Elles sont chanceuses les petites filles d'aujourd'hui car elles peuvent encore et toujours s'amuser avec les grandes poupées Barbie, tout comme leurs mères et leurs grand-mères. Plein d'accessoires itou. Mais pour nous, les garçons c'est une autre affaire. Quelque part dans les années 70 on a décidé que c'en était fini des grandes figurines pour nous. Il a alors fallu se contenter des petits bonhommes du genre Star Wars. Un des derniers tenants des Grandes Figurines est Pulsar.
De quissé?
Laissez-moi faire les présentations:
Mesdames et messieurs, voici Pulsar.
Alors voilà, au milieu des années 70
LA franchise de jouet que les fabriquants cherchent tous à obtenir est celles de la série télé "The Six Million Dollar Man". C'est finalement Kenner qui l'a empochée. Mattel s'est alors mit en tête de produire sa propre figurine qui ferait, croyait-on, une bonne compétition avec l'Homme de Six Millions. Et c'est comme ça que Pulsar est arrivé sur les tablettes des magasin.
Tout d'abord Pulsar était très grand (13 1/2 pouces), assez baraqué mais qui avait néanmoins l'air d'un bonhomme dans la cinquantaine avec ses cheveux blancs. En ouvrant son gilet en Velcro on se rendait compte que sa poitrine était transparente et que l'on pouvait y voir son coeur, ses poumons et ses tripes, dans lesquelles circulait un espèce de liquide rouge que l'on pouvait assumer être du sang. Dans son dos il y avait un bouton-poussoir qui, lorsque l'on appuyait dessus, faisait battre le coeur, gonfler les poumons et faire promener le liquide rouge dans les tripes. En soulevant son visage on pouvait insérer un disque de mission (qui ne faisait rien du tout). Vous voyez, vous êtes confus quant à ce personnage alors imaginez, nous, les gamins de l'époque. C'est exactement ça, on se grattait la tête nous aussi.
Les cheveux blancs, des poches en-dessous des yeux. Les gamins vont se l'arracher.
La poitrine de Pulsar. Ça doit être pratique quand il va chez le médecin.
Ça gonflait quand on pressait le bouton dans le dos. Oui, je sais,ca aurait fait sensation sur une figurine féminine.
Vous voyez, Steve Austin, l'homme bionique, est un astronaute qui s'est cassé la gueule quand son avion s'est écrasé. Il y a laissé ses deux jambes, son bras droit et un oeil, lesquels seront tous remplaçés par des prothèses artificielles. Il devient alors un agent de l'O.S.I avec Oscar Goldman comme patron. C'est ce qui était intéressant avec ce personnage, il y avait une histoire. Pulsar lui n'en avait pas. On ne savait même pas ce qu'il était. Était-il un extra-terrestre? Un cyborg? Un produit de laboratoire qui s'est échappé? Quelque chose d'inventé à la vas-vite dans une compagnie de jouets? Aucune idée.
Pour aider un peu la cause de Pulsar, Mattel l'a affublé d'un ennemi mortel: Hypnos. Celui-ci était aussi affublé d'une poitrine transparente mais au lieu d'avoir les tripes à l'air il avait un espèce de disque hypnotisant (qui n'hypnotisait pas, on a essayé dans le temps), qui tournoyait et qui faisait des étincelles. Autrement, mis à part la poitrine et une tête Hypnos était fabriqué à partir du même moule que Pulsar. C'était quelque peu difficile de voir en Hypnos un véritable vilain parce que c'est pas mal dur de l'être quand on est tout nu et que le seul morceau de vêtement que l'on porte est un masque qui recouvre le visage.
C'est pratique le noir, ça va avec tout. Même quand on est à poil.
Je ne suis pas exactement convaincu que Pulsar ait été un succès commercial puisque plusieurs de mes amis de l'époque n'avaient aucune idée de qui il était. Je n'ai pas eu de figurine Pulsar quand j'étais jeune parce je n'y voyais aucun intérêt et puis en plus j'avais déjà mes figurines G.I. Joe et Steve Austin. J'ai trouvé mon Pulsar il y a quelques années dans une brocante avec sa boîte d'origine en plus. Non seulement est-il en très bonne condition mais son costume est impeccable et tout dans sa poitrine fonctionne parfaitement bien. Aujourd'hui il semble transiger à gros prix, tout comme Hypnos d'ailleurs.