendu en haut. On peut noter aussi les roues qui sont en métal ainsi que les personnages de couleurs qui se trouvent à l'intérieur. regardons maintenant le jeu en action. On note ici la chaînette qui est un peu trop longue et dont le mouvement parfois irrégulier fait que les voitures peinent à s'y accrocher. J'ai arrêté de filmer en raison d'un carambolage monstre dû au déraillement impromptu du véhicule bleu. 



Le saviez-vous? On les nomme «montagnes russes» parce que les Russes ont été les premiers à descendre les montagnes de l'Oural, fortement inclinées, sur des luges par gravité. Là-bas on les appelle ironiquement «montagnes américaines». Et aux États-Unis, l'appellation «roller coaster» vient du fait que les Américains nomment le manège par son véhicule et non son support. 

jeudi 15 décembre 2016

Les jouets de Noël 1974 chez Simpsons (2e partie)

Et voilà, tel que promis dans la chronique précédente, voici la seconde partie de la section des jouets de Noël du catalogue Simpsons 1974. Alors sans plus tarder, continuons là où nous avons laissé la dernière fois. 


Ici nous sommes sur la page des enfants curieux, jaseux et créatifs. L'article A, en haut à gauche, est un Magnajector dont le principe est très simple. À l'intérieur se trouve une ampoule ordinaire ainsi qu'un miroir placé à 45 degrés. Toute image sur laquelle on dépose le Magnajector peut être projetée, généralement sur un mur.  Sur l'objectif se trouve une bague de réglage permettant d'obtenir un focus clair. L'article B permet à tout photographe en herbe de découvrir un très beau passe-temps. Par contre, faut y aller mollo sur le déclencheur car nous sommes encore loin des appareils numériques. Les rouleaux de film (ici le format 126) ne sont pas trop dispendieux mais il faut prendre le coût de développement. Heureusement, certaines chaînes offraient souvent un rouleau neuf identique lorsque l'on faisait développer un film. Les articles C à E (dont les lettres sont difficilement discernables sur l'image) offrent tout ce qu'il faut à celui qui s'intéresse à la chimie. Heureusement ce ne sont pas des kits comme ceux de Gaston Lagaffe. Grand nombre d'enfants ont eu, je crois, un microscope semblable à l'article F. Celui-ci permet de grossir jusqu'à 300 fois et une lumière en dessous assure de bien voir les spécimens sur les plaques de verre. Des spécimens supplémentaires sont offerts à l'article G, tout juste à côté. De mémoire, je me souviens qu'on y trouvait toutes sortes de choses; du pollen, des petits insectes, poils d'animaux... Pour le petit bricoleur on ne pourrait trouver mieux que l'article H, un magnifique coffret rempli d'outils véritables mais en petit format. Chose intéressante, la plupart de ces kits d'outils étaient fabriqués en Pologne. L'article J comporte deux walkies-talkies à transistors. La mention «Solid State», que l'on pouvait noter sur bon nombre d'appareils, tire son nom du chemin que les signaux électriques empruntent au travers des pièces solides de matériaux semi-conducteurs. relativement bon marché, ces walkies-talkies possédaient une portée qui variait grandement selon les obstacles et interférences diverses. Les plus vieux vont certainement se rappeler le gribouillage que provoquait un appareil de cuisine (couteau électrique, malaxeur) sur la réception d'un téléviseur. C'était encore pire durant nos émissions favorites. L'ensemble K, un ensemble de pyrogravure, a été également très populaire durant les années 60 et 70. Ces kits venaient avec un lot de plaques de bois avec des motifs déjà imprimés dessus. Un burin électrique permettait de noircir les motifs en appuyant le burin sur le bois, lequel noircissait sous l'effet de la chaleur. bien qu'approuvé par l'ACNOR, il était préférable pour les enfants de s'adonner à ce hobby sous la surveillance d'un adulte. L'article L comprend deux téléphones assez similaires au fameux modèle 500 de Bell. Les deux appareils sont reliés avec un fil de 30 pieds et fonctionnaient avec des piles. Avec un peu de bricole on pouvait facilement rallonger la distance entre les deux téléphones. Le dernier article sur cette page, en bas à droite (article N) est une magnifique machine à écrire fabriquée par Mettoy, bien connue pour ses petites voitures en métal moulé Corgi. Des heures et des heures de plaisir pour tous ceux et celles qui avaient une passion pour écrire. N'oubliez pas les rubans de rechange! 


Voici la page des jeux d'adresse et de concentration. Voyons voir un peu. L'article A est facilement reconnaissable puisqu'il s'agit d'une table de billard petit format. L'article B, fabriqué par la compagnie de jeux Milton Bradley, rappelle le jeu de bataille navale Battleship mais ici nous avons affaire à un jeu de chasse aux sous-marins à paliers multiples. C'est donc un peu plus complexe mais pas moins amusant pour autant. L'article C a été aussi très populaire puisqu'il s'agit du fameux Rebound de la compagnie Ideal. Le jeu fait penser quelque peu au curling et ici, le rebond des billes sur deux élastiques nécessitait une bonne dose de précision pour atteindre le plus haut pointage. Beat The Clock (article D) comportait des petites épreuves amusantes à compléter à l'intérieur d'une période de temps allouée. L'article E, Bumper Shot, est en quelque sorte une variante de Rebound également fabriquée par Ideal mais un peu plus complexe. Le plateau comprenait sept bandes élastiques au lieu de deux et l'objectif était de faire entrer les billes dans les trous dont les pointages étaient les plus élevés. L'article F, Games Board, comprenait un plateau de jeu assez bigarré permettant de jouer à plus de 199 jeux différents. La compagnie Aurora ne faisait pas que fabriquer des monstres à coller qui brillaient dans le noir et des pistes de course, comme on peut le voir à l'article G. Il s'agit d'un jeu de football comprenant plus de 800 possibilités de jeux pré-organisés par ordinateur. Les article H et J sont deux jeux de Scrabble, à la différence que le J est la version pour jeunes. Peut-être moins connu, le jeu Stock Sticker de la compagnie Copp-Clark Publishing permettait de s'initier au concept de la bourse en jouant avec six «valeurs» qui comprenaient l'or, l'argent, le grain, les obligations, le pétrole et l'industrie. Le jeu à l'article L est mieux connu et fabriqué par une compagnie qui n'a pas besoin d'introduction quant aux jeux de société puisqu'il s'agit de Parker Brothers. Le concept de Masterpiece reposait sur l'achat et les transactions des oeuvres des grands maîtres. Mais attention, une fortune dépensée pour une toile pouvait s'envoler en fumée s'il s'agissait d'un faux. Et enfin, les articles N et O que sont les classiques jeux de hockey sur table. Le jeu Bobby Orr, célèbre joueur des Bruins de Boston, était fabriqué par la compagnie Munro tout comme le jeu Professional Hockey tout juste à côté. 


D'autres jeux amusants nous attendent ici, dont certains sont encore fabriqués de nos jours. Don't Blow your Top, conçu par le légendaire Marvin Glass, est en vedette à l'article A. Un personnage à la tronche amusante est munie d'un ballon que l'on gonfle. Directement sous le ballon se trouve des bandes de papier sablé et chaque joueur place dans le chapeau un certain nombre de bille qu'il possède. Le poids des billes fait éventuellement frotter le ballon un peu trop sur les bandes, ce qui le fait exploser. Le gagnant est le joueur ayant le moins de billes en sa possession. L'article B est le fameux jeu Battleship mais ici Milton Bradley a opté de changer l'ancienne image sexiste de la première version où un père et son fils s'amusaient comme larrons en foire pendant que la maman et fille faisaient la vaisselle. L'article C est un autre jeu Parker Brothers, Pay Day (Jour de Paye en français) où l'on gère un salaire tout en faisant face à diverses obligations financières. Fabriqué par Ideal, Battleboard (article D) était un jeu à saveur médiévale où deux joueurs opposés devaient faire avancer leurs attaquand vers un mur situé au milieu mais chaque joueur possède une pompe à air connectée au tableau de jeu et qui peut faire s'envoler les attaquants adverses. Celui qui parvient à faire avancer deux chevaliers au mur gagne la partie. The Game of Life, à l'article E (Milton Bradley) fait avancer les joueurs au travers différents événements de la vie; emploi, mariage et enfants. Le tout agrémenté de surprises, bonnes et mauvaises. Le jeu F rappelle les fameux «shuffleboards» qui se trouvaient dans plusieurs écoles de l'époque mais ici en forme très simplifiée. On pouvait s'amuser à trois jeux différents. L'article G est un mini jeu de quilles mesurant 8 pieds de long par 32 pouces de large. Pas très facile d'y jouer si l'on avait du tapis épais, ce que plusieurs maisons possédaient dans les années 70. Impact, à l'article H, était un jeu conçu et fabriqué par Ideal utilisant la gravité et qui consistait à frapper une bille à l'aide d'un pendule. L'article J est le jeu Billionaire par Parker Brothers. Il s'agissait d'un jeu basé sur les transactions d'affaires dans des entreprises variées dans différentes parties du monde. ce jeu était une coche plus compliquée que l'article suivant (K), le fameux et légendaire Monopoly, lequel à détruit plus d'une amitié et fait se fracasser plusieurs tables de cuisine. Ah là là. Un autre grand classique, toujours fabriqué et vendu et fabriqué aujourd'hui sous différentes variations allant des Simpsons à Star Wars, est Opération où le but est de prélever différentes petites pièces de plastique à l'aide de pinces sans toucher aux rebords métalliques. si on y touche, le nez du patient s'allume. Dans la première version du jeu, le chirurgien situé au dessus du patient fumait une cigarette, laquelle a été enlevée dans les versions subséquentes. L'article N, Ratrace, ne cache pas son nom. «Rat race» est une vieille expression en anglais qui désigne les travailleurs qui, matin après matin, s'en vont au travail, toujours de façon répétitive, un peu comme les rats de laboratoire dans les labyrinthes et dont la course à l'avancement social ne laisse que très peu de temps pour les loisirs. Ce jeu offre à chaque joueur de démarrer avec $200 et de s'en tirer le mieux possible. Yahtzee est ce fameux jeu de dés, de chance et d'habileté. Créé en 1956 par la compagnie E.S. Lowe le jeu a été vendu à plus de 40 millions d'exemplaires jusqu'en 1973, année où Milton Bradley a racheté E.S. Lowe tout en continuant de commercialiser Yahtzee. Le dernier article sur cette page (P) se nomme Ulcers (joli nom). Fabriqué par Waddington's, l'objectif du jeu était d'assembler du personnel pour faire rouler une compagnie (deux secrétaires, deux vendeurs, un gérant des ventes, un vice-président et un président). Il fallait habilement doser les salaires; trop faibles et les employés quittaient, trop forts et la compagnie faisait faillite. Chose intéressante les premières version, caractéristiques de la mentalité de l'époque, les postes de secrétaires étaient tous féminins alors que tous les autres étaient masculins, un détail qui a été corrigé dans les versions subséquentes. 


Cette page comporte tout ce qu'il faut pour plaire aux amateurs de jeux d'adresse. On y retrouve une variété intéressante de jeux de machines à boules (articles C, F et H), jeu de tir à la cible (article D), billard (article E), tennis (article G) et un étrange jeu de poker fabriqué par Aurora (article J). Aussi d'Aurora est le jeu de hockey sur coussin d'air (article A). L'exception ici est évidemment l'article B, les fameux Rockem' Sokem' Robots où deux robots pugilistes se tapochent sur leurs tronches métalliques. Ce jeu, dont Mattel est détenteur aujourd'hui des droits, continue de le commercialiser mais en version plus petite que celle de Marx. 


Il y a les jeux d'adresse et d'habileté mais il ne faut pas oublier les jouets de construction. En haut de la page on retrouve le fameux Meccano, lequel était vendu sous différentes versions permettant de construire à peu près tout ce qui nous passait par la tête. La particularité de Meccano était le fait qu'il était entièrement en métal avec tout un jeu de vis et écrous ainsi que les outils nécessaires. Peut-être moins connu est le jeu Sonos (articles E, F, et G) où l'on assemblait des pièces de plastiques au moyen de joints. Les ensembles permettaient d'assembler différents véhicules. Les articles J et K ne sont autres que Multi-Fit. Ce jeu de construction utilisait des pièces de plastique munies de «dents» souples et flexibles qui permettaient de les connecter ensemble et de les défaire avec autant de facilité. Les articles L, N, O et P ont-ils vraiment besoin de présentation? Il s'agit bien entendu des légendaires blocs LEGO, lesquels font encore fureur aujourd'hui. Les ensembles permettaient aux enfants de reproduire ce qu'il y avait sur les boîtes ou à peu près tout ce qui leur passait par la tête. Personnellement, tous mes LEGO, peu importe du kit d'où ils provenaient finissaient tous mélangés dans une grosse boîte. Aux article R et S on retrouve Tinkertoy, un jeu d'assemblage fait presque exclusivement en bois avec des tiges de différentes longueurs ainsi que des roues munies de trous permettant d'insérer les tiges en question et de construire ce que bon nous semblait. Et finalement, à l'article T, les blocs Sta Lox conçus spécialement pour le enfants de maternelle avec de gros blocs en plastique léger et souple aux couleurs variées. 


Toujours dans le domaine créatif on touche ici au côté résolument artistique. Au haut de la page, on intéressait surtout les jeunes filles avec des ensembles d'artisanat divers allant du macramé au tricot au travail du cuir. Plus bas, l'article J, Chip Away, comporte trois blocs composés de matière poreuse et facilement cassable à l'intérieur desquels se trouvent des personnages des Pierrafeu. L'ensemble comprend aussi des pots de peinture. Dans la même veine, l'article K, Shaker Maker, comprend des moules en plastique où l'on verse du plâtre liquide. Une fois sec on retire les deux morceaux du moule et on peut peindre le personnage comme on le voit dans la photo sous l'article. Notez la description erronée où l'on définit le Shaker Maker en Milk Shake. Oups! L'article L est tout simplement un ensemble pour fabriquer des fausses fleurs avec des feuilles en peluche acrylique. Quand à l'article N il a été assez populaire chez les jeunes filles qui aimaient bien personnaliser leur pantalons ou jupes jeans avec des motifs et couleurs variés. Le dernier article, P, est un kit de cones à colorier. Je crois que les enfants préféraient davantage les bons vieux crayons de bois. 



On continue avec une autre page consacrée à l'artisanat sous formes variées. Possiblement inspiré des œufs Fabergé, l'article A permet de décorer des œufs en plastique de différentes façons et styles. L'article B est un petit ensemble de poterie qui comprend des petits outils permettant de mieux définir les formes ainsi que de la peinture. L'article C est un petit kit pour fabriquer ses propres bougies, un hobby qui a connu une certaine popularité durant les années 70. L'article D est la même chose mais avec davantage d'accessoires. L'article E est une lapidaire électrique, le fameux «rock tumbler» qui permettait de polir des cailloux que l'on ramassait. Cadeau parfait pour celui ou celle qui se prépare à devenir géologue. À l'article F on revient avec la poterie mais cette fois avec un plateau tournant motorisé. L'article G est assez semblable au Shaker Maker de la page précédente. Cinq moules pour plâtre permettent de créer des figurines et de pouvoir les peinturer. L'article H est une petite machine permettant de couper le verre et de fabriquer des verres à boire à partir de vieilles bouteilles de vin. Le kit comprenait tout ce qui fallait incluant le matériel pour assouplir les rebords coupés afin de ne pas se ramasser à l'urgence avec les lèvres comme le docteur Zoidberg. L'article J est un mini frolic pour découper du bois léger en différentes formes pour ensuite les agrémenter de décorations diverses comme des images ou de petits arrangements de fleurs séchées, au goût. L'article K vient surtout intéresser ceux qui n'ont pas vraiment d'intérêt pour la poterie ou l'artisanat mais bien l'électronique. Ce kit Eldon comprend tout ce qu'il faut pour assembler une radio AM. C'est comme un modèle à coller mais avec des pièces électroniques. Si l'on a bien suivi les instructions d'assemblage la radio fonctionnera. Le manuel était assez complet et expliquait clairement qu'est ce qui faisait quoi dans la boîte. 



Ah, voici la page, à peu de choses près) des amateurs de sensations fortes. On débute avec l'article A mettant en vedette le motocycliste casse-cou Evel Knievel (notez une autre coquille dans la description de l'article où notre cascadeur est nommé Evil Knievel. Oups encore!). Par contre il ne fallait pas se laisser berner par l'image; le camion et Evel avec sa moto étaient vendus séparément. C'était un détail que nombre de parents n'ont pas remarqué et ont offert à leurs enfants un beau camion mais qui ne comprenait pas Evel ni sa moto. L'article C est un hélicoptère motorisé qui se promenait aléatoirement au sol et qui changeait de direction s'il rencontrait un obstacle. L'article D est une petite locomotive fonctionnant à pile et qui suit un trajet linéaire. Une fois le bout de la piste atteint, la locomotive recule à son point de départ et recommence. Notez que l'on est pas mal moins dans les jouets pour enfants amateurs de sensations fortes ici, surtout avec les articles E et F qui sont des petits toutous reliés à une commande et qui peuvent s'asseoir, remuer la queue et japper. On remonte la pente avec l'article F, le fameux Vertibird qui a connu quelques variantes au fil des ans. Il s'agissait d'un hélicoptère dont l'hélice fonctionnait vraiment et relié par une tige au bloc de commande. On pouvait donc contrôler l'hélicoptère et exécuter toutes sortes de manoeuvres différentes. Les voitures à l'article G sont de la compagnie Kenner et venaient en différents modèles. Ces petites voitures rapides allaient dans tous les sens. Toujours par Kenner, nous voici avec un jeu légendaire, le fameux Smash up Derby SSP. Deux voitures que l'on remontait avec une longue bande de plastique qui actionnait une roue en caoutchouc située en dessous. Sous le momentum on envoyait ensuite la voiture foncer directement sur une autre après avoir sauté un tremplin. Le choc faisait s'envoler les pièces; capot, portières coffre arrière et les roues. Ce voitures étaient toutefois fabriquées d'un plastique épais et carrément incassable. Comme on peu le voir aux articles K et L, il se trouvait un grand choix de voitures différentes à se faire fracasser les unes contre les autres. D'ailleurs je m'en voudrait de ne pas inclure ici la fameuse pub de ce jouet qui a été extraordinairement populaire et aujourd'hui très prisé des collectionneurs. 




Sur cette page on retrouve, à l'article A, les fameuses pistes de course Aurora et ses voitures AFX. Les voitures étaient munies de petits moteurs alimentées par électricité et une commande permettait de contrôler la vitesse. Les pistes comme celle-là étaient modulaires et on pouvait changer le trajet. L'article B est aussi une piste de course mais moins longue et utilisant ici le fameux circuit en «8». Les articles C et D font partie de ces jouets qui ont disparu des tablettes. On retrouve ici deux ensembles de trains électrique, l'un du Canadien Pacifique (article C) avec une locomotive qui me semble être un Alco RSD-5 et l'autre (article D) est un EMD F7 du Santa Fe (aujourd'hui le BNSF). Ces trains étaient bien entendu à l'échelle HO. À l'article E on s'appuie sur le même concept que le Vertibird sauf qu'il s'agit ici de Snoopy sur sa niche volante et on peut apercevoir à l'arrière le fameux Baron Rouge. L'article F est essentiellement une sorte de simulateur d'extraction minière simplifié et l'on décide de la route à prendre pour assurer le bon déroulement des opérations. 

Et voilà que se termine la section des jouets de ce catalogue spécial de Noël Simpsons de 1974. Dans le prochain article je vous invite à venir explorer avec moi ce qu'un autre grand magasin de l'époque, soit Eaton, avait à offrir à la même époque et au même moment. 




Le saviez-vous? Aujourd'hui c'est la compagnie Hasbro qui détient les droits du jeu Yahtzee et et sa popularité ne semble pas cesser puisque la compagnie écoule jusqu'à 50 millions de copies par an encore aujourd'hui.