lundi 24 août 2026

Gagnon Automobile en 1912

En 1912, au 1950 boulevard St-Laurent, on retrouve le commerce St-Louis Automobile, propriété de Siméon Gagnon et où l'on peut faire l'acquisition de voitures de marque Rambler. Le garage offre aussi les services d'entretien et de réparations. La photo est intéressante, on y voit des gens posant devant le commerce et où l'un d'entre eux est fort probablement monsieur Gagnon lui-même. Au dessus du commerce se trouvent des logements et la personne assise au balcon tout en haut ne semble pas trop s'en faire avec ce qui se passe en bas.  

Une Rambler «Touring» de 1912, pour les promenades estivales, bien entendu. 

Toutefois en 1912 l'automobile était un produit de luxe qui était fort loin de la portée des bourses de l'ours moyen. En effet le prix d'une Rambler variait selon le modèle, entre 1 200 et 3 000 dollars, ce qui équivaut à environ 43 000 à 107 000 dollars aujourd'hui. On compte à cette époque approximativement 3,000 voitures en circulation à Montréal mais c'est l'apanage des riches. 

Sur cette photo on peut voir l'intérieur du commerce où se trouvent tous les agréments modernes afin de bien gérer le commerce; téléphone, système de communication interne, machine à dactylographier, fontaine d'eau et pièces. 

Comme mentionné au début de l'article, le commerce se trouvait au 1950 boulevard St-Laurent mais on ne peut utiliser cette adresse à l'emplacement actuel puisque la numérotation des rues n'était pas la même. Le 1950 boulevard St-Laurent à cette époque se situait un peu au nord de Laurier.  

En 1925 le garage n'existe plus. Il est difficile d'extrapoler sur la cause mais en 1919, un peu plus au sud, soit au 1545 boulevard St-Laurent , s'installe Légaré Automobile. Cette adresse place le commerce un peu au nord de l'avenue du Mont-Royal. Pas à côté mais pas bien loin non plus.

Légaré Automobile, succursalle au 596 Ste-Catherine Ouest. 
 
Comme on peut le voir sur cette représentation de la compagnie dans le Lovell de l'époque, la compagnie Légaré possédait 7 succursales à Montréal et offrait vente et service pour plusieurs marques de voitures du temps dont, ô surprise, les voitures Nash. 
 
Les voitures Rambler, que vendait Siméon Gagnon, étaient fabriquées par la Thomas B. Jeffery Company,l laquelle a produit des automobiles de 1900 jusqu'en 1914. Or, en 1916, Charles W. Nash, propriétaire de la compagnie de voitures du même nom, rachète celle de Thomas B. Jeffery. Monsieur Gagnon a pu certes continuer à vendre des Rambler mais la présence proche de Légaré Automobile lui a certainement envoyé un solide coup de coude dans les côtes, surtout avec plusieurs succursales. C'est ce qui a probablement fait dérailler le commerce de monsieur Gagnon. 
 
Il est bien difficile en 2025 de savoir où se trouvaient très exactement les commerces qui existaient là il y a cent ans car si il se trouve encore de vieux bâtiments plusieurs ont été remplacés par d'autres de facture plus moderne. Sans compter, comme mentionné plus haut, la numérotation des adresses qui différait grandement de celle d'aujourd'hui. 
 


Le saviez-vous? Nash Motors relança la marque Rambler sur le marché automobile de 1950 à 1954. En 1954 Nash fusionne avec la Hudson Motor Car Company pour former l'American Motors Corporation. La compagnie va d'ailleurs remettra d'ailleurs le Rambler sur les routes durant les années 60.   




Bien qu'il se passe bien des choses en 1912, l'évènement qui fera parler pendant des smeaines et voire plus, est sans aucun doute le baufrage du paquebot Titanic de la White Star Line dans les eaux glacées de l'Atlantique nord. À cette époque la télégraphie sans fil permet des communications rapides et parfois, malheureusement, trop rapides. En effet, dans son édition du 14 avril 1912, le journal La Patrie rapporte de façon erronée, que tous les passagers sont sains et saufs. Les faits, on le sait, sont décidément tout autre et on devra rajuster le tir dans les éeditions subséquentes et rapporter que le naufrage a causé la mort d'environ 1,500 personnes. 

L'édition du 14 avril 1915. Une communication hâtive rapporte une fausse bonne nouvelle. 

L'édition du 15 avril rectifie le tir. Le nombre de décès est encore à ce moment imprécis car le édcompte officiel n'est pas terminé. 

Et enfin, pour clore cet article, voici quelque publicités parues en 1912. Vous reconnaîtrez fort certainement certains produits qui sont encore disponibles aujourd'hui. 







samedi 15 août 2026

Par un 15 août 1975

 

(Photo: Jean-Yves Létourneau, « 11 août 1975 », Fonds La Presse 
 Archives nationales à Montréal, P833,S5,D1975-0318)

C'est le quinze août 1975. La bande de gamins sur la photo qu'a prise Jean-Yves Létourneau quatre jours auparavant, ça aurait pu être mes copains et moi. Mêmes styles, mêmes vêtements et même joie de vivre. L'ivresse de liberté qui nous habitait depuis la fin des classes  commence à s'estomper car au pas trop loin à l'horizon les sombres nuages de la rentrée scolaire se font voir et sentir. On va devoir dégriser de ladite liberté. Pour certains, les effets scolaires sont déjà achetés alors que pour d'autres ça va se faire dans les jours qui suivent. Un triste évènement pour plusieurs, comme j'en parlais ici
 
Alors on essaie d'étirer les jours, pédale au tapis et on tente d'extirper le plus que l'on peut de plaisir avec ce qui nous reste dans le réservoir. Déjà on sait, le soleil commence à se coucher plus de bonne heure et la nuit venue on ferme les fenêtres de nos chambres car le mercure descend une fois le soleil couché. 
 
Par ce vendredi matin c'est les vacances comme d'habitude. Ma grand-mère qui lit son journal parle d'un conflit entre l'Alliance des professeurs et la CECM (Commission des écoles catholiques de Montréal, aujourd'hui la CSDM). Ah, ce serait chouette que la rentrée soit repoussée! On pourrait continuer à s'amuser dehors au lieu d'aller en classes. Je n'y connais rien à rien et je fabule mais un enfant a bien droit de rêver, non? 
 
Après le p'tit déjeuner je sors dehors sur le balcon. Ma grand-mère me dit de ne pas aller trop loin et de revenir pour le dîner. C'était comme ça dans le temps, on partait dehors à l'aventure sans que les parents ou les grands-parents ne sachent où l'on était ou ce que l'on faisait. Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire encore, je laisse ça à l'air du temps, comme toujours. Et parlant de temps, au ciel il fait soleil mais y'a des nuages qui passent souvent. C'est confortable au moins. 
 
Je m'en vais dans les ruelles avoisinantes et déjà y'a plein d'enfants qui s'amusent déjà. Les ruelles d'Hochelaga c'était notre terrain de jeu plus que n'importe quoi d'autre. Avec certains je me suis amusé tout l'été alors que certains autres me sont inconnus. Ça ne faisait pas un pli sur la différence. Connais, connais pas, ça n'avait aucune importance. Ce qui comptait c'était d'avoir du plaisir ensemble. Une idée de jeu n'attendait pas l'autre.
 
Puis, y'a Isabelle comme du miel qui s'amène. Un joli brin de fille aux cheveux noirs et au teint légèrement basané qui sent bon les fraises. On s'aime bien elle et moi. souvent, lorsque je jouais dans la cour elle s'amenait comme ça et embarquait dans mes jeux, même si c'était de mettre les deux mains dans la terre ou avec les Tonka. 

Fait un brin que l'on ne s'est pas vu. Plus que trois semaines. En juillet j'étais à Wildwood avec la famille et quand je suis revenu elle était partie dans un camp de vacances pour deux semaines. J'veux tout savoir de son camp et elle veut tout savoir de mon voyage. On s'installe pas loin, assis sur un vieux banc pas loin des autres enfants qui jouent. On jase et on rigole au son des ballons qui rebondissent, du «pow pow t'es mort», de jappement de chien et des cordes à linge. 
 
La première chose qu'on sait c'est l'heure du dîner. On sait parce que mères ont commencé à apparaître sur les balcons comme les souris dans Sourissimo. «Viens manger Nathalie, on mange du spagatte!!» lance l'une d'elle. «Carole, enweille à maison là, c'est l'temps de dîner!» tonne une autre. 
 
C'était comme ça dans 'Shlag à l'époque. Quand une mère voulait voir son enfant elle criait son nom à partir du balcon. Pas de réponse? Elle demandait aux enfants où sa progéniture était. Ça se propageait rapidement et en moins de cinq le message était passé. Un mauvais coup? Toutes les mères du coin le savaient cinq minutes après le méfait. Gare aux fesses! car oui, dans l'temps, la fessée, administrée à la main ou avec une tapette à mouche, était la norme. La punition corporelle était suivie de la phrase assassine: Attend que ton père arrive! 
 
Isabelle est retournée chez elle et ne sera pas malheureusement pas dans le paysage durant l'après-midi, sa mère devant l'amener acheter des nouveaux vêtements pour l'école. La pauvre. Toutefois elle ne semble pas avoir autant d'aversion pour l'école que moi. 

Pour ma part ma grand-mère m'a préparé un sandwich aux œufs comme je les aime bien, dégusté devant le canal 10 à regarder Les bout's chou. Après quoi je refile dehors, dans la cour cette fois car je me suis souvenu d'un projet d'excavation d'importance que j'avais entrepris plus tôt durant la semaine avec mes Tonka. Pas longtemps que j'ai les mais sales de terre que je vois arriver de par la ruelle, au travers les planches de la clôture, mon ami Alain, qui demeure plus bas sur Aylwin. Nous sommes de grands portes lui et moi. Toujours comme des larrons en foire. Il ouvre la porte de la cour comme celui qui ouvre les portes du saloon western et qui annonce quelque chose d'importance. Il me dit qu'il a trouvé quelque chose d'extraordinaire et me fait signe de le suivre. Pas besoin de dire que les Tonka ont vite prit le bord. 

Dans la ruelle plus loin, Alain me montre le trésor qu'il vient de trouver: une grosse boîte vide de réfrigérateur en carton. Toute neuve même! On se regarde comme si l'on avait trouvé un coffre rempli de pièces d'or. Et pour nous, c'était tout comme. On a vite ramené cette boîte dans ma cour, en plein milieu. On a tourné autour comme des scientifiques observant un drôle de phénomène. Un bateau? me lance Alain. Un sous-marin, pourquoi pas, que je lui répond. Hum. On tourne autour encore un peu. Il me soumet une autre idée: une capsule spatiale! Oui, que je lui répond avec empressement. On peut aller dans l'espace, sous l'eau, où l'on veut. Ça nous prend des panneaux de contrôle. Tout de suite on entre dans ma cuisine et je sors des feuilles de papier avec ma boîte de crayons de cire. On se met à barbouiller des écrans, des leviers, des boutons et plein d'autres choses que l'on croit utiles. On s'en va coller tout ça en-dedans de la boîte de carton. 
 
On décolle. Pour faire plus vrai on «bardasse» la boîte de carton avec nos pieds. Au bout d'une minute on s'échange des informations très techniques. C'est sérieux notre affaire. Une autre minute après on amorce l’atterrissage sur un planète éloignée et inconnue. C'est vite de même. On sort mais on se rend vite compte qu'il nous faudra des pilules d'oxygène. Ça on a chipé ça à Fusée XL-5. Comme il n'y a pas de ces pilules autour de nous on se dit qu'il doit bien y avoir un marchand qui acceptera de nous en vendre. Mais acceptera t-il l'argent Monopoly où les pièces de monnaie en plastique? Peut-être pas. L'idée nous vient de ramasser des cristaux que l'on pourra utiliser pour acheter nos pilules. On dit des cristaux mais dans le fond, ça veut dire trouver des bouteilles vides de boissons gazeuses. Alors on arpente, comme on l'a fait tant des dans le passé, les ruelles de cette planète étrange. Comme toujours, on en trouve, deux, quatre, cinq, sept. On a même un gros; c'est écrit Soda Mousse Denis. 

Nous sommes en affaire. 
 
Grâce à notre radar-o-tron patenté on devine rapidement l'emplacement du marchand (il est sur la rue Joliette mais nous on entre par l'arrière via la ruelle). Le boucher nous voit passer et nous envoie la main. Ça c'est dans le temps où les épiceries de quartiers employaient des bouchers à temps plein. On se rend à l'avant, près du long comptoir à bonbons tout en mettant nos «cristaux» dessus. Le marchand extra-terrestre dans le fond, on le connaissait bien et il nous connaissait tout autant. En échange de nos bouteilles on a droit chacun à un bon sac que l'on peut remplir avec ce que l'on veut. Les pilules d'oxygène, croyez-le ou non, étaient toutes en chocolat. Allez savoir. Ha, et ne pas oublier quelques tatouages temporaires
 
On revient dans la ruelle pour se rediriger vers notre capsule qui nous attend patiemment. En chemin l'ami Patrick retontit et s'en vient à notre rencontre. Hé vous jouez à quoi? qu'il nous demande. On est des astronautes et on explore une planète étrange, qu'on lui répond avec tout l'enthousiasme dont nous sommes capables. Cool! Je vais faire l'extra-terrestre. Et il part en trombe chez lui, qui était de biais avec chez-moi, donc un trajet fort court. Et là, on se demandait bien ce qu'il était allé chercher pour se donner un air extra-terrestre. Deux minutes plus tard il revient avec une serviette de plage en guise de cape et il s'est mis deux 45-tours dans les oreilles. On a bien ri! 
 
Puis, sur la rue Aylwin, devant la cour, nous sommes tous les trois à se demander quelle planète on ira visiter quand se fait entendre le sifflet où se trouve le chantier du métro Joliette. Douze coups! On sait ce que ça veut dire: un dynamitage s'en vient. On accoure au coin d'Hochelaga, pas très loin et on se tient sur le coin, un peu accroupis en attendant l'explosion parce que c'est comme ça qu'on la ressentait le mieux. 
 
BOUM! 

La station de métro Joliette en construction, 1975. 
Photo: Archives de la Ville de Montréal


Et c'était une bonne secousse. Depuis les débuts des travaux ils en avaient fait sauter pas mal de dynamite. Heureusement les maisons autour étaient solides! Mais des détonations, il y en avait pas mal moins et elles étaient même assez rares en 75 car le gros du dynamitage avait eu lieu en 74. Mais parfois il fallait un p'tit coup pour débloquer quelque chose. On ne s'en plaignait pas puisque ça nous amusait à tout coup. Ça faisait drôle tout de même de voir tout ça se faire construire. Avant même les premiers coups de pelle mécanique l'emplacement de l'édicule nord était Dupuis Marine où l'on vendait des bateaux alors qu'à l'édicule sud c'était un concessionnaire de voitures usagées. Mais une fois le métro terminé en 76 on pourra aller plus facilement au centre-ville. Jusque là, pour s'y rendre, on prenait l'autobus de la rue Ontario jusqu'à la station Frontenac laquelle était alors le terminus de la ligne verte à l'est. 

Une fois la poussière retombée nous sommes descendus sur la rue Aylwin. Plus bas, il y avait un terrain vacant avec les restes d'une maison en bois. Tous les enfants du coin se faisaient dire de ne pas aller y jouer, que c'était dangereux, mais notre curiosité était trop forte. Le pire qui nous soit arrivé a été de sortir de là avec des pique-piques. 
 
Pas de loin de chez-moi que j’entends ma grand-mère qui m'appelle. Y'a madame Langlois qui reste plus bas sur Aylwin qui aimerait que j'aille faire une commission pour elle à l'épicerie du coin. Pour les enfants de mon âge faire des commissions ça faisait partie de nos «tâches connexes». On nous envoyait au marché pour aller chercher ceci ou cela. Madame Langlois était une vieille dame, toujours souriante mais qui avait un peu de difficultés à marcher. Elle voulait simplement une pinte de lait, une boîte de sauce tomates et d'un billet de loterie. Ah si, parce que dans l'temps les enfants pouvaient acheter tout ce dont les «donneux de commissions» avaient besoin de; loto, cigarettes, bière, en plus de l'épicerie habituelle. Madame Langlois était généreuse avec ses pourboires: vingt-cinq sous! Une fortune à l'époque. En recevant ma pièce je remarque l'horloge sur son mur, il approchait 16 heures. 
 
En redescendant y'a Alain et Patrick qui m'attendent. «Yé presque quatre heures les gars.» On savait ce que ça voulait dire. On s'envoyait la main et on s'en allait tous chez-nous afin de pouvoir regarder Patofville au canal 10 et ça on ne voulait pas manquer pour rien au monde!


C'est que, voyez-vous, Patof (le regretté Jacques Desrosiers) c'était plus qu'une émission pour enfants, Patof c'était un phénomène culturel et l'émission allait certainement devenir encore plus intéressante avec l'arrivée d'un tout nouveau personnage, monsieur Tranquille (interprété par Roger Giguère) et dont j'ai parlé ici

Après l'émission je retournais dans la cour. Les amis, je les reverrais le lendemain mais pas avant d'avoir acheté et lu mon Pif Gadget parce que le samedi matin la première chose que je faisais était d'aller au magasin de variétés d'en face pour me procurer mon dernier numéro, ensuite sur le balcon, je prenais tout mon temps pour le lire (et tenter d'assembler le gadget). Mais aujourd'hui, je prend de l'avance. J'ai vu le nouveau numéro lorsque j'ai fait la commission pour madame Langlois alors je traverse la rue et m'en vais me le procurer. Le 25¢ que j'avais déjà plus celui que m'a donné madame Langlois va vite régler la facture. Et là, sur le balcon, je regarde mon Pif. J'ouvre ou j'attends demain matin... Dilemme. 

La question demeurait: ouvrir, ou pas?
(Photo: Collection personnelle) 

 


Le saviez-vous? La variété du sous-sol montréalais a obligé les constructeurs du métro à se plier à ses caprices. Parfois il y avait beaucoup de roc, et parfois très peu. Certaines stations sont fort profondes alors que d'autres sont très proches de la surface. Cette particularité explique pourquoi les tunnels sont souvent comme des mini-montagnes russes.  
 

 
 

lundi 10 août 2026

D'hier à aujourd'hui: Le monument aux pionniers de Montréal

Le monument aux pionniers de Montréal (date inconnue mais fort probablement à la fin du 19è siècle)


Si vous vous êtes déjà promené dans le Vieux-Montréal aux alentours du musée Pointe-à-Callière et de la Place Youville alors vous aurez certainement aperçu ce monument. Il a été érigé en 1893 par la Société historique de Montréal afin de commémorer les pionniers qui ont bâti Montréal et ce, depuis sa fondation en 1642 alors que la ville portait le nom de Ville-Marie. 

Membre de la Société historique de Montréal, l'architecte-arpenteur J.-A.-U. Baudry en est le concepteur et il faudra un bon nombre de chevaux (on parle d'une quarantaine) afin de l'amener sur place. Les plaques de bronze avec les inscriptions sont confiées à la maison Chanteloup. 

L'emplacement initiale du monument se trouve alors un peu à l'ouest de la rue Saint-Nicolas et l'inauguration se fait en 1894. LA ville de Montréal en prend possession en 1940 et un an plus tard elle fait déplacer l'obélisque à la Place Royale et va y demeurer jusqu'en 1983 où la Ville de Montréal va la relocaliser finalement à l'endroit où l'on peut l'admirer aujourd'hui. 

La première plaque porte les inscriptions suivantes

Le XVIII mai MDCXLII, près de cet obélisque, entre le fleuve et la rivière qui coule sous la rue des Commissaires, à L'endroit appelé Place Royale par Champlain le XXVIII mai MDCXI, Paul Chomedey de Maisonneuve jeta les fondements de la ville de Montréal. Il érigea les premières habitations, le fort, la chapelle, le cimetière, qu'il renferma dans une enceinte de pieux.

Le XXIII février MDCXLII, Montréal avait été consacré à la Sainte-Vierge sous le nom de Ville-Marie.

Le XIII février MDCXLIV, Louis XIV lui accorda sa première charte civique.

Le XXVI mars MDCXLIV, Chomedey de Maisonneuve en fut nommé premier gouverneur particulier.
 

 La seconde plaque: 

 Noms des fondateurs de Montréal

Jerôme Le Royer de La Dauversière et Jean-Jacques Olier, fondateur de Saint-Sulpice ont eu chacun séparément l'inspiration d'établir cette ville. Ils ont pourvu aux premières dépenses et travaillé de concert. La Dauversière apparait dans les transactions extérieures. Olier est l'âme de la société dont il excite le courage et la générosité. Ils réunissent autour d'eux P. Chevrier Baron de Fancamp ; N. Laisne de Barillon ; L'abbé Le Gauffre ; N. Bardin ; Jeanne Mance ; P. Chomedey de Maisonneuve ; Angélique Faure de Buillion ; Gaston de Renty, Baron de Renty ; Henri-Louis Habert de Montmor ; L'abbé Nicolas Jaubert de Barrault ; Roger du Pressis, Duc de Liancourt ; N. Laisne de Marguerie ; Louis Le prêtre de Fleury ; L'abbé Denis le Prêtre ; Isabelle Seguier de Livry ; Jean Galibal ; N. Quartoze ; Jean-Antoine de Mesmes d'Irval ; Philibert Brandon du Laurent ; Louis d'Ailleboust de Coulonge ; Isabelle Blondeau de Villesavin ; Louis Séguier, Baron de St-Frémin ; Balthazar Brandon de Bassancourt ; Madame Lachancelière Louise Fabry ; L'abbé Gabriel de Thuilières de Lévis-Queylus ; L'abbé Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers ; Antoine Barillon de Morangis de Chaudebonne ; Christophe du Plessis, Baron de Montbar ; Bertrand Drouart, secrétaire ; et plusieurs autres dont les noms sont demeurés inconnus. 

La troisième plaque: 

Noms des premiers colons de Montréal

MDCXLII

Mai-Août

Paul de Chomedey de Maisonneuve ; R. P. Poncet, S. J. ; Pierre Puiseaux de Montrenault ; Jeanne Mance ; Catherine Barre ; Jean Gorry ; Isabeau Panie ; Augustin Hébert ; Adrienne Duvivier ; Antoine Damien ; Marie Joly ; Jean Caillot ; Pierre Laimery ; Nicolas Godé ; Françoise Gadois ; Françoise Godé ; Nicolas Godé ; Mathurine Godé ; Madeleine de Chavigny de La Peltrie ; et plusieurs autres dont les noms sont inconnus.

Août-Décembre

J.-B. Legardeur de Repentigny ; R. P. Joseph-Imbert Duperon, S.J. ; Louis D'Aillebourst de Coulonge ; Barbe de Boullogne ; Philippine de Boullogne ; Gilbert Barbier ; David de La Touze, Guillaume Boissier ; Bernard Berté ; Pierre Laforest ; César Léger ; Jean Caron ; Léonard Lucot-Barbeau ; Jacques Haudebert ; Jean Massé ; Mathurin Serrurier ; Jean-Baptiste Damien ; Jacques Boni ; Jean Philippes ; Pierre Didier ; Pierre Quesnel ; Julien Pothier ; N. Bellanger ; Louis Godé ; Jean Mattemasse ; Pierre Bigot ; Guillaume Lebeau ; Catherine Lezeau 

La quatrième plaque: 

Le XVIII mai MDCCCXCIII, ce monument a été érigé par la Société Historique de Montréal à la mémoire des généreux fondateurs de cette ville et des premiers colons arrivés ici.

En MDCXLII, ce que vous voyez ici, Messieurs, n'est qu'un grain de sénevé, mais... je ne doute nullement que ce petit grain ne produise un grand arbre, qu'il ne fasse un jour des progrès merveilleux, ne se multiplie et ne s'étende de toute part.

Paroles adressées aux colons, par le R.P. Vimont le XVIII mai, MDCXLII : "Ce projet de Montréal pourra être, un temps à venir, une grande gloire à Dieu, l'honneur de l'Église et une grande utilité à ce royaume." Paroles de M. Olier, "Les véritables motifs", etc. 

Le monument, tel qu'on peut l'admirer aujourd'hui. Les plaques sont des reproductions. 



Le saviez-vous? Jusqu'en 2012 la Ville de Montréal et les livres d'histoire ne reconnaissaient que Paul Chomeydey de Maisonneuve comme unique fondateur de Ville-Marie. Après des recherches, et un peu de bons sens, on s'est rendu compte que l'infirmière Jeanne Mance, fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal en 1645 avait contribué tout autant que Paul à fonder ce qui allait devenir Montréal. 


Vu:  Le dernier opus mettant en vedette Spider-Man (Spider-Man - Brand New Day). À l'âge de 60 ans il me fait toujours grand plaisir de pouvoir admirer les pirouettes de mon héros d'enfance. Un film que j'ai bien aimé et qui mérite pleinement les accolades qu'on lui attribue. 
 
Quoi? Le 8 août 2026 était la journée internationale des chats. Au Québec cette fête devrait être le 15 août. Pourquoi? Parce que c'est à ce moment que l'on est à la mi-août. Bodum-tshh!! 

N'oubliez pas!
Le 12 août c'est le jour du livre québécois. Rendez visite à une librairie indépendante et procurez-vous un ouvrage pondu par des gens d'ici afin de les encourager. Vous ne savez pas lequel choisir? Laissez-vous guider par les libraires, eux autre ils connaissent ça!

mardi 4 août 2026

L'Amerigo Vespucci, de la bien belle visite en ville

 

L'Amerigo Vespucci est ce voilier trois mâts qui a accosté au Vieux Port de Montréal mardi le 28 juillet afin d'en mettre plein la vue à tout le monde. Après tout, ce n'est pas souvent que 'on a de l'aussi belle visite! Et durant son séjour le navire a célébré son 95è anniversaire puisqu'il a été lancé en février 1931 au chantier naval Castellammare di Stabia à Naples et officiellement mis en service le mois de juillet suivant. Le grand voilier a été conçu par le lieutenant général Francesco Rotundi en 1925 avec, pour inspiration, les grands voiliers à 72 canons de la fin du 18è siècle. Le navire sert de bateau-école pour les marins de l'Accademia Navale

Arrivé tout droit de la ville de Québec et durant quelques jours il a été possible de pouvoir le visiter où il était amarré avant son départ pour l'Europe, pas plus tard qu'hier sous un ciel maussade. 

Une belle visite celle-là, directement de Grèce cette fois, fut Noa, que vous connaissez un peu pour ce blogue mais aussi pour s'être occupé de la défunte page Facebook de ce blogue pendant un bon bout. Elle aussi était de passage à Montréal et c'est en sa compagnie que j'ai pu fouler le pont du plusse magnifique voilier au monde. Comme Noa parle l'italien c'est par son entremise que j'ai pu converser avec quelques membres de l'équipage, dont le capitaine Nicasio Falica. À ce dernier, j'ai demandé comment avait été la traversée de l'Europe jusqu'au Québec. Il m'a répondu que le voyage avait été magnifique avec une mer calme et que 80% du trajet a été à voile, car oui, le navire est muni de moteurs. 

Même si le grand voilier est presque centenaire il n'en parait rien du tout. À bord, tout est Spic 'n Span comme on disait dans le temps. Le pont est impeccable et le cuivre est parfaitement poli. Rien n'indique que le navire approche les cent ans. 

 







Toutes les photos: Canon 5D Mk II + Canon 24-105mm






Le saviez-vous? Le nom «Amérique» qui définit les deux grands continents ont été nommés ainsi en l'honneur du même Amerigo Vespucci (1454-1512) dont le nom orne le grand voilier, lequel fut un navigateur et explorateur italien. 



Vu: Toujours avec Noa, l'exposition «La Grèce des héros. Au temps de Troie» au Musée de la Pointe à Callière et qui nous replongé à l'époque de la Grèce antique qui nous a donné L'Illiade et l'Odyssée. Difficile d'avoir un meilleur guide qu'une Grecque et elle s'y connait en histoire la bougre! Une magnifique exposition à visiter. Jusqu'au 7 mars 2027.

Vu: Oui, avec Noa toujours, le film l'Odyssé de Christopher Nolan. Un film à grand déploiement où Nolan prend plusieurs libertés artistiques et y inclus pas mal d'anachronismes, comme toute adaptation. Le film va faire jaser et même, j'avouerais, diviser. Toutefois, Noa vous recommande davantage ce qu'elle considère la plus grande et plus fidèle adaptation du texte d'Homère soit L'Odyssée de Franco Rossi tourné en 1968. 

Mangé: La trifecta Grecque s'est terminée au restaurant grec plus qu'autenthique Le jardin de Panos où Noa m'a fait découvrir des mets typiques de son pays natal et j'y ai découvert le galaktoboureko dans le décor enchanteur de la terrasse. C'est typique de Mykonos, m'a dit la belle. Elle laisse aussi aux lecteurs du blogue son plus beau bonjour! Le Jardin de Panos, 521 avenue Duluth est. 
 
Sous mes yeux:  La liberté n'est pas une marque de yogourt, de Pierre Falardeau. Qu'on l'aime ou non, le cinéaste n'a jamais laissé personne indifférent tant dans ses films que ses propos et c'est ce que son livre offre également. Originalement édité chez Stanké il est offert en format poche aux éditions Typo.