lundi 9 juin 2014

La Normandie, du débarquement à aujourd'hui

Dans l'article précédent il était question du débarquement de Normandie, la plus grande opération militaire à ce jour, laquelle s'est déroulée il y a maintenant 70 ans. La réussite de l'opération Overlord marquait toutefois le coup d'envoi d'une multitude d'autres opérations, coûteuses elles aussi en vies humaines mais qui ont ultimement mené à la victoire des Alliés en 1945. Mais comment le paysage de la Normandie a-t-il changé depuis la fin du conflit? C'est la question que s'est posée le photographe Chris Helgen de l'agence Reuters alors qu'il s'est rendu en Normandie, reprenant au même endroit des photos prises durant le débarquement. Le résultat, vous en conviendrez tout comme moi, est saisissant.














Il est tout de même étonnant de constater que certains lieux n'ont que bien peu changé. Mais il ne faut pas se tromper, la destruction malheureusement causée par les bombardements Alliés a effacé près de 80% de la ville de Caen, où 2,000 citoyens ont perdu la vie. Mais ce qui étonne probablement encore plus c'est de voir ces lieux grouiller de vie; des gens qui se baignent là où des soldats sont tombés, des enfants qui jouent sur les ruines d'un mur en béton derrière lequel des soldats se protégeaient des tirs ennemis et des vacanciers qui vont paisiblement profiter du beau temps alors qu'il n'y pas si longtemps c'étaient des contingents Alliés qui foulaient les mêmes rues. Tâchons de ne pas oublier quel fut le prix de la liberté dont nous jouissons aujourd'hui.

Le saviez-vous? Outre les vestiges de bunkers et autres installations, il se trouve dans les eaux de la côte quantité de véhicules qui, incapables de gagner le rivage ont coulé dans le fond. Mais il se trouve aussi des armes, des bottes, des lunettes et toute une panoplie d’autres articles appartenant à ceux qui se sont noyés là.


dimanche 8 juin 2014

Le jour le plus long

Ces jours-ci on commémore le 70è anniversaire de ce qui est connu comme le «jour le plus long», soit le débarquement de Normandie et qui a débuté le 6 juin 1944 dans la matinée. Les jeunes générations d'aujourd'hui qui vivent dans une paix somme toute assez relative, se demandent souvent pourquoi on célèbre une telle chose. La guerre n'est-elle pas déjà assez une horreur qu'il faut en plus la fêter?

Il faut d’abord souligner que ce n’est pas la guerre en tant que tel que l’on commémore que le sacrifice des soldats, qu’ils aient survécu ou non. Mais pour comprendre le pourquoi du comment il faut, encore une fois, retourner en arrière et soulever le capot du conflit afin d'y voir et comprendre la mécanique et les engrenages.

La Seconde guerre n'était pas un cas classique de deux pays qui ne s'entendaient pas et qui ont décidé de s’affronter militairement parce qu’ils avaient épuisé les ressources diplomatiques. C'était plutôt l'affaire d'un fou mégalomane aux visées expansionnistes brutales qui ne reculait devant rien pour agrandir son territoire et du même coup se débarrasser de ceux qu'il considérait inférieurs. Sans compter l'idéologie absolument horrible qu'il véhiculait. Au fur et à mesure que le conflit avançait l'Allemagne annexait les territoires et ce faisant, prenait littéralement le contrôle en mettant en place ses propres pouvoirs. Un pays occupé était littéralement géré par l'occupant et ce, dans tous ses moindres détails, administratifs, judiciaires ou autres. On ne se gênait pas non plus pour «s'approprier» les biens des Juifs, fussent-ils monétaires, immobiliers, sans compter les œuvres d'art dont la récupération est le sujet du film The Monuments Men.

Après avoir obtenu la capitulation de la France en 1940, un évènement qu'Hitler avait qualifié de plus glorieuse victoire de l'Histoire, il devint clair pour Winston Churchill qu'il serait impossible de reconquérir le continent sans l'aide des autres pays du Commonwealth ainsi que des États-Unis.  

Malgré les invasions de pays avoisinants, Hitler avait pris la précaution de conclure quelques ententes dites de «non-agression», entre autres avec l'Union Soviétique mais il a vite fait de s'essuyer les fesses avec cette entente en déclenchant l'opération Barbarossa en juin 1941, soit l'invasion de la Russie par la force militaire. Et pendant que les Russes défendaient leur pays les fours crématoires fonctionnaient à plein régime dans les camps de concentration et l'essentiel de l'Europe était sous la férule de l’Axe. Seul restait l'Angleterre, inconquise malgré les nombreuses tentatives. De là, à partir de différentes bases aériennes, les forces Alliées étaient regroupées, lançant jour et nuit des escadrons de bombardiers allant attaquer des cibles stratégiques devant arrêter la machine nazie. Ces cibles comptaient des usines, des camps, des positions militaires, installations radars non seulement en Allemagne mais aussi en France et aux Pays-Bas.

«...dimanche 350 appareils anglais ont largué un demi-million de kilos de bombes au-dessus d’Ijmuiden, la façon dont les maisons mettent alors à trembler comme un brin d’herbe dans le vent, le nombre d’épidémies qui sévissent ici. De toutes ces choses dont tu ne sais rien, et il me faudrait passer la journée entière à écrire si je devais tout te raconter dans les moindres détails.»

Extrait du journal d'Anne Frank, mercredi 29 mars 1944.

Mais les Allemands veillent et les batteries anti-aériennes, en plus des chasseurs de la Luftwaffe, l'armée de l'air allemande, sont d'une redoutable efficacité. On le savait bien, si l'Europe devait être libérée il fallait mettre le pied sur le territoire. L’ennui c’est que l’on avait déjà fait une tentative en août 1942 lors d’une vaste opération surnommée Jubilee, ou, si vous préférez, le débarquement de Dieppe. Les troupes, qui comptaient les Fusiliers Mont-Royal dirigés par le lieutenant-colonel Ménard se sont retrouvés face à un barrage de tir ennemis qui les ont empêché d’entrer dans la ville. L’opération est un échec total et les soldats Alliés seront faits prisonniers par les Allemands. Terrence Robertson écrira à ce sujet un livre percutant; Dieppe, jour de honte, jour de gloire. Le débarquement de Dieppe laissera un souvenir amer aux Canadiens. C’est l’année suivante que les Alliés discutent d’une nouvelle opération de débarquement et c’est en août 1943 à la conférence de Québec, qu’en sont jetées les premières bases. Participent à cette rencontre historique le premier ministre canadien Willian Lyon Mackenzie King, Winston Churchill, le président américain Franklin D. Roosevelt.



Mais l'opération, initialement prévue pour mai 1944, n'est pas une promenade dans le parc, on le sait bien, le débarquement de Dieppe l’a bien prouvé. Les Allemands ont solidement fortifié la côte normande, que l'on appelle le «mur de l'Atlantique», avec de nombreux bunkers de béton dans lesquels sont installés quantité de canons puissants. Aussi, durant le mois d'avril précédent l'opération, de nombreuses photographies aériennes sont prises afin d'analyser les défenses et ainsi mieux préparer l'offensive.


Le débarquement doit prendre place le long de la côte alors divisée en cinq secteurs, eux-mêmes sous-divisées en sous-sections. Chacune des divisions américaines, britanniques et canadiennes ayant leur secteur attribué et dont la géographie varie. Pour transporter la majorité des troupes il y a des bateaux relativement simples: les Higgins boats, un navire tout simple, rectangulaire, sans toit et sans blindage avec un devant qui s'ouvre vers le bas pour permettre aux troupes de sortir rapidement. Et dans ces bateaux s'entassent les soldats qui ont pour mission de capturer chacun de leurs secteurs respectifs. S'il se trouve des combattants endurcis qui ont vu d'autres théâtres d'opérations il y en a qui n'ont pas beaucoup d'expérience de combat et certains semblent sortis tout droit d'une école secondaire tellement ils ont l'air jeune. Mais l'opération comprend aussi des centaines de parachutistes qui, à partir de planeurs, sauteront pour atterrir derrière les lignes allemandes. Afin d'ajouter une confusion les Alliés lâchent aussi quantité de faux parachutistes surnommés «Rupert».

«Ce matin et aussi dans la nuit, des bonshommes de paille et des mannequins ont atterri derrière les positions allemandes.»

Extrait du journal d'Anne Frank, post-scriptum, 6 juin 1944.




Le temps est maussade, il fait froid malgré que ce soit le mois de juin, et les vagues de la Manche atteignent parfois quatre pieds. Dans les Higgins boats les soldats se sont brasser et certains ne gardent pas leur déjeuner. Pour protéger les convois de soldats il y a une flotte de 300 destroyers et navires d’escorte qui ont la charge d’éliminer toute présence navale ennemie, dont les U-Boats. Heureusement leur présence et minime et ne représente pas un danger. Au- dessus des soldats, haut dans le ciel mais invisibles en raison du mauvais temps, se trouvent des chasseurs, bombardiers légers et avions de reconnaissance. À l'approche des côtes la nervosité est palpable. Dans chacun des navires tous et chacun se demande ce qui l'attend et s'il s'en sortira vivant. Certains font une prière, d'autres demeurent silencieux mais la peur est omniprésente. Ceux qui ont prétendu ne pas avoir eu peur étaient de fieffés menteurs, dira plus tard un vétéran. Définir cette crainte viscérale qui habitait chacun des soldats serait bien difficile, voire impossible. Puis, alors qu’ils sont éclaboussés par l'eau froide de la Manche et emboucanés par le diésel des moteurs, les soldats entendent le pilote qui leur annonce: 3 minutes. Voilà, ale jacta es. Dans 180 secondes le sort en sera jeté.






Alors que les trois minutes s’écoulent on entrevoit la fameuse côte. Il se trouve là, on le sait bien, un ennemi implacable. Dans les fortifications solidement bétonnées on devine les canons mais on sait aussi qu'il y bien d'autres choses; des mortiers et des nids de mitrailleuses dont les tristement célèbres MG-42 capables de cracher 1,200 balles à la minute et capables de littéralement déchiqueter un homme. Les plages sont truffées des barrages de métal et de multiples obstacles pour empêcher les blindés de passer. Enfouies dans le sable se trouvent aussi quantité de mines, des Sprengmines 44 et des Schumine 42 entre autres, sans compter celles en bois que les détecteurs ne peuvent trouver et qui feront plus d'une victime. Ça y est, les portes s'ouvrent, non sur une plage mais sur l'Enfer. Et il ne s’agit pas ici d’un euphémisme tel qu’utilisé aujourd’hui par les gens pour définir un peu de trafic ou un téléphone cellulaire dont la pile est à plat, non, il s’agit ici du véritable Enfer.





À l’ouest, les Rangers, au nombre de 225 et commandés par le colonel James E. Rudder se retrouvent à la Pointe du Hoc, une falaise impressionnante en haut de laquelle les Allemands leur tirent dessus. La manœuvre d'escalade a été pratiquée maintes fois sur les côtes de l'Angleterre et l'ascension, que les Allemands croyaient impossible, s'effectue en moins de cinq minutes. Au terme du combat, seuls 90 Rangers auront survécu. Plusieurs années plus tard Rudder, en revisitant la Pointe du Hoc, va se demander comment diable ont-ils pu accomplir cet exploit. Quant à Omaha, la portion la plus lourdement défendue du mur de l’Atlantique, la distance qui sépare les rivage de la falaise est d'une longueur équivalente à trois terrains de football, une longueur où il n'y a aucune protection possible contre les mitrailleuses et mortiers allemands. Se rendre en sureté au sea wall, à l’abri relatif des tirs allemands relève du miracle pur et simple. Pendant ce temps 29 chars d’assaut Sherman, convertis pour être amphibie, sont lancés dans l’eau. Seuls deux vont arriver sur la plage.







Plus à l'est, à Juno Beach, la mer est beaucoup plus houleuse de sorte que les soldats Canadiens arrivent bien avant les supports blindés, leur faisant alors subir de lourdes pertes dès le débarquement. Aussi, les bombardements ont raté leurs cibles et les positions allemandes ne sont que très peu touchées. Malgré les obstacles les Canadiens ont pu rencontrer leurs objectifs mais au prix de plus de 900 soldats.

L'opération Overlord ne sera pas complétée en une seule journée mais bien en plusieurs car les objectifs ne comptent pas seulement les positions de défense le long du mur de l'Atlantique. Des villes, villages, aéroports, routes et ponts en font également partie.

"Ce matin à huit heures, les Anglais ont annoncé : importants bombardements sur Calais, Boulogne, Le Havre et Cherbourg ainsi que sur le Pas-de-Calais (comme d’habitude). Ensuite les règles de sécurité pour les territoires occupés, toutes les personnes qui habitent à moins de trente-cinq kilomètres de la côte doivent s’attendre à des bombardements. Les Anglais tenteront de jeter des tracts une heure avant l’attaque. D’après les nouvelles allemandes, des parachutistes anglais ont atterri sur la côte française. Des bateaux de débarquement anglais se battent contre les fusiliers marins allemands. Voilà ce qu’annonçait la B.B.C."

Journal d'Anne Frank, extrait du 6 juin 1944
Malgré des conditions très difficiles, un ennemi résilient et de nombreuses pertes de vies humaines, le débarquement est un succès. Bientôt des postes de commandements sont établis dans les bunkers capturés et les plages fourmillent bientôt de soldats, de véhicules et de matériel. Un certain nombre de soldats allemands fait prisonniers sont vêtus de vestes sur lesquelles sont inscrites les lettres PW, pour Prisoner of War, et on les emploie au nettoyage de la plage et des bunkers, ces mêmes bunkers qu’ils défendaient dans la matinée. On s’affaire aussi à la lugubre tâche de récupérer les corps de soldats. On devra les identifier dans la mesure du possible et leur offrir une sépulture. Quant aux blessés, les cas légers resteront sur place alors que les plus graves, dont ceux qui ont perdu des membres, retourneront en Angleterre. Pour ceux-là le conflit est terminé.





Aujourd'hui, plus de 70 ans après, les plages autrefois nommées Utah, Omaha, Juno, Gold et Sword, ressemblent à bien d'autres plages. Les sons des mitrailleuses, bombes, mortiers, jeeps, tanks et autres affres de la guerre ont été remplacés par ceux d'enfants qui courent et s'amusent. Plus loin sur le rivage de galets, où des hommes sont tombés au combat, se trouvent maintenant des gens qui se baignent et s’amusent entre amis ou en famille.

C'est un peu plus haut le long de la falaise que l'Histoire nous révèle un chapitre sombre de son histoire car c’est là que se trouvent les vestiges du Mur de l’Atlantique. De nombreux bunkers allemands existent toujours et font l'objet de bien des curiosités, des jeunes entre autres. Démolir ces bunkers à la dynamite aurait été une vaine entreprise car ils avaient été solidement construits pour être à l’épreuve des bombardements. Dans les terres avoisinantes les cratères laissés par les bombardements alliés sont encore bien visibles.




Mais le témoin le plus saisissant de cette fatidique date demeure sans conteste ces cimetières militaires où reposent ceux qui, pour la grande majorité, la plage a été la dernière chose qu'ils ont vu. Le plus grand de ceux-ci, le Normandy American Cemetery and Memorial, est tapissé de 9,387 croix blanches. Certaines portant des noms alors que sur d’autres il n’est inscrit « A soldier known only to God». Des vétérans viennent lorsqu'ils le peuvent, afin de rendre hommage à ceux qu'ils ont côtoyés, à ces frères d'armes qu'ils n'ont jamais revus. Même après 70 ans l'émotion est encore très palpable et en regardant l’endroit où reposent leurs compagnons ils se demandent : Pourquoi lui et pas moi? Il viendra toutefois un temps où ces vétérans ne seront plus des nôtres et il nous incombera alors à nous de s'assurer que leur sacrifice n'aura pas été en vain en continuant de nous souvenir, pour eux, pour nous et pour les générations à venir.







Le saviez-vous? C'est à Juno Beach que le lieutenant James Montgomery Doohan, du 3è Régiment d'Infanterie a été accidentellement atteint de tir allié, un soldat allié l'ayant prit pour l'ennemi. Outre des balles dans la jambe et à la poitrine, miraculeusement stoppée par un étui de cigarettes en métal, Doohan a aussi perdu un doigt, que l'on a dû amputer. Durant sa carrière subséquente il s'est toujours efforcé de ne rien faire paraître, surtout lorsque son personnage de l'ingénieur Scott du USS Enterprise devait activer le téléporteur ou tout autre gadget.  

mercredi 15 août 2012

Des photographies étonnantes


Les années 30 n'ont pas été bien drôles pour la grande majorité des gens qui vivaient dans ce temps-là. La Grande Dépression avait frappé fort. Pas mal fort même. Un jour vous aviez une maison et une voiture et le lendemain vous pouviez vous retrouver sur la paille. Au sens propre.

En 1935 aux États-Unis, le Library of Congress Farm Security Administration a mandaté une floppée de photographes afin qu'ils documentent les effets de la crise économique dans la vie des gens vivant dans les régions rurales ainsi que dans les petites villes. Contrairement aux première apparence c'était loin d'être un road trip des plus amusants parce que les photographes devaient prendre des clichés de gens qui étaient terriblement pauvres.





Ces gens-là, habillés de guenilles, nus-pieds étaient des agriculteurs pour la plupart et tiraient donc leur pitance de ce qu'ils récoltaient. Or, justement, comme ils n'en avaient pas assez d'être pauvres comme ca s'peut pas, ils se sont ramassés avec l'un des pires épisodes de sécheresse que l'Amérique du Nord ait connu. John Steinbeck s'est d'ailleurs inspiré de tout cela pour écrire Les raisins de la colère ainsi que Des souris et des hommes.

Comment grand était le Dust Bowl?

Imaginez donc 400,000 kilomètres carré de poussière là où se trouvaient auparavant des fermes aux terres fertiles. 


C'est dans ce contexte-là que les photographes ont été envoyé par le Farm Security Administration.

Voilà pour ça.

En 1939 la Seconde Guerre éclate en Europe mais ce n'est pas avant décembre 1941 que les États-Unis y entrent. Et en 1942 le Farm Security Administration est fondu dans un nouvel organisme gouvernemental, l'Office of War Information. Le mandat est assez semblable, en ce sens qu'on cherche à documenter, mais cette fois on laisse les régions rurales pour se tourner vers les industries ainsi que les hommes et femmes participant à l'effort de guerre.

Aussi, des photographes utilisent à ce moment du Kodachrome, un film couleurs mis au point par Kodak en 1935. Si le film en noir et blanc pouvait être développé sur la route ce n'était pas le cas du Kodachrome, lequel nécéssitait un traitement particulier pas mal plus complexe qui devait être accessoirement réalisé par Kodak dans ses propres labos. 

Les photographes, armés de ces films Kodachrome, ont ensuite parcouru les gares de triage, usines d'aviation et autres afin de brosser un portrait de la vie industrielle en temps de guerre. Évidemment la guerre s'est terminée. Tout le monde était content que ce conflit, le plus meurtrier de l'Histoire, soit maintenant chose du passé. Quant aux nombreuses photographies Kodachrome elles ont été entreposées. Puis oubliées.

En 1978 Sally Stein était en train de travailler à une thèse sur la photographie des années 30 et se trouvait un jour dans les archives du Library of Congress quand elle découvrit les fameuses photographies Kodachrome que tout le monde avait oublié. Cette courte sélection de photographies (il y en a beaucoup d'autres) nous montre jusqu'à quel point le Kodachrome était un film extraordinaire.

 Octobre 1942, une ouvrière teste de l'équipement électrique à l'usine 
Douglas Aircraft Company à Long Beach, Californie.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5
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Octobre 1942. Des ouvrières sont à procéder à une installation à l'usine 
Douglas Aircraft Company à Long Beach, Californie.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5
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 Octobre 1942. Annette del Sur fait la promotion de la récupération du métal 
sur  les terrains de la Douglas Aircraft Company.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5
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 Octobre 1942. Des ouvrières travaillent à assembler des composantes du fuselage d'un bombardier B-17F à l'usine Douglas Aircraft Company.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5
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 Octobre 1942. Le lieutenant Mike Hunter, pilote d'essai assigné à
l'usine Douglas Aircraft Company.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5.
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 Octobre 1942. Une ouvrière du département de contrôle travaille à assembler une section de stabilisateur horizontal d'un avion à l'usine North American Aviation.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5.
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Octobre 1942. Une ouvrière travaille à assembler une boîte de contrôle derrière la paroi coupe-feu d'un bombardier B-25 à l'usine North American Aviation.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5.
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 Octobre 1942. Des ouvriers s'affaire à tirer sur une ligne d'assemblage extérieure un bombardier B-25 à l'usine North American Aviation.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5
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Juin 1942. Deux ouvriers de l'équipe de rivetage s'affaire sur le cockpit d'un transporteur lourd C-47 à l'usine North American Aviation.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5
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 Juin 1942. Un conducteur de char d'assault à Fort Knox, Kentucky.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5
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 Février 1943. Lucille Mazurek, une ex-femme au foyer travaille sur des lampes électriques à l'usine Heil & Co. au Milwaukee pendant que son mari est au front.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x5
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 Octobre 1942. Grace Kruger inspecte des bouteilles de transfusions intraveineuses à l'usine Baxter Laboratories. Elle travaillait auparavant dans comme commis pour une compagnie d'assurances et a pris la place de son frère qui a quitté Baxter Laboratories 
pour s'engager dans la marine marchande.
Howard R. Hollem, Kodachrome 4x5.
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 Octobre 1942. Une riveteuse s'affaire sur la carlingue d'un bombardier à l'usine Consolidated Aircraft Factory à Fort Worth.
Howard R. Hollem, Kodachrome 4x5.
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 Décembre 1942. L'attaque de Pearl Harbor qui s'est produite au début de décembre 1941 a poussé les autorités à demander aux ouvriers de travailler en silence et de ne pas parler, afin de ne pas informer des espions par inadvertance. Ça peut sembler tiré d'un film d'Hollywood mais ce n'était pas le cas; des espions se trouvaient partout sur le territoire Nord-Américain. Une information cruciale échappée par hasard pouvait signifier la mort d'une foule de militaires et de civils. Cette scène, croquée dans le bureau d'une cour de triage du Chicago & North Western Railroad, nous le montre bien, surtout
avec l'affiche «Serve in Silence», bien visible en blanc sur le mur.
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Juin 1942. Une ouvrière inspecte un assemblage électrique à l'usine Lockheed 
Vega à Burbank, Californie.
David Bransby, Kodachrome 4x5
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 Février 1943. Agnes Cliemka a 23 ans et son mari va probablement être appelé au service d'ici peu. Agnes travaillait dans un magasin à rayons et maintenant elle est pour la compagnie Heil & Co. de Milwaukee où elle inspecte ici très soigneusement les boyaux d'essence d'un camion citerne avant qu'il soit livré à la U.S. Air Force.
Howard Hollem, Kodachrome 4x5
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 Décembre 1942. Roy Nellin, un empaqueteur dans une rotonde du
 Chicago & North Western Railroad.
Jack Delano, Kodachrome 4x6
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 Juin 1942. L'équipage d'un tank M-4 prennent quelques minutes de repos 
durant l'entraînement à Fort Knoxx, Kentucky.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x6
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 Juin 1942. Un soudeur de bouilloire à l'oeuvre au Combustion Engineering à 
Chattanooga, Tennessee.
Alfred Palmer, Kodachrome 4x6
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 Octobre 1942. Une commis à l'emploi de la North American Aviation procède 
à une vérification du stock des pièces.
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  Juin 1942. Un soudeur travaille sur des tuyaux au nouveau barrage 
Douglas au Tennessee.
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Avril 1943. Le docteur Schreiber vaccine une jeune écolière contre la typhoïde dans une école rurale à San Augustine County au Texas.
John Vachon pour le compte du Farm Security Administration