lundi 12 juillet 2010

angustias

Petite allée sans prétention, entre deux maisons quelque part sur la rue St-Jacques, pas trop loin de la rue Agnès. Je suis passé devant sans même la voir et ce n’est qu’à mon retour qu’elle m’a sauté aux yeux et du coup plusieurs choses m’ont immédiatement plu. Y’a d’abord ces deux maisons qui datent vraisemblablement d’un autre siècle, toutes de brique et de pierre de taille bâties. Des lierres aussi qui, de part et d’autre, grimpent en hauteur. Le passage, au lieu d’avoir été aménagée avec des dalles de patio préfabriquées à bon marché, est composé de pierres des champs que l’on a pris soin de disposer autrement qu’en ligne droite. De chaque côté y’a une végétation abondante dont les espèces ont été délibérément choisies. Et au fond complètement, de magnifiques arbres qui viennent clore la composition. Comme quoi qu’avec un peu d’imagination et de savoir-faire on peut transformer quelque chose d’aussi banal qu’un simple passage entre deux maisons en aménagement des plus agréables.

Canon Rebel XT + 17-70mm




Le saviez-vous? La rue Agnès est une petite voie de communication qui porte cette dénomination depuis le 30 mai 1893. Elle faisait partie de la ville de Saint-Henri laquelle a été incorporée le 28 décembre 1876 mais annexée à la ville de Montréal le 30 octobre 1905. Quant à son nom on ne lui connaît pas d’origine exacte.

dimanche 11 juillet 2010

Il fait beau dans l'métro... et l'autobus



C’est en 1976, à temps pour les XXIe olympiades, que la STCUM (aujourd'hui la STM) a complété la première phase de l’agrandissement du métro sur la ligne verte en ajoutant neuf stations vers l’est. Le terminus n’était plus la station Frontenac mais bien Honoré-Beaugrand. Quant à l’ouest, c’est en 1978 que la ligne verte s’est prolongée jusqu’à la station Angrignon. Pendant que l’on s’affairait à mettre en chantier les prolongements de la ligne orange vers Côte-Vertu et élaborer les plans de la ligne bleue, la STCUM a décidé de diffuser une publicité afin d’inciter les gens à délaisser l’auto pour le transport en commun.

Cette publicité s’inscrit dans le courant de l’époque; de la zizique, de la danse et tout. Ça m’a bien fait rire lorsque je l’ai vue pour la première fois, surtout que j’y ai reconnu Linda Wilscam, connue pour son rôle de Picotine à Radio-Canada. La séquence de l’automobiliste aussi m’a fait rigoler parce que les autobus aussi étaient pris dans les bouchons et en plus les gens fumaient dans les autobus. Au moins dans les autos il y avait des cendriers. Intéressant aussi de noter que le métro qui entre dans la station Atwater est un MR-73, alors fraîchement sorti des ateliers de Bombardier. Or les MR-73 ont roulé presqu'en exclusivité sur la ligne orange et non sur la verte.




Le saviez-vous? Les séquences dans le métro ont été tournées à la station Atwater et la ligne d’autobus 122 est une ligne fictive.

jeudi 8 juillet 2010

Electrolux

Il y a de cela bien des années les gens qui se procuraient un aspirateur Électrolux faisaient plus que s’acheter un aspirateur, ils investissaient aussi dans l’économie locale car fabriqués et vendus ici, à Montréal. Un exemple parmi tant d'autres est la compagnie State Vacuum, laquelle exploitait deux succursales, toutes deux situées dans l'ouest. Le modèle ici illustré, dit "traîneau" remis au point Electrolux, avec ses deux "skis", se vendait pour la somme de 15,95$ en 1953, ce qui, en valeur ajustée aujourd'hui, équivaut à environ 133,00$. Par contre, connaissant la très grande fiabilité et durabilité des aspirateurs Electrolux du temps, ces remises au point devaient être très sommaires.

Ma grand-mère avait un de ces aspirateurs Electrolux, acheté au début des années 60 je crois. Elle possédait aussi tous les attachements imaginables ainsi qu’un gros coffre, aussi fabriqué par Électrolux et dans lequel elle rangeait l’appareil dont j’ai un jour «hérité». Elle avait aussi pris soin de conserver le manuel qui venait avec et dont j’ai numérisé ici quelques pages.
Page couverture du manuel.
Une partie de l'équipement disponible
Fabriqué avec fierté à Montréal, tel qu'inscrit dans l'aspirateur lui-même.
Le bâtiment et ses installations d'époque.
Le certificat de garantie. Ce n'est pas visible sur cette numérisation mais ce certificat était imprimé sur du très beau papier de qualité.
Un salon qui a du style et qui penche vers le Mid Century Modern, faut avouer. On dirait un fauteuil Vladimir Kagan à l'arrière.


L'ancienne usine Electrolux, telle qu'elle apparaît aujourd'hui au 201 de la rue Laurier. Le bâtiment n’a pas été démoli mais il a subi d’importantes rénovations. Aujourd’hui occupé par des petits commerces et bureaux, bien peu de choses laissent deviner que l'endroit fut un jour une manufacture d'aspirateurs parmi les plus vendus au Québec.




Le saviez-vous? Électrolux est le résultat d’une fusion entre deux compagnies, soit Lux AB, basée à Stockholm et Svenska Electron AB. C’est en 1919 qu’Elektromekaniska AB est devenue Elektrolux. L’appelation Electrolux, avec un «c» au lieu d’un «k» remonte à 1957.

mercredi 7 juillet 2010

popina

Restaurant fermé et vacant, au coin des rues Bonsecours et du Champ-de-Mars dans le Vieux-Montréal et où on y servait des mets széchuannais. Au moment de prendre cette photo, soit en 2009, l’établissement était déjà fermé depuis un bout.

L’édifice a été construit vers 1905 selon les plans de l’architecte Louis-Roch Montbriand pour Amédée Meunier qui y a opéré un hôtel jusqu’à environ 1955. Il se trouvait derrière une écurie où l’on hébergeait les chevaux en pension. Si son apparence extérieure a quelque peu changée il n’en demeure pas moins que le bâtiment est entièrement protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Il ne peut donc plus être démoli.

Appareil utilisé: Canon Rebel XT.



Le saviez-vous? L’utilisation du terme «Licence», que l’on voit au bas de l’enseigne, est un mauvais français. «Licence» ou à la rigueur «Licencié» désigne une personne titulaire d'une licence sportive ou universitaire. Il s’agit d’un mauvaise traduction directe de «Fully Licensed» qui veut dire que le restaurateur est autorisé à vendre des vins et spiritueux pour consommation sur place. Le terme exact devrait être tout simplement «vin, bière et spiritueux».



vendredi 2 juillet 2010

refrenare venellam

Détail de l’ancien bâtiment qu’a fait construire John Frothingham en 1850-51. Il est situé dans le Vieux-Montréal sur la rue Saint-Paul tout juste au coin de la ruelle Chagouamigon. Il venait de pleuvoir alors forcément tout ruisselait d’eau, tant le pavé que la pierre calcaire de la bâtisse, ce qui a l’heureux effet de faire ressortir les détails. Cette pierre, extraite ici même de plusieurs carrières sur l’île, était solide et offrait une excellente résistance au gel/dégel si caractéristique de notre climat. L’immeuble a fait l’objet d’importantes rénovations mais conserve malgré tout son apparence d’origine.

Appareil utilisé: Canon Powershot A60.





Le saviez-vous? Chagouamigon est le nom d’un poste de traite que Pierre-Esprit Radisson et Médart Chouart des Groseillers avaient installé sur les abords du lac Supérieur au milieu du 17è siècle.

Studebaker


J’ai trouvé bien accidentellement cette publicité peinte sur le côté d’une maison, rue Laurier un peu à l’ouest de St-Urbain. Même s’il manque la partie supérieure de l’annonce, celle-ci est quand même facile à déchiffrer. Il s’agit d’une publicité pour les voitures de marque Studebaker, relativement populaires et qui étaient fabriquées en Ontario. Et à quoi ressemblait une Studebaker? Il faut dire qu’il y avait plusieurs modèles;

Avanti • Big Six • Champion • Commander • Conestoga • Electric car • Cruiser • Daytona • Dictator • Hawk • Flight Hawk • Gran Turismo Hawk • Golden Hawk • Power Hawk • Silver Hawk • Sky Hawk • Land Cruiser • Lark • Light Four • Light Six • President • Scotsman • Special Six • Speedster • Standard Six • Wagonaire et le Starliner
Une petite recherche dans les Lovell des années cinquante m’ont permis de trouver un concessionnaire, le seul en fait à Montréal, où l’on vendait des Studebaker, soit au 949 Atwater. Cette adresse donne approximativement du côté ouest entre les rues Souvenir et Hawarden. Il n’y a évidemment plus aucune trace du concessionnaire, l’emplacement étant aujourd’hui occupé par des résidences.

Les voitures étaient fabriquées dans une usine de Hamilton en Ontario, inaugurée en 1947, et celle-ci produisit des voitures en utilisant des moteurs fabriqués aux États-Unis. Lorsque l’usine de South Bend en Indiana fut fermée la compagnie confia à l’usine de Hamilton la production des modèles Daytona, Cruiser, Commander et Wagonaire et l’on projeta une production annuelle de quelques 20,000 unités par an. Vers 1965 les ventes chutèrent sérieusement aux États-Unis, un déclin qui se fit sentir au Canada peu de temps après. Le 16 mars 1966 un Cruiser V8 quatre portes fut la dernière Studebaker jamais assemblée et ce fut la fin de la marque. Si jamais vous apercevez cette publicité, regardez du côté sud de Laurier vers l’ouest et vous verrez une autre publicité peinte (faut se forcer un peu tout de même parce qu’elle n’est pas exactement facile à repérer):

Il s’agit d’une publicité pour le concessionnaire Wilhelmy Automobile alors situé au 4596 St-Denis et où l’on vendait des Buick et des Vauxall. Ces dernières, tout comme le concessionnaire, n’existent plus.





Le saviez-vous? Le légendaire designer Raymond Loewy a conçu trois modèles de Studebaker : le Champion (1947), le Commander (1953) ainsi que l’Avanti (1961).

Pas le temps!





mardi 29 juin 2010

L'aigle Dinky de Cosmos:1999

La série de science-fiction britannique Space : 1999 (Cosmos : 1999 en français) a été très populaire, autant ici au Québec qu’en Europe (surtout en Italie). À cette époque la mise en marché de produits dérivés de séries télé ou de films existait mais n'était en rien comparable à ce qui nous attendait un peu plus tard avec Star Wars. Parmi les compagnies qui ont obtenu une license de ATV, il y a Dinky, bien connue pour ses véhicules très détaillés en métal moulé et qui n'était pas étrangère à la science-fiction puisqu'elle avait déjà produite des véhicules de Thunderbirds et Captain Scarlet, entre autres. 

Dans Space: 1999 le cheval de traie et de bataille est bien entendu le fameux Aigle, ce fameux vaisseau qui n'est pas sans rappeler un étrange insecte et qui permet aux habitants de la base lunaire Alpha de se déplacer dans l'espace et d'aller visiter les planètes étranges qu'ils rencontrent. Voici l'Aigle tel qu'il apparaissait dans la série. 
Le concept de ce véhicule spatial ressemble à Thunderbird 2 que l'on a pu voir dans Les sentinelles de l'air, c'est à dire avec des modules interchangeables. Cet Aigle, que l'on voit ci-haut, est l'Aigle de Sauvetage, reconnaissable avec les bandes rouges verticales sur le module. Il est équipé d'un module spécialement équipé avec des lits et du matériel médical. Le porte de pilotage est évidemment à l'avant et le système de propulsion à l'arrière. Les deux parties sont jointes par un charpente métallique et qui fait office de sorte de «colonne vertébrale». Toutefois, Dinky n'a pas produit cette version mais plutôt celles-ci:
  
Voici l'Aigle Transporteur, celui que l'on voit le plus souvent dans l'émission. Le module central est aménagé pour huit passagers en plus du pilote et co-pilote. Si la base Alpha doit être évacuée de toute urgence alors le module peut accommoder douze personnes. Ce type d'Aigle est utilisé de façon générale pour les manoeuvres lunaires, dans l'espace et pour joindre des planètes à proximité. voyons maintenant l'autre Aigle produit par Dinky.


Cet Aigle est équipé d'un module utilitaire conçu pour des transporter de l'équipement. Cependant, cette configuration-là, telle que conçue par dinky, n'existe pas dans la série. Les modules dits «D» et «E» sont quelque peu différents, comme en témoigne cette image directement prise du premier épisode «Breakway». 

Et finalement, la troisième version est en fait une variante de l'Aigle utilitaire à la différence que le module central est un peu différent et qu'il est de couleur bleue. 

Fabriqué par Dinky Toys en 1975, l’Aigle, tout comme les autres véhicules fabriqués par cette compagnie, était largement conçu en métal. Le moulage était relativement, à peu de choses près, aux Aigles que l’on voyait dans la série. Regardons ensemble ce fameux Aigle et pour la circonstance j'ai sorti celui que ma mère m'avait offert en 1976. comme vous pourrez le constater, l'usure de cet Aigle témoigne de tout le plaisir que j'ai eu à jouer avec. 

Voici donc la bibitte en question dans toute sa splendeur, portant fièrement les blessures de guerre que je lui fait subir. Il s'agit ici de la version la plus classique de l'Aigle Dinky en ce qui concerne la couleur des tuyères et des propulseurs latéraux rouges. 

Voici la partie arrière. Comme on peut mieux le voir, la fameuse «colonne» est ici en plastique blanc mais repose sur une plaque métallique en «U» très solide. Sur le dessus, au milieu, on peut voir le bouton-poussoir qui permet de détacher le module central. Et voici comment il fonctionne: le bouton-poussoir que l'on voit ici est relié à une pince située en-dessous au moyen d'un ressort.


Voici la partie centrale de l'Aigle vue de côté avec le module enlevé. La pince que l'on voit ici agit comme un crochet. En appuyant sur le bouton-poussoir sur le dessus, la pince se ferme et relâche donc le module au-dessus duquel se trouve une ouverture spécialement conçue pour cela. Pour rattacher le module on pousse de nouveau le bouton-poussoir, on affixe le module et on relâche. Voici le module avec l'ouverture conçue spécialement pour se connecter au crochet.  

Voici une petite attention de Dinky qui lui est caractéristique, soit l'ajout de pièces mobiles. Ici on peut voir la porte qui se rabaisse vers le bas et derrière laquelle se trouve un escalier, permettant ainsi à l'équipage d'entrer ou sortir. Les trois Aigles Dinky comportaient tous le même mécanisme alors on pouvait à choisir interchanger les Aigles et les modules si on avait l'immense bonheur d'en posséder plus d'un. 

Et voici à quoi ressemble l'Aigle vu de dessous. Une autre fonctionnalité bien appréciée de Dinky est la suspension indépendante aux quatre pattes, et pas quelque chose de fragile. La suspension de mon Aigle fonctionne encore très bien. Comme on peut aussi le voir, l'Aigle est assemblé au moyen de vis de type phillips. Pour ceux qui souhaitent restaurer leur Aigle et qui sont habiles, le démontage et réassemblage sont très simples comme le témoigne cette photo.

Le seul truc bizarre des Aigles Dinky était, bien entendu, les couleurs. Les Aigles, on le sait, étaient tous blancs mais un seul Aigle Dinky l'était. Les deux autres étaient verts et bleus. La raison du choix étrange de ces couleurs vient du fait que les bonzes de Dinky, qui ne connaissaient fort probablement rien à la série, étaient convaincus que les gamins ne seraient pas attirés par un jouet tout blanc. Ils ont donc opté pour y aller avec des couleurs de leur cru. 

Quelques versions du modèle transporteurs entièrement blancs apparaissent de temps en temps sur eBay et les vendeurs affirment qu'il s'agit de versions très rares. En fait, aucune version du transporteur ne fut produite en blanc. Tout ce que les vendeurs ont fait a été d'interchanger les modules. Certains se sont fait avoir par cet attrape-nigaud et ils en ont payé le prix, surtout lorsqu’ils se sont rendu compte de la supercherie. Toutefois il s’agissait d’une substitution que certains commerçants de jouets des années 70 acceptaient parfois de faire en magasin pour les enfants désireux d'avoir une version identique à celle de la série télé.

Les Aigles ont été produits de 1975 jusqu'en 1980 lorsque Dinky-Meccano a fait faillite. Ils sont généralement des items assez convoités sur eBay et, tout dépendant de leur condition et de leur rareté, peuvent commander de très bons prix, souvent quelques centaines de dollars s'ils sont toujours dans leur emballage d'origine. 



Le saviez-vous? Les Aigles de la série ont été conçus par Brian Johnson, un type très doué qui a aussi travaillé, entre autres, aux effets spéciaux d’Alien (1979) et The Empire Strikes Back (1980) et Aliens (1986).