mardi 30 août 2022

Le calendrier

Comme plusieurs jeunes, j'ai fait partie du mouvement scout. À l'époque, les Louveteaux étaient pour le 9-11 ans, puis les Éclaireurs pour les 11-14 ans et enfin, les Pionniers pour les 14-17 ans. À l'âge de 14 ans, je me suis joint aux Pionniers après avoir fait mes classes chez les Louveteaux. 

Les camps d'été, alors nommés "entreprises", étaient élaborés au quart de tour avec des comités mis en place pour voir à toutes les facettes du projet; hébergement, nourriture et tout ça. Une de celles-là nous concernait tous: le financement. Pour nous aider à réaliser nos entreprises il nous fallait mettre en place des campagnes de levées de fond afin de recueillir les sommes nécessaires. Nous avons distribué des circulaires, vendu des paniers de fruits, organisé un berce-o-thon de 48 heures ainsi que vendre le fameux calendrier Scout. 

Été 1983. J'en suis à ma dernière année chez les Pionniers. Après avoir pédalé de Montréal à Tadoussac en 1981, d'avoir marché de Joliette à St-Roch-de-Mékinac en 1982 et participé au Jamboree international à Calgary en 1983, il était temps pour moi de me préparer à accrocher ma chemise. Mais l'aventure n'était pas entièrement terminée. 

Au mois d'août on me sélectionne pour faire partie des quatre Pionniers qui vont poser pour la page couverture du calendrier Scout de 1984. Il y aura Éric Maisonneuve, Jean-François Léger, Éric Bouchard et moi-même. Le lieu de photographie: le lac Champlain. L'animateur Michel Gaudreau nous accompagne après un bon bout de route l'on rencontre le capitaine d'un voilier d'une quarantaine de pieds nommé L'Antara ainsi que le photographe Michel Cloutier. 

Après avoir navigué à une certaine distance, quelques photos sont prises à bord. Nous, les gars, on s'amuse comme des p'tits fous en raison de bonnes vagues dans lesquelles la proue du voilier plonge. Puis, Michel Cloutier embarque à bord d'un zodiac piloté par un membre de l'équipage de l'Antara. On sait à ce moment que c'est le temps pour nous de jouer aux mannequins. Le lac Champlain n'est pas le lac Supérieur, mais le mouvement de l'eau est néanmoins impressionnant. Y'a de la bonne houle et le vent gonfle les voiles d'ablomb. La proue de l'Antara plonge pour remonter ensuite. Le zodiac longe le voilier puis le dépasse. On voit Michel Cloutier qui se prépare. Chacun prend la pose et moi, je me place à l'avant du voilier où je regarde les vagues qui s'en viennent. Après plusieurs minutes où Michel a pris plusieurs photos, le zodiac revient à l'arrière de l'Antara et tout le monde remonte à bord. Le temps devient gris et le capitaine met le cap sur le chemin du retour. 

Vers la fin de l'automne le calendrier est imprimé, comme toujours, à un nombre élevé de copies et au Poste l'on en reçoit plusieurs boîtes qu'il faudra écouler à la porte des stations de métro et de supermarchés. On a tous hâte de voir le cliché que l'on a prit de nous sur le voilier. Et quel cliché!



Mais l'aventure n'est pas exactement terminée; en effet, on me demande de paraître dans un publi-reportage qui paraîtra dans le Journal de Montréal afin de mousser le calendrier Scout. Cette fois je suis accompagné de Nathalie Legall, représentante des Guides, le versant féminin des Pionniers. L'on rencontre un représentant du journal dans un café de la rue St-Denis et l'on se rend ensuite dans les bureaux de Québecor afin d'y rencontrer Pierre Péladeau en personne. Et c'est dans son bureau que l'on se fait prendre en photo avec, en main, le calendrier en question. À l'imprimé, on a fait une belle soupe alphabet avec mon nom qui n'apparait pas du tout comme il se doit. M'enfin! 



Le saviez-vous? Le calendrier Julien, mis en place par l'astronome Sosigène d'Alexandrie suite à demande de Jules César, incluait une année bissextile à tous les quatre ans ce qui causé. une erreur puisqu'il en venait à devancer le calendrier solaire. C'est le pape Grégoire VIII qui, en 1582, a corrigé cette erreur. Nous ajoutons toujours une années bissextile à tous les quatre ans excepté pour les siècles qui ne se divisent pas parfaitement par 4. C'est le calendrier Grégorien, que l'on utilise de nos jours. 



vendredi 12 août 2022

Journée du livre Québécois

 Le 12 août est aujourd'hui connu dans la province comme étant la journée du livre Québécois. Mieux, c'est celle où l'on achète un ou des (encore mieux) livres provenant d'auteurs et autrices d'ici. Et croyez-moi, ce n'est pas le choix qui manque. Cette année mon choix s'est porté sur un livre tout à fait "esstradinaire" (ne le sont-ils tous pas?) et portant sur le patrimoine kitsch au Québec. 


Ce bouquin a été écrit par deux autrices aussi passionnées que passionnantes, Roxanne Arsenault et Caroline Dubuc. Telles des paléontologues chevronnées, elles ont creusé dans la culture pop, recherché dans des archives, rencontré quantité de gens, colligé des tonnes d'information et, avec une infinie patience, ont soigneusement reconstruit le portrait kitsch Québécois, aujourd'hui pratiquement disparu à peu de choses près, sous toutes ses coutures. Rien n'a été laissé au hasard, comme en témoignent les presque 300 pages de ce superbe bouquin. 


Le livre était encore à l'état d'ébauche lorsqu'un jour j'ai reçu un courriel des deux autrices. Elles voulaient me rencontrer afin j'apporte une modeste contribution à l'ouvrage. J'ai rencontré deux filles dynamique carburant à la passion et qui m'ont, d'entrée de jeu, fait une description de leur projet. comment pouvais-je dire non? Ainsi, nous avons passé un bel après-midi jalonné de souvenirs et d'anecdotes qu'elles n'ont pas manqué de conserver précieusement. 



Évidemment, dès le livre sorti en librairie, je n'ai pas tardé à bondir dessus et à le faire dédicacer par ces magnifiques personnes et autrices que sont Roxanne et Caroline! Je suis manifestement fier de mon humble contribution à cette bible du kitsch Québécois et ce livre, j'en suis persuadé, mérite une place de choix dans toute bibliothèque. Disponible dans toute bonne librairie quoique je recommande fortement les librairie locales avant les grandes chaînes, car les librairies locales ont aussi besoin d'amour et d'encouragement. 




Le saviez-vous? Le mot "kitsch" aurait son origine vers le milieu du 19è siècle et le Larousse en donne cette description assez amusante: "[kitsch] se dit d'un objet, d'un décor, d'une œuvre d'art dont le mauvais goût, voire la franche vulgarité, voulus ou non, réjouissent les uns, dégoûtent les autres."




mercredi 20 juillet 2022

Jardin Tiki: suite et... fin


Le restaurant le Jardin Tiki, dont j'ai abondamment discuté dans cet article, était cet endroit kitsch à souhait et qui semblait sorti d'une époque lointaine. Ouvert en 1986, il aura été ouvert jusqu'en 2015, année où Danny Chan, fils du fondateur Douglas Chan, a définitivement fermé la porte pour de bon.  J'y suis allé avec l'ami Jason Stockl durant la dernière semaine d'ouverture. Danny avait les traits tirés, lui qui était au restaurant tous les jours. 

Le restaurant aurait probablement pu continuer si Danny avait pu vendre à un où des investisseurs qui aurait été tentés par le défi. Mais voilà, on voyait bien que le bâtiment avait prit de l'âge et outre le montant de l'achat, il aurait fallu investir des sommes considérables pour rénover. D'autant plus qu'à ce moment, la culture tiki-americana semblait s'essouffler et plusieurs restaurants du genre ont fermé aussi leurs portes. Même la grosse boutique Pacific Arts, détaillant impressionnant d'objets polynésiens a mis la clé dans la porte. 

Toutefois, peu après la fermeture, plusieurs espéraient voir la tenu d'une grosse vente aux enchères qui aurait permis aux gens d'acquérir un mémento de l'endroit. Il est rapidement devenu clair que cette vente n'allait jamais avoir lieu. Puis, avec le temps, le bâtiment s'est rapidement détérioré. Les vitres cassées partout ont laissé entrer la pluie et la neige et avec les variations de température et d'humidité tant de l'hiver que de l'été, c'était non seulement devenu dangereux, mais aussi insalubre. Le Jardin tiki, devenu une véritable épave immobilière faisait maintenant tache sur la rue Sherbrooke. Puis, il y a quelques semaines, trois pelles mécaniques sont apparues sur le terrain abandonné de l'ancien restaurant. 

Aujourd'hui les démolitions de bâtiments ont bien évolué. Les matériaux sont séparés selon leurs types afin d'y être recyclés. La première pelle est équipée afin de ramasser la brique et les pierres, la seconde possède une mâchoire conçue pour couper les poutrelles d'acier et le métal en général alors que la troisième a une pelle classique. 

Les trois pelles sont à l'oeuvre alors qu'un bulldozer va s'occuper de ramasser les débris de démolition selon leur type. La toiture, fortement fragilisée après sept ans d'abandon, aurait pu s'effondrer sous le poids des immenses appareils de climatisation et ventilation sur le toit en question. Il n'y avait plus de chance à prendre. 


Après seulement une journée, tous les débris, incluant tout le mobilier en rotin, irrécupérable à ce point, avaient été enlevés et même le tapis, qui était usé jusqu'à la corde. En dessous on peut voir le plancher de céramique original alors que le bâtiment était un concessionnaire automobile. On voit aussi l'escalier qui menait à l'étage. Ironiquement, en haut à gauche, on peut apercevoir une lanterne décorative faite de coquillages.   

Une vue d'ensemble de ce qui a été la grande salle à manger. On distingue encore la fameux bassin aux tortues (lesquelles ont été rescapés en 2015 par la SPCA). Au fond à gauche, on entrevoit ce qui était la salle de réception Luau. Autrefois c'était le garage pour les automobiles. 


Ici, on peut voir que toute la partie arrière a été démolie. Ne restait plus que le bâtiment principal et à ce moment j'ai cru qu'il aurait été sauvegardé. Il y a quelques années j'avais reçu un courriel d'un cabinet d'avocats me demandant si le bâtiment était d'origine. Il l'était. Ce que l'on voit sur la photo est à peu de choses près ce à quoi ressemblait le concessionnaire durant les années 60. 


Hélas non. Toute la bâtisse y a goûté. On peut voir ici les matériaux séparés et qui attendent d'être récupérés par camion. à droite, derrière l'arbre, on distingue la grosse enseigne du Jardin tiki, surmontée de palmiers dont les néons verts s'illuminaient le soir. Elle sera certainement mise par terre bientôt, si ce n'est déjà fait. Et maintenant, bien malin qui devinera ce qui va se bâtir à cet endroit. À mon humble avis, ce seront encore des condos, comme on en construit derrière sur la rue de Marseille. 




Le saviez-vous? Le mot condominium provient du mot latin "con" (...) qui veut dire "ensemble", et du mot anglais "dominion", qui veut dire "possession". Donc, possédé ensemble, ou en commun. Aussi, la plus ancienne incarnation du condominium remonte au premier siècle à Babylone. 



samedi 28 mai 2022

Oiseaux du Québec: le moucherolle phébi

Canon 90D + Sigma 150-600mm

Le Moucherolle phébi (Sayornis phoebe) est une espèce d'oiseau appartenant à la famille des Tyrannidae et que l'on peut observer tôt au printemps. De tous les passereaux, c'est l'un des premiers à arriver ici après une longue migration depuis le sud du continent nord-américain. 

Ce p'tit oiseau niche dans les boisés, parfois sur le long des lisières et préférant la proximité d'un cours d'eau. Toutefois, il n'est pas rare de le voir nicher sur des bâtiments dont certains éléments lui permettent de construire son nid.

Canon 90D + Sigma 150-600mm

Il s'agit d'un oiseau insectivore, il se régale donc d'insectes de tous genres. Avec un peu de chance, on peut l'appercevoir près d'un tronc et picosser l'écorce pour en trouver. Contrairement à d'autres espèces d'oiseaux où les mâles et les femelles sont entièrement différents, il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez celui-ci; les deux sexes se ressemblent fort bien. Au Québec, son aire de nidification pendant la belle saison se résume au sud de la province, mais ailleurs au Canada on peut le retrouver à des latitudes plus élevées, notamment dans les Territoires du nord-ouest. 





Le saviez-vous? L'oiseau le plus rapide au monde est le faucon pèlerin. Lorsqu'il vole en piqué pour attaquer une proie, il peut atteindre une vitesse de 389 km/h. Dans le vidéo ci-dessous on peine à le voir attaquer un canard colvert mâle. 



lundi 23 mai 2022

Les camions Studebaker en 1949

 

Publicité Studebaker, 1949. Collection personnelle.

À la fin de la Seconde guerre, la compagnie Studebaker a rapidement emboîté le pas afin de répondre à la grande demande de camions de transport pour la nouvelle économie de paix. Le camion représenté ici en est un parfait exemple puisqu'il s'agit du premier nouveau modèle 2R, largement en avance sur tous les plans comparativement au modèles M qu'il remplaçait. 

Cette série M, justement, était la première tentative de Studebaker à produire un camion léger. Sorti des lignes d'assemblages en 1947, la série M5 s'est vue produite à 23,377 exemplaire, surpassant toute la production de Studebaker durant le Seconde guerre. 

Illustration du modèle 2R à des fins publicitaires. Photo: Collection personnelle. 

Il était important pour la compagnie de ne pas perdre de part de marché durant la période d'après-guerre et qui était perçue, à juste titre, comme l'aube d'un boom économique sans précédent. Retour à la table de dessin où le concept est confié à Robert Bourke, alors chef de design chez Raymond Loewy, le célèbre designer industriel. Le but étant d'attirer les conducteurs de Ford, GM, Dodge, et même International Harvester. 

Usine d'assemblage Studebaker à Hamilton, Ontario, décembre 1962. 
Photo: Toronto Public Library via Toronto Star Archives.

Comme d'autres fabricants américains, Studebaker avait sa propre usine d'assemblage au Canada et situé à Hamilton, en Ontario, telle que vue dans l'image ci-dessus. À ce moment, il ne restait plus que quatre ans à vivre pour cette usine, dont la dernière voiture est sortie de la chaîne en mars 1966. La compagnie a définitivement fermé ses portes un an plus tard. 


Le saviez-vous? Studebaker, de par son designer Brooks Stevens, a été le premier constructeur Nord-américain à introduire le toit rétractable sur les voiture familiales. Cela permettait de transporter de gros objets comme des réfrigérateurs en position verticale, et bien d'autres usages. Voyez-en l'exemple ci-dessous que j'ai créé pour vous en utilisant une Matchbox représentant ladite familiale. Passez simplement votre souris sur l'image. 

samedi 21 mai 2022

Le Pif Gadget de la semaine - No. 138

 

(Photo: Collection personnelle)

Ce numéro de Pig Gadget est apparu en octobre 1971 et le gadget de la semaine est l'encyclopédie magique. Il y a d'abord le plateau à assembler, principalement du carton pré-plié et qui forme un boîte rectangulaire. Sur le dessus, un côté comporte des questions et de l'autre les réponses. Pour faire fonctionner le gadget, il suffisait de prendre la figurine de Pif (qui pointe du doigt) et la placer sur le socle côté "Questions" et de lui faire pointer une question en particulier. Puis, on déplaçait Pif sur le socle du côté "Réponses" et Pif, comme par magie, tournait sur lui-même pour pointer la bonne réponse. Pas de magie ici, nenni. 

En fait, ce gadget remonte à 1935. La compagnie britannique J&L Randall publiait des jeux scientifiques sous la bannière Merit  à mit sur le marché le jeu Magic Robot en 1935. Le truc était simple: le personnage sur le dessus, que ce soit Pif, un robot ou autre, était en fait guidé par des aimants dissimulés en-dessous. Toutefois, le concept n'était pas nouveau en soi puisqu'un certain J.A. Goodson  a obtenu un brevet en 1892 pour un jeu magnétique mais on attribue généralement la version moderne à l'auteur de livres pour enfants Gösta Knutsson. 

Le jeu, inutile de le mentionner, a fait un tabac et a été publié dans plusieurs pays d'Europe avec traductions d'usage. Il y a également eu quantité de version différentes où le robot prend la forme d'un hibou savant, de Confucius, le chien Snoopy ou autre savant. Chez Pif Gadget on avait simplement reprit le concept en l'intégrant dans un magazine qui coûtait l'équivalent de cinquante sous. Bref, un bien beau gadget facile à assembler pour des heures de plaisir. 



Le saviez-vous? Le mot robot a été inventé par le Tchèque Josef Čapek (prononcé Tchapek) et propagé par son frère Karel dans sa pièce de théâtre de science-fiction Les Robots universels de Rossum, vers 1920. Il provient du mot tchèque robota, qui signifie «travail forcé», «servage», «esclavage», «travail pénible de l’esclave».