mercredi 6 février 2013

Un Cosmos un peu délabré

C’était quelque part en 1980. J’étais assis devant le téléviseur, un Électrohome, sur lequel était branché un magnétoscope, un câblosélecteur Jerrold et une console de jeu Intellivision. Je venais de me taper une bonne heure d’Astrosmash lorsque j’ai décidé d’aller me balader sur les différentes chaînes, du canal 2 en montant. Clic, clac, clic, clac… C’était le bruit ça faisait lorsque l’on changeait de poste avec le bidule. Et puis je suis arrivé comme ça sur PBS, un poste que j’ai toujours aimé, pour y apercevoir Carl Sagan qui parlait de l’espace et de ses mystères. Curieux, j’ai feuilleté le guide horaire pour savoir qu’il s’agissait d’une série qui portait le nom de Cosmos.

Accroché que je suis resté. Parfaitement fasciné parce que racontait le bonhomme qui parlait de l’espace et de l’Homme avec une logique implacable qui reposait sur la pensée critique ainsi que l’observation scientifique, le tout d’une voix posée et articulée. Il me faisait penser à cet autre série documentaire, aussi sur PBS, et qui portait sur l’anthropologie, animée par un vieux professeur aux grosses lunettes mais dont j’ai oublié le nom.

Un an plus tard je me trouvais dans les dédales du 2020 Université, pour ceux qui se souviennent de ce mini centre commercial du centre-ville, dans une librairie où, tout à fait par hasard, je suis tombé sur le livre Cosmos, dont la série télé était dérivée (et vice-versa). Le bouquin, format poche, était tout à fait dans mes moyens alors je n’ai pas hésité à me le procurer.

J’ai tout de suite commencé à le lire dans le métro en retournant chez-moi et j’ai été assez aspiré dans ma lecture que j’ai complètement oublié de descendre à ma station. Le bouquin a été, comme ça, mon compagnon pendant d’innombrables voyages eussent-ils été encore en métro, en autobus, en marchant dans la rue ou confortablement assis dans le salon, au parc ou dans un café, apprenant tout un tas de choses sur Mars, Vénus, Jupiter, les trous noirs, les lois de Newton, Galilée, Copernic, Brahé, Ératosthène, Pythagore, les effondrements gravitationnels…

Au fil des ans, et des lectures successives, le livre a commencé à s’abîmer légèrement au début avec la couverture qui a déchiré ici et là, puis, plus sérieusement, lorsque celle-ci a complètement été arrachée et que les pages ont commencé à se décoller. Quelques unes au début puis par grappes de dix ou vingt par la suite. À chaque fois je tentais du mieux que je pouvais de réparer les dommages. Encore tout récemment j’ai dû lui appliquer de bonnes longueurs de ruban adhésif à maints endroits en plus de remplacer, pour la énième fois, la page couverture, cette fois avec des retailles d’enveloppe. De nombreuses pages ont de menues déchirures dont les plus grosse ont été soigneusement «scotchées», quantité de coins sont écornés, signes d’arrêts de lecture quelconques et je ne compte plus les surlignages. Voici d’ailleurs de quoi la bête a l’air aujourd’hui après 32 ans de loyaux services (et sévices):


 Intéressant la petite coquille dans la page de gauche.

De certains me diront qu’il serait temps que je m’en débarrasse, au recyclage bien sûr, mais voyez-vous, je ne peux pas. D’abord parce qu’un livre, à mon sens, ça ne jette pas, même au recyclage, quand même bien il ne soit plus d’actualité. Et puis je dois confesser que j’ai un attachement particulier avec ce bouquin-là. Je sais toutefois pertinemment bien qu’à continuer à le trimballer partout il va réellement finir par se détériorer, très bientôt à ce que je peux prédire, au point où les réparations en feront davantage un bricolage grotesque de papier collant qu’un livre. Déjà qu’il ressemble à un Frankenstein littéraire. C’est pourquoi je me suis résigné à l’envoyer prendre une retraite bien méritée dans ma bibliothèque sans pour autant me priver de son contenu. Comment?

 Ta-daaam!

En m’étant tout simplement procuré une nouvelle copie paperback, en anglais cette fois (la version française étant parfaitement introuvable). À peine acheté que j’ai déjà commencé à le trimballer lui aussi, même qu'il commence à avoir quelques légères traces d'usure et chose certaine, dans un autre trente ans, il aura vraisemblablement l’air de son prédécesseur, peut-être même pire. Y’a de ces livres, comme ça, dont on ne se lasse pratiquement jamais.

Addenda : La série Cosmos était accompagnée d’une trame sonore largement signé par le compositeur grec Evangelos Odysseas Papathanassiou, mieux connu sous le nom de Vangelis, et dont je me suis procuré la version en cassette, que j’ai encore.



Le saviez-vous? Les plaques qui se trouvent sur les sondes Pioneer 10 et 11 ont été conçues par Carl Sagan et Frank Drake (oui, celui de l'équation du même nom) alors que les illustrations de l'homme et de la femme nus a été réalisée par l'épouse de Sagan à l'époque, Linda Salzman Sagan. 

2 commentaires:

  1. moi j'ai Cosmos mais en version relié , acheté 15 ou 20 euros d'occasion . Un bien plus grand plaisir pour la lcture et les images ...

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    1. J'ai déjà vu cette version il y a un temps mais je ne l'ai pas achetée. En revanche, la nouvelle copie que je me suis procuré est une seconde édition et qui comporte beaucoup de nouveaux éléments dont des diagrammes explicatifs ainsi que des illustrations en couleurs.

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