lundi 5 septembre 2011

nudus IX


Parfois, il arrive qu'une session photo ne fonctionne pas comme prévu. Ce jour-là, Marie et moi avions déniché un endroit dans une vieille manufacture pour faire des photos de nus. Vous allez avoir la paix, nous avait-on dit avec aplomb, c'est un local où personne ne va. Sauf qu'une fois sur place, on s'est vite rendu compte que le local en question n'en était pas un. C'était un espace restreint où y'avait pas mal de trafic; du monde qui allaient et venaient avec des outils, des boîtes, et ce, sans arrêt. Donc, impossible de faire nos photos là. Marie avait un temps limité alors il a donc fallu improviser. Direction: chez-moi, et comme je n'avais pas eu le temps de préparer quoique ce soit, on a transformé ma salle de bain en "studio". Marie s'est dévêtue (sauf les Doc Martens), a sauté dans ma baignoire pas d'eau, et j'ai éteint la lumière pour utiliser une lampe de poche avec laquelle j'ai éclairé Marie. Ta-daaa! 





Le saviez-vous? On estime à environ 100 milliards le nombre de cellules que l'on retrouve dans le corps humain. Malgré ce nombre élevé, il s'y trouve 10 fois plus de bactéries que de cellules. 

dimanche 4 septembre 2011

Aspirin en 1953



L'aspirin, nom commercial de l'acide acétylsalicylique (à prononcer trois fois rapidement la bouche pleine de biscuits soda) est un médicament qui qui a une origine intéressante. Pourquoi? Parce que le médicament origine d'un arbre. En fait, de son écorce, pour être plus précis.

En 1825 un apothicaire italien, Francesco Montana connaît très bien les propriétés de l'écorce de saule et arrive à en isoler la substance active qu'il nomme de l'acide salicine. Un peu plus tard, en 1828, c'est au tour d'un autre apothicaire, Johann Buchner, de jouer là-dedans et parvient à extraire des cristaux jaunes de l'écorce: la salicyline, qui ne goûte pas bon pantoute. En 1829 Pierre-Joseph Leroux (un Français) broie de l'écorce de saule, fait bouillir et concentre tout ça en une poudre. Il dit à ses confrères de l'Académie des sciences que son truc guérit la fièvre.

Le chimiste Français Charles Frédéric Gerhardt lui, va aller un peu plus loin dans la recette. Il acétylise la salicyline et obtenir la première concoction d'acide acétylsalicylique en 1853 mais ce n'est qu.en 1897 qu'un autre chimiste, Allemand çui-là, Félix Hoffmann qui, en reprenant les travaux de Gerhardt, parvient à obtenir de l'acide acétylsalicylique pur. Hoffmann est alors à l'emploi de Bayer AG et donne au médicament le nom d'Aspirin, lequel est fabriqué en grande quantité et mis sur le marché en 1899.

Après la Première Guerre mondiale l'Allemagne est sous le coup du Traité de Versailles et se voit imposer une longue et lourde série de sanctions dont des réparations économiques qui font qu'Aspirin tombe sous le domaine public. Essentiellement celà veut dire que n'importe quelle compagnie pharmaceutique pouvait produire et commercialiser des comprimés d'acide acétylsalicylique en utilisant le nom aspirin (avec un a minuscule). Au Canada toutefois, curieusement, ce n'est pas le cas et Aspirin (avec un A majuscule) continue d'être vendu comme marque de commerce de Bayer.

Mais, est-ce que les effets d'Aspirin tels qu'annoncés dans cette publicité de 1953 sont véridictes? On prétend que les effets sont d'une rapidité étonnante. Toutefois des tests cliniques effectués en 2005 (Bachert, C.; Chuchalin, A.; Eisebitt, R.; Netayzhenko, V.; Voelker, M.) semblent avoir démontré qu'un gramme d'aspirine, en moyenne, parvenait à réduire la température buccale de 39.0 °C (102.2 °F) à 37.6 °C (99.7 °F) après trois heures. Les premiers soulagements furent observés après 30 minutes et après 6 heures la température demeurait toujours sous 37.8 °C (100.0 °F).

La publicité d'aujourd'hui remonte à 1953 et en cette année-là bien peu de produits peuvent rivaliser avec l'aspirine. Ce n'est qu'en 1956 que l'on découvrira le paracétamol (aussi appelé acétaminophène et commercialisé sous le nom de Tylenol et Anacin-3, entre autres) alors que l'ibuprofène (Advil, Motrin) ne le sera qu'en 1969. Donc, en conclusion, les gens de 1953 pouvaient se fier à l'aspirine qui fonctionnait tel qu'annonçé ici, un médicament dont on allait encore découvrir d'autres propriétés plusieurs années plus tard.

Le saviez-vous? Dans l'ouest canadien les ours grizzly ne sont pas réputés pour aller chez le dentiste deux fois par année alors quand ils se retrouvent avec des maux de dents on les surprend à mâchouiller de l'écorce de saule pour se soulager.





Le saviez-vous? Les propriétés curatives de l'écorce de saule étaient connues des anciens Égyptiens, des Summériens, des Grecs (Hippocrate le recommandait particulièrement) et des Romains.

dimanche 28 août 2011

Whoa!




Je viens de me rendre compte que ça faisait un bout que je n'avais pas publié quelques dessins. Je rectifies donc la chose aujourd'hui. Ces deux dessins sont sans rapport l'un et l'autre puisqu'ils ont été exécutés à quelques années d'intervalle. J'aime bien le mouvement de celui d'en haut mais je trouve la marche du mec d'en-dessous un peu lourde. C'est encore et toujours du 2B. 





Le saviez-vous? Malgré leur nom, les crayons de plomb ne contiennent pas de plomb. La mine est un mélange d'argile et de graphite, dont les pourcentages varient. 

samedi 27 août 2011

Le Royaume des animaux

Si vous avez écouté la télé durant les années 70 il est à peu près impossible que vous n'ayez pas vu l'émission "Au royaume des animaux", surtout si vous étiez gamin dans le temps.  


L'émission commençait toujours par cet élégant personnage aux cheveux blancs, Marlin Perkins, debout en complet veston cravate, dans un salon quelque peu colonial. Il approchait un tableau et expliquait alors l'animal du jour. S'ensuivait alors un reportage sur l'animal en question filmé dans son habitat naturel. Dans la version française, diffusée ici à Télé-Métropole, la narration doublée par Roland Chenail se superposait à la voix de Perkins, que l'on entendait toujours en sourdine. 

Ce personnage était Marlin Perkins un zoologiste qui commença sa carrière en 1926 au jardin zoologique de St-Louis au Missouri. Il débuta en bas de l'échelle complètement, travaillant à entretenir les lieux. Il gravit ensuite les échelons et devint le responsable des reptiles en 1928. En 1937 il devint conservateur au zoo de New-York à Buffalo et en 1944 il prit en charge la direction du zoo Lincoln Park à Chicago. En 1962 il retourna là où il avait débuté, au zoo de St-Louis, mais en tant que directeur cette fois. Un an plus tard il devint l'hôte de la célèbre émission "Wild Kingdom" avec la Mutuelle D'Omaha comme commanditaire.

L'émission était très intéressante et son format comportait quelques éléments amusants. Il y avait d'abord la publicité quelque peu subtile qui s'associait aux sujets de L'émission. Par exemple on disait que tout comme la lionne protège ses lionceaux les gens peuvent protéger leurs enfants avec une police d'assurances de la Mutuelle d'Omaha.

Ensuite il y avait Jim Fowler, celui qui s'aventurait près des animaux, peu importe qu'ils soient dangereux ou non, pendant que Perkins observait loin derrière en sécurité. "Restons ici dans l'abri et observons Jim traverser cette rivière infestée de crocodiles pour aller circoncire cet éléphant d'Afrique là-bas!" Evidemment j'exagère un brin mais Jim s'est déjà débattu avec un boa constrictor pas content du tout pendant que Perkins décrivait la scène comme un combat de lutte. Ce genre de scène n'a pas manqué d'inspirer de nombreux comédiens.

Un livre à colorier basé sur l'émission et publié par Whitman, spécialisée dans ce genre de livres pour enfants. 

L'émission a toutefois eu le mérite de faire entrer des images de pays lointains et d'animaux exotiques dans les foyers d'Amérique du Nord et de conscientiser les gens à l'écologie et à l'environnement. Marlin Perkins est décédé du cancer en 1986 et Jim Fowler n'a pas été bouffé (chose surprenante) par une ours, lion, tigre ni écrabouillé par un rhinocéros. Au moment d'écrire ces lignes Jim est toujours bien vivant.

Cette chronique n'est pas une présentation de la Mutuelle d'Omaha, une compagnie d'assurance américaine qui existe encore aujourd'hui et dont les activités canadiennes ont depuis été rachetées par la Banque Royale. 

Rajout (29 août 2011): Une fidèle lectrice de ce blogue, Lady Jaye, que je remercie sincèrement, m'a fait mention d'un court segment en français.  Que voici:






Le saviez-vous? Comme l'émission était produite par la compagnie d'assurances Mutuelle d'Omaha, il arrivait souvent que Perkins fasse la promotion de la compagnie; Comme la lionne protège son lionceau, vous aussi pouvez protéger les vôtres, avec la Mutuelle d'Omaha. 

Captain Morgan en 1953



Lorsque cette publicité est apparue en 1953 cela faisait déjà neuf ans que Seagrams avait lancé cette marque de whisky. Samuel Bronfman avait acquis en 1944 la distillerie jamaïcaine Long Pond ainsi qu'une bonne quantité de rum brut produit par la compagnie. Ce rum était achetée par la pharmacie Levy Brothers qui y ajoutait des épices et des herbes en plus de le faire mûrir pour ensuite le mettre en bouteille. Bronfman a tellement aimé le produit qu'il en a acquis les droits.

Ce qui est intéressant dans cette annonce, outre le fait que le mot rhum au bas de l'annonce ait été gardé avec son orthographe anglais, est le personnage lui-même. On nous dit en haut que le Captain Morgan est en ville et qu'il nous rapporte du rhum. Ah? Si l'on se fie à la réputation du Capitaine Henry Morgan, personnage historique après qui le produit est nommé, on pourrait certainement croire que le rum qu'il nous rapporte fait partie des nombreux butins qu'il a ramassé à Porto Bello, Maracaibo ou encore Cuba, endroits qu'il a pillé sans vergogne. C'est que voyez-vous, ce boucanier un tantinet violent n'était pas tellement habité de scrupules. 

Vous avez des remords quand vous écrasez subtilement un maringouin l'été quand vous êtes dans votre? Pas du tout. Au contraire je vous soupçonne de faire retentir un «Ha ha» bien senti. Bon, alors Morgan faisait un peu la même chose mais avec des gens. Voilà qui explique peut-être l'apparence quelque peu le faciès quelque peu dissolu que le personnage arbore sur les bouteilles et publicités contemporaines. 






Le saviez-vous? Malgré sa cruauté, Morgan a fini par être anobli et devint même le gouverneur de la Jamaïque en 1684. Il y est décédé quatre ans plus tard à l'âge de 53 ans. 

vendredi 26 août 2011

nebulosus


Pour peu que l'on croirait que cette photo a été prise en dehors de la ville, quelque part en campagne. Or, ce que l'on voit est le Mont-Royal à partir du cimetière Notre-Dame-des-Neiges par une journée assez brumeuse. Malheureusement, et ce malgré tous mes efforts, je ne suis pas parvenu à me souvenir de l'endroit exact d'où j'ai pris cette photo. 

Appareil utilisé: Canon Rebel XT.





Le saviez-vous? Si l'on parvenait à emplir une piscine olympique de brouillard, et que l'on condensait le tout, on obtiendrait environ 1.25 litres d'eau. 

mercredi 24 août 2011

L'art de se faire avoir

Quand je suis sorti du cinéma Champlain, ce fameux dimanche après-midi de l'été 1977, j'avais juste envie de retourner à l'intérieur pour revoir La guerre des étoiles encore une fois. C'était évidemment pas possible. D'abord y'avait une file de gens encore plus longue que celle dans laquelle j'avais été deux heures avant et puis il aurait fallu racheter des billets de cinéma. Les clubs vidéo n'existaient pas alors si on voulait se taper de nouveau un film fallait payer une nouvelle fois. Pas trop longtemps après je me retrouve chez Discus sans but précis, comme toujours, et voilà ti-pas que j'aperçois ceci:

C'est un disque. C'est marqué "Star Wars". What could go wrong?

La bande sonore de Star Wars! Waaaaa! J'ai flippé la pochette de bord pour regarder le prix puis j'ai plongé la main dans ma poche pour voir si j'en avais juste assez. J'ai payé à la caisse pour ensuite ressortir avec mon sac à la main, fier comme un chameau de mon achat. 

De retour à la maison j'ai filé dans ma chambre, déchiré le cellophane, retiré le disque de la pochette et l'ai placé sur mon p'tit tourne-disque Dorchester avec ses haut-parleurs tout-en-plastique-mais-qui-jouaient-quand-même-pas-si-mal. Fébrile, j'ai posé l'aiguille sur le disque pour entendre ceci:


Là, je comprenais pas pantoute. C'était quoi ce truc de synthétiseur à la con? Pendant que le disque continuait de jouer je réalisais que je m'étais fait fourrer assez sérieusement. A cette époque-là je n'étais pas le consommateur le plus avisé, et si j'avais pris le temps de bien regarder la pochette j'aurais pu lire, d'abord, que la musique était interprétée par Electric Moog Orchestra. Pas exactement le London Philarmonic Orchestra... Aussi, j'aurais bien évidemment not le message d'intérêt bien imprimé en haut à droite:

/$%?&*(:^!

Donc, je ne m'étais pas fait fourrer puisque toutes les informations pertinentes sur la pochette disaient clairement qu'il ne s'agissait pas de la bande sonore originale. J'ia simplement vu les mots "Star Wars", et j'ai acheté.

Ce disque a été pondu, comme mentionné déjà, par un [supposé] groupe nommé Electric Moog Orchestra dont on ne sait finalement pas grand chose (même aujourd'hui). Les tounes suivaient grosso-modo les compositions originales au début mais de temps en temps ça se mettait à dérailler dans des trucs assez abstraits. Est-ce que le disque était forcément mauvais? Pas tant que ça, même que j'en suis venu à bien l'aimer au final mais ma frustration initiale venait davantage du fait que je croyais sincèrement avoir acheté la véritable bande-sonore de Star Wars.

Malgré tout je dois dire que n'importe quel geek qui se respecte devrait avoir ce disque dans sa collection. Points bonus si vous avez acheté ce truc avec le même empressement que moi. 





Le saviez-vous? John Williams a écouté cette version mais n'a pas fait de drame ni déchiré sa chemise. Au contraire, il a trouvé que ce disque permettait à ses compositions de trouver de nouveaux auditoires. 

samedi 20 août 2011

L'Église et ses symboles

Il fut un temps, on le sait fort bien, où l'Église catholique au Québec était omniprésente et certainement omnipotente. Outre la religion, l'Église régissait aussi deux châteaux-forts, soit l'éducation et la santé. De par sa position dominante elle imposait la croyance et le respect. Elle était active ailleurs aussi; la Jeunesse Ouvrière Catholique, la Ligue Ouvrière Catholique, Jeunesse Agricole Catholique et la Jeunesse Indépendante Catholique en sont quelques exemples. De par sa position elle forçait les gens à être soumis. L'Église enrobait le tout avec des costumes sacerdotaux impressionnants, des rituels en latin mais aussi avec une foule d'imageries et de symboles que l'on retrouvait dans toutes les églises et qui servaient à impressionner. A faire peur aussi. Parce que faire planer le risque que s'abatte la colère divine était un moyen sûr de s'assurer que les gens marchaient les fesses serrées.

Prenons les anges par exemple. L'image classique de l'ange est bien connue. Il s'agit généralement d'un figure élégante et svelte, vêtue d'une longue robe et affublée de grandes ailes dans le dos. Les anges sont aussi représentés avec des traits doux, d'où l'expression «visage angélique». C'est comme ça qu'on les retrouvait sur des peintures, des sculptures, des bas-reliefs, des pierres tombales et cartons illustrés. Et pendant longtemps les gens ont cru que les anges avaient l'air de ça. De certains diront qu'ils apparaissent dans la Bible, certes. Mais la description que l'on en fait est loin d'être celle que l'Église a toujours véhiculée, surtout celle des anges jouant de la harpe assis sur une poffe de nuage. On peut en voir comme ça dans les églises et dans les cimetières aussi.

Représentation classique de l'ange. Hum... Mignon, mais pas vraiment ancré dans les descriptions bibliques.

Un séraphin par exemple, n'est qu'une tête entourée de six ailes. Ezechiel décrit un ange comme étant une roue dans une roue avec des yeux tout le tour. Il remet ça dans le chapitre 10, verset 14: «Chacun avait quatre faces; la face du premier était une face de chérubin, la face du second une face d'homme, celle du troisième une face de lion, et celle du quatrième une face d'aigle». 

 Un ange, selon Ézéchiel.

Un séraphin, tel que décrit dans la Bible.

 
Chérubin, toujours selon la Bible.

Comme on peut le voir, on est loin des représentations classiques que nous ont servi les artistes de tout genre depuis des centaines d'années et pour lesquelles ils ont abondamment usé de libertés artistiques. Les chérubins en sont un bon exemple puisqu'ils sont devenus des p'tits bouts d'choux, tout nus, avec de petites ailes. Les archanges Michel et Gabriel ont été un peu plus chanceux, se voyant même affublés d'armures de la renaissance. D'autres croyances sans fondement bibliques, comme les anges gardiens, ont aussi perduré. Par contre, on sait, toujours selon la Bible, que leur arrivée causait la crainte, et c'est pourquoi la première chose qu'ils disaient lorsqu'ils apparaissaient aux gens était de ne pas avoir peur.

L'ennemi juré de tout catholique, les curés criaient-ils du haut de leurs chaires, étaient bien entendu Satan, aussi connu comme Belzébuth, Lucifer ou le Ministère du Revenu. Quand les gens entendait parler du diable ils étaient sérieusement apeurés. Le Vilain, on le savait bien, avait la peau rouge, une queue (celle d'en arrière) en fourche, deux cornes sur le crâne, la proverbiale barbiche et qui transportait un trident avec lequel il piquait les pauvres damnés. Représentation classique qui a transcendé tous les médias. Que ce soit dans les films, les livres ou les dessins animés, observez comment le diable est représenté...


La Bible et les textes hébreux ne font aucune mention du serpent dans le jardin d'Éden en tant que Satan. Le Nouveau Testament non plus d'ailleurs. +En fait on ne le retrouve pas avant la littérature gréco-romaine et juive et Ézékiel 28 n'est pas une exception car il s'agit d'une référence au roi de Tyr, qui n'est pas non plus référé comme étant le serpent. Dans Enoch 1:69 nous avons Gadreel le troisième ange en importance et identifié comme le serpent du jardin d'Éden et ne l'identifie pas non plus à Satan. Certains spécialistes pourraient faire référence à Solomon 2:29 en référence au personnage où il est mentionné: un diable ou un ennemi qui est entré dans le monde et que plusieurs interprètent comme étant Satan mais certains ouvrages font état de l'utilisation répétée du mot "diabolos" durant cette période et qui pourrait faire référence à un adversaire bien humain mais qui pourrait fort probablement n'être que Caïn qui tua Abel en raison de l'envie. Comme mentionné le Nouveau testament ne fait aucune mention ni référence au serpent du jardin comme étant Satan, à tout le moins pas très clairement mais certains spécialistes avancent que cela se produit dans Révélations 12:9, 20 ou dans Romains 16:20 mais ce ne sont pas les seules représentations. 

En regardant Révélations 12 et 20 nous voyons un grand dragon rouge qui a sept têtes mais qui est aussi un serpent, ce qui fait évidemment allusion à Léviathan. Il s'agit de la seule créature retrouvée dans les traductions Grecques de la Bible hébraïque définie comme étant à la fois un dragon et un serpent et qui possède de multiples têtes. Dans Psaumes 74 nous avons une référence qui définit Léviathan comme étant, dans le texte original, "drakonta" et qui a ne nombreuses têtes. Dans Isaïe 27:1 où Léviathan sera puni avec une grande épée. Ceci nous ramène à une ancienne tradition datant de plusieurs siècles auparavant dans la littérature Ugaritique où c'est Baal, le dieu du tonnerre qui détruit Litan le serpent, le dragon à sept têtes alors l'imagerie dans Révélations ne fait pas de sens en ce qui concerne le serpent du jadin. Dans Romains 16:20 on mentionne que le Dieu de la paix va écraser Satan sous ses pieds et cela fait écho, pour certains, à la malédiction qui est imposée au serpent dans la Génèse 3:15. La meilleure identification que nous pouvons avoir du serpent dans le jardin nous provient de l'Apocalypse d'Abraham et qui a probablement été composé à la fin du premier siècle ou au début du deuxième siècle après J.-C. et qui n'a pas été inclus dans le Nouveau testament mais dans le chapitre 23 nous avons une indication claire à propos de l'identité de ce serpent et qui ne serait autre qu'Azazel. En regardant dans le livre d'Enoch au chapitre 54 nous avons Azazel décrit comme étant celui à la tête des anges maudits et dans un autre passage le mot Satan est utilisé pour l'identifier.

Satan revient dans le Nouveau Testament, cette fois pour tenter Jésus qui se trouve dans le désert. Là encore on se garde bien de nous dire à quoi il ressemble. Il pourrait certainement n'être qu'une voix désincarnée en autant que l'on est concerné si l'on se fie au récit. Ce même Jésus, à qui l'on doit le Notre Père, mentionne dans la prière «Et délivre nous du mal», et non «Et délivre-nous de Satan».

Alors d'où provient l'image classique? Comme on vient de le voir la Bible est très avare de description et vous pourriez passer des heures à farfouiller la Bible sans y trouver une seule description du diable. Les artistes de l'époque médiévale sont allé puiser leur inspiration dans les légendes païennes, empruntant très largement au dieu Pan et aux satyres, entre autres. Comme ceux-ci avaient l'air particulièrement vilains on s'en est largement servi comme base. Il ne suffisait que de très minimes retouches et les gens n'y verraient que du feu (jeu de mot, ha ha).

Un satyre, tel que décrit dans la mythologie grecque.

A la lecture du livre de Job on serait certainement enclin à se poser une question: comment se fait-il que Satan arrive comme ça aux côtés de Dieu? N'a t-il pas été balancé cul-par-dessus-tête avec sa vilaine cohorte d'anges pas-fins parce qu'il a voulu prendre la place de Dieu? Détrompez-vous. Jamais dans la Bible n'est-il question de cela. Tout ça est la faute de Dante Alighieri. Son prénom vous est probablement plus familier. Surtout si vous avez lu la Divine Comédie, ce poème épique qu'il a écrit au 14è siècle et dont l'Enfer est la première des trois parties. Aussi, Satan n'est pas celui qui est buté en-bas des cieux. Ce rôle est joué par Lucifer qui, dans la Bible n'apparaît que dans le livre d'Isaïe et qui de plus, n'est même pas un démon, il n'est qu'un homme, roi de Babylone qui veut s'élever au-dessus de sa condition d'homme et dépasser Dieu. Donc, Lucifer et Satan sont deux entités tout à fait distinctes l'une de l'autre. Sans lien de parenté. Et si vous regardez le livre d'Enoch, apocryphe du 2è siècle, le chef des anges déchus jeté en enfer n'est pas Lucifer mais bien Azazel.

L'enfer, justement, était le mot tout à fait désigné pour faire trembler les fidèles. Si vous ne faites pas ceci ou cela (ou l'inverse) vous brûlerez en enfer pour l'éternité. Le seul endroit dans la Bible où l'enfer est sommairement décrit est dans l'évangile de Mathieu, chapitre 13, verset 42: «...et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents». Pas vraiment plus spécifique que cela.

Mais alors, l'immense caverne infernale, ça vient d'où? Cette fois, faites la rencontre de Hieronymus Bosch que vous connaissez sûrement mieux comme Jérôme Bosch. Sans vouloir insinuer que le peintre néerlandais consommait quelconque substance hallucinogène (peut-être n'était-ce que du fromage passé date?) il faut avouer qu'au niveau de la peinture surréaliste, Bosch ne faisait pas dans la dentelle. C'est de sa conception de l'enfer qu'est venue l’interprétation traditionnelle et qui fut véhiculée pendant si longtemps par nos curés.

Bosch. 

Pour ces mêmes curés, l'enfer qu'ils décrivaient avec tellement de verve, était dominé par Satan. Une autre belle conception erronée qu'il faut attribuer cette fois à John Milton et son poème Le Paradis perdu qu'il composa en 1667 et dont une seconde édition parut en 1674. C'est dans ce récit que Satan prononce ce vers célèbre «Mieux vaut régner en enfer que servir au paradis» (Livre I pp.263-264 ; dans la traduction de Chateaubriand, évidemment). Dans la Bible on dit (Pierre, chapitre 2, verset 4) «Car, si Dieu n'a pas épargné les anges qui ont péché, mais s'il les a précipités dans les abîmes de ténèbres et les réserve pour le jugement.» Pas de flammes, pas de lac de feu, pas de diablotins qui tourmentent les âmes et même pas de Satan qui gère le pénitencier assis sur un trône de fémurs et de crânes.

Illustration du Paradis Perdu de Milton.

Certains curés allaient aussi loin que prévenir très sérieusement leurs ouailles de ne pas vendre leur âme au diable sans réaliser qu'encore une fois ça ne venait pas de la Bible mais plutôt du conte allemand Faust, publié au 16è siècle.

Une autre chose que l'on remarque assez fréquemment dans les églises catholiques (d'ici et d'ailleurs) est la représentation de Jésus. Or, que ce soit en sculpture, peinture ou image quelconque ce dernier est à peu près toujours représenté de la même façon; race blanche, grand, élancé, cheveux clairs et petite barbe assortie. Dans tous les films et émissions de télévision il a été représenté par des acteurs répondant bien à cette description. Jim Caviezel ou encore Robert Powell en sont de bons exemples.

Tel que vu dans toutes les églises du Québec.

Tout ça est bien beau sauf que Jésus n'a jamais ressemblé à ça. Tout ce qu'on peut voir de Jésus n'est que pure spéculation artistique. Un jour des spécialistes de l'Université de Manchester en Angleterre se sont penché sur ce problème. En partant d'un crâne israélien remontant au 1er siècle, ils ont utilisé des programmes informatiques complexes, de la peau simulée, de l'argile et les connaissances acquises sur le peuple Juif de l'époque afin de reconstruire la forme du visage, la couleur de la peau et des yeux.

Les résultats ont de quoi étonner. D'abord Jésus n'aurait mesuré que cinq pieds un pouce, soit la grandeur tout à fait moyenne des gens de ce temps-là. Comme tous ceux vivant au Moyen-Orient il aurait eu la peau basanée probablement avec une teinte d'olive. Ses cheveux aurait été très noirs, frisés et son nez aurait été assez visible. Bien que ce ne soit pas la représentation exacte de Jésus, laquelle fut tout de même obtenue à l'aide de la science archéologique et anatomique, ça donne tout de même une excellente référence. Si Jésus avait été un grand bonhomme de six pieds avec de longs cheveux blonds et des yeux bleus, sûrement les Évangiles l'aurait décrit avec tout le contraste qu'il aurait représenté par rapport aux autres. Or, dans l'Évangile de St-Mathieu, quand Jésus se fait arrêter dans le jardin de Gethsémani peu avant la crucifixion, Judas Iscariote doit indiquer aux soldats romains lequel du groupe est Jésus parce qu'ils ne pouvaient le distinguer de ses disciples.
Tel qu'il devrait plutôt apparaître si l'on se fie à la science.

L'Église n'a probablement pas été trop d'accord avec le fait de représenter le Fils de Dieu, triomphant et tout, comme étant un petit homme brun d'à peine cinq pieds avec un pif comme ça. Au temps des Croisades on s'est alors appliqué déjà à ce moment-là à effectuer quelques changement esthétiques. Pour les peintre des la Renaissance, ils ne faisaient que continuer dans cette veine, représentant surtout Jésus sous les traits d'un italien relativement élégant, comme on pouvait en voir dans plusieurs de leurs peintures.

En conclusion, on peut se rendre compte que les symboles représentés dans les églises du Québec et ailleurs n'ont très peu de fondements sinon la liberté prise par d'innombrables artistes au fil des siècles. Quant aux énoncés véhiculés du haut des chaires par les curés, là encore il y a matière à se demander si les gens lisaient réellement la Bible...





Le saviez-vous? On estime que les Évangiles ont été originalement écrits entre l'an 60 et 150, mais ont été recopiés plusieurs fois, tant en hébreu qu'en grec.