samedi 12 février 2011

Le Moulin de la sorcière

Le Moulin de la sorcière, tel qu'il apparaissait peut de temps après son ouverture. 

Les plus vieux d'entre vous se souviendront certainement de la maison hantée située au Parc Belmont alors que d'autres, qui ne l'on peut-être pas connue, auront davantage des souvenirs du Moulin de la Sorcière à La Ronde. Ces deux manèges étaient définis comme étant des parcours scéniques automatisés et visités à bord d'un transporteur sur roues qui parcourait la maison en suivant un rail électrifié. 
Cette photo n'est pas l'intérieur du Moulin de la Sorcière mais ça nous permet de voir à quoi ressemble un parcours scénique quand les lumières sont allumées à l'intérieur.

À l’intérieur, tout était noir, non seulement dans le sens où toutes les lumières étaient éteintes mais aussi parce que tout était peinturé noir mât.Tout au long du trajet se trouvaient des scénettes d’horreur qui s’éclairaient subitement au passage du chariot, souvent accompagnées de sons et bruits stridents. Ces mises en scène rencontrées lors du trajet étaient souvent très simples car les gens ne les voyaient que l'espace de quelques secondes, tout au plus. Parmi celles-ci il y avait des scènes de torture, de squelettes sortant de leur tombeau, de gigantesques araignées tombant du plafond ou encore une poutre se cassant juste au-dessus de la voiture lors de son passage, faisant fi de tomber et d'écraser les gens. Les bibittes étaient généralement des mannequins animatroniques très rudimentaires dans leur conception. Pour maximiser l’effet des scènes et des bibittes on utilisait généralement de la peinture fluorescente éclairée par des néons mauves. Sitôt la scène passée les visiteurs étaient replongés dans le noir absolu et le bruit du transporteur sur les rails s'accompagnait alors des cris de gens (des filles surtout) qui se trouvaient soit en arrière ou en avant. 
Encore une fois ce n'est pas l'intérieur du Moulin mais ces types de manèges empruntaient tous la même «recette» pour la gestion de l'intérieur. 

La peinture noir mât avait son utilité en raison de ses propriétés absorbantes quant à la lumière ce qui fait que les éléments peints fluorescent captaient immédiatement l'attention. L'autre élément de surprise était la direction que pouvait prendre subitement la voiture. Dans le noir total, se sentir tourner brusquement ou encore descendre une pente faisait toujours son effet. Puis se trouvaient deux portes de métal identiques à celles de l'entrée que l'on ouvrait avec le même "bang" et être provisoirement aveuglé par la lumière du soleil et les rires de ceux qui attendaient leur tour.

Le parc Belmont a fermé en 1983 et avec lui la Maison Hantée laissant alors le Moulin de la Sorcière comme seul haut-lieu de l’épouvante à Montréal. Il y est demeuré pendant un certain nombre d’années, avant d’être fermé à son tour, pour des raisons aussi obscures que ses corridors.

Emplacement original du Moulin de la Sorcière. 

Au début des années 80 mes amis et moi avons passé énormément de temps à La Ronde, peut-être trop, à raison d’au moins deux fois par semaine. On entrait très tôt et on ressortait très tard. Durant l’une de ces sorties il m’est venu l'idée résolument machiavélique de jouer un tour pendable à la copine d'un ami; aller avec elle dans le Moulin de la Sorcière et, durant le trajet, me mettre un masque de squelette sur la tête qu'elle ne verrait qu'une fois sorti du manège. 

Toute la bande était évidemment au courant sauf la pauvre victime qui a alors embarqué avec moi sans se douter de quoi que ce soit puisque j'avais soigneusement dissimulé le masque. Une fois installés dans le chariot nous sommes partis à l'intérieur. Je connaissais le Moulin de la Sorcière par cœur et mon signal pour enfiler le masque était le gorille qui se tenait juste avant la sortie. Cela ne me laissait que trois ou quatre secondes pour enfiler le masque. A l'extérieur, le reste de la  bande s'est fait un malin plaisir d'avertir tout le monde et de bien surveiller la sortie. Et voici ce que tout le monde a vu:
Mission accomplie!

Pas besoin de dire que le coup à fonctionné à la perfection et c'est dommage que l’on ne disposait pas à cette époque tout l'attirail pour filmer facilement comme aujourd'hui. J’ai encore, bien frais en mémoire, ce moment tant attendu où j’ai enfilé le masque pour ensuite me retourner vers elle. Elle a sursauté et hurlé, comme atteinte d’une solide décharge électrique alors que tout le monde a chaudement applaudi la performance. A peu près 25 ans plus tard j'ai décidé de mettre la photo sur Facebook comme ça. Pensez que la fille a encore ce tour pendable en mémoire? 



Le saviez-vous? L’un des premiers parcours scéniques a été «A Trip to the Moon» ouvert en 1901. Les gens embarquaient dans une fusée qui les amenait directement sur la Lune où ils rencontraient des acteurs costumés.

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