mercredi 30 avril 2014

Le centre d'achats Van Horne en 1960


Intéressante image d’époque que celle-là. Nous voilà pif-poil dans le stationnement du centre d’achats Van Horne, qui existe toujours, et qui est situé sur l’avenue du même nom. William Van Horne est cet énergétique américain de l’Illinois qui fut embauché en 1882 par le Canadien Pacifique à titre de directeur général et dont la tâche fut de voir à la construction du chemin de fer transcontinental. 
 
De retour à la photo. Donc, nous sommes dans le stationnement du centre d’achats Van Horne mais en quelle année? Ah, ben ça c’est une question intéressante. Y’a tout un tas de petits détails qui peuvent nous aider. Bien sûr les commerces fournissent quelques indices mais souvent ils avaient pignon sur rue pendant quelques années et c’est le cas de ceux qui sont là. Tenez, tout juste à gauche on retrouve Duskes Hardware pour tous vos besoins en ferronnerie et outils. Tout juste à côté c’est le magasin de chaussures Lewis & Sons jouxté du nettoyeur Paul Services. Ensuite c’est une succursale de la Banque Royale. C’était évidemment l’époque bien avant l’arrivée des guichets automatiques alors pour dépenser votre argent fallait penser à en retirer suffisamment au guichet, et bien sûr, posséder un compte à cette banque. Pour les p’tits n’enfants la boutique The Play Pen est là pour eux avec tout un assortiment de jeux et de jouets. Les chaussures Bata suivent ainsi que Heft’s où l’on vend des vêtements pour hommes. Pour les dames c’est le magasin suivant, Reitman’s. C’est bien beau amuser les enfants mais faut les habiller alors c’est chez Scheffer’s Kiddies Shop qu’il faut aller. Vous avez un p’tit creux? Pourquoi ne pas vous arrêter au déli Brown’s Derby pour un bon sandwich à la viande fumée? Et pour tous vos besoins en tabagie United Cigar Stores est là tout juste à côté. Et le dernier et non le moindre, complètement au fond, c’est le magasin à rayons Woolworth. 
 
D’accord, tout ça est bien beau mais nous ne savons toujours pas en quelle année nous sommes. Continuons de regarder la photo. Tout juste à l’avant on peut voir une voiture s’avancer. Il s’agit d’un Dodge Coronet 1958 quatre portes. Alors nous serions donc en 1958? 
 
Pas si vite. 
 
Il se trouve d’autres voitures. Voyons voir. À gauche ça ressemble à un Plymouth 1956 alors que la décapotable derrière fait penser à un Oldsmobile 98 de 1958 suivi d’un Chevrolet Bel Air 1960 et d’un Chevrolet 210 4 portes 1955. À droite y’a un Volkswagen Beetle mais bon, peu importe l’année les Beetle n’ont à peu près pas changé. Alors, c’est en 1960 ou 1962? Il se trouve un autre indice pour définir l’année : la plaque d’immatriculation. À l’époque les voitures du Québec se devaient d’en avoir une à l’avant. Qui plus est, fallait changer de plaques à chaque année. Donc, si on regarde la photo, on peut voir que la plaque comporte des caractères clairs sur fond foncé. Les plaques de 1958 et 1961 avaient des caractères noirs sur fond blanc, ce qui élimine ces deux années. Pour l’année 1959 les caractères étaient noirs sur fond jaune, donc ce n’est pas celle-là non plus. 1960? Ah, voilà une possibilité puisque les plaques de 1960 avaient des caractères jaunes sur fond bleu. Mais un instant; celle de 1962 était similaire mais avec des caractères blancs sur fond foncé. La réponse se trouve peut-être dans la luminosité de la plaque. Le soleil, à l’ouest, éclaire bien le Dodge incluant la plaque d’immatriculation. Voyons de quoi ont l’air les plaques de 1960 et 1962 en noir et blanc comparées à la plaque du Dodge :


La plaque de 1960, comme on peut le voir, est beaucoup plus similaire à celle du Dodge. De plus, comme on ne voit sur la photo aucune voiture 1961 ou 1962, l’échantillonnage n’est pas élevé mais tout de même, je serais néanmoins porté à dire que nous sommes en 1960, durant l’été (les gens portent des chemises à manches courtes à l’arrière) vers l’heure du souper, comme en témoigne l’ombrage de la voiture. 
 
Alors si nous sommes durant l’été de 1960 que se passe-t-il? Au printemps on espérait que Montréal puisse être choisie comme ville-hôte pour l’Exposition Internationale et Universelle de 1967 mais c’est Moscou qui est sélectionnée, ce qui coïncide incidemment avec le 50è anniversaire de la Révolution bolchévique de 1917. Les amateurs de hockey peuvent au moins se réjouir puisque cette année encore les Canadiens de Montréal ont gagné le fameuse coupe Stanley, la 12è de leur histoire. On se prépare toutefois à la retraite du grand Maurice Richard. 
 
Depuis le 22 juillet les Québécois ont un nouveau gouvernement, Libéral celui-là, et dirigé par Jean Lesage. L’ancien journaliste René Lévesque se voit offrir le portfolio du ministère des Travaux publics et Ressources hydrauliques. Pendant ce temps, Jean-Paul Desbiens met la dernière touche à son manuscrit intitulé Insolences d’un frère Untel. De certains disent que le livre en devenir risque de créer pas mal de remous, surtout en ce qui concerne l’éducation.

 
Le saviez-vous? À Moscou on était bien content d’avoir pu obtenir l’Exposition Internationale et Universelle de 1967 mais le plaisir fut de courte durée puisque la ville se désista au printemps de 1962. Montréal présenta de nouveau sa candidature et cette fois la ville fut choisie le 13 novembre 1962. Pas le temps de chômer puisqu’il ne restait à ce moment-là qu’à peine cinq ans pour choisir une équipe de direction, tout concevoir, publiciser et construire. Et en passant, cet article est mon 700è. 

4 commentaires:

  1. Je découvre avec joie votre site. Une petite merveille. Je vais devenir un lecteur assidu. Bravo pour votre bon boulot.

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  2. bravo pour votre 700e , quel délice

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    1. Il y avait aussi un restaurant de la chaîne Murray's où on servait des crêpes avec du sirop, bien sûr, mais aussi avec un beurre spécial à base de lait de babeurre (buttermilk). Qui s'en souvient ?

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