dimanche 9 octobre 2011

Spécial Halloween: Les illustrations d'Aurora

Je vous en parlé avant. Peut-être ad nauseam, même. N'en reste pas moins que dans le temps où j'étais gosse je trippais sans bon sens sur les modèles à coller de monstres Aurora. On pouvait en retrouver un peu partout en ville mais c'était surtout à l'Oiseau Bleu (la division hobby) au coin de Desjardins et Ste-Catherine qu'on pouvait retrouver à peu près toute la série.

Aurora est une compagnie qui avait commençé à fabriquer des modèles à coller au début des années 50, des avions surtout. Le but, parfaitement avoué, était d'aller donner des pichenottes dans les couilles de Revell et Monogram. Les modèles d'Aurora étaient un peu plus petits, un peu moins détaillés mais surtout plus abordables.

Puis un jour Aurora a commençé à faire autres choses que des avions sans toutefois arrêter de faire des avions, puisque ça se vendait bien. Ils ont donc sorti une série de modèles représentant des animaux, des bâtiments et des personnages comme des chevaliers en armure.

Mais bon, on se contera pas de pipes, la série de modèle qui a connu le plus de succès est celles des monstres. En 1961 Aurora a obtenu une license de commercialisation des studios Universal afin de fabriquer des modèles à l'effigie des monstres classiques. On a commençé par Frankenstein qui a été suivi par Dracula, Wolfman, Phantom of the Opera, Mummy, Creature from Black Lagoon, Huntchback of Notre-Dame, Bride of Frankenstein, Forgotten Prisoner et puis en 1964 par King kong et Godzilla.

Fabriquer des modèles c'est bien beau mais encore faut-il mettre ça attrayant tout plein pour que ça se vende bien. Aurora a donc décidé de retenir les services de l'illustrateur James Bama afin qu'il produise les illustrations devant aller sur les boîtes. Bama était un illustrateur talentueux et à ce moment-là il avait fignolé plus de 500 couvertures de livres de poche Bantam.

Les boîtes d'Aurora étaient rectangulaires, mesurant 13 pouces par 5 alors Bama s'est exécuté. Et pis avec joie en plus parce qu'il trippait pas mal sur les monstre. Les oeuvres de Bama, 22 au total, étaient souvent plus larges que le format imprimé, souvent même jusqu'à deux fois plus grand. Jusque là, tout va. Même que ça va terriblement bien puisque les modèles se vendent comme de p'tits pains chauds.

 La boîte de Dracula originale.

 L'inspiration de Bama.

En 1969 Aurora décide comme ça de relançer sur le marché six de ses monstres mais avec une nouvelle innovation: l'ajout de pièces phosphorescentes. Des trucs qui brillent dans le noir c'était pas forcément nouveau mais d'inclure ça dans des modèles à coller l'était et ça permettait de donner aux personnages une allure fantômatique. Avec ça, s'étaient dit les dirigeants d'Aurora, on va en vendre en pas pour rire!

On avait aussi décidé de rééditer les modèles dans des nouvelles boîtes. Carrées, celles-là et mesurant huit pouces par huit pouces. Évidemment on pouvait pas réutiliser les illustrations de Bama puisque celles-ci étaient rectangulaires. Et puis en plus faut souligner la nouvelle fonction "Glow in the Dark". La grosse étoile verte avec cette mention c'est pas assez. Faut que les personnages aient l'air de briller dans le noir.

On aurait pu demander à Bama de refaire les illustrations selon le nouveau format mais on s'est plutôt contenté de prendre les illustrations originales et de payer un artiste quelquonque pour qu'il barbouille tout simplement par-dessus. Et puis à ce moment-là on commençait à aimer les décors confus. Pas exactement psychédélique mais bon.

L'illustration de Dracula par exemple, pour laquelle Bama s'était servi d'une photo de Bela Lugosi comme référence, en a mangé toute une. On a rebarbouillé la face et les mains du personnage pour souligner la phosphorescence et on a carrément bousillé le décor. 

 On peut voir l'illustration originale de Bama en bas.

La version finale.

On a fait la même chose pour Phantom of the Opera. Exit le décor réaliste et le pauvre type terrifié derrière la porte. Bienvenue au fond vert-algue.

La boîte originale du Phantom.

L'image source dont s'est servi Bama.
La version repeinturlurée directement par-dessus l'illustration de Bama.

La version finale où l'image a été inversée afin de remplir la grille du cachot avec le logo "glows in the dark".

En ce qui concerne Frankenstein il est assez évident que l'on s'est servi de l'original. Toutefois, à la différence des autres monstres, Frankenstein était déjà assez verdâtre dans sa version originale. Les modification n'ont donc pas été aussi exhaustives. 

La boîte originale de Frankenstein.

La version finale.

Probablement l'image source qu'a utilisé Bama. Je crois reconnaître Lon Chaney Jr.

Pour Wolfman c'est un petit peu différent. D'abord parce que l'illustration sur la boîte rectangulaire correspondait pas vraiment avec ce qu'il y avait dans la boîte, contrairement aux autres modèles. alors on a demandé à un certain Harry Schaare de produire une nouvelle illustration non seulement plus conforme au modèle mais aussi qui incorporerait les fameux morceaux phosphorescents. et des décors délavés aux couleurs impossibles.

 Le Wolfman original.

 La version finale.

Ce qui fut fait. Même chose pour Dr. Jekkyl as Mr. Hyde. On n'a pas fait disparaître le décor dans un cafouillis psychédélique mais on a dû élargir l'illustration pour accomoder le nouveau format et l'artiste s'est carré fourré dans sa perspective; la table est en plongée alors que la bibliothèque dans le fond n'est pas au même angle. Un peu moins de violet n'aurait probablement pas fait de tort non plus...

La boîte originale.

 La version modifiée.

Godzilla aussi en a mangé toute une sur le museau. L'original nous montre Godzilla semant la terreur dans une ville. Les nombreux éclairs en arrière ajoutent à l'atmoshphère. Dans la nouvelle version on a enlevé les éclairs et rebarbouillé Godzilla pour illustrer on-ne-pourrait-pas-plus-clair les parties du modèles brillant dans le noir. Toutefois on a bien représenté la ville complètement saccagée.

 La version originale.

 La deuxième version.

 Forgotten Prisoner en est un autre qui s'est fait faire une chirurgie esthétique. 

 La boîte originale.
Comme on peut facilement le voir, la nouvelle version a carrément été faite sur l'original, comme les autres qu'on a vu avant. 

 La version finale.

Les modèles The Creature et The Mummy ont souvent été considérés comme des illustrations refaites par-dessus les originaux mais il semble que ce n'est pas le cas puisqu'elles ont  entièrement été refaites à nouveau par Schaare.  

 Comme on peut voir les illustrations originales qui ont servi pour les boîtes rectangulaires furent originalement une seule illustration qu'on a ensuite coupée en deux.

La deuxième version.

 Telle que la boîte apparaissait.

Encore ce fond psychédélique.

 La version finale sur la boîte.

The Witch a aussi été entièrement refait et cette fois les différences sont assez notables. La nouvelle version, comparativement aux autres, est à mon sens meilleure que l'originale, surtout avec l'expression de la sorcière qui semble plus inquiètante que dans la première.
L'illustration originale de Bama.
L'original utilisé pour la deuxième version.

Sur la boîte.

Le fameux Huntchback of Notre-Dame a une histoire intéresssante. Le film du même nom mettait en vedette Anthony Quinn dans le rôle du Bossu et puis quand Aurora a sorti le modèle de ce personnage Bama a conçu l'illustration en se basant sur Quinn. Qui n'a pas aimé alors on a légèrement modifié le personnage. Par contre, pour l'édition "glow in the dark" on a rebarbouillé par-dessus.
 Version originale. On peut pas nier la ressemblance avec Quinn.

Deuxième version, circa 1965.

 Version "glow in the dark".

Pendant un bon bout on avait cru que l'original King Kong avait aussi été repeint mais ce n'est pas le cas. Une deuxième illustration a été faite.
Non mais visez un peu les pectoraux!

Deuxième boîte.

Malgré le fait que je n'aime pas voir des illustrations originales se faire massacrer, faut que je confesse un certain attachement aux nouvelles versions parce que ce sont celles avec lesquelles j'ai grandi. Quand je recevais un de ces modèles je pouvais passer de longs moments, assis dans ma chambre, à regarder ces illustrations.

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