dimanche 31 août 2014

Au coin de St-Denis et Beaubien en 1955


Intersection achalandée que celle de Beaubien et St-Denis alors que nous voilà replongés en 1955. Mais quand au juste? Amusons-nous donc avec les petits détails que nous offre cette photographie, si vous le voulez bien. 

Au premier plan on aperçoit un petit groupe de jeunes filles fort affairées à discuter d’une affiche. Sur celle-ci on peut y lire (quoique difficilement) le mot «Amphitryon». Peut-être s’agit-il ici d’une publicité pour la pièce de Molière?  

Le temps semble être nuageux mais il y a tout de même des percées de soleil comme en témoignent les ombrages et ceux-ci tendent à indiquer que nous sommes dans l’avant-midi. Donc, si des jeunes filles se trouvent sur un coin de rues dans l’avant-midi au lieu d’être à l’école est-ce que cela voudrait dire que nous sommes durant la fin de semaine? Certainement pas un dimanche par que si ça aurait été le cas il y aurait beaucoup moins de circulation et les gens auraient tous été «habillés propre» pour aller à la messe. Et parlant de messe, tout juste derrière le photographe il y a l’église St-Édouard. Mais sommes-nous vraiment un samedi? C’est une possibilité. Par contre, à l’arrière, on voit un camion de livraison stationné devant le bureau de poste « B », or le service postal est inactif le samedi. Peut-être est-ce le début des vacances scolaires? 

Parmi les autres détails on peut noter la présence des rails de tramways et des fils d’alimentation. Par contre, sur St-Denis c’est l’autobus qui dessert le circuit. On peut d’ailleurs le voir plus loin se dirigeant vers le sud. Les tramways, que l’on appelait les «p’tits chars» sont tous en train de disparaître car la Commission de Transport de Montréal, créée en 1950, considère qu’ils sont à la fin de leur durée de vie utile. Bientôt des ouvriers vont enlever tous ces fils électriques et la CTM les revendra. Quant aux rails ils seront pour la plupart recouverts d’asphalte car tout enlever prendrait trop de temps et coûterait trop cher et la nouvelle reine automobile a bien peu de patience. Parlant d’automobile on peut voir sur le coin sud-ouest un détaillant Esso dont une affiche vante les mérites de pneus sans chambre à air, c’est le fameux «Cushionnaire» lequel est sensé réduire au minimum les dangers d’éclatement. Ce principe s’appuie sur le fait que s’il se produit une fuite l’air s’échappera du pneu de façon graduelle au lieu d’être libéré brutalement. 

Plus à l’arrière sur St-Denis on peut admirer toutes ces belles demeures aux devantures en pierre de taille ou en brique et surmontées de magnifiques appareillages. Ces maisons, bien que différentes au point de vue architectural, s’agençaient très bien ensembles et formaient un ensemble très agréable à l’œil. Parmi celles-ci on peut d’ailleurs entrevoir l’enseigne Coca-Cola du restaurant Champagne, un des rares commerces sur ce tronçon.  

Et que se passe-t-il durant cet été de 1955? Pour les jeunes filles sur le coin de la rue il y a la musique qui retient leur attention. Peut-être sont-elles des ferventes des Ames Brothers ou des Platters? N’empêche qu’il y a un tout nouveau genre qui vient tout bouleverser, soit le rock ‘n roll. À la radio de CJMS elles ne manquent pas d’entendre le légendaire Rock Around The Clock et Razzle Dazzle de Bill Haley & The Comets ainsi que le tout nouveau succès de Chuck Berry, Maybellene.

Pour les adultes il y a d’autres préoccupations. Dans les tavernes le soir, les messieurs digèrent encore très mal la suspension de Maurice Richard. On se demande aussi comment Toe Blake, le nouvel entraîneur du Canadien, qui a remplacé Dick Irvin, va s’en tirer pour la prochaine saison. Et si on ne parle pas de hockey on discute à savoir si Duplessis a bien fait de vendre le service de gaz d’Hydro-Québec à une entreprise privée. Le temps le dira. Un autre sujet de discussion est l’affaire Coffin dont la cause est maintenant rendue à la Cour Suprême. Si la décision est maintenue Coffin sera condamné à mort. 

Comment le coin a changé depuis 1955? Les belles maisons le long de la rue St-Denis sont toujours là et on peut toujours admirer leurs belles façades. L’église St-Édouard et l’école de La Mennais, juste en face, sont eux aussi présents. Le bureau de poste par contre l’a eu en plein front. Il n’a pas été démoli mais il suffit de dire que son remodelage intensif s’apparente à une chirurgie plastique carrément catastrophique. L’ancienne station-service Esso aussi a disparu et sur le terrain on a construit un dépanneur. 





Le saviez-vous? Considéré comme révolutionnaire pour son temps, le groupe de Bill Haley a vu sa popularité fondre dès 1956-57 alors que de nouveaux jeunes talents comme Elvis Presley, Little Richards et Jerry Lee Lewis sont apparus. 

samedi 30 août 2014

Nudus XXIII


De retour avec un autre de mes modèles de nu favoris, Noa avec un cliché issu d'une session subséquente à la première que j'ai faite avec elle et où j'ai publié une des photos tout récemment. Les moments passés avec cette charmante jeune femme aux longs cheveux sont toujours agrémentés de discussions portant souvent sur l'art, et dont le crescendo valse, tel un doux ressac, entre des propos légers et les proses philosophiques. Lors de la prise de la photo qui orne cet article, l'on discutait justement de de l'inconfort et du dérangement que cause, encore aujourd'hui l'oeuvre de Courbet; L'origine du monde. Mon interprétation, telle que vue ici, est que l'origine du monde, est toujours tenue dans cette zone de clair-obscur, où l'on veut à la fois voir et ne pas voir, tout à la fois. L'une des nombreuses contradictions qui habite l'Humain. 





Le saviez-vous? Il a été déterminé que les éléments composants le corps humain en entier , qui comprennent entre autres le calcium, le fer, le carbone et le calcium, auraient une valeur marchande d'environ $160

vendredi 29 août 2014

nudus XXII


Autre photo faite avec Noa. Elle est très articulée et volubile durant les sessions que je fais avec elle. Les sujets de conversation, croyez-moi, ne manquent pas. Je n'ai jamais caché que mes photos sont faites dans des conditions qui sont parfaitement à l'opposé d'un studio professionnel. Deux grands draps noirs en velours en velours, tout simples, que j'ai dégoté dans le coin des retailles d'un magasin de tissus. Ce faisant, de la position du modèle, on voit bien tout le salon, quelques meubles que j'ai dû tasser pour faire un peu de place ainsi que quelques objets de décoration. Ce jour-là Noa, durant une petite pause, a remarqué une petite sculpture d'origine polynésienne, sur le coin de ma bibliothèque. Il n'a suffit que cela pour que Noa me raconte la Polynésie française et le court séjour qu'elle y fait il y a un certain temps. La beauté de ces îles et archipels qu'elle aurait bien tous voir, mais ils sont bien nombreux. Un moment marquant a bien été la visite de la tombe de Paul Gauguin et comment elle a été surprise de voir que son «voisin» n'était autre que Jacques Brel. La photo d'aujourd'hui est le résultat d'une suggestion que je lui ai faite pour une pose; une plage, peut-être Bora Bora, et farniente totale en se laissant laper les jambes par les vagues chaudes. 





Le saviez-vous? Il y a plus de chambres dans un hôtel typique de Las Vegas que dans toute la Polynésie française et que Hawaï reçoit davantage de visiteurs en dix jours que la Polynésie française en un an. 


mercredi 27 août 2014

Histoire de pixels, part deux


Je dois avouer que j’ai été assez surpris des résultats soumis quant au petit jeu que je vous ai proposé dans mon dernier article. Je confie d’entrée de jeu ne pas avoir utilisé qu’une seule caméra. Ça aurait été un truc trop simple, et peut-être trop facile, quoique l’idée m’ait néanmoins effleuré l’esprit (quoique les résultats démontrent que je suis passé bien près, hin hin). Toujours est-il que personne n’a pu définir à 100% quelles photos ont été prises avec quel appareil. Étonnant, non? Alors sans plus tarder voici les réponses :

Photo #1: Détails d'une entrée de maison victorienne : Powershot A60
Photo #2 : Coin de maison et gouttière : Powershot A60
Photo #3 : Escalier de la maison Forget : Powershot A60
Photo #4 : Entrée de bloc appartements : Rebel XT
Photo #5 : Carillon avec oiseau : Rebel XT
Photo #6 : Tympan d’église en demi-cercle avec Madonne : Powershot A60
Photo #7: Tympan d’église en ogive: Powershot A60
Photo #8: Écorce d’arbre (gros plan): Powershot A60
Photo #9: Modèle en clair-obscur: Powershot A60
Photo du chat à la porte, en haut de cet article: Powershot A60

Si les résultats peuvent surprendre ça démontre qu’on peut faire des photos acceptables même avec des petites pinottes insignifiantes comme la A60. Ceci dit le mot «photo» nous vient de l’ancien grec φωτός, phôtós, génitif singulier de φῶς, phỗs et qui veut dire «lumière» alors que «graphe», aussi issu de l’ancien grec γράφειν, graphein, veut dire «écrire». Donc, par définition, photographier veut dire écrire avec de la lumière. Ce faisant, ce n’est pas l’appareil tant que la vision de la personne qui photographie. C’est une philosophie que je partage et défend. 

«There is nothing worse than a sharp image of a fuzzy concept. »
Ansel Adams

Ce que l’ami Ansel tient à nous dire c’est de ne pas se préoccuper tant de l’équipement qu’en venir au point d’oublier ce qui importe réellement. Je crois que ce qui est important de se souvenir c’est qu’au cœur de tout ça la caméra n’est qu’un outil qui sert à capturer la lumière. L’on dira que certains outils sont meilleurs que d’autres mais la plupart de ceux-ci sont tout à fait capables de donner des résultats parfaitement convenables en autant que l’on sache comment exploiter leur potentiel. 

(Faut pas exagérer tout de même!)

Évidemment on peut aussi avancer l’argumentaire qui veut que les capteurs d’aujourd’hui soient maintes fois supérieurs que ceux d’avant, qu’ils peuvent «voir» ce que l’œil ne voit pas. En ce qui me concerne ça ne m’intéresse pas de savoir ce que ma caméra voit ou ne voit pas parce que, justement, c'est ce que je vois personnellement qui m'importe et non ma caméra. 

Tenez, je suis parfaitement nul en cuisine (vive le micro-ondes) mais vous savez quoi? Même la meilleure batterie de cuisine au monde ne fera pas de moi un Paul Bocuse pour autant. D’ailleurs on pourrait donner un kit de casserole provenant d’un magasin à un dollar et Bocuse saurait être capable de faire quelque chose d’extraordinaire avec parce que c’est son savoir et ses connaissances qui font la différence. C’est la même chose pour les caméras et la photographie. Ce qui fait une belle photographie c’est l’œil du photographe qui sait comment  composer une scène et son habileté à transmettre une émotion. Et ça, ça peut se faire avec n’importe quelle caméra. Douglas Beasley, un photographe que j’admire énormément, dit à ceux qui suivent ses cours :

«Also expect to learn to better express yourself and your emotions through photography, wether with a plastic toy camera, a point-and-shoot camera, cell phone or D-SLR. The tools don’t matter nearly as much as your heart, soul and vision.»




Le saviez-vous? Un type à un jour acheté de vieilles plaques photographiques dans un marché aux puces pour une quarantaine de dollars. Après examen il s’est révélé qu’il s’agissait de plaques d’Ansel Adams. Valeur estimée après évaluation : $200 millions. 

jeudi 21 août 2014

Histoire de pixels

De nos jours la techno ça avance vite. Très vite. Peut-être trop vite même. C’est tellement rapide que c’est presque si on a le temps d’apprécier ce que l’on a que c’est déjà obsolète et remplacé par un autre truc plus fort, plus rapide, plus performant, bref, plusse toutte. C’est le cas, entre autres, des bébelles technos comme les téléphones portables, des télévisions, des consoles de jeux vidéo, iCochonneries et autres coprolithes électroniques où un modèle n'attend pas l'autre. 

La photographie numérique n'y échappe pas et les caméras, capteurs, lentilles et cartes de stockage d’il y a à peine dix ou douze ans ont aujourd’hui l’air de trucs sorti tout droit d’un épisode des Pierrafeu. Pour peu que certains se demanderaient si y’aurait pas à l’intérieur de ces vieilles caméras un p’tit oiseau qui grave une pellicule de pierre. Bon, je déconne un peu mais tout de même. 

Alors trêve de plaisanterie et reprenons la base.  

Un pixel, c’est quoi?


C’est l’un des milliers de petits points lumineux qu’il y a sur votre écran. Ils sont difficiles à voir individuellement autrement que lorsqu’ils sont défectueux, ils deviennent alors souvent un point brillant qui peut agacer à la longue. Donc chaque écran est composé d’une multitude de pixels dont le nombre peut varier selon le manufacturier et le modèle. Pour en apprécier la taille, voici un pixel comparé à un grain de sable et de sel.


Étonnant, non? Comme on peut le constater de visu, un pixel c'est très petit. Parlons maintenant de résolutions et prenons-en une classique : 1280 x 1024. Ça veut dire quoi au sens propre? Eh bien cela signifie qu’il se trouve très exactement 1280 pixels horizontalement et 2014 pixels verticalement. Pour savoir combien il y a de pixels au total dans l’écran il ne suffit que de les multiplier ensembles. Donc, 1280x1024 = 1,310,720 pixels ou, grosso-modo, 1,3 mégapixels. Soit dit en passant, le mot «méga» ne définit pas 1 million de pixels mais bien 1,048,576. Voilà pour ça.


Mais a-t-on véritablement besoin de caméras avec des gonzillions de petapixels avec toutes les cloches et sifflets dernier cri pour faire de belles photos? Ça dépend. Beaucoup d’adeptes vous diront que pour avoir les plusses belles photos il vous faut les plusses meilleures caméras avec les plusses gros capteurs dits «full frame». Évidemment ça va de pair avec de plusses gros prix. Des prix qui vont dans la stratosphère. 




Wô les moteurs là! Du «full frame»? De quossé ça?






C'est un type de capteur, parce qu'il y en a plusieurs et de tailles différentes. Comment mieux expliquer? Hum. Voyons d’abord une caméra dite classique, celle qui utilise du film, peu importe son type. J’utilise cet exemple parce que le procédé est le même qu’avec le numérique. Voyons donc ce qui se passe lorsque l’on prend une photo :


Lorsque l’on appuie sur le déclencheur on laisse entrer par la lentille une quantité de lumière qui va exposer le film à différents degrés. C’est ce qui donne la photo. Avec le numérique, au lieu d’exposer une pellicule, on expose un capteur électronique. Il s’agit d’une surface qui, à l’instar de l’émulsion classique, réagit à la lumière. Ce capteur est tapissé de cellules photosensibles qui convertissent la lumière en image numérique. 

Il existe deux types de capteurs, le CCD (Charged Coupled Device) et le CMOS (Complementary metal-oxide semi-conductor). Les deux technologies fonctionnent de façon un peu différente mais font le même travail. Il faut noter qu’aucun des deux ne possède un avantage net par rapport à l’autre. Les capteurs n’ont toutefois pas la même taille ni le même nombre de cellules photosensibles. Leur sensibilité à la lumière, tout comme les films, varie également. Et c’est là que tous ces éléments commencent à devenir intéressants. Sur les petites caméras compactes ces capteurs sont évidemment très petits et sont plus gros sur les modèles de type reflex. À titre comparatif voici la différence de taille entre certains capteurs :



Mais voilà, ce qui pousse l’industrie ce n’est pas les besoins en mégapixels des photographes ou une qualité d’image encore meilleure, c’est le besoin d’encore et toujours vendre des caméras. Toujours plusse et plusse de caméras, ce qui en retour génère de biens beaux profits, au grand plaisir des actionnaires. Vendre davantage de mégapixels a été pendant longtemps un bon argument de vente, surtout lorsque les caméras avaient, en moyenne, des résolutions allant de 3 à 8 mégapixels. Si on devait imprimer en grand format, 11 x 14 ou plus, on poussait alors les caméras à leurs limites. D’où certains besoins. Mais la question demeure : a-t-on véritablement besoin de quantité de mégapixels pour produire de belles photos?

La réponse : pas nécessairement.

En fait, on peut faire de très belles photos avec n’importe quel type de caméra, qu’elle soit numérique ou argentique, avec une boîte de chaussures et même une boîte de sardines! Ce qui illustre bien que ce n'est pas la caméra qui fait la photo mais bien l’œil qui se trouve derrière. D’ailleurs, Cartier-Bresson n’a-t-il pas utilisé qu’une petite Leica avec lentille 50mm pendant l’essentiel de sa carrière?

Histoire de m’amuser un peu sur ce thème, j’ai décidé de vous proposer un petit jeu tout simple; un peu plus bas vous allez voir une petite brochette de huit photos que j’ai faites ici et là. Chacune d'elle est numérotée de 1 à 8. Elles ont été prises avec l’une ou l’autre de deux caméras que je possède et que je vous présente :


Ce sont ici deux caméras que je possède depuis un bon bout et parfaitement dépassées au plan technologique. La A60 date de mai 2003 et le Rebel XT a été acquis en septembre 2006. Je les utilise encore car d’abord elles fonctionnent encore très bien et ensuite elles font exactement ce que je veux, soit prendre des photos. Elles ne seront remplacées que lorsqu’elles seront positivement et définitivement kapoutes.

Comme on peut le voir toutefois, la différence technique entre les deux caméras est assez importante, non seulement pour la résolution mais aussi la taille et le type des capteurs. Elles sont très différentes l'une de l'autre et on ne travaille pas avec les deux de la même façon. Mais qu'en est-il de la qualité des images que l'on peut prendre? Beaucoup ne considérerait même pas la A60 étant donné sa faible résolution, largement dépassé par les téléphones portable même de base, et aussi de par la minuscule taille de son capteur. Même le Rebel semble bien mièvre avec ses ridicules 8 mégapixels. Et pourtant.

Histoire de m'amuser sur le thème, j'ai décidé de vous proposer un petit jeu où je vous présente une petite série de photographies que j'ai pris à un moment ou un autre. Ces photos ont été prises directement en noir et blanc par les deux caméras (une option que beaucoup de gens ignorent) et elles ont fait un détour via Microsoft Paint (eh oui!) pour être redimensionnées et étampées de ma signature. Le jeu est donc fort simple; dans la section des commentaires il vous suffira de deviner avec quelle caméra j’ai pris les photographies, soit la A60 ou encore la Rebel XT. J’afficherai les réponses dans un article subséquent. Voici donc les neuf photos. Bonne chance!


 Photo #1: Détails d'une entrée de maison victorienne.

Photo #2: Coin de maison et gouttière. 

Photo #3: Escalier de la maison Forget.

Photo #4: Entrée de bloc appartements.

Photo #5: Carillon avec oiseau.

 Photo #6: Tympan d'église en demi-cercle avec Madonne.

Photo #7: Tympan d'église en ogive.

Photo #8: Écorce d'arbre (gros plan).


Photo #9: Modèle en clair-obscur.





Le saviez-vous? L’œil humain aurait une résolution 576 mégapixels. 




samedi 16 août 2014

Une rue bien paisible


Je vous parlais dans l'article précédent de pans entiers de la ville de Montréal qui ont complètement changé au point où l’on ne peut plus les reconnaître. Ou à peine. C’est le cas de la scène que je vous propose aujourd’hui. Vous replacez l’endroit? Sur l’interweb on parle de la rue Ste-Catherine et à d’autres endroits on mentionne St-Antoine et même University. Proche, mais pas de cigare. 

D’abord, et comme c’est mon habitude, je vous replace dans le temps; la plupart des légendes entourant la datation de cette photo mentionnent simplement «au tournant du 20è siècle, sans plus de précision, alors pour les besoins de la cause, disons 1900. Et comme on peut le voir, c’est aussi l’été. 

Alors, où est-ce que l’on se trouve? Tout simplement sur la rue Bleury, entre les rues Ste-Catherine et Dorchester. On regarde ici vers le sud et le Gésu, quelque peu visible à droite, est le seul bâtiment de tout le lot à avoir survécu. C’était bien entendu avant que l’église ne subisse des modifications architecturales qui ont ajouté les deux tours en oblique de part et d’autre de l’entrée principale. 

1900 c’est encore l’époque des faubourgs et ici nous sommes dans celui de St-Laurent. Ses voisins immédiats sont, celui de St-Georges à l’ouest et de St-Louis à l’est. La rue comme les trottoirs, sont d’une propreté exemplaire. Ce n’est pas seulement dû aux employés de la ville mais aussi aux citoyens eux-mêmes. 

C’est aussi une période où il n’y a pas encore d’automobiles à Montréal. Pour se déplacer on utilise nos papattes, une charrette ou encore le tramway. Ce dernier est alors géré depuis 1886 par la Montreal Street Railway et qui a entrepris d’électrifier son réseau depuis 1892. Parlant d’électricité il y a une compagnie montréalaise, la Royal Electric Company, dont le système d’éclairage électrique s’implante de plus en plus, notamment en ce qui concerne l’éclairage des rues. Les réverbères au gaz donnent bien des maux de tête; saleté, odeurs désagréables, problèmes d’allumage… Bref. D’ailleurs au printemps de 1900 la ville de St-Louis du Mile-End  a passé un contrat avec la Royal Electric Company concernant l’achat de 12 lampadaires électriques au coût de $112 chacun. Le contrat est également rédigé de façon à permettre d’en ajouter d’autres au besoin. La Royal Electric Company a d’ailleurs le vent dans les voiles puisqu’elle opère plus de 70 stations électriques entre les villes de Victoria et Charlottetown. Ses adversaires sont nuls autres que Canadian General Electric et Canadian Westinghouse.  

La scène qui s’offre à nous nous permet, comme je le disais au début, d’admirer un Montréal qui n’est plus. Même si nous sommes à un jet de pierre du secteur surnommé Paper Hill, en raison des nombreuses imprimeries qui s'y trouvent, il règne un calme que le centre-ville n’a plus depuis bien longtemps. L’essentiel du bruit que l’on peut entendre est celui qui provient du tramway, puis de celui des chevaux dont les fers cognent sur le pavé. L’air est bon car les sources de pollution, comme les navires et les trains, sont loin.

Le Gésu est immédiatement suivi au sud par le collège Ste-Marie dont le recteur en 1900 est le révérend Turgeon. On peut s’étonner de ce prédicat, que l’on associe de nos jours à la religion protestante mais dans le temps il était utilisé aussi par la religion catholique. Au collège on publie aussi une revue, le Messager Canadien du Sacré-Cœur de Jésus. 

Tout juste en face on peut voir une magnifique enfilée de belles maisons ouvrières doublées, au rez-de-chaussée, de différents commerces. La grande majorité est en brique commune mais quelques-unes sont en pierre de taille. Elles partagent aussi certains éléments architecturaux comme les toits en fausse mansarde, lucarnes et fenêtres avec de belles persiennes. Au niveau de la rue on peut voir de ces belles façades ornementales qui décorent les différentes entrées de commerces. Les propriétaires de ceux-ci ont d’ailleurs eu la très aimable idée de pourvoir leurs devantures d’auvents qui procurent aux passants de l’ombrage très apprécié par jours ensoleillés. On y trouve de tout!

Ainsi, si jamais vous ne vous sentez pas bien vous pouvez passer dans les cabinets des médecins Mignault, Meagher, Merrill, Johnston et de Lotbinière. Ceux-ci ont chacun leurs adresses respectives quoiqu'on les voit pas tous sur la photo. Pour un bel habit sur mesure passez donc plus bas au 145, à la boutique du tailleur G. P. Nelson. Vous possédez un cheval? Il a besoin de nouveaux fers aux quatre pattes? Le maréchal-ferrant Narcisse Nicol, au 143, peut s’en occuper. Ne vous en faites pas si votre cheval a un caractère de chien, Narcisse a l’habitude et sait se faire respecter des chevaux. Besoin de mettre vos livres à jour? Pourquoi ne pas faire un détour au 141 chez le comptable Olivier Lefebvre? Pour les dames qui ont besoin d’ajustements à leurs accoutrements la couturière madame Phaneuf va vous arranger ça. Et pour les problèmes de peau vous pouvez toujours prendre rendez-vous avec le docteur Brodeur qui dirige l’Institut Dermatologique dont la clinique est au 139, près de la rue Dorchester. Si, parce qu’en 1900 il s’agit encore d’une rue. Paisible même, de surcroit. Beaucoup plus au sud, à la frange du Vieux-Montréal, se trouve le centre des affaires mais celui du commerce a tranquillement commencé à migrer vers la rue Ste-Catherine. La décision d’Henry Morgan d’installer son nouveau grand magasin face au square Philips en 1893 a d’abord été considéré comme une folie mais force est d’admettre que le bonhomme avait de la suite dans les idées. Il se trouve maintenant de plus en plus de commerces qui suivent son exemple. Si ça continue comme ça y’a fort à parier que la rue Ste-Catherine deviendra une artère commerciale importante dans le futur. On verra. 

Durant l’été de 1900 on parle de plusieurs choses dont l’incendie à Pointe-Claire qui a détruit non seulement l’Hôtel de ville mais aussi le bureau de poste ainsi qu’une trentaine de maisons, jetant ainsi plus de 200 personnes à la rue. À Magog il y a un conflit de travail à la Canadian Cotton Mills qui oppose quelques 400 ouvriers-tisserands à la direction et une grève est déclenchée. La compagnie ne s’en laisse pas imposer et procède derechef à de nombreux congédiements. Canadian Cotton Mills fait partie des quatre filatures qui formeront, en 1905, la Dominion Textile. Autre sujet qui fait jaser, la Banque Jacques-Cartier qui se reforme sous le nom de Banque Provinciale du Canada, la future Banque Nationale. Et puisqu’il est question d’institution financière, Alphonse Desjardins élabore son projet de caisse d’épargne populaire qui devrait voir le jour sous peu. 

La modernisation de Montréal a littéralement changé ce paysage. Comme je le disais en début d’article, le Gésu est le seul bâtiment de tout ce que l’on voit à avoir survécu jusqu’à aujourd’hui. A aussi subsisté quelques parties de l’ancien collège Ste-Marie et il est possible d’y voir ici et là en descendant Bleury du côté ouest, des anciennes fenêtres et portes que l’on a condamnés. Tout le reste, à un moment ou un autre, est passé sous le pic des démolisseurs. À la place, on a construit des bâtiments ternes et sans âme que l’on ne regarde même pas deux fois. Voici de quoi a l’air la même scène aujourd’hui. 


Pour conclure ce petit article, je vous propose une petite brochette de publicités alors en vigueur à Montréal durant l’été de 1900. Il ne s'agit que d'un petit échantillonnage, bien entendu, mais il est amusant et ma foi presque rafraîchissant de voir la façon dont les produits et services étaient conçus et que les textes étaient formulés.








Saviez-vous ça vous autres? Regardez su'a photo originale en-haut pis vous allez voir une borne-fontaine. savez-vous qui c'est qui a inventé ça? Personne le sait réellement parce l’édifice oussé que les brevets étaient a passé au feu en 1836. Ça paraît pas là mais on essaye de pas rire. 

mercredi 6 août 2014

Un centre-ville bien différent


La ville de Montréal s'est énormément transformée depuis le début du vingtième siècle, au point où plusieurs endroits sont parfaitement méconnaissables tellement ils ont changé. Parfois pour le mieux mais souvent pour le pire. C’est selon. Par exemple, prenons la scène ci-dessus. Vous replacez l’endroit? Soyez assuré d’une chose, c’est que si les gens que l’on voit sur la photo étaient transportés au même endroit mais en 2014 ils seraient sincèrement déboussolés et n'auraient aucune idée où ils seraient. Ils seraient même un peu paniqués de ne rien reconnaître.

Avant tout chose, l’année : 1930, et à voir les arbres dépouillés ça pourrait être à l'automne ou au printemps. Voilà pour ça. Maintenant on va replacer les différents éléments que l’on aperçoit ainsi que l’endroit. Le pont sur lequel passe le tramway 65 ainsi que quelques voitures n’est autre que la rue Dorchester, aujourd’hui boulevard René-Lévesque. À gauche, la rue transversale au bas de laquelle on voit des promeneurs et deux cyclistes, c’est la rue Ste-Monique, aujourd’hui disparue. L’église, également à gauche, c’est l’ancienne église St-Paul et dont l’emplacement est aujourd’hui occupé par l’hôtel Reine-Élizabeth. L’église n’a toutefois pas été démolie puisque les frères de Ste-Croix l’ont achetée pour 1$. Il n’a fallu que deux mois pour qu’elle soit entièrement démontée pierre par pierre pour ensuite être reconstruite près du collège de St-Laurent. Le bâtiment, qui existe toujours, abrite aujourd’hui le Musée des maîtres et artisans du Québec, sis au 615 avenue Ste-Croix (si jamais une visite vous intéresse). Ah, et tout à fait à droite on peut voir le bout du transept est de la cathédrale St-Jacques (j'y reviendrai plus loin).

Mais l’élément le plus intéressant est bien entendu la gare centrale que l’on voit au fond et sur la façade de laquelle on aperçoit le nom du Canadien National. Ce qu’il est important de savoir toutefois c’est que ni cette gare, ni les voies ferrées que vous voyez ont été construits par le Canadien National. Tout ça est en réalité l’œuvre d’une autre compagnie : le Canadian Northern. Ça vous intrigue? Je m’en doutais. Un peu d’histoire donc, si vous le voulez bien (de toute façon vous n’avez pas le choix, ha ha!).

Au début du 20è siècle les deux grandes forces ferroviaires au Canada, et incidemment à Montréal, sont le Canadien Pacifique et le Grand Tronc. Le Canadien Pacifique possède alors deux gares importantes soit la gare Viger ainsi que la gare Windsor. Quant au Grand Tronc c’est la gare Bonaventure dont je vous ai déjà causé dans cet article. Les deux entreprises possèdent aussi leur réseau de voies ainsi que ponts d’accès un peu partout sur l’île. Y’a toutefois une troisième compagnie qui grimpe en efficacité et en popularité : le Canadian Northern. Démarrée en Alberta en 1899 par deux entrepreneurs dynamiques, William Mackenzie et Donald Mann, la compagnie gagne la faveur de nombreux fermiers de l’ouest canadien. Enfin! Se disent-ils, voilà qui va nous libérer du quasi-monopole du Canadien Pacifique. Le Canadian Northern s’agrandit rapidement et en 1901 la ligne Winnipeg-Port Arthur est complétée. En ce qui concerne l’est les voies ferrées joignent Capreol, Parry Sound ainsi que le Saguenay puis Montréal. Mais justement, Montréal représente un problème sérieux pour le Canadian Northern. Les voies d’accès à l’île, surtout au sud, ont solidement été cousues par le Canadien Pacifique et le Grand Tronc et la seule façon qu’a pu trouver le Canadian Northern pour mettre le pied (façon de parler) à Montréal c’est par l’est, en passant au travers Pointe-aux-Trembles, Maisonneuve et Hochelaga, les voies traversant carrément les zones habitées. Même que près de Bourbonnière celles-ci croisent la rue Ontario. Tenez, vous connaissez la Place Valois? Si vous êtes déjà passé par là vous avez possiblement remarqué l’aménagement urbain pour le moins particulier, surtout en ce qui concerne la disposition des bâtiments. Tenez, je vais vous aider en vous montrant ledit aménagement tel que vu des airs :


Vous voyez cette étrange courbe qui traverse le quartier? Ben voilà, il s’agit là de l’ancien corridor ferroviaire qu’empruntaient les trains du Canadian Northern, puis du Canadien National. Les voies ferrées continuaient comme ça vers l’ouest pour aboutir à une petite gare modeste, la gare Moreau, sise au coin des rues Moreau et Ste-Catherine. Mais à partir de là on ne peut pas aller plus loin à cause de la présence de la gare de triage du Canadien Pacifique qui se trouve juste à côté. On ne peut évidemment pas passer par-dessus ou par en-dessous. Problème.

Mais le centre-ville c’est là où se trouvent les gros sous et les grosses affaires. Si l’on veut mettre la main dans le plat à bonbons on fait quoi?

Fichue de bonne question!

Alors au Canadian Northern on a fait comme le coyote; on fait les cent pas tout en cherchant un moyen d’atteindre efficacement le centre-ville de Montréal et par la même occasion faire une bellle jambette au Canadien Pacifique et au Grand Tronc. Ça cogite fort, et puis un jour…


En 1910 le Canadian Northern annonce finalement son plan d’action : la compagnie arrivera dans le centre-ville via Deux-Montagnes puis de par un tunnel qui sera creusé directement sous le Mont-Royal. Ce faisant elle évite de croiser les lignes de ses deux rivales, de faire un détour considérable et ça permet d'arriver en plein centre-ville, à un jet de pierre des gares Windsor et Bonaventure. La complexité du projet et aussi son audacité sont impressionnantes, assez pour qu'au Canadien Pacifique et au Grand Tronc on fasse également comme le coyote en prenant connaissance du projet:

 
Pour financer tout ça le Canadian Northern élabore un plan assez ingénieux. Il se trouve à l’ouest de la montagne quantité de terres agricoles dont certaines ne servent plus à grand-chose. La compagnie projette donc d’acquérir ces terres, de les lotir et d’y construire une ville moderne selon le concept city beautiful. Ce sera Ville Mont-Royal. La voie ferrée passera au centre de cette future ville et les rues vont toutes converger vers la gare qui portera le nom de Mont-Royal, puis suivra son chemin sous la montagne pour aboutir à la gare centrale.

Les travaux débutent le 8 juillet 1912 avec deux équipes, l’un au sud et l’autre au nord. Les travaux ne sont pas faciles, d’abord à cause du roc mais aussi par la longueur du tunnel à percer, soit presque 5 kilomètres. Le 10 décembre 1913 le creusage du tunnel est complété. On peut alors s’affairer au reste des travaux d’aménagement.

 (Photo: Archives de la Ville de Montréal)

En 1914 on place une commande chez General Electric pour la construction de locomotives électriques de type «boxcab», lesquelles sont livrées en 1916 et 1917. Ces types de locomotives sont nécessaires pour effectuer le trajet sous la montagne, histoire de ne pas emboucaner les voyageurs avec la fumée de locomotives à vapeur. Le tunnel et la gare sont inaugurés le 21 octobre 1918. Mais pas de fête, de célébration ou quelconque autre cérémonie. Ce n’est pas parce qu’on ne veut pas mais c’est que la grippe espagnole fait rage alors les rassemblements publics sont proscrits afin d’éviter la propagation de la maladie.

Malheureusement personne n’aurait pu deviner tout le caca économique qu’allait causer la première Guerre mondiale. Le premier ministre Robert Borden, réélu en 1917, prend le Canadian Northern sous l’aile du gouvernement en même temps qu’une dizaine d’autres sans toutefois les fusionner, ce qui se produit néanmoins en juin 1919 lorsque le Canadien National est officiellement créé. C’est alors que le mot «Northern» est enlevé de la façade de la gare pour être remplacé par «National». Histoire de se situer peut-être un peu mieux, voici une autre photo de l’endroit mais prise du haut des airs.

(Photo: Archives de la Ville de Montréal)

Voyons voir; en bas à gauche y’a l’édifice de la Sun Life alors en pleine construction. On peut voir aussi la cathédrale Marie-Reine-du-Monde mais qui à l’époque se nomme, comme je l'avais mentionné plus haut, St-Jacques. C’est le cardinal Léger qui va la renommer Marie-Reine-du-Monde en 1955, renouant ainsi avec les origines mariales de Montréal qui au départ portait le nom de Ville-Marie. On voit aussi évidemment la gare centrale et, tout juste derrière, le bâtiment de la compagnie King’s Express. La gare centrale sera subséquemment remplacée par un autre bâtiment de facture plus moderne en 1943 et qui est encore empruntée de nos jours. Architecturalement elle est assez similaire à son apparence d'origine. D’ailleurs à l’intérieur il se trouve une plaque en l’honneur d’Henry Wicksteed, l’ingénieur qui a pondu tout le plan du tunnel.


La tranchée quant à elle sera comblée par la construction de la place Ville-Marie. À peu de choses près, mis à part la cathédrale, le square Dorchester, la place du Canada, l’édifice de la Sun Life et le théâtre Loews (dont on voit le toit tout à fait en bas à gauche), tout le reste a été démoli. Voici une vue aérienne de l'endroit tel qu'il apparaît aujourd'hui.


En 1930 ce qui fait jaser c'est évidemment la crise économique. Au printemps des centaines de chômeurs se sont déplacés à l'hôtel de ville de Montréal pour réclamer du travail mais les policiers les attendent de pied ferme. Ça joue dur. Les femmes qui souhaitent devenir  un jour avocates sont peinées d'apprendre qu'un projet de loi qui pourrait leur permettre d'adhérer au Barreau a été formellement rejeté par l'Assemblée législative. Alors que les Canadiens de Montréal ont gagné leur 3è coupe Stanley, les gens de la ville observent avec grand intérêt les travaux du pont du Havre qui s'achève au mois de mai. Le budget et l'échéancier ont été respectés. Puis en juillet Montréal reçoit le fameux dirigeable R100, un événement que l'on n'oubliera pas de sitôt!


Saviez-vous ça vous autres? Quand y’ont construit le tunnel en dessous d’la montagne là, ben y’a une équipe qui a commencé à creuser en partant du nord pis l’autre du sud. L’idée était de se rencontrer en quelque part dans le milieu. Pis quand ça s’est fait ben y se sont rendu compte que y’étaient pas exactement kif-kif un par rapport à l’autre. La différence? 1 pouce. Ta-daaam! Pis une autre affaire, connaissez le chemin pis la gare Canora? Bon ben Canora ça veut tout simplement dire CAnadian NOrthern RAilroad. Faque.