samedi 8 mars 2014

La petite usine qui ne voulait pas disparaître


Ancien bâtiment industriel sur le coin de St-Jacques et Versailles dans l’ouest de la ville. Il a été construit en 1923 pour y loger la Franklin Montreal Motors, une «machine shop». Puis en 1930 c’est le garage Chauvin qui s’y est installé après quoi c’est de nouveau une compagnie de machinerie, De Jean & Co. qui a occupé les lieux. Les employés de cette dernière ont certainement dû assister à tout un spectacle lorsque la vieille gare du Canadien National a pris feu le 23 août 1948. La gare était, faut-il le rappeler, à un jet de pierre et les voies ferrées passaient juste en face.

Durant les années 90, je m’en souviens très bien, il m’arrivait de passer devant la petite usine et il y avait encore de l’activité à l’intérieur. Le bâtiment me paraissait comme une carte postale d’une autre époque puisque bien peu de choses semblaient avoir changé. Je me disais alors qu’il faudrait bien que je m’arrête pour prendre quelques clichés. Toujours est-il qu’au moment où je me suis décidé la bâtisse était vide et inoccupée alors j’ai craint, et avec raison, puisque tout autour poussaient de grosses tours de condos. Si j’ai des photos à prendre du bâtiment, que je me suis dit, aussi bien le faire avant l’arrivée du bulldozer.

Heureusement, plutôt que d’être démoli pour être remplacé par des condos sans âme portant un de ces noms sans signification comme Le Magnifique Clapier Bétonné ou je ne sais quoi, il a été acquis puis entièrement rénové. Aujourd’hui on y retrouve Alexis le gourmand, une épicerie gourmet dans la plus pure tradition des bonnes vieilles épiceries de quartier. À l’intérieur on peut y admirer un très bel exemple d’architecture industrielle du début du siècle; brique commune, appareillages, parapet de maçonnerie surmonté d’un capuchon de tôle, poutrelles d’acier et fenêtres de bois nombreuses. Les propriétaires ont aussi ajouté une touche d’élégance avec de petits auvents. Outre un nettoyage soigné de la brique on a peint les fenêtres d’un vert olive qui était autrefois très en vogue dans l’architecture industrielle. Quoiqu’il en soit, on ne peut qu’admirer et applaudir l’excellent travail de restauration qui a su redonner à la petite usine sa fière allure d’autrefois en évitant les pièges de la modernisation qui font que bien souvent les éléments architecturaux d’époque sont sacrifiées au profit de trucs modernes qui n’apportent pas grand-chose.

M-à-j.: Un gros merci en passant à monsieur Desautels, un des derniers employés de la machinerie De Jean, qui m'a mentionné que suite à la fermeture de la compagnie le bâtiment a été occupé par le fleuriste Caméléon. 


Tannés de pleurer en coupant des oignons? Mâchez donc d’la gomme pendant que vous le faites pis le problème va être réglé de suite.

2 commentaires:

  1. Robert Desautels (bobino1957@hotmail.com)mardi, juillet 01, 2014

    Bonjour et bravo pour votre reportage sur la petite usine. Je suis un des derniers employés de L. DeJean & Co. Ltd. qui a effectivement fermé ses portes en Novembre 1991. Entre la fermeture et l'ouverture de l'épicerie fine actuelle, il y a aussi eu un fleuriste (Le Caméléon) qui est maintenant situé au 1300, st-antoine ouest et peut-etre que vous auriez la chance d'avoir des photos intérieure de la batisse avant les rénovations. Bonne journée.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup monsieur Desautels pour votre témoignage et aussi pour l'info sur le fleuriste, que je vais rajouter à l'article.

      Pluche

      Supprimer