mardi 8 mars 2011

Gurney en 1953


Vous avez probablement déjà vu un de ces anciens poêles en fonte que l'on retrouvait anciennement dans presque toutes les chaumières du Québec. Ils étaient évidemment très beaux dans leur style rustique mais par en revanche ils étaient diablement lourds et pas toujours faciles à utiliser ni à nettoyer. C'est pour cette raison que les manufacturiers d'appareils ménagers se sont tournés dans les années 30 vers des gens spécialisés dans le design industriel afin d'améliorer l'apparence, la fonctionnalité et la performance de ces appareils. Le changement ne s’est pas fait du jour au lendemain, de loin s’en faut, et son plus grand essor est survenu après la Seconde guerre.

Le design industriel était une impulsion créatrice qui dépendait de critères économiques, techniques, esthétiques et fonctionnels afin de pouvoir d'en arriver en bout de ligne avec une gamme de produits originaux. Ces nouvelles créations étaient intimement liées à la publicité, comme celle d'aujourd'hui, et ont contribué à accroître la consommation de produits manufacturés. Entre autres, on a vu apparaître une certaine forme de standardisation entre les différents appareils, créant ainsi une forme d'harmonie tant visuelle que fonctionnelle.

Le four Gurney que l'on voit ici dans cette publicité de 1953, quoique très élégant, est une inspiration directe des conceptions de Raymond Loewy, l'une des figures les plus représentatives du design industriel et à qui l'on doit le fameux réfrigérateur Coldspot qu'il avait conçu dans les années 30. Loewy avait d'ailleurs signé le design d'un poêle Frigidaire à la fin des années 40 et qui, à très peu de choses près, y ressemble énormément.

On aperçoit ici la facture moderne du poêle, soit un assemblage de plaques d'acier vernissées de porcelaine blanche, soudées et agrémenté de pièces chromées. Celui que l'on voit est le modèle au gaz bien que Gurney fabriquait aussi des modèles qui fonctionnaient à l'électricité.

Cette publicité est très caractéristique des années 50, tout d'abord parce qu'entièrement peinte à la main (fort probablement de la gouache sur carton) mais aussi parce qu'on y voit la représentation typique de la femme modèle de ces années-là; impeccablement coiffée, souriante et capable de concocter d'appétissants plats en un tournemain, image qui va commencer à en prendre pour son rhume dans les années 60 et 70.

Du reste, il s'agit d'une conception très honnête, très bien exécutée, bien balancée et ma foi très agréable à regarder par sa netteté et sa simplicité. Ce qui est toutefois marrant dans cette publicité c'est la dame (on assume) qui dit qu'avec ce four tout ce qu'elle va cuire sera réussi à la perfection. Ce qu'on ne mentionne pas c'est qu'un four ce n'est qu'un outil et tout dépend de la façon dont on s'en sert. Confiez ce four à votre humble serviteur et vous aurez une catastrophe écologique, culinaire et possiblement nucléaire très rapidement. 




Le saviez-vous? Le premier «poêle électrique» serait l’invention du Canadien Thomas Ahearn qui a obtenu le brevet #39916. Il a été présenté de la Foire de Chicago en 1893 mais n’a pas connu de succès proprement dit puisque l’électricité était encore une technologie avec laquelle les gens n’étaient pas familiers.

2 commentaires:

  1. "Confiez ce four à votre humble serviteur et vous aurez une catastrophe écologique très rapidement."

    Si ce n'est pas une catastrophe culinaire et que c'est mangeable,y a pas de problème...:-)

    Normand

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  2. Quand je parle ici de catastrophe écologique, croyez-moi, on parle presqu'ici d'effondrement moléculaire.

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