vendredi 12 mai 2017

Les 50 ans d'Expo 67

Aujourd'hui je délaisse quelque peu le phénomène Star Wars et ses quarante ans pour aborder un autre sujet très d'actualité et qui prédate le film de George Lucas de dix ans soit Expo 67 et qui fête cette année ses 50 ans. 



Il est parfaitement impossible de passer outre ce sujet car cette année marque le cinquantième anniversaire de ce que l'on désigne par Expo 67, une grande exposition universelle et internationale sanctionnée par le BIE (Bureau international des expositions). Je ne ferai évidemment pas tout le récit de l'événement car mon blogue n'est pas vraiment le vecteur idéal. Sans compter la tâche titanesque que cela représenterait tant à rédiger, corriger et éditer. Non, pour cela il est largement préférable de consulter des sites spécialisés sur le sujet ainsi que des livres formidables écrits par des gens qui le sont tout autant et sur lesquels je vais revenir plus loin. Ici je vais essentiellement me contenter d'en dresser quelques grandes lignes et de déboulonner quelques mythes qui ont la vie dure. 

L'ABC.

Les expositions internationales de première catégorie, dont Expo 67 fait partie, sont dénommées Expositions internationales enregistrées. Elles possèdent une thématique à caractère universel, d'intérêt et d'actualité pour l'ensemble de l'humanité. Celle qui précède Expo 67 est celle de Seattle en 1962 et celle qui suivra après Expo 67 est Expo 70 à Osaka. Outre les expositions universelles comme celles sus-mentionnées il se trouve des expositions spécialisées comme celle de Turin en 1961 ou de 1965 à Munich. Ces dernières possèdent un thème ayant un caractère précis et spécialisé, au contraire des Expositions universelles. De plus les pavillons sont construits par les organisateurs puis laissent aux exposants le soin de les aménager comme bon leur semble, contrairement aux expositions universelles où ces coûts sont assumés en totalité par les participants. 

Экспо 67?

Le sénateur Mark Drouin est enchanté par l'exposition de Bruxelles en 1958 et à son retour il émet l'idée de tenir un tel événement au Canada pour 1967 au même moment où l'on fêterait le centenaire de la Confédération. Montréal est la ville de choix pour en être l'hôte. 

Mais voilà, le sort a fait que c'est la ville Moscou qui est chosie, par un vote, pour présenter l'Exposition internationale de 1967, ce qui la fait coïncider avec le cinquantenaire de la révolution bolchevique de 1917. Mais y'a eu un coup de théâtre et l'Union Soviétique s'est désistée, ne désirant plus être l'hôte de l'événement. Peut-être s'est-on ravisé en pensant du coup que les Soviétiques seraient exposés au mode de vie de pays dont l'orientation politique est foncièrement différente. quoiqu'il en soit, le Canada, qui avait préalablement posée sa candidature, revient à la charge et finit par obtenir l'autorisation de tenir l'exposition de 1967 sur son territoire et c'est Montréal qui en sera l'hôte telle que désignée le 13 novembre 1962. Et pourquoi pas, disons, Toronto? Parce que le maire Nathan Philips n'était pas intéressé, préférant laisser ça à Drapeau. Ce qui me permet ici de souligner qu'au tout début de cette histoire Drapeau n'est pas intéressé mais alors là pas du tout à ce que Montréal présente une exposition universelle mais il s'est rapidement ravisé jusqu'à en devenir un fervent défenseur. 

La paternité du site.

Le choix du site n'a pas été sans heurts. Certains ont proposé le domaine Béique à Lasalle et d'autres ont avancé le mont Royal ainsi que Pointe Saint-Charles. Des sites proposés il aurait fallu exproprier une quantité non-négligeable de gens et ça, on ne pouvait pas faire. Si la paternité du site finalement choisi, soit les îles, est souvent attribuée à Guy Beaudet alors le directeur du port de Montréal, il appert que cette idée ait initialement été présentée à Jean Drapeau le 27 septembre 1962 par la firme d'architectes Bédard, Charbonneau et Langlois. 



Comme on peut le constater, la proposition de la firme d'architectes est assez semblable, à quelques détails près, du plan final d'Expo 67 incluant l'agrandissement de l'île Sainte-Hélène et la création d'une longue île le long de la voie maritime et laquelle serait segmentée, faisant ici rappeler les fameux canaux. Le choix final de ce site, sans aucune mention à la firme d'architectes, est officialisée en mars 1963 et rendu public. Les travaux débutent durant l'été suivant. Mais voilà, autre coup de théâtre; Paul Bienvenu, Cecil Carsley et Claude Robillard, respectivement commissaire général et sous-commissaire général et directeur général, démissionnent. C'est une mauvaise nouvelle dont les journaux vont faire leurs choux gras, déjà qu'ils criblent Expo 67 de critiques acerbes et parfois assez virulentes.  

Une nouvelle direction.

Il faut à tout prix trouver des gens capables d'occuper les postes vacants avec des gens capables de relever un défi qualifié de fou et d'impossible. C'est ainsi qu'arrive S.E. Pierre Dupuy, un diplomate de carrière et qui devient commissaire général. Pour l'épauler on choisit Bob Shaw à titre de sous-commissaire général et qui va devenir la véritable pierre angulaire d'Expo 67 et Andrew G. Kniewasser à la direction générale. Ils vont chapeauter l'équipe déjà en place soit Philippe de Gaspé Beaubien (exploitation), Jean-Claude Delorme (secrétaire et conseiller juridique), Yves Jasmin (information, publicité et relations publiques), Pierre de Bellefeuille (exposants), Dale Rediker (finances), Édouard Fiset (architecte en chef) et Edward Churchill (aménagement). Ensembles ils forment cette équipe surnommée «Les Durs». 

Quelques légendes urbaines. 

Avec la nouvelle administration les choses se mettent en branle à tous les niveaux. L'agrandissement de l'île Sainte-Hélène et la création de l'île Notre-Dame requiert une quantité assez imposante de remblai. Il se trouve ici une légende urbaine qui me donne carrément de l'urticaire et qui, à mon avis traîne depuis un peu trop longtemps. Vous l'avez probablement même vue à la télé dans ce segment des minutes du patrimoine:


Évidemment, et comme je l'ai mentionné, ce n'est pas comme ça que le choix des îles s'est fait. Aussi, et ça c'est la partie qui me démange, c'est lorsque l'on fait mention, tant dans ce vidéo quand dans plein de médias tant imprimés que sur internet, que l'on a créé les îles avec le remblai du métro de Montréal. Or, c'est faux, faux, faux et archi faux. En 2009 j'ai eu la chance de faire la rencontre de Gilles Gagnon, un architecte qui a œuvré sous la direction d'Édouard Fiset, lequel était l'architecte en chef, et qui est malheureusement décédé en 2011. Gilles Gagnon a été très généreux en anecdotes et renseignements de toutes sortes. Il avait entre autres entrepris de rédiger des notes manuscrites sur la construction des îles et dans lesquelles il mentionnait, parmi plein d'autres renseignements techniques, que le remblai utilisé provenait en très grande majorité du fond du fleuve. En effet, on a fait venir à Montréal trois puissantes dragues afin de leur faire creuser le lit du fleuve. Et c'est de là que provient près 90% du remblai utilisé provient du fleuve alors que le 10% restant provient du métro. Maintenant vous savez alors plus d'excuses. Par contre, même avec toute cette roche, on en a manqué alors on a improvisé les canaux de l'île Notre-Dame pour combler ce manque... creuser cet écart... enfin, vous savez ce que je veux dire. Cette improvisation démontre tout le génie des dirigeants car les canaux vont permettre d'y faire se promener des bateaux, dont le vaporetto, et qui va donner l'occasion aux visiteurs d'admirer l'Expo sous un angle tout à fait particulier. 


Malgré de nombreuses embûches et autres problèmes inévitables qui s'amènent lors de tout chantier de cette envergure, les travaux avancent et lentement le site d'Expo 67 émerge. Pour les gens qui voient cette immense ruche en passant de par le pont Jacques-Cartier ou ailleurs, Expo 67 ressemble de plus en plus à une réalité plutôt qu'à un éléphant blanc. au plan technique ce sont 82 kilomètres de routes et trottoirs, 37 kilomètres de tuyaux et de drains, 16 kilomètres de lignes de gaz naturel et plus de 114 kilomètres de conduits électriques. À cela il faut ajouter tous les circuits téléphoniques et les fils nécessaires pour tous les appareils installés dans tous les bâtiments du site tant sur l'île Sainte-Hélène, l'île Notre-Dame et à la Cité du Havre. Et ce réseau doit être assez robuste pour pouvoir satisfaire à la grande demande d'usage anticipée où l'on avait prévu quelques 25 millions de visiteurs (tout en annonçant un objectif de 30 millions). Le réseau se devait donc d'être d'une solidité à toute épreuve.  

Des défis à la tonne. 

Chaque département connaît son lot de difficultés et pour les employés de ces services les heures sont longues, souvent plus de quatorze heures par jour, parfois plus et des semaines de travail de sept jours. Le jour de l'ouverture officielle, soit le 28 avril 1967, ne peut être reporté et à moins de vouloir dire aux premiers visiteurs de retourner chez eux, il faut abattre pas mal de travail. 

Le département qui a la tâche probablement la plus ingrate incombe à Yves Jasmin, lequel dirige le service des Relations publiques, de l'Information et de la Publicité. Embauché en mars 1964 après de nombreuses années chez Ford, Molson et Air Canada, c'est à son service que revient le boulot de «vendre» Expo 67 aux gens. Un boulot on ne peut plus difficile si l'on considère l'hostilité de plusieurs médias à l'égard de l'événement à venir. Les publicités télévisées avec Maurice Chevalier, Olivia De Havilland et Yuri Gagarine frappent dans le mille mais une des publicités les plus audacieuses et bel et bien celle-ci:


En cette période de guerre froide, faut avouer que c'est une pub qui a des couilles. L'autre facette de la rivalité entre l'Union Soviétique et les États Unis est bien entendu la course dans l'espace et disons que depuis le début des années 60 les Américains traînent de la patte derrière les Russes. Ces derniers ont envoyé le premier satellite (Sputnik), le premier homme en orbite (Gagarine), la première sortie dans l'espace (Leonov) et la première femme cosmonaute (Terechkova). De façon symbolique, le pont qui lie les deux pavillons a été nommé la passerelle du Cosmos. Incidemment le pavillon soviétique sera le plus visité avec treize millions de visiteurs. De leur côté les États Unis vont être en mesure de démontrer les grandes avancées et améliorations apportées au projet Apollo, surtout depuis la tragédie d'Apollo 1 en janvier 1967 où Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee ont trouvé la mort dans l'incendie de la capsule.  

50 millions? Vraiment?

Parlant de visiteurs voici une autre fausseté qui est également très véhiculée, soit celle où l'on affirme qu'Expo 67 a attiré plus de 50 millions de visiteurs (54,991,806). Le mot visiteur indique ici une personne unique, or beaucoup de gens possédaient des passeports de saison et revenaient fréquemment sur le site, voire pratiquement sept jour sur sept. En définitive on peut dire qu'il y a eu 50 millions de visites mais en tout et pour tout il est assez difficile de déterminer avec exactitude combien de visites uniques il y a eu. Expo 67 est tout de même couronnée la plus grande exposition universelle du 20è siècle. 
Le Guide Officiel, officiel mais pas toujours exact.


Parlant justement de visiteurs, voici le fameux Guide Officiel imprimé en quantité parfaitement monumentale par MacLean Hunter, la compagnie qui publie entre autres le Maclean ainsi que Châtelaine. Ce guide se vendait sur le site pour la somme de un dollar, ce qui semble modique mais qui représente aujourd'hui environ $7,50. Ce guide permettait aux gens d'avoir sous la main une quantité appréciable de renseignements utiles sur les différents pavillons et services offerts. Petit hic toutefois, le Guide a été imprimé en 1966 avec les renseignements de l'époque. On ne comptait que très peu de photos étant donné que tout était encore en construction. Pour montrer les pavillons en question on a utilisé des illustrations. Entre le moment où l'on a imprimé quinze mille million de mille gonzillion de ces petits guides, une certaine quantité d'informations est devenue caduque. Même après 50 ans, le Guide Officiel est le «souvenir» d'Expo 67 le plus commun, le plus facile à trouver et certainement le plus abordable, avec un prix de marché orbitant autour de $10. 

La chanson-thème, histoire d'un petit débat


Il a été de circonstance, étant donné l'ampleur de l'événement, de doter Expo 67 d'une chanson thème. Un concours, commandité par Sun Life, est lancé. Il y aura plus 2,200 soumissions. Probablement la dernière est celle de Stéphane Venne qui glisse une enveloppe contenant les partitions de sa chanson, Un jour un jour, sous la porte à cinq minutes de la fin du concours. Ce sera incidemment celle qui sera choisie. 

On sait qu'il existe deux «versions» de cette chanson mais pour plusieurs ce n'est pas clair; certains affirment que c'est la version de Michèle Richard qui est «l'officielle» alors que d'autres disent que c'est celle de Donald Lautrec. Voyons un peu. 

Durant les années 60 Michèle Richard est la vedette chouchou et on la voit partout, surtout à Radio-Canada. Michèle est alors choisie pour interpréter la chanson de Venne mais ce dernier ne l'entend pas exactement comme ça et préfère largement son ami Donald Lautrec, une autre vedette montante (mais bien personnellement j'aurais bien aimé entendre une version par Renée Claude). 

«J’ai parlé au gérant de Donald [Réjean Dufresne, NDLR] . Nous devions être discrets. Nous avons donc booké des séances d’enregistrement la nuit afin que nous puissions avoir des disques tout de suite après la diffusion de l’émission spéciale. Personne n’a jamais su pourquoi la toune était arrivée si vite sur le marché.» Voici donc la version Donald Lautrec.


Par contre Drapeau n'aime pas la chanson de Venne parce qu'il n'y a aucune mention de l'Expo ni de «sa» ville, Montréal. La version enregistrée par Michelle Richard corrige donc cela et contient donc des séquences extra où l'on peut entendre justement les mots «Expo» et «Montréal». Voici donc cette version:


Le déficit de l'Expo, où l'art de jongler avec les chiffres.

On le sait bien, la réalisation d'Expo 67 a coûté des sous. Beaucoup de sous. Et ces sous-là provenaient des trois paliers gouvernementaux soit le fédéral, le provincial et le municipal qui financent respectivement 50%, 37,5% et 12,5% des coûts de l’exposition qui totalisent $431 904 684, soit un peu moins qu'un demi-milliard, en dollars de l'époque. À la fermeture des livres les revenus, toutes sources confondues, indiquent $221 239 873. Expo 67 affiche donc officiellement une perte opérationnelle de $210 664 811. Comptabilisé de façon aussi subtile qu'un problème mathématique de 4è année, oui, il y a un déficit, sauf que. 

Tous les gens qui sont venus visiter Expo 67 se sont déplacés pour y venir. Ceux qui ont utilisé leur voiture ont mis de l'essence et ceux qui ont opté pour le transport en commun on payé pour des titres de transport. Tous ces gens ont mangé au moins trois repas par jour et en ont profité pour visiter la ville un tant soit peu. Les visiteurs ont également acheté une quantité appréciable de souvenirs de toutes sortes et ont logé quelque part. Tous ces achats ont généré des revenus grâce aux taxes de ventes. On estime qu'en 1966 les dépenses touristiques étaient d'environ $600 millions alors qu'en 1967 il a été d'un milliard. Une différence nette de $400 millions qui sont allés directement dans les coffres des gouvernements. Un déficit vous dites? Pas si sûr. 

Habitat 67, un beau projet mais...

Moshe Safdie élabore sa thèse universitaire «A Three-Dimensional Modular Building System». il s'agit d'un concept modulaire d'unités d'habitations préfabriquées en béton précontraint et que l'on assemble tel un jeu de LEGO. L'objectif est de fournir des logements abordables tout en répondant au problème de la densité urbaine. Chaque unité est différente de par sa configuration et la luminosité y est abondante. Même Playboy a voulu faire une session photo dans une unité en toute discrétion mais l'affaire est parvenue aux oreilles du Commissaire général Pierre Dupuy qui a rapidement apposé un véto irrévocable. On aura tout de même réalisé une petite séance impromptue avec trois Playmates devant le pavillon des États Unis pour la couverture de VIP, le magazine officiel du Club Playboy (et non du magazine Playboy lui-même comme il est souvent rapporté). 


Architecturalement on peut s'entendre pour dire qu'Habitat 67 est impressionnant à voir, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur sauf que la vocation initiale de l'ensemble, soit des habitations à loyer modique, n'a pas réussi, au contraire. Acheter aujourd'hui une unité est un investissement variant de $375,00 à $2 millions, tout dépendant du nombre de cubes et de l'emplacement de ceux-ci. Étant donné son âge et sa complexité, l'ensemble doit être étroitement surveillé afin de s'assurer de l'intégrité structurelle de ce dernier. 

L'échec de Logexpo.

Logexpo était un système mis en place afin d'aider les visiteurs de l'extérieur à trouver un endroit où loger durant leur séjour. Le service relevait toutefois du gouvernement provincial, lequel inspectait et autorisait les gîtes offerts, qu'ils s'agisse d'un hôtel, d'un motel ou d'une propriété privée où quelques chambres libres étaient disponibles. Malheureusement Logexpo a été un désastre. Plusieurs endroits étaient parfaitement inadéquats voire des clapiers à lapin. Logexpo a été un oeil au beurre noir pour la compagnie de l'Expo mais, comme l'a si bien dit Philippe de Gaspé Beaubien, la compagnie de l'Expo n'était qu'un intermédiaire entre les visiteurs et les endroits préalablement approuvés par le gouvernement du Québec, lequel était le seul et unique responsable de ce cafouillage. 

Un moyen de transport qui dérange.



L'aéroglisseur était un moyen de transport assez unique sur le site d'Expo 67. Ce dernier promenait les gens à partir d'un quai de la Cité du Havre, à La Ronde et plus loin sur le fleuve, près de l'île Charron. Malheureusement, son passage près de la Place des nations coïncidait trop souvent pile poil avec des discours officiels prononcés à cet endroit. Le vrombissement de l'aéroglisseur noyait invariablement les discours en question et personne n'entendait rien, au grand dam de Pierre Dupuy qui maudissait l'engin.

L'art public extérieur. 

Avant Expo 67 il ne se trouvait que très peu de pièces d'art public, c'est à dire des oeuvres installées de ça et là dans la ville et visibles de tous. Partout sur le site de l'Expo se trouve une très grande quantité et variété d'oeuvres d'art, transformant les îles en musée à ciel ouvert. C'était là un concept assez nouveau pour les gens d'ici de contempler en plein air des sculptures  d'artistes contemporains comme Charles Daudelin, Michael Snow, Yves Trudeau, Jean Cartier, Étienne Martin, Henri-Georges Adam, Pablo Gargallo, Fritz Wotruba, Louis Archambault et plein d'autres. Expo 67 a donné le ton et peu après des pièces d'art public ont commencé à faire leur apparition à Montréal. 

Manger en plein air vous dites?

Avant Expo 67, et cela grâce à l'obstination de Jean Drapeau, les terrasses extérieures à Montréal étaient interdites. Raison de sécurité publique, disait monsieur le maire sans trop s'étirer sur lesdites raisons. Or Expo 67 foisonnait de terrasses extérieures où les gens pouvaient déguster un bon repas en plain air. Aussi, à cette époque les tavernes étaient encore strictement réservées à la gente masculine mais avec les terrasses de l'Expo les dames pouvaient elles aussi boire une bonne bière bien fraîche au soleil. Après de nombreuses pressions Drapeau a finalement lâché le morceau et autorisé, dès septembre 67, l'installation de terrasses en ville. Lorsque vous passerez un moment sur l'une des nombreuses terrasses de Montréal cet été, souvenez vous de ce legs d'Expo 67.  

Un monstre ennuyeux

(Photo: Archives de la ville de Montréal)

Une des attractions les plus mises de l'avant à La Ronde était bien entendu le fameux Gyrotron. L'immense manège était facilement reconnaissable grâce à sa forme pyramidale au centre duquel se trouvait un monstre mystérieux. Malheureusement le manège, malgré sa complexité et son coût élevé, n'a pas su captiver, ni impressionner, bien du monde. Il est quand même demeuré jusqu'en 1981 après quoi il a été complètement démantelé et enlevé du site. quant au fameux monstre, voici de quoi il avait l'air.


Plusieurs pays mais de curieux absents. 

Parvenir à attirer soixante pays est un exploit signé Pierre Dupuy, le commissaire général. Mais curieusement, il s'est trouvé des pays absents à Expo 67, tout spécialement de l'Amérique du sud comme l'Argentine, le Brésil, la Colombie, le Paraguay, la Bolivie, le Pérou, l'Uruguay et le Chili. De ce continent seul le Vénézuela a été présent à l'Expo mais pourquoi? Or, selon ce que m'a raconté Yves Jasmin durant un de nos repas, il n'y avait pas que les journalistes qui dénigraient Expo 67 mais aussi des gens des ambassades canadiennes et ces derniers auraient «conseillé» aux pays sus-mentionnés de ne pas se donner la peine de s'installer à Expo 67 car cet échec anticipé, selon eux, ne serait qu'un pur gaspillage d'argent. On peut imaginer leur regret et l'embarras de ceux qui les ont mal conseillé. 

Le passeport, de 1967 à 2017. 

Le fameux passeport, que l'on pouvait se procurer en différentes versions (pour la saison, pour une semaine ou encore pour une seule journée), était une idée géniale de gérer les entrées et de donner un sentiment d'appartenance à Expo 67 en pouvant le faire estampiller dans chacun des pavillons du site. À l'intérieur du passeport on invitait les gens à le garder précieusement en souvenir. Aussi, pour fêter tant les 375 ans de Montréal que les 50 ans d'Expo 67, la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal a réanimé le concept du bon vieux passeport de l'Expo. Ce dernier ressemble en tous points à celui de 1967 et contient des pages blanches à faire estampiller là où se trouvent les expositions participantes. Pour connaître les endroits où se tiennent ces activités, rendez-vous sur le site officiel et dans la champ de recherche entrez simplement «Expo 67». 



Le saviez-vous? Il subsiste très exactement sept pavillons d'Expo 67, soit le Canada, la Jamaïque, le Québec (quoique considéré détruit par l'un de ses architectes, Luc Durand), la France, la Tunisie, les États-Unis et la Corée (quoiqu'il n'en reste que la toiture et les colonnes). Parmi les autres structures restantes on compte la Place des nations ainsi que le soubassement du pavillon des Nations-unies. 

4 commentaires:

  1. Bonjour tout le monde - Je vois toujours le Gyrotron sur toutes les images de lexpo. Mais il y avait quoi au juste dans cette pyramide ? Le "monstre" cétait quoi au juste ? Merci !

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    1. Alors voilà, sur les photos tu remarqueras que le manège se composait de deux structures; la grande pyramidale et une autre, semblable à une tour tout juste à côté. Après avoir embarqué dans la nacelle de transport, on entrait dans la petite structure où l'on montait jusqu'à son sommet et à l'intérieur il faisait pas mal noir. Puis, on passait de cette structure à la pyramide via un petit pont. De là on avait une vue assez imprenable de la Ronde. Puis, on s'engouffrait dans la pyramide où tout était aménagé pour nous faire croire que l'on descendait dans un volcan an-bas duquel se trouvait le monstre, pas épeurant du tout, nommé Gyrotron. Puis on ressortait au bout de six ou sept minutes.

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  2. Et il bougeait ? Cétait mécanisé ? Je vois la photo - cest vrai que le design souffre un peu: http://www.billcotter.com/misc/expo67/construction-gyrotron-2.jpg

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    1. De ce que je peux me souvenir c'était très limité, d'où une partie du grand désappointement du manège.

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