samedi 15 octobre 2011

Spécial Halloween: la maison hantée du Parc Belmont

Vous vous souvenez du Parc Belmont? Des montagnes russes? De la femme qui rit? De la souris folle? De l'autoroute? Alors vous vous souviendrez de la maison hantée. 

Cette maison hantée était de type "dark ride", où l'on prend place dans un chariot qui suit un tracé sur rail électrifié selon un parcours durant lequel l'on est assailli par différentes créatures qui s'animent en compagnie d'un son strident et d'une lumière, parfois stroboscopique. C'était très efficace. Peut-être la chose la plus efficace de ce manège, que le Moulin de la sorcière de La Ronde n'avait pas, était vers la fin du parcours où des bandelettes de je-ne-sais-quoi pendaient du plafond et venaient nous «caresser» le visage. Dans le noir personne ne savait pas ce que c'était alors ça criait.

Malgré mes nombreuses recherches je ne suis pas parvenu à retrouver de photos de ladite maison hantée. Si jamais vous en trouvez une dans vos archives familiales, n'hésitez pas à me la faire parvenir! 

La photo du haut c'est le Parc Belmont alors que c'était encore un lieu d'attractions populaire avec, encerclé en jaune, l'endroit approximatif (selon ma mémoire de p'tit proutte) de la maison hantée, mais je peux me tromper. En-bas on voit l'ancien site du parc Belmont, redéveloppé aujourd'hui en secteur résidentiel.





Le saviez-vous? L'espace vert que l'on voit entre le développement immobilier et la Rivière des prairies est un parc auquel on a donné le nom de parc Belmont, en souvenir du site. 


jeudi 13 octobre 2011

compositio


Il s'agit ici d'une photo prise lors d'une promenade nature. Ce qui a attiré mon attention lorsque j'ai regardé vers le haut a été la composition fractale comprenant les branches d'arbres et les nuages lesquels se reflétaient dans une mare.  

Appareil utilisé: Canon Rebel XT. 




Le saviez-vous? On estime que la photographie la plus vue est l'arrière-plan par défaut du système d'exploitation Windows XP, où l'on voit une petite colline verte sur un fond de ciel bleu avec quelques nuages. Cette photographie, intitulée "Bliss", a été prise par Charles O'Rear en 1996. 

Spécial Halloween: Frankenstein


Frankenstein est certainement un de mes monstres favoris et ce, depuis que je suis p'tit bonhomme. Ah, Frankenstein. Juste le nom est suffisant pour que ça évoque immédiatement l'image du fameux monstre à la tête plate, à la peau verte et aux électrodes dans le cou. Frankenstein c'est cet espèce d'ogre, souvent à la peau verte avec des plaies sanguignlantes, les bras tendus vers l'avant avec un faciès de bulldog et qui avance comme un pataud avec ce désir insatiable d'arracher des têtes. Enfin, c'est comme ça qu'il est souvent représenté dans la culture populaire.

Mais vous savez ce qui est marrant là-dedans? C'est que cette version populaire qu'on voit partout tout spécialement dans ce temps de l'Halloween, est essentiellement dûe à:


Faites la connaissance de Mary Wollstoncraft Shelley (née Godwin), une charmante dame qui est née en 1797 à Smoers Town, à Londres. En 1816 elle épouse Percy Bysshe Shelley et durant l'été le couple part en voyage dans le coin de Genève avec Lord Byron, le jeune médecin John William Polidori et Claire Clairmont. Une fois là-bas ils louent la Villa Diodati, charmant manoir pas très loin du lac Léman.

L'été de 1816 dans ce coin-là s'avère finalement assez pourri. Il pleut presque tout le temps alors tout le monde doit rester à l'intérieur. Pas d'internet dans ce temps-là alors tout le monde reste en dedans et jase autour d'un feu de foyer. On jase de ceci, de cela et on finit par se raconter des histoires allemandes de fantômes. Lord Byron lance alors un défi à tous: celui d'écrire une histoire de fantômes originale. Mais Mary ne parvient pas à trouver quoi que ce soit, et elle angoisse. Puis, quelques jours plus tard, la discussion en vient à tourner autour du galvanisme. 

Vous avez peut-être déjà fait une expérience étrange dans un cours de biologie au secondaire. Vous savez, faire passer un faible courant électrique dans des cuisses de grenouille afin de les faire bouger? Cette expérience là.

Réanimation des muscles non pas par induction électrique mais par simple saupoudrage de sel.

Le galvanisme venait du scientifique Luigi Galvani qui avait pas mal expérimenté sur la réanimation de muscles par courant électrique. On parle aussi des expériences un peu plus lugubres celles-là (si c'était possible) de Giovanni Aldini, neveu de Galvani, qui lui faisait à peu près la même chose mais sur des cadavres humains, dont celui du criminel George Forster. Il en a d'ailleurs fait une démonstration publique, appliquant du courant électrique à différents endroits du corps, lequel s'est mis à grouiller un peu comme les cuisses de grenouilles plus haut. Certains avaient pensé que Forster était revenu à la vie. Un type en voyant ce spectacle en est même mort de frayeur. Bien sûr le cadavre n'était pas revenu à la vie. voilà de quoi nos compère discutaient.

Et c'est là que Mary Shelley, inspirée par le galvanisme, pond la structure de ce qui va devenir son roman "Frankenstein: or, the Modern Prometheus" et dont les éléments de base lui sont apparus dans un rêve qu'elle a fait. Dans son roman on peut lire l'histoire de Victor Frankenstein qui parvient à donner la vie à une créature qu'il a assemblé.

Une page du manuscrit de Frankenstein.

Le roman, malgré des critiques défavorables, a connu un très bon succès. On a vu une traduction française dès 1821 et Richard Brinsley Peake en a même fait une adaptation théatrale en 1823.

Mais vous savez qui en a fait le premier film? 


Les studios Edison, en 1910. C'est un film muet, évidemment et on met davantage l'emphase sur l'aspect mythique et psychologique du récit de Shelley. C'est tout de même amusant de voir le monstre, interprèté par Charles Stanton Ogle, maquillé à la façon kabuki et coiffé d'une grosse perruque ébouriffée. Une représentation à des années-lumières de l'image classique que j'ai décrit un peu plus haut.

Ben justement, elle vient d'où cette foutue représentation classique?

J'y arrive.

En 1931 les studios Universal ont eu cette idée de tourner un film sur Frankenstein. Aussi, on avait choisi d'adapter le scénario du film sur une pièce de Peggy Webling qui l'avait elle-même basée sur le roman de Mary Shelley. Alors forcément il y avait des différences tout plein.

D'abord y'a le monstre lui-même. Dans le roman Shelley ne décrit pas de façon exhaustive comment la créature est créée alors que dans le film c'est beaucoup plus exhaustif. Et puis dans le film Henry Frankenstein (Victor dans le roman) assemble le monstre à partir de morceaux de cadavres fraîchement exhumés.

Qui plus est, le monstre, une fois «vivant» ne sait absolument pas parler alors que dans le roman il est très volubile puisqu'il a appris en lisant Le paradis perdu de Milton et autres classiques du genre. Faut dire que dans le film, Frankenstein installe le cerveau d'un criminel dans la tête du monstre au lieu d'un cerveau «normal», quelque chose qui n'apparaît pas mais pas dans le roman... Ce cerveau défectueux, dans le film, est d'ailleurs ce qui fait que le monstre devient un tantinet agressif alors que dans le roman le monstre bardasse parce qu'il est négligé, subit des mauvais traitements et aussi parce qu'il est laid comme un péteux de babouin.

La créature. 
 
Dans le film le monstre a la peau blanchâtre, une tête plate, des électrodes dans le cou et se trouve à être de grandeur à peu près normale. Dans le roman le monstre a une peau jaunâtre presque translucide, a la tête ronde avec plein de cheveux, pas d'électrodes et mesure quelque chose comme huit pieds. Ah oui, et y'a pas d'assistant bossu du nom d'Igor dans le roman. Victor Frankenstein travaille tout seul en reclus.

«Mon dos me fait mourir. Ça devait être le dos d'un déménageur...»

La confrontation entre le créateur et la créature.

Mary Shelley termine son roman alors que Victor Frankenstein meurt pendant qu'il est en route pour l'arctique. Le monstre le trouve mort et décide alors d'aller se suicider au Pôle Nord mais rien n'indique qu'il le fait réellement. Dans le film le monstre s'en va dans un moulin pendant les villageois l'assiègent avec des fourches et des torches. Ils mettent le feu au moulin et tout le monde est certain que le monstre s'est fait rôtir d'aplomb mais il a survécu puisqu'il revient dans la suite, The Bride of Frankenstein. 

Ce qui est tout de même intéressant avec le film c'est qu'on avait d'abord considéré Bela Lugosi pour le rôle du monstre mais on s'est ravisé à la suite de plusieurs essais de maquillage absolument désastreux. Lugosi a aussi finalement dit que le rôle du monstre était trop simpliste parce qu'il ne parlait pas et avait derechef refusé le rôle. 

C'est finalement l'acteur anglais William Henry Pratt qui a hérité du fameux rôle. Le réalisateur James Whale avait aperçu Pratt dans les bureaux de Universal et lui a tendu une note lui offrant le rôle. Pratt a raconté par la suite en riant qu'il s'était senti offusqué par cette offre de jouer un monstre ce jour-là puisqu'il portait alors son plus bel habit et était passablement convaincu qu'il était particulièrement élégant.

 Le gentleman parfait pour jouer un monstre hideux: William Henry Pratt.

Je vous vois écarquiller les yeux. Pluche, t'es dans les patates mon vieux. Comment peux-tu écrire une taponnerie du genre??? Voyons, tout le monde sait que c'est Boris Karloff qui a personnifié le monstre!

C'est que voyez-vous, Boris Karloff était le nom de scène que s'était donné William Henry Pratt. Selon certaines sources il avait changé son nom parce qu'il ne voulait pas embarrasser sa famille en devenant acteur.

Karloff dans la chaise. Jack Pierce, le créateur du look de Frankenstein aujourd'hui classique, est à sa droite.
 
Il fallait environ quatre heures pour compléter le maquillage complexe du monstre.

Karloff retourne dans la chaise pour «Bride of Frankenstein», la suite du premier film.

Le maquillage à mi-chemin. 

"Son of Frankestein", sorti sur les écrans en 1939 est le dernier film dans lequel Karloff interprète le monstre.

Karloff, tel qu'il apparaissait dans "Son of Frankenstein" une fois le maquillage terminé. Karloff était alors âgé de 52 ans. 

L'apparence du monstre est entièrement dûe à Jack Pierce, maquilleur en chef aux studios Universal dans le temps. Toutefois, certains prétendent que Pierce s'est basé sur des croquis de James Whale, le réalisateur du film. Quoiqu'il en soit, le look est rapidement devenu le look classique sur lequel sont basés à peu près toutes les représentations du monstre que l'on voit aujourd'hui. Pour 1931 toutefois on peut certainement s'accorder pour dire que la maquillage que Pierce a fait pour Karloff est absolument phénoménal. Pierce est aussi celui qui a conçu les maquillage de la momie Imhotep (également joué par Karloff)  Dans "The Mummy" (1932) ainsi que "The Wolf Man" (1941) interprété par Lon Chaney Jr.

"Cher ami, que diriez-vous d'une discussion sur la sémantique des logiques modales normales simples?"

Vous avez remarqué que dans tout l'article je n'ai jamais référé au monstre comme étant Frankenstein. Tout simplement parce que c'est une erreur populaire. Frankenstein est le nom du créateur, Victor (Henry dans le film). Nulle part dans le livre ou dans le film ne fait-on référence au monstre comme étant Frankenstein mais la culture populaire lui a apposé cette étiquette.

A mon sens, la meilleure représentation graphique du monstre est celle de John Buscema, dérivée d'un concept de Mike Ploog qui lui-même s,était inspiré de concepts par John Romita Sr. pour la version "comic" de Frankenstein chez Marvel laquelle a débuté en janvier 1973. Dans cette version le monstre mesure huit pieds, se trouve à être très intelligent et très articulé. La physionomie n'a aussi rien à voir avec la version de Universal. Ici, le Monstre a la tête ronde et de longs cheveux. En somme, c'est une représentation très fidèle de la conception de Mary Shelley dans son roman.

       
     Un Karloff cagoulé est amené par Jack Pierce.
       


    Karloff en professeur Niemann et Strange dans le costume du monstre.
     
     Un p'tit tour de magie numérique pour s'amuser où Karloff tient les deux rôles.


    Il y eut une suite en 1935, Bride of Frankenstein qui reprend d'une certaine façon une partie du roman original de Shelley où le monstre exige de Frankenstein qu'il lui fabrique une compagne. Dans le livre Frankenstein s'exécute mais décide de tuer sa deuxième création et le monstre saunte une coche. Dans ce film c'est un peu différent. Aussi on a choisi la magnifique Elsa Lanchester pour jouer non seulement le rôle de la «fiancée» mais aussi celui de Mary Shelley qui relate son séjour à Genève.

    Coquette, Elsa retouche elle-même son maquillage avant une scène.

    Le «fiancé». La différence entre l'apparence du monstre du premier film et celui-ci est dûe au fait qu'à la fin du premier film, le monstre est enseveli sous les débris brûlants du moulin où il s'était réfugié. 

    «Vous marinez chez vos harengs?»







     Très rare photo d'Elsa Lanchester prenant un thé entre deux scènes.

    En terminant, voici un petit clip en couleurs ma foi fort amusant qui fut tourné pendant Son of Frankenstein durant lequel Karloff fait quelque peu le bouffon et s'amuse à faire semblant d'étouffer Jack Pierce, le maquilleur légendaire.



    Le saviez-vous? 
    • Marylin Harris qui jouait la petite fille que le monstre noie accidentellement, n'a jamais eu peur de Karloff pendant qu'il était en costume. Au contraire, quand elle le vit arriver pour tourner la scène elle s'en alla en courant vers lui et lui prit la main tout en lui demandant s'il voulait voir le lieu du tournage. Tel un gentleman il lui répondit que oui avec toute la classe qu'on lui connaissait. Et elle l'y mena.
    • Pour donner une apparence plus convaincante au monstre, Karloff retira un pont dentaire qu'il avait à droite. L'absence du pont créa ce trou si caractéristique dans la joue (voir la photo précédente).
    • Durant la période classique de Universal, le monstre fut joué par quatre acteurs différents. Dans Frankenstein et Bride of Frankenstein c'est Boris Karloff (à mon sens le meilleur). Dans Ghost of Frankenstein (1942) c'est Lon Chaney Jr. qui emprunte les traits de la créature. En 1943, dans Frankenstein Meets the Wolfman, le monstre est interprèté par... Bela Lugosi, fameux pour son Dracula et Lon Chaney Jr. se voit confier le rôle du loup-garou. Dans House of Frankenstein (1944) c'est Glenn Strange qui endosse le costume alors que Karloff tient le rôle du docteur Niemann. Strange reprend le rôle pour House of Frankenstein (1945). 
    • Les chaussures plate-forme que Karloff portait pesaient 13 livres (5 kg) chacune.
    • Le look de Frankenstein, conçu par Jack Pierce est protégé par un copyright détenu par Universal et valide jusqu'en 2026.
    • On raconte qu'un jour, durant le tournage, Karloff sortit du studio pour prendre un peu d'air et se rafraîchir lorsqu'il tomba nez-à-nez avec une secrétaire de Universal qui, en le voyant, perdit carrément connaissance. On a alors tapé un mémo demandant à l'acteur de manger seul et de pas se promener maquillé à moins d'avoir la tête recouverte. La nouvelle avait vraisemblablement été «échappée» dans les journaux. Evidemment ça semble davantage être un petit coup de publicité. Faut dire qu'il y avait beaucoup de spéculation sur ce que le monstre aurait l'air.  

    dimanche 9 octobre 2011

    Viva la vida vintage

    Les photos qui vont suivre pourraient vous surprendre, par leur netteté et leur clarté. Je vous laisse donc les regarder et moi je vous attend tout de suite après pour quelques petites explications.













    Est-ce que j'aurais, par la plus grande des chances trouvé des photos d'époque d'une aussi belle qualité? Pas vraiment. Mais j'ai trouvé bien mieux. Elle s'appelle Solanah Hernandez, 22 printemps et tout aussi jolie qu'un fleur fraîchement éclose. Cette splendide jeune fille de l'état de Washington vit tous les jours son rêve; de vivre selon une mode qui a complètement disparue. Solanah se coiffe et s'habille avec tout le soin et le décorum des femmes d'autrefois. Elle prend aussi grand plaisir à voyager et découvrir tout plein d'endroits qui ont conservé un tant soit peu un aspect vintage tout en courant les marchés aux puces et ventes de garage (tiens, ça me rappele quelqu'un...).

    Solanah était adolescente lorsqu'elle a commençé à mélanger des morceaux de vêtements modernes et anciens. Puis a décidé un jour comme ça d'y aller à fond de train avec le vintage. Elle s'abreuvait de nombreux blogues sur le sujet quand lui est venu l'idée un soir très tard de démarrer son blogue. L'une des rares idées que j'ai eu en fin de journée et qui s'est avérée être très bonne, qu'elle dira. Solanah se laisse prendre au jeu et son petit hobby est soudainement devenu quelque chose dans laquelle elle plonge tête première. On peut visiter son merveilleux blogue en cliquant ici­.


    Spécial Halloween: Les illustrations d'Aurora

    Je vous en parlé avant. Peut-être ad nauseam, même. N'en reste pas moins que dans le temps où j'étais gosse je trippais sans bon sens sur les modèles à coller de monstres Aurora. On pouvait en retrouver un peu partout en ville mais c'était surtout à l'Oiseau Bleu (la division hobby) au coin de Desjardins et Ste-Catherine qu'on pouvait retrouver à peu près toute la série.

    Afin de mettre ces modèles en valeur, et les rendre attrayants, Aurora retient les services de l'illustrateur James Bama afin qu'il produise les illustrations devant figurer sur les boîtes. Bama était un illustrateur talentueux et à ce moment-là il avait fignolé plus de 500 couvertures de livres de poche Bantam, dont les romans de Doc Savage.

    Les boîtes d'Aurora étaient rectangulaires, mesurant 13 pouces par 5 alors Bama s'est exécuté selon cet impératif. Les oeuvres de Bama, 22 au total, étaient souvent plus larges que le format imprimé, souvent même jusqu'à deux fois plus grands. Succès instantané et phénoménal: les modèles de monstres Aurora se vendent comme des p'tits pains chauds.

     La boîte de Dracula originale. Le sinistre personnage est mis en valeur avec une large fenêtre derrière lui ainsi que des chauves-souris, illustrant le lien entre Dracula et ces créatures de la nuit. 

     L'inspiration de Bama, soit une photographie de Bela Lugosi dans le rôle de Dracula. 

    En 1969 Aurora décide comme ça de relancer sur le marché six de ses monstres mais avec une nouvelle innovation: l'ajout de pièces phosphorescentes. Des trucs qui brillent dans le noir c'était pas forcément nouveau mais d'inclure ça dans des modèles à coller l'était et ça permettait de donner aux personnages une allure fantomatique. Avec ça, s'étaient dit les dirigeants d'Aurora, on va en vendre en pas pour rire!

    On avait aussi décidé de rééditer les modèles dans des nouvelles boîtes. Carrées, celles-là et mesurant huit pouces par huit pouces. Problème: les illustrations de Bama étaient rectangulaires. Il fallait aussi assez d'espace pour l'éclaté portant la mention "Glow in the Dark", effet que les nouvelles illustrations devaient refléter. 

    On demande donc à Bama de refaire les illustrations selon le nouveau format tout en s'appuyant sur les illustrations originales qu'il avait déjà réalisée. Ce faisant, il pouvait créer les nouvelles illustration plus rapidement.

    Ici, on peut voir la seconde version de Dracula que Bama a modifié en l'élargissant vers la gauche. On voit aussi quelques tracés à la mine lors de la réalisation de l'illustration originale. Pour le format maintenant carré, on perdait une partie des jambes de Dracula.

    La version finale.

    La boîte originale du Phantom.

    L'image source dont s'est servi Bama.
    Ici, Bama a enlevé le prisonnier derrière la porte métallique tout en l'élargissant, et en a profité pour donner plus de volume à la cape, permettant d'emplir l'espace négatif. Tout en bas, ce qui ressemble à des petites cibles sont en fait des marques de registre, utilisées par l'imprimeur pour aligner les couleurs. 

    La version finale, où l'illustration a été inversée horizontalement. L'éclaté "Glows in the Dark" emplit l'espace qu'occupait le prisonnier. 

    La boîte originale de Frankenstein, telle qu'elle est apparue en 1961. En ce qui concerne Frankenstein il est assez évident que Bama s'est de nouveau servi de son original. Toutefois, à la différence des autres monstres, Frankenstein était déjà assez verdâtre dans sa version originale. Les modification n'ont donc pas été aussi exhaustives. Bama a simplement gommé l'arrière-plan original pour en créer un nouveau, plus éthéré.

    La version finale.

    Probablement l'image source qu'a utilisé Bama. On reconnaît ici Lon Chaney Jr.

     Le Wolfman original. Pour Wolfman c'est un petit peu différent. D'abord parce que l'illustration sur la boîte rectangulaire ne correspondait pas vraiment avec le modèle dans la boîte, contrairement aux autres modèles qui étaient plus ou moins conformes. Ici, on a plutôt demandé à un certain Harry Schaare de produire une nouvelle illustration non seulement plus conforme au modèle mais aussi qui incorporerait les fameux morceaux phosphorescents, ainsi qu'un nouveau décor délavé, semblable à celui que Bama avait peint pour la seconde version de Frankenstein.

     La version finale. Cette fois, si l'illustration est fidèle au modèle, on a fait disparaître toute ressemblance avec Lon Chaney Jr. Et si l'on souvient du film classique, le loup-garou était toujours vêtu d'une chemise. 

    La boîte originale de Dr. Jekyll as Mr. Hyde. Bama a repris son illustration originale, mais cette fois a dû la retravailler davantage que les autres. Au lieu d'un arrière-plan incertain on retrouvait ici le laboratoire de Dr. Jekyl. 
     La version modifiée. La table a été rallongée sans y avoir rajouté d'élément, ce qui aurait alourdi inutilement. Bama a aussi prolongé la bibliothèque et donné plus de volume aux rideaux de la fenêtre ouverte. 

     La boîte originale de Godzilla en 1964. On note la mention de Toho Productions, la compagnie Japonaise qui détient les droits sur le personnage. Bama a cogné la balle en dehors du champ centre avec cette illustration qui démontre toute l'horreur d'un Godzilla qui sème la pagaille; un faciès résolu, une ville en feu et des éclairs qui déchirent le ciel. 

     La deuxième version. Ici Bama a bien entendu refait Godzilla, mais en a profité pour repeindre l'arrière-plan, plus horizontal cette fois. On aurait aimé que les éclairs aient été conservé. 

    Le Prisonnier oublié de Castel-Maré est apparu en 1966 suite à une collaboration entre Aurora et le magazine Famous Monsters of Filmland. Il s'agissait aussi du dernier des treize modèles de monstres de Aurora. Ici, on y voit un pauvre quidam squelettique, attaché au mur de pierre d'un sinistre cachot où gisent également les reste d'un locataire précédent.

    Ici, l'exercice était plus simple pour Bama. Il ne suffisait, outre les retouches au squelette, que de rallonger le mur de pierre tant à gauche qu'à droite. L'utilisation de la couleur rouge sert ici à faire ressortir la brillance du prisonnier. 

     La version finale; logo en bas à droite et l'éclaté "Glows in the Dark" en haut à droite, surmontée de la mention de Famous Monsters of Filmland. 

    Les modèles "The Creature" et "The Mummy" ont souvent été considérés comme des illustrations refaites par-dessus les originaux mais il semble que ce n'est pas le cas. Certains prétendent que les nouvelles illustration ont été réalisées par Schaare alors que d'autres disent qu'il s'agit encore et toujours de James Bama.  Comme on peut le voir, les illustrations originales qui ont servi pour les boîtes rectangulaires étaient originalement une seule illustration qu'on a ensuite coupée en deux.

    La deuxième version. On reconnaît ici l'arrière-plan délavé, et dépourvu de tout détail. 

     Sur la boîte on note que les couleurs sont moins vives que sur l'illustration originale, et que l'arrière-plan a été changé de nouveau. 

    "The Creature", dans sa nouvelle version. Absence d'arrière-plan et couleur unie afin de faire ressortir la créature. 

     La version finale sur la boîte.

    L'illustration originale de Bama pour La sorcière. La plupart des éléments dans cette illustration se retrouvaient dans la boîte.  

    Pour créer la sorcière, Bama avait demandé à son épouse de servir de modèle. L'histoire ne dit pas si Bama a couché sur le divan par la suite. 

    Cette fois, Bama a entièrement refait l'illustration et cette fois les différences sont assez notables. La nouvelle version est à mon sens meilleure que l'originale, surtout avec l'expression de la sorcière qui semble plus inquiétante que dans la première, mais aussi avec un meilleur équilibre entre les différents éléments, et que le format carré a permis de réaliser. 

    La boîte originale de la seconde version. 

    Le fameux Huntchback of Notre-Dame a une histoire intéressante. Le film du même nom mettait en vedette Anthony Quinn dans le rôle du Bossu et puis quand Aurora a conçu le modèle de ce personnage, Bama a pondu une illustration en se basant justement sur Quinn, lequel n'a pas aimé alors Bama a dû légèrement modifier le personnage.

    Deuxième version, circa 1965 où l'on voit un visage nettement différent. 

    Pour la nouvelle version, Bama a opté de rallonger l'arrière-plan plutôt que d'en peindre un complètement uni comme pour La Créature, ou la Momie.  

    King Kong, version 1964 avec, dans sa main, la pauvre Anne Darrow. 

    Pour la nouvelle version Bama n'a apporté que peu de changements à la composition originale. Quelque couleurs changées et un recadrage. 

    Aujourd'hui les boîtes originales Aurora transigent à des prix assez alléchants sur eBay. Il y a un certain temps un type assez chanceux a pu mettre la main sur une boîte d'expédition qui contenait plein de boîtes de monstres encore scellées. On peut deviner la petite fortune qu'a fait le type en question, lequel les a vendu aux plus offrants.




    Le saviez-vous? En 1977 la compagnie Aurora, qui appartenait alors à Nabisco, a été vendue à son ancien rival, Monogram. Au fil des ans, les monstres d'Aurora ont été réédités par Revell, Monogram, Polar Lights, Atlantis et Moebius.