lundi 24 août 2015

cristos

On y retrouve de ces amateurs d’art, calepins et crayons à la main qui scribouillent et barbouillent les statues. Par là, ce sont ceux que les fleurs attirent comme les abeilles, penchés consciencieusement sur un bouquet. Ils observent dans un sens comme dans l’autre. Une corbeille d’argent? Une cruciannelle? Une ipomée? Ils cherchent dans leur bouquin aux pages jaunies et retroussées dont les pages laissent parfois échapper une feuille sèche, mise là comme un marque-page de la vie, d’un moment, d’un amour passé, perdu. Il y a bien aussi les férus d’architecture qui ne manquent pas d’admirer un art de bâtir parfaitement révolu. On retrouve aussi ceux qui sont installés dans la quiétude, plongés dans un roman quelconque, pas le moins dérangés qu’ils sont par les ornithologues amateurs qui admirent un bruant chanteur alors qu’un colibri à gorge rubis chante plus loin. Au travers tout ce monde, plus discrets, sont les pieux, qui sont venus pour quémander une faveur en s’agenouillant devant une des douze stations. De ceux-là, il y en à moins qu’avant et sont souvent les derniers tenants de la génération dite tranquille, issus d’une époque bien différente de la nôtre. Ils ont connu les vêpres, les rosaires, les neuvaines et les messes interminables récitées en latin. Aujourd’hui on croit moins d’une part et on ne croit plus de l’autre, mais il s’en trouve encore qui s’y accrochent à leur foi comme les cirripèdes sur la coque des bateaux. Avec un peu de chance on peut même y croiser des gens de confessions religieuses différentes. Ah, et il ne faut pas oublier l’étrange énergumène hirsute qui déambule, caméra à la main (j'le connais çui-là). 

C’est dans le chemin de croix de l’oratoire St-Joseph que l’on risque de les apercevoir par jour de chance et qui se trouve aussi à être un jardin conçu par Frédérick G. Todd, un monsieur distingué avec sa moustache en brosse, ses lunettes rondes, ses cheveux bien lissés et à qui l’on doit également l’aménagement du lac aux Castors sur le Mont-Royal ainsi que le parc de l’île Ste-Hélène. Les travaux ont commencé en 1942 et le chemin a été inauguré et ouvert au public en 1951. À ce moment par contre il n’y avait pas encore de statues. Ces dernières étaient en cours de réalisation depuis 1943, un travail effectué par l’artiste québécois Louis Parent dans son atelier qui se trouvait tout près de l’Oratoire. En 1952 Ercolo Barbieri, selon les modelages de Louis Parent, a commencé à sculpter les personnages, quarante-deux en tout, et termina le travail en 1958. Sur la photo d’aujourd’hui c’est la statue du Christ que je vous présente, très imposante de par sa taille et qui se trouve près de l’entrée du jardin. À l'approche de l'hiver toutes les statues sont soigneusement recouvertes afin d'être protégées des affres de l'hiver. 



Le saviez-vous? L’aiguille de Cléopâtre, un obélisque de l’Égypte antique provenant de Louxor, a été installée en 1881 à Central Park. Les hiéroglyphes y étaient alors dans un état impeccable. Aujourd’hui plus de la moitié d’entre eux ont été effacés par les éléments et surtout la pollution. 

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