mercredi 20 juillet 2022

Jardin Tiki: suite et... fin


Le restaurant le Jardin Tiki, dont j'ai abondamment discuté dans cet article, était cet endroit kitsch à souhait et qui semblait sorti d'une époque lointaine. Ouvert en 1986, il aura été ouvert jusqu'en 2015, année où Danny Chan, fils du fondateur Douglas Chan, a définitivement fermé la porte pour de bon.  J'y suis allé avec l'ami Jason Stockl durant la dernière semaine d'ouverture. Danny avait les traits tirés, lui qui était au restaurant tous les jours. 

Le restaurant aurait probablement pu continuer si Danny avait pu vendre à un où des investisseurs qui aurait été tentés par le défi. Mais voilà, on voyait bien que le bâtiment avait prit de l'âge et outre le montant de l'achat, il aurait fallu investir des sommes considérables pour rénover. D'autant plus qu'à ce moment, la culture tiki-americana semblait s'essouffler et plusieurs restaurants du genre ont fermé aussi leurs portes. Même la grosse boutique Pacific Arts, détaillant impressionnant d'objets polynésiens a mis la clé dans la porte. 

Toutefois, peu après la fermeture, plusieurs espéraient voir la tenu d'une grosse vente aux enchères qui aurait permis aux gens d'acquérir un mémento de l'endroit. Il est rapidement devenu clair que cette vente n'allait jamais avoir lieu. Puis, avec le temps, le bâtiment s'est rapidement détérioré. Les vitres cassées partout ont laissé entrer la pluie et la neige et avec les variations de température et d'humidité tant de l'hiver que de l'été, c'était non seulement devenu dangereux, mais aussi insalubre. Le Jardin tiki, devenu une véritable épave immobilière faisait maintenant tache sur la rue Sherbrooke. Puis, il y a quelques semaines, trois pelles mécaniques sont apparues sur le terrain abandonné de l'ancien restaurant. 

Aujourd'hui les démolitions de bâtiments ont bien évolué. Les matériaux sont séparés selon leurs types afin d'y être recyclés. La première pelle est équipée afin de ramasser la brique et les pierres, la seconde possède une mâchoire conçue pour couper les poutrelles d'acier et le métal en général alors que la troisième a une pelle classique. 

Les trois pelles sont à l'oeuvre alors qu'un bulldozer va s'occuper de ramasser les débris de démolition selon leur type. La toiture, fortement fragilisée après sept ans d'abandon, aurait pu s'effondrer sous le poids des immenses appareils de climatisation et ventilation sur le toit en question. Il n'y avait plus de chance à prendre. 


Après seulement une journée, tous les débris, incluant tout le mobilier en rotin, irrécupérable à ce point, avaient été enlevés et même le tapis, qui était usé jusqu'à la corde. En dessous on peut voir le plancher de céramique original alors que le bâtiment était un concessionnaire automobile. On voit aussi l'escalier qui menait à l'étage. Ironiquement, en haut à gauche, on peut apercevoir une lanterne décorative faite de coquillages.   

Une vue d'ensemble de ce qui a été la grande salle à manger. On distingue encore la fameux bassin aux tortues (lesquelles ont été rescapés en 2015 par la SPCA). Au fond à gauche, on entrevoit ce qui était la salle de réception Luau. Autrefois c'était le garage pour les automobiles. 


Ici, on peut voir que toute la partie arrière a été démolie. Ne restait plus que le bâtiment principal et à ce moment j'ai cru qu'il aurait été sauvegardé. Il y a quelques années j'avais reçu un courriel d'un cabinet d'avocats me demandant si le bâtiment était d'origine. Il l'était. Ce que l'on voit sur la photo est à peu de choses près ce à quoi ressemblait le concessionnaire durant les années 60. 


Hélas non. Toute la bâtisse y a goûté. On peut voir ici les matériaux séparés et qui attendent d'être récupérés par camion. à droite, derrière l'arbre, on distingue la grosse enseigne du Jardin tiki, surmontée de palmiers dont les néons verts s'illuminaient le soir. Elle sera certainement mise par terre bientôt, si ce n'est déjà fait. Et maintenant, bien malin qui devinera ce qui va se bâtir à cet endroit. À mon humble avis, ce seront encore des condos, comme on en construit derrière sur la rue de Marseille. 




Le saviez-vous? Le mot condominium provient du mot latin "con" (...) qui veut dire "ensemble", et du mot anglais "dominion", qui veut dire "possession". Donc, possédé ensemble, ou en commun. Aussi, la plus ancienne incarnation du condominium remonte au premier siècle à Babylone. 



samedi 28 mai 2022

Oiseaux du Québec: le moucherolle phébi

Canon 90D + Sigma 150-600mm

Le Moucherolle phébi (Sayornis phoebe) est une espèce d'oiseau appartenant à la famille des Tyrannidae et que l'on peut observer tôt au printemps. De tous les passereaux, c'est l'un des premiers à arriver ici après une longue migration depuis le sud du continent nord-américain. 

Ce p'tit oiseau niche dans les boisés, parfois sur le long des lisières et préférant la proximité d'un cours d'eau. Toutefois, il n'est pas rare de le voir nicher sur des bâtiments dont certains éléments lui permettent de construire son nid.

Canon 90D + Sigma 150-600mm

Il s'agit d'un oiseau insectivore, il se régale donc d'insectes de tous genres. Avec un peu de chance, on peut l'appercevoir près d'un tronc et picosser l'écorce pour en trouver. Contrairement à d'autres espèces d'oiseaux où les mâles et les femelles sont entièrement différents, il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez celui-ci; les deux sexes se ressemblent fort bien. Au Québec, son aire de nidification pendant la belle saison se résume au sud de la province, mais ailleurs au Canada on peut le retrouver à des latitudes plus élevées, notamment dans les Territoires du nord-ouest. 





Le saviez-vous? L'oiseau le plus rapide au monde est le faucon pèlerin. Lorsqu'il vole en piqué pour attaquer une proie, il peut atteindre une vitesse de 389 km/h. Dans le vidéo ci-dessous on peine à le voir attaquer un canard colvert mâle. 



lundi 23 mai 2022

Les camions Studebaker en 1949

 

Publicité Studebaker, 1949. Collection personnelle.

À la fin de la Seconde guerre, la compagnie Studebaker a rapidement emboîté le pas afin de répondre à la grande demande de camions de transport pour la nouvelle économie de paix. Le camion représenté ici en est un parfait exemple puisqu'il s'agit du premier nouveau modèle 2R, largement en avance sur tous les plans comparativement au modèles M qu'il remplaçait. 

Cette série M, justement, était la première tentative de Studebaker à produire un camion léger. Sorti des lignes d'assemblages en 1947, la série M5 s'est vue produite à 23,377 exemplaire, surpassant toute la production de Studebaker durant le Seconde guerre. 

Illustration du modèle 2R à des fins publicitaires. Photo: Collection personnelle. 

Il était important pour la compagnie de ne pas perdre de part de marché durant la période d'après-guerre et qui était perçue, à juste titre, comme l'aube d'un boom économique sans précédent. Retour à la table de dessin où le concept est confié à Robert Bourke, alors chef de design chez Raymond Loewy, le célèbre designer industriel. Le but étant d'attirer les conducteurs de Ford, GM, Dodge, et même International Harvester. 

Usine d'assemblage Studebaker à Hamilton, Ontario, décembre 1962. 
Photo: Toronto Public Library via Toronto Star Archives.

Comme d'autres fabricants américains, Studebaker avait sa propre usine d'assemblage au Canada et situé à Hamilton, en Ontario, telle que vue dans l'image ci-dessus. À ce moment, il ne restait plus que quatre ans à vivre pour cette usine, dont la dernière voiture est sortie de la chaîne en mars 1966. La compagnie a définitivement fermé ses portes un an plus tard. 


Le saviez-vous? Studebaker, de par son designer Brooks Stevens, a été le premier constructeur Nord-américain à introduire le toit rétractable sur les voiture familiales. Cela permettait de transporter de gros objets comme des réfrigérateurs en position verticale, et bien d'autres usages. Voyez-en l'exemple ci-dessous que j'ai créé pour vous en utilisant une Matchbox représentant ladite familiale. Passez simplement votre souris sur l'image. 

samedi 21 mai 2022

Le Pif Gadget de la semaine - No. 138

 

(Photo: Collection personnelle)

Ce numéro de Pig Gadget est apparu en octobre 1971 et le gadget de la semaine est l'encyclopédie magique. Il y a d'abord le plateau à assembler, principalement du carton pré-plié et qui forme un boîte rectangulaire. Sur le dessus, un côté comporte des questions et de l'autre les réponses. Pour faire fonctionner le gadget, il suffisait de prendre la figurine de Pif (qui pointe du doigt) et la placer sur le socle côté "Questions" et de lui faire pointer une question en particulier. Puis, on déplaçait Pif sur le socle du côté "Réponses" et Pif, comme par magie, tournait sur lui-même pour pointer la bonne réponse. Pas de magie ici, nenni. 

En fait, ce gadget remonte à 1935. La compagnie britannique J&L Randall publiait des jeux scientifiques sous la bannière Merit  à mit sur le marché le jeu Magic Robot en 1935. Le truc était simple: le personnage sur le dessus, que ce soit Pif, un robot ou autre, était en fait guidé par des aimants dissimulés en-dessous. Toutefois, le concept n'était pas nouveau en soi puisqu'un certain J.A. Goodson  a obtenu un brevet en 1892 pour un jeu magnétique mais on attribue généralement la version moderne à l'auteur de livres pour enfants Gösta Knutsson. 

Le jeu, inutile de le mentionner, a fait un tabac et a été publié dans plusieurs pays d'Europe avec traductions d'usage. Il y a également eu quantité de version différentes où le robot prend la forme d'un hibou savant, de Confucius, le chien Snoopy ou autre savant. Chez Pif Gadget on avait simplement reprit le concept en l'intégrant dans un magazine qui coûtait l'équivalent de cinquante sous. Bref, un bien beau gadget facile à assembler pour des heures de plaisir. 



Le saviez-vous? Le mot robot a été inventé par le Tchèque Josef Čapek (prononcé Tchapek) et propagé par son frère Karel dans sa pièce de théâtre de science-fiction Les Robots universels de Rossum, vers 1920. Il provient du mot tchèque robota, qui signifie «travail forcé», «servage», «esclavage», «travail pénible de l’esclave». 

jeudi 19 mai 2022

Les murales du métro en 1976

 

En 1976, juste à temps pour les XXIe Olympiades, le métro de Montréal inaugure de nouvelles stations, allongeant les lignes verte et orange de façon substantielle. Ceci permet à davantage de personnes de profiter de ce mode de transport. Mais il y avait autre chose aussi. L'agrandissement du réseau faisait en sorte que le nombre de voitures MR-63, lesquelles roulaient depuis 1966, était insuffisant pour la nouvelle demande du réseau. Aussi, on avait prit soin, bien au préalable, de faire construire de nouvelles voitures de métro et c'est Bombardier qui obtenu le contrat (les MR-63 ayant été fabriquées par Canadian Vickers). Conçues sur le même format que les MR-63, les nouvelles MR-73 se voulaient plus modernes avec des sièges en plastique moulé, des couleurs aux teintes alors en vogue et aussi de belles murales monochromes en rouge et blanc représentant la ville via son héritage architectural. À cette époque, les MR-73 roulaient sur la ligne orange alors que les MR-63 quant à eux demeuraient sur la ligne verte.

La célèbre chroniqueuse Francine Grimaldi prenant la pose dans une de ces voitures MR-73.


Sur la a première murale où l'on voit le complexe Desjardins, la place Ville-Marie, le château Champlain, l'édifice de la Sun Life, la place Jacques-Cartier, Habitat 67, la tour de l'horloge, l'hôtel de ville, la gare Windsor, le marché Bonsecours et bien d'autres.

La seconde murale est un peu plus complexe et reprend certains éléments de la première mais on y retrouve cette fois Terre des Hommes, l'autoroute Bonaventure, le port de Montréal, l'oratoire St-Joseph, le stade olympique, le village olympique, le pont Jacques-Cartier, la Ronde, la basilique Notre-Dame et autres, que je vous laisse trouver. 

Bien qu'attrayantes et ajoutant un peu de style dans les voitures de métro, ces murales, qui semblaient imprimées sur du vinyle, ont d'abord été la cible de graffiteurs qui n'on pas pu résister à l'idée de les barbouiller. D'autres ont préféré en arracher des bouts de grosseurs variées. En bout du compte, la CTCUM (Commission de transport de la communauté urbaine de Montréal), et actuelle STM, a finalement prit la décision de les enlever complètement. Cela n'est pas sans rappeler les coussins en vinyle noir rembourrés sur les sièges des voitures MR-63 et qui se faisaient découper à lame, forçant la CTCUM à les enlever. 



Le saviez-vous? L'appellation des voitures MR-63 et MR-73 signifie "Matériel Roulant 1963" et "Matériel roulant 1973", signifiant les années où leurs constructions respectives ont débuté. Quant aux  nouvelles MPM-10, cela veut dire "Matériel pneumatique de Montréal 2010". 



dimanche 15 mai 2022

Oiseaux du Québec: la paruline à ventre baie


La paruline à ventre baie, même si elle est bien répartie en Amérique du nord, est d'une certaine rareté à certains endroits, comme en milieu urbain. Je n'ai eu que quelques secondes pour capter celle-ci puisqu'elle sautait de branche en branche très rapidement dans un grand pin à bonne hauteur. Cette paruline affectionne  les forêts de conifères (en particulier les épicéas) et les forêts mixtes de bouleaux et d'érables.

Malgré sa petite taille c'est un oiseau migrateur qui peut se rendre jusqu'en Amérique centrale. Il revient au Québec vers la mi-mars et demeurent avec nous jusqu'au mois d'août où elles reprennent le chemin du sud pour la saison hivernale et les voyages migratoires se font toujours en groupe. Solitaire, il se mêle souvent à d'autres espèces de parulines pour se procurer de la nourriture. Il s'agit d'un oiseau fort utile car il se régale de tordeuses d'épinettes. 


Le saviez-vous? Les oiseaux modernes, dont notre paruline vedette aujourd'hui, sont des descendants directs de la famille de dinosaures appelés "théropodes" qui comprenait entre autres le tyrannosaure, l'albertosaure, le carnotaure et bien d'autres (1). Les dinosaures ne sont pas tous disparus, mais ceux qui ont survécu ont évolué jusqu'à nos jours.