mercredi 17 septembre 2014

Au revoir Pénélope

C’était durant l’été de 2003. Je sortais un sac à ordures lorsque tu es arrivée comme ça, en coup de vent par la porte arrière sans même demander si tu pouvais. Tu es ensuite passée de par la cuisine pour t’en aller ensuite vers l’avant où je t’ai regardé aller, un peu incrédule, jusqu’à ce que je te perde de vue. J’ai déposé mon sac à ordures dehors et refermé la porte pour voir où tu étais rendue et c'est là que je t’ai aperçue, au beau milieu du salon, bien assise alors que tu te léchais la patte. Bien calme, tu m'as regardé autour comme si tu te disais, ouaip, belle place, je crois que je vais rester ici. 


Du coup je me suis demandé si tu n'appartenais pas à quelqu'un mais malgré les papiers que j'ai placé je n'ai jamais eu de réponse. J'aurais bien pu aller te porter dans un refuge et toute l'histoire se serait terminée là mais y'avait ce p'tit quelque chose en toi qui me plaisait bien et c'est pourquoi j'ai finalement décidé de te garder avec moi. C’est de cette façon que tu es entrée dans ma vie. J’ai découvert en toi une chatte enjouée, curieuse, pas peureuse pour cinq sous, sociable et un brin aventureuse. 


Nous avons instantanément développé un magnifique complicité, un peu comme si nous nous étions toujours connus. Au début j'ai bien cherché à te donner un nom, même si c'est certainement curieux de donner des noms à des chats car ils ne répondent jamais lorsqu'on les appelle. J'ai néanmoins opté de t’appeler Pénélope.



Véritable guenille, je pouvais te prendre comme je le voulais. Combien de soirées avons-nous passé à regarder des films pendant que tu te lovais confortablement contre moi, captivée toi aussi parce qui se passait à l'écran. Il t'arrivait même de t’endormir comme ça avec les deux pattes sur ma table.


Peu importe où je me trouvais chez-moi tu me suivais. En faisant la vaisselle, pliant mon lavage, faisant le tri dans mes cochonneries, tu te trouvais là, tout près, m’observant avec curiosité. Mais pas l’aspirateur. Dans ce temps-là tu semblais disparaître dans une autre dimension. Lorsque je m'installais à ma table à dessin tu venais prendre place derrière et tu me regardais crayonner. Tu y demeurais tant et aussi longtemps que je dessinais. Si je quittais pour une raison ou pour une autre tu me suivais et si je me réinstallais tu reprenais ta place derrière.


En écrivant les articles pour ce blogue, tu prenais place sur ma table, parfois même près de mon clavier et tu portais une attention particulière à tout ce que je faisais. En autant que je puisse me rappeler tu t''est trouvée à mes côtés à chaque fois que j'ai travaillé sur les articles qui se trouvent ici. Il y a un peu de toi dans chacun d'entre eux.


J'ai même failli, un jour, appeler ce blogue «Mademoiselle Pénélope et moi». J'avais même préparé une mise en page et conçu plein d'illustrations devant accompagner le blogue en question. Tu t'étais alors montrée particulièrement intéressée par la représentation que j'avais faite de toi. 




Aujourd’hui, onze ans après ton arrivée tel le cheval qui souffle en tempête, tu es là, dans mes bras, malade et amaigrie. Tu ne peux même plus ronronner. Dans ma poitrine j'ai le cœur qui me pèse comme si c’était une enclume et dans la gorge y’a ce motton qui s’obstine à rester là. Bientôt on sonnera à la porte et nous partirons ensembles. Jamais de ma vie je n'aurai autant souhaité qu'un déplacement en automobile dure une éternité. Choisir de te donner finalement la paix a été, tu dois le deviner, une décision très dure à prendre mais c’était la chose la plus humaine à faire. Par contre la difficulté de t'amener avec moi, j'te dis pas.

Tu as bien fait ça. Comme une grande. Tu t’es assoupie dans la doudou qui t’avait été préparée, puis, tu es partie, tout doucement. Te quitter définitivement n’a pas été chose facile. C'est avec un trop plein d'émotion que je t'ai pris dans mes bras pour une dernière fois, que je t'ai serré bien fort. Je t'ai ensuite donné un dernier baiser sur le front, ce que tu aimais tant. Le retour a été émotivement lourd j'te dis pas, et revenu chez-moi il m'a fait étrange de ne plus t'apercevoir, couchée à l'un de tes endroits préférés. En allant d'une pièce à l'autre il m’est difficile de me faire à l'idée que tu n'es plus là et je m’attends étrangement à te voir, ici ou là, comme si ton départ n’avait finalement été qu’un bien mauvais rêve. Onze ans, ça laisse tout un tas de souvenirs et d'habitudes tu sais!

Merci Pénélope. Merci d’être entrée chez-moi et dans ma vie comme tu l’as fait. Merci d’avoir été là durant toutes ces années et d’avoir été, sans que tu ne t’en rendes vraiment compte, une présence ainsi qu’une source de réconfort. Tu savais lorsque ça n'allait pas et tu venais me réconforter, me donnant des petits coups de patte feutrés sur mon bras tout en miaulant doucement, comme pour me rassurer. Ta présence, tu dois t'en douter, va me manquer durement et maintenant va falloir que je m'’habitue à cet immense trou que ton absence vient subitement de laisser. Je vais m’ennuyer épouvantablement de ta présence, de tes coups de tête, tes ronrons rassurants, de ta chaleur l’hiver et de cette extraordinaire complicité qui nous unissait, toi et moi. J’aime à croire qu’il ne s’agit que d’un au revoir et qu’un jour on se reverra quelque part. Allez, au revoir gros tigre et fais un beau dodo! 



4 commentaires:

  1. Je suis de tout coeur avec toi. Perdre un chat, c'est perdre un ami, parfois même son meilleur ami. Mais laisser partir son minet qui souffre, c'est le dernier grand acte d'amour qu'on peut lui offrir... tout en sachant que ce départ nous crèvera le coeur et l'âme. Mais, Pénélope sera toujours près de toi, car elle sera éternellement dans ton coeur. Écoute bien... tu l'entends encore ronronner, j'en suis certaine. Je te fais un gros câlin plein de compassion.

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    1. Je vous remercie beaucoup pour ce gentil mot et sachez qu'il m'a fait grand bien. On sait tous, en faisant entrer un animal dans nos vies, qu'il faudra ultimement un jour s'en séparer. Comme vous dites, ça crève le cœur et l'âme, et le seul réconfort qu'il me reste est celui de savoir qu'elle ne souffre plus et qu'elle a quitté ce monde paisiblement.

      Merci encore pour votre mot, et vos câlins.

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  2. Je pleure encore mes trois chats de mon enfance: Poushi, Taline et Schnappan. Trois grosses boules d'amour qui m'ont tant fait pleurer quand on a dû les endormir, mais qui me rappellent tellement de doux et beaux souvenirs! Gros calins à distance pour ta perte, et j'aime beaucoup ton post sur ton chat: tu lui rends un superbe hommage. Merci de nous l'avoir partagé à nous aussi!

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    1. Les gens qui n'ont pas d'animaux ont parfois du mal à s'imaginer jusqu'à quel point ces p'tites bêtes font comme place dans nos cœurs. Ils se disent souvent que ce ne sont juste que des animaux, mais ils sont beaucoup plus que cela. C'est parfois difficile d'expliquer la symbiose qui s'installe et combien ça peut être déchirant lorsque l'on doit ultimement s'en séparer. Mais tu as raison, ils nous laissent de bien beaux et doux souvenirs.

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